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Accueil du site > Actualités > Economie > Quand le Monde se moque du monde sur l’euro

Quand le Monde se moque du monde sur l’euro

Arnaud Leparmentier vient de signer un éditorial absolument navrant sur l’euro, recourant à tous les poncifs qui existent pour critiquer la proposition de retour au franc. Il ferait mieux de lire les critiques de la monnaie unique exprimées par la bagatelle de 9 « prix Nobel d’économie ».

 
Faire peur, la dernière ligne de défense
 
Bien sûr, cette tribune s’intitule « euro boche contre franc le pen  » et il ne s’agit pas pour moi de venir en aide à la présidente du FN. Comme hier, je continuerai à la combattre, parce qu’elle est d’extrême-droite, qu’elle ne cesse de mentir et qu’elle est incompétente. Mais ce n’est pas parce qu’il vise Marine Le Pen qu’il ne faut pas répondre à ce torchon du Monde, où la rigueur intellectuelle ne cesse de reculer. En fait, la stratégie des partisans de la monnaie unique européenne est assez simple. Parce qu’il est impossible d’en prouver le moindre bienfait, leur dernière ligne de défense est la peur.
 
C’est bien ce qui ressort de cette avalanche d’arguments tous plus faux les uns que les autres. Il ne manque plus que les sauterelles et le sang dans la Seine… Naturellement, il évoque un cataclysme monétaire comparable à la faillite de Lehmann. Ensuite, nos taux s’envoleraient. Puis il fait un sort à la dévaluation en affirmant que cela « donnerait de l’air au capital et pénaliserait retraités, fonctionnaires, salariés des services  » (du fait de la hausse du prix de pétrole). Il évoque même la tutelle du FMI de la Grande-Bretagne. Il condamne la probable irresponsabilité budgétaire tout en disant que « l’euro a permis (à la France) de se comporter de manière irresponsable. Enfin, il affirme que cela provoquerait une augmentation de la dette de 400 milliards et que les iPhone s’échangeraient au marché noir.
 
Une bouillie d’arguments indigents
 
Passons sur le fait que pour Arnaud Leparmentier, le comble de l’horreur soit l’augmentation du prix de l’iPhone, ce qui en dit long sur un journaliste qui ose affirmer que les pays du Sud de l’Europe sont parvenus à faire des dévaluations internes en assumant de tenir un discours de compétitivité. Le prix de l’iPhone est donc plus important que le nombre de chômeurs pour les belles âmes du Monde… Rassurons-le malgré tout sur ce point si important à son coeur, il est probable que le prix ne bouge pas et qu’Apple diminuera juste sa plantureuse marge : après tout, il est vendu 25% moins cher aux Etats-Unis…
 
Il est tout de même effarant qu’un journaliste du Monde tienne un discours aussi contradictoire. Comment évoquer l’intervention du FMI en Grande-Bretagne alors même que ce pays montre justement qu’avoir sa propre monnaie est le moyen de soutenir son industrie tout en assurant le financement de sa dette, malgré des déficits près de deux fois supérieurs aux nôtres, comme le dit Paul Krugman… Ensuite, il est totalement contradictoire de critiquer l’irresponsabilité que provoquerait le retour à une monnaie nationale tout en disant que la monnaie unique a justement permis un comportement irresponsable.
 
Ensuite, sur l’augmentation du prix de l’essence, elle pourrait être compensée par la fin de la contribution de la France à l’UE. En outre, comme François Lenglet a l’honnêteté de le reconnaître, la fin d’une monnaie unique n’est pas un cataclysme, comme le montre le cas de la Tchécoslovaquie. Enfin, sur la dette, Arnaud Leparmentier dit n’importe quoi. Tout d’abord, notre dette serait automatiquement convertie en nouveau franc, comme cela s’était passé en sens inverse. Et enfin, le nouveau franc restera à parité par rapport à l’euro, entre un mark plus fort et une lire et une peseta plus faible, comme le confirment l’immense majorité des scénarios de banques comme Nomura, ING ou Natixis.
 
Bref, Arnaud Leparmentier devrait prendre quelques cours d’économie et se relire avant de publier un tel torchon. Mais cette crise de nerfs journalistique a au moins le mérite de montrer que les partisans de l’unification monétaire européenne n’ont plus qu’une peur déraisonnée comme argument.
 
Retrouver ici un papier de synthèse sur le démontage de l’euro ainsi qu’un lien vers une vidéo explicative

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16 réactions à cet article    


  • Calva76 Calva76 21 septembre 2013 08:43

    Vous citez le cas de la Tchécoslovaquie mais vous auriez pu citer Chypre qui est déjà sortie de l’€uro dans les faits (l’€uro Chypriote se voit appliquer un taux de change !)

     smiley

    • non667 21 septembre 2013 14:43

      ok sur l’€
      par contre du point de vue politique !

      et il ne s’agit pas pour moi de venir en aide à la présidente du FN. Comme hier, je continuerai à la combattre, parce qu’elle est d’extrême-droite, qu’elle ne cesse de mentir et qu’elle est incompétente

       vous tomber dans le même travers que le monde en reprenant les poncifs des mondialistes (umpsmodemeelv + mélanchon ) à propos du F.N. avec comme ligne de défense « la peur  »

      ps : le seul parti qui pourrait se revendiquer du gaullisme est le F.N. le 1° coup de couteau porté au gaullisme l’a été par la loi pompidou-rothschild en 73 !


      • Onecinikiou 23 septembre 2013 01:48

        En général on reconnait les faux opposants au Système par les précautions langagières et gages qu’ils ne manquent pas de lui donner systématiquement en introduction de leur propos. Les exemples dans les médias dominants sont innombrables (pas plus tard qu’hier dans les Grandes Gueule sur RMC avec Pascal Perri, pour ne pas le citer). 

        Par exemple lorsque quelqu’un qui est pétris de trouille à l’idée de subir la diabolisation politico-médiatique et les sanction et ostracisation professionnelles qui s’ensuivent généralement, malgré le fait qu’il soutient en réalité à peu près en totalité les éléments programmatiques et cohérence d’ensemble du projet porté par le Front national et ses dirigeants, mais qu’il ne veut pas le dire pour les raisons précitées par bassesse et pusillanimité (il faut bien manger pour vivre), alors il doit nécessairement au préalable faire « téchouva » et amende honorable en abjurant devant ceux-là même qu’il prétend combattre, dans une forme d’aveu remarquable, que jamais au grand jamais il ne sera un opposant conséquent et dangereux pour ses intérêts, et qu’il combattra de toutes ses forces le Front national, quitte à voter UMPS pour lui faire barrage !

        CQFD.

      • Onecinikiou 23 septembre 2013 01:59

        Demander à M. Pinsolle ce qu’il ferait en cas de second tour UMPS / Front national ?

        Moi je lui ai déjà posé la question sur son blog, et sa réponse fut très claire et dénuée d’ambiguïté : il votera UMPS pour lui faire barrage !! Reprenant à son compte les poncifs antifascistes les plus éculés.

        On a connu plus grand résistant et honnête dissident au système oligarchique vous en croyez-pas ? 

        C’est dramatiques surtout lorsque l’on se doit de reconnaitre les qualités indéniables de M. Pinsolle à décrypter - et démystifier - le discours fortement teinté d’idéologie de la pensée unique dominante dans le champ économique. Dans lequel il ferait mieux de se cantonner définitivement. Car ses prises de position politiques (et même géopolitiques, bien qu’ayant très récemment pris un virage salvateur semble-t-il, sous la pression des événements, après avoir pendant des années débiné la politique poutinienne par exemple) sont forts médiocres et très politiquement correct. Et en droite ligne de ce qu’il prétend dénoncer par ailleurs. 

      • Luc le Raz Luc le Raz 21 septembre 2013 16:01

        Euro pas euro ? Je ne sais pas. Mais il y a un argument que je n’ai jamais entendu de qq parti politique que ce soit : « L’abrogation de l’article 103 du traité de Lisbonne qui contraint les états à emprunter sur les marchés financiers » (au passage merci sharko d’avoir respecté le vote des français lors du référendum ).
        C’est passer sous les fourches caudines de la finance internationale, dont le seul soucis est de faire grossir des bas de laine déjà bien remplis, avec le sourire.. smiley
        Quant au FN, a-t-il/elle la carure et les épaules assez larges pour aller renégocier tous les accords avec cette même finance, l’Europe, le FMI, l’OMC, etc... Et se faire passer pour le plus « Gaulliste » des partis, aurait il/elle oublié que le grand Charles voyait au delà de l’Europe, l’union de tous les pays de « l’atlantique à l’oural » ?  smiley


        • jaja jaja 21 septembre 2013 16:28

          Il y a le NPA qui dans son programme veut socialiser toutes les banques et institutions financières, sans indemnités ni rachat aux gros actionnaires, afin de s’assurer du monopole du Crédit, sous contrôle de la population et des travailleurs.,.,..


        • non667 21 septembre 2013 21:31

          à luc
          Et se faire passer pour le plus « Gaulliste » des partis, aurait il/elle oublié que le grand Charles voyait au delà de l’Europe, l’union de tous les pays de « l’atlantique à l’oural » ? 

          à part que le général voulait une europe des nations et rejetait l’europe supra-nationale comme il disait ! et qui est celle d’aujourd’hui
          il ne voulait pas non plus de l’angleterre sachant très bien que celle-ci serait un cheval de troie au service des ricains !
          exactement la position du f.n. !


        • Luc le Raz Luc le Raz 22 septembre 2013 15:54

          —>non667
          et ça ? " le FN, a-t-il/elle la carure et les épaules assez larges pour aller renégocier tous les accords avec cette même finance, l’Europe, le FMI, l’OMC, etc..."
          Vous allez faire comment pour payer les intérêts de la dette, si les agences de notation vous colle une cote ZZZ parce que vous voulez fouler au pied le pré-carré de la finance internationale ? Les cartels financiers ne sont pas des bisounours.
          Quant à de Gaulle, ai je parlé d’un organisme supra-national ? Non. Ainsi le FN serait pour l’union des tous les pays de l’atlantique à l’oural ? Première nouvelle. Et sous quelle forme ?
          Et pour l’euro, je suppose que vous avez des notions de physique. Est-il plus facile de faire faire du yoyo sur les marchés à l’euro ou au franc en tenant compte de la masse monétaire de chacun d’eux ?


        • non667 22 septembre 2013 21:11

          à luc
          vous avez appris à lire par la méthode globale ou vous le faites exprès ? ou vous n’avez pas vécu sous de Gaulle ?
          dans les 2 cas débat impossible !


        • bernard bernard 21 septembre 2013 16:12

          L’euro...


          La kolossale escroquerie !


          • Le taulier Le taulier 21 septembre 2013 21:13

            « Enfin, sur la dette, Arnaud Leparmentier dit n’importe quoi....notre dette serait automatiquement convertie en nouveau franc, comme cela s’était passé en sens inverse. »

            A condition que l’Euro disparaisse. Si quelques pays du Sud quittent la zone euro mais que l’Euro continu à être utiliser par d’autres (Allemagne, Pays-Bas, Autriche, Finlande par exemple) la dette reste en Euro.


            • paul 22 septembre 2013 00:25

              Non, la dette ne reste pas en euro, elle prend la valeur de la monnaie nationale des pays qui ont décidé de quitter l’euro : lire, peseta , franc ...
              85 % de la dette à l’international est souscrite dans le cadre du droit français, donc remboursable dans la monnaie nationale, le franc : c’est une clause du droit international .
              Explications complètes de J.Sapir que je ne saurais retranscrire ici ...


            • Le taulier Le taulier 22 septembre 2013 11:35

              le problème c’est que J. Sapir est le seul à défendre ce point de vue.

              Quand la France emprunte elle s’engage à rembourser en euro et pas dans la monnaie nationale à la date du remboursemeent.


              • paul 22 septembre 2013 18:55

                Sapir est loin d’être le seul à défendre ce point de vue, on peut même dire qu’il progresse au fur et à mesure que la monnaie unique et l’euro fort font des dégâts dans l’économie européenne .

                J’étais moi même sceptique sur cette abandon, mais on voit bien que l’UE ne fera rien pour changer les choses avec sa politique d’austérité- compétitivité qui appauvrit les peuples .

                La règle du droit international concernant les remboursements en monnaie nationale devront bien s’appliquer, sinon les prêteurs ne toucheront rien .
                Si un pays quitte l’euro, il ne sera probablement pas le seul, les banquiers seront mis devant le fait accompli .


              • troletbuse troletbuse 22 septembre 2013 22:33

                Leparmentier, une vraie patate... bien-pensante.


                • Saul 23 septembre 2013 22:30

                  Le président de la Bundesbank (communément surnommée la Buba), Jens Weidmann, a plaidé vendredi 24 mai 2013 pour qu’un pays de la zone euro puisse à l’avenir faire défaut, une option que les Européens ont à tout prix cherché à empêcher pendant la crise.

                  "Avec la crise, nous avons fait très attention à éviter les risques de défaut", par crainte d’un effet de contagion, a expliqué Jens Weidmann, réputé pour sa défense stricte de l’orthodoxie monétaire et budgétaire, lors d’une conférence organisée par la Banque de France et la banque centrale d’Allemagne. Il a, en revanche, laissé ouverte une telle possibilité à l’avenir. "A long terme, nous devons faire en sorte qu’un Etat puisse, en dernier ressort, faire faillite", a relevé le patron de la Buba, ajoutant que cette possibilité était « un élément clé » pour permettre de discipliner les marchés. "C’est pour cela que nous travaillons au fait de découpler les Etats et les systèmes bancaires", a-t-il par exemple fait valoir. 

                  http://www.challenges.fr/economie/20130524.CHA9890/quand-le-patron-de-la-bundesbank-evoque-une-faillite-possible-des-etats.html

                  Le fait est que la Grèce et plusieurs autres pays de la zone euro sont aujourd’hui budgétairement insolvables et sont appelés à le rester compte du niveau trop élevé de leur endettement et de leur déficit de croissance. Et pourtant on continue à leur prêter de l’argent. Comme d’habitude les marchés financiers qui cherchent le profit à court ou moyen terme ne voient pas que le système va dans le mur et comme d’habitude ils ne remarqueront le désastre qu’au dernier moment, lorsque les défauts sur dettes d’un, voir de plusieurs pays de la zone euro, interviendront inéluctablement.

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