Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Economie > Quand le philosophe Paul Jorion dépasse l’économiste

Quand le philosophe Paul Jorion dépasse l’économiste

C’est une des choses que j’avais particulièrement apprécié dans « L’implosion », la capacité de l’auteur à développer une réflexion philosophique sur notre société, sa déshumanisation et son retour à l’état de nature. Il la prolonge largement dans ce nouveau livre.

Paul Jorion, philosophe

Il souligne que théoriquement, les salariés devraient être de vrais parties prenantes dans la production d’une entreprise et, à ce titre, se partager avec les autres acteurs (actionnaires, capitalistes et dirigeants) les profits de la vente. Mais il note qu’aujourd’hui, ils ne sont qu’un frais de production comme un autre. De manière totalement asymétrique, la rémunération des traders se fixe en fonction des commissions qu’ils rapportent, ouvrant la voie à des salaires énormes.

Jorion rappelle que pour Marx, « la baisse tendancielle du taux de profit est la raison pour laquelle le capitalisme est condamné à terme ». Mais il note que, bien au contraire, le taux de profit ne cesse ne progresser, notamment du fait de la baisse de la part des salaires dans la valeur ajoutée, passée, selon Edouard Husson, de 1992 à 2007 de 66.4 à 54.8%, sans conduire à une forte hausse des investissements mais à une progression des dividendes et du cash flow.

Il revient sur le fait que Keynes avait fait « du plein emploi un principe intangible autour duquel redéfinir l’économie » pour refuser la substitution des salaires par le crédit et éliminer la fonction parasitaire de la finance. Il souligne que l’absence trop forte d’égalité affecte la liberté des individus et la fraternité est remise en cause par le néolibéralisme devenu principe organisateur de notre société.

Citant Thomas Hobbes, il revient sur son image de retour à l’état de nature et de loi de la jungle pour définir nos sociétés modernes, où « l’homme est un loup pour l’homme » du fait de la trop forte concentration de la richesse. Il cite Freud pour qui « l’homme civilisé a fait l’échange d’une part de bonheur possible contre une part de sécurité » et qui rejetait le communisme où la vertu n’étant pas récompensée.

Il cite également Hegel pour souligner l’importance du travail dans le processus d’intégration à la société et évoque les « exigences contradictoires du citoyen et du bourgeois qui cohabitent en nous : le citoyen aspire à l’égalité de tous (…) alors que le bourgeois insiste sur son droit personnel à accumuler autant de richesses qu’il le jugera bon ». Il cite également plusieurs fois Robespierre pour qui « l’extrême disproportion des fortunes est la source de bien des maux et de bien des crimes ».

S’opposant aux néolibéraux et libertariens, Paul Jorion affirme que : « c’est l’Etat seul qui pourra organiser la force collective qui permettra de défendre la propriété de chacun ». Il cite Lacordaire : « entre le fort et le faible, entre le riche et le pauvre, entre le maître et le serviteur, c’est la liberté qui opprime et la loi qui affranchit ». Il termine son livre en appelant à une grande réforme fiscale progressiste qui n’est pas sans rappeler les principes de celle défendue par Piketty et Landais.

Zone d’ombre monétaire

Si ce livre est très réussi, j’y mettrai deux bémols. Le premier concerne l’analyse que fait l’auteur du travail « devenu rare dans un monde où la productivité croît par l’automation ». Un déficit commercial équivalent à 4% du PIB et la crise permettent de fortement contester cette vision en France. Il me semble que le chômage de masse est davantage le produit de choix politiques qu’un fait inéluctable consécutif au progrès (ce qui aurait pu être dit plusieurs fois dans l’histoire).

Enfin, l’auteur affirme de manière un peu rapide que « les banques centrales – et elles seules – sont en charge de création monétaire ». Un simple cours de comptabilité, ou, par exemple, le livre de Pierre-Noël Giraud, « Le commerce des promesses  » permettent de comprendre que ce sont les banques privées qui créent la monnaie aujourd’hui. En outre, si l’assertion de l’auteur était juste, le bilan de la BCE serait équivalent à la masse monétaire de la zone euro. Or, il n’en représente que 20% (2000 milliards contre 9500), et leurs évolutions sont totalement dé corrélées.

Malgré ces deux points, la lecture de ce nouvel ouvrage de Paul Jorion est hautement recommandable car si son foisonnement est parfois un peu désordonné, il est extrêmement riche, tant sur l’analyse pointue des dérives de la finance, que de son histoire et il présente une analyse philosophique passionnante.

Source : Paul Jorion, « Le capitalisme à l’agonie », Fayard


Moyenne des avis sur cet article :  4.69/5   (26 votes)




Réagissez à l'article

67 réactions à cet article    


  • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 29 juillet 2011 10:47

    « Il souligne que théoriquement, les salariés devraient être de vrais parties prenantes dans la production d’une entreprise et, à ce titre, se partager avec les autres acteurs (actionnaires, capitalistes et dirigeants) les profits de la vente. »


    Manifeste du Parti Capitaliste Français ( PCF )

    Depuis plus de 160 ans, Karl Marx fourvoie le prolétariat en le focalisant sur la lutte des classes et la possession prolétarienne des moyens de production.

    Aujourd’hui encore, la situation semble lui donner raison puisque le capital boursier mondial, d’environ 36.000 milliards d’Euros, est majoritairement détenu par une minorité de « nantis ».

    Toutefois, il est vain d’espérer une plus juste répartition des moyens de production par des nationalisations, voire des révolutions. Cela a déjà été fait avec les tristes résultats que chacun connaît...

    Puisque le capital boursier mondial est en permanence disponible à la vente et à l’achat, pour que le prolétariat, les « démunis », puisse accéder à la possession des moyens de production, la solution la plus simple consisterait à produire un effort soutenu d’épargne et d’investissement à long terme afin d’acheter ce capital financier des entreprises, banques incluses, et parvenir à l’Acquisition collective et citoyenne du Pouvoir Économique.

    Alors, les citoyens-électeurs-contribuables deviendraient collectivement propriétaires du Pouvoir Économique qu’ils géreraient via une représentation démocratiquement élue et absolument indépendante de l’État.

    Par cette voie, les citoyens-électeurs-contribuables transformeraient le capitalisme ordinaire que nous connaissons en un Capitalisme intrinsèquement Écologique, Anthropocentrique, Philanthropique et Équitable.

    En effet, de telles prises de participation (minorités de blocage ou majorités absolues) dans le capital des entreprises permettraient aux peuples d’orienter leur Recherche & Développement vers des voies bien plus écologiques et humanistes qu’aujourd’hui.

    Cette capitalisation progressive mais massive dans l’économie réelle marchande devrait permettre l’instauration d’un Dividende Universel qui résulterait des profits réalisés par ces capitaux accumulés durant et après la phase initiale d’épargne et d’acquisition du patrimoine boursier mondial.

    En attendant que le Dividende Universel soit opérationnel, il serait très souhaitable de reprendre la proposition de feu Jacques Marseille d’instaurer immédiatement une Allocation Universelle transitoire et inconditionnelle de 750 Euros mensuels pour tout citoyen(ne) adulte (et de 375 Euros pour les mineurs), financée par la fusion de tous les budgets sociaux actuellement existants. Cela représente un coût fiscal additionnel de 11 milliards en première année (calculs de Jacques Marseille).

    [Par parenthèse, cela revient beaucoup moins cher que le Revenu Citoyen conditionnel de 850 Euros mensuels de Dominique Galouzeau qui coûtera 30 milliards par an...]

    Pour un Nouvel Ordre Socio-Économique Français Équitable !


    • Spip Spip 29 juillet 2011 14:43

      La prise de participation, vielle lune sur laquelle même De Gaulle s’est cassé les dents... Bon, admettons le principe et regardons de plus près.

      Est-ce que une action = une voix ? Non, les petits actionnaires le savent bien, ils n’ont aucune influence sur l’orientation de l’entreprise même en se regroupant.

      Comment l’employé de base va t-il financer ça avec un salaire de smicard qui lui permet tout juste de vivre ?

      La seule alternative qui existe réellement aujourd’hui c’est les SCOP et c’est une autre histoire...


    • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 29 juillet 2011 15:14
      Par Spip (xxx.xxx.xxx.46) 29 juillet 14:43

      Avez-vous lu le texte lié ?

    • Spip Spip 29 juillet 2011 16:25

      @ l’auteur

      Oui j’ai bien lu ce texte. Mais, outre le fait que ce programme donnerait des effets dans 100 ans, dans son essence même, il heurte de front les principes « sacrés » des décideurs actuels.

      - Pour le privé : non intervention/contrôle de l’Etat ou de toute structure pouvant y ressembler. La doxa reste la Main Invisible du Marché même si on n’arrête pas de se la prendre dans la gu... depuis un bon moment.
      - Pour les politiques : obligation de s’entendre à un niveau supranational, voire mondial, dans un contexte qui sent plus la guerre économique que la coopération.

      Alors, belle utopie, oui, mais le 1er rendez-vous crucial est pour le 2 Août, c’est à dire dans 4 jours !


    • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 29 juillet 2011 16:49
      Par Spip (xxx.xxx.xxx.46) 29 juillet 16:25

      - Pour le privé : non intervention/contrôle de l’Etat ou de toute structure pouvant y ressembler. La doxa reste la Main Invisible du Marché même si on n’arrête pas de se la prendre dans la gu... depuis un bon moment.
      Ce n’est pas ce que prévoit mon projet.

      - Pour les politiques : obligation de s’entendre à un niveau supranational, voire mondial, dans un contexte qui sent plus la guerre économique que la coopération.
      Ce n’est pas ce que prévoit mon projet.

      Alors, belle utopie, oui, mais le 1er rendez-vous crucial est pour le 2 Août, c’est à dire dans 4 jours !
      Que doit-il se passer le 2 août, SVP ?


    • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 29 juillet 2011 17:24
      Par Spip (xxx.xxx.xxx.46) 29 juillet 16:25

      « il heurte de front les principes »sacrés« des décideurs actuels. »
      Non, ce projet ne heurte en rien ces principes « sacrés ».
      De plus, les décideurs actuels ne sauraient s’opposer à une majorité issue du suffrage universel.

    • Spip Spip 30 juillet 2011 00:28

      Je voulais reprendre point par point ce qui me paraissait des contradictions, mais votre dernier message rend cette démarche inutile. En effet, si « ce projet ne heurte en rien ces principes sacrés », ce sera vraiment « révolutionnaire »...

      Quant à « les décideurs actuels ne sauraient s’opposer à une majorité issue du suffrage universel » là, on est vraiment dans le monde des Bisounours.

      Vous devez bien être le seul ignorer que le 2 août est la date butoir pour qu’Obama obtienne un accord du Congrès sur le relèvement du plafond d’endettement sinon le pays se retrouvera en défaut de paiement.


    • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 30 juillet 2011 09:28
      Par Spip (xxx.xxx.xxx.46) 30 juillet 00:28
      « Vous devez bien être le seul ignorer que le 2 août est la date butoir pour qu’Obama obtienne un accord du Congrès »

      Ah ! C’était donc cela l’évènement si important ! ! ! ...

    • Kalki Kalki 29 juillet 2011 11:40

      Il n’y a plus de travail, d’avenir de futur.

      IL y a l’abondance, mais pas le partage.

      Il y a donc la mort.


      • Kalki Kalki 29 juillet 2011 11:42

        L’auteur est gentil bisounours technocrate : n’ayez plus peur, on a plus besoin de vous non plus


      • Kalki Kalki 29 juillet 2011 11:42

        Plus besoin de sauver les apparences, en fuyant dans les apparences, avec une couche de vernis depuis les années 80


      • L'enfoiré L’enfoiré 29 juillet 2011 16:03

        « Il y a donc la mort. »
        Non, pas du tout. C’est exactement ce que voudrait les prêcheurs. Ceux qui seront là pour vous tenir la main au moment opportun dans la nouvelle arche de Noé.
         smiley


      • L'enfoiré L’enfoiré 29 juillet 2011 12:42

        Oui, mais... et de (1) et de (2)
        Je viens de lui écrire.
        Je ne commenterai plus sur son blog. Tout se passe en mail, désormais.


        • L'enfoiré L’enfoiré 29 juillet 2011 13:02

          Correction pour le titre « Quand le philosophe Paul Jorion dépasse l’anthropologue, le sociologue » 


        • JL JL 29 juillet 2011 14:24

          Bonjour Laurent Pinsolle,

          quand vous écrivez : « l’auteur affirme de manière un peu rapide que « les banques centrales – et elles seules – sont en charge de création monétaire ». Un simple cours de comptabilité, permet de comprendre que ce sont les banques privées qui créent la monnaie aujourd’hui ».

          Si c’était le cas, qu’est-ce qui empêche les ba,nques privées d’en créer ad libitum ? Sauf erreurs, elle n’en créent qu’avec les intérêts perçus sur les prêts qu’elles vendent. Les intérêts sont pour une banque, ce que sont les produits manufacturés pour une entreprise, à la différence qu’elle n’a pas besoin de vendre leur production, sinon peut-être à la BCE qui, elle seule crée la monnaie sonnante et trébuchante en échange d’un contrôele de respect des rêgles imposées : intediction de créer autrement que par ce mécanisme de crédit ?

          Qu’en pensez vous ?


          • foufouille foufouille 29 juillet 2011 14:53

            "Si c’était le cas, qu’est-ce qui empêche les ba,nques privées d’en créer ad libitum ? Sauf erreurs, elle n’en créent qu’avec les intérêts perçus sur les prêts qu’elles vendent. Les intérêts sont pour une banque, ce que sont les produits manufacturés pour une entreprise, à la différence qu’elle n’a pas besoin de vendre leur production, sinon peut-être à la BCE qui, elle seule crée la monnaie sonnante et trébuchante en échange d’un contrôele de respect des rêgles imposées : intediction de créer autrement que par ce mécanisme de crédit ?« 
            non et deja dit
            tu deposes 100 ou la banque a 100
            elle prete 1250, gardent les interets et detruit en theorie l’argent fabrique
             »ratio prudentiel" de 8%


          • JL JL 29 juillet 2011 16:07

            foufouille,

            prière de ne pas polluer mes questions par des interventions stupides qui ne font que répéter ce que j’ai dit en omettant le sens principal.

            Je répète donc ma question :

            @ Laurent Pinsolle,

            Paul Jorion dit que c’est la BCE qui crée la monnaie, et vous dites que ce sont les banques privées qui le font. Est-ce que, d’une certaine façon, le fait que les banques privées créent la monnaie sous le contrôle de la BCE, ne reviendrait à dire que c’est la BCE qui crée la monnaie ?

            Puisqu’il est clair que les banques privées ne peuvent pas créer ad’libitum, mais en respectant certaines règles.


          • foufouille foufouille 29 juillet 2011 16:16

            La Banque centrale européenne (BCE) est la banque centrale de l’Union européenne. Elle est chargée de définir les grandes orientations de politique monétaire de la zone euro et de prendre les décisions nécessaires à sa mise en œuvre. C’est-à-dire de maintenir le pouvoir d’achat de l’euro et donc la stabilité des prix dans la zone euro. Cette zone comprend les 17 pays de l’Union européenne qui ont introduit l’euro depuis 1999. La BCE a été créée en 1998 et son siège est à Francfort-sur-le Main, en Allemagne. Occupant une ancienne tour de bureaux trop petite, un nouveau bâtiment est en cours de construction à Francfort depuis 2008[1].


          • foufouille foufouille 29 juillet 2011 16:20

            Le ratio Cooke est un ratio de solvabilité bancaire qui est recommandé par le Comité de Bâle dans le cadre de ses premières recommandations.

            Il fixe la limite de l’encours pondéré des prêts accordés par un établissement financier en fonction des capitaux propres de la banque. Les banques sont tenues de garder un volant de liquidité, de ne pas prêter à long terme, l’équivalent de 8 % de leurs fonds propres afin de faire face aux impondérables : retournement de la conjoncture et augmentation des impayés de la part de ménages moins solvables, retraits soudains aux guichets de la banque.

            Pour le calcul de ce ratio, on retient les fonds propres répartis selon trois grandes masses (le noyau dur ou TIER 1, les fonds propres complémentaires ou TIER 2, les fonds propres surcomplémentaires ou TIER 3) et les encours de crédit, les engagements bilantiels et hors bilan pondérés selon leur nature. Le rapport des fonds propres sur les encours pondérés doit être égal ou supérieur à 8 % avec un minimum de 4 % sur le TIER 1.

            Ce ratio tient ce nom de Peter Cooke, un directeur de la Banque d’Angleterre qui avait été un des premiers à proposer la création du Comité de Bâle et fut son premier président.

            Il est moins élaboré que le ratio McDonough qui lui a succédé dans le cadre de la réforme dite des accords de Bâle II, car il ne prend que très grossièrement en compte le risque plus ou moins élevé des différents prêts accordés et a permis l’émergence de l’arbitrage prudentiel.


          • JL JL 29 juillet 2011 14:28

            "Plutôt que d’envisager le capitalisme comme un système économique en soi, il paraît davantage justifié de le définir comme un défaut structurel que peuvent présenter certains systèmes économiques ; ce défaut étant que les ressources sont absentes là où elles sont nécessaires, absence à laquelle pallie un mécanisme – le versement d’intérêts – qui ne peut qu’aggraver encore ce même défaut. » (Jorion, « L’agonie du capitalisme » p 53)

            Je dirai qu’en empêchant l’Etat de battre monnaie, les capitalistes ont ruiné la possibilité d’une autre solution, le socialisme.

            Paul Jorion poursuit : « Si le capitalisme se révèle être une tare de notre système économique plutôt qu’une forme économique à part entière, par quoi expliquer notre aveuglement face à cette évidence ? Probablement par la familiarité que nous en avons, et qui nous a rendus insensibles à ses insuffisances. »

            C’est ça, et ça rejoint ce mot d’Edouard Glissant : « Le libéralisme économique préside tous les imaginaires. »


            • L'enfoiré L’enfoiré 29 juillet 2011 15:24

              Salut JL,
               "Je dirai qu’en empêchant l’Etat de battre monnaie, les capitalistes ont ruiné la possibilité d’une autre solution, le socialisme.« 

              Continuez dans ce raisonnement. J’aime. Cela m’amuse même.
              Le socialisme qui l’a inventé ?
              Le système vivant ou l’homme ?
              Thierry Leluron le chantait »L’emmerdant, c’est la rose« .
              Vous devriez passer un peu sur quelques articles su le sujet.
              Je vous conseille de lire un vieux Manière de voir du Monde diplomatique »Le temps des utopies« .
              Je me suis demandé si j’étais de gauche ou de droite.
              Ma réponse a été »je travaille en courant alternatif".
              J’aime la philosophie, c’est bon pour les neurones. Mais je n’ai jamais eu un pain en échange d’un précept de philosophie.


            • L'enfoiré L’enfoiré 29 juillet 2011 15:36

              J’oubliais : « L »agonie du capitalisme« j’ai lu. Mais j’aimerais avoir la suite qui pourrait avoir pour titre »La renaissance de l’Homme"


            • L'enfoiré L’enfoiré 29 juillet 2011 15:47

              Il y a tellement de choses à stopper avant de mettre un point final (ou pour simplement le faire) au capitalisme dans son essence et pas nécessairement dans ses excès.


            • JL JL 29 juillet 2011 16:09

              @ l’enfoiré,

              ravi de vous avoir amusé. Sinon, quel temps fait-il chez vous ?


            • L'enfoiré L’enfoiré 29 juillet 2011 16:45

              JL,
               Gris comme partout. 33°C. 15 le matin.18 l’après midi. smiley
               Attention, changement de programme dès lundi.
               On change de mois. On aura terminé les soldes.
               La pluie était dans le paquet cadeau Bonux ristourné.
               smiley 


            • L'enfoiré L’enfoiré 29 juillet 2011 17:04

              Mais je viens d’entendre que l’aéroport de Charleroi fait le plein avec 20.000 passagers par jour.
              Destination : Ténérife. Mais est-ce de la philosophie jorionesque ?


            • Antoine Diederick 30 juillet 2011 00:35

              A Enfoiré,

              agonie du capitalisme, c’est l’histoire du Phénix, il renait de ses cendres....

              et donc je pense aussi que l’agonie , c’est un constat, imaginer l’avenir c’est un espoir...je choisis le second point moi-aussi...


            • L'enfoiré L’enfoiré 30 juillet 2011 09:07

              Cher Antoine,
               J’ai exactement la même pensée.
               Pour vous le faire comprendre, je vous inciterai à lire un vieil article que j’avais appelé « L’agent du beurre ».
               Tout a un début, une apogée et une fin, c’est comme la vie elle-même.
               Il faut seulement préparé la phase suivante pour l’avenir c’est l’espoir et pas comme le disait plus haut à Kalki.



            • foufouille foufouille 29 juillet 2011 14:57

              "Si ce livre est très réussi, j’y mettrai deux bémols. Le premier concerne l’analyse que fait l’auteur du travail « devenu rare dans un monde où la productivité croît par l’automation ». Un déficit commercial équivalent à 4% du PIB et la crise permettent de fortement contester cette vision en France. Il me semble que le chômage de masse est davantage le produit de choix politiques qu’un fait inéluctable consécutif au progrès (ce qui aurait pu être dit plusieurs fois dans l’histoire)."

              les usines sont delocalises en grande partie


              • Spip Spip 29 juillet 2011 14:59

                @ l’auteur.

                « Il me semble que le chômage de masse est davantage le produit de choix politiques qu’un fait inéluctable consécutif au progrès »
                Ah oui ? En quoi les politiques ont-ils encore, aujourd’hui, les moyens réels d’influencer les décisions des grandes multinationales ? L’actualité nous prouve, chaque jour, le contraire (délocalisation de la production, transfert de technologies vers des pays low cost, etc.) Le reste est surtout de la gesticulation électoraliste.

                Un autre pouvoir (de nuisance) est dans les mains, non plus des capitalistes qui produisent encore quelque chose, mais dans celles des petits génies des produits financiers qui nous ont amené là où nous en sommes aujourd’hui.


                • JL JL 29 juillet 2011 16:31

                  Bonjour Laurent Pinsolle,

                  quand vous écrivez : « l’auteur affirme de manière un peu rapide que « les banques centrales – et elles seules – sont en charge de création monétaire ». Un simple cours de comptabilité, permet de comprendre que ce sont les banques privées qui créent la monnaie aujourd’hui ».

                  Si c’était le cas, qu’est-ce qui empêche les ba,nques privées d’en créer ad libitum ? Sauf erreurs, elle n’en créent qu’avec les intérêts perçus sur les prêts qu’elles vendent. Les intérêts sont pour une banque, ce que sont les produits manufacturés pour une entreprise, à la différence qu’elle n’a pas besoin de vendre leur production, sinon peut-être à la BCE qui, elle seule crée la monnaie sonnante et trébuchante en échange d’un contrôele de respect des rêgles imposées : intediction de créer autrement que par ce mécanisme de crédit ?

                  Qu’en pensez vous ?


                  • JL JL 29 juillet 2011 19:12

                    Laurent Pinsolle,

                    commentaires postés : 48
                    commentaires reçus : 2635.

                    Pas bavard, le client !


                  • easy easy 29 juillet 2011 16:48

                    La question du partage des profits entre patron et employés m’a constamment interpelé (ça peut s’écrire interpellé)

                    Ma Grand-mère avait une plantation de thé, moi des entreprises de 15 salariés maxi et tout le temps je me demandais comment passer à une formule plus collective.

                    Mais j’ai constaté régulièrement que ce n’était pas possible sauf avec un employé, un Normand, avec qui j’ai franchi le pas. Avec les autres (peut-être 200 au total et sur 20 ans) il y avait un obstacle : ils ne voulaient pas assumer les responsabilités morales, éthiques, civiles et pénales.

                    C’est d’ailleurs un problème qui se pose même au sein d’un foyer père-mère-enfants lorsque seul le père ramène de quoi faire cuire la marmite.

                    Les responsabilités d’un patron sont si grandes (quand il ne dispose pas d’un staf et d’une série de fusibles) qu’il faut que les employés, sa femme et ses enfants, soient entièrement solidaires et jusqu’au bout de toute la machinerie ou refuser d’y participer. Mais y participer pour y récupérer de l’argent, même peu, sans jamais accepter de répondre auprès du patron, des turpitudes de l’entreprise et même des vies de chacun qui sen ressentent, empêche une véritable association coopérative.

                    Toutes les lois, depuis des millénaires, vont à ne pendre qu’un seul responsable, considéré comme chef. En comme sa bande ou son clan est plutôt content d’être épargné, on ne troiuve jamais rien à redire à ce principe du bouc émissaire, du martyr unique.

                    On passerait à une appréciation plus collective des conneries commises par les individus, on passerait automatiquement à la collectivisation des entreprises et au partage de tout, le meilleur comme le pire.


                    • herbe herbe 29 juillet 2011 17:32

                      easy c’est une vraie difficulté et ça ne s’impose pas la coopération.

                      Il y a cependant de grandes réussites comme par exemple celle ci :

                      http://fr.wikipedia.org/wiki/Groupe_Ch%C3%A8que_D%C3%A9jeuner

                      Numéro trois mondial et c’est bien d’une SCOP qu’il s’agit , chiffre d’affaire toujours selon wikipedia : 3,4 milliards


                    • easy easy 29 juillet 2011 18:15

                      C’est un bel exemple que cette coop chèque déjeuner.

                      (Attention de ne pas lui attribuer des milliards de CA. Comme pour une banque ou une compagnie d’assurance, il ne s’agit pas vraiment d’un chiffre généré par une production propre)

                      Mais dans le fond, quelle peut bien être sa responsabilité civile, pénale, éthique, à cette Coop CD ?

                      Un menuisier, avec 5 salariés, a d’emblée et au moins une problématique éthique à résoudre.
                      D’où vient son bois, est-ce vraiment bien de tuer des arbres... ?
                      Ensuite il fait marcher des machines : est-ce vraiment bien ?
                      Et puis il utilise des peintures et vernis. Est-ce vraiment sain ?
                      Ensuite il faut livrer. Est-ce vraiment bien de polluer pour livrer un meuble ?
                      Etc.

                      Et il est seul à devoir se charger des éventuelles malfaisances


                      • Antoine Diederick 29 juillet 2011 23:12

                        a Sisyphe

                        la vraie réforme monétaire consisterait à inclure dans la valeur des monnaies les matières premières...

                        c’est à dire l’ensemble des ressources exploitables connues et/ou utilisées.... ?


                      • NeverMore 29 juillet 2011 18:43

                        Bon article pour un livre qui le mérite.

                        Je ne suis pas d’accord avec votre bémol concernant la création de monnais par les banques.

                        Il faut appeler un chat un chat, la monnaie vaut (sauf catastrophe, eg défaut de l’état) le prix qui est écrit dessus. Un effet bancaire, (reconnaissance de dette de la banque ou d’un emprunteur ...) est un élément d’un transaction qui n’est pas terminée (à l’opposé d’un billlet qui se suffit en lui-même), et vaut ce qu’elle vaut à un moment donné ...ce qu’on est prêt alors à les payer. Les deux peuvent avoir une fonction similaire, quand tout va bien, mais je vous vendrais certaines créances subprimes à 50% de leur valeur faciale que vous n’en voudriez pas.

                        Pour un effet bancaire, le fait qu’il s’agisse d’une transaction non terminée mais en principe équilibrée permet d’appliquer un effet de levier, mais les régles prudentielles évolutives sont le clair signe qu’il ne s’agit pas de monnaie. 

                        En fait c’est une problème de définition, qui est précise concernant la monnaie, sinon à la limite, tout ce qui a de la valeur pourrait être appelé monnaie. Il ne vous viendrait pas à l’idée de dire qu’un facture est de la monnaie.


                        • NeverMore 29 juillet 2011 18:48

                          PS : il vous faidrait lire « ’L’argent » de Paul Jorion qui défend de façon convaicante le point de vue de l’auteur concernat ce qui est monnaie.

                          Ceci dit, quand les parteneires d’une discution sont d’accord sur le contenu des termes qu’on manipule, la distinction pourrait être secondaire, mais c’est rarement le cas concernant la monnaie.


                        • Crapaud Rouge 29 juillet 2011 21:53

                          Je cite : « se partager avec les autres acteurs (actionnaires, capitalistes et dirigeants) les profits de la vente » : vous appelez ça de la « philosophie », vous ? Vous n’êtes pas difficile... C’est pour avoir été en opposition frontale sur ce point précis avec votre « philosophe » qu’il m’a viré une journée de son blog. Mais viré comme un malpropre après 2 ans de présence assidue et fort amicale, de sorte que j’ai juré de ne plus y remettre les pieds.

                          Cette idée de faire participer les salariés au capitalisme n’est pas neuve, ensuite elle est complètement stupide de la part de quelqu’un qui prétend combattre le capitalisme et claironne sur tous les toits que ce capitalisme est à l’article de la mort. Idée fausse qui fait vendre, comme d’habitude.

                          Mais il y a pire : ce grand pourfendeur du capitalisme n’est pas fichu de le contester vraiment, c’est-à-dire dans le fond, à l’instar d’un authentique philosophe. Non, il cherche seulement à l’amender, se basant pour cela sur son expérience d’ingénieur financier. Et il a quelque peu tendance à se prendre une grosse tête...

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON







Palmarès