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Quel bilan pour les Abenomics ?

Il y a plus de deux ans, le nouveau premier ministre du Japon mettait en place une politique économique assez radicale. Surfant sur quelques statistiques trimestrielles négatives, bien des média font son procès, cachant le fait que le bilan global est largement positif sur la distance.

 
Un succès incontestable
 
Bien sûr, une statistique trimestrielle peut donner l’impression d’un échec des Abenomics, comme cela est expliqué à la moindre baisse de la croissance. Les statistiques du second trimestre, avec un recul de 1,6% du PIB, ont donné une nouvelle occasion aux pourfendeurs de Shinzo Abe de dénoncer ses politiques, qui montreraient ici leurs limites. Mais cette analyse est superficielle car il suffit d’y ajouter les chiffres du premier trimestre, très positifs (un PIB en croissance de 3,9%) pour relativiser cette contre-performance. De même, certains soulignent que l’inflation ne parvient à rester en territoire fermement positif. Mais, comme le rapporte The Economist, il ne faut pas oublier que le Japon vient tout juste de publier des statistiques d’inflation hors matières premières, qui se situe à 0,7% sur un an au lieu de 0.
 
 
Bien sûr, l’objectif de 2% d’inflation n’est pas encore atteint, mais le graphique de The Economist, qui ne montre pas le chiffre hors matières premières, souligne à quel point les Abenomics ont permis de sortir le pays de la déflation dans laquelle il s’était enfermé depuis des années. Un autre graphique montre aussi à quel point les Abenomics ont redynamisé la croissance, le PIB du pays étant sorti d’une phase de baisse. Bien sûr, la croissance est tombée mi-2014 du fait de la hausse de la TVA, mais la croissance globale est positive en 2014, d’autant plus méritoire avec une population en baisse, menant Shinzo Abe à une victoire électorale. Bref, ici, il il ne faut pas se laisser intoxiquer par les titres dramatisants à chaque oscillation négative quand les bonnes nouvelles tendent à être oubliées.
 
Ce débat nécessaire qui est oublié
 
Le Japon révèle malheureusement la malhonnêteté de certains médias qui ne veulent pas accepter les succès de la politique menée par le Premier ministre, car cette dernière est trop contraire à ce qu’ils défendent. Il faut dire que Shinzo Abe n’y est pas allé avec le dos de la cuillère  : à son arrivée au pouvoir, le pays était englué dans une déflation, dont il ne parvenait pas à sortir. Alors que les déficits budgétaires étaient importants, il a pourtant décidé de les gonfler pour relancer l’économie (il atteint encore aujourd’hui près de 7% du PIB). Cela a été rendu possible par la Banque Centrale, qui achète aujourd’hui pour 80 000 milliards de yens (670 milliards de dollars, 13% du PIB) de bons du trésor par an et en détient aujourd’hui plus de 300 000 milliards, presqu’un tiers de la dette publique.
 
Appliqué à notre échelle, cela reviendrait à ce que la Banque de France achète pour plus de 250 milliards d’euros de bons du trésor par an, bien plus que les déficits ! A ce rythme, la banque centrale monétiserait toute notre dette en 8 ans ! La France n’aurait plus alors à payer d’ntérêts, soit 50 milliards d’économie par an ! Bien sûr, il faut remettre en perspective la politique du Japon par le fait que la dette du pays représente environ 240% de son PIB, mais cela relativise grandement les discours de tous les austéritaires qui clament que nous sommes au bord de la faillite, alors même que nous n’avons jamais payé l’argent aussi peu cher. Enfin, il faut noter le volontarisme de Shinzo Abe dans le soutien aux salaires, avec sa hausse de 2,3% du SMIC local, qui reste assez faible néanmoins.
 
 
Il est malheureux qu’il ne soit pas possible de débattre de manière plus posée des ressorts de la politique économique du gouvernement Japonais et que l’on ne retienne trop souvent que de mauvaises statistiques passagères. En réalité, les Abenomics devraient être une source d’inspiration.
 

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1 réactions à cet article    


  • Alren Alren 12 septembre 2015 12:20

    Il n’y a aucun secret : sans consomation appuyée sur une forte demande intérieure des producteurs des richesses produites, biens ou services, l’économie s’effondre. Même un conservateur comme Abe l’a compris.

    Quand les Hollande, Sapin, Macron et les « lélites » non élues de l’UE accepteront-ils cette vérité élémentaire, contraire à leur soumission à l’oligarchie ?

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