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Accueil du site > Actualités > Economie > Quel modèle économique pour lutter contre la Chine ?

Quel modèle économique pour lutter contre la Chine ?

J’avais écrit cet article au moment du débat autour de la constitution européenne. Il dépasse ce débat pour parler de la guerre économique qui se joue, avec, comme adversaire principal des occidentaux, la Chine. Où l’on voit que la meilleure stratégie pour gagner la guerre est en fait la recherche de la paix...

Les défenseurs de la constitution qu’on nous propose nous disent que cette constitution sera un outil nécessaire pour lutter contre les Etats-Unis et surtout contre la Chine, dans le contexte de guerre économique mondiale, institué par les organisations financières et commerciales internationales (FMI, OMC, OCDE et consorts) qui ont placé la sacro-sainte concurrence au dessus de tout. Que dire contre cet argument massue qu’on nous assène ? Peut-il réussir à étourdir nos consciences et à entamer notre esprit critique ?

Pour parer le coup, il est nécessaire d’employer une arme plus puissante que nos adversaires, et cette arme, c’est le texte de la constitution lui-même. Il est clair, pour ceux qui ont quelque connaissance du contenu de la partie III (dont les thuriféraires du oui ne parlent jamais), que la politique économique que cette constitution impose, c’est le libéralisme, dans sa forme ultra, mais avançant masqué sous les voiles du social : totale liberté de circulation des capitaux, concurrence libre et non faussée, qui s’applique même aux services d’intérêt général, interdiction d’emprunter de l’argent à la Banque centrale européenne, indépendante de tout contrôle démocratique de l’Union, etc. Ceux qui ont l’honnêteté, parmi les défenseurs du oui, de reconnaître cette orientation libérale, comme François Bayrou, nous disent que si l’on veut devenir plus fort dans un monde où la compétition sauvage domine, on n’a pas d’autre choix que de passer par le libéralisme. Le problème, c’est bien celui-là : cette constitution ne nous laisse pas le choix, autrement dit nous impose le non-choix, ce qui est contraire à l’essence même de la démocratie. D’autre part, est-ce bien raisonnable de soutenir, en la reconnaissant comme inévitable, la compétition mondiale sauvage, quand on sait qu’en face il y a une Chine avec plus d’un milliard d’habitants ? Le combat est perdu d’avance, à moins qu’on ne parvienne à abaisser le coût du travailleur européen à la hauteur du travailleur chinois. Mais dans ce cas, notre société européenne tomberait bien bas, et de toute façon les révoltes sociales violentes entraînées par la pression sur la population détruiraient la cohésion interne de nos pays démocratiques avant même qu’on ne parvienne à ce stade. Autrement dit, l’attitude qui consiste à s’enfoncer dans le carcan ultralibéral plutôt que d’essayer d’en sortir en agissant au niveau des institutions financières et commerciales internationales est tout bonnement suicidaire.

On voit bien que les premiers bénéficiaires de cette libéralisation poussée ne seront pas les pays d’Europe, mais bien les entreprises multinationales, qui seules sont les vraies bénéficiaires de cette concurrence sans frein, parce qu’elle oblige les nations à abaisser les coûts du travail pour rester compétitives. Et les multinationales sont seules capables de délocaliser dans des proportions suffisantes leurs activités dans des pays aussi lointains que la Chine.

Mais, me direz-vous, si le libéralisme ne peut pas permettre de lutter contre cette puissance émergente qu’est la Chine, que peut-on proposer d’autre ? Il faut, bien que ce ne soit pas si facile que cela, replacer l’exigence de démocratie et de défense des droits humains devant l’impératif économique. Et je ne me place pas ici du point de vue des valeurs, mais du point de vue de l’efficacité stratégique, de la realpolitik, qui seule intéresse vraiment nos puissances occidentales, qu’elles soient privées ou publiques. Il est évident que les multinationales et les spéculateurs s’accommodent de l’absence de démocratie en Chine, le faible coût de la main-d’œuvre et l’absence de tout droit élémentaire en matière de travail (pas de droit de grève, pas de syndicat libre, pas de limitation des heures de travail, pas de congés payés, etc.) sont pour elles une aubaine. Mais ce déficit de démocratie, que les pays occidentaux critiquent pour la forme mais ne font rien pour combler, est dangereux pour eux comme pour les multinationales. Tout d’abord parce que l’absence de démocratie fournit des avantages aux multinationales qui contribuent à faire pression sur le droit et sur le coût du travail dans nos pays occidentaux, et donc sur notre niveau de vie et de démocratie, qui ne peuvent qu’entraîner une baisse de moral de nos troupes de travailleurs, voire des troubles sociaux importants, handicaps majeurs face à un pays dont les habitants sont disciplinés et capables de consentir à des sacrifices, à la fois par la soumission à l’Etat tout-puissant et par leur culture. Ce qui signifie que, quand bien même nos pays plongeraient dans la dictature, nous ne pourrions toujours pas lutter contre la Chine, du fait de nos différences culturelles. Si l’on veut sortir de ce cercle vicieux, il faut faire en sorte que la démocratie se développe en Chine.

Les multinationales pourraient, par exemple, autoriser l’émergence de syndicats indépendants, augmenter les salaires pour permettre aux travailleurs chinois d’avoir plus d’argent, donc plus de pouvoir face à l’Etat, abaisser le nombre d’heures de travail pour dégager du temps libre, nécessaire aux citoyens pour cultiver leur esprit critique, pour organiser la vie sociale, pour s’engager dans des associations, et ainsi favoriser l’émergence d’une société civile, qui pourrait à terme faire changer le visage de cette Chine qui n’a de république et de populaire que le nom. Mais non, les multinationales sont prisonnières de leur vision à court terme, aveuglées par les œillères du profit, et ignorent les dangers d’une telle attitude. Prenons un exemple récent pour illustrer notre propos : en ce moment, le seul syndicat chinois, contrôlé par le Parti, fait pression pour s’introduire à l’intérieur des entreprises. S’il y parvient, il pourra exercer une forme de contrôle sur ces entreprises, ce qui à l’évidence est une perspective dangereuse. Le seul moyen pour les multinationales d’endiguer cette menace serait de permettre l’émergence de syndicats libres à l’intérieur de leurs structures, mais elles refusent de se passer de cet avantage d’absence de syndicats, qui leur permet de cultiver leurs profits à court terme.

Mais cet aveuglement démontre une chose encore plus importante : l’ignorance des occidentaux de la stratégie chinoise au sein de la guerre économique mondiale. Citons le sage chinois Sun Tzu, qui vécut au VIe siècle avant Jésus-Christ, qui écrivait dans L’Art de la guerre  :

Généralement, celui qui occupe le terrain le premier et attend l’ennemi est en position de force... C’est pourquoi ceux qui sont experts en l’art militaire font venir l’ennemi sur le champ de bataille et ne s’y laissent pas amener par lui. Celui qui est capable de faire venir l’ennemi de son plein gré y parvient en lui offrant quelque avantage.

Or, que fait la Chine à l’heure actuelle avec les multinationales occidentales ? Elle occupe le terrain en premier, puisqu’elle permet à l’ennemi de venir s’implanter sur son propre territoire et elle a fait venir son ennemi de son plein gré, en lui procurant les avantages de son absence de droit du travail et de ses coûts salariaux faibles. La phase suivante, qui est déjà engagée, consiste à s’introduire au sein des lignes ennemies, à la fois pour percer à jour leur stratégie et leur mode de fonctionnement (toute l’élite des étudiants ou des ingénieurs chinois que le Parti autorise à voyager en Occident), et pour exercer un contrôle sur certains agents de l’ennemi (la tentative du pouvoir chinois de s’immiscer au sein des entreprises multinationales par l’entremise de son syndicat unique).

Percez donc à jour les plans de l’ennemi et vous saurez quelle stratégie sera efficace et laquelle ne le sera pas.

Le mode de fonctionnement de l’ennemi, c’est celui du libéralisme, et la stratégie efficace, c’est de soutenir le libéralisme en s’introduisant au sein de l’OMC et en passant à l’économie de marché. Alors que les occidentaux croient que la Chine se rapproche d’eux en acceptant leur mode de fonctionnement et leurs « valeurs », en s’éloignant du « communisme », elle ne fait qu’employer la stratégie qui consiste à utiliser les armes de l’ennemi contre lui. Les Chinois ont très bien compris, contrairement à nous, que la concurrence sans frein que propose le libéralisme ne peut que nous pousser à notre propre perte, car du fait de la supériorité démographique de la Chine, on ne pourra pas résister en restant en situation de compétition avec elle. Et le seul moyen d’éviter la compétition, c’est de réformer les règles du commerce mondial qui accentuent cette compétition entre pays. On ne pourra résister à la Chine qu’en renforçant nos lignes de défense, brisées par la déréglementation libérale, et cela ne peut être fait qu’en ouvrant la possibilité de recourir au protectionnisme. Si la constitution européenne est adoptée telle qu’elle nous est proposée, enferrée dans un carcan libéral, cette possibilité sera difficile à envisager, alors que les Etats-Unis, eux, pourront y recourir, car même s’ils diffusent le libéralisme sur la planète, celui-ci n’est pas fixé dans leur constitution. On voit là, au passage, que les Etats-Unis seront plus puissants que nous face à la Chine. Alors quand on nous dit que cette constitution européenne permettra à l’Union de résister aux Etats-Unis, on se fourvoie.

Un dernier précepte de la stratégie de Sun Tzu nous dit :

De même que le flot épouse les accidents du terrain, de même une armée, pour parvenir à la victoire, adapte son action à la situation de l’ennemi.

Et, de même que l’eau n’a pas de forme stable, il n’existe pas dans la guerre de conditions permanentes .

La première nécessité pour résister, dans une bataille, c’est la souplesse, la capacité de s’adapter au changement des conditions du combat. Contrairement à la Russie, qui est passée à l’économie de marché à la suite d’un échec du système économique centralisé, la Chine a choisi volontairement cette adaptation, elle s’est adaptée délibérément aux nouvelles conditions du champ de bataille mondial. Or, le problème essentiel que pose cette constitution pour l’Europe, c’est son manque de souplesse, le fait qu’elle rende difficile d’adopter un autre chemin que celui du libéralisme. En effet, il sera difficile à l’Europe d’adapter sa stratégie suffisamment vite aux aléas des circonstances de la guerre économique, si elle doit procéder à l’unanimité pour transformer la constitution. Comme faire, notamment, si à l’attaque avec l’arme du libéralisme, il faut substituer la défense, avec le bouclier du protectionnisme ?

Pour éviter de nous faire écraser par la Chine dans une guerre économique qu’on ne pourra que perdre, une seule solution s’impose : en finir avec la guerre économique. Pour cela, il est plus que nécessaire, avant qu’il ne soit trop tard :

- de substituer la coopération à la concurrence sans frein et la compétition

- de rendre possible le recours au protectionnisme et de permettre aux Etats de réguler l’économie de marché

- de tout faire pour que la démocratie se développe en Chine, car une démocratie a moins tendance à vouloir conquérir le monde qu’une dictature

- de renforcer les relations culturelles avec la Chine et de développer des liens d’amitié et de réelle compréhension mutuelle

Et l’Europe a suffisamment de poids au sein des institutions financières et commerciales internationales pour inverser la tendance, pour faire sortir le monde du libéralisme débridé qui nous conduit tout droit au suicide. Ce n’est pas avec une telle constitution que nous pourrons le faire.


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60 réactions à cet article    


  • crévindieu (---.---.146.158) 4 janvier 2007 12:02

    @ l’auteur:ton article est bien fichu en dépit de quelques coquilles.Je préfère parler du continent asiatique,dont la Chine bien sûr,qui représente largement 2 milliards d’individus,c’est à dire d’au moins 1,5 milliards d’ouvriers potentiels,embrigadés,partant de quasi zéro et dont l’appareil d’état a les dents longues.

    Je partage ton point de vue:si on laisse faire,dans vingt ans,c’en est fini de notre continent:ce sera le tiers monde et je doute que le tertiaire et le tourisme suffisent à nos besoins.

    Par contre,tu fais une erreur en te basant uniquement sur les multinationales.Plein de professionnels utilisent la main d’oeuvre a prix cassé qu’offre ces pays.Sais-tu que la haute couture sous-traite ses « petites mains »pour fabriquer les beaux habits revendus hors de prix.Sais-tu que les Chinois ont réussi à débaucher des luthiers occidentaux pour faire fabriquer en moyenne série des violons qui sont réexpédiés en kit, prêts à être assemblés,par d’autres luthiers ce qui multiplie les bénéfices par 10 ? Et les prothèses dentaires, idem...Et tout est comme ça:personne ne réagit prétextant d’hypothétiques ventes d’Airbus, de centrales nucléaires,de TGV(avec les brevets),et autres fariboles.Je n’aborde même pas le scandale des contrefaçons : c’est le scandale absolu mais le profit est partagé entre l’accumulation du capital chinois,et celui des moyens et gros importateurs et leurs sociétés de distribution.Le problème,en outre,c’est qu’au fur et à mesure des délocalisations,leurs produits sont vendus aussi chers que ceux que nous fabriquions,avec une qualité qui s’améliore et pour cause notre savoir faire est aussi vendu là-bas.Toute cette monstrueuse hypocrisie ici et les sourires faux-derches de leurs représentants qui jouent les modestes, me mettent en rage. smiley


    • faxtronic (---.---.127.45) 4 janvier 2007 13:19

      La mondialisation vu selon l’europe aura pour consequence un monde homogene, avec autant de misere au niveau mondial que maintenant, mais avec des gens qui meurent de faim par millions en europe cotoyant des super-riches avec une armee d’esclaves. Et cela en europe comme en afrique ou en Asie. C’est un genereux principe.

      La mondialisation vu par les US ou la Chine, qui sont plus patriote, que nous, c’est un monde au service des interets americains ou chinois. C’est un principe normal et democratiques.

      Tous le monde sait qu íl faut 5 a 7 terres pour que tous les humains vivent comme en US. Un petit rappel, il n’y a qu’une Terre. Donc soit on repartit la misere (mondialisation), soit on se bat a mort pour survivre et dominer et asservir le reste du monde.

      Soyons comme les US ou la Chine, soyons outrageusement patriote et battons nous a mort contre nos concurrents ! Ceux qui ne veulent pas sont ceux qui sont surs de faire partie du gratin dans un monde homogene, donc qui veulent que le combat soit a mort entre les individus plutot qu’entre les nations.

      Notre survie en depends


      • faxtronic (---.---.127.45) 4 janvier 2007 13:36

        A moins que l’on se protege contre la grande guerre mondiale econimique, mais est-ce possible :

        - La democratie en Chine ne changera rien a cet etat de guerre pour la survie

        - La voie US et Chine est la guerre economique, car ils ont des atouts puissants, ce que n’a pas l’europe.

        - Le protectionnisme peut il fonctionner ? Il peut deboucher sur une guerre militaire, car souvent, la seule chose qui retient de reduire en poussiere radioactive son voisin, ce sont les echanges commerciaux.

        - Quid des ressources naturelle ? L’europe est pauvre en ressources naturelles. Pour survivre, soit on fait des echanges economiques, ce qui impliquent de participer a la guerre economique, soit on recolonise l’afrique, ce qui declenchera un guerre reel :

        Alors :

        Guerre economique ou guerre militaire ? C’est a vous de choisir !!!

        Strictement personnellement, je prefere pour des raisons personnelles et subjective la guerre militaire, car l’europe a une petite chance de ne pas perdre toute seule mais de detruire la planete entiere, et comme cela pas de jaloux.


      • Frédéric Dalmas frédéric dalmas 4 janvier 2007 15:23

        Plutôt que de répartir la misère, je suggère de répartir les richesses....


      • faxtronic (---.---.127.22) 4 janvier 2007 15:55

        Repartir la misere ou repartir la richesse, c’est synonyme : des gens riches partout dans une maree generalisee de misere, au lieu d’ avoir des pays riches et des pays pauvres.


      • Len (---.---.170.19) 4 janvier 2007 13:25

        Bravo, article très intéressant dans sa façon de prendre du recul par rapport au dogme libéral actuel (comparaison entre la l’ultra-libéralisme et la selection naturelle)


        • Josep Garp (---.---.13.184) 4 janvier 2007 13:35

          le raisonnement ne tient pas... L’Inde est un pays démocratique...

          De plus lorsque l’on connait bien la culture chinoise, c’est à dire de l’intérieur, on apprend que les chinois n’ont nullement envie de revanche sur le monde (mis à part peut être les japonais) mais qu’au contraire ils ne veulent prétendre qu’à une seule chose vivre correctement. Comme nous quoi sauf que les modèles de pensées sont complètement différents.

          Les occidentaux ont l’esprit de conquêtes, les chinois ont le confucianisme en tête.

          Quoiqu’il en soit le problème est quand même bien traité. Je critique seulement le fait de croire que c’est le manque de démocratie qui rend la Chine dangereuse alors que l’Inde l’est tout autant voir plus car ce pays a un esprit de revanche envers ses anciens colons.

          Bref, encouragez vos enfants à faire des études (sciences dures ou économiques) pour le moments pour pouvoir contrer/s’adapter à cette vague qui va nous atteindre. A défaut de pouvoir naviguer sur un bateau résistant, il faudra savoir nager !

          C’est un peu horrible de dire ça, mais c’est un des schémas probables.


          • faxtronic (---.---.127.45) 4 janvier 2007 13:41

            Ayant mon amie chinoise, je pense que tu te leurre en disant que les chinois ne veulent pas de conquetes : Il veulent le meme niveau de vie que les US, et tout le monde sait que cela n’est pas realisable sauf si le reste du omde est asservie a la Chine. Le Confucianisme est une vision tres hierarchiques de la societe, pour la paix et l’ordre social, avec en bas les esclaves et en haut les maitres, avec en bas les fils et en haut le pere. En Chine il vaut mieux etre maitre que serviteur.


          • Bobo (---.---.27.197) 4 janvier 2007 13:54

             smiley Tayoo ! voici Bobo ! smiley

            Chez Faxtronic ça doit être chaud chez lui dans son couple avec sa copine chinoise, s’il pense des choses comme il vient de nous dire. smiley

             smileyBobo smiley


          • faxtronic (---.---.127.22) 4 janvier 2007 15:56

            drole ton commentaire smiley.


          • (---.---.232.59) 5 janvier 2007 10:11

            La Chine a comme exemple le Japon après la guerre. Alors ils s’en inspirent, mais en l’adptant à leur taille. Maintenant, en ce qui concerne la démocratie, à mon avis moins on en a plus on en parle, pour preuve les « Républiques Démocratiques ». Chez nous c’est pareil, on en parle de plus en plus surtout au moment des élections, mais on en a de moins en moins.


          • (---.---.229.236) 4 janvier 2007 14:06

            « Quel modèle économique pour lutter contre la Chine ? »

            « Lutter contre » ? Nous ne sommes pas en guerre avec la chine, je le rappel !

            La chine est le second marché du monde, bientôt le premier, il n’y a pas à « lutter contre ».


            • (---.---.229.236) 4 janvier 2007 14:34

              Mouais bon, arrete les vapeur d’amoniaque, ce n’est pas bon pour les neurones, et apprend l’économie.


            • Frédéric Dalmas frédéric dalmas 4 janvier 2007 15:10

              Mais il y a au niveau mondial une guerre économique, qui fait des morts ! indirectement mais elle en fait : le creusement des inégalités depuis l’avénement du néolibéralisme produit des morts pas milliers....

              D’ailleurs, il n’y a voir le vocabulaire utilisé dans le milieu économique libéral....


            • Nanard (---.---.229.236) 4 janvier 2007 15:33

              « Mais il y a au niveau mondial une guerre économique, qui fait des morts ! indirectement mais elle en fait : le creusement des inégalités depuis l’avénement du néolibéralisme produit des morts pas milliers.... »

              D’abord les allemands qui bombardaient londre n’ont jamais rien vendu dans le même temps aux anglais : arretez vos métaphores idiotes (comme toutes métaphores, soit dit en passant, donc je suis aussi coupable).

              Ensuite, expliquez moi je vous pris quelle est cette hausse des inégalité (sans importance réel, mais cela semble vous tracacer pour je ne sais quelle raison), quelle est cette hausse des inégalité donc que vous observez depuis 20 ans entre les chinois et les Français ? Quel était le PIB/Hab du chinois il y a 20 ans ? De combien est-il aujourd’hui ? Enfin, combien de chinois sont mort depuis la libéralisation, début 1980, et combien sont mort avant, quand tout était merveilleux dans le meilleur des monde antilibéral possible ? Le chomage en France exitait-il avant la mondialisation (vers les année 95, donc), ou est-ce la faute aux petits hommes jaunes ? Enfin, y a t il des pays qui, malgrés la mondialisation ultra-libéral terrible qui fait peur, n’ont pas de chomage et voit leur pouvoir d’achat augmenter ?


            • Frédéric Dalmas frédéric dalmas 4 janvier 2007 16:18

              Je ne parle pas des Chinois, mais des inégalités en général dans les pays les moins avancés. Creusement des inégalités au niveau mondial dont une des causes principale est l’imposition d’« ajustements structurels » et autres recommandations ultralibérales par FMI,Banque mondiale et consorts en échange d’aides financières. Ajustements qui ont conduit à une ruine des systèmes publics et des économies des pays en voie de développement, et autres (cf crises Argentine, mexicaine, asiatique, russe....). Je vous conseille de lire « La grande désillusion » de Jospeh Stiglitz, prix de la banque de Suède en l’honneur d’Alfred Nobel( et pas prix Nobel d’économie !).


            • Nanard (---.---.229.236) 4 janvier 2007 20:26

              « Creusement des inégalités au niveau mondial dont une des causes principale est l’imposition d’ »ajustements structurels« et autres recommandations ultralibérales par FMI,Banque mondiale et consorts en échange d’aides financières. »

              Ultra libéral ? De quoi tu parles ? On prete de l’argent des FRANCAIS à ces types, oui, TON FRIC, et c’est la moindre des chose qu’ils ne le gaspillent pas dans des conneries ! Celles d’ailleur qui les ont collé en faillite !


            • (---.---.232.59) 5 janvier 2007 10:14

              La Chine est le second marché du monde, en monnaie , volontairement maintenue basse, mais le premier si on compte en volume.


            • www.jean-brice.fr (---.---.239.18) 4 janvier 2007 14:39

              C’est très joli de rechercher un modèle économique pour lutter contre la chine, mais il n’y a pas de modèle, n’en déplaise à tous les économistes ! Il vaudrait mieux se poser la question : pourquoi la CHINE est devenue l’atelier du monde. Eh bien, ce sont les ANGLO-SAXONS qui avec leur création monétaire débridée ont donné les moyens à ce pays de créer les industries qui font aujourd’hui sa prospérité. Prospérité fragile, mais réelle, car avec un TAUX DE CHANGE FIXE, vis à vis du dollar les produits chinois sont ULTRA-COMPETITIFS vis à vis des produits OCCIDENTAUX. Si l’on continue ce petit jeu, les industries de l’occident n’existeront plus : par contre, c’est tout bénéfice pour les investisseurs, du moins sur le moment, car n’oublions pas que la chine est un pays totalitaire qui pourrait confisquer ces fameux capitaux en cas de retournement de conjoncture ... LE VRAI PROBLEME EST DANS UN SYSTEME MONETAIRE INTERNATIONAL QUI A ETE DEVOYE. Pour en connaitre les causes cliquez ou plutot lisez Jacques RUEFF qui était un maître en la matière. www.jean-brice.fr donne également quelques indications ...


              • crévindieu (---.---.146.158) 4 janvier 2007 15:12

                Oui,je partage ton avis sur l’aspect monétaire mais c’est un aspect du problème:les travailleurs chinois,femmes,enfants et prisonniers gagnent des clopinettes(pas les cadres locaux et étrangers,ni les dirigeants) et bossent comme des cinglés,vite remplacés en cas de difficulté. Quand à la solution préconisée plus haut pour se défendre (formation,innovations technologiques,performances,etc) je n’y crois pas non plus car les Chinois sont tout à fait aptes à faire de même et plus:avoir les meilleures universités et les meilleurs écoles d’ingénieurs.Oui,la guerre économique on est en plein dedans et ce qui se passe en France,chomage de masse,logements,vie chère n’en sont que les symptômes.Cela débouche sur une désintégration du tissu social avec des souffrances infinies et la montée des égoïsmes,(fini la solidarité :,fin de l’égalité et de la fraternité et liberté=chacun pour soi),avec des troubles sociaux inévitables,risques de guerre civile,dictature, ce qui ne nous épargnera pas d’une guerre réelle.Je ne suis pas « expert » mais je pense que si « l’Europe c’est l’avenir » comme on nous le claironne à longueur de temps,il faut se protéger contre les prédateurs qui engendrent et profitent de cette mondialisation trés sauvage.Recours à une forme de protectionnisme européen de survie. smiley


                • www.jean-brice.fr (---.---.177.133) 5 janvier 2007 08:50

                  Compter sur l’Europe actuelle pour nous protéger de la guerre économique est une ILLUSION ! La préférence communautaire n’existe plus : le prochain président devra tout revoir si nous voulons nous en sortir. Pour le moment nous sommes à la remorque des anglo-saxons, à la fois sur le plan intellectuel et matériel avec toutes ses conséquences négatives : la première des choses à faire sera de remettre sur pied le système monétaire international avec un retour à l’étalon/or : loin d’être une utopie, si demain M. TRICHET annonçait une contre partie or à l’euro, LA TOTALITE DE L’EPARGNE MONDIALE IRAIT SUR L’EURO, et toutes les monnaies seraient obligées de suivre, y compris le dollar ! à méditer ...


                • Le péripate Le péripate 4 janvier 2007 15:59

                  Nous sommes en guerre avec la Chine ? Comme je n’ai pas « passé » ce premier concept, je ne sais pas si le reste à un quelconque intérêt.

                  Guerre entre les managers, les actionnaires, les salariés, les « sans », à la rigueur, quoique conflit d’intérêts me semblent plus juste.

                  Cette « guerre » contre la Chine n’est elle pas un slogan, un mot d’ordre, destiné à nous faire avaler toutes les couleuvres libérales ?

                  La Chine aura fort à faire avec elle même, résoudre ses problèmes énergétiques, etc...

                  Sa démographie est autant une charge qu’un atout, sinon pourquoi avoir lutté pour l’enfant unique ?

                  Et, quand le pétrole aura fait défaut, que le transport sera redevenu onéreux, que l’économie se sera donc enfin relocalisée, quelle sera le danger de la Chine, de l’Inde,...

                  Le Peripate.


                  • Frédéric Dalmas frédéric dalmas 4 janvier 2007 16:22

                    La guerre économique est mondiale.... pour le plus grand malheur des peuples ! je vous conseille d’aller lire l’article en entier et après on pourra débattre .


                  • Le péripate Le péripate 4 janvier 2007 16:27

                    De fait, je l’avais lu. Il n’empêche que je ne suis pas d’accord avec les prémisses.

                    Le Peripate.


                  • Le péripate Le péripate 4 janvier 2007 16:30

                    Alors que je suis plutôt d’accord pour en finir, non pas avec la « guerre économique » seulement, mais avec l’économisme tout court. En fait, on est plutôt d’accord. Mais c’est une question de méthodologie.

                    Le Peripate.


                  • www.jean-brice.fr (---.---.9.37) 11 janvier 2007 22:10

                    LA GUERRE ECONOMIQUE EST MONDIALE : c’est très joli de dénoncer une réalité, mais il vaudrait mieux en rechercher les CAUSES. Pour cela cliquez RUEFF Jacques ou allez sur www.jean-brice.fr


                  • Le hérisson (---.---.46.229) 4 janvier 2007 16:11

                    @ l’auteur,

                    Merci pour votre article qui a le mérite de soulever un problème de plus en plus préoccupant. J’ai assisté l’autre jour à une conférence de Jean-Louis Levet (je prépare un papier sur lui pour Agoravox) qui est un brillant économiste. D’après lui, même si la Chine se démocratisait par un coup de baguette magique prochainement, les salaires chinois resteraient encore 4 fois moins élevés qu’en Europe dans les 10 ans. On oublie également de dire souvent qu’il y a un chômage croissant en Chine, notamment des paysans qui viennent en ville et que ce chômage contribue aux bas salaires. De mon point de vue, la seule solution pour l’Europe, c’est d’augmenter sa valeur ajoutée industrielle, en s’en donnant les moyens (on n’en prend hélas pas le chemin !), c’est à dire qu’il faudrait doper la recherche et le développement, et se donner les moyens d’une politique industrielle moderne, qui prenne en compte la santé, le développement durable, etc... Hélas, aucun de nos candidats aux présidentielles n’en parle... Sauf peut-être DSK, mais il est désormais hors course....


                    • (---.---.232.59) 5 janvier 2007 10:37

                      Les villageois chinois émigrent en ville et font baisser les salaires ? Et chez nous l’immigration est une richesse pourtant ? Comme c’est bizarre...


                    • Sam (---.---.247.44) 4 janvier 2007 16:45

                      Oui, bon article.

                      Il est clair que les chinois et les indiens vont nous avaler tout cru si on reste dans ce modèle de libre-échange débridé.

                      La finance y trouve son compte, mais pas nous. Le protectionnisme semble nécessairement à remettre au gout du jour.

                      Comme la coexistence pacifique, les échanges économiques doivent être régulés par l’ONU, n’en déplaisent aux américains et aux chantres européens du tout-marché.

                      C’est une question de survie, qui conditionne, de plus, l’adoption d’une gestion planétaire écologique, pour ce qui est du danger climatique.


                      • ZEN zen 4 janvier 2007 16:56

                        @ L’auteur

                        A une première lecture , j’ai trouvé votre analyse trés stimulante. J’y reviendrai aprés une lecture plus approfondie.Le problème que vous soulevez est décisif pour notre avenir proche.

                        Je me permets de vous renvoyer à un article où j’ai abordé ce problème sous un autre angle, mais tout se tient.. :

                        http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=12980


                        • eugène wermelinger eugène wermelinger 4 janvier 2007 17:52

                          A l’heure actuelle, les chinois et pauvres serfs d’autres pays sont nos esclaves. Puisqu’ils nous fabriquent presque tous nos produits. Comme la roue tourne, ils seront demain nos maîtres. Il y a dix ans ils n’avaient pas de réserves de change, aujourd’hui le surplus d’une année permettrait à la Chine, ai-je lu qqpart, de racheter en blog toutes les valeurs (entreprises côtées) de la place boursière de Paris. Mais le problème est ailleurs : eux et nous sommes sur le même bateau : la terre. Et on charge trop la barque. Alors nous allons couler ensemble, maîtres et esclaves. Le monde occidental s’est coupé lui-même un bras en ne prenant pas à bras le corps le problème de l’énergie par exemple. Et nous voilà manchots. (Impuissants) Si des pays émergents, comme la Chine, l’Inde ou l’Afrique du Sud par exemple sont capables de plus de jugeotte que nous, alors la barque commune pourra être sauvée du naufrage et nous avec. Mais avec des si et des mais on mettrait Paris en bouteille.


                          • eugène wermelinger eugène wermelinger 4 janvier 2007 17:58

                            En blog = quelle coquille de blogueur. A remplacer par « en bloc » bien sûr comme le foie de canard, ma foi.


                          • rock.marshall41 (---.---.47.157) 4 janvier 2007 18:40

                            Très beau article


                            • Jason Nicolas 4 janvier 2007 18:45

                              Merci pour cet excellent article. On vous suit pas à pas dans votre démonstration avec plaisir. Vous faites bien de citer Stiglitz que tout curieux de la chose économique aurait avantage à méditer. FMI, OMC, Banque Mondiale, ne sont pas neutres nationalement et ont laissé de bien mauvais souvenirs dans les pays en développement, comme vous le soulignez très justement dans un de vos commentaires.

                              La solution paraît évidente, il va falloir tailler dans le vif et jeter à bas les idoles du laissez-faire. Rétablir un protectionnisme bien gradué et habile me semble la solution inévitable. Mais à qui faire entendre cela ? Et, où se trouve le pouvoir pour le mettre en oeuvre ?

                              Merci encore et cordialement.


                              • ZEN zen 4 janvier 2007 18:52

                                @ Nicolas

                                Trés juste, je crois que vous avez lu les conseils de Maurice Allais, économiste tout ce qu’il y a de classique, mais qui voyait venir les problèmes. On peut le consulter sur son site


                              • crévindieu (---.---.146.158) 4 janvier 2007 19:29

                                Maurice,c’est le fils d’Alphonse qui disait dans la barque, qu’à trop mettre de foie dans le blog on se préparait une cirrhose à la fois mortelle et léthale ? Et qui prétendait que si les humains avaient des nageoires,ils seraient davantage poissons que mammifères,mais qu’ils auraient moins de risque de se faire écraser ? Bonne année.... smiley


                              • Jason Nicolas 4 janvier 2007 19:38

                                @Zen

                                Merci pour la recommandation de lire M. Allais, que vous aviez déjà cité à propos d’un autre article sur A’Vox. On devrait rendre son bouquin obligatoire pour tous les eurocrates, et ce dès le premier jour dans leurs fonctions...


                              • kay (---.---.192.73) 4 janvier 2007 19:21

                                Article très interessant. Je me demande seulement dans quelle mesure les dirigeants Chinois ne sont pas eux aussi (comme les notres) influençés par les puissances financières ?


                                • rhass (---.---.202.132) 4 janvier 2007 20:04

                                  Agoravox, va finir par me convaincre, comme d’autres, que c’est peut être un vecteur ou l’on peut construire sérieusement pour que l’échéance 2007, ne soit pas une pantalonnade. Cet article, comme d’autres, eclaire d’une manière innovante une réalité.L’asie, democrate comme en INDES, totalitaire comme en Chine s’invite a la table du monde, et cela fait beaucoup de convives en plus. A nous de trouver la réponse, peut être une petite dose de protectionnisme, surement une grosse dose d’anticipation et de réactivité ; cela passe par du courage et de la lucidité. En ce domaine il n’ y a rien a attendre des politiques en course, car celui ou celle qui va faire, ne va pas durer. Churchill avait dit « il y aura du sang et des larmes mais la victoire sera au bout » En Avril prochain c’est cette entrée en matière, qu’il faudra privilégier, surtout si elle s’accompagne du projet , de sa chronologie et de propositions innovantes et solidaires.Une formule de SENEQUE évoquée recemment illustre la situation : « ce n’est pas parceque les choses sont difficiles que nous n’osons pas, c’est parceque nous n’osons pas que les choses sont difficiles ».L’Equipe nouvelle qui osera permettra a tous de constater que les choses ne sont pas aussi difficiles qu’on a tendance à le faire croire !


                                  • ZEN zen 5 janvier 2007 09:14

                                    @ L’auteur

                                    J’ai relu votre papier. La situation me semble celle que vous décrivez, sauf qu’elle est instable et toujours en mouvement.

                                    « les multinationales et les spéculateurs s’accommodent de l’absence de démocratie en Chine, le faible coût de la main-d’œuvre et l’absence de tout droit élémentaire en matière de travail », dites-vous. C’est vrai, mais c’est aussi parfois pour elles un handicap :tracasseries administratives, corruptions , gestions bancaires douteuses, absence d’un vrai marché intérieur stimulant davantage la production, crainte de révoltes brutales (déjà bien visibles dans certains secteurs de la paysannerie), régime en sursis, avec la montée de classes moyennes éclairés tournées vers l’ouest...Les multinationales pourraient bientôt avoir intérêt au développement d’un certaine démocratie. Ce ne serait pas la première fois dans l’histoire...

                                    Certains investisseurs commencent à se faire du souci et réalisent qu’ils vont se faire phagocyter par un sytème qui négocie et s’approprie sans état d’âmes les brevets des technologies de pointe.

                                    La Chine a du temps devant elle, c’est sa plus grande force, à moins que le billet vert ne s’effondre et qu’elle perde le plus important de ses marchés. Mais l’extraordinaire masse monétaire chinoise convertie en bons du Trésor US maintient articiellement le dollar en survie et chacun se tient « par la barbichette ».Compliqué et périlleux, non ?

                                    Bien à vous.

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