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Accueil du site > Actualités > Economie > Quel salaire pour quelles études ?

Quel salaire pour quelles études ?

Chaque mois, MySalaire.fr vous livre une analyse des salaires déposés sur son site. Ce mois-ci, 5 niveaux d’études sont décortiqués et font ressortir les salaires qui sont versés à l’entrée dans la vie active ainsi que la progression que l’on peut espérer après plusieurs années d’expérience.

En cette période estivale, nous nous accordons un peu de légèreté et vous livrons quelques repères pour choisir votre conjoint en fonction de la future taille de son portefeuille ! Plus sérieusement, afin d’aider les étudiants à choisir leur voie, nous allons révéler les rémunérations qui sont versées par les employeurs en fonction du niveau d’études atteint.

L’échantillon observé n’est pas représentatif de la population française. Les revenus indiqués sur MySalaire.fr étant renseignés de façon spontanée par les utilisateurs d’internet, ils sont représentatifs de ce que nous appellerons la « population internet » dont les principales caractéristiques sont : un âge compris entre 20 et 45 ans, des secteurs d’activité secondaire (industrie) ou tertiaire (services), principalement dans des entreprises privées.

Les informations disponibles selon les études suivies permettent de distinguer 5 groupes : CAP/BEP, baccalauréat, DUT/BTS, bac + 5 et plus universitaire, grandes écoles d’ingénieurs et de commerce. Ces groupes sont assez homogènes en terme de rémunération ce qui fait que les valeurs indiquées ci-dessous sont représentatives, la moyenne étant quasiment toujours assez proche de la médiane des revenus (médiane = valeur pour laquelle 50 % du groupe a un salaire plus élevé et 50 % un salaire moins élevé). Les groupes sont également assez compacts, c’est-à-dire que pour un âge donné, 70% du groupe se situe entre + et - 20 % de la valeur moyenne.

1. Les personnes ayant étudié jusqu’au CAP/BEP travaillent principalement dans le bâtiment, le commerce de détail et l’hôtellerie/restauration. Leurs revenus initiaux sont de 14000 Euros nets annuels lors des 5 premières années de travail. Ayant suivi une filière courte, ce groupe entre dans la vie active à 18 ans en moyenne et a déjà accumulé plusieurs années de revenus lorsque les bac+2 arrivent sur le marché du travail (à 21 ans) ou les bac +5 (à 24 ans). Par la suite, ces revenus augmentent relativement peu avec l’âge et ils atteignent 19000 Euros nets annuels entre 35 et 45 ans. Il semble que ce groupe est principalement rémunéré en fonction du travail réalisé et qu’il y a peu de possibilités d’acquérir de nouvelles responsabilités ou une expertise qui pourrait faire progresser la rémunération. A noter, il n’y a pas encore d’artisans inscrits alors que ce sont sans doute ceux dont les revenus sont les plus élevés.

2. Ceux qui ont arrêté leurs études après un baccalauréat sont relativement peu représentés mais les données fournies sont intéressantes. En effet, on constate que les niveaux de rémunérations initiaux sont proches de ceux des CAP/BEP ; autrement dit, un baccalauréat seul n’est pas mieux valorisé à l’embauche qu’une solide formation concrète à un métier de type CAP/BEP. Par contre, la rémunération de ceux qui ont un baccalauréat va évoluer plus vite par la suite. Concrètement, la moyenne se situe aux alentours de 14000 Euros nets annuels dans la tranche des 20-25 ans, et évolue jusqu’à 22000 Euros nets annuels à 40 ans. Il serait intéressant de distinguer les baccalauréats « pros » des baccalauréats « généraux », mais ces deux catégories ne sont pas séparées.

3. Les « bac + 2 », DUT ou BTS sont la population la mieux représentée. Les salaires sont d’environ 17000 Euros nets annuels en début de carrière et progressent jusqu’à 23000 Euros nets annuels après 10 ans d’ancienneté, puis se stabilisent aux alentours de 28000 Euros à 40 ans. Même si cette moyenne se situe logiquement entre les baccalauréat et les bac +5, on constate que ces études ouvrent des portes puisque les 10 % les mieux payés ont des rémunérations du niveau de celles des grandes écoles d’ingénieurs ou de commerce à âge équivalent (certains revenus indiqués varient entre 35000 et 60000 Euros nets annuels pour la tranche des 30-35 ans).

4. Les études universitaires de niveau bac + 5 et plus par voie universitaire se distinguent en deux groupes : professions médicales supérieures (médecins, pharmaciens) d’une part et salariés d’entreprises d’autre part. On constate qu’il y a un écart de rémunération important entre les personnes ayant choisi la médecine libérale et celles ayant choisi les entreprises. Dans les entreprises, les salaires des bac + 5 universitaires débutants sont similaires à ceux des grandes écoles d’ingénieurs (25000 Euros nets annuels), mais l’écart se creuse avec l’ancienneté puisque la rémunération moyenne est de 31000 Euros en moyenne à 35 ans pour 35 à 40000 pour les grandes écoles. Les médecins et pharmaciens libéraux débutants ne sont pas représentés, mais les quelques revenus indiqués autour de 40 ans sont compris entre 70 et 100000 Euros nets annuels.

5. Le dernier groupe étudié est celui des grandes écoles d’ingénieurs ou de commerce. Sans surprise, à l’exception des médecins et pharmaciens libéraux c’est dans ce groupe que l’on trouve les rémunérations les plus élevées : L’âge moyen de premier emploi est de 24 ans et la rémunération moyenne des 3 premières années est de 23000 Euros nets annuels (25000 pour les écoles d’ingénieurs et 21000 pour les écoles de commerce). Si la population est assez homogène au début de la vie active, il ressort ensuite deux sous-groupes dont l’évolution des rémunérations varie très fortement : d’une part, les carrières « normales » dont la progression de salaire est un plus élevée que la moyenne des autres catégories socio professionnelles et atteint une moyenne entre 35000 et 40000 Euros nets annuels à 35 ans, puis 50000 Euros nets annuels entre 40 et 45 ans. D’autre part, les carrières « brillantes » qui progressent en flèche grâce à la prise rapide de responsabilités et atteignent une fourchette de 60 à 100000 Euros nets annuels à 40 ans. C’est également parmi les anciens étudiants de ces grandes écoles que l’expérience professionnelle est la mieux valorisée et que l’on observe la plus grande progression au long de la carrière : La progression est en moyenne de 5 % par an. Les raisons sont doubles : d’une part, on observe que les responsabilités augmentent avec l’âge (souvent aucune personne encadrée dans la première partie de carrière alors que beaucoup ont une responsabilité d’encadrement en fin de carrière), d’autre part, cette population est majoritairement présente dans les grandes entreprises (entreprises présentes à l’international de plus de 5000 salariés) dont la politique salariale assure une progression tout au long de la carrière.

Cet article vous a donné les principaux repères sur les salaires reçus en fonction du niveau d’études. Après l’avoir lu avec intérêt, n’en tirez néanmoins pas de conclusion hâtive et n’oubliez surtout pas cette maxime : « l’argent ne fait pas le bonheur ».


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9 réactions à cet article    


  • Lisa SION 2 Lisa SION 15 juillet 2008 01:25

    "...professions médicales supérieures (médecins, pharmaciens)... ... Les médecins et pharmaciens libéraux débutants ne sont pas représentés, mais les quelques revenus indiqués autour de 40 ans sont compris entre 70 et 100000 Euros nets annuels..." avez vous écrit,

    Pour les médecins, je comprends bien, sept ans d’études du corps humain voire douze pour les spécialisations justifie bien ces revenus les plus hauts de tout votre exposé, mais les pharmaciens, ne sont ils pas une sorte de simples épiciers... ?

    D’ailleurs, pourquoi le médecin n’a-t-il pas dans sa remise un distributeur des médicaments dont il vous conseille et prodigue l’usage... ? Il pourrait même vous le vendre à la pièce sans emballage, comme les bonbons au super, douze pastilles par-çi et quinze par-là... ! Bon, je dis ça, moi, je m’en fous, je prends des pastilles vichy, ça soigne absolument toutes les maladies. 

    Ceci dit, vous savez peut-être que la cueilleuse de thé vert ramasse vingt kilos par jour pour quatre euros. le négociant l’achète emallé à cinquanteeuros les cent grammes et vousle payez quatre mille euros le kilo à la terrasse du café du quinzième...C’est encore pire our les herbes médicinales !


    • foufouille foufouille 15 juillet 2008 13:35

      mes plantes medicinales ont pousse en bretagne en grande partie. c’est sur je les achetes pas en pharmacie.
      www.ormenis.com


    • Traroth Traroth 15 juillet 2008 13:43

      Les pharmaciens ne sont pas supposés être de simples distributeurs de pilules. C’est vrai, dans la pratique, c’est différent. Mais dans la pratique, 99% des médecins ne font pas autre chose que de la bobologie et vous envoie chez un spécialiste dès qu’un truc sérieux se présente.
      Franchement, j’aimerais bien voir le médecin de famille moyen, la quarantaine bien tapée, et es souvenirs de la fac bien loitains, en train d’affronter une situation d’urgence, lors d’un accident de la route, par exemple.
      Etrangement, les urgentistes ne sont pas, et de loin, les médecins les mieux payés !
      Je me rappelerais toujours une interview durant une manif de médecins : c’était une urologue, et elle se *plaignait* de ne gagner *que* 12000 €/mois ! C’était il y a quelques années, et ça correspondait grosso-modo à un SMIC annuel par mois. J’ai trouvé ça plutôt gonflé...
      Oui, les études, c’est difficile. Bosser à la chaine chez Renault aussi.


    • la 18 mars 2009 19:55

      Réactions vives !!! Comment peu t on dire aujourd’hui que les pharmaciens sont des épiciers !
      Comment les gens peuvent’ils encore penser ca...

      Pour répondre points par points...
      Le medecin ne distribue pas lui meme les médicaments question de gestion..
      Etes vous vraiment déja allé dans une pharmacie ? Avez vous vu la quantité de médicaments existants ? Impossible a gerer par une seule personne...
      Deuxieme raison, les medecins sont des hommes et malgré leurs nombreux années d’etudes ils ne sont pas infaillble...Premier role du pharmacien, verifier que la prescription du medecin est adapté au patient ! si vous saviez le nombre d’erreurs corrigé par un pharmacien...Grace a lui, il n’y a que très peu de probleme de délivrance du medicament.

      De plus le pharmacien etant spécialisé dans le medicament, ce qui n’est pas le cas du médecin, lui spécialisé dans le diagnostic principalement, il connait bien souvent mieux le medicament que le medecin et saura adapter un medicaments en cas d’intolerance ou mieux conseiller un patien si il y a des effets secondaires !
      De plus sans vouloir offenser quiconque, quelqu’un qui vous prescrit et vous donne lui meme un medicament, ne serait il pas tenter de vous prescrire quelque chose de plus avantageux pour lui ? (renumeration) Ne soyez pas naif...tout le monde n’est pas honnete.

      Ensuite un pharmacien pour info, fais minimun 6ans d’etudes, et oui presque autant que les medecins...et il peut se spécialiser...

      Un pharmacien ne fixe pas ses prix comme il le désire non plus...le cout des médicaments non remboursés n’est pas directement versé dans sa poche !

      Enfin la constultation d’un pharmacien est totalement gratuite. Vous pouvez entrer dans une pharmacie, sans rien acheter, pour demander un conseil à un spécialiste du medicament, et bien souvent quelqu’un a votre écoute, pour un probleme de santé ne nessecitant pas d’aller consulter un medecin.

      Les pharmaciens ont une formation sur des choses courantes, comme les plantes toxique ou non , les champignons...Verifier que les champignons que l’on a ramasser en foret ne sont pas toxique, ne coute rien, un passage chez un pharmacien et vous pourrez obtenir l’avis d’un spécialiste.

      Pour terminer, les plantes médicinales sont evidement plus cher, car plus conrolé et plus dangereuses...

      La liste du role essentiel du pharmacien peut s’allonger encore...
      Le salaire est un débat autre mais les pharmaciens d’aujourdhui ne sont pas des epiciers !!!



    • Rage Rage 15 juillet 2008 12:25

      Bonjour,

      Article intéressant.

      Les stats sur certaines professions sont assez limitées pour ne pas dire "floues" : l’INSEE et les impôts eux-mêmes ont du mal à évaluer réellement les revenus de certaines professions.

      Une chose est par contre certaine : les professions médicales s’en sortent aussi bien que la sécurité s’enfonce.

      Etonnant non ?

      Il ne s’agit pas de dire qu’un médecin gagne trop après 7-8 ans d’études, mais plutôt de dire que certaines spécialités en demandent sans doute beaucoup plus que de raison.
      Quant aux pharmaciens, surtout les propriétaires-directeurs de pharmacie, ils ne peuvent avoir qu’une seule ombre à leur bonheur financier : le risque que l’on vendre à leur place des médicaments en grande surface.

      Quoiqu’il arrive, ils font parti de ceux (radilogues, spécialistes etc...) qui gagnent énormément plus que tous les autres : n’y a t’il pas là aussi des sources de "rationnement" à trouver pour ponctionner moins la sécu ?


      • Jacques 15 juillet 2008 13:25

        Bof, les médecins ne sont pas les seuls à faire des doctorats, certaines spécialités scientifiques me semblent être tout aussi difficiles sinon bien plus que la médecine. Quant aux responsabilités : vous avez déjà essayé de poursuivre en justice un médecin ? Les émoluments des professions médicales me semblent relever du franc délire. S’ils continuent comme ca, bientôt seuls les médecins pourront encore se payer les services d’un médecin. Mais bon, si certains aiment se faire entuber chaque fois qu’ils vont chez le généraliste, spécialiste et autre dentiste, c’est leur problème.

        Une chose est certaine : il semble extrêmement difficile de ramener les tarifs médicaux à des niveaux un peu moins indécents. Peut-être qu’en ouvrant le robinet à diplômes en grand et en faisant payer directement au patient certains actes pour que la concurrence puisse jouer ?

        Le salaire n’est pas le seul aspect à considérer au moment de décider des études qu’on va faire. Aujourd’hui la sécurité de l’emploi est au moins aussi importante que le salaire. A quoi sert d’avoir un job bien payé lorsqu’on a la trentaine, si on se retrouve ensuite le tiers de son temps au chômage, voire définitivement lorsqu’on a dépassé la cinquantaine ?


        • Othman Benomar 15 juillet 2008 13:48

          En effet, je suis moi même doctorant (en astrophysique) et je me posais la question suivante : quels sont les statistiques pour cette classe particulière de diplômés (si elles existent) que l’on sait très mal payé en France par rapport au niveau d’étude atteint ?

          Ce serait intéressant d’avoir des chiffres la dessus, pour quantifier plus précisément les écarts à niveau d’étude équivalent entre différentes catégories professionnels. Il semblerait (statistique propre à mon labo) que les doctorant ai de plus en plus de mal à se faire recruter dans le public (5 à 7 ans de post-doc avant un recrutement) avec des salaires qui, d’après mes souvenirs flotte autour de 1800 - 2000 euros net par mois (pour les post doc).

          Le problème est double ici. D’une part le recrutement en CDI se fait très tardivement (simple calcul : en moyenne 11 ans après le bac) et d’autre part les salaires sont faibles en comparaison de l’effort fourni.... il ne reste plus que la passion pour faire de la recherche en France.


          • Reflex Reflex 15 juillet 2008 14:23

            Tout cela est bien joli si ce n’est qu’il s’agit de salaires nets. Eu égard aux énormes fluctuations fiscales et aux aussi élastiques retenues de sécurité sociale à travers l’Europe -limitée à la zone euro-, ces chiffres donnent un renseignement des plus partiaux et n’indiquent nullement le bien-être moyen. Celui-ci obéit d’ailleurs à des facteurs non-monétaires.
            Pour ma part, je préfère me référer aux indicateurs émanant de l’office européen des statistiques, nettement plus nourris.


            • Bof 15 juillet 2008 16:14

              MAIS les études avec les diplomes ne devraient en aucun cas être en correspondance avec un salaire.
              Ceci nous amène à la spéculation pure et dure de diplômes ! la pire qui soit !
              On en est arrivé à l’autodiplome : je te refile celui-ci et toi, tu me donnes...etc...= pire que les êtres qui s’échangent leurs places dans les conseils d’administration.

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