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Accueil du site > Actualités > Economie > Quelle alternative au dollar ?

Quelle alternative au dollar ?

Selon la Banque des règlements internationaux, le billet vert représente 86 % des transactions mondiales toutes devises confondues, soit un volume quotidien équivalent à 3,2 trillions de dollars. Ce chiffre est certes en baisse par rapport aux 90 % de 2001, mais aucune autre devise ne peut raisonnablement prétendre supplanter le dollar en l’état actuel de la configuration mondiale de la finance et des échanges internationaux.

Selon des statistiques du Fonds monétaire international, près de deux tiers des réserves des Banques centrales à travers le monde restent libellés en dollars même si l’euro, introduit en 1999, a vu sa part augmenter de 18 à 25 %.

La réduction de la proportion occupée par le dollar reste un exercice très compliqué pour bien des Banques centrales à travers le monde eu égard à la position déterminante des Etats-Unis comme partenaire commercial. Grâce à l’utilisation d’une monnaie commune et de référence, les entreprises parviennent ainsi à réduire leurs coûts de transactions. Par exemple, plus de 80 % des exportations indonésiennes, thaïlandaises et pakistanaises sont exprimées en dollars et ce même si moins de 25 % des exportations de ces pays sont destinées aux Etats-Unis. Ce chiffre de dépendance à la devise américaine est encore plus impressionnant dès lors que l’on touche à certains domaines comme le pétrole : près de 100 % des exportations algériennes sont par exemple facturées en dollars alors même que seules 27 % atteignent les Etats-Unis. Le fait est que, dans le contexte financier global qui est le nôtre aujourd’hui, aucune devise ne peut prétendre détrôner le dollar comme principale monnaie de réserve mondiale même s’il semble évident que l’érosion progressive des réserves des Banques centrales au profit d’autres monnaies comme l’euro tend à fragiliser toujours plus la position prépondérante du billet vert.

Vu des Etats-Unis, l’affaiblissement de leur monnaie semble, du moins à court terme, n’offrir que des avantages. Effectivement, du fait du caractère dominant de leur devise, les Etats-Unis peuvent emprunter dans le monde entier et en dollars sans subir de plein fouet les conséquences désastreuses de l’effondrement de leur propre monnaie. Souvenons-nous des problèmes de la Corée du Sud et de l’Indonésie dans les années 90 dont les entreprises et les gouvernements, qui avaient dû emprunter en dollars, en étaient quasiment réduits à la faillite lorsque leur propre devise nationale s’était effondrée par rapport au billet vert. De plus, un dollar faible améliore la compétitivité des exportations américaines vers l’étranger permettant du même coup de réduire le déficit commercial américain. On comprend mieux dès lors le mutisme du Département de la Trésorerie américaine qui, bien que maintenant pour la forme sa position en faveur d’un dollar fort, ne proteste pas à l’encontre de la baisse graduelle de sa devise depuis quelques années. De fait, les exportations des biens et services américains se sont accrus de 8 % l’an ces quatre dernières années, soit à un rythme supérieur aux 7 % de croissance annuelle des années 90, marquant ainsi une progression de 17 milliards de dollars par an. Cependant, un dollar bas accentue l’inflation importée et complique la tâche de la Réserve fédérale dans le cadre de sa lutte contre l’inflation. Cette inflation importée reste néanmoins sous contrôle car les exportateurs étrangers vers les Etats-Unis, qui souffrent d’un manque à gagner du fait de la baisse du dollar, n’augmentent généralement pas leurs prix de peur de perdre leur compétitivité sur le marché américain.

Le roi dollar, même extrêmement fragilisé aujourd’hui, ne sera donc aisé à remplacer car cela nécessitera un changement fondamental dans l’architecture financière globale et dans les habitudes économiques des partenaires et des nations à travers le monde. Du reste, l’installation du dollar dans ce rôle a pris des décennies car, alors même que les Etats-Unis étaient déjà puissance économique dominante au début du XXe siècle, la livre sterling représentait toujours deux tiers des échanges commerciaux et des réserves des Banques centrales à cette époque. Ce n’est que suite à la Seconde Guerre mondiale et aux destructions massives en Europe que le rôle du dollar a vraiment été consacré. Du reste, même à cette époque, certaines denrées étaient toujours traitées en livres comme l’immense marché du sucre qui n’est passé au dollar qu’autour des années 80. De nos jours, les exportations sucrières du Brésil - soit 40 % du sucre mondial - sont exprimées en totalité en dollars même si le Brésil n’exporte pas cette denrée vers les Etats-Unis. En réalité, la quasi-totalité des gros exportateurs, tout comme le Brésil, n’ont pas d’autres options car leurs clients ne souhaitent payer qu’en dollars, même si les marges bénéficiaires de ces entreprises exportatrices sont substantiellement entamées du fait de la chute de la devise américaine. En effet, la valeur du dollar s’étant dépréciée de près de 17 % l’an dernier par rapport au réal brésilien, ces entreprises doivent néanmoins continuer à régler leurs frais de fonctionnement au Brésil et en réals, ce qui entame une partie de leurs profits. Elles sont donc réduites à se protéger en traitant sur les marchés à terme, provoquant ainsi l’appréciation massive des contrats à terme (Futures) sur le sucre de plus de 30 % en quelques mois ! On le voit, l’appréciation de denrées comme le sucre, le blé ou même le pétrole n’est qu’une réaction compréhensible permettant de compenser le manque à gagner dû à la faiblesse du dollar...

Pourtant, certains pays ne peuvent se résoudre à passer à une autre monnaie... Ainsi, la Malaisie est-elle sur le point d’inaugurer une nouvelle bourse à terme sur l’huile de palme dont la devise de référence sera le dollar. La Malaisie et l’Indonésie, qui produisent à elles seules 87 % de la production mondiale de l’huile de palme exportée principalement vers la Chine, tiennent à recevoir en échange du dollar, même si seule 3 % de cette huile de palme est exportée vers les Etats-Unis. Il n’est pas jusqu’à l’Organisation des pays exportateurs de pétrole qui ne soit confrontée à un problème épineux car, de l’aveu même du ministre saoudien des Affaires étrangères, le remplacement progressif du dollar par l’OPEP provoquerait un effondrement supplémentaire de la valeur du billet vert. De fait, et même si l’OPEP étudie discrètement des scénarios de remplacement progressif du dollar, une telle entreprise serait tout sauf aisée car c’est tout le système complexe de cotation du pétrole qui devra être modifié en conséquence !

Toujours selon le Fonds monétaire international, le dollar comptait à hauteur de 72 % en 2002 dans les réserves des Banques centrales à travers le monde avant de décliner par la suite pour s’établir à 64 % de ces réserves mondiales en septembre 2007. L’euro est certes l’alternative de choix, mais ne dépasse le dollar comme monnaie de réserve dans aucun pays sauf bien sûr en Europe. Ces chiffres du FMI n’incluent pas les réserves monétaires de la Chine et des pays du golfe Persique dont les monnaies sont étroitement liées au dollar et qui sont donc contraints d’accumuler cette devise afin de gérer leur propre taux de change. Si elles souhaitent modifier cette relation au dollar, les Banques centrales de certains pays - et principalement des pays asiatiques - devront donc tenter de résoudre une équation bien complexe car ces pays exportent considérablement vers les Etats-Unis et doivent ainsi faire face à un afflux constant de dollars. Or, une baisse supplémentaire du dollar réduirait de manière dommageable leur propre compétitivité tout en précipitant la dépréciation des réserves de leurs Banques centrales. Ces pays devront donc s’armer de patience car le yuan chinois représentera à terme une alternative non négligeable face au dollar.


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26 réactions à cet article    


  • Forest Ent Forest Ent 4 mars 2008 11:54

    Encore un bon article de cet auteur, décidément bon observateur de l’économie mondiale.

    Il n’y aura amha pas un successeur au dollar, mais l’instauration progressive d’indexations sur des paniers de devises.

    Pour le dollar, il me semble qu’un objectif raisonnable à six mois est 1,6 $/€.


    • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 8 mars 2008 19:59

      L’alternative est déjà là. Elle crève les yeux et on ne veut pas le voir. Qu’est-ce qui joue aujourd’hui le rôle que Ricardo avait dévolu à la "terre", la valeur de référence laquelle devait bien se référer toute activité économique ? Dans une société industrielle - et nous somme encore une société industrielle - c’est l’ENERGIE.

      Le véritable étalon, c’est le MTEP ( Million ton equivalent petroleum). La dominance du dollar tient entièrement au mariage forcé entre le dollar et le pétrole. Les USA tenteront de détruire quiconque contestera ce lien. Tout le reste découle de cette relation, de la guerre au Moyen Orient et aux disputes avec Chavez... à la politique de l’environnement. C’est le nucléaire qui a sauvé l’indépendance de la France, comme c’est le gaz qui est à sauver la Russie. 

      Le véritable étalon, c’est énergie. Dans le panier énergétique, c’est encore le pétrole qui domine. Quand on dit que le prix du pétrole augmente, c’est une illusion d’optique ; c’est le dollar qui baisse. L’euro ne se positionne aujourd’hui face au MTEP que via le dollar. Il suffirait de s’asseoir et de remettre le vocabulaire à jour

       

      Pierre JC Allard


    • gdm gdm 9 mars 2008 17:53

      @Pierre JC Allard

      Vous parlez d’une "valeur de référence". A mon avis, il ne peut exister aucune valeur économique de référence qui serait absolue. La raison est essentiellement que la valeur est subjective et que chacun juge différement de la valeur d’une chose, de la valeur des choses. Ni la terre, ni l’or, ni le pétrole ne pourraient etre une reference de valeur universelle.

      L’émetteur d’une monnaie tente de trouver un valorimetre de sa monnaie aussi universel que possible, du moins pour ceux qui utiliseront sa monnaie. Aucun valorimetre d’une monnaie ne sera donc satisfaisant. Avant 1971, le valorimetre des monnaies était l’or. L’avantage du choix de l’or était que la valeur de l’or ne pouvait pas etre manipulé par quiconque.

      Aujourdhui, le valorimetre d’une monnaie est fondé sur un indice de prix dans une zone économique. C’est le fondement du dollar et de l’euro. Un indice de prix est peut-etre un des moins mauvais valorimetres de monnaie. Les criteres de la qualité d’une monnaie sont multiples.

      Vous proposez que le cours du pétrole devienne l’étalon de la valeur, devinne ainsi le valorimetre d’une monnaie. C’est une idée qui me semble intéressante. D’autres pourraient suggérer un panier de matieres premieres. L’inconvénient d’un valorimetre fondé sur le patrole serait que les fluctuations du cours du pétrole rendraient difficile une stabilité des prix usuels.


    • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 24 mars 2008 23:08

       @ GDP : Pas le petrole ; le TEP, qui est le bouquet energétique calculé en équivalent pétrole

       PJCA 


    • Roland Verhille Roland Verhille 4 mars 2008 12:40

      Merci à l’auteur qui nous apporte des éclairages intéressants sur cette question du dollar. Ce sujet est trop souvent traité de manière purement polémique. Après les très nombreuses années de vociférations visant le "dollar fort", le "dollar impérialiste", celles sur le "dollar faible" travesti en "Euro surévalué" se répandent. Elles n’apportent rien à l’information des gens, à leur compréhension de leur environnement.

      L’auteur introduit heureusement dans l’analyse de la situation l’effet de masse de la monnaie des Etats-unis sur l’attitude des porteurs de dollars.

      Un autre élément important de la question réside dans la conséquence de la baisse de la valeur relative du dollar sur le niveau de vie des pays de la zone dollar. Une baisse du dollar, c’est une baisse du prix de vente du travail des gens de la zone dollar en même temps qu’une augmentation du prix d’achat par eux du travail des gens d’ailleurs. Dans le cas où le niveau d’emploi de la population des USA n’est pas anormalement bas, et c’est le cas, l’augmentation supposée du volume des exportations à prix plus bas couplée à une réduction supposée du volume des importations à prix plus élevé ne contribue pas dans tous les cas de figure à une augmentation des revenus du pays exportateur en dollar (Exportations et importations des USA à un peu plus de 20% du PIB). La conséquence la plus habituelle est une baisse du niveau de vie dans le pays comparativement à celui des autres pays à monnaie non dévaluée. 

       


      • LE CHAT LE CHAT 4 mars 2008 13:50

        le yuan chinois représentera à terme une alternative non négligeable face au dollar.

         

        je le pense aussi , et ça le fera remonter car il est vraiment sous évalué


        • Traroth Traroth 4 mars 2008 14:05

          "aucune devise ne peut prétendre détrôner le dollar comme principale monnaie de réserve mondiale" : Vu la force durable de l’euro et la faiblesse tout aussi durable du dollar, ça me parait une affirmation plutôt audacieuse, et qui n’est étayée par aucune explication dans cet article.

          "les Etats-Unis peuvent emprunter dans le monde entier et en dollars sans subir de plein fouet les conséquences désastreuses de l’effondrement de leur propre monnaie" : Ca revient à dire qu’on prête aux Etats-Unis à perte. Mais combien de temps cela peut-il durer ?


          • SciFi SciFi 4 mars 2008 15:04

            Très bonne synthèse sur le sujet.

            @Traroth

            Sur le premier point, vous avez dû lire un peu rapidement, car l’article répond. En résumé : effet de masse, économies liées au dollard, architecture financière globale. Cela est conforté par les données historiques rappelées par l’auteur. Le changement de référence est difficile car non neutre pour certaines économies. Sans compter que même après un changement de devise, on peut à un terme plus ou moins long retomber dans le même problème.

            Concenant le second point, cela durera tant que le dollard conservera sa position dominante. Les US peuvent donc profiter de la situation actuellement. Il est vrai que la baisse du dollard par rapport à un ensemble de devises (pas seulement l’euro) fragilise la référence. La chine commence à envisager un réajustement de la part du dollard dans ses réserves (cf. article de ce jour)

            Compte tenu de ces données, je rejoins Forest sur l’instauration un panier de devises permettant de limiter les effets de change liés à une seule économie, traduction sur le plan financier de la diversification géographique des entreprises.

             


            • Traroth Traroth 5 mars 2008 10:55

              Economie liée au dollar, oui, évidemment, puisqu’elles utilisent le dollar comme monnaie d’échange et de fond. Ca n’a rien d’une explication. L’économie de la Chine est liée au dollar parce que le yuan est indexé sur le dollar et parce que la Chine commerce essentiellement en dollar, et donc d’après vous, le yuan est indexé sur le dollar et la Chine commerce essentiellement en dollar parce que l’économie de la Chine est liée au dollar. Raisonnement circulaire...


            • SciFi SciFi 5 mars 2008 16:32

              La liaison au dollar n’est pas la seule raison. En ce qui concerne la Chine, le pays avait arrimé sa monnaie au dollar en 1994. Cela lui a permis de conserver sa compétitivité face aux US et de l’accroître face aux autres pays, donc de vendre et d’avoir une croissance extraordinaire.

              En contrepartie, les US recevaient des produits bon marché permettant d’avoir un niveau de prix bas pour les consommateurs (la consommation est le moteur de croissance américain). Ce raisonnement finit par avoir une limite et il a été remis en cause en 2005 (indexation partielle sur un panier de monnaies, la majeure partie des fonds restant libellée en dollars), l’objectif pour la Chine étant de maintenir une croissance élevée pour maintenir l’emploi et financer les entreprises d’état. La conséquence est la fonte de la valeur des fonds libellés en dollars.

              Pour autant, la Chine prendra-t-elle l’euro pour référence ? Vraisemblablement non. Comme le dit l’articles que j’ai cité la réserve chinoise est gigantesque (1430 milliards de dollars fin 2007). La simple annonce d’une réorientation vers des monnaies fortes a modifié le taux de change (1.3% en quelques heures).

              Si la Chine vend massivement des dollars pour acheter des euros, la parité euro/dollar grimpera fortement, puisque ce sont les échanges qui déterminent cette parité. Cela signifie que l’essentiel des fonds, toujours libellés en dollars continueront de fondre.

              De plus, l’Europe finira par être contrainte de réagir. Il n’y a pas d’accord européen sur ce thème pour le moment, parce que chaque pays ne regarde que les effets sur sa propre économie, ces effets dépendant de choix nationaux structurants qui ne peuvent donc pas être modifiés sur le court terme. Mais là encore, il y aura une limite. Si la parité euro/dollar continue à se détériorer rapidement, il faudra bien que les pays se mettent autour d’une table pour se souvenir que l’Europe ne peut pas être faite chacun dans son coin. Des compromis seront indispensables. Si de telles négociations aboutissent ou si elles sont nécessaires pour la survie de certains pays, cela pourrait affecter la vision que d’autres pays pourraient avoir de l’euro. Pour un meilleur équilibre international, il est donc préférable d’indexer les changes sur un panier de devises.

              On a argué que l’euro fort a permis de lutter contre l’inflation importée. C’est vrai. Le prix du baril de pétrole s’est envolé de 220% aux US entre 2002 et 2007. Dans la zone Euro, la hausse n’a été "que" de 170%.

              En contrepartie, dans la zone Euro, les exportations en valeur progressaient de 15% par an jusqu’en 2005. Elles ne progressent plus que de 2%. Cette détérioration se poursuivra avec l’envolée de l’euro.

              Ce n’est pas le raisonnement qui est cyclique, mais les constructions financières qui produisent des cercles vicieux. Les explications et les remèdes ne sont pas vraiment simples.

               


            • Parpaillot Parpaillot 4 mars 2008 22:38

              Merci à l’auteur pour son article fort instructif et bien rédigé !

              On imagine bien la complexité et le champ d’actions restreint qui s’offrent aux banques centrales chargées de maintenir leurs monnaies respectives avec des taux de change acceptables, sans péjorer la balance commerciale, tout en maîtrisant l’inflation. Leurs marges de manœuvre sont souvent minces et leurs décisions fréquemment impopulaires. On s’en rend compte aujourd’hui avec la BCE qui a la lourde tâche de mener la politique monétaire de la zone euro, dont les quinze pays sont économiquement et politiquement hétérogènes, pour ne pas parler des intérêts nationaux qui les opposent parfois ... 

              Cordialement !


              • wiztricks 4 mars 2008 23:48

                Bon article.

                Quelques imprécisions néanmoins.

                Jusqu’en 71 le dollar pouvait s’échanger contre de l’or. Nixon ayant du faire travailler la planche à billet pour financer la guerre du vietnam a alors décidé de faire flotter le dollar.

                L’autre point qui a contribuer à consacrer le dollar comme monnaie d’échange internationale est qu’à la meme époque a été décidé que d’effectuer en dollars les achats de pétrole. Presque tous les pays du monde ayant besoin de pétrole, beaucoup se sont retrouvés à avoir besoin de dollars....

                Pour les Etats Unis, cela ne coutait rien d’imprimer des billets qui servant à assurer les échanges internationaux ne reviendraient probablement jamais chez eux.

                La demande en dollars s’est accrue avec la montée en puissance des pays asiatiques qui exportaient beaucoup vers les Etats Unis et recevaient un flot de dollars en échange. Les stocks de dollars dans les différentes banques centrales s’explique en partie par la nécessité de pouvoir racheter leur monnaie afin d’en stabiliser les cours. Il est vrai que certaines ont des stocks bien trop importants pour cette seule tache.

                Tel que la chose est construite, personne n’a intérêt à ce que le dollars ne vale plus rien et tout le monde voudrait bien sortir de cette situation qui devient plus que pré-occupante.

                On peut imaginer la constitution d’une monnaie d’échange internationale dont la stabilité soit assurée par plusieurs monnaies : l’euro, le yen, le yuan, le dollar. Ce pourrait être une initiative sous controle du FMI et de la banque mondiale, cela redonnerait un sens a ces institutions. Mais elles sont, a mon avis trop inféodées aux USA pour oser une telle initiative.

                Note : La question n’est pas tant de pouvoir effectuer les échanges internationaux sur un panier de monnaies différentes mais d’en stabiliser la valeur. Qu’est ce qui va garantir que les pays, heureux détenteurs des monnaies élues, n’en profitent pas pour exporter leurs déficits, de la même façon que les Etats Unis pendant 30 ans ?

                Une autre solution pourrait être la constition dans les grandes zones d’échange commerciaux d’unions monétaires telle que l’Euro. Pas forcément avec la création d’une monnaie commune mais peut être avec des échanges régionaux effectués dans une monnaie locale assez forte pour être "de référence" et une stabilité des taux de changes des autres monnaies de la région vers cette référence.

                Les échanges vers une zone d’échanges pourraient se faire dans la monnaie de référence.

                Quelque soit la solution retenue, le vrai problème sera de faire une transition en douceur - ie de vendre les stocks de dollars sans trop y perdre de plumes. Ce qui n’est pas gagné... Et d’ici là, le plus gros risque sera qu’une banque centrale perde son sang froid et se mette à vendre trop de dollars entrainant une dégringolade du dollars et une panique sans nom.

                - W

                 

                 

                 

                 

                 


                • vieuxcon vieuxcon 4 mars 2008 23:59

                  Chouette on va en revenir au sel...

                  Blague à part, il faudra bien qu’on finisse par se référer à autre chose qu’à la monaie, puisque la monaie n’est plus un instrument de mesure, mais un instrument de production.

                  Aucun mathématicien n’oserait mesurer des mètres avec un mètre qui s’autorepruidairait.

                  Je ne sais pourquoi on en est arrivé à une telle dérive depuis une quinzaine d’année ?


                  • Dominique Larchey-Wendling 5 mars 2008 08:48

                    @ l’auteur,

                    Je vous signale cet article qui explique pourquoi et comment le dollar sera remplacé au niveau des transactions pétrolières. Alan Greenspan vient d’ailleurs de conseiller aux pays du MO de laisser tomber le dollar pour pouvoir lutter contre l’inflation.

                    Le dollar est le "privilège exhorbitant de l’Amérique" mais aujourd’hui il ne repose plus que sur sa puissance militaire. Voilà pourquoi l’Amérique s’est lancée dans des guerres pour le contrôle du pétrole : pour continuer à imposer à sa monnaie dans les échanges énergétique et maintenir son statut de monnaie de réserve qui lui autorise toutes les fantaisies budgétaires. Mais comme l’Irak le montre bien, celà coûte tellement chère que ça met l’Amérique à genoux économiquement et moralement.

                     


                    • olivierchen 5 mars 2008 10:05

                      Question a Santi :

                      Pensez vous que dans une situation critique comme en 1929 le gouvernement americain decide de ne plus payer les interets des dettes aux pays asiatiques qui lui financent jusqu`a present cad la Chine et le Japon ...La puissance militaire us aura toujours ses mots a dire ...

                      On sait que la Chine l`amerique et le japon se tiennent tous la barbichette mais il y a une fin a tous les evenements, cette mondialisation sauvage aura des consequences politiques un moment donne ce sont les gens d`extreme partis qui auront le pouvoir pour declarer la guerre...

                      Ma conclusion est que : L`histoire economique ne se repeteras plus comme dans le passe car tous les fondamentaux ont change ...

                      Merci de donner vos opinions car un moment donne le marche va s`apercevoir que le systeme exploseras il faudras que la finance moderne s`inspire de l`axiome de base comme en physique creer un systeme stable ....

                      "Marx en as reve le patronat l`as fait "


                      • Michel Santi Michel Santi 5 mars 2008 16:47
                        Vous savez, tout le monde, et pas seulement le marché, est clairement conscient que le système est obsolète mais une implosion/explosion aux Etats-Unis nous mettrait - nous l’Occident - au tapis. Donc, on ferme les yeux sur leurs excès...

                      • Nemo 5 mars 2008 10:21

                        Il manque un élément à votre article intéressant : l’évolution concomittante de la part de l’euro dans les échanges internationaux.

                        Vous parlez d’une baissse de 4 points du dollar dans les échanges internationaux. Ces 4 points sont-ils compensés par l’euro uniquement, ou par un ensemble de devises ?

                        Cordialement,

                         


                        • Michel Santi Michel Santi 5 mars 2008 16:47
                          L’euro se taille la part principale dans cette diversification, selon moi 75%.

                        • gdm gdm 6 mars 2008 01:08

                          @Michel Santi

                          Votre article est instructif. Mais vous laissez votre lecteur sur sa faim. Vous dites que le dollar continue à être la première monnaie mondiale car les agents économiques ont une attitude conservatrice dans leurs relations contractuelles. Et vous l’explicitez bien.

                           

                          Un agent économique change de fournisseur a la suite d’une déception durable. Il faut que le gain soit suffisant pour qu’il décide de changer ses habitudes commerciales. Les clients des clients travaillent en dollar. Les fournisseurs des fournisseurs travaillent, eux aussi en dollar. Chacun est donc tenté de conserver le dollar comme monnaie de référence. Le coût de changer de monnaie est important. Il obscurcit dans chaque esprit humain les références des prix anciens qui sous-tendent toute décision commerciale.

                           

                          Certains agents économiques peuvent faire le choix de l’euro sans perturbation excessive de leurs habitudes commerciales. Vous ne montrez pas pourquoi l’euro serait, pour eux, une meilleure alternative.

                           

                          Votre article ne montre pas les scénarios par lesquels un basculement en faveur de l’euro pourrait survenir. Pourtant, ces scénarios doivent faire l’objet de nombreuses spéculations.
                           


                          • gdm gdm 6 mars 2008 01:10

                             

                            @Michel Santi (meme article avec les saut de lignes)

                             

                            Votre article est instructif. Mais vous laissez votre lecteur sur sa faim. Vous dites que le dollar continue à être la première monnaie mondiale car les agents économiques ont une attitude conservatrice dans leurs relations contractuelles. Et vous l’explicitez bien.

                             

                            Un agent économique change de fournisseur a la suite d’une déception durable. Il faut que le gain soit suffisant pour qu’il décide de changer ses habitudes commerciales. Les clients des clients travaillent en dollar. Les fournisseurs des fournisseurs travaillent, eux aussi en dollar. Chacun est donc tenté de conserver le dollar comme monnaie de référence. Le coût de changer de monnaie est important. Il obscurcit dans chaque esprit humain les références des prix anciens qui sous-tendent toute décision commerciale.

                            Certains agents économiques peuvent faire le choix de l’euro sans perturbation excessive de leurs habitudes commerciales. Vous ne montrez pas pourquoi l’euro serait, pour eux, une meilleure alternative.

                            Votre article ne montre pas les scénarios par lesquels un basculement en faveur de l’euro pourrait survenir. Pourtant, ces scénarios doivent faire l’objet de nombreuses spéculations.
                             


                          • Forest Ent Forest Ent 6 mars 2008 01:45

                            D’un autre côté, ça peut basculer assez vite maintenant. Le ratio €/$ était 1,2 il y a deux ans, 1,3 il y a un an, et 1,53 aujourd’hui. Ca ne m’a pas l’air de pouvoir durer longtemps à ce rythme.


                            • amedee 8 mars 2008 13:59

                              pendant des années les US on achetés plein de trucs avec du papier qu’ils imprimaient.

                              Tous les dollars qui circulent dans le monde correspondent à des biens acquis par les US au départ.

                              L’euro est l’alternative au dollar. Il suffit qu’on en imprime suffisament ; sinon le cours de l’euro risque de monter simplement parce que le monde demande du papier autre que le dollar. cela n’a rien à voir avec de la finance , de l"économie ou autres raisonnements macroeconomiques liant les cours à l’inflation, à la balance des paiements, aux taux d’intérêts et autres vieilles recettes . Quelle que la soit la politiqure de la BCE, l’euro montera.

                              Si le dollar demeure incontournable, c’est uniquement car :

                              - il y en beaucoup

                              - les US font tout ce qu’il faut pour l’imposer politiquement et militairement (OPEP etc...)

                              Si les tous les dollars du monde, comme ceux qu’utilise wang pour acheter un poulet à chang étaient retournés aux US en contrepartie des biens, le cours du dollar retrouverait sa vraie valeur, celle du papier.

                               

                               

                               


                              • gdm gdm 9 mars 2008 17:23

                                @amedee

                                Vos propos sur l’émission monétaire ne correspondent pas à la réalité. Une banque émet de la monnaie uniquement lorsqu’elle prete de l’argent. La banque recoit alors une créance sur l’emprunteur. Chaque billet est un contrat unilatéral entre la banque et le possesseur du dit billet.

                                C’est ainsi qu’un dollar en circulation provient d’une creance sur un emprunteur. Chaque dollar émit est ainsi garanti par la valeur des créances sur les emprunteurs.

                                Ce serait une erreur d’imaginer qu’une banque puisse "imprimer" gratuitement des dollars.

                                Ce serait une autre erreur d’imaginer que tout dollar proviendrait de biens acquis par quiconque. La contrepartie d’un dollar n’est pas un "bien" au sens ou vous l’entendez. La contrepartie d’un dollar est une créance sur un emprunteur.

                                L’émission monétaire est un processus logique et équilibré. Le systeme monétaire actuel est tres robuste.

                                 

                                 

                                 

                                 


                              • amedee 10 mars 2008 21:22

                                Dans WIKIPEDIA : http://fr.wikipedia.org/wiki/Monnaie_banque_centrale

                                La base monétaire, ou « monnaie banque centrale », désigne la monnaie qui a été créée directement par la banque centrale » :

                                • les espèces (pièces et billets) ;
                                • plus les soldes des comptes des banques dans les livres de la banque centrale, aussi appelés « réserves »[réf. nécessaire].

                                A partir de cette base monétaire, les banques, par les crédits qu’elles accordent, accroissent la monnaie scripturale et donc la masse monétaire.

                                ce que je veux dire est que le dollar, qui circule entre wang et chang, n’est pas un dollar virtuel qui s’est autodétruit lorsque l’emprunteur a remboursé sa dette. Ce dollar persiste et même s’il reste une créance sur le gouvernement US, elle demeure libellée en dollar.

                                J’ai oublié mes cours d’économie, mais je sais que si on crée plus de monnaie, ça fait de l’inflation et ça fait baisser le cours. Que l’euro baisse, c’est pas un mal. Que ça crée de l’inflation, ça c’est une hypothèse qui ne vaut que dans une économie fermée ou les euros revienndront tôt ou tard dans l’économie d’origine. Or là il y a une "fuite" au sens que l’euro, peut comme le dollar, remplacer la monnaie locale dans beacoup pays et en quelque sorte ne pas revenir.

                                Les mécanismes que vous soulevés valent pour tous les pays sauf pour les US et je pense bientôt pour les l’UE.

                                Je crois que c’est De Gaulle qui s’est n’était pas d’accord pour l’abandon du système étalon or parce qu’il a bien senti l’arnaque. La convertibilité du dollar en or fut abandonnée le 15 août 1971 unilatéralement par les États-Unis.

                                Donc si vous avez un dollar, vous ne pouvez pas demander de rembourser la créance qu’il représente (c’est à dire rendre le dollar pour obtenir ..... un dollar). Vous êtes en quelque sorte remboursé le jour même où vous avez acquis le dette sur le gouvernement US. !!!!!

                                 

                                 

                                 


                              • Icopas 8 mars 2008 14:42

                                Beaucoup d’états n’ont plus trop interet à conserver des dollars qui se dévaluent régulierement. Aucun état d’ailleurs n’en a directement interet . Pour le cas extrème des reserves en dollars de la Chine ils n’ont pas trop interet à conserver des dollars qui perdent 10 à 20% par an.

                                Seulement, si ils ré-allouaient ces réserves en Euros d’un coup, ils déstabiliseraient le monde et en premier lieu leur état.

                                Malgrés tout le grand sport de beaucoup d’états, qui ne sont pas trop sous influence politico-militaire des USA, c’est de ré-allouer discretement (ou moins discretement) des dollars en d’autres monnaies, notemment des euros.

                                Nous le savons sur le Venezuela et l’Iran qui ont annoncé spectaculairement vouloir faire celà , mais des annonces de ré-allocations se sont faites depuis plusieurs années pour d’autres états sans que les suites soient aussi spectaculaires que les annonces (Russie , Chine, banque de Suède depuis 04 2006, les Emirats Arabes Unis en decembre 2006, etc).

                                C’est donc une érosion lente et régulière depuis quelques années. On verra si celle-ci est le fruit d’un mouvement de balancier ou est le fruit d’une faiblesse historique grave de la position des USA dans le monde.

                                En tout état de cause il serait vain de penser qu’une érosion puisse se faire toujours régulierement comme cela. Les risques de bascule brutale existent .

                                 


                                • amedee 11 mars 2008 13:34

                                  je suis d’accord.

                                  sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Euro/dollar il y a une joli courbe qui montre que la croissance du cours de l’euro par rapport au dollar sur plusierus années. Cà na pas l’air de vouloir redescendre.

                                  je ne pense pas que la santé économique des pays explique seule cette valorisation. Qu’on le veuille ou non, l’euro est devenue une valeur refuge. Les Gouvernements et les particuliers stockent de l’euro comme s’ils stockaient de l’or. ça crée une demande sur l’euro qui fait monter les cours et plus les cours montents et plus l’euro devient une valeur refuge rassurante et plus les cours montent etc...

                                  Erosion lente ou brutale ? difficile à prévoir. Ce dont je suis sur c’est que les US vont utiliser tous les moyens politiques à leur disposition pour que les gouvernement et les marchés stockent/utilsent du dollar.

                                   

                                   

                                   

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