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Accueil du site > Actualités > Economie > Quelle confiance ?

Quelle confiance ?

Les prêteurs d’argent existent depuis des temps immémoriaux mais la banque moderne s’est vraiment développée dès le Moyen Âge en Italie du Nord. Le privilège incontournable des Etats est d’imprimer la monnaie alors que, de tous temps, le système bancaire a été en mains privées. De fait, monnaie et banque ont été deux entités bien distinctes jusqu’à ce que les Hollandais inventent le concept de banque centrale, à l’origine un établissement privé au service de l’Etat. Nationalisées en 1946, les banques centrales à travers le monde sont le bras armé des gouvernements autorisant la régulation et la remise en ordre des marchés financiers tout en conservant leur tâche basique d’émission de la monnaie nationale leur permettant d’être les seules à pouvoir injecter des liquidités dans le système bancaire en cas de besoin.

L’Histoire regorge d’épisodes ayant mis en scène le sauvetage d’établissements bancaires par des banques centrales et, dans notre contexte actuel, la Grande Dépression des années 1930 a été une référence abondamment citée même si le protectionnisme peut être tout aussi néfaste que l’effondrement des banques. Néanmoins, un Etat démocratique ne peut se résoudre à livrer ses épargnants aux affres du marché et volera toujours à leur secours en garantissant leurs dépôts alors qu’il n’aura aucun scrupule à jeter aux lions ces spéculateurs que sont les actionnaires... Des contre-exemples d’épargnants ayant perdu leurs dépôts bancaires existent certes comme l’épisode de la BCCI en Grande-Bretagne, mais cette banque ne faisait pas vraiment partie de l’establishment britannique. Une certaine ambiguïté règne donc concernant les banques de moindre importance, mais les établissements importants - "too big to fail" - seront toujours secourus et les dépôts de leurs épargnants toujours garantis, les derniers exemples en date de pays européens étant tout à fait parlants ! Le prêteur "en dernier recours" qu’est la banque centrale répondra toujours présent.

La crise bancaire actuelle est certes très grave, mais elle reste du niveau de la perte de confiance en des intervenants commerciaux, elle serait ainsi d’une tout autre ampleur en cas de perte de confiance en la monnaie, autrement dit en l’Etat ! Pour résumer, nous avons probablement perdu confiance en notre système bancaire, mais notre confiance en la monnaie reste – pour le moment – intacte… à moins que l’inflation – destructrice de richesses – ne réapparaisse comme dans les années 70, ce qui est fort probable du fait des océans de liquidités prodigués par nos banques centrales.


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14 réactions à cet article    


  • Philippe MEONI Philippe MEONI 16 octobre 2008 10:34

    Bonjour, n’aurait il pas mieux valu parler du vrai fond du problème bancaire qui consiste à avoir inventé des lois permettant de préter de l’argent INEXISTANT et de rentrer immédiatement une créance échéancée en crédit comptable ?

    La première règle bancaire légalisée au XVI ème siècle en Angleterre permettait de préter à 2:1, c’est à dire que la banque pouvait préter deux fois la somme de sa réserve en en équivalence OR, étalon qui permettait de mesurer l’état réel de la richesse.

    Puis, cette règle a été modifiée au tout début du XX ème siècle (1913) pour passer à 9 :,1 puis de nouveau, après l’abolition de l’étalon OR, où plus aucun seuil de réserve n’a été imposé... ce qui fait qu’à ce jour, certaines estimation parlent d’un ratio d’argent "fictif virtuel" de 500 : 1.

    Alors pourquoi la crise ? Tout bonnement que du fait de l’obligation faites aux états de financer leur budget par le seul biais d’emprunts, ASSORTIS D’INTÉRÊTS, auprès des banques privées, le remboursement de la dette ne peut s’effectuer qu’à condition d’avoir créé de la croissance... Sauf que le ratio de croissance n’est pas un taux fixe mais un taux calculé D’UNE ANNÉE SUR L’AUTRE... L’obligation de croissance est donc EXPONENTIELLE, représentée par une courbe de Gausse dont l’économie mondiale atteint aujourd’hui l’apogée.

    Alors, parler de la confiance et tout l’attirail médiatique pour détourner l’attention vers des boucs émissaires, c’est faire le jeu du système bancaire et financier qui est en train d’imploser ; et applaudir les mesures gouvernementales pour "sauver" ce système, c’est "pêcher par ignorance" ou se rendre complice du plus grand hold-up légal de tous les temps...


    • Alpo47 Alpo47 16 octobre 2008 10:55

      Philippe Meoni,
      Vos analyses sont toujours aussi pertinentes et éclairées. Je tenais à le dire.


    • Alpo47 Alpo47 16 octobre 2008 10:36

      Votre texte est , comme toujours, pertinent, et , en même temps, je me demande si les banques centrales ont les moyens de leurs déclarations.
      Je me demande, si le principe n’est pas de garantir les dépots et échanges, de manière à ce que le système se maintienne ... et qu’on n’ait pas à appliquer cette garantie.
      Je me demande, si de "too big to fail", on n’est pas, en fait, à "too big to be safe".

      Pour ne considérer que la France, les dépots sont estimés, en fonction des produits considérés, dans une fourchette entre 1650 milliards et 3000 milliards €. L’état peut îl vraiment les garantir ? Non, évidemment..

      De plus, les banques n’ont que 4% environ (j’ai du lire ce chiffre quelque part) du montant de leurs dépots en billets. Comment faire face à un simple début de retrait généralisé ?

      Alors ? Et bien je crains que si la confiance n’était pas solidement rétablie, nous soyons très loin d’être hors de danger.


      • Philippe MEONI Philippe MEONI 16 octobre 2008 11:03

        Bonjour ALPO47, je réagis à votre dernière remarque : "Et bien je crains que si la confiance n’était pas solidement rétablie, nous soyons très loin d’être hors de danger."

        Qu’est ce que la confiance ? Comment se mesure t’elle ? Comment en comparer la mesure mathématique et comptable qui permet de déclarer que son retour sauvera l’économie ?

        Le moteur de l’économie mondiale n’est pas, contrairement à ce que lon veut nous faire croire, cette fameuse "confiance"... La richesse réelle se mesure en devise et je n’ai pas encore vu un billet ou une pièce de monnaie frappée au sigle de "confiance", contrairement aux $ ou €...

        Admettons même que les peuples du monde s’efforceraient ou seraient forcés au retour à la confiance, qu’est ce que cette doctrine sauverait, sinon que les apparences pour masquer le vrai fond du problème : L’implosion d’un système basé, sous complicité entre banquiers et gouvernements, sur une gigantesque escroquerie créée trois ou quatre siècles auparavant, au détriment des vrais producteurs de biens et services ?


      • Alpo47 Alpo47 16 octobre 2008 12:07

        Selon moi, qui ne suis pas du tout économiste, la confiance en ce moment, consiste d’abord à ne pas tous foncer à notre guichet pour y retirer nos économies, ni vendre tous nos actions (pour ceux qui en ont)...
        Et pour les banques, à continuer à alimenter le système. Sinon ...


      • Lisa SION 2 Lisa SION 16 octobre 2008 11:05

        " Le privilège incontournable des Etats est d’imprimer la monnaie alors que, de tous temps, le système bancaire a été en mains privées. " Avez vous écrit,

        C’est au retour des croisades que sont nées les cathédrales. Alors, quand le Roi a vu arriver la monnaie Médicis, il a immédiatement fait plaquer la sienne et l’a répendue à travers son territoire...

        Imaginez que vous décidiez de monter une boite d’assurance sur vottre commune. Vous avez besoin d’un organisme central des fois que des citoyens en proifitent pour mettre le feu à leur vieille grange dans laquelle ils auraient pris soin d’y entreposer tout leur matériels en panne...La confiance s’estompe quand la coupe déborde de voyous internationaux mélangeant leurs " affaires " dans les mêmes réseaux général, Un peu comme si un énorme entrepôt avait été rempli de tous les stocks de produits invendus depuis des années parce que hors toute mode, et mélangés à des contrefaçons de luxe, puis incendié. Le bras de fer consiste à rembourser le premier lot au prix du dernier ( luxe )...Comment vérifier dans les ruines ?

        Pour le savoir, il faudrait vérifier la nature des fonds perdus par le fusible Kerviel...


        • Lisa SION 2 Lisa SION 16 octobre 2008 11:26

          Une propriété de la Cote d’Azur a failli être cédée à un milliardaire russe pour 500.000.000 d’Euros ( Huit hectares et un chateau...) A ce rythme, nous allons tous être contraint de vendre les notres au premier mafieux que l’on a reçu dans nos chambres ou à déjeuner...Il était temps de mettre un frein à cette courbe exponentielle des valeurs immobilières anciennes. mais, ne cherchez pas l’or dans nos banques, il y en a beaucoup plus dans les robinets des salles de bains de yacht, yatch, yacth...et dans les palaces privés des paradis fiscaux ou d’argentine que dans nos coffres...De toutes façons, ce sont les femmes qui ont la main dessus, oui, celles qui foisonnent autour du "cavaliere".


        • Forest Ent Forest Ent 16 octobre 2008 12:03

          Il est très curieux que le cours du dollar se maintienne. Le marché semble juger que les "abondantes liquidités" déversées sont ridicules par rapport à la quantité d’épargne qui disparait. Cela tend de plus en plus à valider un scénario déflationniste à la 1929. Dans ce cas, l’inflation viendra après, et le soutien actuel aux banques la prépare.


          • Internaute Internaute 17 octobre 2008 08:28

            Quand on ne sait pas si le futur est fait de déflation ou d’inflation, le mieux est d’avoir du cash et de l’or. En cas de déflation le cash permet d’acheter des actifs à bas prix. En cas d’inflation c’est l’or qui préserve votre pouvoir d’achat.

            Actuellement on assiste à une course au cash en dollars. Les ventes massives d’actions drainent des liquidités qui sont en bonne partie réinvesties en bon du trésor US. Le "deleveraging" (dieu sait si n’aime pas les anglicisme !) oblige les investisseurs américains à la vente des participations des fonds à l’étranger pour ramener des dollars et payer les dettes ou les appels de marge. Ceci explique en partie la baisse des bourses hors US et les énormes swaps entre la Fed et les banques centrales européennes. Finalement, dans ce mouvement de débâcle il y a encore beaucoup de monde qui pense qu’il vaut mieux avoir des bons du trésor libellés en dollars que de la dette Russe ou Japonaise.

            Les bons du trésors à court terme ont un taux proche de zéro tandis que ceux à dix ans payent 4%. Autrement dit, personne n’a vraiment confiance dans l’économie américaine mais aujours’hui les TBonds sont un pis aller.

            Une fois cette marée terminée on devrait voir une chute brutale du dollar et une explosion de l’or. Le signal sera la mise en oeuvre des garanties de l’Etat par la planche à billets.


          • takakroar 16 octobre 2008 16:10

            J’apprécie votre analyse qui aide à s’y retrouver un peu mieux.
            Ce sont des questions que ni l’enseignement ni les médias n’abordent. Peut-être est-ce par ce que l’argent n’a pas d’importance...
            D’accord, c’est pareil pour la mort...
            Mais bon, vous avez vu, Domenech est reconduit, on respire. On ne peut pas s’intéresser à tout.
            Pour ceux qui auraient besoins quand même d’un éclairage supplémentaire sur ce qu’est l’argent, il y a là une video en français qui vaut le déplacement :

            http://vimeo.com/1711304


            • impots-utiles.com 16 octobre 2008 17:41

              Le budget de l’ Elysée pour 2009 ,en hausse de 11,45 % , ne connait pas la crise... Ayez confiance !


              http://www.impots-utiles.com/le-budget-de-l-lys-e-ne-conna-t-pas-la-crise.php


              • fhefhe fhefhe 16 octobre 2008 17:56

                Si vous donnez VOTRE confiance , vous ne l’avez plus ...puisque vous l’avez donnée, il ne vous reste que vos yeux pour pleurer si l’acquéreur de vôtre confiance est un POLITIQUE ou un BANQUIER
                Il en est de même pour celui qui vous donne sa parole , comment peut-il la tenir...il ne l’a plus ...il vous l’a donnée.. ( il est préfèrable de tourner 7 fois sa angue dans sa bouche avant de parler...)
                Simple comme logique mais IMPLACABLE dans les Faits...


                • Jason Jason 16 octobre 2008 19:27

                  Dans la notion de confiance telle que vous l’évoquez, il y a un côté psychologique et philosophique. Pour faire très simple, c’est parce que je crois que si j’appuie sur l’interrupteur de ma lampe, il y aura de la lumière, que je me livre à cet acte banal. Ce qui a fonctionné, continuera à fonctionner, à moins d’une panne, et donc que nous soyons confrontés aux aléas de la vie.

                  Rien n’est jamais absolument certain, mais un grand nombre de choses se répètent. C’est parce que je crois que le bout de papier où il y a inscrit 50€ peut me procurer 50€ de biens ou services que je conserve ce bout de papier. Et ça marche. 99% de nos actes quotidiens sont basés sur la confiance.

                  Même si la confiance n’est pas mesurable en termes comptables, elle est bel et bin l’huile qui fait marcher non seulement nos sociétés organisées, mais la vie humaine, de l’acte le plus banal aux systèmes les plus compliqués.

                  L’économie n’est pas basée que sur les chiffres, mais aussi sur la croyance. Regrettable ? Peut-être, mais c’est comme ça. Tout acte économique comporte des risques, et c’est par leur maîtrise que le degré de confiance peut être établi. Sans cela les trois quart de nos transactions n’existeraient pas.


                  • Internaute Internaute 17 octobre 2008 08:38

                    Que vous ayez confiance ou pas vous êtres pris dans un système qui échappe à votre volonté.

                    3 personnes ont chacune un euro et sont convaincues qu’il pourra acheter pour un euro. Même si le boulanger croit la même chose et met son pain à 1 euro, le problème est que si les 3 clients rentrent dans sa boulangerie pour acheter l’unique pain il y en aura deux qui ne mangeront pas. Le pain ne sera équitablement réparti que lorsque la valeur de l’euro aura été divisée par trois.

                    La création de monnaie a un effet pervers terrible. Il y en a qui disent que la dette n’est pas de la création de monnaie ce qui est en principe vrai mais lorsqu’on arrive au point où la dette ne peut pas être remboursée que par une nouvelle dette alors celle-ci s’apparente à de la création de monnaie. J’ai lu qu’en Islande les rayons alimentaires des magasins commencent à se vider car l’Islande importe sa nourriture et plus personne ne veut lui vendre au risque d’être payé en couronne islandaise.


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