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Quelle crédibilité, pour notre plan de résorption de la dette et des déficits ?

Dans un message du 13 janvier, je vous avais exprimé mon incrédulité sur le plan de résorption de la dette présenté par le Premier ministre et le ministre des Finances à la suite du rapport canalblog1_0072Pebereau. J’avoue ne pas avoir réussi à comprendre comment, en continuant tous les ans à dégager des déficits, et donc à augmenter notre dette globale, on peut diminuer le pourcentage de cette dette par rapport au produit intérieur brut de la France ?

Voici les chiffres sur lesquels j’ai fait mes propres estimations. Nous partons d’une dette de 1100 milliards à fin 2005 pour un PIB de 1670 milliards, soit donc une dette de 65,8 pct du PIB en 2005.

A 2,5 pct par an de croissance du PIB, nous devrions avoir respectivement un PIB de 1711 milliards en 2006, 1754 en 2007 et 1798 en 2008. Les déficits, en suivant les pourcentages du ministère, devraient être de 48 milliards en 2006, 45 en 2007 et 34 en 2008, ce qui devrait nous amener à une dette de 1100 + 48 + 45 + 34 = 1227, soit 68% de dette par rapport au PIB en 2008. Comment nos ministres font-ils pour en arriver à 64,6 pct, je l’ignore, mais j’ai des doutes sur leur mathématique financière. Curieusement, tous les journalistes, y compris ceux des journaux financiers, croient les yeux fermés les chiffres du ministre. Je dois faire de la suspicion systématique.

Apparemment, le commissaire européen aux affaires économiques, Joaquim Almédia, ne croit pas beaucoup aux hypothèses de notre ministre des Finances, puisqu’il a exprimé officiellement son manque de conviction sur la crédibilité du budget de la France en 2006, qu’il juge réalisé avec quelques recettes exceptionnelles de circonstance (la captation de recettes des ventes de sociétés d’autoroutes, le paiement de la soulte retraite de la RATP, etc.) peu orthodoxes, et a donc demandé à notre ministre de prendre quelques mesures structurelles supplémentaires pour ramener ce déficit de manière certaine à 3%.

Une autre incrédulité face au plan gouvernemental de réduction des dépenses a été exprimée dans la presse par l’ancien PDG de Peugeot et ancien haut-fonctionnaire au budget, Jacques Calvet. Son argumentaire est basé sur la structure du budget 2006 (266 milliards d’euros de dépenses dont 48,7 de déficit) qui se décompose en 83 milliards de dépenses sociales, 80 de dépenses d’enseignement et de recherche, 42 pour les services régaliens de l’Etat (justice, police,défense, etc.) et 40 de "service" de la dette. Budget dans lequel 45% des dépenses sont des dépenses de personnels, dont la tendance est par essence haussière de manière permanente, entre le remplacement des départs en retraite à l’identique, les augmentations générales et celles, automatiques, liées à l’ancienneté ou à la reconnaissance de l’amélioration de la technicité .

Il est tout a fait incrédule sur les possibilités de diminution de ces différents postes de dépenses individuels, et parle de langue de bois de nos hommes politiques

quand il entend parler de la relative facilité de diminuer les dépenses de l’Etat. Curieusement, c’est Monsieur Pebereau lui-même qui a semblé dire qu’il serait assez facile de revenir sur 5 ans à un budget en équilibre dépenses/recettes, assertion à mon avis un peu osée, mais aussitôt reprise par le gouvernement. Pour être franc, moi aussi ! Comment peut-on en effet penser réduire son train de vie de 25% (!) sans de très gros et douloureux efforts ?

Il me paraîtrait donc important que le gouvernement nous explique de manière un peu plus approfondie comment il compte atteindre ses objectifs, s’il veut avoir une crédibilité que les Français ne lui reconnaissent pas spontanément (non plus qu’à n’importe quel gouvernement, d’ailleurs, depuis trente ans !)

Sans compter que nous ne parlons que de retour à zéro du déficit annuel du budget, et non pas de commencement de réduction de la dette, qui, elle, sera toujours en 2008 aux alentours de 1230 milliards d’euros. Or, pour réduire cette dette, il faut déjà dégager des excédents budgétaires,

donc accentuer l’effort de rigueur budgétaire au-delà de 2008 pour dégager, allez, 20 milliards par an d’excédent. A ce rythme-là, très irréaliste, il nous faudrait quand même 25 ans de rigueur pour rembourser la fameuse dette.

On nous raconte donc bien des histoires, et le problème de la dette de la France n’en est même pas à un début de commencement de règlement...


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30 réactions à cet article    


  • l1dit (---.---.54.30) 3 mars 2006 10:52

    Je suis trés contente de lire que tout le monde ne gobe pas tout comme grenouille sur la mare ! Moi non plus, je n’y crois pas à cette réduction de la dette par un coup de baguette magique. Il faudra sans doute une coupe sombre dans les dépenses de l’Etat, dans l’organisation de la la Fonction Publique, et autres secteurs... pour y parvenir et malheureusement les Français sont désinformés, donc pas interessés, donc pas prêts !

    J’avance une hypothèse : la France qui a toujours su se distinguer (quoiqu’il lui en coùte) utilise peut-être un nouveau mode de comptabilité « révolutionnaire » (celà va de soi), un nouveau système de mathématiques(ne sommes-nous pas à la pointe de la Recherche Mondiale ?)qui lui permet d’annoncer ces chiffres extraordinaires, inverses à toute logique, mais qui maintient son « aura européenne ».


    • engen 3 mars 2006 12:06

      Je partage entièrement votre point de vue quand à la chimère que représente notre « plan de réduction de la dette ». La première mesure doit être comportementale : le budget de la nation, voté par l’assemblé, doit cesser d’être un acte purement politique et volontariste. Tous les calculs, mesures, sont faussés dès l’origine par le choix délibéré de retenir des hypothèses de croissance « agressives ». En retenant 2,5% de croissance annuelle, et ce à chaque fois depuis 5 ans, alors que tous les indicateurs indiquent un pénible 1,5% grand maximum, fausse d’emblée tout le volet « recettes du budget ». Nos politiques nous répètent à l’envie que la croissance ne se décrète pas. Il faudrait maintenant le prendre en compte dans nos budgets. Quand on connaît l’impact qu’a un différentiel de croissance ne serait-ce que de 0,1% sur les recettes fiscales, les écarts de plus d’un point relevés entre le budgété et le réel des dernières années font frémir.

      Quel mépris pour la gestion au sens large, que de faire de son instrument central, le budget, un acte de volontariat politique, type méthode coué « la croissance sera de 2,5% » ! Un budget public ne doit pas être optimiste, ni pessimiste, mais réaliste. Il ne doit pas être un objectif, il doit être un possible. Le budget de la nation ne se gère pas comme celui d’une start-up, et la pratique observée ces dernières années relève au mieux de l’aveuglement, au pire de l’irresponsabilité.

      Mais pas de soucis, la poche profonde est là.

      La masse des cadres à 60h par semaine, assez riches pour donner 60% de leur revenu à l’Etat sans compter l’imposition indirecte, mais pas assez pour se payer des batteries d’avocats fiscalistes pour réduire le coup de massue, sera, comme toujours, mise à contribution au nom de notre si beau modèle social.


      • (---.---.15.115) 3 mars 2006 13:41

        Pour résoudre ce problème de la dette il faut commencer par arrêter de promettre tout et son contraire. Soit on s’attaque à ce problème soit on baisse les impôts... mais pas les deux, s’est impossible. Aucune baisse d’impôt ne permettra d’augmenter la croissance suffisamment pour compenser les pertes de revenu de l’état.

        Regardons un peu nos voisins Scandinaves qui ont tous un budget excédentaire qui leur permet de diminuer leur dette publique depuis maintenant plus de 10 ans. Que voit-on ? Tous ces pays ont pratiqué une politique de réduction des dépenses publique certes mais combinée avec une augmentation des prélèvements obligatoires.

        Que voit-on du côté du champion des baisses d’impôt ?

        Les USA ont une dette sensiblement égale à celle de la France (>60% du PIB). Leur croissance de plus de 4% ne suffit pas à compenser leur budget déficitaire.

        Le budget militaire est premier qui devrait être attaqué. En effet, la France dépense 2.4% de son PIB pour son armée contre 1.5% pour la plupart des autres nations européennes (sauf le Royaume-Uni). Ce budget n’a que peu de portée sociale. Une économie d’1% de PIB serait donc assez facile à réalisée.

        Si on ajoute une augmentation des impôts de 4 ou 5% soit environ 2pts de PIB on serait déjà à l’équilibre. Cette augmentation d’impôt ne nous amènerait même pas au niveau de prélèvement de la plupart des pays scandinaves.

        Il ne resterait plus qu’à faire des économies structurelles pour dégager un excédant.

        Voilà je pense, une façon à la fois réaliste, équitable et efficace de régler le problème de la dette. Et sans remettre en cause le modèle social français.

        Mais quel homme politique aura le courage de proposer cette solution qui, en autre, mettrait fin définitivement à la politique « impériale » de la France ?


        • eresse (---.---.120.64) 4 mars 2006 10:27

          « Budget dans lequel 45% des dépenses sont des dépenses de personnels »

          Je pense qu’il y a plus a gagner a diminuer le nombre de fonctionnaires que de « gratter » un miserable pourcent sur le budget de l’armee...


        • (---.---.46.229) 5 mars 2006 11:52

          « Budget dans lequel 45% des dépenses sont des dépenses de personnels »

          - N’y a-t-il pas du « personnel » dans l’armée ?

          - On pourrait aussi dire : « Budget dans lequel 55% des dépenses sont des dépenses matérielles. »


        • cornic74 (---.---.245.92) 5 mars 2006 16:09

          C’est facile de dire de réduire les dépenses de personnels, mais il faudrait préciser lesquelles : les enseignants, les policiers,etc... ? Ce discours laisse supposer que les fonctionnaires sont inutiles, mais dés qu’un problème se pose, les français veulent des solutions immédiates, en mettant en causel’état. A titre d’exemple : supression des commissariats, des bureaux de poste ou fermeture d’école.


        • chaki (---.---.26.134) 3 mars 2006 13:59

          la politique financiere de l’espagne est un exemple ?


          • Fred (---.---.155.75) 3 mars 2006 15:27

            Est ce que la France est prête a faire des réductions de dépenses publiques ? Les fonctionnaires seront-ils heureux de voir leur nombre diminuer, j’en doute et on pourrait s’attendre à de fortes grèves comme à l’habitude dès que leur petit monde est touché.


            • (---.---.123.107) 9 mars 2006 16:42

              Moi je suis fonctionnaire mais je suis d’accord avec une diminution du nombre de fonctionnaires... Mais pas forcément tous : il faudrait cibler les administrations qui peuvent réduire leurs effectifs (par exemple où je suis au ministère des finances la tendance est au non remplacement de tous les départs et à automatiser au maximum les traitements) et celles qui au contraire (je pense aux crèches, aux hôpitaux) auraient besoin de plus de personnel... Je suis depuis peu dans l’administration après avoir un peu travaillé dans le privé et franchement niveau matériel (ordinateur, locaux) on peut pas dire que c’est le luxe où je travaille. Mais il y a surement plein de gaspillage de crédits de l’Etat.


            • Francis (---.---.214.174) 3 mars 2006 17:48

              En Belgique la charge TOTALE des intérêts & remboursements payés chaque année sur la dette depuis 30 ans fait nettement PLUS DE TROIS FOIS le montant moyen du capital emprunté.
              — Le capital emprunté en 30 ans a cru jusqu’à 139% du PIB et décroit depuis une dizaine d’année : l’estimation se fait à partir du niveau de dette de 1975 (hélas).
              — La bonne gouvernance européenne voudrait que notre dette redescende sous 60% du PIB. 60 % ... Une sorte de Nirvana Français (Bien entendu pour les politiciens belges 60% égalera zéro et on réempruntera de plus belle.)
              — En attendant : l’EURO nous a enfin contraint à une gestion « ENCORE PLUS sérieuse, n’est ce pas madame », les taux d’intérêts EUROpéens nous ont bien aidé, plus de dévaluation, une forte économie de frais et d’assurances sur risques de changes etc...
              — Mais vous, pauvres français, MALGRE notre exemple désastreux ... votre budget reste « un train fou lancé dans le brouillard ». Vous (et vos enfants) payerez aussi plus de trois fois... pas pour des écoles, la justice, l’emploi, l’équilibre social et autres fariboles.
              — Et ces taux d’intérêts qui remontent ... « gérer c’est prévoir » mais le gouvernement méprisait les « équations comptables » (dixit Raffarin). Bien vu : il ne s’agit que d’une addition que nous payerons, que nous payons.

              Le Clémenceau revient toujours (nouveau proverbe).

              — NB : comme en France il y a bien entendu d’autres dettes institutionelles mais chut... à tenir hors « équations » !


              • (---.---.23.177) 3 mars 2006 19:47

                Dans vos calculs,vous avez oublie l’inflation.

                Explication simpliste : croissance 0%, taux d’inflation 3% et deficit 1 % du PNB supposons

                Annee 1 PNB =100 dette = 100

                Annee 2 PNB=103 a cause de l’inflation Dette =101

                ratio Dette /PNB

                Annee 1 100/100=100% Annee 2 101/103= 98.06

                Au lieu de multiplier le PNB par 1.025 (croissance de 2.5%) multiplier le donc par 1.05 (inflation de 2.5%)


                • caderange (---.---.141.10) 3 mars 2006 22:24

                  Je n’avais pas pris en compte l’inflation car pour moi elle avait le même effet sur le budget de dépenses de l’Etat qui lui devrait donc ne pas être considéré comme augmentant au rythme du PIB mais du PIB plus l’inflation. Par contre comme le déficit est donné en pourcentage du Pib, il evolue au rythme du PIB inflaté. Ce qui veut dire que le déficit global supplémentaire sur les années 06/07/08 sera de 136 milliards au lieu de 127. Le montant total des dettes augmente encore plus mais en pourcentage c’est effectivement favorable.

                  Vivement une inflation forte donc pour que le pourcentage d’endettement diminue encore plus. C’est la magie des chiffres.

                  Par contre l’argumentaire sur les possibilités de réduction des dépenses demeure valable et préoccupant.

                  Merci en tous cas pour votre contribution à la verité des chiffres.


                • (---.---.23.177) 5 mars 2006 00:51

                  le probleme de la dette pour qu’elle puisse etre comparable entre les differents paysc’est qu’ il faut tout comparer.

                  Par exemple : dans les pays ou les retraites sont par capitalisation, chacun cotise pour sa propre retraite, ce qui fait que l’etat n’a pas a inclure la dette liee aux retraites, par contre lorsque les retraites sont par repartitions, chacun cotise non pas pour sa retraite (sinon les caisses de retraite auraient un tresor de guerre comme les fonds de pension) mais pour la generation qui est deja en retraite, de ce fait on ne peut pas l’exclure de la dette que l’etat possede, vis a vis des personnes qui cotisent. C’est pour cela que le rapport Pebereau qui inclus aussi les retraites des fonctionnaires a hauteurs de 900 milliards d’euros en plus des 1100 milliards, c’est a dire 2000 milliards d’euros est encore en dessous de la realite, car il oublie les retraites des autres personnes qui pourtant cotisent chaque mois.

                  C’est un joli cadeau que nous laissons a nos enfants.


                • www.jean-brice.fr (---.---.133.172) 4 mars 2006 10:06

                  Ii y a un précédent dont personne ne parle pour la bonne raison qu’il s’est fait contre l’ensemble de la classe dirigeante, soit vichyste, soit dirigiste, c’est la remise en ordre des finances de la France en 1958 sous l’autorité du Général DE GAULLE et avec la technicité de Jacques RUEFF... Alors, le verbiage actuel sur ce sujet me parait bien dérisoire.


                  • Gil (---.---.93.79) 4 mars 2006 14:58

                    un exemple de rien, certes, mais qui peut encore étonner quand on parle de dette de l’état, de la sécu, etc... Imaginons que cet exemple soit multiplié par le nombre d’habitants, je ne sais pas à combien cela peut chiffrer.

                    Je reçois hier, soit 12 jours après la fin d’un arrêt maladie relativement court (3 jours) au cours duquel il y avait tout de même peu de chances que j’aille me promener (tous ceux qui ont déjà eu une bonne gastro imagineront aisément ce dont je peux parler, je vous fait grâce de la description...), un courrier intitulé « Arrêt de travail - Notification de refus horaires de sortie - AS » (j’ignore ce que signifie ce dernier terme).

                    Bref, un courrier totalement inutile vous en conviendrez, lui-même daté du 28 février, soit 10 jours après la fin du-dit arrêt de travail...

                    Vous comptez donc 0.48 € de frais postaux + papier, enveloppe, frais d’impression + temps passé par le personnel qui s’est acquitté de cette tâche = ???

                    Si vous multipliez par le nombre de personnes qui reçoit le même courrier insensé, je ne sais pas quel est le montant de l’économie potentielle annuelle...

                    Bref, si l’état continue avec de tels gaspillages, la dette n’est pas prête d’être résorbée. Et le pire dans tout ça, c’est qu’il n’y aura plus de crédits pour les choses essentielles, comme l’embauche d’infirmières dans les hopitaux. Bref...


                    • Daniel Bainville-Latour (---.---.199.102) 4 mars 2006 19:51

                      Pour avoir eu à élaborer des budgets - certes pas celui de l’Etat - mais régionaux, départementaux , puis, comme élu, municipaux, je crois pouvoir dire qu’il n’y a pas de réelle difficulté technique à rectifier la situation de déficit que la France connait. La véritable difficulté est politique et se situe au niveau de la volonté et de la ténacité des gouvernants.

                      Contrairement aux théories professées par les beaux esprits, il n’y a pas de différence entre la gestion publique et la gestion privée et notamment domestique, surtout depuis que l’adhésion à l’euro n’autorise plus à faire fonctionner la planche à billets.

                      Lorsque nous sommes endettés, que faisons nous pour rétablir notre situation ? Soit nous faisons en sorte de gagner plus ( des heures supplémentaires...), soit nous restreignons nos dépenses - et éventuellement les deux - jusqu’à dégager l’excédent qui nous permet le désendettement, tout en continuant à vivre ( plus modestement ).

                      Notre problème est qu’il faut resister aux revendications de tel ou tel membre de la famille, furieux de se voir privé du petit bijou convoité ou du « scoot » qui permettrait de « faire comme les copains ».

                      C’est donc bien une question politique : résister et maintenir le cap.

                      C’est la même chose au niveau gouvernemental :

                      - d’abord avoir une approche réaliste et donc travailler dans l’hypothèse la plus défavorable et non sur l’utopie en ce qui concerne la croissance.

                      - réduire les dépenses. Dans la situation actuelle de la France, il y a lieu de les « passer à la paille de fer », selon l’expression consacrée. Ce peut d’ailleurs être l’occasion d’une réallocation des ressources, d’un ministère à l’autre et aussi à l’intérieur de chacun d’entre eux. Certes, la Défense, souvent citée, mais il faut noter que c’est une des rares institutions qui s’adapte avec quelque discipline et calque son évolution sur l’évolution des menaces.

                      Et surtout ( c’est surtout là que l’on entendra hurlements, clameurs et tintamares...) Reconsidérer les innombrables contributions et subventions versées à pléthore d’organismes et de lobbies.

                      - augmenter les recettes. Evidemment, il ne s’agit pas d’augmenter l’impôt sur le revenu ( qu’acquittent moins de 50% des Français, encore moins l’impôt sur la fortune) Leur rendement est marginal, leur recouvrement coûte cher, ils sont dissuasifs et poussent à l’émigration, donc à la perte de substance.

                      L’exemple de la CSG et du RDS donnent à réfléchir, tout comme la TVA : ils sont socialement justes parce que tout le monde les paie à hauteur des ses gains ou de sa consommation.Et pour faire croître ces recettes fiscales, rien de mieux qu’un véritable développement économique pourvoyeur d’emplois.

                      Donc un cercle vertueux.

                      Mais que de situations établies remises en cause, sans compter les « zaquis ».

                      Pas touche ou chiche ?


                      • monteno (---.---.179.94) 1er avril 2006 11:07

                        Bravo pour vos propos censés, raisonnables, fondés sur des faits !

                        Je trouve raffraichissant de lire des propos qui recoupent mon expérience quotidienne à la place des affirmations idéologiques et péremptoires qui abondent ici !

                        La question qui ne me parait pas résolue est de savoir quelle force, quelle autorité, ou plutôt quelle organisation des pouvoirs, représente l’intérêt général ?

                        Peut-être vivons nous ds le mythe que l’Etat et son administration publique se soucient de l’intérêt général et le représentent ?

                        Or nous voyons que les députés, bien que représentants la Nation et le peuple souverain, ne se préoccupent que de leur circonscription ; à tel point qu’ils passent la plus grande part de leur temps à attirer vers leur fief investissements et avantages divers ( il suffit de voir où vont certaines ressources rares quand elles dépendent du choix d’un ministre aussi ex député) ; ils passent une autre grande part de leur temps à procurer à leurs « clients » des avantages souvent dérogatoires à la loi commune ( autre fois il était bien connu qu’un député avait le pouvoir d’exonérer du service militaire un certain nombre de jeunes appelé de sa circonscriptionpar appel)...

                        Les administrations ne raisonnent qu’à leur échelle, et chacun sait que pour une administration un bon ministre est un ministre qui obtient grace aux arbitrages et à son entregent une augmentation substancielle de son budget, même si c’est au détriment d’allocations de ressources ( rares et limitées par définition) à d’autres administrations...

                        Au fond, en france, personne n’est en charge de l’intérêt général, qui ne coïncide pas avec la somme des intérêts particuliers !

                        Ne pourrait-on pas améliorer le système, en constatant que chaque « pouvoir » ne se préoccupant que de maximiser ses intérêts, il faut s’arranger pour « séparer » les pouvoirs de telle sorte que de leurs affrontements pacifiques sortent des décisions qui contribuent un peu plus à l’intérêt général et par exemple contribuent à la diminution des ressources consommées en les allouant autement ?


                      • (---.---.134.123) 4 mars 2006 21:46

                        Juste un commentaire : pourquoi cette écriture en gras qui rend la lecture désagréable ?


                        • caderange (---.---.32.77) 6 mars 2006 10:38

                          Le but initial était de permetttre la lecture en diagonale et de souligner ce qui me pâraissait important.Vous êtes le second qui effectivement trouve que c’est inconfortable à lire.

                          Donnez moi un temps de réflexion. Comme en plus ça me prend du temps à la rédaction, je crois que je vais passer cette astuce à la trappe.


                        • stradiv (---.---.51.241) 4 mars 2006 21:59

                          qu’avez vous tous avec les fonctionnaires ? c’est de l’acharnement. je suppose que vous faites un travail « productif » ? Parlez moi un peu de votre travail .. et je vous dirais si vous êtes utiles.


                          • Fred (---.---.34.99) 5 mars 2006 09:42

                            je n’ai rien contre le travail des fonctionnaires, il est utile ; par contre on peut questionner le nombre. Quand on voit qu’il faut 20 fois plus de fonctionnaires pour ponctionner l’impot en France qu’en Suede on peut se demander s’il n’y a pas un probleme de gestion.


                          • Daniel Bainville-Latour (---.---.195.226) 5 mars 2006 17:35

                            Ce ne sont pas « les fonctionnaires » qui sont en cause car derrière « le fonctionnaire » il y a un homme ou une femme qui est respectable et a ses propres problèmes comme tout le monde.

                            Le véritable problème est d’une part dans le nombre, c’est à dire les effectifs de la fonction publique, pas seulement de l’Etat d’ailleurs, mais aussi des collectivités territoriales, pour ne pas parler des organismes sociaux. D’autre part, il est dans la multiplicité des corps et la rigidité des statuts, qui empèchent toute souplesse dans la gestion et l’adaptation.

                            Le constat est que la France ne dispose plus d’une administration mais supporte une bureaucratie. C’est un vaste problème qui mériterait plus d’un débat, à lui tout seul.

                            Les fonctionnaires sont les premiers à ne rien y pouvoir. Que peut faire un fonctionnaire de catégorie B ou C pour changer les choses ? Et, hélàs, un directeur général de ministère n’y peut guère plus.

                            C’est donc une illusion de croire que l’administration peut s’auto-réformer, quand bien même elle le voudrait, au travers de ses dirigeants les plus puissants et les plus influents.

                            Mais il n’est pas iconoclaste ou sacrilège de contester le slogan selon lequel nous avons la meilleure administration au monde et que la terre entière nous l’envie.Les autres se gardent bien de l’imiter.

                            Et, précisément - l’Europe d’ailleurs y amène - il convient de regarder ce qui se passe ailleurs. Le secteur privé observe la concurrence en permanence : c’est le benchmarking. A quel titre le secteur public s’exonérerait-il de la démarche ?

                            Donc on constate, alors, que le recouvrement de l’impôt coûte beaucoup moins cher et est plus simple dans nombre de pays ( procédure « Pay as you earn » par exemple ) , que l’éducation fonctionne mieux ailleurs, que nombre de nos voisins sont en aussi bonne santé et aussi bien soignés que nous à charges moindres etc... Les exemples sont légion.

                            Tout ceci avec un nombre moindre d’employés publics, à l’échelon central et à l’échelon local.

                            Le nombre des fonctionnaires n’est pas - et heureusement - la seule variable d’ajustement mais c’en est une qu’il ne faut pas négliger. Les nombreux départs à la retraite fournissent l’occasion d’ajuster le besoins tant en nombre qu’en ré-allocation.


                          • Rage Rage 4 mars 2006 22:43

                            Votre argumentaire sur les chiffres est intéressant et somme toute marrant. Un prof me disait à l’époque, il faut que l’économie soit au service de l’homme et non l’inverse.

                            Actuellement la situation est simple : La France a une dette, dette qu’elle creuse chaque année un peu plus, et qui, suivant une courbe exponentielle, se creuse d’elle même à cause des intérêts de la dette (ce que l’on paye aux banques pour qu’elles comblent effectivement les milliards manquant). La france a un intérêt de la dette devenu si important que les impôts sur les revenus le couvre à peine (environ 45 G€).

                            Alors il y a 3 manières d’agir :
                            - Réduire les dépenses
                            - Augmenter les recettes
                            - Agir sur les intérêts en baissant les taux

                            Si la solution réside dans la combinaison des 3, force est de constater que la derrière la magie des chiffres il faudrait arrêter de faire croire n’importe quoi aux gens.

                            L’exemple pré-cité est de comparer la dette à l’évolution du PIB. Il s’agit quand même d’une bonne blague surtout quand on sait la méthode de calcul du PIB. Tout va bien madame la marquise, j’ai que 60% du PIB annuel grevé par la dette, mais demain ce sera mieux ! Oui, en valeur relative, si l’inflation minore la valeure absolue de la dette (imaginez que 100€ de dette deviennent dans 50 ans l’équivalent d’1€ de pouvoir d’achat) mais surement pas en valeur absolu !

                            On aura beau avoir un PIB de 10G€, si la dette est de 2G€, elle sera tellement énorme qu’il faudra augmenter tous les prélèvements, réduire drastiquement les dépenses etc... J’appelle cela noyer le poisson que de comparer dette au PIB.

                            La réalité de terrain est plus noire. De la dilapidation des crédits publics par une absence totale de gestion en passant par des impôts injustes (« bouclier » fiscal), je ris en lisant toujours les commentaires : « il faut fusiller le nombre de fonctionnaires ».

                            Oui je suis d’accord pour que l’on fusille les 9 énarques de la barque, mais non il ne faut pas flinguer le rameur à 1200€/net/mois. Oui je suis d’accord pour que l’on arrête de filer 500 000€ pour réaliser des séminaires géants avec 100 élus pour leur présenter des documents, oui je suis ok pour que l’on réduise les dépenses liés aux frais courants (impression etc...), aux frais de déplacements (billets SNCF), aux frais de bouche (plateaux repas), aux frais de logement de fonction (prix:10), aux frais de représentation (attachés parlementaires), aux frais de representativité (30 ministres, 7 échelons décisionnels etc...). Mais NON si c’est pour aller gaver les mecs qui bossent et pour aller rapioter 15€ par ci par là sur des catégories C. Le problème de la fonction publique, et surtout de celle d’ETAT (ministères et éducation nationale en tête) c’est que personne ne pilote plus rien. Personne n’a les couilles de dire stop aux excès. Alors des profs 50% absents en passant par les postes fictifs et les cadres qui se reproduisent pour produire de la stat, QUI OSERA SOULEVER les vrais problèmes de DEPENSES ?

                            Toujours sur le plan dépenses, les dispositifs d’aide multiples et variés, incontrôlés, à case et souvent aveugles, ce n’est pas budgetivore ? La réforme Douste qui vous incite à voir 2 médecins au lieu d’1 sans parler de la CMU qui couvre tout sans restriction ce n’est pas là les abus non ?

                            Alors oui, on peut toujours prélever plus, mais alors qu’on le fasse de façon progressive suivant les revenus TOTAUX (salaires, actionnariat, rentes, loyers etc...) et pas uniquement sur des parts fragmentaires.

                            Pour ce qui est des intérêts de la dette, il faudrait s’attaquer aux banques, à Bouygues et autres vampires qui drainent la richesse publique dans leurs caisses (cf transfert des autoroutes).

                            Pour conclure, oui, on peut faire de la prestidigitation, mais sur le terrain la réalité est là : Fracture sociale, gouffre abyssale de la SECU, manques de moyen évident et récurrents et chutte du rang de la France sur la scène mondiale. Quand on aura touché le fond, peut être qu’on brulera ces modèles statistiques dont on sait qu’ils peuvent vous dire tout et son contraire à partir des mêmes données...

                            Sincérité budgétaire qu’ils disaient tiens...


                            • Rage Rage 4 mars 2006 22:56

                              Et j’oubliais (et je complète suite aux 2 commentaires précédents) :

                              - Une croissance réaliste se fait avec une sincérité budgétaire et non sur un souhait utopique.

                              Je me rappelle encore bien les 2,5% de croissance promis par N.Sarkozy pour 2005. Bilan : 1,4% poussifs. La balance commerciale ? Déficitaire depuis 2002 (bizarre tiens)

                              - Comme le dit Daniel Bainville, le problème est POLITIQUE. Qui osera dire STOP aux petits cadeaux entre amis ? QUI osera agir dans le SENS De L’INTERET GENERAL ? QUI OSERA ALLER DESCENDRE SUR LE TERRAIN ? Je pense aux subventions pour des entités aussi utiles que le commissariat au plan par exemple... Je pense aussi à ceux qui pullulent sous des titres sans substances, dignes du jeton de présence du privé mais transposé aux casquettes du public.

                              - Alors réflechissez le jour où vous votez, parce que la chimère N.S risquerait vide de s’avérer être le choix de la banqueroute...


                            • (---.---.34.171) 5 mars 2006 06:33

                              a France en cessation de paiement en 2010

                              Jean Roux (commissaire aux comptes) a publié en octobre La grande braderie du patrimoine public des Français, décrivant la gigantesque ”Opération Publique d’Achat” au profit des grandes sociétés multinationales et des fonds de pensions américains. La dépossession porte sur 500 Mds€ d’actifs : grandes sociétés nationales, transports aériens et ferroviaires, aéroports et réseaux autoroutiers, bâtiments publics, foncier domanial, patrimoine historique et artistique, musées nationaux, stock d’or de la Banque de France…

                              Il prévoit que la France sera en cessation de paiement en 2010 ! Après avoir décrit l’évolution des paramètres clés, qui, en dix ans (1989-1999), ont conduit l’Argentine à la cessation de paiement, l’auteur étudie l’évolution de ces mêmes paramètres pour la France et annonce le risque d’une faillite en chaîne des budgets publics à l’horizon 2010 : Etat, caisses de protection sociale et de retraites, collectivités locales !

                              La dette est aux mains de l’étranger

                              Depuis le premier octobre jusqu’au 31 décembre de chaque année, les salaires et dépenses de l’Etat sont couverts par des emprunts sur le marché financier international. Mais jusqu’à quand ? Pour l’instant la dette est croissante et les crédits sont accordés. Le risque est dans la panique du système (comme en Argentine). Si les organismes financiers par le jeu de l’offre et de la demande font décoller les taux d’intérêts et les primes de risques, le risque de voir des emprunts refusés pour insolvabilité de l’emprunteur peut se produire dans les semaines qui viennent. D’où l’extrême prudence de Thierry Breton. Le rapport Pébereau est divulgué en même temps que les cessions massives des autoroutes au secteur privé. Ceci rassure provisoirement les marchés financiers.

                              Pour le ministre des finances, la capacité d’emprunter à nouveau est terminée, s’il n’y a pas les mesures de solvabilité équivalentes en face et perçues comme telles par le marché financier. L’avertissement de Thierry Breton vaut démission probable en cas de freinage des politiques. Certaines mesures s’avèrent obligatoires sur cinq ans :
                              - réduction des dépenses ;
                              - Cession d’actifs publics (autoroutes) ;
                              - Croissance des recettes de croissance affectée à la réduction du déficit.

                              Les retraites de la fonction publique ne sont pas provisionnées pour ne pas noircir le tableau. Les financiers savent que les engagements de l’Etat ne seront pas tenus soit en termes de remboursements d’emprunts soit en termes de versements de retraites, soit les deux. La suite des évènements ne dépend plus de nos politiques, mais du marché international des capitaux. Personne ne renflouera le système à notre place. Mais ce ne sera pas le scénario Argentin, car la France n’a plus sa monnaie (pas de dévaluation compétitive possible).

                              Après les crises politiques, européennes et d’identité, la crise financière est inévitable.


                              • Gil (---.---.93.79) 5 mars 2006 16:15

                                Bien plus inquiètant que l’islamisme, la grippe aviaire et le chicounegounia réunis !


                              • faxtronic (---.---.169.247) 5 mars 2006 18:05

                                Tiens, etonnant, j’entends le même discours aux US, en Italie, en belgique :« Au secours, les étrangers nous rachettent ». Pour les US c’est les chinois qui possederais bientot tous les US. C’est du bla-bla-bla.


                              • Gil (---.---.93.79) 5 mars 2006 16:09

                                A propos de maîtrise des dépenses, je me pose quelques questions après la récente réforme de la sécu. Exemple :

                                Je fais des kystes à répétition au niveau du cou : pas de bol... eniron une fois par an depuis 4 ans.

                                Avant la réforme dites « Douste-Blazy », j’allais direct chez l’ORL qui faisait le nécessaire.

                                Cette année, réforme aidant, je suis donc passé chez le généraliste puisqu’il faut ainsi procèder désormais, qui m’a envoyé chez un dermato, qui lui-même m’envoie la semaine prochaine voir un chirurgien... Coût final multiplié par 3.

                                Où est l’économie là-dedans ? Cette réforme a-t-elle été conçue pour réduire la dette de la sécu, ou pour l’accroître ? Il faudra qu’on nous explique la logique du « machin », comme disait le général...


                                • oulap (---.---.63.241) 7 mars 2006 16:46

                                  Dans votre démonstration, vous faites l’hypothèse que l’Etat ne rembourse jamais de capital. De la votre erreur de calcul. En effet, la dette de l’Etat n’est pas égale à la somme de ses déficits annuels. Car, dans le budget de l’Etat, une part des dépenses est justement consacrée au remboursement de la dette. Ainsi, si le déficit d’une année est de 40 et que dans le même temps, l’Etat rembourse 10 de capital de sa dette, cette dette n’augmente alors que de 30. De plus, comme l’a déja remarqué un posteur, avec un peu d’inflation, la dette diminuera d’autant plus vite. Il n’y a donc pas trop d’inquiétude à avoir sur la dette. Elle est 2 fois supérieure au Japon.


                                  • who_cares (---.---.130.221) 12 mai 2006 21:21

                                    Le rapport édifiant de la comission des finances sur la dette publique : http://www.senat.fr/rap/r98-413/r98-413_mono.html

                                    Ainsi que le triste constat de notre future ruine

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