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Quelle est la différence entre le quantitative easing, le LTRO et la planche à billets ?

Face à la crise de la dette que traversent les pays européens deux camps s'affrontent au sein de l'Union européenne et chacun a sa solution pour éteindre l’incendie qui se propage à travers le vieux continent. Ceux qui pensent que le retour à la normale viendra par une politique de rigueur ou d’austérité et d'autres qui plaident pour une politique de relance et souhaitent que la Banque centrale européenne (BCE) adopte une politique monétaire plus axée sur la croissance que sur la surveillance de l'inflation.

Ces derniers nous parlent avec délectation et envie de quantitative easing (Q.E.), le dernier anglicisme qui fait fureur dans la presse, appliqué par la Banque d’Angleterre ou la Federal reserve américaine. Ce nouveau terme (enfin nouveau pour les Européens, les Japonais le connaissent depuis 20 ans) est reprit en boucle dans les médias avec une définition très différente selon son positionnement politique.

D'un cotes un groupe hétéroclite, composé de farfelus d’extrême droite et d’extrême gauche avec comme special guest, Marine Le Pen, Dupont-Aignan et l’incontournable Jean-Luc Melanchon, qui l'assimilent à la bonne la bonne vieille planche à billets. Ils nous expliquent qu'ils faut faire comme les Américains, les Japonais ou les Britanniques : La BCE devrait financer directement les Etats de la zone euro quand ils en ont besoin à des taux très bas et en créant de la monnaie (avec la fameuse planche) au lieu de prêter aux banques commerciales, à 1%, qui re-prêtent à leur tour aux Etats à 2, 3, voir 6%. C'est beau quand les extrêmes se rejoignent ! il faut tout de même préciser que le FN propose de revenir au Franc.

D'un autre côté, on a un groupe de "sérieux" et propres sur eux (PS, UMP, Centristes, journalistes, économistes, on ne peut pas tous les citer la liste serait longue comme le Danube, mais ils sont faciles à reconnaitre car ils passent tout le temps à la télé) qui nous expliquent que le quantitative easing n'a rien a voir avec la fameuse planche. D'ailleurs c'est une expression qu'ils ne prononcent que rarement. Ce groupe n'a que mépris pour la fille de Jean-Marie et l'ancien sénateur PS qui ne seraient que des buses qui n'ont rien compris à la politique monétaire menée par Ben Bernanke (nom qu'ils prononcent Bernankii ! histoire de craner en faisant croire qu'ils sont familiers avec le président de la FED ou qu'ils suivent toutes ses interventions dans le texte). Les très brillants Ben et George (G. Osborne, le chancelier de l’échiquier, ministre chargé des finances et du trésor du Royaume-uni) ont recours au quantitavie easing et pas à de la vulgaire planche a billet.

 
La planche à billets vs Quantitative easing
 
Le point commun. Planche à billets et quantitative easing sont des politiques monétaires qu'un Etat met en branle pour stimuler l’économie quand les politique dites conventionnelles (gestion pas les taux directeurs ou par le niveau des réserves obligatoires) ont échoués. Exemple : Quand les taux grecs à 10 ans flirtent avec les 30% alors que le taux directeur de la BCE est si bas (1%) qu'il ne laisse plus aucune marge de manœuvre à la baisse pour M. Draghi, une baisse du taux de la banque de Francfort à 0,75, 0,50 ou même 0,25% ne permettra pas à Athènes de revenir sur les marchés pour emprunter à des prix raisonnables et permettre que sa dette devienne, comme par magie, à nouveau supportable..
Pourquoi les qualifie-t-on de non-conventionnelles ? Parce qu’elles peuvent avoir des effets secondaires (inflation incontrôlable, perte de confiance dans la monnaie etc.) très dommageables, un peu comme un grand malade traité a la morphine.

La planche à billet est une émission de "monnaie banque centrale" sans contrepartie économique ; aucune progression de création de richesse par le pays ne la justifie (PIB). En général la banque centrale crée de la monnaie pour satisfaire les besoins du gouvernement qui ne veut ou ne peut augmenter les impôts ou couper dans les dépenses.

Imaginons le cas d'un gouvernement fraichement élu qui décide d'augmenter le nombre de fonctionnaires et qui a besoin de 20 milliards pour les payer alors que les caisses sont vides (toute ressemblance avec des personnes ou des situations...). La planche à billets consiste à obliger la Banque centrale à virer sur le compte du Trésor public 20 milliards qui serviront à cette dépense. Facile non ? Sauf que comme cet argent a été crée ex-nihilo, sans création de richesse en contrepartie, l'ensemble des agents économiques vont subir une dépréciation équivalente de leurs revenus et de leurs actifs monétaires. Ok, vous me direz que d'un autre côté 60.000 gusses ont trouvé du boulot ; c'est vrai, mais alors pourquoi ne pas créer autant d'emplois qu'il y a de chômeurs, tout le monde aurait du boulot mais les gens seraient bien plus pauvres à l’exception de quelques apparatchiks. C'est comme cela que le système soviétique fonctionnait.
 
Le quantitative easing est une politique monétaire plus subtile. Certe comme dans le cas de la planche à billet aucune hausse du PIB de le justifie mais comme la banque centrale alimente les agents économiques en rachetant sur le marché des titres financiers (en général des obligations d'Etat de courte terme, moins de 2 ans) il y a un semblant d'équilibre.
Les défenseurs de cette méthode disent que ce qu'elle donne d'une main (le cash) est retiré de l'autre (bons du Trésor). De surcroit, à l'échéance et au remboursement de ces titres, la monnaie, en revenant dans les livres de la banque centrale, est donc retirée de la masse monétaire. Il n'y aurait donc aucun risque d'emballement de création monétaire. Le raisonnement des avocats du Q.E. a cependant trois limites :
Primo, le postulat de départ est que les montants placés en bons du Trésor, même de courte échéance, sont des liquidités quasi équivalentes aux montants qui vont être alloués par la Banque centrale. Ce raisonnement est faux à mes yeux puisque l'argent déversé va se retrouver, au moins partiellement, dans les circuits de l’investissement et de la consommation et au final conduira à une hausse généralisée des prix.
Secondo, il faut que l'émetteur des titres financiers achetés ne fasse pas faillite et l'exemple grec n'est guère rassurant à ce sujet. Le cas grec, au passage, nous montre aussi que la BCE pratique le Q.E. même si cette action a été circonscrite à quelques pays de la zone euro (Irlande, Portugal, Espagne, Italie) et que l'objectif était d’apaiser les tensions apparues sur les taux obligataires de ces Etats et pas de relancer la machine économique.
Tertio, il ne faut pas que le Q.E. soit renouvelé et encore moins augmenté à chaque échéance. Du temporaire renouvelé systématiquement et à l'infini devient du permanent comme la planche à billet.

LTRO le quantitative easing made in Francfort
 
Le LTRO tel que pratiqué par la BCE est très différent dans la forme du quantitative easing anglo-saxon. Au lieu d'achats fermes sur le marché M. Draghi a opté pour un prêt (pas en blanc, le BCE demande de placer des titres en garantie et pas n'importe quels titres, par ailleurs ces titres sont valorisés de manière très prudente) sur trois ans proposé aux institutions financières de la zone euro moyennant un taux relativement bas de 1% (je dis relativement bas car seuls les Etat sur lesquels pèsent des doutes de solvabilité empruntent à un taux supérieur, l'Allemagne ne paie que 0,34% pour cette durée). Ce prêt est "multi-usage" non seulement ils consolident les banques en écartant, au moins temporairement, un risque de crise de liquidité comme on l'a connu au lendemain de la faillite de Lehman Brother, mais il sert aussi à financer les Etats (puisque la BCE n'a pas le droit dans ses statuts de leur prêter directement) ainsi qu'à financer les entreprises et les ménages.
Mais à l'usage LTRO et Q.E. sont vraiment similaires puisque dans les deux cas l'objectif est le même : soutenir l’économie en injectant de la liquidité et en faisant baisser les taux. Malheureusement on ne fait pas boire un âne qui n'a pas soif et quand les entreprises n'ont pas de projets d'expansion en Europe, que les particuliers ne voient pas l'avenir d'un œil optimiste, que l'argent reçu par les Etats sert en priorité à rembourser des anciens prêts et que les investisseurs sont pessimistes sur l'évolution de la solvabilité de certains Etats, le miracle ne vient pas.

Pourquoi voir peur de l'expression planche à billets ?

Si un quantitative easing répété à l’infini donne les même résultats que la planche à billet et que le LTRO est une forme de quantitative easing pourquoi de jamais parler de planche à billet ? 

Quand les hommes ne peuvent changer les choses, ils changent les mots, disait Jaurès. La "chose" c'est la crainte de l'inflation prégnante dans une bonne partie d'opinion publique européenne et plus particulièrement chez les retraités de plus en plus nombreux sur le vieux continent qui n'a jamais aussi bien porté son surnom. Ces personnes, dont la participation à chaque élection est supérieure aux moyennes nationales, sont plus soucieuse du maintient du pouvoir d'achat des pensions qu'elles reçoivent que du niveau du chômage ou des perceptives économiques de leurs pays dans les vingt ou trente ans à venir. Ils ont aussi le souvenir que inflation ne rime pas toujours avec expansion.
Même chez les plus jeune le terme planche à billet a une connotation négative et renvoie dans la mémoire collective à la période d’hyper-inflation des années 30 en Allemagne qui a vu accéder au pouvoir Hitler.

A mes yeux LTRO et quantitative easing c'est de la planche à billet avec les inconvénients de la planche à billet et surement pas le remède miracle qu'on nous vend.


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20 réactions à cet article    


  • lsga lsga 11 juin 2012 11:29

    "Pourquoi les qualifie-t-on de non-conventionnelles ? Parce qu’elles peuvent avoir des effets secondaires (inflation incontrôlable, perte de confiance dans la monnaie etc.) très dommageables,"

    Pour rappel : Chavez à commencé par diviser par deux la valeur de sa monnaie, ils sont aujourd’hui à 8% de croissance.

    L’inflation est un impôt indirect sur la rente, elle n’est dommageable que pour les grands patrimoines.


    • Le taulier Le taulier 11 juin 2012 11:36

      Sauf que les grandes fortunes vénézuélienne ont leurs avoirs placés en bons dollars américains. 
      L’inflation c’est un impôt sur les pauvres et tous les économistes sérieux le savent.


    • lsga lsga 11 juin 2012 11:58

      ’L’inflation c’est un impôt sur les pauvres et tous les économistes sérieux le savent.’

      Oui, c pour ça qu’on entend tous les économistes sur BFM expliquer que l’Allemagne ne peut pas se permettre une baisse significative de l’Euro à cause de son système de retraite par capitalisation... Tant pis pour eux.

      L’idée est quand même très simple à comprendre, même pour le plus mystique des libéraux : Quand l’argent perd de sa valeur, ce sont ceux qui possèdent de l’argent qui s’appauvrissent. 

      A l’inverse... Ceux qui n’ont que leur force de travail voient leur salaires augmenter en période d’inflation. Pour peu qu’il y ait un Etat fort pour réguler le phénomène, l’augmentation des salaires peut être supérieur à celle des prix (ce qui se passe au Vénez.)

      Concernant les riches qui ont fuit le Vénez, je vous rappelle quand même que la richesse d’un pays ce n’est pas son Capital ($ ou autres), mais sa force de production.Depuis que Chavez est au pouvoir, l’industrialisation du pays a explosé. Quand on parle de 8% de croissance, on parle d’autant d’entreprises, de PME, d’usines de créés. Cela correspond donc à l’apparition d’une nouvelle bourgeoisie, plus riche et plus puissante que l’ancienne ; mais aussi plus taxée, plus contrôlée, plus au service de la Nation. 

      Rien d’étonnant : Avec une inflation galopante, une monnaie dont la valeur chute, et des taux d’intérêts faibles, le seul investissement rentable reste l’investissement dans l’économie réelle.

      C’est d’ailleurs pour cela d’ailleurs que les pays ayant des monnaies faibles ont une force de production importante, et qu’ils prennent aujourd’hui le lead économique. La Chine, dont 100% des banques sont Etatiques, et donc l’économie est dirigée selon une planification de long terme, est d’ors et déjà la première puissance économique mondiale ( ’la locomotive de l’économie mondiale’, comme vous dites à droite ).

      A l’inverse, grâce à vos copains libéraux au pouvoir depuis les années 80, les USA et l’Europe deviennent la nouvelle URSS, le nouveau Titanique économique.

      Continuez avec votre de Libéralisme les gars : Les chinois se frottent les mains.


    • jullien 11 juin 2012 13:55

      Quand l’argent perd de sa valeur, ce sont ceux qui possèdent de l’argent qui s’appauvrissent.
      Ce qui signifie que les pauvres voient le peu qu’ils avaient perdre de sa valeur et donc deviennent encore plus pauvres.


    • picpic 11 juin 2012 14:52

      Être pauvre, c’est finir systématiquement le mois au minimum sans un franc sur ton compte...Bien souvent, c’est même un, voir plusieurs comptes en négatif en fin de mois.

      Le pauvre,le vrai, l’inflation ne le touchera pas.

      Et puis, si c’était vraiment les pauvres qui en pâtissaient en premier, il y aurait bien longtemps qu’on nagerait dedans...


    • Scuba 11 juin 2012 14:59

      d’autant plus que les salaires n’augmentent pas plus vite que l’inflation !!


    • jullien 11 juin 2012 15:41

      @Picpic

      Être pauvre, c’est finir systématiquement le mois au minimum sans un franc sur ton compte...Bien souvent, c’est même un, voir plusieurs comptes en négatif en fin de mois. Le pauvre,le vrai, l’inflation ne le touchera pas.

      Si vous êtes pauvre et que vous crevez de faim parce que vous vivez dans un pays en situation d’hyperinflation, que les entreprises ferment les unes après les autres et que ceux qui travaillent encore se demandent pourquoi ils le font parce leurs salaires perdent en valeur dans la journée, que les magasins sont vides parce qu’ils ne peuvent payer leurs fournisseurs, évidemment que l’inflation vous touche.

      Je crois que la volonté de s’opposer aux opinions libérales du Taulier amène certains à perdre tout bon sens. Mais c’est souvent le cas en politique et cela quelle que soit la famille d’opinion.


    • Le taulier Le taulier 11 juin 2012 20:42

      Les riches ont moins d’argent que les pauvres contrairement à ce qu’on croit. Le capital des riches c’est des entreprises, des immeubles etc... celui des pauvres c’est le livret A.

      Quand la monnaie se dévalue de 10% la valeur des entreprises prend 10% immédiatement par contre le livret A réagit toujours avec retard.


    • egos 11 juin 2012 21:40

      Isga ?

      « l’inflation serait un impôt sur la rente »

      à voir de près,

      l’inflation enrichit en premier lieu les revenus en capacité de s’endetter à bon compte, cf le années 60 en Fce période au cours de laquelle la « petite bourgeoisie » (nostalgie révolutionnaire quand tu nous tiens) a pu se constituer un patrimoine immobilier à bon compte avant que le système bancaire ne prenne la mesure de la situation.
      ce qui na pas manqué de générer des cycles spéculatifs et dépressifs tondant au passage les moutons égarés dans les labyrinthes des contingences : déficit d’offre en logements, constitution d’actifs familiaux de précaution, incidence abusive des loyers sur le p.a, incitation fiscale etc.
      de nos jours ce terrain est occupé par de vrais professionnels, fini l’amateurisme, Black Rooms, Carry Trade, Leverage et autres ROCE à l’avenant.

      en second lieu, les déficits engagés au cours des 30 dernières années (mention spéciale au tandem Sarko-Fillon) financés à des taux excédant à peine celui de l’inflation ont ils enrayé le tassement de l’activité économique en Europe ? 
      soyez smart et recourrez pas à l’argument de la protection sociale, car il ne s’agit là, d’une part, que d’un artifice d’écriture comptable mais avant tout un argument libéral de gros calibre.

      tertio : l’inflation, beau sujet (il y eut des émeutes en Inde courant 2011 à ce motif, les membres de la famille Mittal ne figuraient pas au nombre des manifestants, étonnez vous) que tous les gvts s’emploient à masquer (idem stats du chômage).
      Parisot, ex boss de l’INSEE, maintenant à la tête du MEDEF, curieux, non ?
      l’inconvénient du capitalisme, hormis d’organiser la production par la compétition, la compétition conduisant inéluctablement à hiérarchiser les individus( en susbtance malheur aux vaincus) tient à son pragmatisme,
      les vastes plaines de l’economie et la finance sont parsémées de chausses trappes !

      en dernier ressort, il nous reste à travailler pour produire de la richesse (investir aussi, surtout *) et se battre pour ne pas se faire plumer.

      question subsidiaire : la définition que Marx donnait la Bourgeoisie
      toute bonne réponse ou non d’illeurs) ouvre droit à une seconde question



    • Daniel Roux Daniel Roux 11 juin 2012 15:29

      Les américains et les britanniques font tourner la planche à billets parce qu’ils sont maître de leur monnaie et que cela évite les révisions politiques déchirantes. Comment pourraient-ils envisager l’échec pour leur économie du sacro saint libre échange, du libéralisme et de la mondialisation.

      Les Républicains, comme notre UMP, pratiquent la politique de la terre brûlée contre les Démocrates et sont prêts à tout pour reprendre le pouvoir. Les Démocrates paralysés par les élections de novembre n’osent prendre aucune initiative. Incapables de s’entendre pour réduire les dépenses et augmenter les impôts, victimes comme l’UE des délocalisations organisées par l’oligarchie financière et donc en récession industrielle, les américains font l’autruche et refusent de voir le cataclysme financier qui vient.

      Les Britanniques sont ruinés et personne ne viendra à leur secours tant ils ont fait pour rester dans leur splendide isolement. « Seuls contre tous ».

      Ces 2 pays ont donc recours à la planche à billets car c’est à la fois facile, discret et pour l’instant, indolore. Leur credo : « Pourvu que ça dure. » Mais cela ne durera pas.

      Les pays formant l’Euroland sont dans un autre cas de figure. Les pays sont en concurrence économique avec une monnaie unique qu’ils ne contrôlent pas. Le plus fort est l’Allemagne, plus d’habitants, plus d’exportations, moins de déficits. Le peuple allemand est allergique à l’inflation, il en a trop souffert. Les dirigeants allemands affirment donc haut et fort : Nein ! à la planche à billets et ce n’est pas négociable, point final.

      Comme il faut bien que de l’huile et du carburant alimentent le moteur de l’économie, les dirigeants allemands et les autres, ainsi que la BCE, dissimulent plus ou moins habilement la production de monnaie de singe par des prêts à taux très réduits avec une date de remboursement repoussée à la Saint Glin Glin. On fait comme les américains, les britanniques et les japonais, mais sans le dire.

      Par exemple, d’où pourrait bien venir les 100 milliards promis pour le sauvetage des banques espagnoles puisque tous les pays sont déjà surendettés et en déficit chronique ? De nouvelle dettes achetées par la BCE qui n’a pas de fonds propres autres que ceux qu’elle crée artificiellement... par la planche à billets.

      Pour sauver les banques, et surtout leurs gros actionnaires, tous est bon. Pour loger les sans abris, nourrir les affamés, et reprendre le contrôle de la production industrielle en luttant contre la concurrence déloyale des pays à bas coût, il n’y a plus d’argent dans les caisses.

      C’est aussi cela la lutte des classes, 2 poids, 2 mesures que l’on soit riche ou pauvre.

      Les retraités n’ont rien à voir dans cette histoire sauf à servir de boucs émissaires car eux, ont rempli leur contrat et obligations.


      • lechoux 16 juin 2012 14:59

        « en luttant contre la concurrence déloyale des pays à bas coût »
        La concurrence déloyale vient aussi de l’Allemagne qui fait financer sa réussite économique par la zone euro ; elle vendrait ses produits en DM, ce dernier serait beaucoup plus haut et donc elle en vendrait beaucoup moins.

        @l’auteur : « Ces personnes, dont la participation à chaque élection est supérieure aux moyennes nationales, sont plus soucieuse du maintient du pouvoir d’achat des pensions qu’elles reçoivent que du niveau du chômage ou des perceptives économiques de leurs pays dans les vingt ou trente ans à venir »
        @Droux : « Les retraités n’ont rien à voir dans cette histoire sauf à servir de boucs émissaires car eux, ont rempli leur contrat et obligations. »

        Nous somme également victime de leur égoïsme.


      • paul 11 juin 2012 17:21

        Bonjour le Taulier
        « Les grandes fortunes vénézuéliennes ont placé leurs avoirs en bons dollars américains ... »
        euh ... du papier maintenant, rien que du papier ces dollars dont les asiatiques se défaussent .

        Toujours ce débat de Keynes contre Hayek .
        Sont marrants ces capitalistes, la planche à billets marche à fond chez eux comme le rappelle D.Roux, en ajoutant le Japon, mais il ne faut pas en parler, des fois que ça donne de mauvaises idées aux autres pays . Et adieu la rente . Enfin je veux dire le système : Les Teutons par exemple, ça c’est des bosseurs, durs à la tâche et qui savent se contenter de kartofeln , parlent pas d’inflation eux au moins !

        Non, sérieux : Kenneth Rogoff, chief économis au FMI, a osé parler « d’inflation modérée » pour réduire les dettes, une solution qui implique pour les grandes entreprises de moins rémunérer leurs actionnaires . Tiens bizarre, nos économistes ne lui ont pas fait de pub .
        Une inflation modérée, oui, à condition que les salaires soient légèrement supérieurs à celle ci . Quelle sont les solutions dans la débâcle financière actuelle ?
         - défaut de paiement
         - baisse ou suppression des intérêts sur la dette - via la BCE -
         - recours à l’inflation .
        Peut être un mix des 2 dernières .
        En attendant, la BCE, par centaines de milliards - une planche à billets, non ? - remplit le panier percé des États en faillite, et à nous l’austérité pour payer .


        • Le taulier Le taulier 11 juin 2012 21:22

          Ce que propose Rogoff c’est une inflation « modérée » (3 ou 4 %) de manière à faire baisser le poids réel de la dette et aussi de diminuer les salaires et les prestations sociales. Au bout du compte les salariés se retrouveront avec une basse de pouvoir d’achat d’au moins 30% en dix ans.


        • gorkyii 16 juin 2012 20:37

          bonjour,


          malheureusement, l’inflation ne pourra pas reduire les dettes car depuis quelques annes, les obligations d’etats sont indexees sur l’inflation.

          gorkyii

        • BA 11 juin 2012 20:10

          Espagne : taux des obligations à 10 ans :

          Jeudi 7 juin 2012 : le taux du 10 ans était de 6,090 %.

          Vendredi 8 juin 2012 : le taux du 10 ans était de 6,220 %.

          Lundi 11 juin 2012 : le taux du 10 ans était de 6,508 %.

           

          http://www.bloomberg.com/quote/GSPG10YR:IND

           

          Conclusion : les investisseurs internationaux n’ont pas du tout été rassurés par le plan de sauvetage des banques espagnoles.

           

          Italie : taux des obligations à 10 ans :

          Jeudi 7 juin 2012 : le taux du 10 ans était de 5,710 %.

          Vendredi 8 juin 2012 : le taux du 10 ans était de 5,770 %.

          Lundi 11 juin 2012 : le taux du 10 ans était de 6,032 %.

           

          http://www.bloomberg.com/quote/GBTPGR10:IND

           

          Conclusion numéro 2 :

           

          L’Espagne et l’Italie foncent vers un défaut de paiement total.


          • Fred59 11 juin 2012 21:38

            Merci pour cet article clair et bien ciblé.

            Deux autres inconvénients des QE, LTRO, bref de la grande famille de la planche à billets via le système spéculatif, méritent d’être développés.

            1/ Les acheteurs de titres de dettes attendront un taux de retour sur gages supérieur à la richesse supplémentaire que le pays pourra générer. Mais s’il fallait attendre un rendement raisonnable (entre 0,25 et 1 %) les titres ne seraient pas attractifs et donc les emprunts ne trouveraient pas preneurs. C’est pourtant la fourchette de taux pour un prêt à un Etat que recommande Antal Fekete

            2/ Les acheteurs de titres de dettes se détournent des entreprises et utilisent leurs réserves pour autre chose que bâtir des usines, grâce à ce système de financement non direct des Etats. Si la fonction de la banque centrale était (de nouveau) de réguler la monnaie en circuit direct, alors les spéculateurs seraient privés de cibles. Ils devraient bien trouver des débouchés plus tangibles et plus concrets. Ils pourraient à nouveau mériter la qualification d’investisseurs par l’action boursière (Je réserve le mot « investisseur » à celui dont l’avoir se retrouvera en classe 2 d’un plan comptable)

            Mais il faut aussi que les investisseurs réapprennent le temps long (interdiction de revente d’une action à moins de X jours/mois), et réapprennent ce qu’est une espérance de gain raisonnable. Quand, il y a quelques années, on se plaignait des exigences de rendement à 15% sur les entreprises et des ravages que cela causait, au lieu de résoudre le problème en cassant directement de telles possibilités de rendement, on l’a déplacé en autorisant ces mêmes fous furieux à reporter leurs espérances sur les Etats. Après Fekete, c’est du côté de Lordon qu’on peut trouver ce genre de constats.


            • Popov 12 juin 2012 21:47

              Ce que je ne comprend pas :

              Les banques européennes se sont consolides et recapitalises avec 500 milliards de LTRO et notamment les francaises en décembre 2011 et mars 2012.

              Pourquoi les instances européennes obligent t elles aujourd’hui le gouvernement A faire appel A la recapitalisation via le FESF avec 100 milliards ? Elles n’ont pas pris de LTRO pour se consolider ?

              600 milliards garantis par le contribuable, ne peut on pas prendre le controle des banques ?


              • Popov 12 juin 2012 21:49

                ndlr gouvernement et banques espagnols


              • Le taulier Le taulier 12 juin 2012 23:06

                1- Le Ltro permet de donner un bol d’air aux banques mais ce n’est qu’un prêt qui ne dure que 3 ans et pas du capital au sens comptable.

                2- Les 100 milliards dont tu parles concernent les banques espagnoles je suppose. En fait jusqu’à il y a 2 semaines Madrid refusait de reconnaitre que ses caisses d’épargne avaient un problèmes avec la bulle immobilière (je sais , n’importe quel connard qui prend sa voiture et se balade en Espagne voit qu’il y a des stocks monstrueux d’appart invendus mais c’est comme cela)

                3- Les 600 milliards ne sont pas une garantie car les banques doivent présenter des titres en caution. Et puis le problème c’est que si les « contribuables » prennent le contrôle des banques vu que c’est l’Allemagne qui est la plus riche on va arriver à une situation où ce pays contrôlerait tout le système bancaire européen. Personne ne le veut même pas les Allemands eux-mêmes.


              • Fabien Buzzanca Fabien Buzzanca 11 octobre 2012 13:57

                Super article. Je vous invite à lire les miens, ils vous intéresseraient sûrement.

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