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Accueil du site > Actualités > Economie > Quels leviers pour la croissance ?

Quels leviers pour la croissance ?

L'arrivée des socialistes en France a relancé, dans l'opinion publique, l'idée d'une croissance forte indispensable pour sortir de la crise. Depuis, la nécessité d'une reprise apparaît comme une évidence qui ne se discute plus. Pourtant, cette belle unanimité masque une interrogation majeure : comment va-t-on faire pour déclencher ce phénomène ?

Derrière l'évidence clamée partout dans les médias, les discours et les sommets internationaux, se cache des convictions implicites. Pour les partisans d'une indispensable croissance forte, la croissance est, par nature, un phénomène cyclique. Si elle a disparu, il est évident qu'elle va réapparaître bientôt. Comme la crise a maintenant 4 ans, nous devrions la voir revenir dans les mois qui viennent. Derrière cette certitude, il y a donc une croyance irrationnelle en la nature divine d'une croissance qui reviendrait comme un Dieu nous sauver du Mal que représente la Crise.

Une autre évidence inexprimée circule dans une partie de l'opinion : il suffirait de redonner du pouvoir d'achat, en redistribuant les richesses, pour relancer la consommation et donc la croissance. Mais cette certitude doit affronter bien des fragilités : ce mécanisme peut-il encore fonctionner dans une économie totalement mondialisée où les profits peuvent aisément se perdre et profiter à d'autres ? Peut-on redistribuer des richesses qui s'amenuisent d'années en années ? Peut-on redistribuer des richesses dans un système économique complétement miné par des dettes publiques et privées considérables ?

Exercer un regard critique sur cette évidence du retour de la croissance, voilà la seule certitude. En effet, si on adopte le point de vue de l'historien, on découvre qu'une forte croissance économique nécessite toujours des conditions particulières. La plus importante est, sans conteste, le déclenchement d'une révolution industrielle innovatrice. Or, rien dans les discours actuels ne semble développer cette idée. On aborde, dans quelques rapports rédigés par des experts reconnus, avec plus ou moins de convictions, la croyance en "l'économie du savoir" ou les "nano-technologies" sans jamais insister sur la nature de ces leviers, sans expliquer comment ils pourraient révolutionner nos économies et créer de la richesse.

Mais, nous ne pouvons pas croire que notre tissu industriel vieillissant va permettre, par magie, l'émergence d'une révolution industrielle que personne n'arrive à décrire avec précision.

L'Histoire a montré qu'une période de forte croissance économique nécessite toujours une révolution énergétique : le moteur à vapeur au début du XIXéme, l'électricité à la fin de ce même siècle, le pétrole dans la première moitié du XXéme siècle. Or, une des composantes de la crise actuelle est, sans contestation aucune, le coût croissant des énergies fossiles.

Le seul levier de croissance que nous pouvons imaginer est celui-là : la construction d'une économie dont les richesses proviennent du développement de systèmes énergétiques qui ne dépendent plus de ces énergies fossiles. Le seul levier de croissance possible est celui qui transfère les richesses du pétrole pour investir dans les énergies inépuisables du vent et du soleil. Progressivement, les progrès des technologies rendent concurrenciels le solaire et l'éolien face au charbon, au gaz ou au nucléaire. Les courbes vont se croiser, sont en train de se croiser. Le développement de ces énergies renouvelables a d'autres intérêts : elles sont fortement créatrices d'emplois lors de leur déploiement ; à puissance égale, elles nécessitent davantage de salariés pour les entretenir. 

Il ne suffit pas d'invoquer en permanence le retour en la croissance pour espèrer la voir revenir. Il faut aussi choisir un axe de progrés et s' y tenir. Or, le seul levier possible et crédible aujourd'hui est celui de la révolution énergétique. Il faut, pour cela, inventer des politiques publiques, particulièrement dans le domaine fiscal, qui favorise la réussite de cette révolution économique.


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16 réactions à cet article    


  • Daniel Roux Daniel Roux 29 mai 2012 10:07

    L’auteur oublie que la croissance mondiale est positive, environ 5% et que le problème est uniquement la croissance de l’Europe occidentale en panne pour des raisons connues et dénoncées à maintes reprises.

    http://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/des-paradis-aux-enfers-de-la-84586

    http://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/le-piege-de-sarkozy-102861

    Hier soir, sur Arte, est passé un reportage sur le tannage des peaux au Bengladesh. Pollutions inimaginables et irréparables des rivières, terres et air, exploitation inhumaine des travailleurs, corruption des élites et de la justice, injonction hypocrite de l’OMC... tout y est des dégâts monstrueux de la mondialisation sauvage. Tout sauf les importateurs à bas prix européens responsables in fine de cette catastrophe qui gagnent sur tous les tableaux tout en ruinant l’industrie des tanneries obligées de respecter les normes environnementales (et heureusement) en Europe.

    En France, l’oligarchie financière impose des débats sur la flexibilité du travail, sur les coûts salariaux, sur les politiques sociales et sanitaires. Tous Bengalis !


    • André-Jacques Holbecq André-Jacques Holbecq 29 mai 2012 12:26

      Une croissance de 10% lorsque le PIB par habitant est de 3000 € offre un gain de 300 €, équivalent à une croissance de 1% en partant d’un PIB/hab de 30000 €
      Je vous laisse conclure ...


    • jef88 jef88 29 mai 2012 10:33

      Mais, nous ne pouvons pas croire que notre tissu industriel vieillissant va permettre, par magie, l’émergence d’une révolution industrielle que personne n’arrive à décrire avec précision

      je suis un vieux c... ! J’ai vu et connu l’industrie de prés !
      Actuellement, il n’y a plus de tissus industriel

      La croissance ? avec le mode de calcul actuel, c’est un critère ridicule !
      c’est , en gros, l’assiette de la TVA !
      Si toutes marges augmentent et donnent une augmentation des prix de 10% on aura une croissance de 10% !
      Qu’en penseront les consommateurs ????????

      Il y avait un critère intelligent ; la « production industrielle brute »....
      Mais les pro-mondialisme l’ont zappé.....


      • mimi45140 29 mai 2012 13:38

        @ jeff 88

        Vous n ’ êtes pas tous seul , moi aussi je suis un vieux c.. et pense les mêmes vieilles  co..eries je suis responsable depuis 30 ans d ’une micro entreprise de service à l industrie , le fichier client à paramètre constant à fondu de 70% et ce qui reste n ’est pas flamboyant , je suis tout a fait de votre avis sur notre calcul ridicule de la croissance , suivant notre calcul actuel une société qui importe des chaussures de CHINE et fait travailler 3 commerciaux pour un CA de 1 000 000 d ’ euro est plus profitable à la societé française que celle qui emploi 50 personnes pour produire des chaussures et qui fait un CA de 900 000 euro , c ’ est une aberration qui a largement servi la grande distribution , je suis surement un vieux c.. . Je ne crois en rien à la
        volonté de nos politiques de réindustrialiser le pays .

      • al.terre.natif 29 mai 2012 11:15

        « Depuis, la nécessité d’une reprise apparaît comme une évidence qui ne se discute plus. »

        Ca, c’est justement ce que le gouvernement (présent et juste passé) voudraient ! Que la croissance soit une lumière qui guide nos pas à travers les crises....

        sauf que la croissance est précisément une des cause des crises que nous traversons. C’est elle qui nous pousse à consommer toujours plus, dépenser toujours plus, et donc, emprunter toujours plus. En même temps, c’est cette croissance sur laquelle sont indexés nos taux d’emprunts nationaux... le serpent qui se mords la queue en fait.

        Donc « l’évidence qui ne se discute plus », n’en est une que pour les deux grands partis qui se partagent le pouvoir, et leurs aficionados.

        Pensez par vous même !


        • André-Jacques Holbecq André-Jacques Holbecq 29 mai 2012 12:33

          Tant que nous n’aurons pas changé de paradigme il n’y a guère d’espoir d’améliorer les choses.

          Si une collectivité a :

          1 – un besoin (collectivement souhaitable),
          2 – la volonté de le satisfaire,
          3 – les moyens techniques et énergétiques,
          4 – un excès de main d’œuvre et le savoir-faire,

          … l’impossibilité souvent alléguée du manque de financement est une mauvaise excuse car une vraie richesse résultera d’une création monétaire éventuellement nécessaire pour la réaliser.

          Et la seule création monétaire qui ne nous appauvrit pas est la création monétaire centrale, qui n’est donc plus de « l’argent dette »...

          Il faut donc assurer la transition énergétique et écologique par une « injection » d’au moins 100 milliards par an pour la France dont 50 % serviront à payer les intérêts de la dette de façon à ce qu’elle soit stabilisée et 50% dans les investissements nécessaires ... et ce chaque année pendant 10 ans !


          • samuel 29 mai 2012 15:39

            Autrement dit : « Il n’est de richesse que d’Hommes »


          • Le Yeti Le Yeti 29 mai 2012 13:04

            Vi vi vi ...
            Le chômage est de 10%, l’inflation de 2,1% et la marmotte met le papier d’hallu.

            Creusez donc un peu derrière les chiffres et surtout regardez donc le Baltic Dry Index (transports internationaux de marchandise) et le détroit d’Ormuz, les taux des BDTs européens, les plans de licenciement, faillites, suicides et émeutes en Europe ainsi que l’état des banques qui ont toutes besoins de se recapitaliser avec les caisses vides des FMI BCE, FES.

            L’été, où traditionnellement les bagnoles s’empilent, s’annonce vraiment chaud.
            On en reparle dans quelques semaines ?


            • yargo yargo 29 mai 2012 14:00

              Bonjour,

               

              Que faut-il aujourd’hui pour avoir de la croissance ?

              Si nous établissons une croissance par la relance de la consommation, je pense que nous nous tirons une balle dans le pied. Une croissance en circuit fermé est illusoire, et nous permet seulement de tourner en rond. La solution est uniquement de faire rentrer de l’argent frais en produisant « moins cher » et exporter.

              Donc désolé pour le gouvernement mais la croissance ne se décrète pas sinon ça se saurait. Trouver la solution pour créer des emplois, donner envie aux patrons de créer des emplois, pas sous payés, et sans augmenter le coût de production.

              Des solutions existent, mais sont-elles Euro valides ?

              État des lieux aujourd’hui :

              Un chômeur coute à la France, environs 25000 euros « charges sociales payées par la société, prestations chômage, pas d’impôts, et surtout une consommation moindre ».

              Un employé au SMIC coûte à la France environs 20000 Euros, le calcul est simple à faire on exonère de charges sociales les entreprise à concurrence de 1 poste tous les 5 postes et prendre un chômeur qui ne leur couterait « rien » grâce à l’exonération de charges, ils feraient une opération blanche. Avec 20% de productivité en plus avec la même somme à réfléchir non ?

              Des solutions existent pour tout sans dépenser plus et résorber le chômage, relancer l’économie, résorber la dette… Mais le veut-on vraiment ? 


              • calimero 29 mai 2012 15:26

                Expliquez moi comment un type qui bosse comme les autres et gagne le Smic coûte à la France avec un grand F. Ou alors poursuivez vos calculs et dites moi combien coûte un politicien ou un actionnaire s’il vous plait.


              • Romain Desbois 29 mai 2012 15:35

                « Un employé au SMIC coûte à la France environs 20000 Euros, »

                Bah je suppose qu’il rapporte plus qu’il ne coûte (d’ailleurs pas à la France, mais à son entreprise).

                Les entreprises sont déjà exonérées de « charges patronales » pour les salaires inférieurs à 1 fois et demi du SMIC sot la majorité des salaires en France. Ces exonérations sont compensées par l’état qui verse le manque à gagner aux caisses. Cela revient à faire payer à tout le monde ces exonérations, y compris aux salariés exonéré sur ses heures supplémentaires (l’essentiel des revenus de l’état étant la TVA).

                Je propose une autre solution :
                - Pour les particuliers que les prélèvements sociaux soient intégrés dans l’impôt sur le revenu (le salarié touchant du coup son revenu brut). Cela permet de rendre progressives les cotisations sociales et donc les baisser pour les bas salares et les augmenter pour les plus hauts.

                - Pour les entreprises que les prélèvements sociaux ne soient plus calculés sur les salaires mais sur les bénéfices (avant versement de dividendes et provisions diverses), avec taux progressifs par rapport aux bénéfices. Ainsi on élargit l’assiette à toutes les entreprises sans pénaliser comme c’est aujourd’hui les entreprises qui emploient le plus de main d’oeuvre. (on compare à tort les PME aux autres entreprises alors qu’un PME qui a peu d’employés peut avoir de gros bénéfices alors qu’un plus grosses entreprises ayant de beaucoup d’employés peut en faire moins).


              • yargo yargo 29 mai 2012 16:59

                Quand je parle coûter à la France c’est son salaire bien sur qu’il rapporte beaucoup plus, mais c’est une image pour dire que vaut mieux créer du travail que du chômage c’est tout 


              • joletaxi 29 mai 2012 14:34

                On dirait que certains commencent à comprendre ?

                Il y a de cela 30 ans, un professeur d’économie de gand(perle des ardennes pour le clin d’oeil à Herge) avait proposé une révolution de notre organisation du travail, car déjà à l’époque, il avait pressenti le danger.
                Cela tenait en un constatation:la solidarité sociale repose essentiellement sur le travail,et ceci pour des raisons historiques.
                On supprime donc la perception des sommes allouées à la sécurité sociale et pensions, sur le travail, et on les reporte sur l’impôt, direct et indirect.
                On adapte le taux d’imposition des sociétés, dont l’assiette est calculée en fonction d’un rapport à établir par secteur, entre la masse salariale, et le bénéfice brut.
                On adapte les barêmes de taxation des particuliers pour rendre les gains au delà d’une somme à établir,inintéressants.
                On impose la flexibilité totale du travail, l’état prenant en charge, les gens ayant perdu leur emploi.
                Des simulations faites sur l’économie belge de l’époque indiquaient un manque immédiat de main d’oeuvre.Mais les plus virulents opposants ont été les syndicats, et pour cause, une de leur principale source de financement est justement le chômage(je parle d’une particularité belge)

                En tout cas, avec ce système il devenait tout à fait profitable de produire au pays, et l’importateur se voyait surtaxé, ce qui dans les 2 cas était un plus pour le pays.


                  • xray 29 mai 2012 17:35


                    La CROISSANCE 

                    C’est quoi, la croissance ? 
                    Quand le PIB augmente, le pays fait de la croissance. Quand le pays fait de la croissance, il s’enrichit. Quand le pays s’enrichit, c’est de l’argent pour ceux qui en ont besoins. Va sans dire, de l’argent pour les riches. Pour être pauvre, on n’a pas besoin d’argent. 


                    Le PIB est l’indicateur de la Croissance. 
                    Le PIB est la somme de l’ensemble des facturations publiques et privées : 

                    - Un accident de la route est source de PIB ; 

                    - Les malades produisent du PIB ; 

                    - Tout vandalisme produira du PIB ; 

                    - Tout gaspillage produit du PIB ; 

                    - Une tempête dévastatrice produira un énorme PIB ; 

                    - Etc. 

                    L’oligarchie au pouvoir (Qui a main mise sur le capital de la Dette publique, pour la France, 6 fois le budget net de l’État.) sait très bien que pour produire du PIB, il suffit de générer de la misère et des malades : 

                    - Inciter à l’irresponsabilité ; 

                    - Générer la misère et les malades ; 

                    - Encourager les facteurs de désordres et de misères ; 

                    - Financer à outrance le monde politico-associatif nuisibles et les entreprises politico-religieuses malfaisantes ; 

                    - Courir après la Croissance. 

                    La dette publique ne doit pas être comparée au PIB mais au budget net de l’Etat. Ce qui est beaucoup plus parlant. 

                    Le capital de la Dette publique 
                    http://n-importelequelqu-onenfinisse.hautetfort.com/archive/2011/12/27/le-capital-de-la-dette-publique.html  



                    • Soi Même 30 mai 2012 19:01
                      Quels leviers pour la croissance ?
                      Il serrait plus intéresant de se posé la question.Quel Monde nous voulons, car au train où cela va, c’est une question va de plus en plus révélé que l’on cours derrière une chimère des temps passé ! 

                      En un siècle et demi, l’humanité à réussie l’exploit, de défiguré et appauvrir la Terre, ce que aucun homme n’a peu faire depuis que les hommes sont inscrit dans l’histoire.

                      Et on est tellement préoccupé pas son petit confort, que peux réalisent que la Terre on là tuée !

                      C’est finie la croissance, même si actuellement les USA vivent un boun du pétrole au Texas !


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