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Accueil du site > Actualités > Economie > Questions d’un idiot naïf sur l’économie

Questions d’un idiot naïf sur l’économie

 Le bouclier fiscal coûte à l’Etat 700 millions d’euros annuels. Bien. Ouvrons en passant une parenthèse : D’après l’ex ministre du budget qui en a fait virilement son affaire, les fraudeurs ayant déposé leurs sous à l’étranger et qui ont bien voulu négocier avec lui ont « rendu », plus ou moins la même somme. Question. Ceux qui profitent du bouclier et ceux qui se font prendre sont-ils les mêmes ? Parce que, dans ce cas, dans le cadre de la simplification et de la modernisation de l’Etat tant énoncée, ne vaudrait-il pas mieux sauter quelques cases et élargir le bouclier à tout le monde ? Vous me direz, 700 millions, c’est des clopinettes.
 
L’Etat paie chaque semaine - il y a 48 semaines dans l’année - exactement le double en intérêts de sa dette. Il est magnanime, l’Etat. Il prête à 1% à ceux qui lui prêtent à 4%. Ca, c’est l’économie du marché. La banque centrale, elle, n’a pas le droit de prêter aux Etats, Régions, Mairies, Préfectures et tutti quanti. Elle ne prête qu’aux banques, qui, tout le monde sait, ont une gestion exemplaire et un sens du bien public phénoménal. A tel point qu’elles ont toutes fait faillite en prêtant aux pauvres. Par ailleurs, elles sont habilitées à émettre de la monnaie, ce qui est interdit aux Etats - membres. On se demande en passant comment elles ont pu faire faillite. Question. En Irlande, l’Etat nationalise ses banques. Depuis qu’il l’a annoncé et commencé à le mettre en pratique, la dette de ces banques (c’est-à-dire le prix à payer pour les nationaliser) a augmenté d’un tiers.
 
C’est pas grave. Ces mêmes banques vont lui prêter de quoi entrer dans leur capital évaporé. Question. Ces banques nationalisées à quel taux prêteront-elles à l’Etat et aux collectivités locales ? Par ce que les institutions de cotation sont très anxieuses : la dette de l’Irlande est un poil au dessus de celle de la Grèce. Oh là-là, c’est très inquiétant. Par ce que en Irlande, il n’y a pas d’armateurs grecs. Qui viennent de se mobiliser pour donner à Athènes quatre milliards d’euros, c’est-à-dire l’équivalent, à un milliard près, de la souscription de l’emprunt national. Après tout ce n’est que le prix de huit tankers, et comme les transports vont mal à l’aller (au retour de Chine, pas de problème), on peut bien en sacrifier une poignée. De toute façon, ils vont les vendre les uns au autres, en circuit fermé, comme toujours. On veux bien prêter mais pas brader. N’est-ce pas ? 
 
C’est exactement ainsi que fait la Chine : elle aide les secteurs clé sans emprunter au privé. Et avec le râble, elle continue à investir aux bons du trésor américain et à acheter des entreprises aux Etats-Unis et en Europe. Qui n‘empruntent jamais. Tout au plus elles sont font aider par des fonds des régions et de l’Etat qui, pour ce faire, empruntent aux banques.

Et on dit que ceux qui rêvent d’autres règles dans l’économie sont des lunatiques fuyant la réalité. Des désordonnés, des utopistes, des irrationnels…


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10 réactions à cet article    


  • BA 31 mars 2010 10:12

    Etats-Unis : quel pourcentage d’impôt sur le revenu doivent payer les Américains les plus riches ?

    Cliquez sur « Tableau 23 », puis regardez la colonne « Highest bracket » :

    http://www.irs.gov/pub/irs-soi/histab23.xls

     

    En 1944, les Américains les plus riches payaient 94 % d’impôt sur le revenu.

    Vous avez bien lu : 94 % d’impôt sur le revenu.

    En 1945, les Américains les plus riches payaient 94 % d’impôt sur le revenu.

    En 1946, les Américains les plus riches payaient 86,45 % d’impôt sur le revenu.

    En 1948, les Américains les plus riches payaient 82,13 % d’impôt sur le revenu.

    En 1950, les Américains les plus riches payaient 84,36 % d’impôt sur le revenu.

    En 1951, les Américains les plus riches payaient 91 % d’impôt sur le revenu.

    En 1952, les Américains les plus riches payaient 92 % d’impôt sur le revenu.

    En 1954, les Américains les plus riches payaient 91 % d’impôt sur le revenu.

    De 1954 à 1964, le pourcentage d’impôt pour les Américains les plus riches reste à 91 %. Je remarque que les années 1944-1964 étaient des années de prospérité économique aux Etats-Unis.

    En 1964, les Américains les plus riches payaient 77 % d’impôt sur le revenu.

    En 1965, les Américains les plus riches payaient 70 % d’impôt sur le revenu.

    En 1981, les Américains les plus riches payaient 69,125 % d’impôt sur le revenu.

    A partir de cette année, Ronald Reagan inaugure une nouvelle idéologie. Dorénavant, les plus riches voient leur pourcentage d’impôt diminuer. Cette nouvelle idéologie peut se résumer par ce slogan : « Les plus riches doivent payer 50 % d’impôt grand maximum ».

    C’est l’idéologie de Nicolas Sarkozy.

    Aujourd’hui, Nicolas Sarkozy ne cesse de répéter : « Les plus riches doivent payer 50 % d’impôt grand maximum ».

    En 1982, les Américains les plus riches payaient 50 % d’impôt sur le revenu.

    En 1987, les Américains les plus riches payaient 38,5 % d’impôt sur le revenu.

    En 1988, les Américains les plus riches payaient 28 % d’impôt sur le revenu.

    En 1991, les Américains les plus riches payaient 31 % d’impôt sur le revenu.

    En 1993, les Américains les plus riches payaient 39,6 % d’impôt sur le revenu.

    En 2002, les Américains les plus riches payaient 38,6 % d’impôt sur le revenu.

    En 2003, les Américains les plus riches payaient 35 % d’impôt sur le revenu.

    En 2008, les Américains les plus riches payaient 35 % d’impôt sur le revenu.

    Conclusion : de 1954 à 1964, les Américains les plus riches payaient 91 % d’impôt.

    De 1964 à 1981, ils payaient environ 70 % d’impôt. Pourtant, ça n’a pas empêché la prospérité économique aux Etats-Unis.

    En revanche, à partir de 1981, tout change.

    A partir de 1981, Ronald Reagan baisse les impôts des Américains les plus riches. Aujourd’hui, ils paient seulement 35 % d’impôt. Pourtant, ça n’a pas empêché l’appauvrissement généralisé aux Etats-Unis.


    • Eleusis Bastiat - Le Parisien Libéral eleusis 31 mars 2010 16:45

      parlez vous de l’appauvrissement des Etats Unis ou des Etats Uniens ? Parce qu’en ce qui concerne le pays USA, ils sont plus riches qu’en 1981


    • Senatus populusque (Courouve) Senatus populusque 31 mars 2010 10:14

      « Le bouclier fiscal coûte à l’Etat 700 millions d’euros annuels. »

      Il ne s’agit pas d’un coût, mais d’une diminution des recettes fiscales. À comparer avec le manque à gagner en raison de la fuite des capitaux et des investissements.


      • patroc 31 mars 2010 10:33

        @ BA,

         L’excellent dernier film de Michael Moore, « Capitalism, a love story », explique tout çà d’une manière très pédagogique.. On sort de là soufflé, en orbite autour de ce système pourri dès la base par ceux qui l’ont crée, les banquiers.. A voir..


        • Bélial Bélial 31 mars 2010 13:22

          Il est grand temps d’arrêter cette partie de monopoly.


          • L'enfoiré L’enfoiré 31 mars 2010 19:26

            @L’auteur,
             Je dois avouer que je ne comprend pas cette phrase :« 

             » La banque centrale, elle, n’a pas le droit de prêter aux Etats, Régions, Mairies, Préfectures et tutti quanti. Elle ne prête qu’aux banques, qui, tout le monde sait, ont une gestion exemplaire et un sens du bien public phénoménal. A tel point qu’elles ont toutes fait faillite en prêtant aux pauvres. Par ailleurs, elles sont habilitées à émettre de la monnaie, ce qui est interdit aux Etats - membres.« 

            Quelle banque centrale ?

            Il est dit sur wiki, ce qui me parait exact :

             »La banque centrale d’un (ou de plusieurs) pays est une institution chargée par l’État (ou un ensemble d’États dans le cas d’une zone monétaire comme la zone euro) de décider d’appliquer la politique monétaire. Elle joue tout ou partie des trois rôles suivants :

            • assurer l’émission de la monnaie fiduciaire et contribuer à fixer ainsi les taux d’intérêt ;
            • superviser le fonctionnement des marchés financiers, assurer le respect des réglementations du risque (ratio de solvabilité) des institutions financières (en particulier des banques de dépôts) ;
            • jouer le rôle de banquier de dernier ressort en cas de crise systémique.
            Alors, cela me parait tout le contraire.
            Merci d’éclaircir votre pensée.

            • L'enfoiré L’enfoiré 31 mars 2010 19:33

              De plus :

              "L’Etat paie chaque semaine - il y a 48 semaines dans l’année - exactement le double en intérêts de sa dette. Il est magnanime, l’Etat. Il prête à 1% à ceux qui lui prêtent à 4%. Ca, c’est l’économie du marché."

              52 semaines, je crois, même en France. smiley
              Payer le double de sa dette ? A quel taux d’intérêt cette dette est-elle payée en France ?
              On n’est pas encore en Grèce, non ?


            • Michel Koutouzis Michel Koutouzis 31 mars 2010 20:23

               C’est vrai que cette humeur est elliptique ; C’était voulu. Je ne voulais pas entrer dans des détails comptables et le jargon économique, c’est un texte pour s’amuser. Cela ne veut pas dire qu’il n’est pas sérieux. Mais il faut le prendre au second degré. Depuis Maastricht et surtout Schengen les banques ont le droit d’émettre des obligations et de participer sans fonds propres à des émissions obligataires, ce qui, avec d’autres dispositions plus techniques, revient à créer de la monnaie (non fiduciaire). Par contre la banque de France, et toutes les banques centrales des pays membres ont perdu ce droit régalien au profit de la banque centrale européenne. Je n’entre pas dans le fond du sujet sur le rôle de la banque européenne, ni sur le bien fondé ou pas de cette mutation. Je dis seulement que toute une série d’actions qui permettaient une politique financière, (le général De Gaule disait « la politique de la France ne se décide pas à la corbeille ») n’existe plus. Nous sommes donc dans une situation paradoxale ou le privé a plus d’outils d’intervention que les Etats. Tout comme le Trésor américain et la banque centrale en Chine… J’écrirai un article sérieux dans les jours qui viennent pour répondre plus spécifiquement à vos interrogations. Je vous concède les semaines qui sont en effet 52, week ends inclus, mais fériés pour la bourse. Déformation professionnelle ou plus tôt déformation tout court.


            • L'enfoiré L’enfoiré 1er avril 2010 09:20

              Bonjour Michel,

               « ...elliptique... voulu.... c’est un texte pour s’amuser. ... prendre au second degré »
              Je rappelle qu’il n’était pas dans la rubrique « Parodie » mais bien dans celle de l« Économie ».
              Très important la rubrique.

              « ...les banques ont le droit d’émettre des obligations et de participer sans fonds propres à des émissions obligataires, »

              Je vous signale que ce sont toutes les entreprises privées qui peuvent émettre des obligations. Il
              y a deux systèmes complètement différents pour récolter de l’argent : les actions et les obligations. La différence est importante.
              Le premier, c’est en rendant propriétaire en quotités de l’émetteur. Le second n’est qu’une émission d’un prêt.
              L’Etat n’est pas différents.
              Il est émet des obligations d’Etats, appelés des Emprunts d’Etat. Les actions sans en acheter nous en faisons partie.

              « créer de la monnaie (non fiduciaire). »
              Exact. Monnaie qui donne un potentiel d’investissements à l’émetteur.

               « ... banques centrales des pays membres ont perdu ce droit régalien au profit de la banque centrale européenne. »

              Faux pour la Belgique, du moins. La Banque Nationale est cotée en Bourse, c’est la BNB. La preuve, mais la BNB n’est pas dans le BEL20.

               « ...rôle de la banque européenne... une politique financière, (le général De Gaule disait « la politique de la France ne se décide pas à la corbeille ») n’existe plus. »

              La BEI ne sert que pour les projets d’investissements européens. Elle ne sert pas à renflouer les pertes. Donc, elle sert pour l’avenir et pas pour le passé.
              Pour ce qui de la Grèce, il n’existe pas d’équivalent européen du FMI. Je crois que vous,
              Français, vous auriez intérêts à oublier un peu De Gaule et son Europe à la française.
              Vu notre petitesse en Europe, il y a bien longtemps (je dirais même à la création) nous avons compris où était notre intérêt.

              « Nous sommes donc dans une situation paradoxale ou le privé a plus d’outils d’intervention que les Etats. Tout comme le Trésor américain et la banque centrale en Chine… »
              Ceux que vous citez, sont des Etats à part entière et pas un conglomérat d’Etats. C’est ça la différence. Il y a en plus trois têtes au sommet de l’Europe : une qui alterne tous les 6 mois avec l’un des représentants de l’Union Européenne des 27 pays appelé le Parlement Européen, la Communauté européenne, une autre qui a un plus long terme, le Conseil de l’Europe, et qui dépendait de l’acceptation du Traité de Lisbonne. Cela fait beaucoup de têtes....

              « J’écrirai un article sérieux »
              Je reste à l’écoute.
               smiley


            • BA 31 mars 2010 21:40

              Mercredi 31 mars :

              A 18H00, le taux de l’obligation d’Etat grecque à 10 ans s’est inscrit à 6,522 %, contre 6,434 % mardi.

              Le différentiel avec le Bund allemand à 10 ans qui sert de référence sur le marché s’est établi à 343 points, contre 316 points en début de semaine, ce qui traduit les inquiétudes sur la dette grecque.

              Ce mouvement fait suite à l’émission obligataire de maturité à 7 ans, qui s’est déroulée lundi, avec un résultat mitigé et une demande moins importante que lors des précédentes opérations.

              A un climat déjà dégradé, est venu s’ajouter mercredi l’abaissement de la note des cinq principales banques grecques par l’agence Moody’s qui a donné lieu à un net mouvement de « fuite vers la qualité », a indiqué Jérôme Broustra, responsable de la gestion taux chez Axa IM.

              http://www.romandie.com/infos/news/201003311901070AWP.asp

              Lundi 29 mars : l’obligation grecque à 10 ans était à 6,289 %.
              Mardi 30 mars : l’obligation grecque à 10 ans était à 6,434 %.
              Mercredi 31 mars : l’obligation grecque à 10 ans était à 6,522 %.

              L’Etat grec ne pourra pas emprunter à des taux aussi élevés.

              La Grèce fonce vers le défaut de paiement.

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