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Accueil du site > Actualités > Economie > Qui a peur de la Chine ?

Qui a peur de la Chine ?

 Ces achats frénétiques de dollars font également de la Chine le deuxième plus important détenteur de Bons du Trésor US ( 755 milliards de dollars à fin 2009 contre 769 milliards pour la Japon ) même si ces statistiques officielles doivent vraisemblablement être revues en hausse car la Chine se fournit également de manière officieuse en papiers valeurs Américains par le biais de sociétés offshores écrans ou en sous traitant une partie de ses achats à travers des Etats étrangers... Comment expliquer sinon que la Brande Bretagne, ayant eu à subir l’an dernier un déficit notable de sa balance des paiements, ait néanmoins réussi à thésauriser 300 milliards de dollars en Bons Américains, en nette progression par rapport à un montant de 130 milliards l’année précédente ?

Tous les moyens étant bons pour la Chine dès lors qu’il s’agit de recycler ses acquisitions pharamineuses de billet vert dans le cadre de ses manipulations monétaires, il se pourrait bien qu’elle détienne un montant global de l’ordre de 1’000 milliards de dollars en Bons du Trésor US représentant ainsi près de la moitié des 2’374 milliards sur le marché à fin 2009 et près de 15% de l’ensemble de la dette Américaine en circulation estimée à 727’000 milliards de dollars en fin d’année dernière ! Le marché de la dette Européenne ou Japonaise n’offrant - de loin - pas les mêmes possibilités ou liquidités que celui des Etats-Unis, la Chine n’est pas prêt de trouver des investissements alternatifs même s’il est vrai qu’elle a réduit ses achats ces derniers mois.

Pour autant, ces immenses réserves chinoises confèrent-elles vraiment à ce pays vis-à-vis des Etats-Unis le formidable levier économique et financier souvent décrié ? Les autorités US ont-elles tout intérêt à mesurer leurs dénonciations de cette interventionnisme chinois actif sur le marché des Changes dont l’interruption déprécierait certes le dollar de l’ordre de 20 à 40% vis-à-vis du Yuan et de toutes les autres devises régionales corrélées de fait à la monnaie US ? Par ailleurs, une dévaluation du dollar de cette ampleur aurait certainement un impact dévastateur vis-à-vis d’autres monnaies, comme l’Euro ou le Yen...

Et si, contrairement à nombre d’idées reçues, il était tout compte fait dans l’intérêt même des Etats-Unis que la Chine stoppe ces interventions ? Une dépréciation du dollar de l’ordre de 20% aurait ainsi pour effet immédiat le rétablissement de la compétitivité des exportations Américaines avec à la clé une accélération de la croissance et une décrue du chômage sans exacerber pour autant les menaces inflationnistes ni contraindre la Réserve Fédérale à remonter ses taux d’intérêts du fait de l’environnement actuel totalement dénué de pressions sur les prix. L’activisme actuel de la Fed sur ses taux à court et à long terme lui permettrait ainsi de limiter - ou d’encadrer de manière stricte - tous mouvements intempestifs en matière de politique monétaire et d’exclure le scénario catastrophique d’une hausse brutale de taux aux effets dévastateurs sur la reprise.

La Chine, quant à elle, pourrait très difficilement interrompre ses achats de Bons Américains tout en poursuivant sa politique consistant à déprécier sa propre monnaie car ses réserves en devises étrangères ainsi accumulées ne trouveraient alors plus de débouchés fiables ... à moins qu’elle ne se reporte sur les Bourses Américaines, éventualité qui doperait alors de manière spectaculaire l’ensemble de l’économie US.

En réalité, la configuration actuellement en vigueur de taux bas et de pressions inflationnistes quasi nulles aux Etats-Unis serait idéale pour une ré évaluation de la monnaie chinoise.
 

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13 réactions à cet article    


  • FALCO FALCO 12 mars 2010 10:06

    Pourquoi acheter du dollar, de l’Euro, du Yen...dans une économie mondialiser ?
    La finance pour la finance ?
    La Chine est elle à l’abri seule dans son coin contre tous ?

    Une dépréciation du dollar de l’ordre de 20% aurait ainsi pour effet immédiat le rétablissement de la compétitivité des exportations Américaines

    La Chine a t’elle intérêt à « soutenir » un dollar fort ou perdre 20% de sa cagnotte et voir l’exportation U.S repartir à la hausse ?


    • FALCO FALCO 12 mars 2010 10:27

      En tout cas, la Chine ne vient pas avec une religion, si ce n’est celle du travail.
      Ca change un peu...beaucoup !
      et puis travailler pour Total, IBM, Renault ou made in China...
      Sinon y’a les natinalisations ou la socialisation des moyens de production et d’échange...


      • Michel Maugis Michel Maugis 12 mars 2010 16:49

        Qu´est ce qui se passe Arthur ?

        Deviendrez vous marxiste ?

        Je vous ai plussé pour cette très bon et très pertinent commentaire.

        Michel Maugis


      • Internaute Internaute 14 mars 2010 10:54

        En français on dit « La fin justifie les moyens ».


      • dom y loulou dom 12 mars 2010 11:57

        vous ferez décidément toujours le lèche-cul des puissants arthur


        • C LEBELLEC 12 mars 2010 18:14

          la chine est un pays emergent, d un gros potentiel et d une reserve monetaire impressionnante.
          Les bruits avaient couru qu elle etait sur le point de racheter 28 milliards des dettes grecques,on ne prete qu aux riches !!

          La chine rachete l afrique,surtout ses matieres premieres.Le pays est en developement a 2 chiffres donc assoiffe de tous les produits et matieres premieres necessaires a son developement.IL lui faut donc amasser un tresor de guerre pour avoir les moyens d enrichir les habitants(1milliard300millions)et transformer le pays.

          Le gouvernement veille a la bulle financiere ,immobiliere et probablement a toute speculation venant des places financieres asiatiques ou mondiales.
          IL controle tout :les taux d interets
           :les prets dont la somme est definie selon les besoins
          Tout est axe sur la peur de la creation de bulles financieres et d un controle strict de l inflation.

          La monnaie chinoise est maintenue au plus bas pour augmenter les exportations et enrichir encore le pays en devises etrangeres.Actuellement les dirigants chinois s axent sur le social qu ils ont l intention de developper.
          En fait il leur faut regler le probleme des campagnes.Dans ce pays toutes les bulles sont a controler :les villes deviennent gargentuesques, les campagnes tragiques et politiquement difficiles a cerner.

          Une democratie aurait des difficultes enormes a maitriser une si gigantesque ascencion


          • plancherDesVaches 12 mars 2010 22:07

            Seul commentaire intelligent. Merci.


          • Pierre93 14 mars 2010 12:57

            Pendant que le « Monde Occidental » est dominé par les USA, eux-même dominés par leurs lobbies-militaro-Industriel (Irak, Afghanistan, Pakistan, bientôt Iran) et Financier (Goldman Sachs), la Chine avance.

            " Modèle ou pas, la Chine suit sa propre voie

            Alors que la Chine a effectué une très bonne performance pendant la crise financière, la pire que le monde ait connue depuis la Grande Dépression des années 1930, sa trajectoire de développement, qui se résume comme modèle chinois, est devenue l’un des sujets les plus fascinants pour les économistes et les universitaires.

            QU’EST-CE QUE LE MODÈLE CHINOIS ?
            Cette phrase est issue d’un ouvrage qui s’appelle « Consensus de Beijing » (« Beijing Consensus »), et elle est utilisée pour résumer la montée du « miracle chinois » au cours des dernières décennies. Joshua Cooper Ramo, un universitaire né aux Etats-Unis, est convaincu que la Chine avait une voie de développement qui convenait aux conditions de la nation et aux besoins de la société, car elle vise l’équité sociale et la croissance de qualité.

            Son explication dans « Consensus de Beijing » indique que ce qui se passe actuellement en Chine pourrait servir de modèle non seulement pour la Chine elle-même, mais pourrait être aussi une occasion de refaire l’ensemble du développement international, de l’économie, de la société, et par extension, de la politique dans le monde.

            Ramo a donné trois caractéristiques principales, qui sont les signes distinctifs du «  modèle chinois », ou le consensus de Beijing, - une volonté implacable d’innover et d’expérimenter, une défense des frontières et des intérêts nationaux sans compromis, et l’accumulation très réfléchie de la projection de puissance et des outils asymétriques.

            Beaucoup d’économistes ont attribué le succès économique de la Chine à une combinaison d’approches non conventionnelles du développement - une combinaison de régimes de propriété mixte, l’intervention du gouvernement à chaque étape des réformes et l’esprit d’expérimentation.

            Zhang Yu, professeur à l’Ecole de l’Economie à l’Université Renmin de Chine, a indiqué que le concept du « modèle chinois », se répand aux systèmes de base et aux mesures politiques que la Chine avait adoptées dans le cadre de la réforme et de l’ouverture au cours des trois dernières décennies, notamment la réforme économique, le développement et l’ouverture économique combinée au socialisme avec des caractéristiques chinoises.

            UN MODELE CHINOIS ?
            Dans le dictionnaire, le mot « modèle » est défini comme « une norme ou un exemple à imiter ou à comparer » Peut-on appeler « modèle » la voie de développement de la Chine ?

            Depuis que la Chine a entamé sa réforme et son ouverture en 1978, le pays est resté déterminé à se frayer un chemin qui est propre à lui en se servant de la méthode surnommée « traverser la rivière à tâtons ». Le sens de cet idiome, c’est de libérer l’esprit des gens, réformer et devenir innovant.

            A la suite de cette idéologie, la Chine a connu une transformation d’une société fermée ou semi-fermée vers une société qui s’intègre complètement dans le paysage mondial, d’une économie agricole vers une économie industrielle et d’une économie planifiée vers une économie de marché. Par ailleurs, durant ce processus de transformation, la Chine a vraiment construit sa propre voie, a déclaré Zhou Ruijin, l’ancien rédacteur en chef adjoint du Quotidien du Peuple, le journal officiel du Parti communiste de Chine.

            Au cours des trois dernières décennies, l’économie chinoise a connu un taux de croissance annuel d’environ 10%. En 2008, le pays a dépassé l’Allemagne pour devenir la troisième puissance économique mondiale après les Etats-Unis et le Japon. En 2009, elle a dépassé l’Allemagne en devenant le premier exportateur du monde.

            En plus de l’essor économique, la Chine a vu réemployés 30 millions de travailleurs, qui ont été licenciés, 50 millions de paysans partis dans les villes de la campagne, et 120 millions de travailleurs ruraux qui subsistent entre les villes et les campagnes. Toutefois, « la Chine a réussi à maintenir sa stabilité pendant la transition sans connaître de véritables turbulences, ce qui fait refléter le miracle dans son modèle de développement », a indiqué Zhou.

            Toutefois, Zhao Qizheng, qui est membre de la Conférence consultative politique du peuple chinois (CCPPC) et porte-parole de la session annuelle du Comité national de la CCPPC actuellement en cours, n’est pas d’accord avec le concept du modèle chinois. « Le cas de la Chine est une expression plus appropriée, car le terme « modèle » signifie quelque chose qui peut être échantillonné ou copié », a indiqué Zhao. « Cependant, la Chine n’a jamais voulu être un exemple pour qui que cela soit ».

            Li Junru, l’ancien vice-président de l’Ecole du Parti communiste chinois du Comité central, a fait écho du point de vue de Zhao, en affirmant que «  La Chine est toujours impliquée dans le processus de réforme et de développement, et son système n’a pas été finalisé, ni mis au point complètement ».

            « C’est contra-factuel et dangereux de fixer un modèle chinois dans telles circonstances », a déclaré Li, qui est également membre du CCPPC.

            LA POURSUITE DE LA REFORME
            Malgré les débats houleux dans le milieu universitaire, le gouvernement chinois garde un profil bas sur la question.

            Ce genre de débats – « modèle ou pas » et « exportable ou non » - n’influera aucunement sur la détermination de la Chine à élaborer et poursuivre son propre cours, selon les analystes.

            Martin Jacques, l’auteur de « Quand la Chine dirige le monde » (« When China Rules the World »), a déclaré que la conscience des difficultés à affronter en Chine était « très impressionnante ».

            « Je pense que la Chine a été extraordinairement auto-disciplinée, consciente et attentive sur la façon dont elle s’est comportée, notamment depuis la fin des années 1970, le début de la période des réformes », a-t-il indiqué.

            La psychologie aiderait le développement à long terme de la Chine, car le pays était encore en développement avec plusieurs défis et incertitudes qui lui sont posés, a-t-il indiqué.

            Bien que la Chine ait réussi à récupérer, la crise financière a également révélé des problèmes qui sont profondément enracinés dans l’économie chinoise, et de ce fait, la restructuration de l’économie pour qu’elle soit plus orientée sur le marché intérieur reste une tâche urgente pour le gouvernement chinois.

            «  La Chine va approfondir les réformes dans les secteurs clés et s’efforcera à faire de nouvelles avancées », a déclaré le Premier ministre Wen Jiabao dans son rapport d’activité du gouvernement, qui a été présenté à l’Assemblée populaire nationale, l’organe législatif suprême du pays.

            « Les réformes que nous entreprenons sont complètes, avec notamment des transformations dans les systèmes économiques et politiques, ainsi que des changements que nous effectuons dans tous les autres secteurs », a déclaré Wen.

            Le Premier ministre s’attend à ce que l’année 2010 soit « une année cruciale mais complexe » pour la Chine, car le pays continue à lutter contre la crise financière tout en transformant ses modes de développement économique."
            Source : Le quotidien du peuple en ligne


          • plancherDesVaches 12 mars 2010 22:21

            Monsieur Santi, pour une fois n’est pas coutume, vous visez mal.

            La Chine a 2, voire 3 problèmes. On liste. En oubliant pas que c’est un pays anciennement communiste donc, comme la Russie, aux mains d’une poignée d’oligarques. Richissimes. Donc, omnipotents.

            A l’intérieur : le « pouvoir » doit prouver au peuple qu’il fait son bonheur. Et des articles de presse de plus en plus nombreux citant un risque de « surchauffe » de l’économie montre que la situation visée est loin d’être le pied, pardonnez-moi l’expression.
            Mais il faut leur pardonner : faire rêver de devenir américain un peuple de paysans en une génération n’était pas forcément gagné.

            A l’extérieur : le « pouvoir » de contrôler des pays à l’échelle mondiale est assez complexe pour qu’une dictature ne se sente pas menacée car une dictature est, tout compte fait, un équilibre qui demande un protectionnisme incompatible avec une ouverte mondiale quelconque.
            Dans son pays, ça marche, mais les exportations de dictature ont tendance à rouler sur la jante...

            3ème point : résultante des deux précédents : des dirigeants entre le marteau et l’enclume qui commencent à se sentir vaciller. (d’ailleurs, ils disent non à tout de plus en plus...)
            Les ricains exploitent d’ailleurs cette faiblesse à fond la caisse.

            See you soon.


            • Raymond SAMUEL paconform 13 mars 2010 18:07

              Bonsoir,

              Moi j’ai peur de la Chine, comme j’ai peur de l’Inde, du Brésil etc. parce que la Terre ne peut pas résister à une augmentation de la production/consommation.

              Nous allons tout droit au mur.


              • Frédéric 11 17 juin 2010 10:54

                Gag, les comptables du Trésor américain se sont planté dans leurs calculs concernant les bons du Trésor détenu par des pays étrangers !

                http://www.moneyweek.fr/20100322567/actualites/tresor-bons-americains-chine/

                Même si le Trésor américain a affirmé, en début d’année, que le Japon était repassé devant la Chine (comme 1er détenteur de bons de trésor). En réalité, c’était une erreur ! Le Trésor n’avait pas comptabilisé les titres de dettes américains détenus par des organismes chinois basés à l’étranger.

                Et voici comment on perd la trace de centaines de milliards de $ dans le système virtuelle financier d’aujourd’hui 

                Les chiffres rectifié font état de 889 milliards au 1er janvier contre 755,4 précédemment :


                • Frédéric 11 17 juin 2010 10:56

                  Oups, désolé, j’ai oublié d’indiqué le lien du département du Trésor sur les bons du dit trésor. On peut suivre l’évolution mois par mois, à condition, que ces auteurs n’oublient pas quelques milliards en cours de route smiley

                  http://www.treas.gov/tic/mfh.txt

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