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Accueil du site > Actualités > Economie > Qui peut croire encore aux vertus du capitalisme ?

Qui peut croire encore aux vertus du capitalisme ?

La période électorale que nous traversons est l’occasion de mettre tout le monde face à ses responsabilités, car la crise oblige les citoyens comme les dirigeants, les pauvres comme les riches, à se résoudre à faire un choix déterminant pour eux-mêmes et pour les autres, pour demain et pour après. C’est donc presque « naturellement » qu’on s’étonnerait d’une abstention qui dépasse les 40 %, alors même que l’occasion de choisir nos dirigeants ne reviendra pas avant cinq ans.

Mais de quoi faut-il s’étonner, si ce n’est justement qu’il y ait plus de 60 % des citoyens qui votent encore, et à plus de 50 % (56,47 % exactement , presque 15 millions) pour ce qu’on appelle « l’UMPS » ?

Car ces deux partis sont quand même ceux qui font la pluie et le beau temps (et surtout la pluie) depuis des décennies, et ils ont clairement fait la preuve sinon de leur incompétence, au moins de leur malhonnêteté : toujours ils ont promis de servir les peuples, et toujours en réalité ils s’en sont servi pour favoriser la petite caste (les « 1%« ) qui s’enrichit sur le dos des pauvres…

Mais c’est cela la loi du capitalisme ! Rien de nouveau sous la pluie… Et les chiffres sont connus de tous : une toute petite majorité possède une grande majorité des richesses du monde, et cela ne va pas en s’arrangeant. Comme l’idéologie que ces partis défendent tous deux l’est également (connue) : c’est la conservation de ce système, à tout prix.

Comment alors, dans ces conditions, les citoyens peuvent-ils encore voter « contre eux-mêmes », à la fois contre leurs propres intérêts et contre l’intérêt général, voilà la question qui se pose. J’ai déjà parlé des classes moyennes qui servent à entretenir le flou à propos des intérêts de classes, mais sans doute pas assez de la propagande qui engendre cette erreur de jugement. Car il est impossible que tant de gens croient encore aux vertus du capitalisme après des siècles et des siècles de guerres, de famines et de misères s’ils ne sont pas au fond d’eux-mêmes convaincus que ce système peut favoriser l’intérêt général, et eux avec.

Pourtant, avec internet et la médiatisation incontrôlée (et pour l’instant heureusement incontrôlable) nous sommes en capacité de voir, de connaître, d’être informés de tous les conflits que ce système génère, comment il fonctionne en vases communicants, comment il est intrinsèquement injuste puisque amoral.

Nous savons que le capitalisme c’est la concurrence, la rareté, la compétitivité, la rentabilité, la rationalisation, le monopole, l’individualisme… Nous savons que le capitalisme détruit la planète et oppose les hommes, nuit à la santé et à l’utilité générale, contraint la science et la recherche, enfin s’oppose à la démocratie.

Mais nous continuons malgré tout de voter pour ces types qui nous disent vouloir perpétuer ce système, le sauver, l’améliorer, jusqu’aux « communistes » et autres « anticapitalistes » dont le programme n’est en réalité qu’économique.

Comment est-ce possible autrement que par un conditionnement généralisé qui pousse les citoyens à préférer la certitude d’un mal qu’il connaissent à l’incertitude d’un bien qu’ils ne connaissent pas ?

Avec le retournement du capitalisme il faudra bien pourtant qu’on se décide et qu’on choisisse, car selon les lois capitalistes qui nous sont si chères l’Europe n’est destinée qu’à la ruine ou à la suppression de la démocratie : pour retrouver la compétitivité, il faudra sacrifier ou nos conditions de vie, ou nos libertés. Sommes-nous vraiment prêts pour cela ?

Il n’y a que deux options pour éviter d’avoir à faire ce choix : la guerre pour voler les richesses des autres et retrouver la croissance, ou la sédition pour tenter de construire un nouveau monde, ensemble. Et ce n’est qu’en prenant conscience de leur véritable situation et de leur place dans le monde que les peuples pourront faire basculer et l’Europe et le monde dans un autre rapport de forces.

Ainsi seulement la logique de leur engagement pourra se conformer à leurs véritables intérêts, qu’ils soient individuels ou collectifs.

Quand allons-nous enfin nous mettre à rechercher un système moins injuste qui soit basé non pas sur ce que nous avons à partager, mais sur ce dont nous avons besoin ? Quand allons-nous cesser de participer à l’exploitation des autres pour satisfaire nos seuls besoins individuels ou même nationaux ?

Il ne faut plus croire qu’en soutenant les banques nous nous soutenons nous-mêmes, ou que cela va s’arranger une fois les mesures d’austérité ayant ramené l’équilibre : nous aurions alors tellement perdu qu’il ne serait pas difficile de voir une amélioration comme une croissance. Ce qui n’est qu’une vue de l’esprit. Ce n’est donc pas des Grecs qu’il faut attendre notre salut ni de nous-mêmes (nous avons échoué), mais d’un grand mouvement international non politisé qui se rassemble et réfléchisse une bonne fois à la seule question qu’il importe désormais de régler : par quoi remplacer le capitalisme ?

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr


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39 réactions à cet article    


  • kemilein 16 juin 2012 13:44

    personne sur terre n’a connu les « tares » du collectivisme
    urss ? chine ? capitalisme d’état et qui se transforma en état corporatiste (une fois sa propriété d’état vendue-privatisée)

    c’est pas parce qu’on appel un chien un ours que ton clébard sera un ours.
    le soit disant communisme n’en avait ni la forme (démocratique > soviet) ni la teneur (mutualisme).


  • tf1Goupie 16 juin 2012 18:19

    Internet est un des produits du Capitalisme ... mais il ne vous empêche pas de vous exprimer, ni de faire de la propagande contre lui-même.

    C’est la contradiction du capitalisme : il donne des moyens à ses propres adversaires !

    Ce qu’il faut noter c’est qu’il y a des variantes du capitalisme :
    - en Europe le capitalisme vous permet de cracher dans la soupe,
    - le capitalisme chino-soviétique c’est le beurre et l’argent du beurre pour les dirigeants communistes,
    - le capitalisme à la Russe qui est un savoureux mélange entre mafia-autoritarisme-libre entreprise,

    etc ...


  • kemilein 16 juin 2012 18:37

    encore un abruti qui confond capitalisme avec pétrole, capitalisme avec internet... quelqu’un qui n’a donc aucune idée d’ou provient internet.

    le capitalisme ne produit rien comparativement a d’autres systèmes (théoriques et pratiques) il tend même a détruire.


  • tf1Goupie 16 juin 2012 21:44

    C’est cela oui ....

    Donc quel système économique à permis l’essor Internet ?

    Pour trouver une source à tous vos maux il y a toujours un réflexe pavlovien simple : le capitalisme.
    Le capitalisme il est partout de trop... sans quand ça ne vous arrange pas.


  • Connolly 16 juin 2012 23:26

    Vous ne prenez aucun risque en avançant cet argument, dans la mesure où l’économie mondiale est aujourd’hui organisée sur le mode capitaliste.


    Par contre, laisser entendre ensuite que le capitalisme serait le seul et unique système capable de développer internet est plus que discutable.

    J’espère aussi pour vous que vous ne croyez pas que c’est le capitalisme qui a créé l’internet. Si tel est la cas, alors permettez-vous juste de vous qu’internet n’est que la conséquence du travail du cerveau humain. Et ce non pas dans un but lucratif puisqu’il doit son existence à des militaires américains.



  • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 16 juin 2012 07:37

    À l’auteur :
    Ne vous en déplaise, je crois encore aux vertus du capitalisme qui peut très largement être amendé et amélioré.

    En ces temps de crise, on ne cesse de parler de déficits budgétaires, de dette, d’inflation, de réduction des charges, d’augmentation des impôts, et cætera...
    Il n’y a personne pour prononcer ce qui semble être LE gros mot absolu :
    ÉPARGNE ! ! !
    Pourtant, que ne pourrait-on faire avec de l’ÉPARGNE ? ? ?...

    Refondation du Capitalisme & Dividende Universel

    Le Parti Capitaliste Français ( PCF ) propose une synthèse socio-économique permettant d’instaurer une authentique compatibilité entre compétitivité et cohésion sociale ; entre compétitivité et solidarité.

    Ce projet de « Refondation du Capitalisme et de création d’un Dividende Universel » se compose d’un Objectif Principal et de deux Objectifs Spécifiques qui découlent de l’objectif principal.

    Objectif Principal :
    Acquisition Citoyenne & Collective du Pouvoir Économique

    Objectifs Spécifiques :
    I)
    Transformer le « capitalisme ordinaire » en un véritable 
    Capitalisme Écologique, Anthropocentrique, Philanthropique et Équitable.
    II)
    Faire bénéficier chaque citoyen, même mineur, d’un 
    Dividende Universel évolutif qui, de facto, éradiquera définitivement le concept même de chômage.



    • PYRRHUS PYRRHUS 16 juin 2012 12:10

      @Jean-Pierre Llabrés

      >> Une simple réforme utopique d’un système néfaste qui est en cours d’autolyse ne ferait -au mieux- que freiner temporairement sa chute.
      On pourrait croire que grâce au capitalisme nous vivons dans une société moderne. Elle l’est mais uniquement par le coté technologique, par la surface des choses.

      Sur le fond, le monde dans lequel nous vivons est extrêmement archaique, une structure socio-économique pyramidale composée de différentes strates/castes...La moelle épinière de nos sociétés pseudo-modernes est très semblable à celle de l’empire romain, peu de choses ont changé en plus de 2000 ans, ça en dit long sur notre espèce...
      Le pain et les jeux du cirque ont été remplacés par des hard discounter et l’euro de football...pourquoi changer une recette qui a fait ses preuves ?

      Le chaos arrive et rien ne l’arrêtera...ceux pour qui ce système est terriblement bénéfique (et qui le régente*) à tous niveaux ne le remettront jamais en cause...

      Fin de partie...CQFD


    • kemilein 16 juin 2012 13:59

      l’épargne n’existe pas en économie monétaire.

      quand tu épargnes tu ne stock pas de l’argent (monnaie) dans un congélateur, ce n’est pas comme ça que ca marche.

      pourquoi ? parce que c’est un système monétaire basé sur la « valeur travail » et la « valeur marchande ». la valeur travail détermine la valeur marchande et la valeur monétaire. pour faire simple un yaourt vaut le « prix » du travail a le faire et ce travail génère de la monnaie (passons sur le crédit)

      la monnaie est cyclique et annuelle, ce que tu épargnes en 2000 pour l’utiliser en 2020 tu ne stock pas la valeur tu vas prélever, prendre, pomper en 2020 sur le travail effectué (par d’autre) l’équivalent de ce que tu n’as pas utilisé en 2000.

      l’épargne est l’ennemie dans un système monétaire.

      - -

      ¤ et le capitalisme, c’est a dire par définition et construction l’évaluation de son « propre » par rapport au autres, de ce qu’on a et de ce qu’on a par rapport au autres et de le conserver est de facto inégalitaire et inique, il ne saurait être équitable.
      ¤ par la construction d’une relation, donc sociale et qu’importe l’échelle, issu d’une éducation / d’un conditionnement basé sur le capital (la propriété a soi / privée) invariablement vous tomber sur un jouir excessif, aveugle voir sadique, prédateur, il ne peut donc être ni philanthrope ni anthropocentrique et encore moins écologique, tout juste bon a être ce pour quoi il est égoïste.

      le roi est nu, prétendre le contraire n’est que chimères


    • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 16 juin 2012 14:21

      Par PYRRHUS (xxx.xxx.xxx.91) 16 juin 12:10
      Par kemilein (xxx.xxx.xxx.5) 16 juin 13:59

      Avez-vous simplement pris la peine de lire ou/et comprendre le texte lié à mon commentaire initial ?
      Dans l’affirmative, il me semble que vous faites un énorme contresens...


    • benedicte_gab 16 juin 2012 10:32

      @schweizer.ch
      Ah le simplisme de la pensée binaire ... 0/1, blanc/noir, oui/non, capitalisme/collectivisme, ...
      C’est sûr qu’avec ce niveau de réflexion, on est pas sortis de l’auberge. Surtout que les français ayant connu le collectivisme sont légions, c’est bien connu et en parlent bien entendu en toute connaissance de cause ... lol
      Le collectivisme s’est érigé en opposition du capitalisme, lui même très récent dans l’histoire des peuples humains, ce ne sont pas des « lois naturelles », ni une fatalité, rien n’empêche de jeter les deux et de faire autrement ... enfin en théorie, vu le niveau de conscience des peuples occidentaux, on va attendre que le système déjà en cours d’effondrement nous tombe sur la gueule et nous plonge dans le chaos ! Pas parce que le chaos est une fatalité, uniquement à cause de notre bêtise et aveuglement.
      @ Jean-Pierre Llabrès
      Vous croyez ce que vous voulez, mais il faut être en plein déni de la réalité pour dire ce que vous dites, parce que par sa nature, ses dogmes, le capitalisme est destructeur, tant de la planète que du lien social, est générateur d’inégalités et d’injustices croissantes. A partir du moment où l’on ne juge pas nécessaire de poser un diagnostic d’un problème on peut raconter n’importe quoi, tout et son contraire, puisque de toute façon la réalité on s’en fout, et qu’on navigue en plein fantasme.


      • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 16 juin 2012 11:15

        Par benedicte_gab (xxx.xxx.xxx.33) 16 juin 10:32

        De nous deux, vous êtes certainement le plus dogmatique.
        Et de très loin !
        Avez-vous simplement pris la peine de lire le texte lié à mon commentaire ?...


      • kemilein 16 juin 2012 14:03

        le collectivisme ca existe partout
        la première cellule « communiste » (mutualiste est plus exacte selon moi) est le foyer parental.


      • Connolly 16 juin 2012 16:31

        « Ah bon. Autrement. Ben ouais, rien n’empêche de faire autrement... Mais enfin, vous ne m’avez pas l’air d’avoir une idée bien précise de cet autrement, me trompe-je ? »


        Cet autrement pourrait être ceci : http://economiedistributive.free.fr/spip.php?article19


      • Pierre-Marie Baty Pierre-Marie Baty 16 juin 2012 12:24

        Bonjour

        Je pense qu’il est temps de cesser d’opposer les systèmes économiques entre eux. Les tares ne viennent pas des systèmes, elles viennent des hommes.

        Tous les systèmes économiques sont viables si chacun joue le jeu avec responsabilité et intelligence. Le sens du bien commun n’est même pas un prérequis, l’intelligence suffit.

        Le socialisme soviétique aurait très bien pu fonctionner, tout comme le libéralisme capitaliste aurait très bien pu fonctionner, si les hommes qui composent les maillons de ce système avaient l’intelligence de mesurer l’étendue de la portée de leurs actes, et ainsi gouverner leurs choix avec une vision plus large que celle de leur intérêt immédiat au détriment du futur.

        Rejeter la responsabilité d’un échec sur le système plutôt que l’homme, c’est abdiquer la sienne.


        • Lemaïsjekiff Nestor 16 juin 2012 12:47

          Salut Pierre-Marie !

          "Le socialisme soviétique aurait très bien pu fonctionner, tout comme le libéralisme capitaliste aurait très bien pu fonctionner"

          Si demain comme tu le dis les hommes étaient capables de faire fonctionner les deux raisonnablement et convenablement lequel te semblerait le mieux pour l’humanité ?


        • Lemaïsjekiff Nestor 16 juin 2012 13:51

          « Il y a chez vous des personnes richissimes et des personnes qui souffrent de la faim. Chez nous, si quelqu’un a faim c’est parce que nous sommes tous affamés. Chez vous un homme est d’autant plus important qu’il peut étaler le plus de possessions, d’avoir, chez nous un homme compte par ce qu’il est et ce qu’il donne. Moi je suis trés important parce que malgré mes pouvoirs, je ne possède rien... »

          Sitting Bull


        • Pierre-Marie Baty Pierre-Marie Baty 16 juin 2012 14:36

          Bonjour M. Schweizer

          Il fallait lire ma phrase dans son ensemble, sans en amputer la proposition subordonnée conditionnelle. Tous les hommes de la terre ne pensent pas comme un seul homme ; ce que vous appelez la nature humaine n’est qu’une moyenne comportementale, et fort heureusement elle n’est pas immuable, sinon jamais l’être humain ne se serait constitué en société régie par des lois.

          Bonjour Nestor,

          Merci pour cette très belle citation de Sitting Bull. Mais je ne peux pas répondre à votre question. Tous les systèmes se valent dans l’absolu, car le problème n’est pas le système mais l’homme. La préférence que l’on peut donner à tel système plutôt qu’à tel autre ne peut s’établir que sur des critères restrictifs : quel système est le plus éthique, quel système est le plus confortable, quel système garantit le plus de liberté, quel système garantit le plus de sécurité — en sachant qu’aucun d’eux ne pourra offrir tout cela à la fois.


        • Connolly 16 juin 2012 17:28
          « Les tares ne viennent pas des systèmes, elles viennent des hommes ». 

          Pour ma part, je pense que c’est l’inverse. Qu’est-ce qui incitent Sitting-Bull et son peuple à agir de la sorte ? La nature de chaque individu constitutif du peuple Sioux ? Non : plutôt la nature organisationnelle de ce même peuple.

          A mon sens, l’Homme ne naît ni bon ni mauvais ; c’est l’environnement dans lequel il vit qui bien souvent détermine son comportement social. Je n’ai malheureusement pas le temps de développer davantage. Je vous suggère donc de lire (voir le lien ci-dessous) le texte de François Châtel sur la question, texte fort intéressant et bien étayé. Bonne lecture.

        • Pierre-Marie Baty Pierre-Marie Baty 16 juin 2012 18:09

          Bonjour Connoly,

          Je maintiens pourtant. S’il s’était trouvé parmi le peuple de Sitting Bull des individus égocentriques en proportion suffisante pour rendre leur mode de vie intenable, celui-ci n’aurait pas pu se maintenir sans les en expulser. A l’inverse, l’Union Soviétique, qui a essayé par tous les moyens de former un homme nouveau sous les auspices de la responsabilité collective, du partage et de la solidarité, n’y est pas parvenue malgré tous ses efforts d’éducation et de propagande. La démonstration est donc faite.

          Bonne journée


        • Connolly 16 juin 2012 18:40

          Non puisque ce que vous avancez (" Les tares ne viennent pas des systèmes, elles viennent des hommes« ) revient à dire qu’il faut créer un »homme nouveau" pour aboutir à un monde meilleur.


          Vous vous méprenez aussi sur les Sioux. La société sioux était organisée de telle manière qu’elle réduisait à néant toute velléité exessivement égocentrique. Autrement dit l’égocentrisme inhérent à l’homme n’avait pas la même portée que dans les sociétés organisées sur le mode capitaliste, lesquelles tendent au contraire à encourager ce même égocentrisme (lire à ce propos Adam Smith par exemple)

          Quant à l’URSS, les efforts auxquels vous faites référence n’ont jamais mis à mal les piliers du capitalisme que sont : l’accumulation du capital, le salariat, la compétition et le productivisme. D’où l’appellation de capitalisme d’Etat utilisé justement pour qualifier la nature du système soviétique.

          On en revient donc à la problématique de départ : qui peut croire encore aux vertus du capitalisme ?

        • Pierre-Marie Baty Pierre-Marie Baty 16 juin 2012 19:24

          Vous citez correctement mon hypothèse, mais vous en inférez une déduction erronnée.

          Personne ne peut réussir à « créer un homme nouveau » par inculcation. Même une société entièrement dévouée à cet effort échouera. Vous contestez judicieusement l’exemple de l’URSS en objectant que les fondements de l’aliénation des hommes (notamment le salariat) y étaient maintenus. Dans ce cas, je puis vous opposer un autre exemple, qui est celui des communautés autarciques spirituelles de la seconde moitié du XXe siècle. Toutes ont échoué ; l’histoire de la plus connue d’entre elles, celle fondée par Sri Aurobindo sous le nom d’Auroville, illustre à elle seule une grande partie des problèmes inhérents à la nature humaine qui sont de nature à faire diverger un système sociétal de son équilibre de stabilité.

          A l’image de Marx, qui disait que « l’émancipation du prolétariat sera l’oeuvre des travailleurs eux-mêmes », ne vous méprenez pas : la félicité humaine ne sera pas davantage l’oeuvre d’un modèle social meilleur que les autres, elle sera l’oeuvre de l’homme lui-même ! smiley

          Bonne journée


        • Connolly 16 juin 2012 20:12

          « Dans ce cas, je puis vous opposer un autre exemple, qui est celui des communautés autarciques spirituelles de la seconde moitié du XXe siècle. Toutes ont échoué ; l’histoire de la plus connue d’entre elles, celle fondée par Sri Aurobindo sous le nom d’Auroville, illustre à elle seule une grande partie des problèmes inhérents à la nature humaine qui sont de nature à faire diverger un système sociétal de son équilibre de stabilité. »


          Sauf que l’on ne saurait comparer un « mastodonte » comme l’URSS avec des cas isolés (de surcroît plus ou moins autarciques) relevant de l’expérimentation tel celui d’Auroville (qui soit dit en passant n’a pas échoué à proprement parlé). A ces échecs il sera toujours possible d’opposer des réussites (telle l’expérience de Marinaleda en Espagne). 

          Ces échecs - depuis ceux des premiers socialistes Fourier, Cabet, Owen - sont le fait de leur isolation justement : autrement dit, l’incompatibilité d’humeur entre les membres de ces micro-communautés ne souffrait aucun recours et vouaient celle-ci à l’insuccès. Or sur une échelle nettement plus grande (nationale ou autre) ces problèmes d’incompatibilité sont bcp moins prégnants puisqu’il sera toujours possible de recourir à des « transferts » (si j’ose dire) entre membres de communautés (terme générique utilisé ici pour désigner tout regroupement humain organisé), certes fédérées autour de valeurs communes mais fonctionnant sur un mode autonome. De sorte que si la communauté X ne me convient plus pour des raisons diverses et variées, je pourrai toujours aller voir du côté de la communauté Y ou Z, chose que ne peuvent faire les membres de micro communautés isolées dans un océan hostile - quand on sait aussi à quel point l’isolation, la sensation de fermeture, de coupure peut devenir un facteur de tensions internes. 

        • Pierre-Marie Baty Pierre-Marie Baty 16 juin 2012 21:28

          Eh bien, ce que vous proposez ressemble à la politique de l’Union Soviétique de Brejnev qui expulsait les dissidents...

          Ceci dit, nonobstant la gageure d’arracher des hommes à leur terroir (et rompre ainsi avec leur famille, leurs amis d’enfance) si vous regroupez les individus selon leurs conceptions sociales, vous allez obtenir des groupes relativement homogènes certes, mais de taille restreinte et fortement polarisés.

          Or la polarisation des opinions engendre le conflit, et à l’extrême nous avons la guerre. Comment empêcherez-vous que les conflits naissent entre eux ?


        • Connolly 16 juin 2012 22:08

          « Eh bien, ce que vous proposez ressemble à la politique de l’Union Soviétique de Brejnev qui expulsait les dissidents... »

          Je crois pas que vous n’avez pas bien saisi le sens de mes écrits. Ceux-ci ne faisaient nullement de façon voilée l’apologie de l’URSS à la sauce Brejnev. Bien au contraire...

          Ce à quoi j’aspire laisse la possibilité, la liberté à chacun de quitter ou pas telle ou telle communauté, quelle que soit sa nature (quartier, commune, région, nation, entreprise, religion, club sportif...), comme cela se fait encore (fort heureusement !) de nos jours dans nos sociétés. Et ce sans que cela ne nuise à l’organisation de l’ensemble, autrement dit à la fédération laquelle reposera sur des piliers autres que ceux consubstantiels au capitalisme.

          Il n’est donc absolument pas question d’expulser les dissidents.

          « Or la polarisation des opinions engendre le conflit, et à l’extrême nous avons la guerre. Comment empêcherez-vous que les conflits naissent entre eux ? »

          Vous confondez discussion et conflit cher ami. Que l’on s’unisse selon une communauté d’affinités ou d’affects est on ne peut plus naturel et sain. Rien de négatif dans tout cela. Maintenant pourquoi voulez-vous que telle communauté autonome (et non indépendante : vous semblez confondre les deux concepts) entre en conflit avec telle autre puisque - n’étant pas indépendante mais autonome justement - elles se fédéreront autour de valeurs communes ? Et puis même au sein de chacune de ces communautés, l’uniformité ou l’harmonie totale ne régnera sans doute pas non plus en maîtresse. Faudra-t-il s’en plaindre. Non bien sûr ! Ne dit-on pas que de la discussion (donc de la confrontation d’idées différentes) jaillit la lumière ?


        • Pierre-Marie Baty Pierre-Marie Baty 16 juin 2012 22:23

          Je vous prie de m’excuser, j’ai cru que vous parliez de déplacer les individus de force. Ceci dit, si ce n’est pas le cas, que ferez-vous des individus égocentriques qui sauront utiliser la candeur et la solidarité de leurs semblables à leur profit ?

          Comment vous prémunirez-vous des leaders d’opinion intéressés, des « chefs de guerre » ou des gourous ?

          Nous avons là une discussion intéressante. Mais étant donné que nous parlons d’une utopie, au fond tout ce que nous avons à opposer ne sont que des convictions personnelles. Je respecte la vôtre et je l’honore, mais je ne vois pas la nécessité de poursuivre le débat. Je n’ai pas l’intention de vous convaincre à mes propres convictions. Tous les chemins mènent à Rome, nous y viendrons tôt ou tard.


        • Connolly 16 juin 2012 23:13

          « Ceci dit, si ce n’est pas le cas, que ferez-vous des individus égocentriques qui sauront utiliser la candeur et la solidarité de leurs semblables à leur profit ?

          Comment vous prémunirez-vous des leaders d’opinion intéressés, des »chefs de guerre« ou des gourous ? »


          Je répondrai juste à ces questions, très rapidement (je n’ai pas le temps de développer de toute façon) avant de clore le débat.

          Pour endiguer toute velléité autoritaire, il existe plusieurs pistes et notamment celle de limiter à un seul mandat tout poste à responsabilité. Autre piste : limiter drastiquement le pouvoir que procure l’argent. Pour en savoir plus sur ce dernier point, voir les liens que j’ai publiés plus haut.

          Dernière précision : je n’aspire nullement à créer le « meilleur des mondes » (contrairement à ceux dont l’utopie a viré au totalitarisme), mais un monde meilleur. Comme toute organisation humaine, celle-ci ne sera donc pas « parfaite » (terme de toute façon on ne peut subjectif).

          Bien à vous.


        • soimême 16 juin 2012 13:47

          « Qui peut croire encore aux vertus du capitalisme ? »

          Ce qui savent ce que l’on appel capitalisme actuellement est la caricature de se qui devrait être,
          a ton déjà vue un État sans capitalisme ? même les régimes communiques non pas échappés aux capitalismes Étatiques !

          Le capitalisme doit se séparer du droit de propriété est devenir un capitalisme fraternelle, et cela va être possible quand on aura compris que l’argent à une valeur réel que le fait qu’il circule pour le social !


          • kemilein 16 juin 2012 14:07

            «  »un grand mouvement international non politisé qui se rassemble et réfléchisse une bonne fois à la seule question qu’il importe désormais de régler : par quoi remplacer le capitalisme ?«  »

            politique signifie diriger la cité, ça c’est pour le simplet.
            politique signifie en vrai « processus de décision »

            toute remise en question du système est par essence politique puisqu’on entend changer les règles ou leur absence.


            • Frabri 16 juin 2012 15:23

              « Qui peut croire encore aux vertus du capitalisme ? »

              Les couches dirigeantes de gauche et de droite. Depuis 30 ans qu’il y a l’alternance au niveau national, régional, local, pour elles, ça va de mieux en mieux

              Les classes moyennes supérieures de gauche et de droite n’ont pas trop a se plaindre du capitalisme. Elle sont bien placées pour passer dans les couches dirigeantes de gauche et de droite

              ça fait du monde, ça fait beaucoup plus que les 1% des indignés.

              Pour sortir du capitalisme il va falloir être patient-te.

              http://blogs.rue89.com/american-ecolo/2009/01/08/ecologie-pour-sauver-la-planete-les-petits-gestes-ne-suffisent-pas


              • Anaxandre Anaxandre 16 juin 2012 17:10

                Je lis l’article de caleb irri avec intérêt, bon, malgré quelques inexactitudes ou quelques raccourcis simplistes, je suis globalement d’accord avec lui, jusqu’à ce que je lise :

                « il faut attendre notre salut (...) d’un grand mouvement international non politisé qui se rassemble et réfléchisse »

                Encore et toujours ce maudit internationalisme de gauche qui ne sert dans la réalité que les puissants et qui permet à nombre de communistes et de gauchiste à être par exemple pour l’Union Européenne (oui, je sais, pour « une autre Europe », mais quand ? dans 200 ans ? vous avez le temps d’attendre que les polonais et les anglais soient d’accord avec vous quand il est déjà si difficile de convaincre son voisin ? moi pas !). Voilà une des raisons fondamentales pour laquelle une majorité du peuple qui souffre réellement ne vote pas, ou plus, à gauche.
                Occupons-nous déjà d’ici, y’a du boulot ! Après, point du vue international, « qui m’aime me suive ».


                • CARAMELOS CARAMELOS 16 juin 2012 17:22

                  Pour répondre à l’intitulé de l’article proposé ; pas grand monde !
                  On voit le résultat !


                  • reprendrelamain reprendrelamain 16 juin 2012 18:19

                    « Nous savons que le capitalisme détruit la planète et oppose les hommes »

                     C’est surement la première fois dans l’histoire de l’homme que ce dernier se moque totalement de ce qu’il adviendra à ses enfants…Vous avez raison, qui peut encore croire aux vertus du capitalisme et de l’argent roi ?


                    • Le péripate Le péripate 16 juin 2012 18:35

                      Qui ? À peu près 7 milliards de personnes. Moins ceux qui trouvent moins fatigant de se servir directement dans la poche d’autrui.


                      • Patricia 16 juin 2012 19:50

                        Pour ceux et celles qui rêvent d’un « grand mouvement international », pour l’info il y a AVAAZ.ORG, se sera déjà un bon début.

                        Pour la question du « capitalisme », tout le monde y va en mettant des étiquettes partout - 
                        Capitalisme = droite = riches.
                        Collectivisme = gauche = pauvres.
                        C’est simpliste et un bon moyen pour ne jamais traiter de la question dans le fond parce qu’il faut bien le dire « l’argent » c’est bien tentant.

                        Et, si on débattait simplement de l’essentiel du capitalisme, à savoir : Les dégâts que cela entraînent. Dégâts à tous les niveaux et principalement cette course éperdue de l’argent qui n’est devenue que la seule valeur au-dessus de toutes les autres.
                        Et, cette avidité « d’argent », de « richesses » qui créait un véritable génocide de la nature et de toutes ses ressources dont l’humanité actuelle et à venir a tant besoin pour vivre.
                        Nous surproduisons pour faire de plus en plus d’argent, et de la surproduction génocidaire surtout en ce qui concerne l’élevage des animaux et pour nous surnourrir de plus en plus comme des gros porcs. 
                        Pour réaliser nos déviations nous n’hésitons devant rien et jusqu’à en oublier les générations futures. Que leur restera-t-il à eux, à elles ? Que leur restera-t-il de vrai bonheur, de vrai amour, de vraie vie ?

                        • Anaxandre Anaxandre 16 juin 2012 20:07

                          @ Patricia

                          Lettre de Voltaire à Jean-Jacques Rousseau (30 août 1755)

                          "J’ai reçu, Monsieur, votre nouveau livre contre le genre humain  ; je vous en remercie ; vous plairez aux hommes à qui vous dites leurs vérités, et vous ne les corrigerez pas. Vous peignez avec des couleurs bien vraies les horreurs de la société humaine dont l’ignorance et la faiblesse se promettent tant de douceurs. On n’a jamais employé tant d’esprit à vouloir nous rendre Bêtes. Il prend envie de marcher à quatre pattes quand on lit votre ouvrage. Cependant, comme il y a plus de soixante ans que j’en ai perdu l’habitude, je sens malheureusement qu’il m’est impossible de la reprendre. Et je laisse cette allure naturelle à ceux qui en sont plus dignes, que vous et moi. Je ne peux non plus m’embarquer pour aller trouver les sauvages du Canada, premièrement parce que les maladies auxquelles je suis condamné me rendent un médecin d’Europe nécessaire, secondement parce que la guerre est portée dans ce pays-là, et que les exemples de nos nations ont rendu les sauvages presque aussi méchants que nous. Je me borne à être un sauvage paisible dans la solitude que j’ai choisie auprès de votre patrie où vous devriez être. J’avoue avec vous que les belles lettres, et les sciences ont causés quelquefois beaucoup de mal."

                          Je peux partager une partie de vos analyses mais luttez pour une France plus juste et oubliez vos utopies mondialiste : vous parlez de surproduction quand la France ne produira bientôt plus rien (même notre agriculture qui fut autrefois la première du monde vient d’être dépassée par celle de l’Allemagne), alors ne vous trompez pas de combat.


                        • Patricia 16 juin 2012 22:24

                          Oh, Monsieur Voltaire, vous vous fourvoyer en en m’affublant d’une lutte utopiste mondialiste.

                          Je m’exprimais d’une façon globale à propos d’une question globale, mais reconnaissez, tout de même, que si NOUS allions mieux, cela voudrait dire que le reste du Monde va mieux et que nos responsables politiques auraient enfin compris quelque chose de simple et de fondamental.
                          Mais, ne croyez pas, Mr Voltaire, j’ai bien conscience de l’état de notre agriculture et de notre élevage. Nos belles vaches, jadis, broutaient dans les champs au soleil. Nos poulets picoraient dans les champs au soleil. Nos cochons se roulaient dans la boue au soleil............Et, maintenant ils bouffent des farines bourrées d’hormones enfermées dans des cages sans soleil.
                          Alors, ce genre d’élevage en cage et l’Allemagne qui nous dépasse en production........Je m’en fout. Moi, ce que je voudrai c’est un élevage et une culture comme on avait avant. Moi, ce que je voudrai c’est que l’on puisse dépasser les autres par notre qualité, cette qualité qui faisait notre économie.
                          Merci pour la lettre de Voltaire.

                          • Anaxandre Anaxandre 16 juin 2012 22:32

                            Merci de votre réponse. Ce que je voulais dire c’est qu’il sera déjà si difficile d’arriver à ce que vous souhaitez dans notre « petit pays » que s’occuper du monde... Alors je terminera en citant encore Voltaire dans Candide : « ...mais il faut cultiver notre jardin. »
                            Bonsoir


                          • Romain Desbois 17 juin 2012 04:56

                            Personne n’a intérêt à avoir soit des clients, des voisins, des concitoyens ou des peuples pauvres.

                            S une minorité s’enrichit grâce à la pauvreté, la société le paye au prix fort (bizarrement d’ailleurs dénoncé par ceux qui prônent le capitalisme, charges sociales, impôts, immigration, assistanat etc...).

                            Sans faire du soviétisme (je n’aime pas le collectivisme), un partage le plus équitable possible est dans l’intérêt de tous.


                            • kemilein 17 juin 2012 12:51

                              ce que tu aimes ?
                              *oseb*

                              c’est justement parce que le monde est guidé par « ce qu’on aime » qu’on a une merde pareille.
                              au lieu de guider avec vos émotions et vos préjuger utilisez plutôt vos neurones et votre raison.

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