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Accueil du site > Actualités > Economie > Qui veut sauver le soldat Euro ?

Qui veut sauver le soldat Euro ?

Lorsque j'étais enfant, mes vacances d'été étaient gachées par la cueillette des fruits. C'était une vraie corvée qui prenait un temps fou. Cela commençait par les cerises, puis les fraises, les groseilles, les abricots, les prunes et les poires et ne se terminait qu'avec la rentrée.

Mais le supplice ne s'arrêtait pas là. Il fallait ensuite ingurgiter toutes sortes de confitures afin "de ne pas avoir cueilli tous ces beaux fruits pour rien"

Moi, qui n'aimait ni les uns, ni les autres, j'étais donc condamné à la "double peine" sans avoir rien demandé à personne.

Quelques décennies plus tard, en 1992, un référendum pour lequel j'avais voté NON mais auquel une majorité a dit OUI a permis à nos dirigeants de l'époque de postuler pour notre pays une appartenance à une future zone monétaire unique.

Souverainiste de conviction profonde, pensant que les plus concernés par l'avenir de la France étaient sans nul doute les Français eux-mêmes, ayant quelques notions d'économie monétaire, je ne voyais pas comment une monnaie sans état d'émission pouvait exister et se maintenir dans le temps. Il apparaissait donc clairement que le corollaire de la création de cette zone de monnaie unique ne pouvait être que la mise en place d'un état fédéral recouvrant la dite zône.

Tous les acteurs politiques de l'époque, sachant qu'il était prématuré d'évoquer ce concept du fédéralisme européen, ont préféré passer sous silence cet aspect des choses, en se disant probablement qu'il serait toujours temps d'aborder ce problème, et qu'avec un peu de chance, on arriverait à endormir suffisamment les peuples (on désigne généralement par ce vocable des gens qu'on considère généralement comme un tas d'abrutis -genre "epsilon" du Meilleur des Mondes- et totalement incapables de comprendre quoi que ce soit) pour qu'un éventuel réveil tardif de leur part ne puisse plus faire capoter ce beau projet si merveilleusement concocté par les élites dirigeantes et leurs clubs si fermés.

Deux précautions valant mieux qu'une, il fallait cependant assurer les arrières et faire en sorte de ne jamais consulter ces populaces au jugement étroit et incertain. Démocratie, dites-vous ? Quel vilain mot et quelle curieuse conception de la vie publique. Restons entre nous, gens de bonne compagnie. Aprés tout, la démocratie s'est déja suffisamment exprimée en nous portant au pouvoir et, par une sorte de transitivité, il devient légitime de considérer comme des élus les gens qui sont nommés par d'autres élus...

En 2002, les nouveaux billets ont donc fait leur apparition dans nos distributeurs. Ce fut une vraie fête, avec flons-flons et feux d’artifices, comme on doit en donner au bon peuple, un peu comme l’excipient sucré aide à faire passer l’amertume de la pilule. Tout était bien, l’avenir s’annonçait radieux et enfin la construction européenne, chemin difficile maitrisé par nos élites, rentrait dans nos poches en nous comblant de ses bienfaits.

 Une période faste s’annonçait, on pouvait emprunter à tire larigot sans aucune mesure, le mark déguisé en euro était là pour inspirer confiance, bref le petit dernier était à la hauteur des enjeux. D’autant plus que l’euro, dont le cours par rapport au dollar était bas, favorisait les exportations et semblait contredire tous ceux qui, esprits chagrins et pessimistes, avaient essayé de ternir ce bel optimisme en rappelant certaines vérités enseignées par l’expérience. Balayées les critiques, ignorées les mises en garde, vilipendés, les fauteurs de troubles, tout allait bien et sous contrôle…

Jugeant le moment favorable pour porter le coup de grâce, l’élite européiste profita de la torpeur de l’été 2004 pour sortir une pièce maîtresse du fédéralisme européen, le fameux traité constitutionnel destiné à donner à l’Union Européenne l’apparence d’un état. Pensant probablement que le seul danger pouvait (à juste titre) venir des peuples auxquels on n’avait pas encore jugé utile de confisquer cette arme si dangereuse lorsqu’elle est mise entre de mauvaises mains qu’est le référendum, nos élites autoproclamées avaient donc soigneusement élaboré un calendrier des ratifications état par état qui donnait la priorité à ceux dont les parlements (sur lesquels on pouvait compter) adopteraient le texte par pure discipline. Il était convenu que les moins fiables, c'est-à-dire ceux qui croyaient que la démocratie athénienne existait encore, s’exprimeraient en dernier. On misait sur le fait que l’esprit « panurgien » les empêcherait d’exprimer, par leur vote récalcitrant, une opinion non-conforme à la pensée dite « dominante » des fédéralistes.

Durant toute la campagne précédent le vote référendaire, que n’a-t-on pas entendu ? Voter non, c’était la fin de l’Europe et du monde.. Non, il n’y avait pas de plan « B » Tous les ténors européens, MM Junkers, Barroso et d’autres, se succédaient derrière les caméras de télévision afin de faire de la pédagogie…Si nous voulions voter NON, c’est que nous n’avions pas compris, en raison de nos carences intellectuelles, l’intérêt cosmique de ce texte.

Malgré ce « matraquage » médiatique, le camp du NON a cependant remporté la 1ère manche le 29 mai 2005. On aurait pu croire qu’un tel résultat, qui remettait en question la poursuite de la démarche fédéraliste, allait fournir l’occasion d’effectuer une analyse critique du processus afin de voir si ce projet avait encore une chance d’aboutir. Quels seraient les efforts à entreprendre, quelles garanties devraient être mises sur la table pour convaincre tous ces mécréants ? D’autant plus que les français n’étaient pas les seuls à mal voter. Les Hollandais, puis les Irlandais les avaient rejoints dans ce coupable dessein. Alors, notre Nicolas est arrivé. Récemment élu, quel coup de maître vis-à-vis de ses pairs européens s’il réussissait à inverser le cours de l’Histoire (et accessoirement celui du résultat du funeste référendum) en transformant une défaite cinglante en victoire. Bien sûr, on peut dire que « sans critiquer le coté farce, coté démocratique, y aurait un peu à redire » comme aurait pu dire Michel Audiard. Bof, vu de loin, on bricole un texte en changeant 2 ou 3 choses pour l’apparence, et on nous refile le même paquet dans un emballage différent. Une petite précaution, des fois que le bon peuple flairerait un peu l’arnaque, on va lui éviter le fatigant déplacement jusqu’au bureau de vote et demander aux pros de la politique de le faire à sa place. Véritable trahison de l’esprit de notre constitution, cette forfaiture est pourtant passée, gràce à la courageuse abstention d’un certain nombre de parlementaires.

Mais l’histoire de l’humanité est ainsi faite que, lorsqu’on se croit sorti de la zône de danger, le hasard souvent facétieux ne laisse guère de répit. A peine la route vers le fédéralisme européen était-elle réouverte que la tempête du crack financier mondial faisait descendre en chute libre la confiance retrouvée. Le libéralisme économique, doctrine ayant revétue les aspects de la vérité intemporelle, trouvait brutalement sa négation dans l’intervention des planches à billet de la Fed, utilisées à la puissance nominale pour tenter d’injecter dans le système bancaire US le fluide qui s’échappait à gros bouillons et menaçait de naufrage tout le système. Une urgence chassant l’autre, alors que les élites européennes auraient pu se croire protégées d’une telle catastrophes, on découvrit brutalement que nos propres banques, d’apparence pourtant irréprochable, n’avaient pas résistées à l’appel du pot de confiture

Nous avions cueilli les fruits, il nous restait à nous goinfrer la confiture. Puisque le crédit était vraiment bon marché et que la BCE objet de tous nos tourments ne voulait pas imiter la Fed, il ne restait qu’à emprunter. Cela fut fait au mépris de toute prudence, sans même pouvoir imaginer de quoi demain allait être fait, en justifiant cette attitude par l’impérieuse nécessité d’éviter à tout prix ce qui six mois auparavant était totalement impensable ( à croire les paroles prononcées avec une certitude définitive) à savoir la Bérézina totale et absolue de toutes nos banques, pourtant réputées indestructibles. On a bien trouvé de ci, de là, les boucs émissaires de service (les mensonges ne trompent, comme les promesses, que ceux qui y croient) mais le mal est fait. Faillite ou pas, la confiance dans les banques est partie, et elles n’osent même plus se prêter de l’argent entre elles. La solidarité ne doit pas faire partie de leur vocabulaire, à moins que les choses se soient tellement dégradées qu’elles n’aient même plus les moyens de faire quoi que ce soit.

Toujours est-il qu’aujourd’hui, même si nous étions contre ce projet de monnaie unique, il va falloir payer les pots (de confiture) cassés. Et là, plus question de fédéralisme ou autres balivernes de même acabit servant à alimenter les conversations de salon, c’est chacun pour soi. Ceux qui pensaient, encouragés par le passé récent, pouvoir compter sur la solidarité européenne, terreau du fédéralisme, se retrouvent lâchés en rase-campagne et priés de mourir en silence. Le temps de la divergence et de la discorde est venu. Alors que certains états avaient cru utile d’adapter leur économie à ce qu’ils pressentaient comme étant l’avenir, notamment en délaissant la production industrielle au profit des services, on découvre aujourd’hui que ceux qui s’en sortent le mieux sont ceux qui sont restés dans le traditionnel. Aujourd’hui, le mot d’ordre est « réindustrialisation » mais qui va payer ? Le seul pays européen qui semble s’en sortir, l’Allemagne, a déjà pris les devants. Elle ne nous propose que la rigueur et l’austérité budgétaire, unique chemin de notre redressement mais n’envisage pas de faire une sorte de « plan Marshall »pour aider ceux qui ont des difficultés.. Il suffit de voir la situation grecque, portugaise, espagnole, irlandaise et italienne pour se poser la question de l’efficacité de la démarche. L’Allemagne ne veut pas augmenter la masse monétaire en circulation. C’est son intérêt et on peut le comprendre. Les pays du sud, dont la France, doivent être compétitifs pour redresser leurs économies. Cela passe par une diminution du cours de leur monnaie par rapport au dollar, au yen, au yuan et à la livre. De plus, leurs difficultés économiques génèrent un manque de confiance de la part leurs préteurs, qu’appelle généralement « les marchés financiers ». Ce manque de confiance se traduit par une augmentation sélective des taux, ce qui prive l’euro du rôle bénéfique qu’il avait jusqu’en 2008.

On peut donc constater que la monnaie « unique » n’a plus d’unique que sa contre-valeur en dollar et qu’il existe bel et bien une monnaie de crédit propre à chaque état de la zone euro. A partir de ce constat, vient la question ; Quel est l’intérêt de chaque pays à rester dans la zone euro ? Hormis l’Allemagne pour laquelle l’euro joue un peu le rôle du yuan en Chine (sous-évaluation faussant la compétitivité réelle du pays), aucun pays du sud ne tire bénéfice de l’euro. Les partisans de l’euro ont une position dogmatique et répètent que tout état qui sortirait de l’euro pour revenir à sa monnaie nationale verrait immédiatement cette monnaie se dévaluer d’une façon abyssale, mais ne disent pas pourquoi. Une monnaie nationale représente peu ou prou l’état de santé à un instant donné de l’économie d’un pays, si cette monnaie n’est pas adossée à une matière première (or par exemple) et prend en compte essentiellement la balance des échanges commerciaux. Il est un fait que, dans le cas de la France, cette balance s’est dégradée car nous ne vendons plus assez aux autres pays. Cela dit, les produits fabriqués chez nous deviendront plus compétitifs, ce qui permettra une certaine croissance. Notons également que la sortie de l’euro rendra caduque l’article 123 du traité de Lisbonne et que nous pourrions refinancer nos investissements directement par la banque de France. Pour ceux qui veulent approfondir, voici un lien interessant http://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/traite-de-lisbonne-article-123-le-75113

Alors, même si la sortie de la zone euro amène une dévaluation à court terme de notre monnaie nationale, l’évolution de celle-ci sera ce que nos dirigeants politiques en décideront. Une rigueur dans la gestion des dépenses publiques aidée par des gains de compétitivité devraient cependant nous permettre de desserrer l’étau de la dette, qui sera de toutes façons à renégocier avec nos créanciers. A contrario, rester dans l’euro peut conduire à une augmentation de cette dette sans retour de compétitivité, ni assurance de voir les choses s’arranger un jour.

Quel que soit le prix à payer, il me parait préférable de maîtriser notre destin, d’autant plus que la perspective d’une Europe fédérale, que tous les européistes considèrent comme indispensable à la survie de l’euro, semble s’éloigner de plus en plus. Il va donc devenir urgent de décider sans quoi les évènements risquent de décider pour nous. Un tel scénario serait bien pire qu’une fin concertée de l’euro dont on pourrait ainsi limiter les conséquences néfastes.


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3 réactions à cet article    


  • easy easy 19 mai 2012 12:48

    J’apprécie votre métaphore avec les fruits, la confiture...


    A la fin de la seconde guerre mondiale, les européens en avaient marre des guerres en même temps qu’ils passaient assez clairement démocrates.
    La situation de la Suisse et surtout des EU qui ressortaient vainqueurs à la fois de leur dépression, des batailles, des moeurs et des modes mais aussi le fait de notre situation de coincés entre les deux blocs Anglo saxon Vs Union Soviétique (illustrés par les photos des conférences de Téhéran puis de Yalta), a incité bien des européens informés à concevoir la fédération européenne.

    Est-ce grâce à ce semi fédéralisme européen que nous bénéficions d’une paix inédite depuis 70 ans ?

    Possible.

    Mais la situation actuelle nécessite-t-elle d’aller plus loin dans ce fédéralisme ou même de le conserver en l’état ?

    Serait-il possible de conserver des relations pacifiques si on revenait aux souverainisme de chacun ?

    Vu que pendant ce temps, une classique guerre a tout de même eu lieu dans les Balkans et vu que nous sommes en train de nous faire d’autres types de guerres (Cf les hooligans de Cracovie extrêmement xénophobes en raison de leur misère matérielle), vu que nous imposons à nos voisins Grecs la misère par des biais financiers, revenir au souverainisme ne me semble pas spécialement dangereux d’autant que les frontières des uns et des autres sont très peu remises en question.

    En gros, depuis 70 ans, ce sont les Polices européennes qui ont prospéré pendant que les armées se sont étiolées. On est loin des flics-hirondelle. Désormais, la Police est très fortement équipée, militairement équipée et on approche du moment où elle va tirer sur la foule. Ca traduit le fait que s’il n’y a plus de guerres interétatiques, il y a des guerres civiles.

    Sortir du fédéralisme nous conduira à voir chaque pays renforcer son armée, pour le cas où. Il y aura aussi plus de pays accédant à l’arme atomique. Mais chacun gérant ses affaires internes comme il l’entend, les peuples ne se sentiront pas auto-floués. Il y aura moins de tensions internes et plus de sentiment patriotique.

    Il y aura plus d’alliances diplomatiques avec des pays choisis pour ce qu’ils partageront de commun avec nous sur le plan des valeurs prioritaires.


    Peut-être y aura-t-il également plus de pays se déclarant neutres à l’instar de la Suisse. 

    Quatre pays, La France, l’Allemagne et surtout l’Angleterre ainsi que les EU, ont la particularité en Europe et dans le Monde à avoir nettement moins de réserves en devises et en or qu’ils n’ont de dettes publiques+privées. Les niveaux de crédibilité de ces 4 pays d’exceptions proviennent non de leurs réserves mais de leur dynamisme économique. (la Grèce, possède plus de réserves en devises et en or qu’elle n’a de dettes publiques+privées mais les financiers s’en méfient parce qu’elle manque de dynamisme)

    Derrière nous quatre et toujours selon ce critère, toujours par rapport au Monde entier, viennent le bénélux, l’Italie et l’Espagne

    Cette situation spéciale de ces 4à 8 pays susnommés devrait les pousser à des ententes privilégiées sur le plan des monnaies et des financements. Ils ont intérêt à faire prévaloir la crédibilité sur la dynamique non sur les réserves. Se chamailler entre eux leur serait contre productif.

    S’il y avait un super groupe à créer, ce serait, dans leur intérêt, celui de ces quatre à huit pays là.

    La France est le pays du Monde où il y a le plus de résidences secondaires (occupées 40 nuits par an) : 3 000 000
    En France, il se construit 100 000 piscines chaque année (tête du peloton européen).

    Si c’est ce genre de paramètres d’aisance que nous voulons préserver, nous devrions nous lier avec ceux qui ont les mêmes. Marché de la piscine
    .

    Or Angleterre, Benélux, Allemagne, Italie et Espagne sont précisément les pays qui nous entourent. Nous, les Français, nous sommes au centre de cet ensemble. Même si nous ajoutons les EU à cet ensemble Européen, nous en restons géographiquement le centre.

    Tout en ayant eu parfaitement raison en son temps, De Gaulle nous aura mis sur une mauvaise piste. Dynamisme faisant, si nous avions dû nous rattacher à une monnaie, ça aurait dû être au dollar. 
    Cf la carte du bas de cette page 


    • Scual 20 mai 2012 10:18

      Le soldat Euro moi je veux bien le sauver.

      Mais le soldat Euro, il est comme tout les soldats, il obéit aux ordres.

      Il vaut mieux pour nous défendre un soldat surboosté et hyper puissant comme l’Euro que des tas de petits soldats mal équipés, chacun avec des ordres différents et qui se tirent dessus les uns les autres... mais bon la question pour l’instant c’est plutôt : quel est l’abruti qui à demandé à ce soldat de s’en prendre à son propre peuple ?

      Bref il faut juste virer les incompétents qui donnent les ordres et donner les bons ordres à ce soldat, il obéira.


      • VINVIN 21 mai 2012 01:36

        J’ apprécie la métaphore avec votre cueillette de fruits et la con-fiture ! (Je suis passé par là moi aussi, mais principalement avec les cerises et ses putains de raisins de table qu’ il fallait ciselés et rangé niquel chrome dans des plateaux !) UN ENFER POUR MOI !


        Bon sinon je vous remercie pour votre passionnant article, et je pense personnellement qu’ il nous faut quitter l’ euro, et en revenir a notre monnaie NATIONALE le FRANC, car l’ euro n’ a servi a rien, sauf enrichir les banques, mais a « Niquer » les citoyens comme nous !



        BOURGADE.

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