Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Economie > Rationaliser les fluctuations du dollar

Rationaliser les fluctuations du dollar

Il semblerait que la très nette tendance de raffermissement du dollar provoquée par l’aggravation de la crise dès l’été 2008 soit progressivement en train de s’inverser. Phénomène étrange à première vue que cette appréciation du billet vert de quelque 25% vis-à-vis de l’Euro et ce en seulement quatre mois, de Juillet à Octobre 2008, quoique comparable à la ruée des investisseurs sur l’or ayant contribué à l’accélération de la déliquescence boursière lors de la Grande Dépression.

 En effet, comment comprendre cette appétence il y a une année envers une monnaie considérée par le monde entier comme une valeur "refuge" alors même que cette monnaie appartenait au pays responsable du déclenchement de la crise ? Summum de la perversion ou désorientation extrême d’investisseurs sonnés par la crise ?

Traditionnellement, les crises financières atteignant un pays se soldent par l’affaiblissement notoire de leur Devise : Rappelons-nous simplement des crises Thaïlandaise, Mexicaine ou Russe de ces dernières décennies. Pour autant - à tout seigneur tout honneur -, le dollar Américain a toujours constitué un cas à part. Ainsi, et alors qu’il était encore à l’époque indexé à l’or, s’était-il très fortement apprécié entre Décembre 1930 et Mars 1933 et ce vis-à-vis des principales autres monnaies qui en étaient réduites aux dévaluations successives ! Laquelle hausse du dollar s’opérait sur les cadavres des faillites bancaires US à la chaîne et nonobstant une Grande Dépression...

Seul Irving Fisher s’était risqué à l’époque à attribuer cette hausse du billet vert à la destruction de monnaie naturellement induite par la crise. Et pour cause puisque cette explication mettant en relief la décélération de la Masse Monétaire était rendue moins crédible par la réduction massive des taux d’intérêts Américains et par la politique expansionniste de l’époque...La théorie de Fisher appartient aujourd’hui - et alors même que l’on traverse une crise similaire - au bon sens commun. 

Effectivement, la croissance dont bénéficient actuellement les pays émergents - plus la Chine qui n’est plus une nation émergente - induit une augmentation de la propension des investisseurs et spéculateurs globaux dans leur prise de risque. Au demeurant, les faits sont là, indiscutables : Le dollar baisse à mesure que les bourses Asiatiques - et Occidentales - flambent. Outre cette quête avide de valeurs refuges caractérisant les périodes tourmentées, la hausse substantielle du billet vert survenue à l’automne dernier doit donc être attribuée à un phénomène plus général de pénurie de liquidités à un moment où la crise financière atteignait son climax.

Cette appréciation phénoménale du dollar n’était en définitive que le symptôme d’un mal consistant en une raréfaction des liquidités à travers le globe. Raréfaction des liquidités elle-même en partie aux origines de la crise du reste...

Cette pénurie de liquidités étant également le reflet d’un rush généralisé en faveur du cash et dans une conjoncture pour le moins troublée, il est donc aisé de comprendre - et de constater - que l’appétence grandissante pour la prise de risque qui se manifeste depuis quelques mois va de pair avec une demande déclinante en dollars Américains.


Moyenne des avis sur cet article :  3.11/5   (19 votes)




Réagissez à l'article

11 réactions à cet article    


  • tonton raoul 10 août 2009 10:18

    M’enfin .....

    N’importe quel plouc boursicotant depuis 6 mois sait déjà que le billet vert est une valeur-refuge, comme l’or... et donc quand il y a crise, on l’achète, et quand ça va mieux, on le revend ...
    Alors évidemment, ça donne un comportement paradoxal au dollar par rapport aux autres devises

    • Forest Ent Forest Ent 10 août 2009 11:45

      Il est avec le recul effectivement évident que la hausse du dollar était due au fait que les investisseurs ont paniqué sur les actions et se sont tous retrouvés en même temps sur les money markets. Il est clair maintenant que la reprise des actions est le même mouvement que la baisse du dollar. Mais il est d’une plus grande ampleur. La valeur des indices NY en euros a augmenté depuis 6 mois.

      Ca laisse quand même la question très ouverte. Les fondamentaux du USD sont de plus en plus mauvais. Pallier la crise par la création monétaire n’a fait que reporter l’ensemble des risques économiques et financiers sur une bulle-dollar. Quand et comment elle explosera est le problème du moment. Il y a des avis variés, entre 3 mois et 5 ans. Je n’en ai pas. Ma seule certitude est qu’elle va faire très mal.


      • Michel Santi Michel Santi 10 août 2009 11:51

        Moi qui étais - vous devez vous en souvenir ? - bull sur le Dollar pense à présent que l’Euro se re dirige vers les sommets.
        Mais attention : il ne s’agit pas là d’une préférence pour la situation macro économnique Européenne au détriment de l’US...Non c’est simplement car cela arrange fortement les affaires US que le dollar s’affaiblisse graduellement et tant pis si l’Europe en souffrira.
         Les Américains sont toujours maîtres à bord. 


      • Forest Ent Forest Ent 10 août 2009 14:17

        Il y a visiblement une résistance vers 1,6 $/€. Jusqu’où les US peuvent-ils laisser descendre ? Où est le seuil de douleur ? Est-il plutôt en Europe ou en Chine ?


      • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 10 août 2009 17:18

        @ Michel Santi & Forest Ent :


        Vous êtes du très petit groupe de vaticinateurs, futurologues - ou prenons le nom qu’on voudra pour désigner ceux qui peuvent prévoir l’avenir au-delà des conséquences que suggère l’analyse traditionnelle, en y introduisant la prévision de l’importance des nouveaux critères eux-mêmes qui deviendront pertinents - dont je respecte les prévisions. 

        Jusqu’a maintenant vos prévisions se sont réalisées. Aujourd’hui, je m’étonne que vous ne souleviez pas l’hypothèse que les variations actuelles de la valeur des monnaies et des titres n’obéissent plus du tout aux lois du marché, mais soient au contraire totalement manipulées et orientées vers un point où les rapports entre pouvoirs politique et économique pourront être redéfinis. 



        Pierre JC Allard

      • Michel Santi Michel Santi 10 août 2009 17:28

        Bonjour M. Allard,
        mais nous sommes d’accord et c’est du reste le sens de ma réponse à Forrest. 


      • Forest Ent Forest Ent 10 août 2009 19:07

        L’état US s’endette chaque jour de manière astronomique. Ce n’est pas une opération secrète. Aujourd’hui, les US ont tout intérêt à ce que le USD se casse la figure et que les autres payent, tant qu’ils peuvent et veulent. Après, ce sera un autre schéma.

        La Chine, l’Arabie et l’UE semblent être d’accord pour laisser le dollar baisser mais pas trop. Je ne suis pas du tout convaincu de ce qu’ils auront un comportement concerté pour décider quand trop c’est trop.


      • Gandalf Tzecoatl 11 août 2009 12:57

        « L’état US s’endette chaque jour de manière astronomique »

        Il manque, à la clé, un projet astronomique.


      • Philou017 Philou017 10 août 2009 12:44

        « Cette pénurie de liquidités étant également le reflet d’un rush généralisé en faveur du cash »

        Ma tentative d’explication :
        je dirai plutôt que c’est la création de l’argent virtuel via les bulles de spéculation qui serait à l’origine du « manque de liquidités ». On sait très bien que les actifs virtuels sont très supérieurs aux actifs réels. Alors, quand les banques commencent à ne plus prêter d’argent, y compris aux autres banques, celui-ci s’apprécie, car il devient rare.

        C’est pas qu’on manque de liquidités, c’est qu’on a trop de banquiers, spécialement ceux qui passent leur temps à jouer au casino. Activité qui doit leur rapporter bonbon, vu la façon dont ils « rémunèrent » leurs traders.

        Le monde économique, surtout financier, vit principalement de l’argent virtuel, d’après moi,celui sur des titrisations. Pas étonnant que les gouvernements n’aient guere envie d’y mettre de l’ordre, on aurait des banqueroutes en série. D’où le comportement irrationnel des monnaies.

        Quel beau monde, celui du libéralisme.


        • pmxr pmxr 11 août 2009 10:55

          L’indice M3 a disparu depuis pas mal de temps ... bref impossible de savoir ou nous sommes ... peut etre que les aprentis sorciers de la FED le savent ?! Impossible de trouver des informations fiiables les medias ont changé leur doctrine en faisant de l’audience et plus d’informations helas ! (la radio aussi)


          • Gandalf Tzecoatl 11 août 2009 13:08

            Les parts de marché du dollar que tout un chacun juge déclinantes du fait de l’entrée en jeu des monnaies des pays émergents (yuan, roupie, rouble, etc ), accompagnent l’augmentation de celles-ci.

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès