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Accueil du site > Actualités > Economie > Réforme bancaire : des adversaires devenus amis du pouvoir !

Réforme bancaire : des adversaires devenus amis du pouvoir !

Inutile de revenir sur l'infiltration des banques d'affaires françaises dans le 1er cercle de François Hollande ! Nous pourrions parler de la présence d'Emmanuel Macron, le secrétaire général adjoint de l’Élysée, qui fut dans une autre vie associé-gérant de la banque Rothschild. Il faudrait aussi évoquer les conseillers du prince, alors que le Présisent de la République française n'était alors qu'un simple candidat, qui, en pleine injonction paradoxale, lui avaient suggéré de déclarer la guerre à la finance.

La réforme bancaire n'aura pas lieu !

La seule réelle avancée de la réforme était de limiter le trading haute-fréquence en ramenant l'intervalle des ordres d'achat et de vente à 0.51 s. Or, Pascal Canfin, le ministre EELV du développement durable, a rappelé le 21 janvier dans le 7-9 animé par Patrick Cohen que : "le trading à haute fréquence est une activité qui ne se fait quasiment pas en France. Elle se fait à Londres ou ailleurs. On peut l’interdire en France, ce n’aura aucun impact sur la réalité des marchés.

Concernant l'amplitude de la réforme, les banquiers entendus à l'Assemblée Nationale ont reconnu que la séparation des activités spéculatives ne concernait que 1% de l'activité bancaire. Dans l'esprit de François Hollande et du gouvernement, il n'a jamais été question de séparer les banques de dépôts et d'affaires, comme avait pu le faire Roosevelt en 1933 aux États-Unis avec le Glass-Steagall Act. L'intérêt de la séparation des activités bancaires est avant tout de nous prémunir d'un risque systémique impossible à contrôler quand les activités sont fusionnées. La filialisation en entérinant le statu quo ne nous protège donc de rien.

Alors, ceux-là mêmes qui réclamaient cette séparation à corps et à cri sont aujourd'hui en train de rétropédaler, dans un grand numéro de renoncement assez pitoyable, se faisant les passe-plats - réchauffés - d'un pouvoir qui conduit une politique ayant le souci de préserver les intérêts de ses amis de la finance ! Même à droite, Jean-Christophe Lagarde, proche de Jean-Louis Borloo, a dénoncé un texte vide. Et lorsque Pierre Moscovici martèle à qui veut l'entendre des avancées vers un durcissement de la réforme bancaire, Thierry Mandon, député socialiste, parle quant à lui d'amendements cosmétiques.

C'était le 22 janvier au Bourget. François Hollande donnait un nom à son adversaire :"Cet adversaire, c'est le monde la finance !"

A lire pour comprendre 
"Réforme bancaire : comment le gouvernement s’est écrasé devant le monde de la finance"


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4 réactions à cet article    


  • devphil30 devphil30 14 février 2013 10:48

    Cela devient navrant et inquiétant pour la suite du mandat et pour 2017......


    Quel gâchis en perspective et surtout le risque de solution extrême droite apparaît. 

    Philippe 

    • leypanou 14 février 2013 17:35

      @auteur :

      Avec des hommes de la droite du PS aux postes clés du gouvernement, comment peut-on attendre autre chose de F Hollande ?

      Même Alternatives Economiques (et le fascicule L’Economie Politique n°57) qui n’est pas pourtant dirigé par des gauchistes considère que ces réformes ne vont pas assez loin.

      devphil30 au-dessus est inquiet pour la suite du mandat : ceux qui ont cru au candidat PS n’ont pas fini d’avaler des couleuvres. Aux autres, la question qui se pose est comment faire pour faire battre le social-libéralisme sans ramener la droite au pouvoir ?

      Michel Rocard ainsi que P Larrouturou avec roosevelt2013 lancent une campagne pour proposer qu’il y a une autre voie. M Rocard n’a jamais été ma tasse de thé (et le think tank qui se prétend à gauche sa création en est par exemple une raison) mais sur cette question, il a raison (c’est ce qu’il a fait dans le débat ça vous regarde sur LCP ).

      Lisez du J Sapir ou du F Lordon ou encore du M Hudson : la réglementation de la finance avec le social-libéralisme est un oxymoron.


      • bigglop bigglop 14 février 2013 19:43

        Merci @Denis pour cet article synthétique.

        Pour suivre les discussions sur ce « projet de séparation des activités bancaires » :

        Le site de l’Assemblée Nationale
        Le blog d’Olivier Berruyer, très complet, avec de nombreuses analyses très pertinentes

        Contactez votre député pour organiser une réunion publique ou un rendez-vous.

        Par exemple, avec l’article 6, le fonds de garantie des dépôts (votre argent) va être fusionné avec le fonds de résolution pour les banques.
        Autrement dit, la garantie de l’Etat sur les dépôts pourra être utilisée pour « sauver » une banque qui aura fait des « bétises »
        Sans compter les nombreux conflits d’intérêts. Mon post sur un site :
        J’avais noté cette “incongruité” (pour être poli) qui soulève un énorme conflit d’intérêts que Mr Jean Launay avait relevé dans un amendement (partie 3-cote : CF-29-article 7)
        “La composition de ce collège comprend ainsi par nature des personnes qui auront échoué à prévenir les difficultés financières. De plus, la BdF est par nature au centre d’un énorme conflit d’intérêts, puisque elle sera, probablement, le principal créancier des structures à liquider (elle dispose au moment du vote de cette loi d’une créance de 230 Md€ sur le système bancaire français). Imagine-t-on un banquier juge de son client au Tribunal de Commerce ? Rien ne dit qu’il ne sera pas au coeur d’une polémique sur le rôle de la BdF”
        http://www.assemblee-nationale.fr/14/pdf/amendements_commissions/cfiab/0566-03.pdf
        Fermez le ban !


        • BA 14 février 2013 22:01

          Jeudi 7 février 2013 :

           

          Jeudi 7 février 2013 : l’Irlande est en défaut de paiement.

           

          Perte sèche pour la BCE : 20 milliards d’euros.

           

          Contribuables européens, jeudi 7 février, vous venez de perdre 20 milliards d’euros à cause du défaut de paiement de l’Irlande.

           

          Lisez cet article :

           

          https://fr.goldbroker.com/news/scoop-irlande-restructuration-dette-crise-zone-euro-bce-202.html

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