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Accueil du site > Actualités > Economie > Régulation du rouage économique : éviter le pire

Régulation du rouage économique : éviter le pire

La relance nécessite la confiance des entrepreneurs, des consommateurs et des investisseurs. Cette confiance se construira lorsque chacun aura la garantie que les excès d’hier ne se renouvelleront pas. Pour cela il faut passer à la phase de régulation.

Les nouvelles régulations des marchés doivent être mises en place rapidement pour créer les conditions de la relance.
Le problème principal de la crise actuelle a été de favoriser le court terme des résultats trimestriels sur la durabilité économique des entreprises. En favorisant la production de cash immédiat au détriment des investissements à long terme, les marchés ont détruit de la valeur en menaçant la pérennité des entreprises. Les sub-primes en sont l’exemple typique : la preuve que le taux élevés à court terme était favorisé sur la solvabilité même des emprunteurs. Le système Madoff montre à quel point les rentabilités à court terme affichées ont été privilégiées sur la viabilité des investissements.
Dans les entreprises on observe ce type de décisions aberrantes quotidiennement : des investissements publicitaires qui sont réduits alors que l’espace publicitaire coûte moins cher pour afficher des résultats trimestriels au détriment de l’image de marque à long terme, des réductions d’effectifs et des disparitions de pans entiers de compétences pour afficher une masse salariale maitrisée, la sous traitance hasardeuse de la fonction de R&D, des prix qui sont augmentés sans commune mesure avec la valeur ajoutée apportée… etc..etc..
La régulation doit favoriser l’investissement de long terme. Voilà quelques pistes de régulation.
1) Favoriser financièrement l’actionnariat de long terme et l’actionnariat actif :
Etre actionnaire ce n’est pas faire un pari ou jouer au loto, mais investir dans une entreprise et participer aux décisions. En cours de finance on apprend qu’il faut acheter une action pour une durée de 5 ans minimum. Aujourd’hui la durée moyenne de détention des actions est de 6 mois. La loi doit contraindre les entreprises à verser des dividendes majorés pour les actionnaires de long terme (à partir de 3 ans par exemple). Elle doit aussi prévoir des dividendes majorés aux actionnaires qui assument leurs responsabilités d’actionnaire en votant effectivement aux assemblées générales. Elle doit faciliter la participation des actionnaires aux assemblées générales.
2) Rémunérer la réussite durable
Beaucoup de rémunérations de cadres dirigeants sont attribuées sur des résultats de court terme qui permettent d’afficher des résultats cash, mais qui se traduisent par une réduction des investissements à long terme des entreprises. La rémunération de court terme doit être plafonnée afin de favoriser la rémunération des résultats à long terme. Ainsi la rémunération cash maximale doit être plafonnée à 7 fois le SMIC. Au-delà et par palier elle doit être versée lorsque les résultats de l’entreprise sont confirmée sur le long terme à 3, 5 et 10 ans, puis à l’âge de départ en retraite du dirigeant. Les rémunérations importantes sont légitimes lorsqu’elles correspondent à des résultats importants ET durables.
3) Taxer les dividendes plutôt que les bénéfices
Aussi sûrement que la taxe sur les fenêtres à réduit le nombre de fenêtre en France au début du siècle la base de la fiscalité doit inciter à des comportements socialement responsables. La fiscalité sur les entreprises ne doit plus se faire sur les bénéfices mais sur la partie des bénéfices qui sont distribués. Le niveau de taxe doit être dissuasif lorsque le taux de distribution augmente de manière plus élevée que le chiffre d’affaire : la loi doit mettre fin à l’appropriation de toute la valeur ajoutée économique par les seuls actionnaires au détriment des employés, des fournisseurs et des clients.
4) La rémunération des 5% des employés les mieux payés doit être approuvée obligatoirement par les actionnaires en Assemblée Générale.
La collusion entre les investisseurs institutionnels et les conseils d’administrations rend opaque et discutable la fixation de la rémunération des dirigeants d’entreprises. Ces rémunérations doivent être plus transparentes. La loi doit rendre obligatoire le vote en Assemblée Générale des rémunérations les plus élevées de l’entreprise –pas forcément uniquement celle des dirigeants-.
5) La traçabilité et la transparence des investissements
La titrisation et l’intermédiation à outrance ont réduit la transparence. Nombre de fonds ont été surpris de constater qu’ils avaient investi dans des titres Madoff. Les porteurs de sub-primes ne connaissaient pas la solvabilité de leurs débiteurs. Un renforcement de la traçabilité qui permet aux investisseurs et aux porteurs finaux d’être en relation directe doit permettre aux investisseurs de suivre de plus près leur investissement.
6) Interdire l’actionnariat dans plusieurs entreprises d’un même secteur d’activité
Le libéralisme se fonde sur la libre concurrence. Cette libre concurrence est mise à mal lorsque tous les actionnaires de tous les intervenants d’un marché sont les mêmes : des investisseurs institutionnels qui ont pour seule politique industrielle un taux de rendement de 15%. La seule manière pour les dirigeants de répondre à de telles exigences revient à assécher la concurrence. On n’investit que dans les marchés ou l’on est premier ou second. Lorsqu’un concurrent augmente ses prix on les augmente aussi plutôt que de prendre des parts de marchés. Lorsqu’on ne s’entend par directement avec ses concurrents sur les prix. Pour rétablir la libre concurrence au bénéfice des consommateurs, la loi doit interdire l’actionnariat simultané dans plusieurs entreprises d’un même secteur d’activité.
7) Pénaliser ce qui est immoral
Pour dissuader les meurtriers la loi a prévu des les condamner pénalement à des peines de prison. Elle a pénalisé ce qui est immoral. La loi doit désormais pénaliser de manière aussi sévère l’immoralité financière. On a du mal à comprendre la différence de traitement entre des criminels de droits commun et Bernard Madoff qui n’est pas encore en prison. Les fraudes de Bernard Madoff ont pourtant déjà causé plusieurs morts. Les ententes illégales sur les prix doivent être sanctionnées pénalement. On a du mal à comprendre que des dirigeants qui ont volé des centaines de millions d’euros aux consommateurs européens puissent encore être dirigeants d’entreprise.
8) Rendre illégales toutes transactions avec les paradis fiscaux.
Les paradis fiscaux qui offrent des lois clémentes à l’argent du crime et à l’évasion fiscale ne doivent plus aussi bénéficier des retombées économiques du commerce mondiale légale. Les pays démocratiques doivent rendre illégales toutes les transactions avec les paradis fiscaux.
Cette régulation doit intervenir rapidement. Des pays isolés n’auront pas le poids nécessaire pour imposer ces régulations aux marchés financiers mondialisés qui se transféreraient vers des pays plus cléments. Seuls les Etats Unis ou l’Europe ont la taille critique nécessaire pour imposer des normes nouvelles aux marchés financiers mondialisés.
Pour cela l’Europe doit être plus démocratique - et pas seulement un lieu de négociation entre gouvernements-. L’Europe doit être plus efficace en votant à la majorité et plus à l’unanimité. L’Europe doit être aussi plus transparente. L’Europe a besoin d’un vrai président de commission qui ne soit pas soumis aux Gouvernements.

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38 réactions à cet article    


  • John Lloyds John Lloyds 17 février 2009 10:33

    Un billet attendrissant, quelques petites mesurettes totalement décalées des véritables ordres de grandeur de ce qui vient, voir par ex. le GEAC N° 32 :

    "Mais notre équipe estime dorénavant que l’incapacité des dirigeants mondiaux à prendre la mesure de la crise, caractérisée notamment par leur acharnement depuis plus d’un an à en traiter les conséquences au lieu de s’attaquer radicalement à ses causes, va faire entrer la crise systémique globale dans une cinquième phase à partir du 4° trimestre 2009 : la phase dite de dislocation géopolitique mondiale.

    Selon LEAP/E2020, cette nouvelle phase de la crise sera ainsi façonnée par deux phénomènes majeurs organisant les évènements en deux séquences parallèles, à savoir :

    A. Deux phénomènes majeurs :
    1. La disparition du socle financier (Dollars + Dettes) sur l’ensemble de la planète
    2. La fragmentation accélérée des intérêts des principaux acteurs du système global et des grands ensembles mondiaux

    B. Deux séquences parallèles :
    1. La décomposition rapide de l’ensemble du système international actuel
    2. La dislocation stratégique de grands acteurs globaux. "





    • plancherDesVaches 17 février 2009 12:14

      John Lloyds.
      Je sais bien qu’ils doivent vendre leur abonnement à 100 Euros, mais m’appuyer sur des sortes de résultats sans avoir les tenants et articulations... ça me gène.
      Aucun pays n’a intérêt à l’effondrement du dollar, tout le monde en est infesté.
      Même les Pays du Golfe, qui vont créer leur propre monnaie, doivent pouvoir l’échanger contre du dollar. (ce qui provoquera sa chute, c’est clair. Mais jusque là...)
      Si vous avez des infos complémentaires, je suis prenneur.


    • plancherDesVaches 17 février 2009 12:15

      Arg.. pardon, 200 Euros.
      Vieux réflexe : j’étais déjà en train de négocier smiley


    • John Lloyds John Lloyds 17 février 2009 12:29

      Vous avez Marc Faber, un financier suisse de renom, qui craint soit le non-paiement de la dette, soit l’hyperinflation. Vous avez aussi cet article, qui est excellent.


    • plancherDesVaches 17 février 2009 12:57

      Merci pour ces liens, John Lloyds.

      Les chiffres annoncés par globalresearch sont impressionnants.
      Et je suppose que les personnes qui établissent ces chiffres ainsi que celles qui en avait connaissance et n’ont rien fait pour corriger le tir avant, pourrait être jugés responsables de la petite sauterie actuelle...non ?

      On risque une explosion mondiale, en ce moment. Néanmoins.


      Sur un autre sujet et je ne sais plus si c’est vous qui en parliez, GM va se faire renflouer... Le pragmatisme américain n’a pas de limite.


    • Robert Branche Robert Branche 17 février 2009 13:01

      @LLoyds
      Merci pour la double info sur des articles extrêmement intéressants et complets (où l’on voit d’ailleurs que le protectionnisme ne peut pas être une réponse...)


    • Emmanuel Aguéra LeManu 17 février 2009 13:08

      Interessant article du GEAC 32 sous votre lien, M. Lloyd.

      Est-il possible d’anticiper sur l’aspect qu’aura l’année prochaine le tableau intitulé "Evolution de la base monétaire des Etats-Unis" après l’application du plan Obama à $787milliards ?


    • plancherDesVaches 17 février 2009 13:21

      Le protectionnisme est obligatoire, par temps de crise.
      Si nous gagnions tous les mêmes salaires et qu’un même morceau de pain était au même prix sur toute la planète, il serait inutile.
      Regardez en Europe... déjà.


    • Renato 17 février 2009 21:42

      Cher John Lloyd ,

      Tes interventions hautaines à répetition sont fatiguantes.
      Epargne nous te gourous et expert qui vivent du systeme actuel

      Que nous proposes tu homme de lumiére ?

      Quel projet de socété ? Avec Quels hommes ? Quelle trajectoire de changement ? etc..

      Au plaisir de te lire


    • plancherDesVaches 17 février 2009 12:24

      Antoine Vielliard, le point de la moralisation (7) ne porterait donc que sur les montages Ponzy et la libre concurrence.. ??
      Car, dans ce cas, les fuites de capitaux dans les zones obscures, échappant à tout impôt, vous appelez ça comment.. ???

      Pour rappel, Notre Président a annoncé en début de mandat qu’il voulait dépénaliser le monde des affaires...

      D’une façon générale, vos mesures s’apparenteraient à un contrôle total de l’économie. Les Russes et Chinois pratiquaient cela, il n’y a pas longtemps.
      Alors qu’il suffirait juste d’empêcher les centres off-shore, et obliger à un minimum d’impôt les paradis fiscaux.
      Les smicards ne seraient pas d’accord, certes smiley


      • Forest Ent Forest Ent 17 février 2009 12:38

        Voila bien de quoi prévenir la prochaine crise qui se produira dans 80 ans, à moins que d’ici là on n’ait jugé ces mesures dispensables puisque les crises n’existent pas. Je ne vois en fait que la mesure n°8 qui soit susceptible d’améliorer la situation actuelle en forçant du cash à revenir dans l’économie. Mais elle ne se fera pas pour des raisons politiques. C’est donc une belle dissertation sans objet concret.

        Par contre, il est vrai que foutre quelques responsables en taule serait moralement satisfaisant. Et puis ça éviterait qu’ils empirent la situation en restant en poste.


        • Serge Serge 17 février 2009 13:09

          " Pénaliser ce qui est immoral."

          Vieille Lune du capitalisme ressortie et théorisée à chaque crise afin que rien ne change...c’est la nature même de ce système que d’être immoral du fait qu’il est fondé sur l’extorsion de la plus-value produite par des centaines de millions de salariés au profit de moins de 0,1% de la population mondiale.


          • JL JL 17 février 2009 13:43

            Bonjour, beaucoup de vœux pieux dans ce texte, dirait-on.

            Je lis : ""La loi doit (devrait ?) contraindre les entreprises à verser des dividendes majorés pour les actionnaires de long terme (à partir de 3 ans par exemple)…"" Ma contre proposition : taxer les dividendes dégressivement sur l’âge des actions.

            "" La rémunération de court terme doit être plafonnée afin de favoriser la rémunération des résultats à long terme. Ainsi la rémunération cash maximale doit être plafonnée à 7 fois le SMIC."" Ma contre proposition : réhabiliter un impôt progressif et dissuasif.

            "" la loi doit interdire l’actionnariat simultané dans plusieurs entreprises d’un même secteur d’activité.""  ??? N’y a-t-il pas de meilleurs mesures ?

             

            Ce matin DSK était l’invité de France Inter (inter activ). Il disait entre autres  : "Il faut des plans de relance. On considère au FMI que ça commence à se faire, mais c’est pas suffisant". Pour ma part j’en conclue que les plans de relance sont des sortes de prêts du FMI pour pays riches. Et l’on sait que les prêts du FMI ont pour but de hâter la libéralisation des services publics.


            • souklaye souklaye 17 février 2009 13:59

              réguler en se protégeant 

              Par ces temps de crise, sortez couverts.
Tel est le crédo implicite de chaque nation possédant une carte de membre du G20, donnez vous la main, mais merci de lâcher la mienne.

              Les effets d’annonces publicitaires et les photographies officielles ventant l’universalisme économique ne peuvent rien face aux spécificités des succursales nationales. Le patriotisme parle pour le bon sens, sans l’ombre d’un doute.

              Une ordonnance mondiale préconisant un patch anti-libéralisme sur une jambe de bois n’arrive pas à endiguer la peur animale de l’obscurité.

              Comment gérer diplomatiquement un constat à l’amiable quand personne n’a conduit ?

               

               

              http://souklaye.wordpress.com/2009/02/11/le-protectionnisme-a-la-mode-a-la-mode-le-protectionnisme-a-la-mode-de-chez-nous/


              • JoëlP JoëlP 17 février 2009 14:07

                Salut Antoine,
                Je suis assez d’accord avec les commentaires qui parlent de mesurettes. Je dirais plutôt "whishful thinking". Cela me semble manquer de précision mais c’est vrai que c’est un début et que personne ne semble encore décidé à faire une vraie entame.

                Sur le premier point, je suis étonné de lire le chiffre de durée de détention moyenne des actions de 6 mois. Quand on connait le volume des échanges, on se dit que la durée moyenne est sans doute bien plus faible et la durée médiane encore plus, vu le nombre de spéculateurs qui jouent (achétent et vendent) à la journée, à l’heure voire à la minute. Et pourtant on sait que la taxe Tobin, facile à mettre en oeuvre, réglerait rapidement la chose.


                • Serge Serge 17 février 2009 14:07

                  J’ai retrouvé dans le journal " Les Echos" du 31/08/2007 ce "cri du coeur" ( ou plutôt du porte-monnaie ! ) qui permet de bien comprendre que les grandes envolées médiatiques sur "capitalisme et morale" ne sont que poudre aux yeux pour que ceux "d’en bas" acceptent de subir et payer les frais de la crise dont ils ne sont pas responsable.

                  Université d’été du Medef de Jouy-en-Josas,août 2007...intervention de Sarkozy :

                  " La pénalisation de notre droit des affaires est une grave erreur.Je veux y mettre un terme."

                   



                  • viking 17 février 2009 17:09

                    Oui Sarkozy nous prouve tous les jours qu’il est incompétent. D’un coté il nous a parlé des patrons voyous et de l’autre, il nous dit qu’il faut dépénaliser l’économie. A part ça, il dit tout et son contraire en même temps. A la télévision devant des millions de spectateurs, il nous a dit qu’on pouvait lui reprocher beaucoup de chose mais pas celui d’avoir menti. Il n’y a pas pire menteur dans la vie que celui qui se vante de n’avoir jamais menti.

                    il faut destituer Sarkozy. Oui, c’est parfaitement faisable mais il faudrait d’abord que l’opposition (socialiste) fasse son travail en posant régulièrement des motions de censure pour montrer leur présence active à l’assemblée. Or Martine Aubri, l’idiote du nord est venue au secours de Kouchner en disant qu’il fallait arréter de lui tirer dessus. Elle n’a jamais osé de le qualifier de traître mais prend sa défense. C’est vous dire à quel degré d’imbécilité sont descendus les socialos ! Et dire que j’ai voté pendant 25 ans pour des cons pareils, exepté en 2007 où je me suis abstenu. C’était un moment de grande lucidité.


                  • nervyoko nervyoko 17 février 2009 14:27

                     @ l’auteur : 

                    c’est un billet vert immonde !

                    Quand je vois un titre comme le votre :"Régulation du rouage économique : éviter le pire" et les solutions préconisés avec les 8 points therapeutiques, ça me provoque le vomissement !

                    Quand on vous apprend le système économique dans les écoles, on vous suggère un compte toujours équilibré. La contradiction d’un système qui est à la base déréglé et qui vous suggère l’équilibre, c’est pour le moins "comique" sinon pathétique .

                    Si vous "Glanez" les informations, renseignez vous sur la répartition des richesses, le pourquoi du "le riche devient de plus en plus riche et le pauvre de plus en plus pauvre", mais surtout renseignez vous sur le système économique, la base du fondement ! Renseignez vous sur les dettes, sur la FED, les institutions financières , le model américain, mondial.

                    Expliquez moi ce que font les banques pour s’enrichir, expliquez moi le déséquilibre entre les billets en circulations et les valeurs numériques , car si nous constatons un fait aujourd’hui, il existe et il existera toujours une crise qui serait économique vu les principes même de l’économie !
                     
                    Les Banques, la magie de la création monétaire : expliquez moi comment ils fabriquent de l’argent à partir de l’argent ... comment ils créent l’inflation et l’endettement.


                    "Pénaliser ce qui est immoral" c’est pénalisé le système bancaire, donc le système monétaire ! Il faut donc changer les intitutions !


                    • Antoine Vielliard (Saint-Julien-en-Genevois) Antoine Vielliard 17 février 2009 15:02

                      Les commentaires manquent de contre propositions constructives.

                      L’anticapitaliste dont de nombreux commentateurs semblent être les tenants a déjà fait ses preuves en 1989. Il a mis 20 ans de moins à arriver à la faillite que l’ultra libéralisme. Reformer les banques et le système financier est nécessaire - le rejeter en totalité c’est jeter le bébé avec l’eau du bain. C’est oublier que les entreprises ont besoin de capitaux pour créer des emplois. Que les particuliers ont besoin de banques pour se loger. Que le développement durable nécessite des investissements très important qui devront être finances.

                      Certains voudraient faire illusion et rejeter l’économie de marche avec l’ultra libéralisme. D’autres défendent le protectionnisme et l’isolationnisme - en oubliant dans quelle misère il a plonge la Birmanie et l’Albanie. Ils ont pourtant la liberté de payer plus chers de bien locaux. Ils ne le font pas. On oublie en France que sur les 30 dernières années nous avons beaucoup plus exporte qu’importe. Renoncer au commerce mondial c’est aussi renoncer à tous les emplois qu’il a créé en France. Ce solde décennal du commerce extérieur prouve qu’il en a plus créé qu’il n’en a détruit. A charge pour nous de continuer à exporter. Lipietz, bref ancien candidat des verts aux présidentielles, qu’on ne peut pas soupçonner d’être un libéral, décrit très bien a quel point les trois quarts de nos dépenses ne sont pas delocalisable (logement, infrastructure, distribution, services de proximité... etc..etc..) et dans le quart restant les deux tiers sont produits en Europe.

                      Les "mesurettes" proposées n’ont à ce jour pas encore trouvé leur majorité pour être adoptées. Il serait sage de commencer par ce qui est faisable dans un régime démocratique. La dictature ont sait ou cela mene.

                      Cordialement,

                      Antoine Vielliard


                      • Forest Ent Forest Ent 17 février 2009 15:34

                        Il n’y a pas besoin de contre-propositions pour la prévention, il est trop tard pour cela. Ni pour guérir, il n’y a pas de remède. Nous sommes dans la rubrique "palliatifs". On peut proposer de renforcer :

                        - le système d’assistance pour les plus démunis,

                        - la vigilance contre les mouvements de racisme, xénophobie et antisémitisme qui ne vont pas manquer de s’élever, et toute incitation à la violence en général,

                        - la lutte contre l’évasion fiscale et l’abandon du bouclier fiscal,

                        - la refiscalisation des heures sup et le retour au 35h,

                        - la lutte contre un retour trop brutal au protectionnisme en matière industrielle,

                        - la lutte contre le travail clandestin, non déclaré, ... et les abus en général dans le domaine du droit du travail,
                        etc ...

                        C’est plutôt dans ces rubriques que va se trouver l’actualité.

                        Le seul point à conserver dans votre article est le 8 : supprimer les paradis fiscaux, ce que presque tout le monde sur AV réclame depuis fort longtemps. Seulement, 15 ans après l’appel de Genève, vous pensez vous y prendre comment ? On vous écoute...


                      • John Lloyds John Lloyds 17 février 2009 16:01

                        Oui, Forest, sauf que dans toutes ces mesures, on ne s’attaque qu’aux effets, qui, faute d’endiguer les causes, ne manqueront pas de s’affirmer en amplitude. Cela n’aura d’autres effets que de faire gagner quelques mois, et encore, dans des débauches d’énergie investies à perte.


                      • Forest Ent Forest Ent 17 février 2009 16:45

                        Non, la situation n’est plus du tout la même qu’il y a deux ans. Plus personne ne vend de crédit subprime. C’est le contraire, il n’y a plus de crédit. On nous a laissés nous débrouiller avec les dégâts.

                        La seule mesure utile maintenant, c’est les paradis fiscaux. Et en plus c’est moral. Dites-moi vous comment vous allez les abolir...


                      • nervyoko nervyoko 17 février 2009 17:10

                        @ l’auteur :

                        je vous cite :

                        "L’anticapitaliste dont de nombreux commentateurs semblent être les tenants a déjà fait ses preuves en 1989. Il a mis 20 ans de moins à arriver à la faillite que l’ultra libéralisme. Reformer les banques et le système financier est nécessaire - le rejeter en totalité c’est jeter le bébé avec l’eau du bain. C’est oublier que les entreprises ont besoin de capitaux pour créer des emplois. Que les particuliers ont besoin de banques pour se loger. Que le développement durable nécessite des investissements très important qui devront être finances. "
                        ---------------------------------

                        Parlons en du besoin des particuliers et des entreprises ! ils ont besoin d’argent pour financer leur maison,leurs activités, à crédit ? Alors permettez moi de faire une petite lumière sur la mondialisation et son système bancaire.


                        L’economie Américaine :

                        La FED est une institution privée qui emet l’argent , vous voyez le topo ?
                        Le Système de la Réserve Fédérale est né en 1913. C’est en 1914 que les Banques Fédérales ont commencé à émettre des billets. 
                        Aujourd’hui, plus de 99% des billets américains en circulation sont fabriqués par la Réserve Fédérale.
                        Une institution qui est privée, qui gère la monnaie (le dollar)

                        La Réserve fédérale :
                        décide de la politique monétaire des États-Unis 
                        supervise le système bancaire américain,
                        publie des rapports, tels que le livre beige, relatifs à l’économie américaine
                        agit comme prêteur de dernier ressort,
                        mais n’a aucune responsabilité quant à la valeur externe de sa devise, le dollar US.
                        est indépendante des institutions politiques.

                        Alors quand l’Etat demande de faire de l’argent contre des obligations, il s’agit bien de dette envers les banques, la FED !

                        Cette dette qui incombe à la population, qui pour se loger, demande financièrement un emprunt aux banques...tien encore des taux d’intérets , décidément !
                        Les banques sont formidables, ils créent de l’argent (valeur physique) et en plus grace aux pratiques des taux d’intérêts(valeur numérique) ils créent à nouveau de l’argent, incroyable !

                        Ce qui fait donc un résultat plus que génial, magique !
                        ARGENT REEL DISPONIBLE< ARGENT NUMERIQUE, la valeur du dollar chute et les banques creent l’inflation en même temps que l’augmentation des dettes
                        Ces banques qui controlent l’économie américaine avec le dollar, lui même monnaie de référence mondiale... vous voyez d’ici le résultat, l’economie mondiale est basée sur les dettes !

                        Ceux qui s’enrichissent , c’est toujours les mêmes, les tenanciers des capitaux et les banques, bref l’ELITE.

                        Alors sur ce model, imaginons que moi , je déclare que je suis une banque ! Je décide de faire des milliards de monnaie faites avec du papier, je prête ces bouts de papier à l’etat qui me doit de l’argent avec un taux d’interet, en plus je prête aux particuliers et aux entreprises avec un taux d’intérêt que j’aurais choisi comme convenable, alors je serais toujours plus riche que tout le monde. Si en plus cette monnaie que je fabrique devient une référence mondiale, alors je suis le plus puissant sur terre !

                        Donc ce système est le plus inégal que je connaisse ! Donc oui je rejette totalement ce système de pourritures !



                      • JL JL 17 février 2009 19:00

                        A. Vieillard : ""Les commentaires manquent de contre propositions constructives.""

                        Il n’y a pas pire sourd que celui qui ne veut pas entendre !  smiley


                      • John Lloyds John Lloyds 17 février 2009 19:31

                        @Forest
                        C’est sûr que c’est pas demain qu’il vont enlever le fonds de commerce à Juncker


                      • Forest Ent Forest Ent 17 février 2009 22:58

                        @ John

                        Les paradis fiscaux, c’est le seul endroit où il reste du vrai pognon. Dans les banques on shore, il n’y a plus que le faux. Comment pourraient-ils se mettre d’accord pour reverser et partager leur magot ?

                        Moi je ne demanderait que ça, mais ça ne se fera pas. Ce n’est pas AV qui va l’imposer. Les juges européens réunis l’ont réclamé et ça n’a pas été fait.

                        Ca n’arrivera pas, c’est tout. Alors on peut faire des beaux discours pour "moraliser le capitalisme". Pendant ce temps-là, sur l’île de la Tortue, Barbe-Noire est plié en deux de rire.


                      • John Lloyds John Lloyds 18 février 2009 08:59

                        Oui, et en plus, il faudrait qu’ils ferment tous en même temps, sinon le premier qui ouvre le feu ne fait rien d’autre que d’envoyer les autres ailleurs.

                        Mais il y a une chose qui m’échappe là dedans, si ça entre en hyperinflation, leur thune, même en paradis fiscal, ne vaudra plus rien, alors quelle est la finalité là-dedans ?


                      • JL JL 18 février 2009 09:49

                        @ John Lloyd, Quelle est la finalité là-dedans ?

                        Pour ma part, je pense que l’objectif poursuivi par les maîtres du monde est l’avènement d’un gouvernement mondial. La stratégie consisterait à endetter au maximum les Etats nations et cela par quelque moyens que ce soit afin d’en provoquer la faillite. Ils n’ont pas inventé de concept de faillite d’Etat ni mis en œuvre les conditions idoines pour rien.

                        Bis repetita : DSK, invité hier de France Inter, disait entre autres  : "Il faut des plans de relance. On considère au FMI que ça commence à se faire, mais c’est pas suffisant". Je dis que les plans de relance sont des sortes de prêts de FMI pour pays riches. Et l’on sait que les prêts du FMI ont pour but de hâter la libéralisation des services publics.

                        Il disait également : "La Zambie, un pays sur lequel je travaille beaucoup en ce moment …". A bon entendeur ...


                      • John Lloyds John Lloyds 18 février 2009 10:23

                        "La stratégie consisterait à endetter au maximum les Etats nations et cela par quelque moyens que ce soit afin d’en provoquer la faillite"

                        Oui mais au prix de l’effondrement de leurs patrimoines privés ? Il faudrait alors qu’ils aient tout converti en or smiley


                      • Forest Ent Forest Ent 18 février 2009 11:36

                        @ John

                        Le but premier, c’est d’échapper à l’impôt.

                        A part ça, ça reste liquide et déplaçable facilement. Quand l’hyperinflation sera mieux caractérisée, ça s’investira dans ce qu’il y aura de moins pourri (métaux, cailloux, cocaine, ...). On a eu un aperçu en 2008 avec la bulle des matières premières. Note que tout ça c’est de la simple saine gestion de patrimoine. C’est ce que je fais ici avec mes euros d’économies. Mais pour ouvrir un compte offshore, il faut un montant minimum que je n’ai pas smiley 

                        Traditionnellement, les mêmes circuits servent aux mafias, genre trafic de drogue. Il doit y avoir en ce moment pas mal d’opportunités de blanchiment.


                      • nervyoko nervyoko 18 février 2009 11:50

                        Quand je regarde comment est constitué les reserves de la BCE, ca fait peur !mais le pire c’est la reserve nationale de chaque pays membre européen :

                        voici la reserve telle que l’on a reçcu :
                        Capital et réserves

                        "chaque BCN a reçu de la BCE une créance en euros équivalente à sa contribution. 15 % des contributions ont été versées sous forme d’or et les 85 % restants l’ont été en dollars US et en yen."

                        Bref notre ancien franc, deutchmark et autres se sont fait bouffées par l’euro et la réserve s’est fait en dollar. Voila comment on gere une politique d’expension et de monopole , en résumé si les tenanciers des capitaux (FED, banques , enfin l’elite quoi !) veulent pourrir l’economie, il suffit de plomber le dollar...

                        Et qu’apprend t on sur internet et pas dans les médias cons classiques que la valeur du dollar chute et qu’il sera peut être remplacé par l’Améro, une nouvelle monnaie...

                        Bah la je dis bravo les cocos, les européens se sont bien fait "entubés", et vive les abrutis d’économistes et les politiciens pourris. 

                        La politique de" l’Elite" ne serait ce pas la guerre civile , là c’est bien parti pour engendrer le chaos ! Comment cela juste pour contrôler le nombre d’habitant sur terre ?


                      • John Lloyds John Lloyds 18 février 2009 12:11

                        @Forest
                        "Quand l’hyperinflation sera mieux caractérisée, ça s’investira dans ce qu’il y aura de moins pourri (métaux, cailloux, cocaine, ...). "
                        Et certainement aussi la bouffe aussi. Merci pour ces éclaircissements

                        @Narvy
                        "Contrôler"
                        J’ai plutôt le mauvais goût de penser "éradiquer". Entre la montée en puissance de Monsanto, du prix des produits de première nécéssité, je ne parle même pas de la crise dont on ne sait pas bien comment elle va se traduire, je suis pas sûr que le quotidien de l’individu moyen, dans un futur proche, soit très enviable.


                      • joelim joelim 17 février 2009 15:23

                        J’aime bien le papier qui au moins énumère des propositions concrètes, même si çà reste à affiner et discuter. 

                        Concernant les commentaires, OK on peut critiquer l’approche de l’article, par exemple en arguant que la crise remet les principes de l’économie en cause. Seulement si çà reste dans le vague, ce n’est que du beau discours moralisateur et auto-valorisant qui ne sert à rien du tout, à part enfumer le chaland.


                        • LE CHAT LE CHAT 17 février 2009 15:37

                          faut jeter les banquiers escrocs dans les engrenages de la photo , ça fera de la régulation ! smiley on peut y jeter aussi la Parisot qui vient de déclarer qu’il était hors de question d’augmenter le salaire dans les entreprises privées , c’est pas avec de telles déclarations qu’on va inciter des gens qui se privent déjà sur certains postes à consommer davantage .


                          • Le péripate Le péripate 17 février 2009 18:39

                             Ooooooooh oui...... des lois, des lois, des lois, des lois, des lois, des lois...oiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiis Arrhhhhhhh.... J’ai tout lâché............................................ Ca va mieux maintenant. smiley


                            • Parpaillot Parpaillot 18 février 2009 00:49

                              @ Antoine Vielliard :

                              Vos propositions sont magnifiques, mais totalement irréalistes ...

                              En vous lisant on a l’impression que la libre circulation des capitaux n’existe pas !
                              Les capitaux français ne sont pas captifs, ils ne sont pas confinés à l’Hexagone, ils se déplacent au gré des avantages qui leur sont consentis, au gré des rendements, etc.
                              En effet en voulant légiférer, et légiférer encore en France, les capitaux iront se placer ailleurs, ils fuiront davantage encore à l’étranger, là où ils sont mieux rémunérés, là où les contraintes légales sont moindres, là où la fiscalité est plus attractive ...

                              Ce qu’il faudrait c’est harmoniser les règles entre les pays, mais cela ne serait efficace qui si l’ensemble de la communauté internationale était partie prenante, or on en est très loin actuellement. De plus, il faudrait appliquer l’harmonisation à l’ensemble des pays simultanément. Or une telle hypothèse est totalement utopique, politiquement inapplicable, et de toutes façons c’est beaucoup trop tard ...

                              Le monde de la finance est un grand marché où la concurrence est féroce et pour réussir, il faut être concurrentiel ...

                              Par ailleurs, puisque vous abordez le problème des paradis fiscaux, pouvez-vous nous en donner la définition ? Est-ce celle de l’OCDE ou une autre ? Pouvez-vous nous donner la liste de ces paradis ?
                              Imaginons, maintenant que l’on puisse en fermer quelques-uns, les capitaux fuiront ailleurs, dans les autres. Quel "paradis fiscal" accepterait de se conformer à des règles qui lui seraient imposées sachant que le concurrent et voisin refuserait quant à lui de les appliquer ?

                              Moraliser la finance oui, mais soyons réalistes ...

                              Cordialement !


                              • Antoine Vielliard (Saint-Julien-en-Genevois) Antoine Vielliard 18 février 2009 18:50

                                Je suis tout à fait d’accord avec vous. Alors que l’économie s’est mondialisée la démocratie elle reste dans les limites étriquées des pays du moyen âge. Les démocraties ne sont plus assez puissante pour imposer la volonté des citoyens sur la puissance des marchés.

                                Il y a deux exceptions pour l’instant à cette règle : les Etats Unis qui ont la taille critique pour imposer de nouvelles normes, et l’Europe. Les Etats Unis ne le souhaite pas vraiment par idéologie. L’Europe refuse de s’en donner les moyens. Pourtant dans le domaine des normes par exemple c’est l’Europe qui impose les normes les plus strictes à l’ensemble du monde industriel. Aucun industriel ne peut concevoir de produit en renonçant aux 350 millions d’Européens. Il est donc obligé de suivre les normes Européennes. C’est ainsi que l’Europe définit depuis 20 ans les normes mondiales.

                                L’Europe pourrait aussi le faire en imposant des normes financières. Peu d’entreprises peuvent se priver d’exister en Europe. Aucune banque d’envergure mondiale ne le pourrait.

                                Petit à petit par l’exemple, de manière approximative, lente et incomplète l’Europe a pu imposer au monde les normes de Kyoto. Elle peut le faire. Mais pour celà il faut des Etats et des nations Européennes qui renonce à pousser sans cesse des cris de coqs et qui acceptent de travailler ensemble et de s’entendre sur des positions communes - qui ne seront pas 100% satisfaisantes pour qui que ce soit.. mais qui auront le mérite de pouvoir être imposées.

                                L’Europe a pour cela besoin de processus de décision qui soient plus transparents, plus démocratiques et plus efficace (notamment la majorité plutôt que l’unanimité).

                                Cordialement,

                                Antoine Vielliard


                              • joelim joelim 22 février 2009 18:13

                                 Pourquoi ne pas instituer un protectionnisme envers les paradis fiscaux ? Et un autre, plus modéré, envers les pays qui ne le font pas ? Faisons une pétition à nos partis de gouvernement (UMP, PS...) en leur disant qu’on ne votera plus jamais pour eux s’ils ne font rien.

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