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Relocaliser dans son pays d’origine

Relocaliser là où est la demande...

La stratégie de l’entreprise peut être centrée sur l’adaptation de son offre à certaines contraintes du marché, et si son marché est composé majoritairement par des consommateurs de son pays d'origine, alors l'entreprise pourrait avoir intérêt à produire là où est sa demande. Ainsi, plusieurs éléments, liés à la demande, expliquent ces relocalisations.

Manque de réactivité, de flexibilité, difficultés pour organiser les circuits de distribution en « juste à temps »

L’importance des délais de livraison impacte la décision de relocalisation. Les produits de moyenne et surtout haut de gamme supposent d’être relativement plus intensifs en travail qualifié. Soumis à des phénomènes de mode, ils sont fabriqués dans des séries plus courtes. Dans le cas du textile, par exemple, les changements fréquents de modèle obligent d’une part l’entreprise à être très réactive, et d’autre part à encadrer le personnel local, qui n’a pas toujours les compétences nécessaires pour s’adapter à ces changements. Ceci renchérit les coûts de production. L’activité de production doit être en relation étroite avec l’activité de création (ce qui nécessite, souvent, d’avoir une proximité géographique entre les deux activités). Lorsque l’activité de création est située dans le pays d’origine, la relocalisation devient incontournable. Par ailleurs, pour les marchés soumis à des demandes saisonnières, la production doit arriver à une date précise et l’éloignement de la production peut également être synonyme d’une moindre réactivité.

Enfin, des problèmes de coordination peuvent, également, réduire les processus collectifs d’apprentissage. Enfin, « la proximité entre les lieux de production et de consommation reste un avantage important pour les entreprises, qui peut conduire parfois à une relocalisation dans le pays d’origine ».

Risque de réputation (RSE et consommateur citoyen)

Parmi les déterminants des relocalisations, il convient de mettre aussi en évidence la nécessité pour les entreprises de prendre en compte le développement durable ce qui peut les inciter à se relocaliser. D’une part, les entreprises sont confrontées à des mesures réglementaires portant, entre autres, sur le bilan énergétique et l’empreinte carbone, et d’autre part, les consommateurs font pression sur les entreprises, entraînant ainsi un risque de dégradation de l’image de l’entreprise, comme indiqué ci-dessus. Dès lors, la relocalisation peut être un moyen de satisfaire aux exigences de la demande. Ainsi, certains produits, du secteur textile et de l’agroalimentaire, pourraient être vendus à travers des circuits de distribution plus courts (coûts de transport moindre), et les stratégies d’approvisionnement favorables aux producteurs « low-cost » pourraient être modifiées en faveur d’un approvisionnement local dans le pays d’origine (production citoyenne, du type « vos emplettes sont nos emplois »). Là encore, c’est une demande éthique par les consommateurs qui peut inciter les entreprises à relocaliser leurs activités.

Ainsi, il n'est pas besoin de faire appel au "patriotisme économique", pour inciter les entreprises à relocaliser ; qu'elles réalisent juste que d'un point de vue économique, la production à proximité de la demande est rentable.


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8 réactions à cet article    


  • Robert GIL ROBERT GIL 3 janvier 2012 09:23

    Les donneurs d’ordres sont peu nombreux dans le monde, ce sont eux qui distribuent le travail et influent sur les logiques salariales. Les pays du sud produisent à bas prix, donc ils delocalisent pour faire plus de profit, le probleme c’est la capitalisme...voir :
    http://2ccr.unblog.fr/2011/02/02/concurrence-et-mondialisation/


    • Dornach Dornach 3 janvier 2012 12:04

      S’il n’y avait que cela à faire :

      http://0z.fr/U5CNh !!


      • easy easy 3 janvier 2012 20:50

        La Chemise Lacoste, qui a un fond de catalogue très stable + une gamme mode, joue sur les deux tabeaux et produit donc aussi bien en France qu’au Maroc.




        Il existe encore d’autres inconvénients aux productions off shore et aux transports internationaux.
        D’abord une problématique connue mais constante de contrefaçon
        Des problématiques de microbes-champignons-moisissures-insectes-larves
        Des problématiques d’air salin
        Des problématiques de chocs thermiques
        Et des problématiques de T° trop élevées qu’atteignent des containers exposés en plein cagnard


        • catherineMS catherineMS 4 janvier 2012 17:09

          en effet dans l’article suivant j’ai dressé une liste de raisons évoquées par les chefs d’entreprise , des difficultés rencontrées à l’étranger et qui ont motivé la relocalisation de leurs activités dans leur pays d’origine.
          mais en général, peu de communication là dessus, on ne s’en vante pas !! on met en avant l’éthique, la RSE plutot que d’avouer une banale erreur de gestion, de coûts sous-estimés 


        • lulupipistrelle 4 janvier 2012 00:46

          Oui le risque de réputation... Et bien j’attends toujours les protestations d’internautes qui en s’abonnant chez un fournisseur d’accès, n’ont découvert qu’après coup que le SAV était localisé ... au Maroc. Apparemment il n’ y aurait que moi que ça dérange ?


          • catherineMS catherineMS 4 janvier 2012 17:05

            oui il y a souvent un grand écart entre ce que les consommateurs déclarent et ce qu’ils font...en témoignent les études du CREDOC qui ont mis en avant que si plus de neuf consommateurs sur dix déclarent pouvoir boycotter des produits qui ne respecteraient pas certains engagements éthiques, seuls 26% déclarent l’avoir réellement fait. Entre le passage à l’acte et l’intention, le fossé reste important.


          • lulupipistrelle 5 janvier 2012 21:10

            Je fais partie de ces 26 %...

            ET pour mon fournisseur d’accès, j’attends des vacances (parce qu’il faudrait une quinzaine de jours pour changer , et que nous ne pouvons pas nous passer de téléphone) et je m’en vais..


          • catherineMS catherineMS 9 janvier 2012 16:33

            une bonne partie de la « solution » qui consiste à faire pression sur les entreprises qui délocalisent est entre les mains des consommateurs ; le risque de réputation à un coût économique qui provien du boycott de l’offre de produits ou services délocalisés.
            moins on achètera de produits et services délocalisés et plus les entreprises prendront au sérieux ce risque de réputation

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