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Accueil du site > Actualités > Economie > Remettre de l’ordre dans le commerce par le protectionnisme

Remettre de l’ordre dans le commerce par le protectionnisme

Depuis quelques semaines, le débat fait rage sur l’opportunité d’avoir recours au protectionnisme pour lutter contre la crise. Suite au papier de Malakine sur le blog Horizons, voici un plaidoyer pour un protectionnisme de croissance.

Pourquoi avons-nous besoin du protectionnisme ?

Sur le fond, le raisonnement est finalement assez simple : la libre concurrence entre des pays dont les écarts de salaires vont de 1 à 20 provoque inexorablement une baisse des salaires et du chômage dans les pays où ils sont plus élevés. Les Etats-Unis ont fait le choix du premier puisque le salaire d’un ouvrier Américain a baissé de plus de 10% depuis les années 70 et que le salaire minimum est passé de 8 à 5,15 dollars depuis 1966 (en dollar constant). L’Europe a choisi le chômage et la stagnation des salaires.

Les théoriciens du libre-échange auront beau rappeler toutes les belles théories écrites il y a des siècles, il ne faut pas oublier qu’à l’époque de Ricardo, les écarts de salaire allaient de 1 à 2. En outre, la théorie des avantages compétitifs a de grandes limites, tant illustrées par le fait que la Chine devient l’usine du monde, indistinctement des secteurs que par l’analyse de Jean-Luc Gréau. Bien sûr, le commerce peut être bénéfique mais il est aujourd’hui un facteur d’appauvrissement de la population des pays développés.

Maurice Allais, notre seul prix Nobel d’économie a été le pionnier de ce débat, au début des années 90. Emmanuel Todd lui a emboîté le pas et aujourd’hui Hakim El Karoui, Jean-Luc Gréau, Jacques Sapir ou Gérard Lafay plaident pour le protectionnisme. Mieux, même s’ils n’ont pas encore franchi le cap protectionniste, de nombreux économistes (Patrick Artus, Paul Krugman, prix Nobel d’économie et même Alan Greenspan) reconnaissent que le libre-échange provoque un appauvrissement des pays développés.

Le difficile débat sur le protectionnisme

Malgré cette percée idéologique, le débat est encore difficile aujourd’hui et oppose trop souvent les gentils partisans du libre-échange et les méchants protectionnistes, même si la situation s’améliore. Les premiers brandissent la crise des années 30 comme une preuve des dangers du protectionnisme alors qu’il n’était qu’une conséquence de la crise et non pas une cause…

En effet, tous les pays utilisent des formes de protectionnisme. Même l’Allemagne y a recours, par l’utilisation de normes spécifiques (les fameuses normes DIN) qui protègent leurs industriels de concurrents étrangers qui hésitent à investir pour rendre compatible leur production. L’instauration d’une TVA sociale il y a deux ans relève de la même logique. Les Etats-Unis ont une panoplie d’outils protectionnistes (pics tarifaires, réglementation de l’acier, mécanismes de rétorsion) bien plus développée qu’en Europe.

Et à l’opposé de la légende écrite par certains, le modèle de développement du Japon, de la Corée ou de la Chine associe un solide protectionnisme du marché intérieur avec le bénéfice de l’ouverture des autres. 95% des voitures achetées dans ces trois pays sont ainsi produites localement, le marché intérieur étant protégé de différentes manières. La Chine, par exemple, taxait à environ 100% les voitures importées il y a une dizaine d’années (environ 30% aujourd’hui) pour imposer aux constructeurs occidentaux à construire des usines sur place, leur imposant au passage un partenaire local pour former les futurs constructeurs locaux…

Construire un protectionnisme européen de croissance

L’établissement d’une forme de protectionnisme est donc essentiel pour permettre la hausse des salaires dans les pays occidentaux, sinon la concurrence avec les pays émergents provoquera chômage et déflation salariale. Il ne s’agit pas de retourner à l’autarcie. Il n’est en aucun cas nécessaire de remettre en cause le commerce avec des pays comparables au nôtre, ni même d’arrêter complètement le commerce avec les pays émergents. En outre, une restriction de certains commerces aura un impact écologique positif.

Il s’agit d’éviter de faire peser une concurrence destructrice pour les salaires et l’emploi. Des solutions existent. Maurice Allais recommande l’utilisation de quotas d’importations (qui pourraient être vendus) : il recommande de réserver 20% du marché industriel aux importations et 10% du marché agricole. Jean-Luc Gréau recommande des droits de douane qui seraient fonction du niveau des salaires. Enfin, il existe toujours une solution fiscale comparable à ce qu’a fait l’Allemagne avec la hausse de sa TVA.

Beaucoup affirment que de telles politiques sont impossibles, que l’Allemagne, qui profite du commerce, refusera forcément la mise en place d’un protectionnisme européen. Je n’y crois pas. Tout d’abord, chaque pays peut adapter sa fiscalité pour permettre une meilleure contribution des importations au bien-être de la collectivité. Ensuite, le souci de compétitivité allemand a des limites : depuis 10 ans, la croissance moyenne de l’Allemagne est de 0,9% et ce pays souffre de l’appauvrissement des classes moyennes. La sévérité de la crise actuelle (le PIB a reculé de 6 à 8% en rythme annuel au 4ème trimestre) peut changer les mentalités.

Les partisans du « laissez passer » oublient l’importance de la demande. La crise actuelle, qui frappe très violemment les économies exportatrices montre les carences d’un système qui déprime la consommation. Cela peut amener les premiers bénéficiaires du libre-échange à s’ouvrir à un protectionnisme de croissance.

Source : http://horizons.typepad.fr/accueil/2009/02/lalternative-protectionniste.html   


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27 réactions à cet article    


  • JL JL 14 février 2009 10:21

    Je regrette, les trois dernières lignes de votre conclusion me sont totalement incompréhensibles, même après plusieurs lectures. 


    • Gandalf Tzecoatl 14 février 2009 13:24

      Il parle du protectionisme exportateur chinois (méthode : dumpings) plombé par son ubris de rattrapage.

      La raison actuelle de limiter la demande est écologique et démographique. Il va sans doute falloir que la demande ne se résume pas à une question de prix, mais globalement à une responsabilisation de la demande.



    • jacques jacques 14 février 2009 14:31

      Pour moi qui ai des connaissances économiques niveau épicerie de quartier,on ne peut pas demander aux chinois de travailler et nous de consommer ,ça ne me semble pas sain !
      Les échanges doivent globalement s’équilibrer ,si non une taxe ou autre doit intervenir pour les rééquilibrer.Ceci nonobstant des problèmes écologiques ou autres.


      • Gandalf Tzecoatl 14 février 2009 16:04

        Et à 6 ou 9 milliards, on ne consommera pas les ressources que l’on devra léguer aux terriens suivants, pour peu qu’ils ne souhaitent s’envoyer en l’air.


      • Yena-Marre Yena-Marre 14 février 2009 16:21

        Bonjour ,
        Pour moi qui ai des connaissances économiques du niveau de celles de Jacques , je crois que si on pousse un peu loin , la réponse à une politique protectionniste ne peut être qu’une politique de rétorsion de la part des autres . Plus de commerce possible dans ce cas . Il y a sûrement un truc qui m’échappe smiley , mais bon je suis preneur d’infos . smiley


      • Gandalf Tzecoatl 14 février 2009 16:30

        La chine a l’intention de se constituer centre d’échange physique mondial, impuissant, on regarde, telles les vaches passer le train.


      • Laurent Herblay Laurent Pinsolle 14 février 2009 17:54

         @ JL

        C’est vrai. J’aurai pu être plus clair. En fait, ce que je veux dire, c’est que le libre-échange non régulé finit par déprimer la demande (quand son effet dépressif sur les salaires n’est plus compensé par l’endettement), ce qui finit par affecter les pays exportateurs, qui sont les principaux défenseurs du libre-échange.

        Le PIB Allemand a baissé de 2,1% au 4ème trimestre (plus de 8% en rythme annuel), le PIB Japonais de plus de 10%, ce qui devrait amener ces pays à se poser des questions sur leur modèle économique, qui est frappé encore plus durement que les autres en cas de crises.

        J’espère que cela est plus clair.

        @ Yena-Marre

        Je crois qu’entre le libre-échange non régulé et l’autarcie, il y a beaucoup de possibilités. Aujourd’hui, l’Europe est beaucoup plus ouverte que beaucoup de pays (Etats-Unis, Chine et Japon). Nous pourrions donc devenir un peu plus protectionniste sans provoquer de réactions massives. De toutes les façons, l’UE a une balance commerciale quasiment équilibrée. Nous ne craignons rien, au contraire des nations dont la balance est très largement excédentaire.

        On pourra toujours objecter que l’Allemagne pourrait y être opposée, mais comme son excédent est essentiellement réalisé avec l’Europe (les Allemands sont en déficit avec la Chine), alors, des restrictions au commerce avec les pays non européens ne leur posent pas de problème.

        Ces restrictions n’ont qu’un seul but : permettre une hausse des salaires dans les pays développés, qui va développer la demande et finira par bénéficier aux pays émergents qui profiteront de la plus grande croissance des pays développés.


        • Yena-Marre Yena-Marre 14 février 2009 18:39

           smiley Merci de votre réponse , mais elle ne m’éclaircit pas vraiment : si l ’UE taxe ses importations chinoises , la chine sera t ’elle prête à acheter des airbus au mêmes conditions ? Puisque si l ’Allemagne a une balance déficitaire , celle de l’ UE est équilibrée . 


        • JL JL 14 février 2009 21:59

          @ Laurent Pinsolle et Yena mare, c’était bien le sens de ma remarque : qui est qui dans cette affaire ?

          Pour ma part je constate que le libre échange profite essentiellement aux capitaux et aux multinatioanles : le libre échange enrichit les riches et appauvrit les pauvres, au mépris des nationalités. C’est pourquoi je conteste votre conclusion à sens unique et qui nécéssite une grille de lecture.  smiley


        • Philou017 Philou017 14 février 2009 18:30

          En principe, je suis pour des mesures protectionnistes, moyen tres sain de réguler l’économie et de gérer les échanges de façon à préserver une économie nationale.

          Dans le contexte actuel, cela doit être fait avec beaucoup de prudence, car l’économie a été mondialisée. Il est difficile dans un contexte de crise de modifier tout. Beaucoup d’entreprises vivent de l’exportation, ont des usines délocalisées. Il faudrait des mesures Européennes permettant à chaque pays d’établir progressivement un Quota de mesures protectionnistes, tout en négociant avec le reste du monde les conditions de la continuité d’un certain nombre d’échanges. Les secteurs protégés permettraient un reprise de la production intérieure, de l’emploi, et donc d’une certaine consommation.

          Je ne pense pas que ce probleme puisse se régler seul dans son coin.

          Ceci dit, il faudra absolument éviter l’éceuil d’un gouvernement mondial proposé par certains, qui ne ferait que priver les peuples de démocratie, et d’ailleurs sans aucune garantie sur l’avenir.

          Ce que je pense également, c’est que le gouvernemant actuel, à commencer par son premier agitateur, est incapable de mener une politique intelligente. Le progres commencera sans doute par l’éviction de m Sarkosy et de son clan.


          • Yena-Marre Yena-Marre 14 février 2009 18:57

            Bonjour ,
            Bien d’accord avec vous sur les compétences du moulinet qui parle plus vite qu’il ne réfléchi , mais que proposez vous ? Un genre de Yalta économique  ? Avec qui ? On regarde les chinois piller l ’Afrique de loin , et on reste entre nous ? Moi je crois que le monde financier qui s’écroule en ce moment nous a amené la mondialisation et que ça , c’est irréversible . Il faudra reconstruire un monde nouveau , l’économie sera globale sans pour autant qu’elle amené un gouvernement mondial .


          • Philou017 Philou017 14 février 2009 21:35

            Les négociations, cela concerne en premier lieu les organisations régionales auxquelles on appartient. Donc l’Europe en premier lieu. L’économie européenne est tres inter-connectée. La solution doit donc être collective.

            Quand à la Chine, je ne vois pas ce que ca vient faire là. Vous dites "laisser la Chine piller l’Afrique". En fait, c’est nous Occidentaux qui la pillont depuis 300 ans.
            Ce systeme est arrivé au bout de ses limites. Et si on commencait par vivre sans piller personne ? Ce pillage n’a eu lieu que parce que nous avons laissé des gens avides s’emparer des leviers de pouvoirs et que nous sommes laissé endoctriner par le dogme de la compétition économique. Cette compétition n’a finalement pour but que d’enrrichir une petite élite aux depens de l’humanité et de l’intérêt général.
            La terre est riche, les technologies perfectionnées, le savoir important. Pourquoi continuer une guerre économique qui fait tant de dégats ? L’échec du systeme actuel, c’est surtout l’incapacité à mettre en oeuvre un système véritablement au service de l’intérêt général, des pays comme de la communauté internationale. Le systeme actuel basé sur l’avidité des dirigeants économiques a fini par s’écrouler sous la frénésie de son appétit féroce.

            Vous n’avez pas l’air d’en tirer de leçon ? Ces mêmes dirigeants savent à merveille jouer sur les peurs pour justifier les pillages et les sacrifices. Combien de temps encore leur donnerez-vous raison ?


          • Philou017 Philou017 14 février 2009 21:41

            Quand au gouvernement mondial, on le voit arriver. Sarkosy a parlé d’un nouvel ordre mondial en évoquant des sommets à venir, Attali à parlé du gouvernement mondial aussi.
            C’est la logique même. La seule façon pour ces élites pour garder la main sur "les affaires" est d’instituer un nouveau gouvernement mondial, institution qui apparaitrait difficilement discutable puisque censée représenter le monde et "l’intérêt supérieur" de celui-ci. On essaiera de nous le fourger, vous verrez...


          • Yena-Marre Yena-Marre 14 février 2009 23:20

            Philou ,
             Je ne dis pas que je fais confiance à sarko pour nous pondre un nouvel ordre mondial , (quelle horreur !) simplement je me demande bien comment on peut re-fonder une société dont une partie se replierait sur elle même , économiquement parlant.

            Politiquement , c’est une autre histoire , précisément , si je souhaite voir naître des démocraties partout dans le monde , je ne sais pas bien par ou commencer , mais je sais que ce n’est pas en reproduisant nos erreurs du passé qu’on y arrivera .Nous pillons l’Afrique depuis 300ans , mais les chinois sont en train de prendre le relais pour les minerais . Les multinationales achètent des terres cultivables , pour nous revendre des agrocarburants , à des gouvernements dont les populations crèvent de faim .


          • Crevette Crevette 15 février 2009 00:01

            Pour compléter vos propos, je dirais que le mot protectionnisme est l’arbre qui cache la forêt.
            ce que je veux dire est que, pour prendre l’exemple facile de l’agriculture, le fait de vouloir dabord avoir une souveraieté alimentaire, c’est à dire, produire se suffire à nous même du point de vue alimentaire est loin d’être une aberration.
            Au contraire, du point de vue réchauffement climatique à cause de tous ces trucs que nous transportons parce que c’est moins cher, et qui se payent en émissions de gaz à effet de serre.
            La france ou n’importe quel pays de l’Union Européenne pourrait très bien atteindre la (quasi) suffisance alimentaire, produire local et vendre/acheter local, et exporter les surplus, et importer uniquement ce qui nous manque. ceci est applicable à tous les pays du monde.

            Le "libre échange" est vorace en CO2, c’est une excellente raison pour ne pas importer et transporter ce que nous pouvons produire localement ! C’est du gaspillage d’énergie et du gâchis qui contribue au réchauffement climatique.

            Concrêtement, par exemple, nous n’avons pas besoin d’importer des tomates ou du maïs si nous en avons assez localement. Si nous en avons trop, nous pouvons alors les exporter.
            Cet exemple est généralisable à bien d’autres domaines.

            Mais ceci ne serait pas du protectionnisme, non ? Ce que je dis est que nous avons abusé de la théorie des avantages comparatifs.

            Trop d’interdépendance des économies a favorisé (c’est un euphémisme) la contagion de la crise.

            Bien sur pour le pétrole, le gaz, les microprocesseurs, machin et tout, cela ne marche pas. Nous devons les importer.

            Mais le principe n’en est pas moins valable, car nous avons besoin d’ importer seulement ce que nous ne pouvons faire nous même, c’est ici que se rejoignent la crise économique et financière, la crise énergétique, la crise alimentaire et la crise écologique (réchauffement clilmatique).

            Cela s’appelle la démondialisation.


            • oj 15 février 2009 03:20

              Il n’y a pas que le point de vue economique qui doit etre observé car c’est la surtout le point de vue dominant des grands marchands qui devient en effet la référence qui veut s’imposer

              Il y a avant tout le point de vue politique ; en effet la France par exemple a construit une modele social politique et economique qui est globalement une reussite ; c’est une Nation pour tous les citoyens (avec un peu d’angélisme) et cette Nation est la base de tout projet de vie en commun pour une population.

              Cela a pris du temps et couté larmes , sang et efforts.

              La suite normale est la réunion avec ses différents voisins pour construire l’Europe qui rassemblent des modeles a peu pres equivalents. et cela aussi met du temps car cela doit se faire avec le consentement de tous et non sous l’autorité des armes.

              Alors pourquoi aurions-nous subitement l’obligation de détruire ce projet qui est le notre, sous pretexte de la volonté des marchés financiers internationaux.

              Ou est-il ecrit que nous devons detruire notre modele social et perdre nos entreprises et savoir-faire pour faire plaisir a la Chine ou a l’Inde par exemple.

              Nous avons au contraire l’obligation de conforter notre communauté pour toutes les bases qui lui sont necessaires (infrastructure, logement, energie,...) , ne serait-ce, comme on le dit généralement, pour nos enfants.
               
              Alors dans ce sens, je dirais, accelerons l’Europe , sur une base en effet de protectionisme de son modele ce qui est simplement naturel et n’empeche en rien de s’ouvrir aux autres mais tant que nous ne risquons pas sa mise en péril.

              j’imagine d’ailleurs que pour certains, une grave crise internationnale serait sans doute le moyen d’accelerer la construction europenne.



              • Marc Blanchard Marc Blanchard 15 février 2009 05:51

                Je suis complétement d’accord avec Philou et yenamarre.

                Pour compléter leurs commentaires.Cela fait 60 ans que les familles telles que rockefeller et Rotshield prônent "l’ordre mondial".

                Ce que l’auteur n’a pas encore compris, c’est que c’est une vingtaine de famille (qui elles ne connaissent pas la crise) qui dirigent le monde, subventionnent la politique, provoquent des crises, des guerres pour aller spolier les richesses et vendre les armes qu’ils fabriquent, ...

                Aujourd’hui quelques centaines de personnes se partagent 80 % des fortunes de la planéte.

                C’est eux qu’il faut combattre économiquement, pas le pauvre africain ou asiatique qui trime 90 heures par semaine pour 25€ sur lequel ces grosses boites de la mondialisation (et leur dirigeants) font un maximum de beurre. Le patron de Adidas gagne le salaire de 7000 de ses employés vietnamiens à lui tout seul !

                @ l’auteur
                Et vous voudriez encore augmenter les salaires en Europe ! Vous n’avez pas encore compris que ce que l’on vous donne d’une main on vous le reprend de l’autre ? Savez vous que vous payez 2 à 30 fois trop cher tout ce que vous consommez et que pendant ce temps votre supermarché, avec votre poignon va ouvrir des hypers dans le monde entier ? le même patron de cette chaine de supermarché est multimilliardaire car il a réussi à ruiner des millions de petits commerçants, d’agriculteurs et d’entreprises.
                Maintenant, avec votre fric il est parti ruiner encore des millions d’autres dans les autres pays en voie de développement. et va produire encore plus de pauvres et de chômeurs.
                C’est un exemple qui me vient à l’esprit mais tout fonctionne ainsi.

                Tout cela pour vous dire que le danger, ce n’est pas le petit chinois qui vole le travail des blancs, Ca c’est la communication que l’on vous inculque à grand coup d’arme de destruction massive qu’est la télévision et à l’école. Le marketing, la publicité, de discours politique, ...

                Moi je pense que pour que tout le monde s’en sorte et vive mieux, il faut dèjà commencer par arréter d’être con et de boycoter au maximum tout ce qui se fait un maximum de fric sur notre dos et notre travail et de privilegier les artisans, petits producteurs, petits commerçants Quelque soit le pays.
                Changer nos habitudes et ne plus penser comme on nous l’a appris et comme ces puissants veulent que l’on pense.

                Je sais que je rêve et que ça ne se passera pas de mon vivant, mais il faudrait dèjà commencer à expliquer ça à nos enfants pour ramener ces fortunes colossales dans le circuit de la vie.

                De plus en plus de gens vont acheter leurs denrées directement à la ferme, ca commence dèjà. Reste plus qu’à espérer que le patron du supermarché ne va pas racheter la ferme. Mais comme le fermier aura compris que ce même distributeur l’a saigné à vif pendant des années, il dira non !

                Ce qu’il faut c’est se rassembler et créer des mini coopératives ou associations d’achat et s’approvisionner directement quelque soit le pays du monde et exiger de la transparence. Ca commence à se faire ...

                J’ai monté une boite de confection au Vietnam (Car ils savent mieux coudre que les français et pour d’autres raisons d’ordre moral) Ca marche à donf, on n’arrive pas à suivre. Cela pour vous dire que je sais de quoi je parle. J’arrive à payer les employées 4x mieux qu’un fabricant industriel et à vendre 3 x moins cher que ce même fabricant.
                Seulement, je passe pas à la télé.

                Diviser pour mieux reigner. Ca fait des siècles qu’on tombe dans le panneau !

                Arrétons d’être con, en plus on a un outil formidable pour y parvenir. C’est internet ! (en attendant que ce soit régulé) . Mais à ce moment là des informaticiens nous auront rejoint et on en fera un autre.

                PS au modérateur. Mon post n’a pas pour but de vendre, de toutes façons on est blindés pour les 10 mois prochains, mais que les lecteurs prennent conscience qu’il faut changer et encourager de nombreux autres à monter des projets similaires au mien. Si vous me l’autorisez écrirai un jour un article plus complet sur le sujet.


                • JL JL 15 février 2009 09:38

                  @ Marc Blanchard, totalement d’accord avec vous. Je remarque tout de même que ceux qui font du prosélytisme pour un gouvernement mondial ne sont sûrement pas dupes eux-mêmes : un gouvernement mondial ne se fera jamais : le monde n’est pas occident. En réalité leur but est de créer un gouvernement mondial pour une "économie monde" au sens de Braudel, et plus précisément, de tuer la démocratie en Occident. On fait miroiter aux peuples ce gouvernement mondial comme les religions font miroiter le paradis : le gouvernement mondial n’est qu’un miroir aux alouettes.

                  Je note que, refuser les augmentation de pouvoir d’achat au motif que cela favorise les pays exportateurs est une hérésie : cela est équivalent à nier tout le pouvoir d’achat. En effet, quelle est la part de notre pouvoir d’achat que nous utilisons pour acheter des produits importés ? le principal ? Ou le superflu ? Cela est absurde, puisque tout ce que nous consommons ou presque provient d’ailleurs. La seule mesure raisonnable serait en effet de produire local et consommer local.

                  Quant à la répartition des richesses on peut la voir sous un autre angle : l’industrie de luxe est aux hauts revenus ce que la poule est à l’œuf. Des yachts privés de 50 mètres et plus, cela ne me paraît pas raisonnable. La TVA sur les produits de luxe devrait être progressive.


                • JL JL 15 février 2009 12:37

                  Quand on voit ce que l’UE est à l’euro, il y a peu de chances qu’un gouvernement mondial soit efficace pour géréer correctement une "économie monde" occidentale.


                • rofo 15 février 2009 09:58

                  Enfin un article intéressant !
                  Pour tous ceux qui doute du bien fondé d’un protectionnisme intelligent c’est à dire qui protège les entreprises (et donc les ouvriers) de chaque pays, je vous rappelle qu’il n’y a que 30 ans nous vivions avec des frontières douanières et que nous vivions très bien.
                  A tous ceux qui pensent que les frontières ammènent la guerre, je leur demande de bien réfléchir à ce que l’absence de frontière nous ammènera.... !


                  • Marc Blanchard Marc Blanchard 15 février 2009 10:34

                    @rofo
                    Vous n’avez rien compris. Le monde c’est pas la France ! il faut sortir un peu !


                  • rofo 15 février 2009 10:53

                    !

                    Je me pose aussi la question de savoir, moi qui ai voté à gauche, si la gauche se "convertirait" aujourd’hui à ce protectionnisme, ... ce donc je doute si j’en crois la réaction récente de DSK.

                    A mon grand regret et en tant qu’anti-sarkosyste primaire, je pense que c’est le seul, en France, qui est capable de venir à ce protectionnisme intelligent !

                    Ca fait mal.

                     !


                    • jjwaDal marcoB12 15 février 2009 10:58

                      Même les prédateurs de l’espèce humaine savent (sans doute mieux que nous) comment
                      nettoyer les écuries du commerce mondial.
                      Le premier pas logique est de sortir de l’OMC (voir "Whose trade organization ?" par ex)
                      ou de la réformer en profondeur.
                      A des niveaux inférieurs tout ce qu’on peut faire localement doit l’être (une justification a
                      minima est l’empreinte CO2 de marchandises faisant du "tourisme planétaire" comparé
                      à une production "locale" ,à elle seule justifiant une taxe douanière au prorata des km franchis
                      et du mode de transport (je pense à l’essor du frêt aérien) et le jeu de cons qui a consisté à
                      supprimer des industries de main-d’oeuvre pour gagner des marchés de haute technologie
                      créant bien moins d’emplois.
                      La chine et l’inde ont tous les moyens pour nous griller sur ces marchés très vite d’ailleurs...
                      Cela implique en amont l’arrêt progressif des gaspillages les plus monstrueux car la frugalité
                      est la clef de la richesse.
                      1/3 de notre consommation énergétique pourrait être supprimée par ex et nous pourrions
                      être totalement autonome en moins de 20 ans.
                      Nos impôts devraient favoriser les "petits" (ceux qui créent le plus d’emplois et sont donc
                      "moins rentables") et non arroser ceux qui se disent "compétitifs" en couinant pour accaparer
                      les subventions d’une main (voir l’agriculture et l’industrie) et dégraisser sévère de l’autre.
                      Globalement on devrait taxer au prorata des bénéfices d’une activité pour les collectivités
                      (nous et le monde) et donc progressivement charger les activités qui ont énormément
                      externalisées leurs coûts (je pense à la viande, à l’énergie fossile et nucléaire, à la pub...).
                      On ne va pas "rééduquer" (remettre sur les rails du bon sens) des peuples entiers
                      sans incitations lourdes et contraintes sévères au niveau du portefeuille.
                      A nous de réfléchir aux moyens concrets de le faire.


                      • rofo 15 février 2009 11:07

                        @ Marc Blanchard

                        Heu ben ... c’est justement parceque je sors beaucoup professionellement, (Chine, UK et US) que j’arrive à la conclusion que le libre-échange commence à se ringuardiser sérieusement et que très bientot un certain protectionnisme sera particulièrement à la mode.

                        A mon avis, cette crise sera si profonde que c’est la-dessus que se joueront les futures élections (en France comme ailleurs dans les pays encore dits développés...) 

                        ./.


                        • Laurent Herblay Laurent Pinsolle 15 février 2009 11:39

                           @ Yena Marre

                          La balance commerciale de l’Union Européenne est globalement équilibrée, mais très largement déficitaire avec la Chine (environ 200 Mds il me semble). La balance commerciale de l’Allemagne est largement excédentaire au global, mais essentiellement en Europe. Le déficit avec la Chine (récent) est compensé par des excédents réalisés avec les Etats-Unis par exemple.

                          Le montant colossal de l’excédent de la Chine vis à vis de l’UE fait que nous sommes dans un rapport de force en notre faveur. Si nous établissons des mesures protectionnistes, la Chine ne répondra pas forcément car ils ont beaucoup plus à perdre d’une guerre commerciale (leur 200 Mds d’excédent).

                          D’ailleurs, la Chine est beaucoup plus protectionniste que l’Europe. Il s’agirait d’un simple réalignement des pratiques européennes sur les pratiques chinoises, comme le je dis dans l’article. En effet, les droits de douane pour les automobiles sont encore de 30% en Chine et la Chine a imposé à Airbus la construction d’une usine d’A320 sur place.

                          Le dogmatisme ultralibéral de l’Europe fait accepter n’importe quoi à nos commissaires européens alors que les Etats-Unis et les pays asiatiques ont une attitude beaucoup plus pragmatique.

                          @ Marc Blanchard

                          Je suis d’accord sur le fait que de nouvelles formes de consommation peuvent changer beaucoup de choses (privilégier le local). Avez-vous lu Muhammad Yunus, le prix Nobel de la paix 2006, l’homme qui a inventé le micro-crédit au Bangladesh. Il a des théories très intéressantes sur le "social business" ?

                          En revanche, je ne partage pas votre point de vue sur la théorie du complot d’une certaine élite. Autant je souscris à l’analyse d’une bulle, autant je ne crois pas qu’il y ait une volonté délibérée d’exploiter la misère humaine. Je crois beaucoup plus à un problème de système économique et à l’absence d’alternative crédible qui pousse la plupart des élites à embrasser un système, dont en plus elles bénéficient.

                          C’est aussi ce que soutient Joseph Stiglitz, le prix Nobel d’économie qui a dénoncé les pratiques du FMI dans les pays émergents. Autant il est extrêmement dur avec les agissements du Fonds, autant il refuse toute théorie du complot, arguant même que la plupart des agents du Fonds pensent bien faire.

                          @ Rofo

                          Je ne crois absolument pas à une conversion du PS aux thèses alternatives en économie. La synthèse de Martine Aubry est restée coincée dans une pensée économique très libérale finalement, d’autant plus que l’aile gauche du PS (Mélenchon, Généreux) est partie, ne laissant plus que des partisans de la pensée économique dominante. DSK est sans doute allé le plus loin dans cette direction.

                          Je me considère comme un gaulliste (et donc opposé à Sarkozy), mais je trouve que le PS est beaucoup trop libéral sur les questions économiques. La dérive libérale du PS n’est plus rattrapable aujourd’hui. Les convertis au néolibéralisme sont souvent plus dogmatiques que les partisans de toujours.


                          • Gandalf Tzecoatl 15 février 2009 12:28

                            Le dosage protecto-libéral de chaque individu se doit d’être intégré par chaque ensemble se prétendant homogène et démocratique.

                            De cette individuo-économie positive, nait une hégémonuo-économie négative.

                            La diversité de la dualité ouvert-fermé en échange permet cependant de se prémunir d’une faillite complète de l’économie à l’avenir, ou la dissonance économique comme préalable à la perpétuation humaine.





                          • Jason Jason 15 février 2009 18:32

                            Il règne en ce moment une confusion de la pensée de la part des décideurs politiques, économiques et financiers, et des entrepreneurs, bien sûr. Les mots qui coupent court à tout débat ou qui ne reposent sur aucun concept précis et vérifiable deviennent de plus en plus abondants. On notera entre autres : global, globalement, mondialisation, systémique, international, protectionnisme, liberté du commerce ; et sans doute quelques autres.

                            Ce genre de vocabulaire a le mérite de faire appel à l’inconnu, à l’invérifiable, bref à des généralités vides de sens. La responsabilité, la causalité que l’on souhaiterait trouver à la source de faits socio-économiques disparaîssent au profit d’un ailleurs théorique émanant de forces obscures, incontrôlables, hors des frontières et des continents, et venant échouer dans la cour "des autres". Il y aurait alors dans l’air une sorte de déséquilibre mystérieux, capricieux, et bien sûr imprévisible.

                            Brave gens, la solution est ailleurs, nous rabâche-t-on, ne me demandez surtout pas de pointer le doigt vers les subventions aux produits agricoles (blé, sucre, cotton, etc ;) ou aux soutiens financiers divers aux industries (mais souvent nécessaires) de la part des états, sans parler des labirynthes fiscaux avec leurs niches douillettes. Le protectionnisme est bel et bien là, parmi nous, mais, de celui-là, on ne parle pas.

                            Ne serait-il pas plus utile de parler de produits particuliers, de pratiques frauduleuses diverses, de contournements des accords commerciaux, du "loan dumping", de corruption, de pillage et autres belles actions discrètes accomplies au nom de la liberté du commerce ?

                            Ma question : protectionnisme de quoi ?


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