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Accueil du site > Actualités > Economie > Requiem pour la profession d’économiste

Requiem pour la profession d’économiste

Un intéressant débat entre économistes Américains a été récemment lancé par Paul Krugman, Nobel d’économie et chroniqueur au New York Times, qui expliquait en substance que la crise avait été en grande partie déclenchée car les économistes contemporains avaient rejeté Keynes au profit de l’école de Chicago incarnée par Milton Friedman.

Friedman, qui estimait en effet que Keynes était dans l’erreur quand il prétendait que toutes les crises pouvaient se régler par une expansion progressive de la masse monétaire, partait du principe selon lequel les politiques fiscales - et donc les dépenses stimulatoires de l’Etat - n’étaient pas nécessaires. Keynes, qui s’inspirait de la Grande Dépression qu’il imputait à la politique de contraction de la Masse Monétaire de la Fed de l’époque qui aurait dû au contraire adopter une logique d’expansion, était persuadé que les récessions et que les dépressions étaient principalement provoquées par une chute de la consommation et de la demande. Une réduction substantielle des taux d’intérêts autoriserait ainsi une relance de la consommation du fait de liquidités fournies généreusement par un Etat qui aurait le rôle clé de faire fonctionner la planche à billets et ce en dépit de déficits publics qui seraient forcément transitoires...

Consommer toujours, investir encore plus et payer plus d’impôts en dépit d’un revenu statique sont donc les encouragements et les tuyaux de sortie de crise de Keynes (et de Krugman ) dans une pièce qui, si l’on en croit le dernier Nobel d’économie, se jouerait dans un univers théorique stérilisé dont les Banques seraient étrangement absentes ... alors qu’elles y ont le premier rôle ! Selon Krugman, la crise actuelle serait en effet une crise "classique " au sens Keynésien alors que l’implosion de la bulle immobilière ayant dévalorisé les titres hypothécaires détenus par des Banques ayant immédiatement fait sombrer les économies dans la récession en asséchant le crédit fait de cette crise un épisode fondamentalement financier.

L’effondrement de la demande ne fut en effet qu’un dégât collatéral tout à fait accessoire dans une conjoncture marquée, elle, par une série de micro facteurs déclencheurs, comme la notation des titres subprimes ou les ratios capitalistiques des Banques, micro facteurs ayant eu pour conséquence presque "naturelle " l’accumulation par les établissements financiers de ces titres tout juste bons pour la poubelle...Les enseignements macro économiques sont certes valables pour étudier la Grande Dépression en s’adossant sur la théorie des cycles d’activité mais analyser la crise actuelle déclenchée à l’été 2007 à l’aune de ces mêmes critères - en dépit de leur élégance intellectuelle - aurait pour conséquence dramatique de commettre toujours les mêmes erreurs.

Les économistes ont oublié que l’économie doit d’abord servir l’homme et la société car l’univers de la science économique contemporaine est envahi par les Mathématiques financières qui exercent une tyrannie ne laissant plus aucune place aux sciences sociales ! L’économiste Heilbroner disait malicieusement que les Mathématiques avaient insufflé une rigueur à la science économique avant de la tuer ! A moins que ce ne soit l’usage qui en a été fait qui a abouti aux dérives actuelles car - et c’est là aussi que Krugman se trompe selon moi - la condamnation des adeptes de Chicago au profit de Keynes ne permet pas de progresser : C’est l’ensemble de la profession qui se doit aujourd’hui de reconnaître qu’elle s’est fourvoyée dans son appréciation d’un système extrêmement complexe qu’elle ne comprend toujours pas complètement du reste...

Cette crise raconte d’abord l’échec de toute la caste des économistes n’ayant pu alerter contre la formation ni contre l’implosion d’une bulle dévastatrice.

Aujourd’hui, nous avons beaucoup appris. Que notre système financier est ainsi d’autant plus dangereux que certains Banquiers se complaisent à pousser leurs bilan, hors bilan et ratios au risque de voir leur mécanique exploser à tout moment. Nous savons également que cette mauvaise gestion n’est pas un hasard - ou un accident - mais plutôt la résultante d’une pression perverse qui s’exerce en permanence sur une profession dont on demande encore et toujours du chiffre...Pour autant, et c’est un enseignement majeur de cette crise, cette gestion déficitaire n’a été possible que grâce au laxisme - ou à la complicité ? - du régulateur et du législateur qui étaient persuadés que ce qui était bon pour les Banques serait bon pour le pays.

De son point de vue, Krugman a raison de défendre Keynes car il se conforme ainsi au credo en vigueur parmi les élites Washingtoniennes et qui consiste à dépenser sans compter afin de sauver une profession et un système sans lesquels eux-mêmes n’existeraient plus ! Ce que Greenspan a fait, Bernanke et sa planche à billets salvatrice l’entreprennent aujourd’hui à très grande échelle préludant ainsi de tous types de comportements à risques à venir.

Le système financier de demain sera nettement plus dangereux que celui d’hier.
 

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27 réactions à cet article    


  • Vilain petit canard Vilain petit canard 16 septembre 2009 10:14

    Il arrivera à la « science » économique ce qui est arrivé à l’anthropologie physique (qui classait les races) ou à la phrénologie  : elle deviendra un jour une science fossile, vaguement respectée parce qu’elle aura apporté quelque chose, mais complètement dépassée.

    En attendant, les économistes forment une espèce de caste de brahmanes, ou d’augures, comme on veut, qui agite des équations incompréhensibles, et se permettent de donner leurs avis sur des décisions politiques. Leur seules ambitions : être conseillers occultes des Princes, et en même temps des mandarins respectés.

    Ils vivent adossés aux pouvoirs en place. Il sont leur propre système de reconnaissance : le fameux prix Nobel d’économie, n’est qu’un prix bidon imaginé par la Banque de Suède, et rentré en force dans la fondation Nobel. Le prétendu « meilleur » économiste, désigné par les banquiers qui nous ont foutu dans la merde, excusez-moi, c’est trop drôle.

    En attendant cette fossilisation tant attendue, on cherche des successeurs.


    • caramico 16 septembre 2009 10:53

      C’est assez paradoxal de nommer « science » des théories qui se contredisent...


      • Eleusis Bastiat - Le Parisien Libéral eleusis 21 septembre 2009 10:34

        La physique nous dit que l’univers est en expansion depuis le big bang, ce qui suppose un big bang donc un temps zero. EN CONTRADICTION TOTALE avec la theorie pphysique de base qui dit que de rien ne nait rien et - corrolaire - si on a quelque chose avant, on a quelque chose apres.

        Les sciences dures (maths, physique, bio) sont remplies de ce genre de paradoxe qui n’interessent pas le public, par conttre commenter la science eco, tout le monde le fait car les economistes sont autant des theooriciens que des praticiens, dune part, et parce que la sc eco s’exprime en mots aussi bien qu en equations, du coup les gens se sont appropriés l’economie.

        Dire C’est assez paradoxal de nommer « science » des théories qui se contredisent, c ’est donc un peu surrealiste, quand on sait que TOUTES les sciences se contredisent, et que ce qui fait une science, ca n’est pas le resultat, mais la methode et la refutabilite.


      • ZEN ZEN 16 septembre 2009 11:47

        Bonne analyse
        Je confirme :

        La plupart des économistes ont versé dans un formalisme mathématique effréné, sur les conseils de Milton Friedman et ses collègues monétaristes.

        -Greenspan, un des acteurs de la crise, que Milton Friedman, père du monétarisme, considérait comme le meilleur gouverneur de la Fed , déclarait naïvement(?) a propos des causes de la crise :« C’est la nature humaine : à moins qu’on ne trouve un moyen de la changer, nous aurons une nouvelle crise. »

        -Krugman fustige « la cécité de la profession sur la possibilité de défaillances catastrophiques dans une économie de marché ».

        "Durant l’âge d’or, les économistes financiers en vinrent à croire que les marchés étaient fondamentalement stables - que les actions et autres actifs étaient toujours cotés à leur juste prix"

        -En octobre de l’année dernière M. Greenspan avouait qu’il était dans un état d’ « incrédulité choquée » car «  l’ensemble de l’édifice intellectuel » s’était « effondré ». Cet effondrement de l’édifice intellectuel étant aussi un effondrement du monde réel de marchés, le résultat s’est traduit par une grave récession"( P.K.)

        _« Lorsque dans un pays le développement du capital devient un sous-produit de l’activité d’un casino, le travail est susceptible d’être bâclé.  » (Keynes)

        -Economie : nous nous sommes tant trompés, par Paul Krugman :


        • Eleusis Bastiat - Le Parisien Libéral eleusis 21 septembre 2009 11:17

          ZEN, économistes financiers ca n’existe pas, sans doute voulez vous parler d’economiste de marché. Passons.

          Dire marchés étaient fondamentalement stables - que les actions et autres actifs étaient toujours cotés à leur juste prix" ca ne veut pas dire qu’il y a pas de possibilite de crise.

          Ca veut dire qu a un instant t, sur un marché quelconque, la multiplicite des acteurs fait que le prix d’un actif est le bon compte tenui de l’information disponible. Quand meme pas la meme chose.

          le vrai probleme : s’exprimer a la place des specialistes d’un domaine. les mots ont un sens precis pour une profession, qui ne veut pas dire la meme chose dans une autre.

          Exemple concret : Passif.
          Pour une boite en faiillite au tribunal de commerce, passif = ensemble des dettes pour les avocats ou le juge ou les medias alors que pour le comptable : passif ca n’est pas que les dettes, passif c’est la colonne gauche du bilan, soit l ’ensemble des engagements y compris le capital. Drole non comme ca veut juste dire l inverse ?


        • JL JL 16 septembre 2009 11:48

          La finance doit être au service de l’économie, et l’économie au service des hommes. Le crime des économistes est d’avoir dit et laissé faire le contraire.

          Autrement dit, les économistes othodoxes ne valent guère mieux que les astrologues et sont bien plus dangereux.


          • Eleusis Bastiat - Le Parisien Libéral eleusis 21 septembre 2009 10:36

            On confond tout. La finance est a l’economie ce que la medecine est a la biologie : une technique qui decoule d’une science. La finance avance quand l’economie avance.


          • Michel Santi Michel Santi 21 septembre 2009 11:23

            Je me demande bien qui confond tout ?
            La Finance peut fort bien avancer pendant que l’économie, elle, recule...


          • Eleusis Bastiat - Le Parisien Libéral eleusis 21 septembre 2009 14:07

            La Finance peut fort bien avancer pendant que l’économie, elle, recule

            exemple concret ?


          • Michel Santi Michel Santi 21 septembre 2009 14:12

            vous avez sous vos yeux l’exemple vivant de Banques, de Bourses qui engrangent les bénéfices, d’une institution comme Goldman Sachs et d’autres qui, grâce au flash trading, - dernière trouvaille de la Finance - multiplient les profits pendant que le taux du chômage grimpe, donc que l’économie régresse.


          • Eleusis Bastiat - Le Parisien Libéral eleusis 21 septembre 2009 15:51

            c’est bien ce que je pensais, on ne parle pas de la meme chose. Vous ne deviriez pas faire des raccourcis pareils sous pretexte que vous etes un pro qui s’adresse a des non pros, vous devriez etre plus rigoureux.
            La finance, ca n’est pas que les activites financiere, et l’economie, ca n’est pas que l’ensemble des indicateurs economiques.

            Vous ne pouvez pas dire « l’economie vu par telle ou telle ecole est en faillite » et enchainer ensuite sur « la finance va bien ». Soit vous dites l’economie est en crise (en parlant de l’economie de tel ou tel pays) et ensiite vous dites MAIS la finance va bien (en parlant du business de la finance) , soit vous dites la connaissance academique en economie ne progresse pas mais le corpus des connnaissances en finance, si. Vous me suivez ?

            La meilleure preuve est que stricto sensu, la finance en tant que business est une activite economique avec des clients, des entreprises, des employés et des resultats. Le fait que les salles de marché aillent bien ou mal n’est pas strictement correlé a la diffusion des connaissances en finance.

            D’autre part, honnetement, est ce bien serieux de dire « vous avez sous vos yeux l’exemple vivant blabla » et d’en conclure que la finance va bien ? Partir de l’anecdote pour en tirer une conclusion large  ? Arcelor Mittal redemarre ses fourneaux, est ce que toute la siderurgie va bien ? Ferrari voit ses perspectives s’ameliorer http://www.reuters.com/article/reuterscomService5/idUSTRE58F37W20090916 est ce que ca veut dire que l’auto se redresse ?


            On ne peut pas mettre economie et finance sur le meme plan. Au niveau academique, l’une decoule de l’autre, et sur le plan operationnel, l’une est inclue dans l’autre.


          • Le péripate Le péripate 16 septembre 2009 12:00

            C’est très juste de parler de caste en ce qui concerne les économistes. Et ce pour une raison simple : les employeurs des économistes sont dans leur immense majorité institutions étatiques et gouvernements. Croyez vous qu’un économiste qui professerait que les institutions et les gouvernements sont au mieux pas très utiles et au pire causent les problèmes qu’ils sont sensés corriger trouve un travail ? Peu de chance.
            D’où la mise à l’écart de l’économie politique comme vague philosophie libertarienne.
            Restent en lice ceux dont les théories conviennent aux institutions et gouvernements : monétaristes et néo-keynesiens.

            Faux dilemme. Deux alternatives également trompeuses, l’une parce qu’elle tolère la réserve fractionnaire et s’illusionne sur la capacité des états à ne pas toucher à la création monétaire, et l’autre parce que la monnaie est son point aveugle théorique, malgré les efforts d’un Aglietta qui n’aboutissent qu’à légitimer le prêteur en dernier ressort, source de l’irresponsabilité.

            La crise est monétaire dans sa source, ne pourra se solder réellement sans une longue et profonde déflation et un retour à 1914 par indexation de la monnaie sur l’or, argent, marchandises, et avec au minimum une forte responsabilisation de l’usage de la réserve fractionnaire, sinon une interdiction.

            Keynesiens et monétaristes partagent la responsabilité d’avoir oublié que le capitalisme, c’est épargner, produire et consommer, dans cet ordre là.


            • taktak 16 septembre 2009 12:52

              Epargner produire et consommer.....

              je ne comprend pas bien ce que vous entendez par là ?


            • JL JL 16 septembre 2009 13:09

              « le capitalisme, c’est épargner, produire et consommer » dit péripate !?

              Non, le capitalisme c’est d’abord « organiser la pénurie de ce qui est gratuit » pour vendre ce qui est produit.

              L’etat ne sert à rien, dixit péripate encore. Sait-il seulement que la force publique protège davantage les biens privés que la vie humaine ?


            • Le péripate Le péripate 16 septembre 2009 13:40

              @Taktak. La martingale keynesienne, c’est emprunt et inflation (de la masse monétaire), consommation, production, et pas d’épargne. Un cycle très différent, qui induit entre autre crises monétaires à répétition, crises dont l’ampleur est fonction des efforts qui ont été déployés pour justement empêcher la crise. Comme un barrage qui s’effondre tôt ou tard sous l’effet des réajustements nécessaires des marchés, marchés qui se vengent (sans anthropomorphisme svp).

              Épargner, donc, à condition que le travail ne soit tant soumis à cotisations et taxations qu’aucun excédent ne puisse naître.
              Produire, c’est à dire par l’offre chercher la demande, explorer.
              Consommer et donc échanger. L’échange est la véritable source de richesse, parce que il permet la meilleure allocation des ressources possible, en fonction de ce que chacun sait et des anticipations qu’il peut avoir.


            • Freebird 16 septembre 2009 15:24

              Péripate,

              Vous oubliez que les économistes qui doutent fortement des vertus de l’Etat et des institutions publiques (FMI, Banque mondiale, banques centrales et autres) choisissent eux-mêmes de ne pas travailler pour eux. C’est d’ailleurs le principal problème : il y a un énorme biais d’auto-sélection dans le recrutement des économistes, ceux postulant à des jobs dans le public étant avant tout ceux qui croient que l’Etat est utile. Ceux qui pensent que l’Etat est le problème et pas la solution ne postulent même pas aux jobs ouverts au ministère des finances, à la banque centrale ou au FMI ; soit ils restent dans la recherche, soit ils bossent dans le privé (le plus souvent à leur compte ou dans des cabinets de conseil aux entreprises).

              Autre problème : le manque total d’indépendance des économistes « institutionnels », à qui on demande en permanence leurs avis « d’experts » mais qui au bout du compte doivent dire ce qu’on leur demande de dire s’ils ne veulent pas finir profs dans un petit lycée de province.

              Enfin, pour répondre à l’auteur, si la situation actuelle s’avère effectivement être un requiem pour les deux courants de pensée dont vous parlez dans l’article (keynésiens et monétaristes), il y a croyez-moi très peu de personnes dans la profession qui verseront une larme, tant la prédominance de ces deux courants au cours des 30 dernières années a totalement anéanti tous les autres domaines d’analyse économique. La discipline a clairement besoin de se renouveler, espérons que ce sera la bonne occasion.


            • Eleusis Bastiat - Le Parisien Libéral eleusis 21 septembre 2009 10:49

               JL (xxx.xxx.xxx.182) 16 septembre 13:09 

              capitalisme c’est d’abord « organiser la pénurie de ce qui est gratuit » pour vendre ce qui est produit.


              Les besoins des hommes (selon Maslow http://en.wikipedia.org/wiki/Maslow’s_hierarchy_of_needs 
              PRIMAIRES
              boire, manger, dormir, faire ses besoins

              SECONDAIRES
              Dormir dans un abri, etre en securite

              SUPERFLUS
              estime

              REPONSE
              primaire : agriculture, apprentissages oraux de base ...

              secondaire : agriculture importee en continu, alphabetisation, droit du travail, armee organisee ...

              superflu : mangues et fraises en hiver dans le Auchan du coin, enseignement universitaire de sociologie, Agoravox, Louis Vuitton, 4x4 a 15 litres au cents, Apple I Pod, TV ecran plat etc etc

              Contrairement a ce que vous dites, JL, quasiment RIEN de ce que l’homme consomme, y compris au niveau des besoins primaires, n’est abondamment et gratuitement disponble dans la nature, sans effort. D’ou l’existence de la science economique, science de l’organisation des choix alternatifs.


            • taktak 16 septembre 2009 12:02

              Il est intéressant de s’interroger sur le role de l’économiste dans l’économie.
              Il est toutefois dommage que vous vous limitiez à une confrontation entre Keynes ou à l’école de Chicago...

              Il vous échappe ainsi le fait que ces 2 visions économiques sont au final assez proches dans leur impact sur la politique économique : il s’agit d’apporter une réaction au phénomène économique, mais aucune de ces 2 visions politique ne s’interoge sur les ressorts profonds du SYSTEME economique et donc de la manière dont on doit le changer (et non influer dessus). L’économie politique alterant ainsi entre libéralisme et régulation en fonction de ce que les opinions sont capables de tolérer...

              Krugman a raison de dire que cette crise est une crise classique et que si l’élément déclencheur est financier il n’en reste pas moins que l’origine de la crise est similaire à la grande dépressions. C’est pourquoi il fait référence à Keynes, l’autre référence des écomistes ayant droit de citée actuellement.
              Pourtant, et de manière assez nouvelle quoique marginal, ces temps derniers on voit de nouveau faire référence à Marx...

              Et c’est à mon avis bien là qu’il faut chercher la bonne explication non seulement à cette crise, mais aux crises en général, cette explication que la profession dites vous attend.
              Marx en effet propose à travers ce qu’il appelle le phénomène de baisse tendancielle du taux de profit, cette explication implacable de pourquoi la spéculation ne peut être empécher d’une part, d’autre part de pourquoi il faut courrir toujours derière une augmentation du taux de rentabilité de l’investissement.

              Il est dommage que par idéologie, très peu d’économiste n’essayent d’expliquer et d’approfondir ce sillon déjà assez agé....


              • timiota 16 septembre 2009 19:04

                Oui, taktak, je vous donne mes grains à moudre :

                - Peripate est intéressant en essayant de rejeter dos à dos freshwater (Chicago) et saltwater (Keynes). Mais dans ce cas, il me semble que le principal élément pour sortir du débat finance/production dans l’oeuf et la poule est l’élément cognitif. Il y a une crise des connaissances que les uns et les autres ont de la production, de la capacité à spéculer et de la capacité à noter. Aglietta en voit un bon bout, peut être pas tout, soit.

                - Marx et la baisse tendancielle : oui mais dans un cadre anthropologique plus large. A ce niveau, Stiegler me parait viser assez juste (en encadrant le côté Freudien de perte d’énergie « libidinale » toutefois).

                C’est au fond la dynamique des « protensions » et rétentions qui nous guide. Dans les industries culturelles de masse, les « protensions » disparaissent car les singularités des gens sont aplaties, dans les « user profiling » et autres délices du marketing. Cela produit de la « misère symbolique », des gens qui ont perdu leur savoir-faire/savoir-vivre. Et qui sont des prolétaires au sens de Marx, en bonne partie. Même si ce sont économiquement des cadres, par exemple. Car il faut sortir de la lutte des classes économiques. Le recrutement des grandes écoles en France suggère par exemple que les classes sont les classes** cognitives ** aujourd’hui.

                Ce qui permet de dire que l’UE n’a pas tout faux en visant une économie de la connaissance, au sein de ses horreurs libérales.

                Ce fut d’ailleurs la connaissance qui a alimenté si on relit Todd, la meilleure espérance de vie des français dans le Sud, n’ayant pas de grosses ressources industrielles et agricoles dans la période 1900 1950, les femmes ont favorisées l’éducation de leur progéniture, garçon ou fille, et c’est la génération qui a fait les riches heurs de l’administration française, avec de la culture à revendre assez souvent.

                Bref, oui, les au-delà anthropologiques du débat soulevé par Krugman sont riches.
                Quant à l’économie quantitative, elle n’a qu’un rôle d’appui : tous les business plan du monde sont faux, c’est archi-connu, aucune prédiction ne tient la route. En revanche, celui qui a mis ensemble des prédictions et des états de marchés dans un domaine X Y, on admet qu’il a conquis là son brevet d’entrée dans l’entreprise.

                Certes, cela éloigne d’une vue pragmatique et conduit aux nombreux projets techniquement ratés qui existe, c’est aussi un bât qui blesse dans la boucle épargner, produire consommer. Ce cycle n’est « réussi » que pour fabriquer des merdes en Chine à la pelle, si on peut finir par donner une idée de ce qui « marche » dans ce monde.

                Désolé pour la plupart de lecteurs , mais j’essaye de raisonner plus associativement que rationnellement, je sais que c’est dur à lire... merci.


              • pruliere pruliere 16 septembre 2009 13:51

                Les économistes sont de pseudo-scientifiques véreux qui débattent autour d’un verre des rôles relatifs que devraient jouer l’état et des banques sur la monnaie et l’économie...
                Mais au final, ce sont toujours les mêmes qui trinquent !!


                • JL JL 16 septembre 2009 14:00

                  Faut-il être économiste pour voir que ce qui vient de se passer, à savoir la concentration bancaire, est un nouveau « new deal » ? A ma connaissance aucun économiste ne l’a dit, et pourtant sur le fond c’en est un même si, sur la forme c’est l’inverse du précédent.


                  • Internaute Internaute 17 septembre 2009 08:49

                    Le débat est limité par les crocodiles du même lac. Ainis on ne nous parle que d’un choix entre Keynes et l’école de Chicago comme si l’économie se résumait à eux deux.

                    Il y a une troisième voie, la seule qui a prédit ce qui vient de se passer et les crises à venir. Il s’agit de l’école Autrichienne de Ludwig Von Mises et de ses fidèles. On pourrait la résumer, come dit le péripate, à épargner produire et consommer. C’est une forme plus académique du dicton français « Il ne faut jamais vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué ».

                    Aux USA, l’école de San Franciso avec le Pr. Antal Fekete suit le même chemin et commence à faire parler d’elle bien qu’il soit plus spécialisé sur l’économie de l’or. Il y a donc du monde en dehors de Keynes et de Friedman mais comme ils ne sont pas employés par la Fed on les laisse dans l’ombre.

                    L’autre absent des commentaires sur la crise, à part de quelques sommités comme Paul Craig Robert, est la désindustrialisation provoquée par la mondialisation. C’est en fait la cause principale de la crise. Sans création réelle de richesse, l’édifice bancaire n’est bâti que sur du sable et sa seule issue est de se casser la figure.


                    • taktak 17 septembre 2009 13:53

                      A part que création réelle de richesse il y a. Suffit de voir comparer les niveaux de production de bien et de service entre aujourd’hui et il y a 10 ans. Il y a désindustrialisation des pays de l’ouest, mais ce n’est pas le cas de la chine, de l’inde des BRICs etc....

                      Non ce qui diminue c’est la rentabilité du capital investit, ou du moins la difficulté à obtenir cette rentabilité augmente (en carricaturant, c’est un poil plus complexe) qui provoque une difficulté de débouché pour les capitaux à investir.

                      Ce qui pousse à la spéculation, à la formation de bulles d’une part (immobiliaire, net économie, matière première etc...), d’autre part à essayer d’extraire de la plus value par des moyens détournés : on a ainsi cherché à masquer la baisse des salaires (et donc du pouvoir d’achat du prolétaire) par l’octroi de facilité de crédit. La valeur produite par le travailleur étant ainsi restitué sous une forme de plus en plus faible de salaire au salarié, la part de la plus value récupéré par l’investisseur augmentant d’une part, et dans le même temps les banques ont réussi à récupéré une part de cette valeur sous la forme de crédit.
                      A part que le salarié a des besoins incompressibles (le logement notamment) et qu’on ne peut extraire plus de plus value que de valeur qu’il produit. D’ou la rupture de la bulle

                      Au fond peut importe la cause déclancheuse de la crise. l’instabilité provient du fait qu’il est nécessaire, avec l’augmentation continue du capital à investir, d’augmenter l’extraction de valeur (la plus value) nécessaire pour rémunérer ce capital.

                      Sans innovation technologique importante c’est impossible, sinon à exploiter plus le travail (d’ou le dumping social actuel) ou à ouvrir de nouveau marché (pays de l’est ou émergeant, secteur public à privatiser...)

                      Alors certe la crise est le moment ou la valeur irréelle engendrée par la spéculation est détruite, au sens du proverbe « il ne faut jamais vendre la peau de ’lours avant de l’avoir tué ». mais ce n’est qu’un symptome d’un mouvement plus profonds du à l’instabilité du circuit de répartition de la valeur produite.

                      Il faut donc trouver un autre moyen que le seul marché pour trouver une destination aux capitaux produit par la sur valeur du travail.
                      Un premier débouché, dans un monde où la faim et la maladie tue par million peut être la protection sociale, la satisfaction de besoin élémentaire et de droit fondamentaux que sont la santé, l’éducation etc. Un second débouché à l’heure de la prise de conscience de la crise écologique induite par ce modèle économique court termiste peut être l’investissement dans la recherche de nouvelles technologie permettant d’assurer le bien être de l’humanité et non l’enrichissement et le gaspillage par quelque’un.


                    • Blackeagle 18 septembre 2009 02:18

                      Si j’ai bien compris vous rejetez dos à dos friedman et keynes.
                      C’est oublier plusieurs point fondamentaux.
                      1. Les politiques keynesienne ont permis de sortir de la crise de 29. Et elles ont assurer une aire de prospérité sans précédent qualifiée aujourd’hui de trente glorieuses.
                      2. Les politique à la friedman, mise en place depuis reagan ont directement conduit à la crise actuelle. Liberalisme, libre échange planétaire, quasi suppression de la redistribution des richesses par la fiscalité, dérégulation généralisée, abandon des services publiques, etc......Mais c’était déjà ces politiques economiques qui étaient suivies avant 1929 et qui ont conduit au drames historique. Juste pour rappeller, leur prelière expérimentation fut au chili sous pinochet, on connait tous le résultat.
                      3. S’attacher uniquement au mécanismes financiers déclancheur de cette crise ne permet pas d’en cerner les causes réelles. Car la cause réelle est bien la chute de la demande directement reliée à l’accroissement des inégalités. L’unique différence, c’est que cette fois ci, pour retarder cette chute inévitable, fut introduit le credit risqué reliè avec des innovations financiéres (titrisation, effet levier). En gros, sans ces crédit, la demande n’aurait pas été soutenu et la crise serait arrivée plus tot mais aurait sans doute était plus progrésssive, moins brutale, encore que......Donc on a introduit ces crédits.....du coup la demande peut être temporairement soutenu jusqu’à ce qu’il y ai défaut de paiement.


                      • frédéric lyon 20 septembre 2009 05:27

                        Le Keynesianisme est mort et enterré et il est vraiment inutile de tenter de le ressusciter. 


                        Autant essayer de ressusciter le Marxisme, auquel le Keynesianisme avait d’ailleurs servi de substitut. 

                        La relance Keynésienne est provoqué par une augmentation de la dépense publique. 

                        Bien. Mais lorsqu’à notre époque on constate qu’une augmentation de la dépense publique signifie une augmentation du déficit public, car les recettes publiques ne couvrent plus les dépenses publiques depuis longtemps déjà, et qu’une augmentation du déficit public celà signifie une augmentation mécanique de la Dette Publique, qui frôle déjà les sommets, on ne peut qu’en conclure qu’il faut trouver d’autres moyens de relance et de soutien de l’activité économique.

                        C’est ce que l’Ecole de Chicago a tenté de faire, avec un certain succès, en s’attachant aux conditions de formation de l’Offre, plutôt qu’en cherchant à augmenter artificiellement la Demande comme le voulait le Keynesianisme.

                        Et si la sciences économique était seulement sortie à ce propos des querelles idéologiques ? 

                        C’est vrai qu’il est très difficile de déclencher une querelle idéologique à propos d’une équation mathématique établissant les conditions d’équilibre d’un marché. 

                        Une équation mathématique est vrai ou fausse, mais sa validité ou sa fausseté ne dépend pas d’une opinion idéologique, mais d’une démonstration. 

                        C’est bien là ou le bât blesse : Tout ceux qui n’ont pas le niveau Math Spé en Matématiques se sentent exclus du débat. 

                        Il leur restera la ressource d’écrire des articles par centaines pour protester contre ce coup du sort et pour nous prédire toute les catastrophes que leur exclusion du débat ne manqueront pas de provoquer, selon eux, dans l’économie mondiale.

                        C’est un peu ce à quoi nous assistons sur Agoravox : Tous les « articles » économiques, ou prétendus tels, que nous pouvons y lire, se terminent tous sans aucune exception par une seule conclusion : Nous sommes au bord de la catastrophe, à la veille de la fin du monde, et demain ce sera encore pire.

                        C’est rigolo, disons que c’est curieux et qu’on ne sait pas ce qu’il faut en penser, mais il y a une chose qui est sûre et qui est que ce n’est pas de l’Economie.

                        L’Economie, la vrai, celle d’aujourd’hui, a désormais sa place dans les manuels ou les publications spécialisée, mais elle n’a plus sa place dans les journaux. 

                        Comme les Matématiques et pour les mêmes raisons. 



                        • Eleusis Bastiat - Le Parisien Libéral eleusis 21 septembre 2009 10:51

                          L’Economie, la vrai, celle d’aujourd’hui, a désormais sa place dans les manuels ou les publications spécialisée, mais elle n’a plus sa place dans les journaux.

                          J approuve, frederic lyon.


                        • Eleusis Bastiat - Le Parisien Libéral eleusis 21 septembre 2009 11:08

                          l’univers de la science économique contemporaine est envahi par les Mathématiques financières qui exercent une tyrannie ne laissant plus aucune place aux sciences sociales 

                          Muaaah ah aaah


                          1. sur les 20 derniers economistes titrés par la Banque de Suede en memoire de Nobel, on en a 12 qui ne correspondent pas, loin de la, a de la micro economie ultra mathematisee, loin de la.

                          http://fr.wikipedia.org/wiki/Prix_de_la_Banque_de_Su%C3%A8de_en_sciences_%C3%A9conomiques_en_m%C3%A9moire_d’Alfred_Nobel

                          2. Mathématiques financières = une toute petite partie des maths utilises par les economistes. Cette approximation est inquietante pour une personne qui est un economiste travaillant avec le World Economic Forum. Les maths en sc eco : des equations differentielles principalement. Rien a voir avec les maths fi.

                          3. Les recents succes de librairie concernent justement des nouvelles branches de l’eco. L’auteur de cet article a t il deja entendu parler de Steven Leviitt http://antisophiste.blogspot.com/2005/11/pourquoi-les-dealers-vivent-ils-chez.html auteur de pourquoi les dealers vivent ils chez leur maman http://www.decitre.fr/livres/Freakonomics.aspx/9782070341795 ?
                          http://www.afs-socio.fr/FI108/21terrainSH200_14_17_D2.pdf




                          Article tres eloigné de la realité.

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