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Accueil du site > Actualités > Economie > Retour du chômage : le RSA pour tous !

Retour du chômage : le RSA pour tous !

La mise en œuvre du RSA dans les conditions proposées par la droite n’est pas sans poser de nombreuses questions. Le dispositif est-il un moyen efficace de combattre la misère ? Ne constitue-t-il pas un effet d’aubaine pour les entreprises ? N’institue-t-il pas un recours massif au travail à temps partiel ?

Revendiquée comme une mesure sociale de gauche, la réalité semble nous démontrer le contraire. Les Français seront-ils dupes une fois de plus ?

Il semble, encore une fois, que la perception que nous avons du soit loin d’être unanime. Selon Pierre-Alain Muet, secrétaire national adjoint à l’économie durable au sein du Parti socialiste, le RSA ne serait qu’une vulgaire “rustine” qui n’effacera en rien le creusement des inégalités.

Pour Aurélie Filippetti, députée de Moselle, le RSA sera un encouragement au temps partiel. Or, sur les bassins d’ de Louviers et de Val-de-Reuil, la mise en œuvre du RSA s’est hélas soldée par l’explosion des contrats à temps partiel. Le RSA ne serait-il pas l’étape ultime du transfert de la charge de l’assurance-chômage vers la solidarité nationale, régionale et locale ? Le RMI n’avait-il pas été la toute première étape de la formidable politique de régression sociale appliquée à la France depuis 1984 ? Il y a un paradoxe, qui ne semble étonner personne à gauche, de voir la droite s’approprier une mesure revendiquée comme étant de gauche.

Un bilan consternant !

Le cas de Nicolas, Bac +4, est édifiant. Il est allocataire du RSA, embauché au conseil général - socialiste - des Bouches-du-Rhône à mi-temps. C’est mieux que rien, me direz-vous ! Mais le RSA ne semble pas répondre aux raisons structurelles qui nous permettent de comprendre ce véritable gâchis collectif.

Dans les 31 départements qui expérimentent le RSA, le Haut-Commissariat aux solidarités actives reconnaît que seul un quart de la population concernée bénéficie d’un retour à l’emploi. On peut évidemment s’en satisfaire. Pour les allocataires du RSA, le revenu médian est de 901 euros. 901 euros pour payer la redevance télé, les impôts locaux et un loyer sans aides !

Pour les finances publiques, le bilan n’est pas glorieux non plus dans la mesure où à l’aide de l’état pour financer les allocataires s’ajoutent les aides que touchent les entreprises. C’est la double peine fiscale.

Que dire enfin de la nouvelle taxe d’1,1 % qui touchera les épargnants en dehors de ceux sur lesquels s’applique le bouclier fiscal ? Au final, ce seront bien les classes moyennes qui supporteront la nouvelle taxe.

Effet de substitution

L’utilisation d’une rhétorique “martiale” sur la pauvreté et sur le chômage ne doit pas nous faire oublier le refus du gouvernement actuel de relever les minima sociaux et le Smic. Là où il faudrait de l’éducation, de la formation, du pouvoir d’achat, de la recherche, de l’innovation, comment pouvons-nous continuer à promouvoir une mesure qui ne fait que d’enkyster le travail à temps partiel dans la société française ?

Et puis, le RSA, la nouvelle amulette médiatico-politique, ne résout en rien les problématiques liées à l’extrême pauvreté en France. La mesure ne concerne en effet que les personnes qui disposent d’un emploi, soit 100 000 Rmistes sur un total d’1,14 million au 30 juin 2008. Pour les autres ? La mise en place du RSA ne risque-t-elle pas d’occulter la partie immergée de l’iceberg en braquant les projecteurs - et surtout - les moyens de l’Etat sur une mesure “porteuse” ? En mettant en avant les “méritants”, ne risque-t-on pas de dénoncer tous les autres ?

L’augmentation brutale du chômage - du jamais vu depuis 1993 - est certes la conséquence d’une situation internationale tendue, mais aussi de choix en termes de politique économique extrêmement contestables. Là où nous aurions dû mettre le paquet sur l’éducation, l’université, l’enseignement, l’innovation et la recherche pour répondre aux problèmes structurels de l’appareil productif, la droite a fait le choix du paquet fiscal. De l’argent reçu qui ne sert à rien en allant gonfler la sphère financière ! Comme le rappelait Lionel Jospin la semaine dernière sur France Inter, seules 2 % des transactions bancaires concernent l’économie réelle.

Autres éclairages

 


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16 réactions à cet article    


  • La Taverne des Poètes 29 septembre 2008 12:10

    Vous savez ce qui serait bien ? C’est que Pierre-Alain Muet soit nommé porte-parole du PS. Bon, déjà ce serait drôle. Puis, cela lui éviterait de dire des conneries personnelles. Il se contenterait de débiter les conneries du PS... Ah on se souvient encore du SMIC à 1500 euros nets, du doublement de l’allocation de rentrée scolaire (triplement ?), du Québec libre (la Corse voire...), du modèle chinois de justice expéditive et de sa bravitude, etc, etc.

    Je vous le dis : Muet porte-parole du PS, j’en serais sans voix. Sans rire !


    • La Taverne des Poètes 29 septembre 2008 12:17

      "Autres éclairages" : tu parles (sans jeu de mot sur le nom de monsieur Muet) : ce ne sont que des liens vers des articles de gauche ! Si la gauche était l’unique éclairage, cela se saurait depuis longtemps.


    • La Taverne des Poètes 29 septembre 2008 12:32

      à zalkowski et Hutch : moinsser (1) n’est pas jouer. Venez plutôt débattre.

      (1) Terme du lexique agoravoxien signifiant "voter sans réfléchir contre un commentaire".


      • foufouille foufouille 29 septembre 2008 13:13

        je vois mal comment tu peut savoir qui t’a moinsse

        il est toujours pas fini ton article antithese du rsa ?


      • foufouille foufouille 29 septembre 2008 13:57

        pour te faire plaisir et eviter ta transformation en lermaistes, je t’ai mis des +1
        il est content ?


      • La Taverne des Poètes 29 septembre 2008 14:08

        Ce n’est pas le plussage ni le moinssage qui m’intéressse, c’est le débat.


      • foufouille foufouille 29 septembre 2008 14:55

        vas y. exprime toi.
        je suis la. mais non tu es pas seul
        deprime surtout pas


      • foufouille foufouille 29 septembre 2008 14:58

        vrai que les moinsseur pourrait s’exprimer. les pauvres ! peut etre qu’ils sont fatigues


      • La Taverne des Poètes 29 septembre 2008 15:06

        C’est surtout l’auteur qu’est pas là...


      • La Taverne des Poètes 29 septembre 2008 15:07

        Ooooooh ! Oooooooooooooh ! Ooooooooooh oooooooooooh !
        Non rien, je testais l’écho...


      • La Taverne des Poètes 29 septembre 2008 15:17

        A mon avis, soit l’auteur est plusieurs et ils sont en train de se disputailler sur les motions pour savoir lequel aura le droit d’intervenir, soit l’auteur est occupé à rédiger le 420 ème amendement qui fera obstruction au débat parlementaire. Réponse avant que le RSA ne soit voté peut-être...

        Au PS, c’est comme ça : chacun fait ses amendements dans son coin sans concertation si bien qu’ils font souvent les mêmes d’ailleurs. Mais s’il fallait qu’ils se parlent entre eux en plus !


      • donino30 donino30 30 septembre 2008 15:44

        Autant l’article de la taverne des poètes était pas mal, autant là en lisant je ne comprends plus ce que les gens veulent. Pour rendre le retour à l’emploi plus incitatif, l’état avait le choix entre réduire les revenus sociaux (!) et augmenter le salaire de retour à l’emploi. C’est le choix social qui a été fait, et il y en a encore qui continuent à râler... On dirait qu’ils attendent maintenant tout de l’état, jusqu’à la subsistance, c’est bien triste, et présage d’un avenir bien sombre. 

        Par ailleurs, je n’ai rien compris à "Le RSA ne serait-il pas l’étape ultime du transfert de la charge de l’assurance-chômage vers la solidarité nationale, régionale et locale". Si quelqun peut m’éclairer, si toutefois cette assertion a un sens...


        • foufouille foufouille 30 septembre 2008 16:06

          c’est simple. il s’agit du sto.
          tu bosse uniquement pour bouffer et/ou mendier
          tu es obliger de prendre n’importe quel boulot avec heures sups gratos
          tu subis un quart temps partiel
          en plus tu as un controle social pôur verifier qu tu es pas une pinot-*valenciennes
          donc le CG a tout pouvoir.
          tu doit pas econimiser, habiter un logement trop grand pour un sale pauvre, ne pas econimiser, pas de cadeaux, ni de voiture en bon etat..............
          les ploutocrates decident comment tu dois vivre


        • donino30 donino30 1er octobre 2008 21:49

          Oui sauf que je ne vois guère trace de solidarité régionale là dedans. Juste une petite question foufouille : vaut il mieux gagner 900 euros en travaillant avec un boulot qui te plait pas, ou gagner 900 euros sans rien faire, en attendant un hypotéthique job qui plairait, pas trop mal payé et tant qu’à faire à coté de chez soi ?


        • foufouille foufouille 2 octobre 2008 13:38

          ca depend
          du boulot, du patron, de l’ambiance
          le rsa est pas non plus un boulot. il y aura un bis comme tjrs
          ce que je reproche au rsa est d’etre une aide conditionne. il y a donc aucune difference avec le rmi
          tu dois etre humble. supporter les conneries, le mensonge, l’incompetence des bureaucrates
          tu doit remplir des paperasses. ce qui t’apprend a etre obeissant ou un bureaucrate
          le debut de la dictature facon orwell


        • Guzecha Guzecha 30 septembre 2008 19:19

          <MODE HS ON>

          Szalkowski... Je me souviens de ce nom.
          C’était au début des années 80, tu avais les cheveux plus longs et une gueule à te faire courir après par les nanas.
          Mais c’est surtout de ta soeur dont je me souviens, Catherine, il me semble. Madre mia, la plus belle fille du lycée, de longs cheveux clairs, des yeux à s’y noyer, avec cet air un peu timide ! 
          On était tous fous d’elle, Vincent, mon frère, moi, les autres (surtout Vincent d’ailleurs). Mais aucun de nous n’aurait espéré l’approcher. On était les binoclards de Terminale C, bien trop complexés pour seulement oser.
          Je ne sais même pas si mon nom t’est un jour parvenu aux oreilles, je crois que tu étais en 1ere quand j’étais en Terminale, à moins que ce ne soit en Terminale AB ?
          Entre parenthèses, je suis passé devant le bahut dimanche -ça faisait longtemps. Clos comme une prison maintenant...
          Merci pour ce moment de nostalgie... et pour l’article.

          <MODE HS OFF>

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