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Accueil du site > Actualités > Economie > Retour sur le krach de 1929

Retour sur le krach de 1929

Parce que les crises du capitalisme peuvent aussi être déclenchées par les aléas de la politique publique, cet article se propose de revenir sur un épisode oublié, et pourtant fondamental, du krach de 1929.

A l’occasion de la crise actuelle, il est régulièrement fait usage d’une imagerie populaire du krach de 1929 : la crise de l’époque trouverait son origine dans le fonctionnement débridé du capitalisme et ne pouvait être solutionnée que par l’intervention de l’Etat. Comme pour la crise actuelle, cette imagerie oublie volontiers les erreurs de politique publique qui sont bien souvent une cause majeure de la crise (mais aussi de son aggravation), à côté des erreurs de marchés. Il est donc important de rappeler certains éléments historiques pour que certains mythes ne se propagent pas et que des erreurs ne soient pas répétées.

Il ne faut jamais oublier l’importance des anticipations des acteurs face à la politique publique. Cette dernière génère en effet des incitations, des « règles du jeu », et ne laisse donc pas les agents économiques sans réaction. Les changements de politique publique entraînent des changements d’incitations, auxquels les acteurs répondent logiquement par des changements de comportements. La préparation d’une nouvelle législation qui surtaxe l’investissement dans tel secteur X entrainera par exemple que les investisseurs y anticipent des baisses d’opportunités de profit et se détournent de ce secteur. Partant de cette réflexion, il se trouve un point essentiel qui est très souvent omis sur les origines de la crise de 1929.

Comme l’a expliqué Alan Reynolds (1), en 1929 les acteurs des marchés financiers ont été affolés par les perspectives d’une loi protectionniste, le « Smoot Hawley Act ». Cette loi entendait augmenter les droits de douanes sur des centaines de produits et de marchandises importés aux Etats-Unis, dans le domaine agricole comme ailleurs. Elle a été discuté durant l’été et trois jours avant le Jeudi noir (24 octobre 1929), le Sénat rejette une demande de limitation des augmentations de droits de douanes agricoles, indiquant clairement sa position protectionniste. La nouvelle est relayée le 23 octobre, veille du Jeudi noir. Le 28 des sénateurs en appellent au Président Hoover pour faire passer la loi protectionniste et les journaux financiers titrent sur les reflux massifs de capitaux européens : le lendemain sera le mardi noir. En dépit d’une pétition de plus de 1000 économistes et d’une soirée à la maison blanche passée par Henry Ford à inciter le Président à opposer son veto, Hoover signera finalement le Smoot Hawley Act le 17 juin 1930. La bourse baissera alors de plus belle.

La logique protectionniste du Smoot Hawley Act était contre-productive et les investisseurs le savaient bien. Avant que l’Amérique ne s’effondre du fait de cette loi, ils ont préféré retirer leurs investissements financiers, précipitant d’ailleurs de ce fait encore plus la chute américaine et mondiale. Même si l’économie n’était pas à l’époque aussi mondialisée qu’aujourd’hui, il était évident qu’au-delà des effets positifs visibles et à court terme (pour les industries sélectionnés qui allaient être protégés), se profilaient logiquement les effets pervers de cette loi, bien plus considérables.

En effet, d’abord les autres nations allaient bientôt engager des représailles protectionnistes, entretenant ainsi une spirale de montée des protectionnismes : Canada, Suisse… ce sont trente cinq pays qui ont réagi. Ensuite les entreprises américaines important des biens intermédiaires surtaxés par les nouveaux droits de douanes allaient voir leurs coûts s’envoler, ce qui n’était bon ni pour leurs embauches, ni pour leurs consommateurs.

Enfin un argument, rarement mis en avant, est fondamental pour comprendre l’effondrement. C’est que le degré de spécialisation dans une économie, et par conséquent la rentabilité des investissements caractéristiques de ce niveau de spécialisation, dépendent de l’étendue du marché (la demande). En effet, on n’utilise par exemple pas le même nombre d’intermédiaires et de machines pour produire 100 voitures ordinaires et pour en produire un million. Dans le deuxième cas, le degré de spécialisation ou de division du travail, est bien plus élevé : on utilise des machines plus complexes, avec des procédures de production plus complexes faisant appel à une division du travail plus élevée. Ainsi, des investissements importants en machines et/ou en sous-traitance (reflétant un degré élevé de spécialisation) sont rentabilisés pour un marché très étendu, mais pas pour un petit marché : il ne serait pas rentable de monter une usine très complexe pour fabriquer 100 voitures ordinaires pour alimenter seulement le « petit marché » que représente un village.

Or, le fait d’augmenter les barrières commerciales réduit par définition la taille du marché. Tout à coup des entreprises dont le capital reflétait un degré de spécialisation et de division du travail adapté à un marché mondial relativement libre, se retrouvaient avec un marché qui avait été rétréci par les mesures protectionnistes réciproques. Très clairement, elles n’étaient plus rentables pour ce marché, elles n’étaient plus « économiques » : leur capital était inadapté. Avec les discussions sur le Smooth Hawley Act, les investisseurs financiers ont donc anticipé que nombre d’entreprises, comme l’économie US, allaient se trouver dans cette situation. La seule préparation de cette loi a déjà donc induit des anticipations de la part des investisseurs, qui se sont exprimées à l’occasion de krachs.

D’autres politiques publiques peuvent expliquer le déclenchement de la crise de 1929, telle que la politique monétaire - expansionniste puis soudain restrictive (comme pour la crise actuelle). Et d’autres politiques publiques peuvent expliquer l’aggravation de la dépression, notamment certaines politiques très interventionnistes qui ont eu pour effet d’empêcher l’économie de s’adapter : augmentation des impôts et de la progressivité de l’impôt sur le revenu (extrêmement nocive pour les incitations des entrepreneurs), gels des salaires, introduction de mesures de planification. Il faut noter, contrairement à l’imagerie populaire encore, que ces interventions ont eu lieu sous les présidents Hoover comme Roosevelt : la philosophie du « New Deal » a en réalité commencé sous Hoover.

Il faut donc conserver en mémoire les faits historiques pour éviter certaines interprétations simplistes de la crise de 1929, mais aussi de la crise actuelle. Les politiques publiques ont dans chaque cas leur part de responsabilité, à côté de celle des marchés. L’épisode du Smooth Hawley Act est un exemple à méditer. En particulier à l’heure où certains, en Russie mais peut-être aussi aux Etats-Unis, sont tentés par le protectionnisme.

(1) Alan Reynolds : "What do we know about the great crash", National review, novembre 1979.


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80 réactions à cet article    


  • Tonton Tall 24 janvier 2009 17:41

    Complètement faux...

    Hoover était un libertarien ( comme l’auteur de ce billet ? ) ce qui a fait perdurer cette crise jusqu’à ce que Roosevelt le remplace 4 ans + tard ( en 1934 ) et lance le new deal ( intervention massive de l’état à divers niveaux ).

    Quand à la cause essentielle de la crise de ’29, elle est du même type que celle des subprimes, à savoir : une bulle de crédits accordés sur des valeurs censées monter indéfiniment, sauf que que là, c’était pour acheter des actions qu’on prêtait, et non de l’immobilier.

    Le marché est un animal stupide, myope et ammoral. Il doit être absolument régulé et on en est très loin.
    Pour l’instant c’est du pur Las Vegas. La spéculation, je la vois tous les jours à l’oeuvre.


    • Emmanuel Martin 24 janvier 2009 17:49

      Bonjour,
      Votre réaction est un peu rapide.
      1. Je ne dis pas que les marchés n’ont pas de rôle à jouer dans la crise, comme cela est précisé dans l’introduction et dans la conclusion. Le marché est amoral, ce qui peut parfois s’avérer immoral, je ne le cache pas. Les acteurs de la finance peuvent se révéler être des escrocs de Las vegas, absolument. Cela ne remet pas en cause mon analyse, qui n’est pas plus partiale que ça.
      2. Hoover n’était pas libertarien sinon il n’aurait jamais signé une loi aussi protectionniste entre autres.
      Pourriez-vous prendre la peine de démontrer que ce que j’’écris est "complètement faux" avec des arguments historiques et théoriques SVP.
      Merci
      EM


    • Tonton Tall 24 janvier 2009 18:13

      Le fonctionnement du marché est forcément multi-causal, mais toutes les causalités n’ont pas le même poids, loin s’en faut.
      Vous avez cité des facteurs peut-être pas faux mais assez secondaires, dans le sens que s’ils avaient été absents, le krach aurait eu lieu quand même. Car la bulle du crédit sur l’achat d’actions devait éclater....
      et elle l’a fait et s’est prolongée 4 ans à cause de ces imbéciles de libertariens qui conseillaient Hoover.

      Mais pour un lecteur non-averti, votre billet brouille un peu cette vision synthétique et réelle des choses.
      Voilà, c’est tout ce que je voulais dire.

      Bon w-e.


    • Emmanuel Martin 25 janvier 2009 10:38

      Je ne propose pas une vision synthétique sur la crise de 29. Je rappelle juste un point, en expliquant qu’il y a d’autres facteurs. Et j’ai pris le soin de mentionner en introduction et en conclusion que les marchés sont aussi fautifs.
      Hoover n’a pas été "libertarien". La crise n’a pas été "solutionnée" par le New Deal.
      Je pense qu’une des causes importantes à l’époque a été la politique monétaire d’argent bon marché jusqu’en 1928, qui comme qujourd’hui a nourri des bulles spéculatives. Effectivement les discussions sur le Smoot-Hawley ont sans doute précipité le crash qui aurait sans eu lieu, mais peut-être les corrections auraient-elles été moins brutales... (je me pose la question).
      bon dimanche


    • Tonton Tall 25 janvier 2009 23:17

      désolé, mais c’est une technique de propagande tout-à-fait classique que de souligner et développer certains points de détails pour soutenir une antithèse et passer très laconiquement sur l’essentiel de la thèse afin de pouvoir dire ensuite "j’en ai parlé"...
      mais que reste-t’il dans l’esprit de la personne qui vous a lu et qui ne connaît pas la crise de ’29 ?
      une idée globale passablement embrouillée, voire complètement fausse
      et vous le savez...


    • pallas 24 janvier 2009 18:13

      C’est article ininteressant, car la crise que nous subissons est pire que celle de 1929, donc il n’est pas besoin de lire un manuel d’histoire pour savoir ce qui c’est passé, car nous la vivons et en mieu, car les tensions internationales, sont bien pire

      J’aime l’histoire et je suis heureux de vivre dans la Periode clée de l’humanité, la periode la plus importante de toute l’histoire humaine, tellement de chaos, de haine, de destruction, de folie, avec la terre qui se meurt, c’est un magnifique tableau




      • Emmanuel Martin 25 janvier 2009 10:32

        Je ne sais que répondre...
        La crise actuelle n’est, pour l’instant, pas pire que celle de 29. Il n’y a pas encore de fascites dans les rues d’Allemagne et d’Italie.


      • ARFF 29 janvier 2009 07:02

        les fascistes ne sont plus dans la rue parce qu’ils ne savent plus marcher, les fascistes sont aujourdhui en voiture ! :)
        en italie : recrudescence des actes de violence racistes et ostentatoirement fascistes) , et surtout ils sont au gouvernement et à la municipalité de Rome, il vous en faut plus ?


      • Forest Ent Forest Ent 24 janvier 2009 18:37

        A chaque fois je lis ce genre de trucs, je suis content d’être PhD en math et pas en éco. smiley

        Ca doit être pour ça que ce genre d’économiste n’a pas vu venir la crise de 2007.

        M l’auteur, vous n’avez pas compris grand chose à cette histoire, pas plus qu’à ce qui se passe aujourd’hui. A votre avis, pourquoi ces pays se sont-ils soudain pris du besoin de protectionnisme ? Et à votre avis, quelle autre solution va avoir la nouvelle administration démocrate pour sauver Ford et GM ?

        Vous vous attachez aux seuls symptômes et ne voyez pas le déséquilibre massif capital/travail que permet la mondialisation et qui asphyxie la demande. Le rôle principal de la mondialisation (Urugay round et totale liberté de circulation du capital) est justement d’annihiler le rôle régulateur des états.


        • Emmanuel Martin 24 janvier 2009 18:52

          Des économistes ont vu venir la crise et annonçaient que la politique monétaire irresponsable aux USA aurait des conséquences néfastes. En fait, ce qu’on appelle la théorie autrichienne du cycle prédit exactement ce qui s’est passé et des économistes de cette obédience, marginaux, avertissaient du risque d’écroulement du chateau de cartes.

          Comme je ne suis pas mathématicien mais économiste, j’ai justement fait des recherches sur le sujet avant de m’exprimer, ce qui m’a permis de "comprendre quelque chose" justement, et de vouloir le partager.

          Je ne m’attache justement pas aux symptômes. Les déséquilibres générés par certaines politiques (politique monétaire notamment qui a voulu financer la croissance avec du crédit et non pas de l’épargne, ou politique sociale d’accès à la propriété via Fanny Mae et Freddie Mac) sont d’ailleurs en cause.

          Oui il y a un déséquilibre capital/travail. Est-il du uniquement à la mondialisation ? je vous invite à y réfléchir.


        • Forest Ent Forest Ent 24 janvier 2009 19:08

          politique sociale d’accès à la propriété via Fanny Mae et Freddie Mac

          Vous aussi allez nous resservir le vieux plat du CRA ? Ca manquait... Les GSE étaient 100% privées. D’aucuns ont cru en une garantie implicite ? C’est tout le libertarianisme : bénéfices privés et pertes publiques. Et surtout pas de sanctions : aucun administrateur de GSE n’a été inculpé.


        • Emmanuel Martin 25 janvier 2009 10:29

          Elles étaient effectivement chapeautées par le Housing and Urban Department, avec des objectifs précis en termes de couverture hypothécaire. (voir par ex http://online.wsj.com/article/SB122298982558700341.html)


        • gdm gdm 25 janvier 2009 14:47
           
          @Forest Ent
          Les libertariens ne demandent aucune intervention étatique dans l’économie. Vous ne pouvez donc pas valablement dire que les libertariens voudraient que l’Etat rembourse la perte des investisseurs. Vous confondez une "société d’économie mixte" et une entreprise commerciale privée. Les actionnaires d’une entreprise commerciale privée perdent leur mise. Une société d’économie mixte est renflouée par l’Etat, puisqu’il en est le véritable commanditaire.

          C’est ainsi que l’Etat américain était le véritable commanditaire des garanties données par Freddie mac et fanny mae. Il était légitime que l’Etat US honore son engagement et paye pour éviter la déconfiture de ces deux institution para-étatiques. Cet argent versé par l’Etat US est allé, in finé, aux pauvres, principalement noirs, que l’Etat US avait décidé d’aider.

          Votre formule "bénefice privé, pertes publiques" est ici bien mal choisie0. En effet, les vrais beneficiaires de cet argent étatique furent des américains pauvres, et non pas des entreprises. Cela était une décision purement politique.

        • Forest Ent Forest Ent 25 janvier 2009 21:03

          @ M Martin & gdm

          J’en ai assez de ce vieux mythe auquel les libertariens se raccrochent et qu’on est obligé de démonter ici article après article. Normalement, les lecteurs réguliers d’AV devraient être vaccinés depuis le temps. Ca ne fait jamais que deux ans qu’on en parle ici. Et je n’ai jamais vu les libéraux ni les libertariens s’en émouvoir avant la faillite de fin 2007.

          Elles étaient effectivement chapeautées par le Housing and Urban Department, avec des objectifs précis en termes de couverture hypothécaire.


          Ok, faisons semblant d’y croire. Vous venez de démontrer qu’un marché financier libre ne peut pas exister. Les GSE n’évaluaient pas leurs risques ? Axa, qui n’est pas américain et possédait 8% de FNM ne s’est jamais posé de question sur sa valeur quand il a acheté ? C’est la diatribe la plus violente contre le capitalisme que j’aie lue. smiley

          Les libertariens ne demandent aucune intervention étatique dans l’économie.


          Si, si, ils sont tous à pleurer au secours maintenant.

          Vous ne pouvez donc pas valablement dire que les libertariens voudraient que l’Etat rembourse la perte des investisseurs.

          Je n’ai pas encore vu de banquier refuser une aide d’état. C’était pourtant les mêmes qui gueulaient comme des putois il y a 2 ans parce qu’on ne les laissait pas tranquilles.

          Vous confondez une "société d’économie mixte" et une entreprise commerciale privée. Les actionnaires d’une entreprise commerciale privée perdent leur mise. Une société d’économie mixte est renflouée par l’Etat, puisqu’il en est le véritable commanditaire.


          Les états renflouent actuellement des entreprises 100% privées. Il est dans la logique du libertarianisme de finir en collusion avec le staff politique. Comme dans le nazisme. Il n’y a pas une si grande différence avec les soviets.

          Cet argent versé par l’Etat US est allé, in finé, aux pauvres, principalement noirs, que l’Etat US avait décidé d’aider. Les vrais beneficiaires de cet argent étatique furent des américains pauvres.


          Je rigole, mais au fond cette phrase est écoeurante. C’est une "aide" de pousser au surendettement à taux usuraires ? C’est une "aide" que les pauvres payent leur maison beaucoup plus cher que les riches ? En France, à la place, on avait le logement social. C’était vraiment étatique. Vraiment interventionniste. Et au fond infiniment moins pourri.

          Désolé pour vous, le libertarianisme a encore une fois fait ses preuves. Mais surtout désolé pour tous les pauvres clampins qui vont payer la note.


        • Olga Olga 25 janvier 2009 21:18

           Juste une question : J’ai entendu parler d’un plan de 10 milliards pour injecter des liquidités (afin d’obtenir des fonds propres suffisamment solides pour relancer l’attribution de crédits par les banques ? ) dans les banques. D’où vient cet argent ? Qui le génére ? 


        • Le péripate Le péripate 25 janvier 2009 21:39

           Vous "démontez" article après article ? L’orgueil vous fait une tête comme une baudruche. Quels sont "les libertariens" qui pleurent après l’état ? Des noms.... vite.


        • gdm gdm 25 janvier 2009 22:33
           
          @Forest Ent
          vous prétendez que les libertariens demanderait le secours de l’Etat. Votre affirmation n’est pas fondée. Aucun directeur de banque est libertarien. Vous ne verrez aucun libertarien demander que l’Etat donne de l’argent aux banque. Vous vous trompez donc sur ce point.

          Vous vous étonnez que les libertariens n’aient pas dénoncé ces subventions nommées "subprime". Un libertarien ne dirige pas une banque. Ce n’est pas son role de verifier la valeur de chaque actif, parmi des millirs d’actifs. Seul un banquier peut savoir ce qu’il achète. C’est sa responsabilité de banquier. Votre étonnement est donc hors de propos.

          Vous confondez libertarien et banquier. C’est une erreur. revoyez votre vocabulaire.

          Vous ignorez tout des libertariens. Et vous confondez l’intrusion la plus obsence de l’Etat dans les entreprises avec la doctrine des libertariens. revenez sur Terre. ne confondez pas les acteurs que vous croyez voir dans cette crise. sachez qu’il n’y a pas de libertariens. Ils sont principalement universitaires. et pas banquiers.

        • MarcDS MarcDS 25 janvier 2009 23:06

          Il faut donner raison aux vrais libertariens sur ce point, c’est qu’ils ne demandent pas l’aide de l’Etat. Il y a eu quelques sénateurs états-uniens, libertariens convaincus, pour trouver scandaleux que leur gouvernement intervienne dans le sauvetage des banques. Ce sont des disciples de Friedman, adeptes du choc économique qui balaie une économie "impure" pour la remplacer par une économie totalement libérale. Les dictatures chilienne et argentine des années 70, entre autres, sont à mettre à l’actif des friedmaniens.
          Bref, ce sont des fous dangereux capables de prétendre qu’un système basé sur la cupidité et laissé à lui-même peut engendrer une société meilleure, les dégâts politiques et sociaux étant passés par pertes et profits.


        • Le péripate Le péripate 25 janvier 2009 23:29

           Ca, c’est le brouet de "la stratégie du chocolat".


        • Forest Ent Forest Ent 26 janvier 2009 00:23

          @ Peripate

          L’orgueil vous fait une tête comme une baudruche.

          L’orgueil ? Je ne sais pas. Je ne crois pas. Mais l’écoeurement, certainement. Le plus grand sinistre en 80 ans, et bizarrement aucun responsable. Tous cachés derrière de grands mots.

          Nous savions pour beaucoup que le système financier était pourri. Nous l’avons dit. Pas vous. Vous l’avez défendu. Vous vous êtes cachés comme vous continuez à le faire derrière des mots et des idées générales et somme toute oiseuses. Il ne fallait pas critiquer le "libéralisme". Maintenant le "libertarianisme"....

          Derrière vos grandes théories, vous semblez n’avoir aucune idée de comment fonctionne le monde réel. Un monde de bisounours sans état et avec du business propre, on n’y croit déjà plus en CM2. Supprimer le rôle de l’état, c’est dans un premier temps favoriser les mafias, seule organisation des communautés sans lois, dans un deuxième temps permettre qu’elles achètent les dirigeants politiques, ce que nous venons de voir grandeur nature aux US.

          A critiquer l’existence de l’état plutôt que la manière dont il est géré, vous évitez soigneusement le monde réel et les choses sérieuses. Et finalement, tout ça pour dire "c’est la faute aux noirs", oui, ça m’écoeure.

          Que l’on juge les administrateurs des GSE. Que l’on juge Bush et Cheney. Après on parlera théorie.



        • Le péripate Le péripate 26 janvier 2009 00:37

           J’ai défendu le système financier ? Première nouvelle. Et contrairement à ce que vous affirmez, j’estime que l’état a un grand rôle à jouer : assurer la liberté, faire respecter la propriété, assurer la sécurité, et faire barrage à l’oppression. Sauf que ce rôle, il le remplit très mal. Il étouffe les libertés, l’imposition excessive est un déni du droit de propriété, la police n’est pas sur le terrain et préfère faire peur aux gens et plier des cocottes en papier. De deux choses l’une, soit il remplit ce rôle et il est légitime, soit il ne le remplit pas, et vous voyez la conclusion.

          La question est que l’état démocratique n’existe que le temps que les électeurs s’aperçoivent qu’ils peuvent se voter des rentes. J’ai encore la faiblesse de penser que l’état peut être sauvé, s’il fait ce pour quoi il est nécessaire.Le reste doit être dépolitisé.


        • ZEN ZEN 24 janvier 2009 18:54

          @Forest

          Tout à fait
          Beaucoup économistes ont le nez dans le guidon


          • Emmanuel Martin 25 janvier 2009 10:27

            Absolument d’accord avec vous. Mais pas tous les économistes. Le conseiller de Ron Paul par exemple, avertit depuis 2002 de l’imminence de la crise aux USA dans une économie fondée sur le crédit. Il s’inspire de la théorie autrichienne du cycle. Vous pouvez le voir par exemple ici contre Arthur Laffer dans un débat très intéressant l’été 2006 : http://fr.youtube.com/watch?v=2I0QN-FYkpw
            Rares sont les économistes qui comprennent les effets réels des politiques monétaires.
            Vous pouvez lire Von Mises sur la théorie autrichienne du cycle : http://www.unmondelibre.org/node/522


          • Alain-Goethe 27 janvier 2009 12:42

            +1

            Bonjour Zen !

            Nous habitons tous 2 dans le 62 .. J’ai déjà apprécié certains de vos CMTS

            Je vous invite à consulter l’article 50560, paru dans " Citoyenneté "  : " Crise de la démocratie : Responsabilité et Collusion des partis politiques

            Bonne journée


          • rofo 24 janvier 2009 19:26

            Monsieur l’auteur

            C’est justement parceque vous êtes docteur en économie que je ne crois pas un mot de ce que vous racontez...

            Et vous verrez que les frontières se fermeront très bientot, que les ouvriers seront moins en concurrence avec d’autres ouvriers payés 20 fois moins ... alors que les grandes entreprises ont les lois pour se protéger car elles ont l’argent pour acheter "l’honneteté" de nos politiques.

            rendez vous dans 2 ans .


            • Emmanuel Martin 25 janvier 2009 10:08

              Je vois que vous êtes un nostalgique des années 30... J’espère que cela ne se passera pas ainsi justement, sinon dans deux ans justement le rendez-vous risque d’être encore plus triste.


            • murie 25 janvier 2009 02:17

              Ironiquement et selon l’historien américan Scott Reynolds Nelson, cette crise ressemblerait davantage à celle de 1873 ! Voir les articles suivants (liens) :

              1873, la véritable grande dépression (Traduction)
              La dépression de 1929 n’est pas le bon modèle pour la crise économique actuelle.
              La référence en matière de crise est aujourd’hui fournie par 1929. L’historien Scott Reynolds Nelson, dont la mémoire est par nature plus longue que celle des médias, nous rappelle le précédent de 1873, qui pour lui est l’archétype de la grande dépression née d’une bulle de crédit, et dans laquelle il voit de nombreux parallèles avec la situation actuelle. Reynolds met également en garde contre les conséquences de ces crises dévastatrices. A l’époque, la recherche de boucs émissaires avait provoqué une recrudescence de l’antisémitisme et allumé des pogroms en Europe de l’est. (ContreInfo, 20 Nov. 08).
               
              Sources :
              Contreinfo : http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2357
              The Chronicle : http://chronicle.com/temp/reprint.php?id=477k3d8mh2wmtpc4b6h07p4hy9z83x18
              (The depression of 1929 is the wrong model for the current economic crisi
              , S. R. Nelson, from the issue dated October 17, 2008)



              • Emmanuel Martin 25 janvier 2009 10:05

                Merci pour ce commentaire constructif.
                Mon but n’était pas de dire que la crise d’aujourd’hui est exactement la même que celle de 29. Il était juste de démontrer que ce n’est pas simplement les "marchés" qui peuvent être à l’origine de la crise mais aussi, à côté d’eux, certaines politiques et les incitations qu’elles génèrent.
                Cependant, il y a eu es erreurs de politique monétaire qui expliquent en partie la crise de 29 et la crise actuelle, ainsi que des bulles spéculatives, même si ces deux crises sont très différentes.


              • MarcDS MarcDS 25 janvier 2009 10:56

                Je vous accorde qu’il est toujours intéressant d’aller chercher en amont les causes réelles d’un problème. Je vous propose donc de ne pas vous arrêter aux changements de politique publique que vous citez, mais de nous expliquer aussi pourquoi ces décisions ont été prises. A moins que vous ne craigniez que ce que vous qualifiez de causes majeures des crises de 29 et d’aujourd’hui n’apparaissent dès lors plus que comme des réactions, sans doute tardives, peut-être maladroites, à l’évolution "naturelle" du capitalisme vers toujours plus de marchés et toujours moins de contraintes sociales et environnementales ?


                • Le péripate Le péripate 25 janvier 2009 11:04

                   Un article d’économie sur Avox ! Bravo. De la confiture autrichienne pour des cochons marxo- keyneisiens, c’est un peu du gaspillage, mais c’est méritoire quand même. smiley


                  • Emmanuel Martin 25 janvier 2009 14:53

                    Evitons ce genre de qualificatifs. L’idée est de faire avancer le débat.


                  • Olga Olga 25 janvier 2009 15:08

                    par Le péripate (IP:xxx.x23.208.195) le 21 janvier 2009 à 19H17 

                     
                    Je le dis et le redis : insultes et moqueries me sont indifférentes. Elles ne révèlent que la vacuité de ceux qui y ont recours.

                  • Le péripate Le péripate 25 janvier 2009 16:59

                     L’expression "donner de la confiture aux cochons " est un vieil adage populaire. Les quelques personnes de bonne foi qui voudraient bien faire l’effort d’une réflexion sont vite dissuadés par les aboiements des chiens de garde de la rente étatique qui s’emploient à faire taire toute pensée dissidente, par insultes, moqueries et attaques personnelles. Ce sont toujours les mêmes, ils sont tous en désaccord entre eux, mais se retrouvent comme un seul homme pour vomir sur le libéralisme. Pensez que la Bible ici est "La stratégie du choc" de Klein, et vous aurez une idée du crétinisme économique régnant. 


                  • antireac 25 janvier 2009 17:44

                    Vacuité non
                    la certitude c’est plus sûr


                  • Emmanuel Martin 25 janvier 2009 15:11

                    Je tentais au contraire d’avoir une vision équilibrée (voir introduction et cnclusion). Je développais simplement un aspect. Oui, l’intervention peut parfois générer des perturbations. Il n’y a rien de machiavélique à dire ça.


                  • Emmanuel Martin 25 janvier 2009 17:43

                    Oui je suis libéral, oui j’écris sur www.unmondelibre.org (j’ai fourni des liens vers ce site et vers cato). Mon article porte sur un élément de la crise de 29, et oui mon introduction est équilibrée. J’y reconnais que les marchés ont leur part de responsabilité. Mais actuellement ce n’est pas "le problème" puisque tout le monde est d’accord là-dessus. Peu de monde ne veut parler des responsabilités publiques par contre. Eh bien moi j’en parle. Et j’en discute ouvertement.


                  • Le péripate Le péripate 25 janvier 2009 17:56

                     Là, vous avez un exemple de la technique : faute de pouvoir valablement fournir une critique cohérence du message, c’est le messager qui est attaqué en comptant sur des réflexes pavloviens acquis de longue date. Par association d’idée, écrire "Friedman" fait automatiquement penser à Pinochet. Ils sont très forts à ce jeu là.


                  • Emmanuel Martin 25 janvier 2009 18:39

                    Je suis libéral, au sens classique du terme. Je ne suis pas "anarcho-capitaliste". Je m’occupe de la publication et je contribue à www.unmondelibre.org. J’ai un doctorat en économie, économie qui comprend divers courants qui vont de la "droite à la gauche. Je signerai plus clairement mes prochaines contributions.
                    Cet article n’est pas "idéologique" : je ne nie pas qu’il y ait des erreurs de s marchés comme je le rappelle en intro et en conclu. Je veux juste rappeler, à un moment où tout le monde se concentre sur les erreurs de marchés, qu’il y a aussi des erreurs de politique publique, en 29, comme dans la crise actuelle. Vous pouvez y voir de l’idéologie : je tente juste de faire que le débat soit plus équilibré, encore une fois sans nier l’importance des erreurs de marchés. Il me semble que les éléments historiques sont plutôt intéressants.
                    Parce que je suis libéral on ne pourrait pas discuter avec moi et je n’aurais que des mensonges à la bouche ?
                    Où est donc l’idéal de débat prôné sur ce forum ?
                    J’ai la sensation que certains ont justement une position idéologique en jetant à la poubelle ce que j’ai à dire tout simplement parce que cela remet en cause leurs a priori. C’est bien dommage.


                  • Olga Olga 25 janvier 2009 19:10

                    Il paraît que le Cato est financé par le Qatar, en catimini. smiley 


                  • Baltar 5 février 2009 15:46

                    Ben voyons, lorsqu’un socialiste fait l’apologie de l’Etat c’est du journalisme citoyen et lorsqu’un libéal ou un libertairien présente ses idées c’est de la propagande. Et ça vient donner des leçons sur la manipulation du language...

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