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Accueil du site > Actualités > Economie > Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme

Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme

L’appréciation quasi ininterrompue des bourses américaines et européennes depuis plusieurs semaines ne constitue en rien un gage de bonne santé économique mondiale. Pour qui veut bien regarder hors des Etats-Unis (où les indicateurs semblent s’améliorer), un certain nombre d’indices démontrent au contraire que des vents contraires sont en train de se mettre en place en ce début d’année 2011.  

Notre monde, nos marchés financiers et nos activités économiques étant intégrés, il devient aujourd’hui impossible d’ignorer ou de négliger des évènements qui se dérouleraient au Brésil ou en Inde… Alors que les progressions de nos bourses Occidentales sont quotidiennement analysées, quelqu’un se penche-t-il sur le cas de la bourse de New Delhi qui a perdu 12% depuis le début de cette année et 17% depuis son pic de début Novembre 2010 ? Et pourquoi les baisses des bourses au Chili, au Pérou, en Colombie ou en Indonésie qui ont toutes reculé de 10 à 20% n’attirent-elles pas plus les attentions et ce pendant que la bourse brésilienne, elle, stagne -au mieux- depuis Octobre ? Le Brésil qui tente de s’allier à d’autres économies en développement afin de contrer la flambée de leur monnaie nationale respective. Le Chili qui, pour sa part, intervient sur les marchés à hauteur de 12 milliards de dollars pour freiner l’appréciation de son Peso… Ces nations sont ballottées par des courants contraires – parfois d’une violence extrême – et ne parviennent pas à stabiliser leurs marchés financiers qui, dès lors, deviennent tout à la fois volatils et irrationnels avec, à la clé, des formations de bulles spéculatives et des implications néfastes sur leurs économies. 

La politique de la Réserve Fédérale US fait ainsi des ravages car ses ondes de choc se ressentent sur les coins les plus reculés de la planète. L’inconscience américaine consistant à imprimer des dollars en quantités industrielles se traduit par des poussées inflationnistes dans les pays émergents. En essayant de maintenir sous contrôle leur propre devise, les pays émergents en sont donc réduits à importer de l’inflation depuis les Etats-Unis. Pour en être convaincu, il suffit d’observer la flambée des cours de l’or, des matières premières et des denrées alimentaires vis-à-vis du billet vert. Comme d’habitude, les Etats-Unis règlent leurs conflits hors de leur pays et mettent ces pays neufs devant des choix impossibles. 

Le nouveau Congrès US parviendra-t-il à corriger – en accord avec le Président Obama – cette situation ? Car si elle est le produit de la politique monétaire américaine (c’est-à-dire des manipulations abusives de leurs taux d’intérêts), les menaces inflationnistes mondiales peuvent être efficacement jugulées par la politique fiscale et budgétaire US. Une réforme de la fiscalité US accompagnée d’une volonté sérieuse de réduire les déficits fédéraux modifieront incontestablement la dynamique de l’offre et de la demande sur les Changes en se soldant par une demande accrue de dollars qui soulagera notablement les pays émergents et leurs propres devises artificiellement gonflées à bloc. Une appréciation du billet vert contribuerait donc à gommer les pressions inflationnistes sévissant dans ces pays même si l’inflation n’est – de loin – pas la seule épée de Damoclès suspendue sur les économies d’un certain nombres de nations et de blocs.

En effet, qui achètera la dette japonaise – dans une situation aussi périlleuse que celle de l’Europe périphérique – alors même que le Japon se met à acquérir la dette des pays Européens en difficultés ? Par ailleurs, je suis loin d’être persuadé que la solution optimale pour ces nations fragilisées de l’Union soit de combler leurs déficits et de rembourser leurs dettes en contractant d’autres prêts… 

Reconnaissons-le : les hausses boursières aux USA agissent à la manière d’un anesthésiant en entretenant un sentiment de quasi euphorie chez les investisseurs tout en convaincant les autorités américaines du bien fondé de leurs options. Le jeu de massacre sera pourtant prochainement officiellement lancé à la faveur de la remontée des taux d’intérêts.


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9 réactions à cet article    


  • JL JL 24 janvier 2011 10:22

    J’aimerais qu’un jour, un porte parole des traders démontre que ce qui fait la fortune des traders ce n’est pas les fluctuations erratiques des bourses !


    • zelectron zelectron 24 janvier 2011 14:30

      pas erratiques pour tout le monde


    • Ferdinand_Pecora 24 janvier 2011 17:01

      C’est marrant : tout le monde continue à analyser et espérer trouver une solution à la crise du système monétariste keynésien, en restant au sein du système monétariste keynésien... C’est chose parfaitement impossible, mais ça a l’air d’en amuser beaucoup !

      Pour autant, vu le nombre de vies en jeu (6+ milliards), c’est dramatique.


      • herbe herbe 24 janvier 2011 21:03

        eh eh !
         Bien vu !

        La situation actuelle fait penser à cette citation de Bossuet
        « Dieu se rit des hommes qui se plaignent des conséquences alors qu’ils en chérissent les causes. »


      • JL JL 25 janvier 2011 10:28

        @ herbe,

        il faut croire que M. Santi se conduise ici à l’inverse d’un homme, lui qui se plaint des causes (causes des fluctuations) et en chérit les conséquences, à savoir l’enrichissement des traders !!!

         smiley smiley smiley 
         




      • herbe herbe 25 janvier 2011 21:59

         smiley,  smileysmiley


      • Gandalf Claude Simon 25 janvier 2011 19:43

        Comment faire confiance aux analyses de Michel Santi, qui préconise des taux d’intérêts plus élevés, alors que :


         En zone euro, la charge des intérêts de la dette publique absorbe 3,2 % du PIB. Or, cela fait quatre ans de suite que la croissance reste, en valeur, inférieure à la charge des intérêts : même si l’on taxait à 100 % la richesse créée, il faudrait continuer à s’endetter pour payer les intérêts" ajoute M. Touati.


        Pendant que l’Europe s’accroche à son idéologie libérale financiariste (lutte contre l’inflation, lutte contre la monétisation afin de garantir les avoirs monétaires et leurs revenus, les intérêts, donc des plus aisés), les US tentent de dévaluer leur monnaie afin de faire coincider les salaires minimaux avec ceux des pays émergents.

        Aucun ne s’attaque vraiment au dumping salarial et monétaire chinois (il en va des résultats de Walmart et la finance a trop dégagé trop de marges en produisant là-bas et en consommant ici pour se remettre en question), ni à la remise en cause d’inégalités folles. 


        • JL JL 25 janvier 2011 19:57

          Il est évidemment aberrant que l’Etat s’appauvrisse au bénéfice des investisseurs.

          Dit autrement, il est aberrant que les investisseurs s’enrichissent au détriment des contibuables.

          Il faut, afin que la dette ne s’accroisse pas, emprunter à des taux très bas, voire nuls sinon négatifs .

          Quoi, vous me dites que personne ne voudra prêter ? Qu’à cela ne tienne : on n’a qu’à réquisitionner !

          Lagarde et Attali veulent mettre les travailleurs au même régime que les capitaux ? Chiche ! Mettons les capitaux au même régime que les travailleurs !


        • Gandalf Claude Simon 26 janvier 2011 16:33

          « Il faut, afin que la dette ne s’accroisse pas, emprunter à des taux très bas, voire nuls sinon négatifs  »


          Il est effectivement aberrant que des patrons allemands puissent faire marcher les enchères inversées pour un salaire horaire de 3 euros de l’heure et que France Trésor ne se prête pas au jeu lorsque que 3 milliards sont en jeu, alors qu’on lui en propose 9. Tout ça puisque presque personne de l’establishment ne se propose de nationaliser la planche à billets.

          Les caisses seraient un peu moins vides que vides, qui sait...

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