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Accueil du site > Actualités > Economie > Santé : Allons-nous gaver encore plus PDG et actionnaires ?

Santé : Allons-nous gaver encore plus PDG et actionnaires ?

En France nous n’avons pas su régler le problème de la maladie invalidante et nous avons fabriqué des « usines à gaz » qui fabriquent du mal être et des blocages graves. Un malade est une proie sur laquelle on peut gagner de l’argent quand on est actionnaire d’une société d’assurances, et plus encore si on est PDG et proche du législateur (ce qui est le cas dans notre pays). Mais on sait faire autrement, et nous l’avons déjà fait, d’où des propositions qui découlent de l’examen critique de tous nos errements.

Jusqu’au 1er janvier 1997, une maladie invalidante était soignée comme une autre, à tout âge, et la maison d’accueil assurait l’accès aux soins du malade dans le cadre de la Sécurité sociale pour les personnes âgées de plus de 60 ans comme pour les moins de 60 ans.

En France, et nulle part ailleurs, il fut décidé qu’une minute après son soixantième anniversaire un malade devenait dépendant, ce qui le privait, dans les soins qu’il recevait, à domicile ou en institution, de tout ce qui relève d’une assistance aux gestes de la vie quotidienne. Les médicaments restaient aidés par la sécurité sociale.

Pour ceux qui ne pouvaient pas payer, on institua une aide sociale, la Prestation Spécifique Dépendance, versée par les conseils Généraux et récupérable sur succession. De très nombreux malades, plutôt que de déshériter leurs enfants, ne demandaient pas cette prestation, et par manque d’hygiène,  d’alimentation, d’exercice, leur état général s’aggravait et l’hôpital les récupérait en très mauvais état, avant de les renvoyer chez eux jusqu’à leur prochain retour en mauvais état.

Le 1er janvier 2002 la prestation dépendance fut remplacée par l’Allocation Personnalisée d’Autonomie (le concept scélérat de dépendance ne passait plus mais demeurait sous un autre nom). La nouveauté était que cette allocation n’était plus récupérable sur succession. L’Etat versa donc aux Conseils généraux les montants qu’ils avaient payés pour la PSD en 2001….mais la population de malades invalides augmentant avec le nombre de personnes âgées, alors que l’Etat en reste aux sommes de 2001, les Conseils généraux n’arrivent plus à payer, et les différences entre départements se creusent. Les départements riches aident beaucoup plus que les départements pauvres. Et si vous déménagez dans un centre de soins d’un autre département, c’est votre département d’origine qui continue à verser l’APA devenue partout ADPA (allocation départementale d’Autonomie).

Cette aide sociale varie suivant le degré de perte d’autonomie et les possibilités pécuniaires du malade (pardon, du dépendant). Voici des tarifs pour le département du Rhône :

Les malades sont régulièrement classés par des spécialistes dans des groupes dits « Iso ressources ». En GIR 1 les moins autonomes, en GIR 6 les moins atteints. Par jour, le barème dépendance aidé par le Conseil général indique pour les GIR 1 et 2,16 euros, les GIR 3 et 4, 10 euros. En GIR 5 et 6 le barème indique 4,25 euros, totalement à la charge du malade celui là. Pour les GIR 1 à 4, les malades payent un reste à charge variable suivant leurs revenus.

Il s’agit bien là, par jour, d’un coût de la « dépendance » totalement extérieur à  la Sécurité sociale au titre de la maladie. Ce barème permet aux maisons d’accueil du malade (pardon, du dépendant) de payer du personnel supplémentaire et des petits frais des soins.

Le dépendant paie en plus son hébergement. Il ne s’agit plus de « ticket modérateur », il y a un tarif hébergement comme à l’hôtel. Pour le dépendant le plus pauvre (qui n’aura en GIR 3,4,5 ou 6 aucun reste à charge ADPA), il paiera facilement un peu plus de 50 euros par jour  en institution. Ce serait plus cher pour un maintien à domicile. A cette somme s’ajouteront bien sûr les restes à charge de consultations de son médecin ou spécialiste, du dentiste, de médicaments.

Une personne dépendante a finalement à payer 1800 euros par mois et plus, même si sa pension de retraite qui reste imposable est inférieure à ce coût. Elle aura peut être droit à l’allocation personnalisée logement qui tempèrera le coût hébergement, mais cela ne va pas loin.

Plutôt que de faire payer cela à leurs enfants les malades vendent leur appartement s’ils en ont un, ou bénéficient, si les enfants ne peuvent pas payer, d’une aide sociale du département distincte de l’ADPA qui sera remboursable sur la succession. Un juge de la famille détermine la possibilité pour chaque enfant de payer (auquel cas chacun doit le faire), et décide de l’aide sociale du conseil général à mettre en place. Conformément aux dispositions du 2ème du II de l’article 156 du code général des impôts, les pensions alimentaires versées par les enfants à leurs parents sont déductibles du revenu global, lorsque leur montant est proportionnel aux besoins de celui qui les reçoit et aux ressources de celui qui les verse

Ce qui a manqué dans la mise en place de la PSD et de l’APA, c’est finalement son financement.

Sans le programme national de la Résistance, et le gouvernement progressiste de 1945, la même difficulté se présenterait pour toute maladie à tout âge.

 L’idée du programme national de la Résistance s’est appliqué aux travailleurs : chacun cotise pour les malades selon ses moyens, et chacun reçoit uniformément ensuite selon ses besoins. Une cotisation patronale et une cotisation du salarié assurent depuis des décennies l’équilibre du système.
 4 risques sont couverts Sécurité Sociale : maladie (on en a sorti la maladie invalidante devenue dépendance), -accidents du travail et maladies professionnelles,- famille, - vieillesse sans l’aide à la perte d’autonomie.

5ème risque ou non ?

Monsieur SARKOZY a bien promis de régler les problème, il a souvent parlé d’assurances privées…. un marché à but lucratif avec actionnaires, PDG, stock options…c’est tentant pour les familles au pouvoir.

 Malakoff-Médéric sur le marché français, c’est le n°1 des groupes paritaires de protection sociale, son président est Guillaume Sarkozy, frère de Nicolas. Une assurance dépendance intéresse tous les grands groupes mondiaux, comme « Carlyle Group » une société d’investissement américaine fondée en 1987 et basée à Washington D.C : Olivier Sarkozy (demi-frère de Nicolas Sarkozy), copilote depuis avril 2008 l’activité mondiale de services financiers de Carlyle Group.

Pour Denis KESSLER, patron des assurances, cette approche privée lui va bien, lui qui s’extasie sur le détricotage actuel du programme national de la Résistance, donc de la Sécurité sociale. Les mutuelles et autres assurances complémentaires ne bouderaient pas cette clientèle d’assurés : il est même question de rendre cette assurance onéreuse obligatoire dans des fonds privés (les mutuelles font partie du secteur privé)

Le problème est que les capitaux accumulés, souvent, ne valent plus rien lorsqu’on en a besoin. (chute des actions, dévaluation de la monnaie.) on a vu cela avec les gigantesques et multiples faillites des fonds de pension anglo saxons.

Pour que le président ne soit pas accusé de servir une fois de plus sa famille élargie aux copains du Fouquet’s, pour que les malades soient en parfaite sécurité, il serait plus sage de faire ce que le gouvernement de 1945 a fait.

Ce risque dépendance peut être géré par la Sécurité sociale, qui est la championne des bas coûts par rapport aux gestions privées.

Il faudrait créer un nouveau système solidaire, avec un financement auquel participeraient actifs, retraités, chômeurs, rentiers…et non plus un financement assis sur les cotisations sociales du travail du fait de nos traits internationaux avec suppression des barrages douaniers, et de la concurrence des états moins disants en matière sociale.

 Une contribution progressive sur les revenus, y compris ceux du patrimoine, ce serait indolore et cela ne gênerait pas la compétitivité de nos entreprises.

Un financement garanti sans accumulation de capitaux, donc en dehors du système assuranciel ou bancaire.). Un financement garanti sans avoir besoin de l’Etat qui peut faire faillite.

Nous reviendrions donc à la formule fondatrice de 1945 : Chacun paye suivant ses capacités et reçoit selon les besoins de sa maladie.

La couverture devrait permettre à tous, riches et pauvres, de se trouver égaux devant les soins, comme c’est le cas à l’hôpital public. La société est bien obligée de payer ces dépenses pour des personnes n’ayant jamais travaillé ou jamais payé des impôts : cette prestation solidaire la même pour tous dans la Sécurité sociale ne maintiendrait pas la discrimination fréquente au détriment de ceux qui finalement payent toujours pour des insolvables. Une égalité reconquise.

Ces flux financiers qui échapperaient aux actionnaires de sociétés à but lucratif, avec des PDG bien payés, seront difficiles à conquérir avec le président actuel. Mais nous pourrons poser la question aux autres candidats si Monsieur SARKOZY nous fabrique une autre usine à gaz à but principal « service des copains » sous la forme d’une assurance dépendance obligatoire privée…dans la suite de sa main mise sur la France (voir main basse sur la France sans la new ci-dessous)

http://chessy2008.free.fr/news/news.php?id=153

Une mise en place solidaire reposant sur tous les revenus apporterait un gros coup de pouce à l’économie de la santé. Derrière cette cause juste, il y a des emplois, du PIB (Produit Intérieur Brut), et de l’humanité.

Chaque citoyen a de très fortes chances de bénéficier un jour de ces prestations, et avec un système par répartition du type Sécurité sociale, n’aurait aucun risque de se trouver démuni par des faillites de sociétés à but lucratif puisqu’il n’y aurait aucune accumulation d’argent…Tout serait dépensé à mesure, comme la Sécurité sociale le fait pour les 4 autres risques.


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3 réactions à cet article    


  • jpm jpm 1er mars 2011 08:17

    Il faudrait créer un nouveau système solidaire, avec un financement auquel participeraient actifs, retraités, chômeurs, rentiers…

    et pourquoi pas tout simplement instaurer un taxe additionnelle sur les successions et les donations ? Partant du principe que les personnes dépendantes sont souvent les plus âgées, plutôt que de taxer les personnes jeunes qui travaillent ou créer une assurance obligatoire qui remplirait les poches des amis du frère de notre président, pourquoi ne pas créer un taxe additionnelle sur les héritages, reversée directement aux départements qui sont en charge la dépendance. Pour éviter que des petits malins trichent en organisant leur insolvabilité, cette taxe s´appliquerait également aux donations. Cette taxe pourrait varier au fil des ans en fonction des besoins de façon à équilibrer les comptes.


    • clostra 1er mars 2011 12:58

      Il me semble que plus le système solidaire est éloigné de ceux qui en bénéficient, plus la « triche » risque de s’installer.
      Dans les (beaux) discours de nos « élus » et autres gouvernements, on ne trouve rien qui stimule cet élan des uns vis-à-vis des autres, pourtant enthousiasmante. Que des discours blêmes et culpabilisants.
      Faire hériter ses enfants et famille, ne serait-ce que de quelques euros, c’est également envisager de partir plus serein. C’est un médiateur de passage (de passation ?). Les français y sont attachés et peut-être - en ces temps où on parle avec quelque légèreté de l’euthanasie - une souffrance supplémentaire, une « mauvaise idée » de partir avant l’heure.

      Une solidarité, un élan, dans une période de la vie où la « joie de vivre » écarte l’idée du temps qui passe et du tribu à payer. Nous n’entendons rien de tout ça. et personne pour nous le rappeler.

      Les assurances sont un vrai leurre pour la solidarité : on dit qu’un malheur ne vient jamais seul : seul le premier sera vraiment assuré ! le suivant sera l’objet d’une inquisition et de tracasseries inadmissibles. (on pense à ces personnes fragilisées par le Médiator à qui on fait passer toute une batterie de tests - culpabilisants - au péril de leur vie, pour préserver la compagnie d’assurance, les actionnaires, le capital de Servier)

      Les mutuelles dans tout ça sont étrangement silencieuses au sujet de ce qu’ils ont remboursé sur des fonds communs.


    •  C BARRATIER C BARRATIER 1er mars 2011 13:25

      Oui Claustra, les personnes qui sont piégées par la « dépendance », une maladie invalidante ou une autre, mais plus reconnue après 60 ans, ont à la fois à se préparer au dernier passage, facile pour personne, vers la mort, avec des difficultés particulières dues à leur condition physique qui les met dans des mains pas toujours compétentes, ni compréhensives, et à la ruine de leur petit patrimoine avec la honte et le malheur de ne pas pouvoir empêcher la contribution obligatoire d’enfants déjà parfois en difficulté. Nous organisons la négation du bonheur éventuel d’une vie dans sa dernière étape.
      Ceux qui peuvent mettre énormément d’argent en réserve (500 000, 800 000) - n’auront pas ce problème, ils seront peut être encore actionnaires d’un fond de dépendance qui leur rapportera.

      La seule solution républicaine et humaine me paraît être une solidarité dans la Sécurité sociale, financée par tout le monde suivant ses moyens, mais permettant ensuite d’être aidé de manière égale, ce qui devrait rendre la chose acceptable pour les plus riches souvent individualistes et réticents au partage.
      Bien d’accord avec vous

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