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Accueil du site > Actualités > Economie > Satellites électriques, Airbus DS - Boeing : 3 - 1 !

Satellites électriques, Airbus DS - Boeing : 3 - 1 !

Grâce à une offre permettant des satellites plus puissants et plus rapidement mis à poste, Airbus DS (ex Astrium) a remporté 3 contrats en un an, contre Boeing, qui avait pourtant dégainé plus vite, et a donc obtenu 5 (petits) satellites.

Nous nous étions félicité (voir en bas de page) en août 2014 de ce queAirbus DS l'avait emporté, contre Boeing, pour la réalisation de 2 gros satellites électriques géostationnaires de télécommunications (SES-12, 5.3 t et EUTELSAT-172B, 3.5 t). Qui au passage seront également lancés par Ariane 5, et non son désormais concurrent le plus sérieux, la start-up nord-américaine SpaceX.

Plus de satellites gagnés par Boeing...

Depuis lors, la société de télécom satellitaire SES, leader dans son domaine, a choisi récemment le fournisseur de deux autres satellites électriques, de taille un peu moins importante, les répartissant entre Airbus DS (SES-14, très innovant, 4.2 t) et Boeing (SES-15, 2.3 t). Et en en confiant le lancement respectif à Space-X et à Ariane5.

... mais de taille moitié !

Faisons le point, 3 ans après l'annonce par Boeing de contrats de satellites électriques :
Boeing, parti plus tôt, a obtenu en tout 5 contrats, contre seulement 3 pour Airbus DS, mais Airbus l'emporte sur trois critères objectifs essentiels :

  • le satellite de plus grande masse : 5.3 t versus 2.3 t (plus du double)
  • la masse totale : 13 t versus 10.7 t (+ 21%)
  • la masse moyenne : 4.3 t versus 2,14 t, soit le double !

D'où le titre de l'article, avec 3 avantages pour Airbus, Boeing ne détenant que celui du nombre de satellite total remporté.

La compétition ne fait que commencer, et deux acteurs importants (le franco-italien Thales Alenia Space et le nord américain Lockheed Martin) devraient apparaître prochainement, avec leurs plate-formes respectives.

... et moins vite opérationnels que ceux de Airbus DS

Mais pour le moment Airbus DS sort grand gagnant, grâce à une offre plus intéressante à plusieurs titres :

  • plus grande masse pour chaque satellite
  • et une durée de 'mise à poste' significativement réduite.

En effet, les satellites électriques offrent l'avantage énorme d'une masse quasiment moitié à service égal, mais ils nécessitent plusieurs mois pour arriver à leur position géostationnaire, au lieu de quelques jours pour les satellites conventionnels, utilisant une propulsion chimique (et donc une masse imposante de combustible).

Ce délai de mise à poste est de 8 mois pour les premiers (et petits, d'environ 2 t) satellites de Boeing, alors que ceux réalisés par Airbus DS pourraient ne nécessiter que 4 mois, voire 6 mois pour les plus gros satellites (5.3 t).

La différence est énorme pour les clients qui doivent au plus tôt exploiter leurs satellites, et rentabiliser leurs lourds investissements.

Les délais de mise à poste semblent être très difficiles à obtenir, et il faudra de toute façon attendre quelque temps pour connaître les délais effectifs.

Mais nous pouvons d'ores et déjà dresser le tableau récapitulatif suivant, montrant bien la supériorité, actuelle, de l'offre d'Airbus DS.

Récapitulatif des satellites remportés, classés par masse décroissante
Satellites Airbus DS   Boeing  
SES-12 5.3 t 4-6 mois    
SES-14 4.2 t 4 mois ?    
EUTELSAT-172B 3.5 t 4 mois ?    
SES-15     2.3 t  ???
(exSatmex) EUTELSAT-115wB     2.2 t  8 mois
(exSatmex) EUTELSAT-117wB     2.2 t  8 mois
ABS 3     2.0 t 8 mois
ABS 2     2.0 t 8 mois

 

Pourquoi un tel avantage concurrentiel pour Airbus DS ?
Moteurs plasmiques Snecma PPS-1350C'est que l'entreprise européenne fait appel aux moteurs plasmiques réalisés par la société française SNECMA, qui donnent une meilleure poussée que les moteurs ioniques utilisés par Boeing.

Ces mêmes moteurs plasmiques SNECMA seront aussi utilisés par Thales Alenia Space. Et nous saurons bientôt ce que prépare Lockheed Martin de son côté.

-------

Recherche Google des articles cités, sur le site EuropeAgenda2010.free.fr


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11 réactions à cet article    


  • eresse eresse 12 mai 2015 14:20

    Bonjour,
    ne chantons pas trop vite victoire, car dans le domaine de la propulsion ionique, l’Europe au travers de l’ESA vient de décider de financer le concurrent Americain.

    Cela devrait donner du grain a moudre à nos « trolleurs » de l’UPR.
    Allez FIFI, au boulot...


    • Laurent Simon 12 mai 2015 15:01

      @eresse
      Merci bien ! C’est une question complexe, et elle résulte apparemment de la règle du ’retour géographique’ en vigueur à l’ESA, selon laquelle un pays qui apporte des financements (dans le cadre de l’ESA) est fondé à obtenir un retour sur son sol, d’un montant équivalent.

      Cette règle a été aménagée récemment pour ne plus être trop ’locale’, et pour que le retour ne soit pas calculé sur les financements stricts sur un domaine donné. Ce qui va dons le bon sens, pour éviter des effets pervers : cette règle incitait alors à faire appel à une entreprise n’ayant pas les compétences nécessaires, ou dont les produits étaient trop chers par rapport à une société concurrente (dans les pays de l’ESA).

      Je ne connais pas suffisamment le cas cité pour aller plus loin dans le commentaire.


    • Aristoto Aristoto 12 mai 2015 18:50

      Et pourquoi tous ces petit gens ne se réunisse pas ensemble pour travailler à la paix et à la prospérité de tout l’humanité !!! hein !!!

      Il y là matière freudienne bien plus passionnante à traité !!!


      • Aristoto Aristoto 12 mai 2015 18:52

        je précise, travailler à la paix et à la prospérité de tout l’humanité en construisons des fusée bien entendus !!! C cool de construire des fusée !


      • Laurent Simon 12 mai 2015 19:34

        @Aristoto
        Ce qui vous choque c’est la concurrence ? L’expérience a montré que les monopoles conduisent à des dysfonctionnements bien supérieurs à la concurrence. Voyez l’état prospère de l’économie cubaine, puisque telle est l’actualité.

        Au passage je signale aussi que Airbus a réussi à devenir n°1 mondial, face aux 3 géants nord-américains d’alors, donc dans une concurrence extrêmement vive !

        Sinon, les satellites géostationnaires dont il est question ici sont ceux qui servent aux télécommunications, donc à la communication et à l’économie en général.  smiley


      • Aristoto Aristoto 12 mai 2015 20:47

        .... !!!

        Code 404 !!!! Pige pas !!!!


      • Laurent Simon 12 mai 2015 22:23

        @Aristoto
        Si vous ne comprenez pas, c’est peut-être parce que je n’ai pas compris ce que vouliez vraiment dire, et quel est le rapport avec l’article ? Merci de préciser vos questions ou remarques.


      • eresse eresse 12 mai 2015 22:23

        @Laurent Simon
        La concurrence ne choque pas et elle est naturelle.
        Ce qui peut être choquant, c’est de financer la concurrence d’une entreprise Européenne avec l’argent Européen.
        On n’a pas encore vu une entreprise Européenne etre financée par la NASA pour directement concurrencer Boeing ou Lookeed Martin. Si une entreprise veut être référencée par la NASA, elle finance elle même le processus.
        En Europe, une entreprise Américaine peut se faire financer par les fonds Européens via une filiale.

        Voile ce qui est choquant


      • Laurent Simon 12 mai 2015 23:19

        @eresse
        Merci. Je ne suis pas expert de ces questions, et j’aimerais aller plus loin dans le processus. Il me semble qu’il faudrait distinguer nationalité de l’entreprise initiale et pays où la production se fait.
        Si l’ESA finance dans ce cas, c’est parce qu’il y aurait production locale du produit qui fait l’objet de la subvention.
        Dans l’autre sens, prenons l’exemple d’Airbus qui a voulu proposer son A330 MRTT lors de l’appel d’offre en 2008, puis en 2011. Airbus a dû passer par un accord avec la société Northrop Grumman, qui était la société américaine officiellement candidate.Et Airbus aurait créé une usine à Mobile, aux EUA, pour assembler les avions correspondants.
        Cela répond-il, au moins partiellement ?


      • Laurent Simon 15 mai 2015 16:21

         @eresse
        Il me semble qu’il faille se méfier des ’évidences’ et raisonnements un peu trop simples.

        Si je prolonge votre raisonnement, j’en conclus qu’il serait mauvais que l’ESA subventionne une entreprise, certes européenne (allemande OHB en l’occurrence), en dispersant les financements, alors qu’il y a déjà une (Airbus DS) ou deux entreprises européennes (avec Thales Alenia Space, qui a également signé un contrat avec Snecma) très bien placée sur les satellites tout électriques, et que du coup cela gênerait la création d’un champion européen dans ce domaine ?

        Mais dans cette situation en tout cas, il semble que cela ait fonctionné autrement : l’ESA a accordé en Octobre 2013 un contrat ARTES (public privé) ’Electra’ avec SES et OHB, pour aboutir à un (petit) satellite électrique (’small GEO’) prévu d’être lancé en 2018.
        Et pourtant cela n’a pas empêché (et cela a peut-être même grandement renforcé) la signature du contrat du plus gros satellite mondial tout électrique un an plus tard entre SES et Airbus DS (SES-12, 5.3 t) ! Et quelques mois plus tard, en février 2015, un autre contrat SES avec Airbus DS (SES 14, très innovant, 4.2 t)...
        Deux satellites SES tout électriques Airbus DS, plus le satellite EUTELSAT 172B (3.5 t) (les 3 plus gros mondialement) qui seront lancés en 2017, avant donc le satellite construit par OHB !

        Donc cet exemple semble montrer que ce n’est pas si simple.


      • Laurent Simon 15 mai 2015 16:36

        @eresse
        Un autre exemple, pour prolonger, avec CFM filiale à 50/50 (Snecma + GE), qui a signé un contrat avec le Chinois COMAC pour développer un nouveau moteur LEAP -du best seller CFM 56- pour un avion futur concurrent (C 919) de l’A320 et du B 737. Une lecture rapide conclurait à un renforcement de la concurrence (ce qui est vrai à terme).

        Et pourtant, ce contrat CFM-COMAC a en quelque sorte incité Airbus à sortir assez rapidement le nouvel A320 NEO, qui s’est vendu comme des petits pains, jamais un avion n’a été vendu aussi vite (plus de 3000 ex. avant le premier vol !), ce qui a aussi incité Boeing à sortir son 737 MAX, alors qu’ils avaient prévu de lancer un tout nouvel avion un peu plus tard.

        Indirectement cela n’est pas mauvais pour COMAC, puisque le nouveau moteur LEAP bénéficiera d’une production en très grande quantité (aux alentours actuellement de 4000 exemplaires x 2 = 8 000 !), mais cette vente en très grande quantité des Airbus et Boeing va retarder l’émergence du chinois COMAC comme vraie concurrence pour le duopole Airbus - Boeing.

        Que conclure, sinon que la concurrence est un aiguillon très important qui permet des progrès significatifs (du genre -15% de conso en carburant) ?

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