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Accueil du site > Actualités > Economie > Sécu : enfin on s’intéresse aux coûts administratifs !

Sécu : enfin on s’intéresse aux coûts administratifs !

Il m’a toujours paru étonnant que, chaque fois qu’on cherche à réduire le déficit de la sécurité sociale, on pressure les médecins, on demande des efforts aux pharmaciens, on squeeze l’industrie pharmaceutique, et on affame l’hôpital. En revanche, on ne s’est jamais intéressé aux coûts administratifs du traitement des millions de feuilles de papier que génère le système d’indemnisation. On a pourtant informatisé la saisie des frais médicaux et pharmaceutiques, via la carte Vitale, mais à ma connaissance, sans aucun effet sur les effectifs qui, précédemment, traitaient les feuilles de Sécu. Sans doute est-ce une question tabou, comme celle des effectifs de la SNCM, ou de l’État en général.

Pour la première fois, la Mission d’évaluation et de contrôle de la sécurité sociale de l’Assemblée nationale s’est préoccupée de cette partie administrative de la Sécu, dont le coût, en pourcentage des frais totaux, reste faible par rapport à son coût total de fonctionnement( de 1 à 5 pct), mais qui mérite néanmoins que l’on s’en préoccupe, puisqu’ils s’élèvent quand même à 10 milliards d’euros par an. Car ladite commission a constaté que cette organisation administrative n’a pas évolué d’un pouce depuis sa création en 1945 (!), qu’elle se compose de caisses maladie, de caisses vieillesse et de caisses famille par département, au point que 500 organismes de base, 128 caisses primaires maladie et 182 000 employés ont été comptés, quand même. Plus d’une caisse maladie par département !. Avec des différences de productivité qui peuvent varier du simple au double, suivant les caisses.

La mission suggère donc de faire passer du niveau départemental au niveau régional l’organisation de ces caisses (incidemment, pourquoi pas au niveau national ?) et de regrouper les trois branches en une seule organisation. Une proposition révolutionnaire, sans doute, mais dont on monte en épingle les difficultés, qui sont sans doute réelles mais pas insurmontables, comme l’incompatibilité des systèmes informatiques (ils ont souvent bon dos). La raison cachée en est peut-être le nombre de conseils d’administration , de membres de ces conseils et de présidents de ces caisses, qui diminuerait drastiquement, avec les privilèges et les frais qui y sont attachés. (Nommés par les organisations sociales).

Cette "découverte", connue de tout le monde mais jamais traitée, me rappelle le message du 9 juin que j’avais envoyé moi-même sur un sujet similaire, qui était le nombre excessif de départements en France, 95, avec leur cortège également de préfets, de préfectures, de personnels administratifs, de bâtiments divers, alors que la logique de fixation des limites de ces départements, qui date de Napoléon, était le temps de trajet (à cheval à l’époque) pour aller au chef-lieu de département. En utilisant le même critère de nos jours, on se satisferait sans doute d’une vingtaine de préfets/préfectures.

Espérons que ladite mission, émanation de l’Assemblée nationale, puisse se faire également l’avocat de cette simplification administrative majeure. On peut rêver !


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3 réactions à cet article    


  • michel lerma (---.---.63.52) 27 octobre 2005 19:44

    Moi je suis informaticien et j’ai découvert il y a déjà quelques années qu’il existait des « tours d’ivoires » au sein de notre administration française et surtout dans les services informatiques,qui curieusement ne « communiquent pas » entres elles et qui ouvrent la porte grande ouverte à la fraude,aux escroqueries à très grande échelle.

    Il serait plus simple de faire un super centre de traitement informatique qui centralise TOUTES les informations et de supprimer toutes cette bureaucratie en col blanc d’informaticien fonctionnaire aux priviléges exorbitant et peu productif et qui augmente le cout de traitement de l’information,pénalise la pérénité del’intégrité des informatiions (intégrité reférencielle) et ouvre la porte aux fraudes

    Il faut supprimer aussi toutes cette bureaucratie qu’on retrouve aussi dans ces conseils d’administration,qui defendent « leur tour d’ivoire »

    Je crois aussi que tant qu’il n’existera pas un vrai financement public des organisations syndicales comme il en existe un pour les partis politiques ont ne pourra réformer l’administration en général

    Donc ,il faut une vrai rupture ,mais dans l’intéret des citoyens ,pas des interets particuliers


    • Pierre Trussin (---.---.198.122) 27 octobre 2005 23:58

      Comme toujours, ces malheureux pharmaciens , ces pauvres toubibs qui chaque année augmentent régulièrement le montant des consultations alors que le commun des pékins voit sa fiche de paye réduite par l’augmentation des prélèvements sociaux ... pompés généreusement pour les sus nommés ! Arrêtons de délirer

      Oui La sécu est paperassière et forcément coûteuse, mais ne complique t on pas de plus en plus ses services par une rêglementation de plus en plus difficile à mettre en place !


      • (---.---.246.237) 5 novembre 2005 16:09

        Il est très interessant de noter que les données chiffrées de la SECU sont difficiles à trouver : Plus de 450 milliards d’euros par an, c’est bien plus que l’ensemble des dépences de l’Etat à tous les niveaux. Cela représent 7500 € par an et par personne, juteux, n’est-ce pas ?

        Quelqu’un connait-il le coût de fonctionnement de cette vache vraiment laitière ?

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