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Accueil du site > Actualités > Economie > Sécurisation des parcours, où en est-on ?

Sécurisation des parcours, où en est-on ?

Face aux prévisions inquiétantes sur le front de l’emploi, la question de la sécurisation des parcours risque fort de revenir dans l’actualité.

Raison de plus pour faire le point sur un sujet laissé de côté par les medias ces derniers mois.


L’Accord National Interprofessionnel (ANI) du 11 janvier 2008 sur la modernisation du marché du travail évoquait la nécessité de « mettre en place des moyens permettant d’assurer la qualification ou la requalification des salariés et des demandeurs d’emploi, notamment ceux qui sont les plus éloignés de l’emploi », ce qui ne nous dit pas comment et avec quels moyens.
 
Nombreux sont ceux qui craignent l’enlisement de ce chantier au constat du contexte économique actuel qui pourrait venir crisper le débat, dans la mesure où le vocable de sécurisation des parcours ne tinte pas forcément de la même manière à l’oreille d’un syndicaliste ou d’un DRH.
 
L’un y verra la nécessité d’installer de nouveaux gardes fous pour réduire les licenciements, l’autre pense que la sécurisation pourrait être réglée par la baguette magique de la GPEC.
 
En réalité, pour ceux qui s’activent dans l’ombre sur la réforme, c’est plutôt de créer des continuités dont il s’agit.
 
La dernière négociation interprofessionnelle sur la formation professionnelle vient justement d’ajouter un article qui ouvre une voie d’arrimage intéressante.
 
En effet, il est dit que "les partenaires sociaux prendront les dispositions nécessaires pour en assurer durablement le financement". Il est vrai que c’est bien de financement et de partenariat dont il s’agit, puisque nulle entité seule ne peut venir à bout de pareil défi.
 
Cette fois-ci, il semble que ce soit l’ensemble des partenaires, OPCA, OPACIF, Etat, Régions, Départements, branches professionnelles et bien sûr le nouveau Pôle Emploi qui seraient appelés à se retrouver autour de la table de concertation.

Le document de travail propose d’instaurer un mécanisme de co-financement combinant les capacités d’intervention des uns et des autres pour permettre de financer des dispositifs et des actions concourant à la sécurisation des parcours professionnels des salariés et des demandeurs d’emploi, en s’appuyant sur les outils existants (bilans de compétences, VAE, formations diplômantes ou qualifiantes accessibles par le CIF, le DIF ou le Plan de Formation de l’Entreprise).
 
Pour comprendre les enjeux et l’intérêt d’une telle proposition, il convient d’apprécier la situation actuelle.
 
Les salariés qui travaillent depuis plus de cinq ans jouissent de droits dont ils n’ont pas toujours idée. Ainsi, dans les TPE et PME, les statistiques montrent que les ouvriers et employés font plus rarement valoir leurs droits à la formation (CIF, DIF) et au conseil que les cadres.
 
C’est ainsi que nombre d’ouvriers du textile, de l’imprimerie se sont vus rejetés dans l’ornière par manque d’anticipation, ayant confié la gestion prévisionnelle de leur emploi aux bons soins de leur employeur, avec les conséquences dramatiques que l’on connaît dans certains bassins d’emploi.
 
« Si j’avais su » entend-on trop souvent. Car, une fois franchie la porte de sortie de l’entreprise, vos droits se réduisent à la portion congrue, c’est-à-dire aux quelques formations dispensées par l’AFPA ou financées par les Régions, débouchant le plus souvent sur les métiers en tension (bâtiment, commerce, restauration), sans parler de ces prestations d’accompagnement au rabais, bien différentes de celles offertes aux salariés en poste.
 
Au fil des années, un fossé béant s’est creusé entre les droits du salarié et les droits du chômeur, le préventif allant en gros aux salariés et le curatif aux chômeurs. Or, nul n’ignore qu’au curatif, déjà faiblement doté, s’est substituée l’offre valable d’emploi, qui est loin de faire l’unanimité.
 
Avec un droit attaché à la personne plutôt qu’à son statut, il est probable que nombre d’individus se seraient évités de longs mois de chômage et d’incertitude.
 
La question de la portabilité des droits, soit en d’autres termes, la possibilité de conserver les droits acquis quelque soit son statut, vient naturellement au coeur de la réflexion sur la sécurisation des parcours.
 
Il est même probable qu’en décidant de remédier pour une fois à cette manie de la segmentation des publics et des droits, on puisse en attendre pour le coup quelques économies d’échelle dans le futur.
 
En effet, nombreux sont les salariés qui partent en formation par crainte de ne pas trouver l’aide nécessaire une fois au chômage, par peur aussi de ne pas avoir les diplômes suffisants pour rester dans la course.
 
Et tout aussi nombreux sont les chômeurs qui se voient pressés de suivre des prestations ou des formations par défaut, avec à la clé parfois une surconsommation d’anti-dépresseurs.
 
De ce point de vue, mieux vaut construire des écluses à marée pour régler le problème de l’étanchéité des statuts que des passerelles rigides.
 
Les FONGECIF ayant acquis une solide expérience dans la bonne gestion des fonds de la formation, en misant notamment sur le bilan de compétences comme outil de validation d’un projet et sur l’audit qualité des prestataires, pourraient utilement devenir l’un des opérateurs possibles pour la mise en œuvre de la future réforme.

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5 réactions à cet article    


  • foufouille foufouille 25 novembre 2008 11:11

    la nouvelle formation consistera en "comment accepter de travailler en etant tres pauvre a vie"


    • Yohan Yohan 25 novembre 2008 19:39

      @ Foufouille
      Mieux voir le bon côté des choses, sinon on se gâche la vie et on oublie de profiter des choses simples.
      Allez Foufouille, une bonne tartine de paté Hénaff avec un petit Viogner et un petit match Lyon/Fiorentina ... Qu’en penses-tu ?s smiley


      • Yohan Yohan 25 novembre 2008 23:38

        merci Captain. Heureusement Lyon a gagné ce soir smiley


        • Romain Desbois 26 novembre 2008 08:40

          Bravo Yohan pour votre article.
          Cependant je suis aussi d’accord avec Foufouille. Le fil rouge de ce gouvernement est de tout faire pour désengager les entreprises de tout ce qui les gêne.
          Tout est fait pour ne pas passer par la case salaire et j’admets que le GVT est très fort (RSA, heures supp exonérées, cumul emploi retraite, etc....).
          Là il s’agit de permettre aux employés de gèrer sa carrière indépendamment de l’entreprise qui l’emploi. Flexibilité pour qui finalement ? N’est-ce pas un verrou qui saute ? Un de plus !
          Vous faîtes confiance aux Fongécifs dont vous prêtez une "solide expérience dans la bonne gestion des fonds de la formation". Tous les acteurs de la formation professionnelle se tordent de rire ! Attendez-vous hélas très bientôt à revoir votre position car d’ici six mois de gros scandales vont éclater, en marge de l’affaire des détournements de fonds de l’IUMM, dans lequelle nombre de syndicats de tous bords sont mouillés via les offices de formation.


          • SANDRO FERRETTI SANDRO 26 novembre 2008 09:51

            Salut, Yohan.
            Rien à dire sur l’article (quand je ne connais pas, je m’abstiens), mais tu devrais retourner chez Villach, y’ a Anastasie qu’est passée, plus surement que le Père Noel. Elle coupe court, Anastasie, avec les oreilles bien dégagées..
            Un vrai bonheur....

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