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Accueil du site > Actualités > Economie > Seniors : le ’salaire combiné’...en Allemagne

Seniors : le ’salaire combiné’...en Allemagne

Nous parlons beaucoup du travail des seniors et de la nécessité de les garder le plus longtemps possible au travail pour des raisons d’équilibre des fonds de retraite. On en parle... mais on ne fait pas grand chose pour faire avancer un problème qui est commun à beaucoup de pays européens.

Peut être faudrait-il regarder autour de nous si des idées nouvelles n’apparaissent pas que nous pourrions adopter. De la même manière que nous nous intéressons à la Flexsécurité danoise...

Or l’Allemagne d’Angela Merkel et de sa grande coalition vient d’adopter le "salaire combiné" pour lutter justement contre le chômage des seniors. De quoi s’agit-il ? De faciliter le retour à l’emploi des 50ans+ - Ils sont 1.2 millions en Allemagne- en compensant partiellement la perte de salaire éventuelle qu’ils encourraient en reprenant un poste moins bien payé que le précédent. De deux manières, en accordant d’un coté une prime au senior salarié qui compensera 50% de cet écart de salaire la première année de reprise d’activité puis 30% la seconde et en donnant d’un autre coté à l’employeur potentiel une prime d’incitation de 20 à 40% du salaire versé. Car en effet, même si le salaire versé au dit senior deviendra compétitif, encore faut il que l’employeur prenne la décision finale de l’embaucher dans un corps social qui a de la peine à admettre le maintien des seniors dans l’emploi. Et qui s’étonnera sans doute qu’un employeur puisse embaucher un senior plutôt qu’un jeune.

Au total Franz Müntefering, ex vice-président du SPD et Ministre du travail du gouvernement Merkel, espère que cette mesure permettra de réembaucher 100 000 seniors. Pour la petite histoire, Franz Mütefering, pendant la campagne électorale qui s’est terminée par la victoire de la CDU/CSU, était ,comme son parti, hostile à ce type de mesure. Comme quoi l’homme intelligent évolue...

Il reste un volet du problème que cette mesure ne traite pas, c’est celui, pour les seniors, de conserver leur emploi. Car la raison majeure pour laquelle les entreprises en difficulté préfèrent se séparer de leurs seniors et garder leurs employés plus jeunes, est que c’est la methode la plus acceptable socialement.

Embaucher des jeunes et conserver les seniors reste une quadrature du cercle que l’on ne peut résoudre qu’avec des taux de création d’emploi bien supérieurs à ceux que nous connaissons actuellement.


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7 réactions à cet article    


  • JC BENARD (---.---.92.11) 26 juillet 2006 14:45

    Un « senior » n’est pas un handicapé !!!! Ou bien alors, il faut considérer que tous ceux qui peinent à trouver un emploi le sont.

    Il faudrait plutôt demander aux confédérations patronales pourquoi elles ne font pas passer le message à leurs adhérents ?

    Les entreprises qui profiterons de nouvelles aides employeront un petit peu plus de de + de 50 ans mais ce sera au détriment des autres catégories de la population.

    SUPPRIMONS toutes les aides à l’emploi quelle qu’elles soient et cessons de donner l’argent du contribuable (qui est bien souvent celui du salarié) à des entreprises qui, soit ont un carnet de commande « plein » et n’en n’ont pas besoin soit n’ont pas de carnet de commande et n’embaucheront de toute façon pas.


    • L'enfoiré L’enfoiré 26 juillet 2006 16:42

      Bonjour, Bon article et sujet qui me touche de près. Sujet dont j’ai déjà parlé sur mon site sous le nom « A la casse » (URL). Je dirais que dans un système de participation avec de multiples acteurs de prise en charge, tout le monde en tirerait un profit. L’employé qui est toujours en pleine force de l’âge au moment où on voudrait le vider, l’employeur qui paierait presque la même chose qu’un jeune avec l’expérience d’un vie, le jeune qui se sentirait épaulé avec plus de force, le gouvernement qui ne voudrait pas participer au frais inhérent d’un prépensionné, la société en fin qui irait de l’avant en ne recommençant pas à zéro à chaque passage de flambeau. Mais ce n’est pas l’opinion des têtes pensantes qui se trouvent le plus souvent en tant que financiers à la direction des grandes sociétés. Ces gens sont prêts à vendre tout et n’importe quoi, des chaussettes jusqu’aux plus grandes découvertes technologiques avec la même force de frappe. Mais ils sont très forts pour mettre des contraintes dans le parcours. Les règles s’épaississent en volume. Pendant ce temps, les Chinois, autre article du jour su Agoravox, arrivent comme dans du beurre avec moins de règles à se farcir et avec la clé sous le paillasson de beaucoup d’entreprise. Nous y sommes au 21ème siècle. Tout le monde ne veut pas travailler plus longtemps, c’est sûr. Encore faut-il le demander à l’intéressé et lui laisser le choix de manière positive et non pas ostentatoire en montrant les avantages « indéniables » d’une mise en congé prolongé. A+


      • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 27 juillet 2006 09:58

        Pour avoir quelques responsabilité de conseil dans notre entreprise familiale en Allemagne (80 personnes) ; j’ajoute une difficulté de taille que nous avons rencontrée quant à la poursuite de l’emploi sur un même poste de responsable-séniors : c’est la résistance qu’ils ont majoritairement opposé à la révolution informatique, non pas par incapacité -celle-ci peut être réduite par une formation efficace- mais par volonté de préserver leur pouvoir fondé sur la rétention des informations dont ils avaient le monopole, lequel était menacé par l’accès par tous aux informations concernant les fournisseurs et les clients par exemple.

        C’est une difficulté transitoire, mais il en est une autre plus fondamentale : les séniors-responsables de rang élevé ont tendance à exiger des salaires plus élevés (selon le principe de l’ancienneté), tout en visant le confort d’une situation acquise dans l’entreprise et surtout vis-à-vis des clients réguliers avec lesquels ils ronronnent sans chercher à en élargir le nombre. Je pense qu’à partir d’un certain âge les séniors ne doivent plus systématiquement occuper des postes de responsables directs, mais de conseil pour faire profiter les autres de leur expérience, sans nuire à légitime ambition de ceux-ci de faire mieux qu’eux....

        Il y a des âges de la vie.


        • L'enfoiré L’enfoiré 27 juillet 2006 20:57

          « ...la poursuite de l’emploi sur un même poste de responsable-séniors : c’est la résistance qu’ils ont majoritairement opposé à la révolution informatique, par volonté de préserver leur pouvoir fondé sur la rétention des informations dont ils avaient le monopole, lequel était menacé par l’accès par tous aux informations concernant les fournisseurs et les clients par exemple. »

          >>> Faux. Ce qui est resté dans les têtes pensantes, bien sûr. Par contre, les « anciennes » informations sont bien stockées sur disques durs et documentées avec des protections contre tout piratage. Les sociétés ne sont plus dupes. Sarbanes Oxley et le 11 septembre sont passés par là.

          « les séniors-responsables de rang élevé ont tendance à exiger des salaires plus élevés (selon le principe de l’ancienneté), tout en visant le confort d’une situation acquise dans l’entreprise et surtout vis-à-vis des clients réguliers avec lesquels ils ronronnent sans chercher à en élargir le nombre. »

          >>>En tant que philosophe-écrivain avez-vous travaillé dans une grande société multinationales ? Tous les ans, vous êtes remis en question, jugé, coté et viré si la moyenne n’est pas atteinte 2 années de suites.

          « Je pense qu’à partir d’un certain âge les séniors ne doivent plus systématiquement occuper des postes de responsables directs, mais de conseil pour faire profiter les autres de leur expérience, sans nuire à légitime ambition de ceux-ci de faire mieux qu’eux....Il y a des âges de la vie. »

          >> D’accord mais théorique ou non adapté à tout le monde. Les patrons d’entreprise, les professions libérales indépendantes, les prof d’univ... pas de limite d’âge. La Société aime trop garder ces « oiseaux rares » en activité. A+


        • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 28 juillet 2006 09:00

          Je n’ai pas parlé des seules grandes sociétés anonymes qui, comme vous le savez, n’embauche qu’une minorité de salariés en Europe. j’ai même précisé qu’il s’agissait de mon expérience dans un PME familiale de 80 personnes qui fait partie de la majorité des sociétés en Allemagne embauchant la grande majorité des salariés.

          Quant à la rétention sécuritaire de l’information, elle n’est pas générale et ne concerne pas par exemple la consultations des sites de fournisseurs et de clients, ni le comparaisons de leurs prix et services en ligne ; ni le gestion des stocks, ce qui change pas mal de chose.

          De plus une génération de cadres agés dans les PME n’ont pas la maîtrise de l’outil informatique et internet et voit d’une assez mauvais oeil l’extension de la gestion automatique des stocks par exemple car celle-ci, alors, leur échappe pour l’essentiel, au profit de subordonnés dont leurs décisions dépendent de plus en plus ainsi que des données et des logiciels que ceux-ci maîtrisent plus et mieux qu’eux. Pour deux d’entre eux nous avons dû les pousser à la retraite anticipée, car ils démotivaient systématiquement le personnel à la moindre difficulté informatique et prétendaient maintenir une gestion manuelle lourde et redondante.

          Je trouve votre remarque (faux) pour le moins excessive.


        • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 28 juillet 2006 09:01

          n’enbauchent, avec mes excuses


        • (---.---.202.101) 27 juillet 2006 19:20

          Dans la vie il n’y a pas que faire des clients et gêrer des fichiers de fournisseurs quand même. Il y a pas des choses à produire ? des services à rendre ? C’est un peu plus productif. Et puis vivre aussi ! Et élever ses enfants d’abord.

          C’est marrant, quand on lit la littérature des siècles passés on a l’impression que dans la vie, hors des batailles (qu’on commande, pas où on se bat soi-même), des « emplois » (comprenez des postes de prestige auprès d’un souverain),de la valeur qu’on peut montrer sur les champs de bataille ou à la cour, il n’y avait RIEN ! que c’est ça la vie ! (on se demande quand même comment tant de siècles se sont nourris, logés, survécus etc) De nos jours on reçoit parfois la même impression.

          Où ils sont donc ceux qui font le vrai boulot ?

          Et la vraie vie ? elle je crois elle est ailleurs.

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