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Small Business Act : le discret rapport de Lionel Stoléru qui va décoiffer l’Europe !

Proposé par François Bayrou pendant la campagne présidentielle, repris et promis par le nouveau président de la République, Nicolas Sarkozy, étudié par le centriste Lionel Stoléru, le Smal Business Act européen pourrait devenir la véritable clé de voûte de la présidence française de l’Union européenne.

Dans une lettre du 2 août 2007, le président de la République, Nicolas Sarkozy, et le Premier ministre, François Fillon, avaient confié à Lionel Stoléru une mission sur l’accès des PME aux marchés publics et avaient demandé l’étude des « voies et moyens d’une démarche plus ambitieuse [pour les PME] à la fois sur le plan juridique, mais, aussi, au-delà des dispositions contraignantes et incitatives qui peuvent être imaginées, sur le plan pratique de la mise en œuvre ».

Le 22 avril 2008, c’est sans beaucoup de bruit médiatique que Lionel Stoléru a rendu au Premier ministre François Fillon un rapport qui reprend le "Small Business Act" à l’américaine (voté en 1953 par le Congrès américain). On peut regretter l’appellation anglophone, mais le traduire en français aurait sans doute rendu incompréhensible la finalité du projet.

Il avait déjà rendu un premier rapport au président Nicolas Sarkozy le 5 décembre 2007. Entre-temps, il avait été nommé en février 2008 par François Fillon « chef de projet sur le Small Business Act ».

Mais avant de parler du sujet, qui est donc Lionel Stoléru ?


Lionel Stoléru, un radical atypique

Lionel Stoléru a 70 ans et est sorti des écoles les plus prestigieuses : X (Polytechnique) et les Mines de Paris, puis a soutenu un doctorat d’État en sciences économiques à Stanford. Il s’est marié avec l’énarque Francine Wolff (administratrice de la ville de Paris puis conseillère à la direction générale de France 3) et ils ont eu une fille, Emmanuelle.

Ingénieur des Mines, professeur d’économie (et de mathématiques) à l’X, l’ENA et Science po Paris, il est connu et reconnu pour être un brillant économiste.

Lionel Stoléru est devenu conseiller de Valéry Giscard d’Estaing, d’abord rue de Rivoli (ancien Bercy) puis à l’Élysée avant d’être nommé secrétaire d’État de 1976 à 1981 dans le gouvernement de Raymond Barre, d’abord chargé des travailleurs manuels puis des travailleurs manuels et des immigrés. Il est notamment connu pour avoir créé la prime au retour des travailleurs immigrés en 1977.

Politiquement situé du côté des radicaux, Lionel Stoléru a le profil type du centriste rompant avec le clivage gauche-droite (comme le professe le MoDem) même si lui-même s’estime avant tout du centre gauche.

Après avoir échoué aux législatives en 1978 (alors membre du gouvernement), il se fait élire conseiller général des Vosges en 1979 et adepte de l’ouverture version François Mitterrand en 1988, il parvient à se faire élire député de l’Oise (5e circonscription) sous l’étiquette "majorité présidentielle" et soutenu par le PS.

Il ne reste que seize jours à l’Assemblée nationale (siégeant au sein du groupe socialiste) en raison de sa nomination comme secrétaire État chargé du Plan dans le gouvernement de Michel Rocard de 1988 à 1991.

Il parvient à se faire élire conseiller régional de Picardie en 1992, mais échoue dans sa candidature aux législatives de 1993 sous l’étiquette "Génération écologie" ainsi qu’à l’élection municipale de 2001 dans le 16e arrondissement de Paris sur la liste socialiste de Jean-Yves Mano (conseiller de Paris réélu en 2007).

Malgré ses déboires électoraux, Lionel Stoléru a toujours gardé d’importantes responsabilités économiques comme son appartenance au Conseil économique et social à partir de 2002, ses postes de conseiller économique du Premier ministre Petre Roman et du président ukrainien, Leonid Kravtchouk, de 1992 à 1997 ou la présidence du Conseil de développement économique durable de Paris depuis 2006.

Le 21 février 2007, Lionel Stoléru apporte son soutien à Nicolas Sarkozy, regrettant l’échec de la candidature de Dominique Strauss-Kahn dont il se sent proche et refusant celle de Ségolène Royal dont l’alliance avec Jean-Pierre Chevènement l’éloigne, pensant curieusement que Nicolas Sarkozy serait le nouveau Kennedy français après l’épopée giscardienne des années 1970.

Créateur du RMI, proche d’Antoine et de Simone Veil, de Michel Rocard, soutien de Bertrand Delanoë à Paris, Lionel Stoléru estime qu’il faut « sortir des cuisines politiques pour adopter [des] règles d’efficacité » (cette « recherche du meilleur pour chaque fonction, indépendamment des étiquettes »). Un discours que n’aurait pas renié François Bayrou, oublié dans l’explication de vote.

Auteur de nombreux livres d’économie ou de politique, Lionel Stoléru se distingue aussi par son goût immodéré pour la musique et particulièrement pour les romantiques : Chopin, Liszt, Schubert, jusqu’à en devenir chef d’orchestre (il a dirigé de nombreux orchestres à Kiev, Reims, Mulhouse, Paris, Bucarest), à enregistrer un disque (un concerto de Schuman et une symphonie de Schubert) et à fonder son propre orchestre, l’Orchestre romantique européen.


Les propositions de Lionel Stoléru pour développer l’économie les PME

Le gouvernement français souhaite profiter de la présidence française de l’Union européenne pour mettre en place un "Small Business Act" européen afin de soutenir les petites et moyennes entreprises.

En missionnant Lionel Stoléru, les autorités françaises ont donc su choisir un homme compétent et reconnu dans un cadre européen.

Quelles sont les propositions de Lionel Stoléru ?

D’une part, il s’agit de renforcer le développement de l’innovation dans les PME en instituant un quota de 15 % pour les marchés publics de recherche et développement pour les seules PME innovantes.

D’autre part, de déterminer une définition unique de la PME innovante (en France, par exemple, le droit au crédit impôt recherche, le statut social et fiscal de la jeune entreprise innovante, la déclaration d’entreprise innovante par Oséo Innovation, ex-Anvar, sont issus de critères différents).

Pour le rapport, une PME innovante serait une entreprise de moins de 250 salariés, consacrant 10 % au moins de son CA à la recherche et au développement, et contrôlée à moins de 33 % par un groupe de 250 personnes.

Par ailleurs, Lionel Stoléru propose d’élargir au niveau européen le concept des pôles de compétitivité qui rassemblent sur un thème technologique spécifique grandes entreprises, PME et laboratoires publics, et également de renforcer les aides européennes en faveur des incubateurs d’entreprises innovantes, de multiplier les projets européens et de lancer un fonds européen de capital-risque (la traduction même de "venture capital" montre la timidité du concept).

Le rapport préconise aussi toute une boîte à outils européenne pour « favoriser la dynamique de toutes les entreprises européennes » notamment par un nouveau statut de société privée européenne, la mise en place d’une Direction des PME à la Commission européenne, d’un prêt PME à taux zéro, une juridiction commune sur les brevets (j’y reviendrais sans doute plus tard) et une harmonisation fiscale.

À l’instar de Nicolas Sarkozy le 6 mars 2008, Lionel Stoléru est également favorable à la reconnaissance d’entreprises de taille moyenne (ETM), entre 250 et 5 000 salariés, qui « ont la taille adulte pour prendre place sur le marché mondial ».


Des mesures déjà préconisées par François Bayrou en 2007

Il est intéressant de rappeler que la notion même de "Small Business Act" avait été introduite en France par le candidat François Bayrou lors de la campagne de l’élection présidentielle de 2007.

À la page 3 de son programme présidentiel, on pouvait en effet lire : « Voter une loi de protection et de soutien des PME, un "Small Business Act" à la française » où étaient déclinées quatre mesures.

D’abord, « garantir 20 % des marchés publics aux PME ». Ensuite, obliger l’État à respecter les règles économiques, comme les délais de paiement. Également, « simplifier les procédures administratives, fiscales et sociales ». Enfin, « faciliter l’accès des nouvelles PME aux crédits grâce à la mise en place d’un système de caution mutuelle qui aidera les banques à couvrir les risques ».

En ce sens, Lionel Stoléru va plus loin puisqu’il compte élargir certaines mesures à l’espace européen, ou moins loin en ce qui concerne les marchés publics (15 % seulement, et pour les budgets R&D seuls).

Notons également que lors de sa précampagne présidentielle, Dominique Strauss-Kahn avait préconisé une forte aide financière pour permettre aux entreprises d’étendre leurs brevets au niveau international et aussi, de favoriser la participation de l’État dans le capital des jeunes entreprises innovantes.


Quelques commentaires personnels

Sujet essentiel pour la croissance économique et surtout, la création de nouveaux emplois, l’aide à l’innovation est une donnée bien comprise des pouvoirs publics français depuis plus d’une dizaine d’années, tous clivages confondus.

Les propositions de Lionel Stoléru vont donc évidemment dans le bon sens, cependant, j’ai une réserve et quelques regrets.

La réserve, c’est que le quota des marchés publics va considérablement compliquer les procédures administratives au sein des établissements publics et pourraient décourager l’initiative de nombreux projets. Il est donc nécessaire d’envisager cette mesure, favorable et nécessaire aux PME, avec une indispensable simplification des procédures de marchés publics.

Les regrets, c’est que la volonté de proposer une boîte à outils européenne reste timide et aurait mérité un peu plus d’ambition, notamment sur les règles de concurrence et sur les brevets.

La règle sur la concurrence empêche tout financement public d’entreprises privées au-delà de 50 % des dépenses, afin de ne pas faire de la concurrence déloyale vis-à-vis d’autres entreprises européennes qui seraient sur le même marché.

Si cette disposition est compréhensible notamment pour les grands groupes (comme les compagnies aériennes), elle peut causer des difficultés de financement d’amorçage de certaines jeunes entreprises innovantes qui, elles, n’ont que rarement la capacité de concurrencer des entreprises déjà présentes sur un marché particulier.

Aménager cette règle sur la concurrence encouragerait l’éclosion de nouvelles activités économiques sans réduire les protections contre la concurrence déloyale.

Par ailleurs, l’incapacité des pays de l’Union européenne à instituer une fois pour toutes un brevet européen handicape fortement les entreprises européennes en les plombant financièrement. Hélas, la France est l’un des pays qui fait le plus obstacle en raison du problème de la langue. J’essayerais d’y revenir plus précisément dans un autre article.


Les PME, avenir économique de l’Europe

Il reste que le rapport de Lionel Stoléru constitue une base intéressante et très encourageante pour favoriser en Europe l’innovation et les PME, sources majeures d’emplois et de profits pour les prochaines décennies.

Ce sera, à mon sens, le véritable défi de Nicolas Sarkozy pour le 2e semestre 2008, celui de faire accepter la nécessité d’un "Small Business Act" européen par nos partenaires européens.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (15 mai 2008)


Pour aller plus loin :

Rapport de Lionel Stoléru remis à Nicolas Sarkozy le 5 décembre 2007.

Rapport de Lionel Stoléru remis à François Fillon le 22 avril 2008.




Documents joints à cet article

Small Business Act : le discret rapport de Lionel Stoléru qui va décoiffer l'Europe ! Small Business Act : le discret rapport de Lionel Stoléru qui va décoiffer l'Europe !

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23 réactions à cet article    


  • morice morice 16 mai 2008 10:24

    « pensant curieusement que Nicolas Sarkozy serait le nouveau Kennedy français » ouais, depuis il s’est même trouvé une Marylin Monroe, avec les mêmes scores de drague que la blonde platinée. Avantage de Sarko : il ne partage pas Carla avec son frangin Bob....


    • LE CHAT LE CHAT 16 mai 2008 10:38

      Lionel Stoleru a 70 ans...

       

      Pauvre vieux , encore obligé de trimer sous Sarko pour avoir ses trimestres !


      • tvargentine.com lerma 16 mai 2008 11:01

        Small Business Act c’est avant tout un prochain européen qui devrait permettre aux TPE et PME entreprises françaises d’accèder plus facilement aux marchés publics bien souvent trop fermé dans des normes qui ressemblent à du copinage

        http://europa.eu/pol/enter/index_fr.htm

        Lionel STOLERU n’est pas une référence mais une girouette qui navigue en fonction de son bizness personnel et franchement de savoir qu’il est le créateur du RMI,qui a laissé dans la merde des citoyens incapables de sortir par le haut de ce puit sans fond ou les exlus sont jetés,il faut s’attendre au pire

        Le mieux pour serait de supprimer les "normes" définies par les financiers d’accessibilité aux marchés pour écarter des petites entreprises

         

         

         

         

         


        • Zalka Zalka 16 mai 2008 11:20

          Depuis un an, on ne parle plus de girouette ou de courtisan, mais de "membre de l’opposition à l’esprit ouvert".


        • Forest Ent Forest Ent 16 mai 2008 11:44

          Il est amusant que les "libéraux" en viennent souvent à réclamer des interventions comme des niches fiscales, des achats de l’état, ...

          Ce que l’on peut offrir de mieux aux entreprises, c’est un marché. SI l’on veut jouer le coup de la "pépinière de technologies", il faut des frontières et des douanes. Nos libertariens proposent tout sauf ça. Ils ne servent à rien.


          • Yohan Yohan 16 mai 2008 15:43

            Je crois qu’il n’y a guère plus de libéraux chez nous actuellement qu’il n’y avait de socialistes en grande bretagne du temps de Blair


          • jef88 jef88 18 mai 2008 09:33

            Tout à fait d’accord ! Il est impossible d’échapper au phénomène de vase communicants si on ne met pas un robinet au bon endroit. Notre richesse s’écoule vers la Chine (par exemple) et nous maintenons notre balance des payements grace à Airbus et Ariane. IL FAUT PRODUIRE EN FRANCE ! nous ne sommes pas dans une socièté post-industrielle et les services ne peuvent prospérer que s’il y a des rihesses qui se créent pour les payer.


          • Gzorg 16 mai 2008 12:19

            Ouais l’habituel salmigondis libéral Européen en fait.

            dès que je vois des trucs comme :

            - développement de l’innovation dans les PME

            - pôles de compétitivité

            - favoriser la dynamique de toutes les entreprises européennes

            Je sais déjà qu’on va me parler du monde merveilleux et enchanteur de la CEEE, des frontieres grandes ouvertes que c’est vachement bien , que plus on s’elargie que mieux que c’est, que l’Europe arrivera bientot a proteger son economie, que la libéralisme a la sauce Européenne nous permettras d’atteindre les jours glorieux d’un monde merveilleux...

            ouais ouais bien sûr, on y crois à mort !


            • vivelecentre 16 mai 2008 12:22

              vous rappelez a juste titre que François Bayrou partage ces idées qui permettrait sans doute une dynamisation et modernisation économique.

              Peut être cela serait il pour lui ( F B ) une occasion de s’investir, de mettre les mains dans le cambouis et de mouiller sa chemise dans l’intérêt commun ?

              Malheureusement, j’en doute et je crois qu’il préfère restait dans sa stature "en réserve pour la république", ne pas s’impliquer et se mouiller (se compromettre) et distiller sous ses allures de sage au chevet des français , son fiel et sa haine de ses anciens amis..... 

               ;; ;

               


              • Voltaire Voltaire 16 mai 2008 16:56

                Très bonne analyse du sujet. Il serait effectivement très souhaitable que la France porte ce projet lors de sa présidence de l’Union Européenne. On peut imaginer que les détails techniques que vous signalez justement pourront être régler au fur et à mesure de l’élaboration d’un texte de loi.

                Nul doute que les média rendront à César (ou à Bayrou) ce qui revient à César, à savoir la paternité de l’idée d’appliquer un SBA en France pour renforcer la croissance de nos PME...


                • vivelecentre 16 mai 2008 18:37

                  paternité ? n’exagérons rien ! idée et programme de campagne certes !

                  En tout cas un test pour voir si Monsieur Bayrou est capable d’être pragmatique et d’épauler les projets en la matière ou s’il va se contenter de trouver un détail, un angle d’attaque pour son exercice favori ( et son fond de boutique) :

                  la critique éternelle sur l’action de Nicolas Sarkozy et de son entourage...


                  • TSS 16 mai 2008 20:26

                    encore un peu jeune le Stoleru ,il faut qu’il attende encore un peu ,comme Poncelet ,qu’il devienne "liquide" !alors là ce sera un veritable homme politique à la Française


                    • goc goc 16 mai 2008 23:56

                      Ca va encore finir en eau de boudin

                      je me souviens d’une "initiative" gouvernementale destinée a simplifier les demarches administratives pour les PME afin qu’elles puissent repondre aux marchés publics

                      au lieu des 6 documents administratifs necessaires, l’etat avait proposé de ne gere qu’un seul document (fournis par l’administration fiscale).

                      et pour avoir ce document simplifié, la PME n’avait plus qu’une seule chose a faire :

                      ...

                      ...

                      apporter aux impots, les 6 autres documents

                      donc l’administration en gerait plus qu’un seul document et la PME en gerait 7

                      alors permettez moi d’etre plus que sceptique

                      Si l’etat veut vraiment aider les pme innovantes, il n’a qu’une chose a faire : defiscaliser les revenus sur les brevets (sous reserve que la production soit faite en France)


                      • wesson wesson 17 mai 2008 00:13

                        "Small Business Act"

                        et quelque chose de Français pour les entreprises Française, vous avez ?


                        • taihun 17 mai 2008 00:39

                          Plusieurs points

                          1- Ce que propose Stoleru n’est pas un Small Business Act mais une extension et codification de ce qui se fait pour les PCRD européens (Programme Communautaire de Recherche et Développement) qui obligent déjà à avoir des PME/PMI dans les propositions. Cela n’a rien à voir avec un SBA qui concerne les marchés publics (tous) et il est certainement plus facile de trouver des PME pour faire du batiment que de la recherche nucléaire.

                          2 -Certains pays ont un tissu de PME/PMI très développé et innovant (l’Allemagne et les pays nordiques par ex), si ce type de SMBA à l’européenne se met en place les PME françaises seront laminées par la concurrence (elles le sont déjà dans les PCRD)

                          3 Le pôles de compétitivité ont été mis en place pour développer le tissu de PME innovantes. Pour ce que j’en vois (il est vrai sur un seul pole) les grandes entreprises (stype Thales et Veolia) trustent les financements et les petits ont du mal à faire passer leurs projets (à part comme alibi).

                          4 - Stoleru est un pur produit de l’establishment X-Mines qui est en grande partie responsable du faible développement du tissu PME/PMI en france (pas assez gros ni cher, on veut du lourd quand on a fait l’X et pas se lancer dans une vrai innovation et commencer à 0). Donc quand je vois un mec comme ça rendre un rapport sur le sujet j’aurais une nette tendance à le foutre à la poubelle avant même de l’ouvrir.

                          5 - J’en parle avec un certain recul pour avoir participer à la création d’une start-up (qui a maintenant 5ans) avec aide de l’ANVAR (dans un domaine on ne peut plus de pointe : le spatial) et avoir vu le mépris et la frilosité des élites françaises pour les PME comparé à l’Allemagne ou au RU.


                          • Antoine Diederick 17 mai 2008 09:18

                            Bonjour, lorsque j’ai du mal à m’endormir, je prends le dictionnaire pour compter les mots, à défauts de moutons...De plus, cela permet de rendre l’insomnie productive et de découvrir des mots...et du langage.

                             

                            Hier soir, cette nuit, au hasard de la page, je suis tombé sur le mot "énarchie".

                             

                            J’ai découvert aussi une ancienne expression " attendez-moi sous l’orme" ....


                            • novisad novisad 17 mai 2008 10:13

                              Petit entrepreneur de la crise , je plussois l’analyse de Taihun......

                              Ce SBA a la francaise n’a que peu a voir avec son pendant Americain d’une part et on ne peut etre que dubitatif quant a une mise en place possible de la part de gens dont il faut bien le rappeler .....sont sur la scene affairo-politique depuis des lustres ...

                              Rappelons aussi que la plupart des appels d’offres publics sont raffles par les amis de Sarkozy et quant a ceux des grands groupes ,banques ,assurances etc .........les filiales ou faux nez de groupes etrangers s’en occupent tres bien ...

                              Nos brillants responsables achats formates aux ideologies ,doctrines venues d’outre atlantique en sont les parfaits promoteurs .......idiots utiles de l’ultra liberalisme ,premiers a s’indigner la main sur le coeur des paradis fiscaux dont ils ne profiteront pourtant jamais ...


                              • Jason Jason 17 mai 2008 11:24

                                Novisad, j’abonde dans votre sens. 

                                Plutôt que de pondre une nième directive qui sera soumise à toutes les perversités nationales, régionales et professionnelles, il serait plus sage et efficace de simplifier le système des appels d’offre, les exigences d’assurances inutiles et surdimensionnées pour les artisans, et de raccourcir les délais de paiements abusifs de la part des communautés.

                                Avant de penser à l’Europe, pensons à remettre de la transparence et de la simplicité chez nous. Si cela marche, alors élargissons le modèle. Et non l’inverse qui sera sûrement perverti.

                                Cordialement


                                • turenne 19 mai 2008 10:05

                                  " Il est donc nécessaire d’envisager cette mesure, favorable et nécessaire aux PME, avec une indispensable simplification des procédures de marchés publics "

                                  Pour pratiquer les marchés publics des deux côtés de la vitre (comme salarié d’une PME répondant à des appels d’offre et comme élu devant faire le choix de fournisseurs pour sa commune) il ne me semble pas que ceux ci soient d’une incommensurable complexité. 

                                  Par contre il est indéniable qu’ils sont mal utilisé tant par la "commande publique" que par les PME qui se font un monde d’un dossier d’appel d’offre là ou le seul objectif est de garantir un minimum d’objectivité dans les achats publics.

                                  La réponse à un dossier d’appel d’offre est nettement moins complexe qu’un dossier de référecement dans la grande distribution ou dans l’industie automobile ou aéronotique. Objectivement, il me semble difficile de faire plus simple sans permettre le retour à des pratiques douteuses.

                                  Je suis plus réservé sur la possibilité de réserver une part des marchés publics aux PME : Ceci contreviendrait aux règles d’égalité de traitement entre les candidats.

                                  Et objectivement, l’état ou les collectivités doivent ils retenir une offre, même si elle est moins performante que les autres sous le seul critère qu’elle est présenté par une PME ?

                                  Techniquement, la seule solution me semble être de pondérer les exhigences de références antérieures en fonction de la taille de l’entreprise.

                                  Sur un dossier, je suis dans la situation du "SBA", je dois attribuer un marché à une PME innovante .... Elle n’est même pas capable de communiquer des éléments d’information sur sa solidité financière (compte de résultat ou bilan priévisionel). Il s’agit quand même de nos impots, il me semblerait pas annormal d’avoir un minimum de certitudes quand à la capacité du fournisseur à réaliser sa commande. Les seuls critéres de taille et d’innovations ne sont pas un voile de virginité qui dispense de toute obligation.

                                  C’est toute l’utilité du code des marché.

                                   


                                  • Yohan Yohan 19 mai 2008 12:30

                                    Simplifier ! arghhh. A chaque fois que l’Etat nous dit qu’il va simplifier, on se retrouve avec une louche de complexité en plus.

                                    SBA c’est très beau sur le papier et j’adhère à tout ce qui peut encourager la création d’entreprise. La meilleure façon d’encourager la création d’entreprise est que les administrations voraces cessent de terroriser les "héros" qui se lancent dans l’aventure et que les banques leur fasse risette plus souvent


                                    • novisad novisad 19 mai 2008 13:32

                                      @Turenne

                                      """"Elle n’est même pas capable de communiquer des éléments d’information sur sa solidité financière (compte de résultat ou bilan priévisionel). Il s’agit quand même de nos impots, il me semblerait pas annormal d’avoir un minimum de certitudes """

                                      Pendant que vous vous inquietez de la puissance financiere d’un possible fournisseur ,les PME crevent ou comme la mienne sont obligées de sous traiter leurs offres a des societes plus perennes disposant entre autres des 3 ans d’existences et du bilan truqué ou pas qui leurs permettent d’inspirer confiance !!!!

                                      Comment s’etonner dans ces conditions de l’incroyable taux de mortalité de nos PME....

                                      Seulement le revers de la medaille ,c’est le faussage de la concurrence puisque nous essaimons ainsi en falsifiant nous meme l’offre ....d’autant qu’un excellent bilan n’a jamais empeche une entreprise de deposer son bilan l’année suivante .

                                      C’est meme le principe de toute carambouille intelligente de nos jours .....

                                       

                                      Pour le reste ,je vous rejoins par contre ,repondre a un appel d’offre est simple et satisfaire a un cahier des charges me parait un minimum ......

                                      Le probleme etant les conditions d’obtentions ,J’ai pu repondre et etre eligible sur des appels ouverts emanant de grandes mutuelles d’assurances ....alors qu’une Urssaf ou un conseil regional local ne m’adresse meme pas la parole ,hilarant ...

                                      Je rajouterais aussi qu’une des diffcicultes pour les TPE -PME dans des domaines techniques pointus et innovants reste aussi de rencontrer en face des interlocuteurs competents ........je pourrais citer les cas tout aussi hilarants de directeur informatique qui ne sont en realite que des stagiaires ou des gens embauches au rabais ,le plus mauvais CV coutant moins cher que le talentueux ...

                                      Bref ,une musique malheureusement bien hexagonale ...


                                      • Rabelais Rabelais 20 mai 2008 00:35

                                        Juste quelques points en passant (c’est un peu mon domaine).

                                        1. La traduction : SBA, c’est tout simplement Loi pour les PMEs.

                                        2. Attention à ne pas confondre innovation et recherche. Si la Recherche (et surtout sa valorisation à travers les entreprises, notamment les PMEs) est une voie royale pour l’innovation, toute innovation n’est pas forcément technologique. Exemple typique...Nespresso, dont on peut dire : qu’il ne révolutionne pas la façon de faire du café, mais qu’il révolutionne le marché du café (pour le grand plaisir de Nes...). L’innovation est surtout marketing et dans la distribution.

                                        3. Un vrai SBA réserverait effectivement tout marché en partie (20% ou 25% serait un minimum) aux PMEs. Cela leur permettrait de toucher un maximum des dividendes de leurs efforts. Car comme dit plus haut, bien souvent (j’ai des exemples réels en tête), les grands groupes s’arrogent le marché et....refilent les emm...des techniques à résoudre aux PMEs qui se tapent le boulot. A bas prix car le grand groupe prend sa marge.

                                        4. Je finirai de lire le rapport Stoleru (qui ne maitrise pas totalement le bon gout en termes de mise en page !) d’ici quelques jours, mais une chose est certaine : les entreprises innovantes, dont les technologiques, sont un de nos atouts pour la France dans le monde de demain. Et ça urge !

                                        5. By the way : quand on pense aux commentaires sur l’absence d’idées de F Bayou pendant la campagne !

                                        Chers à tous,


                                        • novisad novisad 20 mai 2008 10:06

                                           Un vrai SBA réserverait effectivement tout marché en partie (20% ou 25% serait un minimum) aux PMEs. Cela leur permettrait de toucher un maximum des dividendes de leurs efforts. Car comme dit plus haut, bien souvent (j’ai des exemples réels en tête), les grands groupes s’arrogent le marché et....refilent les emm...des techniques à résoudre aux PMEs qui se tapent le boulot. A bas prix car le grand groupe prend sa marge.

                                          Merci de confirmer ce que nous vivons tout les jours ....c’est a dire de permettre aux grosses boites de faire l’economie des competences necessaires a l’obtention des appels d’offres mais d’en raffler la valeur ajoutée en sous traitant ....

                                          ET exact pour Bayrou qui presentait d’un point de vue technique ,le plan bizness le plus pertinent ........mais les francais ont preferes elire un Sarkozy sur la securité ...

                                          C’est dire leurs preocupations a ceusses la .......

                                          Nenfin le chomage les rattrapera bien assez tot pour comprendre que l’insecurité depend avant tout de l’emploi possible ou pas .....

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