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Accueil du site > Actualités > Economie > « Socialement je suis de gauche, économiquement de droite »

« Socialement je suis de gauche, économiquement de droite »

La révolte grecque de décembre dernier n’était sans doute qu’un apéritif. L’actuelle crise économique débouchera tôt ou tard sur une grave crise sociale. Mais que signifient précisément ces mots d’« économique » et de « social » ? Ils nous sont familiers, mais serions-nous capables de les définir ? En attendant que ça pète pour de bon, accordons-nous le luxe de réfléchir à cette question, dont l’intérêt n’est pas seulement théorique. Le sens des mots est important. Si nous sommes aujourd’hui dans un tel merdier, c’est en partie parce que à cause d’une propagande qui nous a habitués à l’inacceptable. En séparant le « social » et « l’économique », le discours dominant présente l’économie comme inhumaine et antisociale par définition. Dès lors, l’idée d’une économie qui profite à toute la société apparaît tout à fait saugrenue, utopique, ultragauchiste, archaïque, en un mot : populiste…

L’économique et le social

« Socialement je suis de gauche, économiquement de droite et, nationalement, je suis de France. » Vous souvenez-vous de cette belle profession de foi ? Elle fut prononcée par Jean-Marie Le Pen lors de sa demi-victoire d’avril 2002. Il n’est pas très difficile de démonter cette formule. Comme tout démagogue, Le Pen s’efforce de ratisser large et ne recule devant aucune incohérence. Il est à la fois de gauche et de droite, mais ce n’est pas bien grave puisque cette contradiction se dissout dans la merveilleuse fraternité nationale. Discours fascisant ? Peut-être[1]. Malheureusement, il repose sur une idée très courante, qui dépasse largement les cercles d’extrême droite.

Qu’ils soient de gauche ou de droite, en effet, les politiciens et les journalistes passent leur temps à distinguer l’« économique » du « social ». Ils sous-entendent généralement qu’il faut une dose de « social » pour panser les plaies infligées par « l’économie » aux plus pauvres et aux plus précaires. L’économie est sévère, paternelle, elle n’hésite pas à donner des coups de pied dans la gueule des manants (mais attention, c’est pour leur bien !) : rigueur salariale, baisse d’impôts pour les plus riches, délocalisations, flexibilité, concurrence acharnée entre entreprises, pays, travailleurs…. L’économie est de droite. Le social, au contraire, est tout en rondeur. Maternel, gentil, réconfortant, attentif aux plus démunis, il maintient la cohésion dans la société en tâchant de réparer les dommages collatéraux causés par l’économie. Le social est de gauche, ou cherche à le paraître. Ainsi, comme papa et maman, comme le méchant flic et le bon flic, l’économie et le social ont deux rôles bien distincts et – comme de juste – soigneusement hiérarchisés. Quels que soient les pays, on parle beaucoup plus du ministère de l’économie et des finances que du ministère des affaires sociales. Et c’est à juste titre, puisque le premier est un ministère clé – presque au même niveau que le ministère de l’intérieur – alors que le second a surtout une valeur cosmétique.

Sans doute cette hiérarchie est-elle contestée. Les esprits avancés se plaignent que « le social » soit sacrifié à « l’économie ». Mais rares sont ceux, me semble-t-il, qui mettent radicalement en cause cette dichotomie entre « économique » et « social ». Pourtant, si on réfléchit un peu à la signification de ces deux termes, on s’aperçoit qu’il n’y a pas forcément lieu de les séparer.

Qu’est-ce que le « social » ?

Au sens large, c’est le domaine de la vie en société. Une société est une association de gens qui ont des intérêts communs : ils sont interdépendants économiquement, obéissent aux mêmes lois, partagent plus ou moins une même culture… Mais en même temps, ces gens ont des intérêts divergents, d’où un risque d’éclatement de la société. Les conflits sociaux peuvent avoir de multiples causes : culturelles, religieuses, générationnelles, etc. Mais ce qu’on appelle la question sociale – en la distinguant des problèmes « sociétaux » – c’est le problème de la division de la société en catégories plus ou moins favorisées économiquement. Ces catégories, parce qu’elles n’ont pas les mêmes buts, risquent d’entrer en conflit, ce qui pourrait finir par détruire la société. C’est justement pour empêcher cette catastrophe qu’intervient le « social », pris cette fois-ci au sens de l’action sociale. À défaut de résoudre durablement les conflits, le « social » atténue les inégalités et aide les plus pauvres à rester insérés dans la société. L’action sociale – tout comme la question sociale – est donc d’abord une affaire économique. On voit qu’il n’y a pas lieu de distinguer radicalement le domaine social du domaine économique. Cela paraîtra encore plus clair lorsque nous aurons défini l’économie.

Qu’est-ce que l’économie ?

Dans cet article, le mot économie désignera l’activité économique davantage que la science des économistes. Les deux sens du mot sont bien sûr étroitement liés, puisque l’activité économique est justement l’objet étudié par les économistes. À dire vrai, nous ne sommes pas encore très avancés, car il n’est pas évident de déterminer quel est cet objet étudié par la science économique. Comme l’écrit Jacques Généreux[2], « tout le monde s’accorde, économistes et philosophes, pour admettre que l’on ne peut définir l’objet de l’analyse économique par un sujet ou une liste de sujets concrets. En effet, les phénomènes strictement économiques n’existent pas. On ne peut extraire du réel une partie « économique » qui serait indépendante des parties « psychologique », « politique » ou « sociale ». L’inflation, par exemple, met en jeu des mécanismes psychologiques et politiques, et intéresse donc tout autant l’économiste que le psychologue, le politologue ou le sociologue. » On peut encore une fois noter, à la lecture de ce texte, qu’il n’y a pas de distinction radicale à faire entre un domaine social et un domaine économique. Mais continuons notre réflexion.

Si aucun domaine n’est strictement économique et si, à l’inverse, l’économie est omniprésente, comment est-il possible de la définir ? Voici comment Jacques Généreux se tire de cette question difficile :

« […] l’essentiel du contenu actuel de l’analyse économique correspond assez bien à la définition très simple qui ouvre les trois quarts des manuels d’économie :

L’économie étudie la façon dont les individus ou les sociétés utilisent les ressources rares en vue de satisfaire aux mieux leurs besoins.

Cette définition met en avant deux aspects fondamentaux :

1. L’économie constitue une façon particulière de considérer les comportements humains : les individus ou les groupes d’individus agissent parce qu’ils ont des besoins à satisfaire et que cela ne va pas de soi dans un univers où les moyens disponibles sont limités.

2. L’analyse est à la fois microéconomique (étude des comportements individuels) et macroéconomique (étude des phénomènes de société).

Ainsi définie, l’économie n’est pas enfermée dans un domaine réservé. »

Qu’est-ce qu’une économie saine ?

Si on admet la définition de Jacques Généreux, il y a donc deux formes d’activités économiques. La première concerne des individus, au sens le plus large du terme. Ces individus peuvent être des personnes physiques comme vous et moi, ou des personnes morales poursuivant un intérêt particulier (entreprises privées, par exemple). L’activité économique de ces individus consiste à maximiser les ressources rares dont ils disposent afin de réaliser leurs buts particuliers de la manière la plus efficace possible. Cela consiste, entre autres, à ne pas gaspiller ces ressources, à penser au long terme et pas seulement au court terme. L’économie, cela consiste en grande partie à savoir économiser. Or, dans la mesure où ces individus poursuivent des buts particuliers, ils peuvent très bien entrer en conflit les uns avec les autres. En ce cas, l’activité économique des uns peut être désavantageuse aux autres. Pour économiser ses ressources financières, le propriétaire d’une entreprise aura tendance à rogner au maximum sur les salaires et fera abstraction des conséquences de son activité sur l’environnement. Si la collectivité est d’accord pour payer à sa place, pourquoi se priverait-il d’abîmer les hommes et la nature ? Prise en ce sens, comme une activité au service d’intérêts particuliers, on peut bien comprendre que l’économie soit en contradiction avec les intérêts de la société dans son ensemble, et qu’il faille une bonne dose de « social » pour réparer ce que « l’économie » a détruit.

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La crise est dure pour tout le monde
Dessin de Marc Vidberg. Source : http://vidberg.blog.lemonde.fr/cate...

Mais l’économie peut se prendre en un autre sens : comme une activité au service des intérêts de la société toute entière. Dans ce cas, il est absurde de la séparer du social. Une économie saine, c’est une économie qui satisfait les besoins de tout le monde, et pas seulement ceux des « winners » de la rude compétition capitaliste. Autrement dit, il n’y aurait pas besoin de « faire du social » si l’économie était vraiment pensée de manière démocratique, comme une activité visant à l’intérêt public.

Il y a donc deux manières de juger de la valeur d’une économie. Un exemple parmi beaucoup d’autres illustre cette idée. Il y a quelques mois, Alexandre Adler présentait l’Afrique du Sud de Thabo Mbeki comme un modèle de réussite économique[3]. Malgré quelques erreurs politiques, Mbeki aurait suivi une « ligne économique prudente », c’est-à-dire néolibérale, puisque ces deux mots semblent synonymes pour Alexandre Adler. La preuve : ces dernières années, la croissance en Afrique du Sud a été « sans tache ». Vus sous un autre angle, les choix économiques de Mbeki apparaissent beaucoup moins « prudents » et immaculés. Naomi Klein, dans La Stratégie du choc[4], explique que la politique très libérale de l’ANC a été catastrophique pour une large part de la population[5]. La pauvreté est encore pire qu’à l’époque de l’Apartheid. Qui dit vrai ? Le sage expert en géopolitique ou la dangereuse activiste canadienne ? Les deux, bien sûr. Chacun a raison, de son point de vue. M. Adler, qui n’en finit pas d’expier son passé communiste, a résolument pris le parti des riches. Pour lui, une économie est florissante lorsqu’elle favorise les classes supérieures et les « classes moyennes ». Tant pis pour les gueux. Ce qui compte, ce sont quelques indicateurs économiques globaux, comme la croissance, qui ne disent pas grand-chose du bien-être véritable des gens. Pour Naomi Klein, cette odieuse populiste, une économie est saine lorsqu’elle satisfait intelligemment les besoins de tout le monde. Force est de reconnaître qu’elle a aussi raison, de son détestable point de vue ultra-gauchiste.

Conclusion

Si les politiques économiques avaient vraiment le bien commun pour but, il n’y aurait pas besoin de les compléter par des « mesures sociales ». La séparation du « social » et de l’« économique » ne veut dire qu’une chose : l’économie est censée être par définition au service des riches. C’est pourquoi cette manière de parler est pernicieuse. Elle affaiblit considérablement la pensée de ceux qui prétendent lutter contre le système. En disant que l’économie a trop de place par rapport au social, bien des progressistes admettent implicitement qu’elle ne peut être qu’antisociale. Sans le vouloir, peut-être, ils pensent comme leurs adversaires. Ce qu’il nous faut, ce n’est pas « plus de social » et « moins d’économie », c’est une économie qui soit au service des besoins de la société dans son ensemble.


[1] On a même pu le rapprocher de l’idéologie nationale-socialiste. Cf. cet article de l’Humanité du 25 avril 2002 :

LE PEN C’EST ÇA

« Socialement je suis de gauche, économiquement de droite et, nationalement, je suis de France. »

Jean-Marie Le Pen (avril 2002)

« Unser Nationalsozialismus ist die Zukunft Deutschlands. Trotz diese Zukunft wirtschaftlich rechtsorientiert wird, werden unsere Herzen links orientiert bleiben. Aber vor allem werden wir niemals vergessen, dass wir Deutschen sind "

(Notre national-socialisme est l’avenir de l’Allemagne. Bien que cet avenir soit économiquement orienté à droite, nos cœurs demeurent orientés à gauche. Mais avant tout, nous n’oublierons pas que nous sommes des Allemands. )

Adolf Hitler (novembre 1932 discours de clôture du parti nazi NSDAP). »

Source : http://www.humanite.fr/2002-04-25_P...

[2] Économiste, professeur à l’Institut d’Études Politiques (Sciences-Po) de Paris, auteur d’un petit livre dont sont extraites les citations présentes dans cet article : Introduction à l’économie, Seuil, collection Points – Économie.

[3] Dans Les matins de France-Culture, où il fait une chronique quotidienne depuis des années, hélas. L’émission en question date du 23 septembre 2008, juste avant la démission de Thabo Mbeki.

[4] Naomi Klein, La Stratégie du choc - La montée d’un capitalisme du désastre. Éditions Leméac/ Actes sud.

[5] Cf. aussi cet article de Wikipedia, qui reprend les conclusions du PNUD (Programme des Nations-Unis pour le développement).


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50 réactions à cet article    


  • Yannick Harrel Yannick Harrel 24 avril 2009 14:11

    Bonjour,

    John M. Keynes, trop vite rangé dans le coffre aux vieilleries par des individus pas si bien disposés que cela envers la société, avait compris que dissocier économie et social équivalait à menacer la paix sociale à terme. Son ouvrage Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie n’était rien d’autre que cette préoccupation essentielle d’éviter une déflagration sociale.

    Lorsque l’on lit les libéraux, notamment Friedrich von Hayek balayant très lestement le concept de justice sociale, on comprend mieux comment le courant libéral apparait totalement en dehors de la réalité de terrain en ne se basant que sur une frange très minoritaire de la population active pour baser ses théories. Ordre spontané ou main invisible, il est patent que le social n’apparait aucunement une préoccupation digne d’intérêt, comme si incroyablement l’un ne rejaillissait pas sur l’autre ! 

    Mais rien n’est impossible : Maurice Allais ce si bel esprit un temps compagnon de route du libre-échange n’a-t-il pas pris conscience au fil du temps qu’il se fourvoyait avant d’opérer un changement d’orientation intellectuel ? 

    Lorsque personnellement j’écris que le protectionnisme est social, il n’y a nulle argutie dans mes propos : revitalisation du tissu entreprenarial local rime avec redynamisation du tissu social. Or ceci ne peut s’opérer que par la main (visible) de l’Etat selon une durée et/ou des objectifs donnés.

    Cordialement


    • Jordi Grau J. GRAU 24 avril 2009 18:56

      Merci pour ces références. J’avoue que je n’ai lu que le début de la Théorie générale de Keynes. Votre message me donne envie de lire la suite.


    • Yannick Harrel Yannick Harrel 24 avril 2009 23:38

      @J. Grau

      Bonjour,

      Comme le précise Léon l’ouvrage est ardu et, à l’instar du Capital de Marx, très peu (dont moi) l’ont lu du premier au dernier caractère. Cependant pour vous faciliter la tâche, je vous recommande de passer directement au chapitre XXIV dont j’apprécie particulièrement au sein de ce dernier ce petit passage :

      Notre critique de la théorie classique admise a consisté moins à relever des erreurs logiques dans son analyse qu’à mettre en évidence le fait que ses hypothèses implicites ne sont jamais ou presque jamais vérifiées et que par suite elle se trouve incapable de résoudre les problèmes économiques du monde concret.

      Ca c’est la macro-économie à coup de marteau pour paraphraser un philosophe moustachu d’outre-Rhin...

      Le bonhomme était loin d’être un adorateur de l’étatisme absolu comme ses détracteurs tenteront de le faire passer par la suite. Au contraire il était fort conscient qu’il fallait être souple pour une efficacité accrue : 

      Aussi pensons-nous qu’une assez large socialisation de l’investissement s’avèrera le seul moyen d’assurer approximativement le plein emploi, ce qui ne veut pas dire qu’il faille exclure les compromis et les formules de toutes sortes qui permettent à l’État de coopérer avec l’initiative privée... Les mesures indispensables de socialisation peuvent d’ailleurs être appliquées d’une façon graduelle et sans bouleverser les traditions générales de la société.

      Cordialement


    • plancherDesVaches 24 avril 2009 14:51

      Excellent, monsieur Grau.
      Je dirais même plus : il faut exterminer les pauvres avec une bonne guerre bien de chez nous.
      Seuls les milliardaires ont le droit de vivre. (on conservera quelques esclaves pour changer les fusibles et faire le ménage)


      • Kalki Kalki 24 avril 2009 15:37

        Tenons compte que Cela fait longtemps que l’économie n’a plus rien de « réél », et que certain voudrait que ca dure.

        Une sacro sainte économie irréel ( sans loi , sois disant sans chef, main invisible qui serait bon pour tout et pour l’autorégulation du marché, une sois disant flexibilité) qui a le pouvoir de par les société dans le monde et donc sur le social.

        Qu’est ce qui doit diriger la vision de la société ? l’économie (forcément cour terme, organisation productiviste de la société, organisation « anarchique » mais avec hyppocrisie pour toujours faire plus de profit, avilir les etres humains ca n’est pas un probleme, mais pour l’économie c’est un problem qui n’entre pas en ligne de compte , c’est mineur) le social (bien être et bonne organisation de la société)  ?

        Ou une organisation de la société sur le long terme


        • Peretz Peretz 24 avril 2009 16:04

          Ben voyons ! C’est facile : le coeur à gauche, le portefeuille à droite. Il y en a eu des comme ça, des ci-devant à une certaine époque. Le plus drôle c’est que tu sembles souhaiter que ça pète ! Tu feras pourtant partie de ceux qui se trouveront à la lanterne. On aura pas le temps de discuter. Bon je ne t’en veux pas, en temps qu’économiste, ton choix est limité. Juste ,une petite remarque : l’inflation n’a rien de social, elle est systématiquement et purement économique. J’espère que tu ne dis pas ça à tes étudiants , il ne comprendront plus rien ! Louis Peretz, citoyen lambda


          • Jordi Grau J. GRAU 24 avril 2009 19:04

            Je crois que tu as mal compris mon article. Je critique précisément cette division du travail entre l’économie (qui serait censée être de droite) et le social (qui serait là pour recoller les morceaux, donc vaguement « de gauche »). En réalité, je crois qu’une véritable politique de gauche ne doit pas séparer l’économique et le social. Autant dire que le social-libéralisme, qui veut promouvoir une espèce de capitalisme libéral à visage humain, n’est pas une idéologie de gauche.

            A part ça, je précise que je ne suis pas professeur d’économie. Comme toi, je suis un citoyen lambda, mais cela ne m’empêche pas de m’intéresser au sens des mots - surtout si ce sont des mots constamment employés dans les discours politiques et journalistiques.

            Quant à la lanterne, c’est possible que j’y finirais si ça pétais pour de bon. L’exemple de plusieurs révolutions (française et bolchevique, notamment) montre bien que les exécutions peuvent frapper aussi bien les réactionnaires que les réformistes et les révolutionnaires.


          • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 24 avril 2009 16:17

            à l’auteur

            "La séparation du « social » et de l’« économique » ne veut dire qu’une chose : l’économie est censée être par définition au service des riches".

            Par contraste, ce qu’il nous faut c’est peut-être un Capitalisme Anthropocentrique, Philanthropique.
            http://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/le-parti-capitaliste-francais-pcf-51707?51707


            • Jordi Grau J. GRAU 24 avril 2009 19:07

              Merci pour cette référence à votre article, que je lirai quand j’aurai plus de temps. Mais il me semble que la notion d’un capitalisme philanthropique est contradictoire par nature. Ou alors, il faudrait radicalement changer la signification du mot « capitalisme » - ou encore concevoir la philanthropie à la manière de Rockefeller ou Carnegie, comme de la charité bien-pensante destinée à redorer son image de marque.


            • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 25 avril 2009 12:28

              à l’auteur

              « Mais il me semble que la notion d’un capitalisme philanthropique est contradictoire par nature ».

              C’est effectivement paradoxal. Mais, penser que c’est irréalisable demeure un préjugé.


            • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 27 avril 2009 12:59

              à l’auteur

              « Mais il me semble que la notion d’un capitalisme philanthropique est contradictoire par nature ».

              C’est effectivement paradoxal. Mais, penser que c’est irréalisable demeure un préjugé si l’on ne se réfère pas au texte qui explicite ce que peut être un Capitalisme Anthropocentrique, Philanthropique.
              http://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/le-parti-capitaliste-francais-pcf-51707?51707


            • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 7 mai 2009 22:37

              Disons "gouvernance philanthropique : le capitalisme est mort. Nous y sommes déja. Gates, Soroes, Buffet... l’argent n’a plus de valeur, ni d’intérêt. Le politique reprend la gouverne de l’économique et la gouvernance qui vient ne reposera plus sur l’argent. L’argent, c’est ce qu’on se fabrique quand on a le pouvoir. 


              La relation au peuple de la gouvernance qui se met en place sera celle du Presidium soviétique à la population de l’URSS. Différence, nous avons l’abondance... Je vois venir un paternalisme bienveillant, mais la liberté s’enfuir De toute façon, j’ai déjà dit tout çà et je suis bien vieux.. Bonne chance à tous.




              Pierre JC Allard










            • french_car 24 avril 2009 16:54

              Nous avons en France une corporation dont on dit qu’elle est aussi nombreuse que l’Armée Rouge , je veux parler de notre Corps Enseignant.
              Sociologiquement réac, « socialement de droite » mais « économiquement de gauche » dans la mesure où la droite n’a de cesse de vouloir diminuer le nombre de postes et rogner sur leurs - maigres - privilèges.


              • Vinrouge 24 avril 2009 17:20

                Certains économistes dont j’ai oublié les noms et même l’école de pensée présentent l’économie comme étant l’étude des récompenses et des sanctions (incentives en anglais). Pour eux, elles sont de 3 natures : financière, sociale et morale.
                Pour reprendre quelques uns de mes posts récents, je dirais qu’aujourd’hui, il y a un très fort biais vers l’aspect financier en ce qui concerne les récompenses et un autre vers l’aspect social en ce qui concerne les punitions. Les entreprises, les entrepreneurs et même plus largement les individus dits « performants » sont ceux qui génèrent du cash ( que ce soit à la Bourse, dans Capital, dans les journaux people lorsqu’il s’agit de parler de tel ou tel blaireau plus ou moins bankable ayant acheté telle ou tel yacht/villa de vancances, dans la cité HLM lorsque le voisin revient avec sa nouvelle voiture ), et les « salauds » le sont au regard de leur comportement social.
                Il me semble que ces réflexes sont à bannir : le premier pousse à la course à l’argent, quant au second, il n’est pas pertinent - aujourd’hui en tout cas -, car le jugement dont le dirigeant d’entreprise se soucie n’est pas celui-là !
                Espérons un avenir où l’entreprise performante sera celle qui innove, et/ou qui crée des emplois, et/ou qui assure la restauration d’un élément du patrimoine, l’argent restant à sa place, somme toute secondaire !


                • Jordi Grau J. GRAU 24 avril 2009 19:15

                  Désolé pour le précédent message, Vinrouge, qui ne vous étais pas destiné.

                  En ce qui concerne la différence que vous rappelez entre sanction financière et sanction sociale, je suis assez d’accord avec vous. Le problème de l’argent, c’est qu’il n’est pas seulement un moyen de subvenir à ses besoins : c’est qu’il a en lui-même de la valeur. Il fut un temps où les classes dirigeantes n’accordaient qu’une importance secondaire à l’argent. Je veux parler de l’Ancien Régime, où les aristocrates méprisaient les riches bourgeois, surtout si ceux-ci étaient mal éduqués, sans élégance, sans classe. Bien entendu, les nobles aimaient l’argent - ne serait-ce que pour avoir le plaisir de faire des fêtes somptueuses ou de se payer des habits prestigieux - mais ils ne considéraient pas que l’argent avait en lui-même une valeur sociale. Bien entendu, je ne dis pas qu’il faille revenir à cette époque. Ce n’est ni possible ni souhaitable. Je veux simplement montrer qu’une civilisation où l’argent n’a qu’une valeur secondaire n’est pas impossible, que le culte de l’argent n’est en rien inscrit dans la « nature humaine ».


                • Jordi Grau J. GRAU 24 avril 2009 18:55

                  Merci pour ces références. J’avoue que je n’ai lu que le début de la Théorie générale de Keynes. Votre message me donne envie de lire la suite.


                  • antyreac 24 avril 2009 18:56

                    Beaucoup ont des idées de gauche mais effectivement tout le monde préfère vivre économiquement à droite.

                    C’est humain et c’est normal.


                    • Jordi Grau J. GRAU 24 avril 2009 19:20

                      Votre idée est partagée par beaucoup, Antyreac, mais je la crois très discutable. Certes, les valeurs de solidarité, de partage, et l’amour de l’égalité ne sont pas très naturelles à l’homme. Mais je ne crois pas que les valeurs de droite soient beaucoup plus naturelles. Il faut, me semble-t-il, tout un conditionnement, pour faire entrer dans la tête d’un enfant que les inégalités monstrueuses de notre société sont normales. Pas plus que le racisme ou le système des castes, la société de classes n’est acceptée naturellement par un être humain. Méfions-nous de la « nature humaine ». On qualifie généralement de « naturel » ce à quoi on est habitué. Cf. Rousseau et son Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes. Cf. également Michéa et son Empire du moindre mal, qui explique comment l’idéologie libérale - qui n’a rien de naturel - s’est progressivement imposée.


                    • antyreac 24 avril 2009 20:59

                      Je pense que la notion d’amour de bien être et de partage est plutôt quelque chose de naturel

                      chez l’homme sinon on ne serait pas là pour en parler.Mais ce sens de partage les hommes le

                      réservent a ses proches et à condition qu’il puisse le faire.

                      Le sens de partage plus large est un apprentissage ou une obligation sur lesquels les

                      hommes n’ont pas toujours le même avis.

                      n’ont pas toujours le même avis.


                    • King Bounty 24 avril 2009 20:38

                      ca veut rien dire ca socialement de gauche economiquement de droite !
                      On vous met a la tete de l etat et on obtient la crise actuelle !
                      Une vision de l economie basée sur le profit et la concurrence exacerbée conduit inevitablement a la situation actuelle !
                      Le « bien etre » qu a apporté le capitalisme est basé sur 3 postulats soigneusement occultés : le crédit , l esclavage « librement consenti » et la mise en coupe réglée des ressources du tiers et du quart monde !
                      IL N Y A AUCUNE AUTRE ECONOMIE DE DROITE !!
                      ...et donc on devait ineluctablement se casser la gueule !!


                      • Jordi Grau J. GRAU 24 avril 2009 21:15

                        Je crois, King Bounty, que vous avez mal lu mon article. Je dis exactement la même chose que vous : « socialement de gauche et économiquement de droite », cela ne veut rien dire. Cette phrase est de Le Pen, pas de moi. Malheureusement, le Pen est loin d’être le seul à distinguer l’« économique » et le « social »...


                      • King Bounty 24 avril 2009 20:49

                        ..et meme , en y reflechissant bien , de gauche , de droite , du centre ou martien : toute économie basée sur la croissance est inéluctablement amenée a s écraser , seuls un fou ou un economiste peuvent croire a une croissance infinie dans un monde fini !!


                        • antyreac 24 avril 2009 21:01

                          Au Moyen Age les hommes croyaient aussi que le monde était fini ...


                        • Jordi Grau J. GRAU 24 avril 2009 21:23

                          Sans vouloir voler à King Bounty sa réponse, il me semble qu’il a raison quand il dit que le monde est fini. Le monde, ce n’est pas l’univers - qui est peut-être infini, même si ce le genre de chose qui est bien difficile à prouver - mais cette minuscule partie de l’univers que l’homme a la possibilité d’habiter. Autrement dit, le monde, c’est la terre, dont chacun sait que les ressources s’épuisent à toute allure à cause d’une économie productiviste complètement démentielle. Certains disent qu’on pourrait inventer une croissance économique qui soit surtout fondée sur les richesses immatérielles et n’entraîne plus un gaspillage des ressources naturelles. C’est possible, mais pour l’instant cette nouvelle croissance n’est qu’un rêve. Encore plus délirant, me semble-t-il, est le désir d’aller coloniser d’autres planètes. Si nous transformons la terre en poubelle invivable (comme nous en prenons allègrement le chemin), à quoi servira-t-il que nous allions sur Mars ? A supposer que nous arrivions à rendre cette planète apte à la vie humaine (ce qui ne serait pas une mince affaire !), il suffirait de quelques décennies pour la bousiller, si nous l’exploitons comme nous avons exploité la terre...


                        • lerian 24 avril 2009 23:22

                          Je ne suis pas un spécialiste, mais il me semble que la notion de morale en économie est un peu déplacée. Si on construit un modèle économique qui suppose les gens altruistes, je doute que l’on arrive à quoi que ce soit de solide.

                          Au-delà de cette constatation facile, je commenterai le mot « social » tel qu’il est perçu par le quidam moyen que je suis, totalement dénué de connaissances sur la théorie économique.

                           Ce que l’on appelle « social » en France n’est rien d’autre qu’une redistribution d’une partie non négligeable des profits des entreprises (45%) selon des critères décidés par la communauté. On peut toujours faire de la politique, de gauche ou de droite, concernant le bien fondé de ces critères de répartition, mais ce n’est pas ce qui m’importe ici.

                          Pour que cela marche il faut donc des entreprises saines qui dégagent des bénéfices et payent des impôts en France. Dans le cas contraire, lorsque le chômage explose, il y a de moins en moins d’entreprises pour payer le social et de plus en plus de gens qui en ont besoin.

                          Or, que se passe-t’il depuis le début de la mondialisation ? Les grandes entreprises multinationales ont décidé d’investir au maximum en Asie, où les charges sociales sont largement plus faibles que 45% des bénéfices, et de licencier un maximum en Europe, et surtout en France, pays le plus imposé du monde.

                          Donc, on ne peut pas compter sur ces grandes structures pour maintenir notre niveau de dépenses sociales. Seules des entreprises qui ne délocalisent pas sont suceptibles de continuer à payer 45% de charges sociales. Il s’agit des PME.
                          Mais, comme la concurrence intra-Europe et extra-Europe est libre (ou presque) ces PME ne sont pas compétitives et meurent petit à petit. En fait, depuis longtemps déjà, on est contraints d’emprunter et de s’endetter pour payer la facture sociale.

                          Moralité : soit on fait du protectionnisme pour ranimer nos PME, soit on décide de réduire ces 45% de prélèvements, notamment (surtout) en réduisant le train de vie de l’Etat, soit on fait comme si rien ne se passait en attendant le jour (proche dans ce contexte de crise) où les créditeurs de la France refuseront de nous prêter de quoi financer nos dépenses publiques. Si on augmente les impôts, bien sûr, on tue la consommation ou bien on sacrifie un peu plus la compétitivité des entreprises.

                           Il s’ensuivra une faillite de l’état, et alors les risques de guerre civile seront très forts, surtout si on considère objectivement le communautarisme et les tensions entre « castes » qui empoisonnent notre vie quotidienne. Je laisse les admirateurs d’Olivier Besancenot écrire ce chapitre, tout casser et mettre le feu pour réparer les injustices semblant être leur idéal.

                          Ce que je cherche à dire, c’est que dans notre situation, se tourner vers l’état en espérant qu’il puisse sauver l’économie est complètement illusoire. Comme l’état est fauché, il emprunte pour injecter de l’argent dans le circuit ou faire des travaux divers. Si les travaux en question portent sur des secteurs où nous sommes compétitifs ou bien des secteurs qui le seront dans l’avenir, c’est risqué, mais c’est bien. Mais de toutes façons si l’état emprunte beaucoup, cela fait monter les taux d’intérêts et pénalise les entreprises privées qui ont également besoin d’emprunter. Et si l’état n’emprunte pas, il ne fait finalement que redistribuer l’argent du contribuable d’une autre façon. Dans tous les cas, l’état ne crée aucune richesse.


                          • Jordi Grau J. GRAU 25 avril 2009 10:07

                            Je suis en partie d’accord avec vous. J’ajouterais que la mondialisation et la concurrence au sein de l’Union européenne sont en grande partie les résultats de décisions politiques, et non le fruit d’un processus naturel, indépendant de toute volonté humaine. Ce qui a été fait peut être défait. Ce ne sera pas facile, sans doute, mais je ne pense pas que nous ayons d’autres choix.


                          • Pépé le Moco 25 avril 2009 11:42

                            @ Lerian,

                            Vous écrivez : Je laisse les admirateurs d’Olivier Besancenot écrire ce chapitre, tout casser et mettre le feu pour réparer les injustices semblant être leur idéal.
                            Je ne suis pas un partisan d’Olivier Besancenot qui se complait dans un rôle d’opposant et ne prendra jamais le pouvoir, il n’en veut pas. Donc pas d’inquiétude de ce côté là.
                            En revanche votre affirmation simpliste me parait péremptoire, fausse et infamante.
                            Concernant le choix que vous proposez : soit on fait du protectionnisme pour ranimer nos PME, soit on décide de réduire ces 45% de prélèvements..., Besancenot lui au moins a choisi.

                            En revanche, je serais curieux de connaître la personne publique qui est susceptible de représenter vos idées.


                          • Internaute Internaute 25 avril 2009 13:41

                            Je suis assez d’accord avec vous. Il y a cependant un domaine où la solution peut venir de l’Etat. Puisqu’il a supprimé les frontières, il peut aussi remettre une dose de protectionnisme afin de conserver à nos PME leur espace vital. Ce ne sont pas elles qui ont exigé que les grands marchands internationaux puisse faire rentrer leur camelote sur nos marchés sans payer de charge sociale à la prodution ni de taxe à l’importation. Ce sont les députés qui l’ont exigé et gravé dans la loi.

                            Avec 50 milliards annuels (100 en 2 ans, 150 en 3 ans etc) de déficit commercial, j’aimerais bien que les mondialistes nous démontrent ce qu’on perdrait à faire un peu de protectionnisme.


                          • lerian 25 avril 2009 16:55

                            Personne évidemment ne défend mes idées sur le plan politique, puisqu’elles seraient obligatoirement très impopulaires si on les exposait directement.

                            Mais quel que soit leur discours officiel, les hommes politiques devront adapter leurs actions aux moyens de l’état. Et vu que l’état est fauché, ils devront forcément mener une politique austère et économe.

                            Besancenot fait un bon diagnostic de la situation, mais il se garde bien de dire quelle solution économiquement viable il adopterait.


                          • lerian 25 avril 2009 17:07

                            @ Pépé le Moco

                            Mon affirmation est effectivement infamante, je ne supporte pas les idées défendues par Mr Besancenot. Il ne fait que manipuler les gens malheureux ou frustrés en sachant très bien qu’il raconte n’importe quoi et qu’il n’aura pas à payer les conséquences de ses idées révolutionnaires. La différence entre lui et Mr Le Pen est difficile à cerner.

                            Par contre je pense que l’on a guère d’autre choix pour conserver nos emplois que faire du protectionnisme ET baisser les charges sociales. Donc, effectivement, ce que j’ai écrit n’était pas tout à fait correct.


                          • décurion 25 avril 2009 18:42

                            "Pour que cela marche il faut donc des entreprises saines qui dégagent des bénéfices et payent des impôts en France. "
                            Dans la comptabilité d’une entreprise, il y a une colonne pour chaque poste, et pour chaque centime dépensé, investi ou réservé, amortissements et autres, également les emprunts et remboursements. Les bénéfices d’une entreprise sont un luxe absolument inutile à la vie de l’entreprise. La vérité est qu’une entreprise pourrait fonctionner à l’instar d’une association à but non lucratif, et clore chaque exercice en distribuant ses excédents entre les salariés.
                            Ainsi, il serait tout à fait possible de donner du pouvoir d’achat aux salariés, aux consommateurs et améliorer la compétivité des entreprises tout simplement en renonçant à faire du bénéfice qui ne sert à rien.
                            Notre Economie repose en totalité sur la consommation des ménages, et chaque contribuable, entreprise ou individu, ayant la possibilité de fixer le prix de son service joue un rôle d’intermédiaire, et se contente d’avancer une somme qu’il récupèrera sur ses clients et subalternes.

                            "Or, que se passe-t’il depuis le début de la mondialisation ? Les grandes entreprises multinationales ont décidé d’investir au maximum en Asie, ......"
                            Le comble serait que les multinationales ne profitent pas de la mondialisation, aprés l’avoir imposée

                            "Moralité :......... le jour (proche dans ce contexte de crise) où les créditeurs de la France refuseront de nous prêter de quoi financer nos dépenses publiques."
                            L’émission de la monnaie n’est possible que parce les individus travaillent et créent de la richesse. ce n’est pas la banque centrale qui crée la monnaie, elle se contente de l’émettre, et l’ironie, si l’on peut dire, et que par un tour de passe passe de nos élus, nous sommes contraints de louer au prix fort ce qui nous appartient.

                            La faillite de l’état est programmé de longue date, ainsi que la notre, et attendre de l’état, de nos élus qu’ils interviennent et solutionnent les problèmes, c’est demander au couteau qui égorge de s’émousser et disparaître.
                            je ne sais pas si nous aurons un jour le courage de nous élever contre l’adversité, mais je suis persuadé qui si nous inversons le court de l’histoire celà viendra des grains de sable et surement pas des élites.


                          • lerian 25 avril 2009 19:42

                            @ Décurion

                            Les bénéfices d’une entreprise sont un luxe absolument inutile à la vie de l’entreprise. La vérité est qu’une entreprise pourrait fonctionner à l’instar d’une association à but non lucratif, et clore chaque exercice en distribuant ses excédents entre les salariés.

                            Certes, mais il faut quand même dépenser une partie de ces bénéfices pour investir et assurer la pérennité de l’entreprise.
                            Par ailleurs, ce qui fait actuellement scandale, c’est le constat que ces bénéfices sont redistribués de façon trop inégale entre les employés, d’où la dérive sur le plan moral.


                          • décurion 25 avril 2009 20:15

                            Il se trouve que justement non, puisque le bénéfice brut d’une entreprise n’est brut qu’en fonction de l’impot, mais net de toutes dépenses, charges ou investissements supplémentaires, puisque tout celà est déjà comptabilisé et provisionné en amont.
                            En réalité les bénéfices, servent à rémunérer l’argent investi « Ad vitam aeternam » alors que le minimum de bon sens serait de se libérer de cette contrainte en recupérant les actions émises. Celà est évidemment impossible, puisque les patrons ne sont plus ce qu’ils étaient.
                            Pour les petites entreprises, le fisc remplace l’actionnaire.


                          • Pépé le Moco 25 avril 2009 23:22

                            @ lerian,

                            Par contre je pense que l’on a guère d’autre choix pour conserver nos emplois que faire du protectionnisme ET baisser les charges sociales. Donc, effectivement, ce que j’ai écrit n’était pas tout à fait correct

                            Et qui vous proposez pour soutenir ce choix ?

                            Vous semblez être un homme d’action et de décision, je ne pense pas que cette question sera un problème pour votre clairvoyance.

                            Bien cordialement.


                          • lerian 24 avril 2009 23:49

                            Je suis parfaitement d’accord avec ceci
                            ----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
                            Mais l’économie peut se prendre en un autre sens : comme une activité au service des intérêts de la société toute entière. Dans ce cas, il est absurde de la séparer du social. Une économie saine, c’est une économie qui satisfait les besoins de tout le monde, et pas seulement ceux des « winners » de la rude compétition capitaliste. Autrement dit, il n’y aurait pas besoin de « faire du social » si l’économie était vraiment pensée de manière démocratique, comme une activité visant à l’intérêt public.« 
                            ---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

                            Le problème, évidemment, c’est de trouver un moyen de pousser les gens qui individuellement cherchent à maximiser leur profit personnel à agir également de façon profitable à la communauté.

                            Or, je pense que le capitalisme, aussi longtemps qu’il restait de dimension »humaine" remplissait bien ce rôle. Je pense que deux phénomènes récents ont complètement dévoyé le système : le capitalisme financier et la mondialisation.

                            Comme il n’existe pas de société ’mondiale’, les acteurs de ce capitalisme (les grands groupes) ont agit dans leur intérêt, mais plus du tout en tenant compte des obligations de respecter l’intérêt collectif. Il faudrait un code du travail international ...

                            Quant à l’aspect financier, à partir du moment où on a autorisé les banques à prêter 10,15 ou 20 (ou plus encore) fois leurs fonds propres, on a autorisé trop de crédit. Trop de crédit ont permis une croissance trop forte, et, comme certains l’ont dit, exponentielle, contre-nature. Il faut ensuite produire ’exponentiellement’ pour rembourser effectivement ces crédits. Folie !

                            Il faudrait donc rendre l’argent plus rare :

                             1) interdire modérer la spéculation pour éviter l’apparition ou la disparition de masses d’argent énormes. L’empêcher est impossible, cela reviendrait à réfuter la loi de l’offre et de la demande et à imposer les prix, ce qui ne marcherait pas.

                            2) imposer aux banques de ne pas pouvoir prêter plus que deux ou trois fois leurs fonds propres, histoire de ramener la croissance à des taux raisonnables.


                            • décurion 25 avril 2009 08:08

                              L’économie n’est qu’un thermomètre qui mesure l’activité nécessaire à la couverture des besoins . En ce sens il ne peut y avoir de droite ou de gauche, de beau ou de mauvais temps.
                              Dès le moment ou des individus prétendent interférer avec l’économie, cette appoche ne peut etre que de droite, puisque conçue à partir d’une fausse appréciation.
                              En effet, si l’on accepte l’activité, comme indice de prospérité d’une société, celà ne peut se faire qu’au détriment du but de cette activité.
                              La prospérité se mesure au temps de repos consécutif à la couverture d’un besoin. Il ne peut en être autrement , sauf à vouloir que l’economie ne couvre que les « besoins » des donneurs d’ordres.

                              Pour changer la donne, il n’est pas necessaire d’être expert en économie, il faut juste que les lois deviennent réellement l’expression de la volonté populaire, et tout un chacun saura mettre son veto sur les tapeurs de porte monnaie, sur des pratiques autorisées, à la limite de l’ escroquerie, et obligera les sempiternels "experts’ oracles télévisés à aller réellement au turbin et se rendre utiles.


                              • Jordi Grau J. GRAU 25 avril 2009 10:13

                                Votre message est très intéressant, notamment en ce qui concerne la manière dont vous définissez la prospérité d’une société. En revanche, je ne suis pas sûr que l’économie - au sens de la science (vraie ou prétendue) qui étudie les phénomènes économiques - ne soit qu’un « thermomètre ». Les enjeux politiques des théories économiques sont tellement importants qu’il est très difficile de faire preuve d’objectivité en la matière. Autrement dit, la « science économique » est - et sans doute pour longtemps - largement idéologique.


                              • décurion 25 avril 2009 14:00

                                Il n’y a pas d’enjeux politiques directement liés aus thèses économiques, mais il y a foule d’appetits commerciaux, financiers, industriels qui ont pervertis le système.
                                Si l’on considère la politique comme l’art et la manière de gérer la vie de la cité, celle ci devrait intervenir en amont et en aval de l’ économie sans dénaturer sa fonction.
                                Que l’activité soit réduite au minimum, mais que ses effets durent le plus longtemps possible, devrait etre le but.
                                Une autre façon d’envisager l’ économie et de l’allier à l’écologie et faire en sorte que l’objet fabriqué dure aussi longtemps qu’il faudra à la nature pour fournir la matière nécessaire à un second objet.
                                S’activer une fois pour un repas, c’est de l’économie. S’activer une fois pour plusieurs repas, c’est toujours de l’économie, mais s’activer deux fois pour un seul repas, c’est de l’économie politique telle que l’on prétend nous l’imposer.
                                Il y a évidemment une erreur.


                              • Céline Ertalif Céline Ertalif 25 avril 2009 12:18

                                Le titre de l’article et la fiche de présentation de l’auteur sont déroutants. Preuve qu’il faut lire les articles pour savoir.


                                • xray 25 avril 2009 12:56

                                   

                                  La politique 
                                  La droite, c’est l’argent ! 
                                  La gauche, c’est la haute finance. 


                                  Le Grand Guignol politique 
                                  http://n-importelequelqu-onenfinisse.hautetfort.com/ 


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Jordi Grau

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