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Accueil du site > Actualités > Economie > Société duale et néolibéralisme

Société duale et néolibéralisme

L'accident ferroviaire survenu vendredi 12 juillet a révélé de manière tragique qu'il existe bien deux types de réseaux ferrés en France : celui, très performant, des TGV qui relient les grandes métropoles françaises et européennes, centres des affaires de l'économie mondialisée et du tourisme international, et celui des petites villes des régions, métropoles d'une économie locale, abandonnées à leur sort par les divers plans d'investissements des différents gouvernements qui se sont succédé depuis l'avènement du capitalisme total dans les années 80.

Dans tous les domaines de l'activité humaine se développe cette société à deux vitesses.

D'un côté, le monde des aéroports et de la 1ère classe des TGV, monde de la jet-set, des colloques et rencontres internationales, monde des décideurs au parler " globish", monde des acteurs des médias et de la politique, du luxe et du sur-mesure , du "secteur libre" des hôpitaux et des écoles et universités prestigieuses, monde des hôtels de luxe et des quartiers résidentiels sécurisés : le monde des 1% (1). De l'autre, se trouve le monde des sans-grade, les 80 % ( 2), condamnés à brader leur seule richesse qu'est leur intelligence et leur force de travail en échange d'un salaire. Ce dernier leur permettant d'accéder à un mode de consommation de masse, spécifique, fait de produits standards, fabriqués à l'autre bout du monde par des ouvriers surexploités, travaillant dans des conditions inavouables pour des grands groupes de distribution internationaux. Ce mode de consommation et de production, grand consommateur d'énergie n'a que pour fonction ultime d'enrichir les 1 %. Avec cette consommation de masse il y a des services, à la disposition du plus grand nombre, de plus en plus standardisés par "le pouvoir technicien" dans les domaines de la santé et de l'éducation et des transports. Entre ces deux mondes, une classe moyenne de plus en plus réduite (les 19 %) qui, attirée par la lumière des projecteurs, essaie encore d' imiter, avec beaucoup de difficulté, les comportements de l'élite, de plus en plus inaccessibles.

Mais ce modèle dual est instable et depuis 2007 nous assistons à la crise globale de ce système qui n'a cessé de se développer depuis les années Thatcher.

LE DÉVELOPPEMENT DU CAPITALISME TOTAL ET SES LIMITES

La crise systémique actuelle révèle l’épuisement de ce modèle consumériste de masse dont le premier symbole, il y a déjà plus de cent ans, a été la construction de la première automobile populaire : la Ford T. Auparavant, le travailleur vendait sa force et son savoir-faire pour fabriquer des biens achetés par la bourgeoisie. Il était rémunéré uniquement pour reconstituer sa force de travail indispensable à la production. Les rôles des différentes classes sociales étaient alors clairement établis, et chacun vivait dans des mondes étanches. Le marché était étroit. L’idée du Fordisme a été de l’élargir, pour pouvoir produire plus et gagner plus, grâce à la technologie et à l’énergie fossile disponible à bon prix. Depuis, les travailleurs n'ont plus été seulement des producteurs cantonnés derrière les murs de l’usine ; on leur a donné un pouvoir d’achat supplémentaire pour être aussi des consommateurs, comme les bourgeois de l'époque.

La politique keynésienne mise en œuvre après la crise de 1929 fait des salariés des consommateurs de masse. La machine est lancée et avec la mondialisation « le Grand Marché » est né. Alors il faut toujours produire plus, pour permettre au plus grand nombre d’avoir accès à des produits de plus en diversifiés et sophistiqués grâce au progrès de la recherche et de la technologie.

Dans un premier acte, tout semble fonctionner à merveille : le progrès technique met à la disposition des hommes de plus en plus d’objets qui l’assistent et le distraient au quotidien ; le pouvoir d’achat des travailleurs augmente ce qui leur permet d’avoir accès à tout ce dont l’industrie est capable de produire, et ainsi d’anesthésier les douleurs que le travail à la chaîne engendre. On se met à rêver d'une société où tout le monde aurait accès aux mêmes biens ; c'est l'époque des congés payés, de la voiture particulière et plus tard avec le développement du crédit, de la maison individuelle, à portée de toutes les familles. On croit à l'avènement d'une classe moyenne majoritaire en nombre qui serait le ferment d'une nouvelle démocratie.

Mais pour produire à moindre coût et accroître la" profitabilité" de l'outil de production et donc du capital, il faut augmenter la productivité du travailleur en développant l'automatisation pour limiter l'intervention humaine dans le processus de production ; il faut aussi encadrer au mieux les gestes de l'ouvrier devenu opérateur et dépersonnaliser son action pour faire en sorte qu'elle soit reproductible partout dans le monde et peu à peu mettre en concurrence les salariés entre eux. Au lieu d'une émancipation du travailleur par l'automatisation des processus de production, on assiste au contraire à une dégradation des conditions de travail.

Comme le note l’Observatoire des inégalités :

 « Le travail à la chaîne ou sous contrainte du déplacement automatique d’une pièce ne diminue pas, au contraire. Entre 1984 et 2005, la part de salariés concernés est passée de 9,6 % à 14,0 %. Pour l’essentiel, il s’agit d’ouvriers dont 38,8 % voient leurs gestes au quotidien commandés par une machine. Dans le secteur des services, le travail automatisé est beaucoup moins répandu, mais il concerne tout de même 6 % des employés comme des professions intermédiaires. Au total, pas moins de trois millions de salariés sont concernés.

La pénibilité physique s’accroît essentiellement pour les moins qualifiés. Près de quatre ouvriers sur dix déclarent subir des nuisances sonores et plus de la moitié exercent leur métier dans la saleté, contre respectivement 6,5 % et 8,3 % des cadres supérieurs.

A la pénibilité physique, s’ajoutent de plus en plus des contraintes de stress, liées à la rationalisation des tâches dans le secteur des services. Les cadences ne sont plus l’apanage de la chaîne ouvrière, les caissières ou les télé-opérateurs en savent quelque chose, même si physiquement leur travail est malgré tout moins usant. Les situations de tensions, que ce soit avec le public ou avec les supérieurs hiérarchiques, sont présentes à peu près dans les mêmes proportions pour toutes les catégories sociales.

Depuis le milieu des années 1980, les conditions de travail se sont plutôt dégradées. Ces données sont élaborées à partir de déclarations des salariés : pour partie, elles reflètent une exigence plus grande par rapport aux conditions de travail. Ce phénomène ne peut tout expliquer, notamment l’ampleur de la dégradation des conditions de travail pour les catégories les moins qualifiées. Elle résulte aussi d’une pression accrue sur les salariés dans un contexte de chômage de masse. »

On prône la mobilité et on exige la flexibilité des travailleurs ; le salarié est évalué et on encourage l’individualisation des carrières. La mondialisation accélère le déracinement des individus et peu à peu l’appartenance à un groupe est jugée suspecte.

Cette « perte des liens de communauté et de voisinage » (Michael Ignatieff) représente l’un des aspects les plus dévastateurs et les plus déshumanisants du programme libéral (3). C’est le deuxième acte : la dérégulation dans la dernière partie du vingtième siècle.

La mise en concurrence des travailleurs du monde entier fait pression sur les salaires, on produit toujours plus, à moindre coût dans des usines réparties dans le monde entier. Avec la libéralisation de l'économie et la marchandisation de tous les domaines de l'activité humaine, les grands groupes internationaux font la loi sur les Etats et imposent à leur gouvernement leurs conditions en matière de fiscalité et de normes.

Pour maintenir artificiellement la tête hors de l’eau du « travailleur-consommateur », pour qu'avec son travail de moins en moins rémunéré, il puisse continuer à consommer, on agit sur les deux paramètres du système, d'une part, du côté de l'offre, avec le développement dans tous les secteurs de produits low-cost ( automobiles, services, etc.. ) et d'autre part, du côté de la demande, avec l'injection d' un produit dopant pour le pouvoir d'achat du consommateur : le crédit personnel sous forme de prêts à la consommation ou de prêts immobiliers. (4).

LE LUXE ET LE LOW-COST : DEUX SECTEURS PROFITABLES

Les promesses du productivisme du siècle dernier qui était de mettre à la disposition de tous, les richesses que le génie humain pouvait concevoir avec les ressources terrestres, se sont révélées trompeuses. Si l'offre de produits et de services s'est considérablement développée, ce sont des objets de consommation standardisés, disponibles dans tous les pays du monde, élaborés avec la complicité étroite des techniciens avec les hommes du marketing dans le seul but d'une optimisation à outrance du profit, par une fragmentation de la production aux quatre coins du monde, ceci dans une totale opacité pour le consommateur. Le marché a réservé à une minorité des êtres humains : les 1 %, des services "haut de gamme" et des biens sophistiqués à leur mesure, pouvant à la fois satisfaire leur goût du beau, du confort et l'ensemble de leurs besoins et de leurs plaisirs. Ainsi ces deux gammes de produits se sont développées parallèlement et cohabitent, l'industrie de la publicité et des médias se chargeant de vendre aux 80 % des biens standards, tout en donnant à rêver, avec les belles photos des magazines et les décors des séries télé, sur la réalité réservée au 1 %. Dans ce jeu là, il n'y a plus de place pour l'existence d'une classe moyenne. Le système se légitimant à l'occasion, par des transferts vers la classe de l'élite internationale, de jeunes acteurs ou de joueurs de football, voire de jeunes entrepreneurs, issus des quartiers dit "sensibles" ; l'industrie du spectacle, en bonne faiseuse de rois, dans le rôle d'ascenseur social, se chargeant de la sélection et de la promotion des heureux élus.

Il y a de plus en plus de riches et ce segment de marché est en pleine expansion à l'échelle internationale. Mais il y aussi de plus en plus de personnes qui galèrent dans la précarité et avec de petits salaires. En France le salaire médian est de l'ordre de 1500 € net par mois et il stagne depuis plusieurs années à cause de la progression des très bas salaires, dans les services en particulier ( 5) .

Le schéma ci-dessous montre bien comment la structure de la consommation individuelle a évolué depuis les années 70.

La transformation de la société en une société duale a fait disparaître le secteur de consommation " moyen de gamme " ; il suffit de constater l'explosion des profits, d'une part des marques "haut de gamme" du secteur du luxe et, d'autre part dans le secteur "bas de gamme" avec les marques Discount de la très grande distribution. L'industrie automobile française paie en partie le prix fort ce manque de vision. Dans le transport aérien on note comment des compagnies Low-cost comme RYANAIR ont vu leurs bénéfices exploser alors que des compagnies comme AIR FRANCE ont dû revoir leur plan stratégique.

Le dernier classement de Challenges illustre ce phénomène. Parmi les 10 premiers , quatre ont fait fortune dans le secteurs du luxe et deux dont un nouveau, Xavier Niel, se sont enrichis avec le low-cost et la grande distribution. En revanche la famille Peugeot, avec des automobiles trop moyen de gamme ; a été déclassée. Au niveau international des multinationales comme IKEA, MACDONALD se sont développées avec des concepts de produits low-cost.

LES LIMITES DE CE MODÈLE DUAL

Le développement d'un marché de produits low cost, "c’est le suicide organisé de la planète" (6) ; c'est rendre encore plus schizophrène "le travailleur-consommateur" qu'on incite aujourd'hui à consommer plus, toujours moins cher, des produits qui ont fait le tour du monde, pour demain travailler avec des conditions dégradées ou vivre son propre licenciement. (l'exemple de RYANAIR présenté à l'émission "Envoyé Spécial", jeudi 9 mai 2013, montre combien les conditions de travail des employés se sont dégradées par rapport à celles des compagnies nationales, avec des salaires pour beaucoup inférieur au SMIC ou avec des contrats de travail d'un pays étranger au pays d'exercice ). En ne mettant en avant que le prix on encourage le consommateur à se détourner de produits de qualité qui préservent sa santé, économisent de l'énergie, développent une économie locale et valorise le travail humain.

Pour maintenir un niveau de consommation suffisant, on abuse aussi de ce produit dopant qu'est le " pouvoir d'achat augmenté" par le crédit. Il agit comme un anesthésiant et élimine toute velléité de lutte chez le travailleur ; il est aussi un puissant concentrateur de richesse par le jeu de l'intérêt qui taxe l'emprunteur au profit du détenteur de capital ou du créateur de monnaie ( les organismes financiers ).

Ainsi avec cette avidité à vouloir faire du profit, non seulement par la dévalorisation du travail salarié, mais aussi en hypothéquant le salaire futur du travailleur consommateur, l'élite des 1 % a peu à peu confisqué à la fois la richesse disponible et la richesse à venir, mettant à mal l'équilibre global du système.le travailleur pauvre ne pouvant que s'appauvrir encore plus par le modèle de consommation prédateur auquel il a accès.

Aujourd'hui dans le monde de l'élite internationale, l'argent coule à flot et la demande de produits de luxe n'a jamais été aussi forte. L'excédent est investi d'une part ,dans la pierre, entrainant une inflation des prix de l'immobilier dans les grands centres urbains,chassant les derniers survivants de la classe moyenne vers des territoires plus abordables, et, d'autre part, dans des produits financiers comme les emprunts d'Etat ou les actions dont les intérêts ou les dividendes sont encore de la richesse soustraite à l'ensemble des producteurs. Enfin les excédents de cette richesse sont aspirés dans les trous noirs de la finance que sont les paradis fiscaux.

Pendant ce temps, dans le monde des 99 % il est de plus en plus difficile de boucler les fins de mois et L’État protecteur, par manque de moyens , s'affaiblit de jour en jour ; exsangue, il exige de plus en plus de contributions de la part de ses citoyens et fournit de moins en moins de services. Bref l'oxygène commence à manquer et l'asphyxie est proche. Déjà des pays entiers comme la Grèce, l'Espagne ou le Portugal sont en soins intensifs et le pronostic vital est engagé.

Si les victimes de ce marché infernal font défaut et cessent de jouer, nul doute que les éternels gagnants seront contraints d'arrêter la partie. Pour leur permettre de continuer à survivre, il serait nécessaire de relancer le jeu en redistribuant les cartes. A moins que les 99 % décident de ne plus jouer à ce jeu mortifère où les dés sont pipés.

____________________

(1) les 1 % c'est un marché à L'échelle mondiale de plus de 65 millions de personnes qui dans un pays comme la France gagnent plus de 7500 € net par mois et/ou possèdent un patrimoine de 2 000 000 €

(2) En France les 80 % gagnent moins de 2500 € par mois soit un peu plus que le salaire moyen net ( 2100 € ).

(3)  « La culture de l’égoîsme » Post face de Jean Claude Michéa Page 71 -Editions Climats Pages 41-42

(4) Un exemple : en 1964, la dette totale, publique et privée, aux États-Unis était de 140% du PIB. Aujourd’hui, elle se monte à 375% du PIB. C’est environ deux fois et demi plus de dette par famille.

(5) Voir l'étude sur les bas salaires en France de la Dares.

(6) Phrase de Jean François Narbonne citée dans le livre No low cost. De Bruno Fay & Stéphane Reynaud. Éd. du Moment. pris sur le blog de Virginie de Galzain : " Low cost : Le leurre éonomique"

 

LA SCIENCE DU PARTAGE


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29 réactions à cet article    


  • alinea Alinea 16 juillet 2013 16:28

    Comment vous dire Karol, la jubilation que j’éprouve à lire vos articles ?
    Ils disent ce que je ne saurais dire et peut-être savez vous le bien que cela fait !!
    Merci


    • Karol Karol 16 juillet 2013 17:21

      Merci. Ecrire est devenu au fil des jours une thérapie.
      Mais j’ai trop souvent le sentiment qu’il s’agit de bouteilles jetées dans un océan en furie quelques temps avant le naufrage annoncé.
      Dans quelques jours je vais éteindre tous les écrans pour me détendre un peu. A bientôt.


    • alinea Alinea 16 juillet 2013 17:25

      Bonne vacances Karol, mais en rentrant, ne nous oubliez pas !


    • HELIOS HELIOS 17 juillet 2013 17:01

      ... Merci pour votre billet, du vrai petit lait pour celui qui, comme vous, ouvre simplement les yeux.
      Il y a bien longtemps que je n’ai pas lu une analyse simple et realiste !

      Merci encore.


    • herbe herbe 16 juillet 2013 20:41

      Merci pour cet article.


      Je retiens une phrase de votre article que je cite :
      « Il y a de plus en plus de riches et ce segment de marché est en pleine expansion à l’échelle internationale. Mais il y aussi de plus en plus de personnes qui galèrent dans la précarité et avec de petits salaires »

      Dans un sens on est aujourd’hui dans la démesure, ah les grecs :

      Si l’hybris est donc le dépassement de la limite, la némésis serait le mouvement inverse et toujours selon cette fiche wikipédia :
      Le nom de Némésis dérive du verbe grec νέμειν (némeïnn), signifiant « répartir équitablement, distribuer ce qui est dû ». 

      Sinon plutôt que l’indispensable némésis curative pourquoi ne pas cultiver la préventive vertu de la tempérance ?

      • Karol Karol 16 juillet 2013 22:09

        Merci pour ces rappels, avec la démesure il y a aussi la pleonexia, cette volonté de toujours vouloir posséder plus. Le philosophe Dany Robert Dufour en parle dans son livre « La cité perverse » . Il y analyse tous les mécanismes pervers qui régissent le fonctionnement de la Cité sous l’emprise du libéralisme. A lire avec «  Le divin marché » et « l’individu qui vient ... après le libéralisme ».


      • herbe herbe 18 juillet 2013 12:29

        Oui c’est d’autant plus dommage tous ces mécanisme pervers alors qu’on a des valeurs anciennes qui devraient nous aider à tenir le cap de la vertu.


        Par exemple :
        « le progrès ne vaut que s’il est partagé par tous » attribué à Aristote

        Je conseille cette vidéo (je la « reposterai ») à mon avis fondamentale à voir pour ces temps ci :

      • titi 16 juillet 2013 22:37

        « sont succédé depuis l’avènement du capitalisme total dans les années »

        Trop drôle !!!

        L’Etat rackette 50% de la richesse du pays et nous sommes dans le capitalisme total.

        Y’a pas, Agoravox c’est mieux que Rire & Chanson.

         


        • rotule 17 juillet 2013 00:45

          Dans la mesure où ce que l’état prélève en taxes et impots sert d’abord à financer des charges d’emprunts, des interets, je ne saisis pas bien votre ironie.
          Et ne comptez pas les salaires différés, improprement appelés charges sociales, dans les 50%, s’il vous plait.


        • Karol Karol 17 juillet 2013 09:53

          Bien vu . Il faudrait aussi rappeler que sans notre « Trésor public », nous ne serions rien et les entreprises ne pourraient pas avec leurs employés créer de la richesse par manque d’infrastructures de transports et de communication, et de sécurité, de recherche fondamentale et de personnels instruits, hautement qualifiés et en bonne santé. Voilà pourquoi la France est encore plébiscitée par les investisseurs étrangers ; tout cela parce que, conscients nous acceptons de mettre dans le pot commun une partie de notre richesse.


        • titi 17 juillet 2013 13:43

          1. Ma réponse n’est pas en soit une critique du taux de prélèvement.

          Je souligne juste un paradoxe : comment peut on sérieusement parler d’un pays où règne le capitalisme total, alors même que l’Etat est omniprésent ?

          Personne n’y répond. Au contraire la litanie des justifications que vous apportez à l’existence de ce taux exorbitant prouve la présence d’un Etat archi interventionniste.

          Alors évidemment, peut être que le Petit Robert a changé cette année la définition du mot capitalisme, mais dans la négative nous sommes plus prêt d’un système dirigiste que capitaliste.

          2. Mais puisque vous lancez le débat...

          La France n’est pas une ile.

          Autours de nous il y a des pays, qui ont des écoles performantes, qui ont des infrastructures performantes, qui ont des services publics performants.
          Et c’est drôle mais les études internationales nous indiquent que nos écoles ne sont pas les plus performantes, ni nos infrastructures, ni nos services publics.
          Or nous avons le taux de prélèvement le plus élevé.
          Il y a donc un problème d’efficacité de la dépense publique.

          J’ajoute que, NON, les cotisations sociales ne sont SURTOUT PAS un salaire différé.
          Ceux qui croient encore à cette fable auront une grosse déconvenue le moment venu.


        • titi 17 juillet 2013 13:45

          « Il faudrait aussi rappeler que sans notre « Trésor public », nous ne serions rien et les entreprises ne pourraient pas avec leurs employés créer de la »

          Il y a plein de pays qui n’ont pas « notre Trésor public » et qui survivent malgré tout...

          Etonnant non ?


        • titi 17 juillet 2013 14:22

          @Démosthène

          « A toi de te démontrer à toi-même que tu es capables d’autre chose que d’être manipulé par ceux-même qui sont en train de te dépecer. »

          T’inquiètes pas pour moi guignol.

          Je gère...


        • Karol Karol 17 juillet 2013 15:04

          Le problème est qu’au fil des années l’Etat n’a plus le pouvoir d’arbitrer et les gouvernements n’ont plus la main pour esquisser une politique en accord avec les intérêts de la majorité des parties qui composent une nation. Par l’endettement auprès des banques privées, il est dépendant des agences de notation privées qui dictent la politique à conduire pour préserver les intérêts des grands groupes financiers, et d’autres part et c’est lié, les grandes entreprises internationales comme Arcelor Mittal, Apple, Amazone, etc.. sont capables d’imposer aux Etats leurs conditions en matière de fiscalité et de normes. C’est cela le capitalisme total : les multinationales et les entreprises financières imposent aux Etats, c’est à dire aux peuples,UNILATERALEMENT leur politique en accord avec leurs seuls intérêts. Les Etats étant cantonnés au rôle de SAMU social ce qui impose de lever encore plus d’impôts sur les PME de dimension nationale et sur les populations.


        • titi 17 juillet 2013 16:08

          @Karol

          C’est trop facile !! Vous vous exonérez un peu trop rapidement de votre part de responsabilité.

          Vous souvenez vous de l’épisode de la « cagnotte fiscale » du gouvernement Jospin ?
          Cette cagnotte qui déjà à la base n’a jamais existée, s’est transformée en primer pour l’emploi : du pur achat de votes.
          Et aucun gvt n’a eu le courage de revenir dessus. On continue donc de dépense pour une mesure purement électorale.


        • bernard29 bernard29 17 juillet 2013 08:48

          Savez vous qu’au niveau planétaire (vous parlez activité humaine) vous faites partie de l’oligarchie mondiale. !!


          • tf1Goupie 17 juillet 2013 15:19

            Exact : les Français font partie des 20% les plus riches de la planète ... mais ici on n’aime pas trop cette vérité.

            C’est plus agréable de se plaindre d’être pauvres, que de s’avouer riche.


          • HELIOS HELIOS 17 juillet 2013 17:12

            c’est normal que la France fasse partie des pays ayant des citoyens « riches », le systeme de captation decrit par Karol a plus de mal a se rependre dans un pays structuré. Cependant, notre richesse decroit rapidement, je vous laisse reflechir pourquoi.

            Par contre, dans de nombreux autres pays, les citoyens ne passeront jamais par l’etape « trente glorieuses » ni d’ailleurs par le developpement que nous avons eu. Ils passent directement du denuement a la pauvrete.

            Quand a dire que notre systeme de santé, d’education etc, ne sont pas meilleurs qyue ceux d’autres pays qui n’ont pas nos caracteristiques, oui, il ne l’etait pas mais il est devenu... un peu comme l’osteoporose. a force de tout demonter, il ne reste que l’apparence de la structure, devenue fragile et inefficace et qui fait croire au citoyen qu’il paye encore pour quelque chose.


          • Peretz1 Peretz1 17 juillet 2013 11:52

            "Pour maintenir artificiellement la tête hors de l’eau du « travailleur-consommateur », pour qu’avec son travail de moins en moins rémunéré, il puisse continuer à consommer, on agit sur les deux paramètres du système, d’une part, du côté de l’offre, avec le développement dans tous les secteurs de produits low-cost ( automobiles, services, etc.. ) et d’autre part, du côté de la demande, avec l’injection d’ un produit dopant pour le pouvoir d’achat du consommateur : le crédit personnel  ? C’est du keynésianisme ou je me trompe ? Je prépare actuellement un billet sur ce « travailleur-consommateur » qui est la base de l’économie réelle.


            • spartacus spartacus 17 juillet 2013 15:11

              Le paradoxe Français, se plaindre du libéralisme et faire passer le Keysianisme pour une politique libérale.

              Pourquoi les étatistes citent-ils Keynes à tour de bras ? 

              Parce qu’en vérité, ils se trouvent, sur la question économique, les marxistes et Karl Marx ne se vende plus très bien auprès de l’électeur moyen. Alors il reste Keynes et sa doctrine, du marxisme qu’on peut appliquer dans une économie de marché. Et ça ne marche pas.

              Le nazisme appliqua trois plans de relance entre 1934 et 1936, avec subvention massive des entreprises, embauche de millions de travailleurs, grands travaux (construction d’autoroutes). Le résultat fut la quasi-faillite de l’État allemand (avec une dette de 40 milliards de Reichsmarks en 1939) qui précipita l’entrée du pays en guerre.

              Au Japon, le résultat des politiques keynésiennes, outre une stagnation économique sans précédent, a été de faire passer la dette publique de 60 % au début des années 1990, à 130 % en 2001, et à environ 200 % de son produit intérieur brut en 2011.

              Après la crise des surprimes (d’origine étatique pour une très large part), les Etats unis et l’Europe ont opté pour des « remèdes » keynésiens : injection dans l’économie de centaines de milliards d’argent public, multiplication des plans de relance budgétaire, politiques monétaires très souples, etc., ceci en pure perte, le résultat étant une augmentation sans précédent de leur dette publique au lieu de laisser faire le marché et la faillite des banques. 

              L’Islande plus touchée que les autres a laisser tomber en faillite ses banques, le chômage est revenu à -de 5% de la population.

              Nous somme en crise « Keynésienne », pas en crise libérale. Allez faire comprendre ça a des Français qui ne connaissent qui confondent les doctrines Keynésiennes et le libéralisme.


              • rmusic Mahler 17 juillet 2013 23:54

                « Parce qu’en vérité, ils se trouvent, sur la question économique, les marxistes et Karl Marx ne se vende plus très bien auprès de l’électeur moyen. Alors il reste Keynes et sa doctrine, du marxisme qu’on peut appliquer dans une économie de marché. Et ça ne marche pas. » je n’ai jamais lu une telle sottise, faut vraiment avoir rien compris à Marx, j’adore dire que keynes c’est du marxisme appliqué dans l’économie de marché, ou comment fusionner deux paradoxes. Au passage Keynes a toujours été très critiqué par les marxistes, si vous les aviez lu vous l’auriez su. J’aime beaucoup les libéraux, ils reprochent à pas mal de ne pas connaitre le libéralisme(en tout cas dans la théorie) à juste titre mais ne connaissent pas du tout le marxisme et font autant preuve de mauvaises foi que ceux qui disent « ultra libéralisme » pour désigner la France ou le monde d’aujourd’hui.


              • walden walden 21 juillet 2013 12:04

                à spartacus, de nouveau simplification idéologique, vous n’en êtes pas avare. le keynésianisme implique en tout cas, une relance des salaires et une régulation. les situations nazi et japonaises que vous évoquez ont fait l’impasse sur ces deux piliers que l’économiste prônait. seul exemple du keynésianisme, l’amérique des années trente-soixante-dix (et encore).


              • HELIOS HELIOS 17 juillet 2013 18:05

                vous dites.... *** Après la crise des surprimes (d’origine étatique pour une très large part), les Etats unis et l’Europe ont opté pour des « remèdes » keynésiens : injection dans l’économie de centaines de milliards d’argent public, ***

                C’est du trompe couillon, vous le savez bien.
                Les milliards injectes ne l’ont pas été dans l’economie« comme vous le pretendez, mais dans des banques qui ont utilisé cette richesse pour s’engraisser et s’etendre hors de leur zone d’influence et racheter des pans entiers de l’economie reele pour assurer leurs arrieres. Ces rachats qui ont ete fait avec ces fonds, ont faussé d’ailleurs la vraie valeur et créé une distorsion de concurrence severe, otant un peu plus de pouvoir a l’economie maitrisée et reele en la forçant a respecter des regles financieres plutot qu’economiques.

                Vous voyez, »injecter des milliards dans l’economie« , cela aurait été facile. Tout americain ayant un pret qu’il n’arrive plus a rembourser... aurait pu etre aidé par l’ouverture d’un compte miroir abondé par un financement d’etat a hauteur et pour la duréee de sa dette. cela aurait ajusté »l’injection comme vous dites", cela aurait empeché les banques de faire faillite (puisque leurs prets auraient ete remboursés) et la liberation de la dette des emprunteurs aurait rejoint directement l’economie reele plutot qu’alimenter d’immenses fonds speculatifs.

                Cher Spartacus, si votre vision est parfois sincere, elle manque de realisme et vous vous contentez d’accepter les poncifs des financiers. Les etats n’ont RIEN injecté dans l’economie, ils ont juste assuré la rentabilité des produits bancaires (pourris) pour le plus grand benefice des banques elles-mêmes et des places financieres. L’economie reele y a enormement perdu, helas.


                • spartacus spartacus 17 juillet 2013 22:56

                  @Helios,

                  La crise a été crée par l’interventionnisme des banques semi publiques Fanny mae et Freddy mac, a qui l’état a demandé de prêter de l’argent à des insolvables. 

                  Comme vous, je trouve que l’injection d’argent dans l’économie, aux banques ou ailleurs est une absurdité.

                  Les laisser faire faillite aurait permis l’émergence de nouvelles banques ou nouvelles formes de prêt. On appelle cela la destruction créatrice.


                • walden walden 21 juillet 2013 12:01

                  à spartacus, tout est faux dans ce que vous dites : freddie mae et fenny mac sont des compagnies privées, elles n’ont pas joué un rôle déterminant dans la crise des crédits : ce sont des banques privées qui ont eu recours aux produits dérivés par effet de levier, ce qui a gonflé la bulle et, surtout, la crise de solvabilité des ménages endettés en suprime est liée à une contraction des salaires. par contre, le public a épongé soigneusement toutes les c... du privé. Le risque oui, mais pour le contribuable, je garde le profit merci. ah, non, pas merci.


                • cilce92 17 juillet 2013 18:45

                  Quel plaisir de vous lire ! Je ne saurais mieux dire qu’Alinéa !

                  Merci !

                  Cécile


                  • Chris De Baün 17 juillet 2013 19:27

                    stop d’urgence aux capitalisme « sous peine d’esclavage total » smiley one link below 

                    « Vous faites partie de ces milliers de millions de « Terriennes et Terriens » qui ne vivent que de leur travail ou aimeraient en vivre.

                    Pour vous, le quotidien de la mondialisation c’est la désindustrialisation, la précarité, l’appauvrissement et le déclassement, l’explosion des inégalités, la destruction des services publics, la montée de la dette, les délocalisations… deux causes principales (mensonges et corruptions)
                    Pour lutter contre ces fléaux, une seule solution : la
                     démondialisation, véritable remise à l’endroit d’un système devenu fou.  La démondialisation concerne tout le monde sur toute la planète. 
                    Car c’est la protection des travailleurs du Nord et du Sud de l’Est et de l’Ouest de la Terre, la préférence pour les salaires et la protection sociale plutôt que les dividendes boursiers. 

                    C’est la conversion écologique du système productif et la révolution industrielle verte, le retour des usines en Europe et dans le monde.
                    « les gouvernements qui ont préférés les banques aux peuples ont fait de très graves fautes politique et économique majeure » 
                     

                     Freedom, Work, Love _ Libertad, Trabajo, Amor 

                     Peuples de la Terre entière, vous êtes TOUS concernées, ne croyez plus les discours des dirigeants ni les paroles des dignitaires ni les fausses infos des médias « intox » ou les sois disant promesses des aristocrates (vrais faux socialistes) quelques soit les partis, les syndicats ou autres organisation... Au lieu de gueuler sans cesse et de vous plaindre dans les administrations qui se moquent de vous, manifestez, agissez, refaisons une vraie *révolution* comme cela a déjà commencé ce printemps 2011 chez nos sœurs et nos frères dans certains pays d’Orient, ou alors vous avez de grandes gueules et vous ne pissez pas loin.

                    Il vaut mieux vivre un jour comme un lion que cent ans comme un mouton, vous n’avez plus le choix.

                    Debout Terriens, défends le pain de ta famille, défends les peuples faibles, protège la nature et tous ce qui s’y trouve avant que d’autres espèces disparaissent et que la planète vous rejette...

                    Question de justice des hommes, pour un monde de juste et vraie liberté et de justice équitable.

                    Application de la Justice légale et égale pour tous sans distinction de condition et TOTALE Abolition du favoritisme et des privilèges.

                    « Une seule justice pour tous »

                    Les hommes ont créés les lois pour « TOUS » alors Quelques soit leurs positions ou leurs fonctions aujourd’hui et demain, TOUS les élus, les administrateurs les dignitaires et autres aristocrates, les forces armées et de polices sont plus justiciables que quiconque puisque qu’ils sont mis en cause « les premiers » et qu’ils sont initiés et instruits des lois, droits & devoirs de TOUS avant tous les citoyens ordinaires…

                    Quand leurs délits et fautes sont avérées et reconnues, Ils doivent être plus sévèrement punis que les simples populations civiles car ils sont sensés être les représentants de la justice des lois et des peuples.

                    Alors « ON » (les autorités en place) croit pouvoir nous leurrer, mais le secret de polichinelle c’est que : à toutes époques les états monarchiques, les nations impérialistes, les systèmes de républiques ou autres dictatures ont employés des agents (légaux et illégaux) à leurs services directs pour des missions aux buts inavouables avec la garantie de l’impunité ou de l’amnistie si leur sombre missions venaient à être étalées au grand jour.

                    IL vaut mieux le combat qu’un siècle d’esclavage, la mort existe elle fait partie de la vie alors sans crainte ni peur.

                    Nous nous devons de suivre la voie tracée a travers le temps et l’espace par nos ancêtres qui se sont battus dans toutes les contrées de la terre contre l’injustice des mécréants riches et contre le capitalisme à outrance, ils sont morts pour que nous vivions honorablement comme des humains libres et non pas comme des esclaves conditionnés ! 

                    Nous ne sommes pas des brebis égarées mais des êtres humains intelligents et pensants qui devons nous servir de nos esprits et ne pas attendre que « ON » décide pour nous !

                    Il faut que cet ordre établi cesse et pour cela nous devons le faire tomber…c’est en bonne voie


                    • spartacus spartacus 17 juillet 2013 23:11

                      Le container a inventé la mondialisation. Une révolution industrielle passée inaperçue. Pas un livre d’économie Français en parle. Une révolution plus importante que l’internet. 

                      Une norme unique et générique pour transporter d’un bout à l’autre de la planète à bas coup. 

                      Les hommes qui ont utilisé ce moyen moderne pour transporter la marchandise. Pour vous exprimer vous utilisez un moyen moderne pour transporter vos idées « Internet ».

                      Don Quichotte luttait contre les moulins à vent. Vous voulez lutter contres les containers ? Vous voulez lutter contre Internet ?

                      Démondialisez vous vous même. Coupez Internet. 
                      Vous n’y arrivez pas ? Comment voulez vous apprendre à nager aux autres si vous ne savez pas nager ?

                    • walden walden 21 juillet 2013 11:57

                      voilà, le problème d’un article aussi intéressant, c’est qu’il pousse à revenir sur agoravox, à subir les ratiocinations des frustrés d’(extrême) droite. un grand merci pour cette prose rafraîchissante, intelligente, en marge de la pensée dominante que ne manqueront pas de nous infliger les troll-commentateurs.

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