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Plysorol, ou comment préférer la diplomatie avec la Chine à l’avenir de 450 familles françaises

450 familles françaises et 400 familles gabonaises sont abandonnées par l’état et par la justice française afin de maintenir une bonne diplomatie et permettre la prospection commerciale avec la Chine. En cause : 

- Christian Estrosi préférant vendre des Airbus et des centrales nucléaires plutôt que faire survivre une industrie française qu’il a lui même pris en exemple lors de son passage chez Ruquier pour expliquer sa réforme industrielle.
- Certains élus locaux plus intéressés par la spéculation foncière que par l’avenir de ces concitoyens.
- La CCI de Lisieux plus intéressé par la relation commerciale avec la Chine que par une société Normande
L’entreprise Plysorol a 450 personnes en France (Epernay - 51, Fontenay le Comte - 85 et Lisieux -14) et 400 personnes au Gabon. Elle est également propriétaire de 600.000 ha de forêt au Gabon.
 
Cette société a déposé le bilan en novembre 2008. Le tribunal de commerce de Lisieux a validé en avril 2009 le dossier de reprise de la société Honest Timber, société chinoise. Parmi les promesses faites lors de la reprise, la société Honest Timber devait :
      - Apporter 10 millions d’€
      - Ne pas céder les actifs de la société pendant 3 ans.
      - Garder l’ensemble du personnel pendant 3 ans.
 
En septembre 2009, soit 5 mois plus tard, des fournisseurs n’étant pas payés et aucun investissement n’ayant été réalisé, les salariés ont séquestré pendant quelques heures l’actionnaire chinois. Soucieux d’éviter un incident diplomatique, la préfecture a fait le nécessaire pour que monsieur Zhang soit libéré au plus vite. N’ayant aucune vision sur les comptes, le CCE de Plysorol dépose un droit d’alerte.
Le 29 octobre 2010 C. Estrosi est venu visiter le site de Fontenay le Comte et rencontrer la direction chinoise. Celle ci a confirmé qu’elle tiendrait ses engagements et qu’elle embaucherait 10 à 30 personnes en 2010.
 
Pendant les mois qui ont suivi, les salariés ont enchainés plusieurs semaines de chômage (c’est encore le cas actuellement). La dette de Plysorol s’est creusée (atteignant jusqu’à 18 millions d’€). Les fournisseurs n’ont pas été payés au point d’arriver à des coupures d’électricité par EDF. Les cotisations patronales n’ont pas été payées et la part salariale a été détournée. Les employés, bien qu’ayant leurs cotisations retenus sur leurs salaires ne pouvait pas bénéficier de leurs mutuelles.
 
Début avril, des documents confidentiels, validés par la direction chinoise de Plysorol prouve que celle-ci, bien que soumise à l’interdiction par le tribunal de commerce, est en train de vendre au Gabon du matériel de chantier à une société inconnue : Concours Bois SARL. D’autres documents prouvent également que la direction chinoise a cédé l’intégralité des concessions forestières gabonaise à cette même société. Ces documents prouvent que les chinois sont uniquement intéressés par la forêt gabonaise et pas par les usines françaises. 
 
Le 7 avril 2010, la direction a déposé un dossier de cessation de paiement au tribunal de Lisieux. Parallèlement, le CCE de Plysorol dépose plainte contre la direction de Plysorol pour délit de banqueroute. Plysorol est à nouveau placé en redressement judiciaire, des administrateurs sont nommés et la possibilité de déposer des offres de reprise est à nouveau ouverte.
 
Durant cette période, les chinois ont continué à exploiter le Gabon et à transférer du matériel pour l’installer dans leurs propres usines. Les administrateurs n’ont rien fait. Y compris lorsque les chinois ont interdits aux éventuels repreneurs de venir au Gabon et visiter les concessions.
 
Un an après le premier jugement du tribunal, ma situation est donc la suivante :
      - Les 10 millions d’€ n’ont pas été apportés.
      - La dette de Plysorol se monte à plus de 10 millions d’€.
      - Les clients et les fournisseurs refusent de travailler avec l’actionnaire chinois
      - La forêt gabonaise a été surexploitée par les actionnaires chinois
      - Des membres de l’encadrement français et gabonais ont été licenciés.
      - L’actionnaire a cédé les concessions forestières et transféré une grande partie du matériel à une société inconnue dont il est le propriétaire.
 
Contre toute attente, malgré les faits énoncés ci-dessus, la présence de dossiers de reprise et contre l’avis des salariés, du CCE et des élus locaux, le tribunal de commerce de Lisieux a redonné début juin la société au chinois et juge les autres dossiers de reprise irrecevables (y compris des dossiers jugés très sérieux). C Estrosi ne commente pas et laisse faire. A la demande de certains élus locaux, il prévoit tout de même d’organiser une table ronde, après que le tribunal ait rendu sa décision définitive. Le tribunal laisse jusqu’au 15 septembre la possibilité de déposer des nouveaux dossiers de reprise au cas où l’actionnaire chinois ne tienne pas la route.
 
Les administrateurs sont clairement pour le chinois qui a apporté 2 millions d’€ pour payer les salaires et éviter la liquidation lui retirant, selon la loi française, les forêts gabonaise. Ces 2 millions d’€ proviennent de l’exploitation de la forêt gabonaise pendant la période de redressement.
 
A noter, la présidente du tribunal de commerce de Lisieux gérant le dossier actuellement est la même que celle qui a géré le dossier en 2009 (de même pour l’administrateur). Son mari est le vice président de la CCI du pays d’Auge. La CCI de Normandie est actuellement en Chine pour prospecter.
 
La ville de Lisieux est très intéressée par les terrains que représente l’usine de Lisieux (plein centre ville).
 
Finalement, le gouvernement doit être plus intéressé par la vente de centrale nucléaire et de TGV à la Chine plutôt que défendre des salariés Français.
 
En aparté (donc sans preuve), l’actionnaire a confirmé qu’il était uniquement intéressé par les forêts gabonaises et qu’il fermerait les usines françaises au terme des 3 ans (pas de cession des actifs de la société pendant les 3 ans suivant le premier jugement).
 
Vous trouverez toutes les infos à ce sujet sur le site http://infoply.wordpress.com ou sur le profil infoply sur facebook. Je ne sais pas si cette information vous révolte, mais cette situation où l’état français préfère garder une bonne relation avec la Chine plutôt que soutenir 450 employés français me parait suffisamment abjecte et digne d’un certain intérêt.

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2 réactions à cet article    


  • jako jako 1er juillet 2010 10:03

    Mafia, pillages, banksters, collusion de pouvoirs etc etc tout baigne
    Merci de votre information ( j’en ai entendu parler que sur RFO )


    • Pie 3,14 1er juillet 2010 13:01

      C’est effectivement un scandale, on a affaire à un patron voyou protégé pour des motifs peu clairs.

      Les usines fermeront, les politiques feront mine de s’émouvoir, les bois du Gabon seront travaillés en Chine ou ailleurs, les ouvriers finiront au chômage dans des bassins d’emploi déjà sinistrés.



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