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Accueil du site > Actualités > Economie > Sortir de la recession : l’échec du modèle grec archaïque (...)

Sortir de la recession : l’échec du modèle grec archaïque (5)

Sur beaucoup d'entre nous le monde de la Grèce antique et ses mythes héroïques ont exercé un mystérieux pouvoir d'attraction et de fascination. Il est presque facile en imagination de retourner à cet « Age d'or » de la civilisation, de parcourir les rues d'Athènes et d'y ressentir rayonner cet esprit de sérénité et d'intelligence. Hélas, exilés loin de la Cité antique, abandonnés sur le rivage de notre époque, plus malheureux que des bergers de Béotie, il ne nous reste que de fragiles témoignages, des traces éparses de ce passé lointain.

Ne pourrions-nous rassembler ces pièces fragiles et reconstituer ainsi comme un puzzle de cette réalité historique ? Il nous faudrait voir quel était le tableau d'origine, avoir une vue générale, un schéma simplifié qui nous aiderait à replacer les détails. Comment connaître et décrire cette organisation, ce fonctionnement implicite de la société antique aussi bien sinon mieux que les anciens ?

Existe-il un « modèle grec » ? Comment décrire les traits distinctifs d'un schéma fonctionnel dont l'existence n'est que présupposée, comment mettre en évidence à partir d'éléments particuliers, de coutumes, de savoirs-faire, etc. la construction d'une véritable logique du développement de la société antique ? Ce travail n'est-il pas nécessaire pour mieux comprendre la crise systémique que nous traversons ?

Nous abordons ici une nouvelle étape de notre voyage à travers la civilisation. Il s'agit d'un moment précieux, difficile à réduire en formule tant il contient de richesses et de sources de notre présent. Rendons grâce premièrement aux efforts des mémorialistes et archivistes qui suivirent la lettre d'Hérodote « afin que le temps n'abolisse pas les travaux des hommes », mais surtout bien sûr aux hommes dont les travaux furent souvent remarquables et dignes de nos éloges. Car le monde grec offre à livre ouvert ce débat originel, inspiré et raisonnable : la recherche d'un ordre social stable, équilibré et prospère. [1] Cependant il est permis de s'inquiéter pour savoir si l'histoire ancienne est réellement connue, si les leçons qu'elle offre ont été entendues et comprises. Rien n'est moins sûr !

Pour guider dans ce maquis du passé s'ouvre la voie évidente d'un certain progrès culturel et technique qui permet - depuis les époques préhistoriques, néolithiques jusqu'à l'âge de bronze - l'accroissement démographique et l’expansion territoriale de l'humanité. A cette évidence du progrès s'ajoute un instrument d'analyse nouveau et remarquable, susceptible de traiter la complexité d'un tel phénomène multifactoriel, qui attend d'être mis en œuvre : le méta-modèle systémique. [2]

Un article précédent [3] présentait la systémique comme méta-modèle et tentait d'intégrer cette notion au discours sur l'histoire des sociétés. Ainsi au-delà de l’événementiel, des dates de batailles ou de traités, de la biographie de personnages célèbres, il s'agit de retrouver les mécanismes sous-jacents qui permettent le développement d'une société par une "courbe d'apprentissage par succès et échecs, selon l'utilisation de ses ressources, sa capacité d'analyse et de réaction ou rétroaction sur les processus internes ou les influences externes. Le dynamisme d'une société [pourrait] alors être mesuré par son adaptation aux contraintes et par le maintien volontaire et explicite des conditions de son équilibre et de sa prospérité."

Cette intuition d'un processus systémique à l’œuvre dans l'histoire - et les sciences humaines en général - doit bien sûr être traduite sous la forme d'une hypothèse dont il s'agit de décrire les conditions de validité et en démontrer logiquement et concrètement les postulats avant qu'elle puisse s'imposer comme évidence.

La première étape, la plus simple, de cette démonstration nous l'avons déjà parcourue en tentant de répondre à la question : "Qu'est-ce qu'un système ?"

A cette définition progressive d'un "ensemble d'éléments en interaction et tendant à la stabilité" - inspirée des découvertes et applications en biologie, technologie, informatique, etc. - s'ajoutent des caractéristiques typiques d'un système telles que les concepts de boite noire, de ressource, de flux, de fonction de transfert, de boucle de rétroaction, de stabilisation quantitative et qualitative selon un mécanisme de contrôle par objectif. Mais dans l'état cette définition semble encore trop évasive et il manquait encore quelques arguments pour marquer les limites de la notion afin d'éviter de tomber dans la généralisation abusive où "tout est système".

Il restait donc à préciser la topique [4] de la méthode systémique. De telle façon que l'on puisse détecter et identifier la présence d'un système ou d'un mécanisme s'y attachant à partir d'un indice. Ainsi à partir de cette simple observation au sujet du processus de rétroaction : « En règle générale on se trouve devant un modèle à boucle de rétroaction a chaque fois que l'on trouve un de ces éléments : un flux de ressources, une évaluation quantitative ou qualitative, un capteur, un contrôleur, un observateur, un récepteur, un rapport, etc. soit un dispositif de veille et d'alerte puis de tout autre élément de la chaîne de supervision, de délibération, de conseil ou de transmission d'un ordre, d'une injonction, d'une consigne, etc. » [5] ; un procédé d'identification par association des éléments d'un système peut être envisagé. Ainsi se dessine une définition plus technique, précisant les arguments ou critères d'identification d'un système.

Pour résumer dix éléments principaux ou topiques [6] caractérisent un système dynamique :

  • une finalité  : Intention formelle explicite ou implicite de parvenir à la réalisation d'un but. Cette intention est fixée, précisée par la désignation d'objectifs. Cette finalité doit être atteinte par la mise en œuvre d'un plan ou programme. Elle correspond à l'aboutissement prévisible de l'activation d'une structure ou d'un modèle selon un processus dynamique évolutif. On parle aussi de téléologie moderne. La finalité d'un système social peut être la recherche de croissance, d'hégémonie, de stabilité, etc.

  • une autonomie : Capacité d'un dispositif ou organisation a élaborer - en fonction des objectifs fixés - ses propres réponses dans processus d'adaptation aux contraintes. Pour faciliter son adaptation, cette autonomie est nécessaire au système mais aussi aux sous-systèmes qui le compose et qui se doivent de proposer des réponses spécifiques selon leur nature, fonction et environnement. Sans autonomie impossible au système d'exister à part entière, sa limite devient fuyante dans le sens qu'il est intégré de manière fixe à un autre système qui détermine son comportement, son évolution. L'autonomie marque le niveau d'indépendance et de souveraineté d'une cité, d'un territoire, d'une nation, ou au contraire de soumission à une autorité de tutelle, voir de résistance à l'ingérence.

  • un programme : Ensemble de mesures et dispositions concrètes déduit d'une hypothèse théorique, d'une analyse rationnelle, dont les postulats reposent sur une croyance partagée, une convention ou consensus. Il permet, selon une loi ou principe d'interaction, d'atteindre les objectifs et de réaliser la finalité prescrite. Il y a échec du programme lorsque la solution n'est pas obtenue et les objectifs non atteints, ou lorsque une solution est obtenue avec un rapport coût/avantage disproportionné ou en aggravant les risques voir l'instabilité du système. Un programme est implémenté par consensus des parties prenantes et autorisation des autorités de supervision.

  • des ressources : Ensemble de moyens intégrés ou utilisés pour réaliser les objectifs (matière première, produits, énergie, information, valeurs, etc.)

  • un dispositif ou [device] : Une infrastructure d’intégration et transformation d'un flux de ressources selon la fonction de transfert. Associé à un dispositif de contrôle, il fonctionne avec une boucle de rétroaction selon des critères d'optimisation, objectifs et finalité acquise. Constitué par une suite d'éléments techniques (vannes, réservoirs, réacteurs, etc.) il est doté d'instruments de mesure et d'une interface d'opération et de contrôle. L'exemple du « dispositif culturel » pris dans le chapitre précédent permet de représenter ce processus. L'introduction d’œuvres ou de messages nouveaux, ainsi que les subsides et les attentes de la populations comme « Intrants ». Ces ressources sont stockées et utilisées, transformées par le dispositif lui-même (collections, restaurations, compilations, etc.), puis « sortent » comme « Extrants » comme adaptations ou réalisations nouvelles. [7]

  • un contrôle  : Une instance de supervision et d'évaluation selon critères et objectifs finaux, autorise une action rétroactive par lecture des écarts de mesures ( capteurs, indicateurs, etc.) et correction par injonction/correction sur un interface de commande. La hiérarchie du contrôle distingue : d'une part une autorité autonome attachée à un dispositif sous sa responsabilité stricte ; d'autre part une autorité intermédiaire qui émet rapports & bilans sur les programmes mis en œuvre, l'efficience des dispositifs et des agents de contrôle et d'exécution. Par son contact direct avec la réalité, permet une représentation claire des contraintes et des opportunités ; enfin une autorité supérieure chargée de déterminer les objectifs, de mandater superviseurs et responsables, de réclamer enquête, responsabilisation et sanction pour assurer discipline et loyauté. Cette fonction du contrôle sera assurée dans la Grèce classique par exemple au niveau du dispositif de ravitaillement maritime 1. par le capitaine du vaisseau, chargé du chargement et de la navigation, (autorité autonome), 2. du magistrat contrôleur responsable de l’approvisionnement de la cité (supervision, livre de compte, lois commerciales, etc.) et 3. l'Agora ou Sénat comme autorité souveraine responsable d'une politique publique assurant la stabilité des approvisionnements.

  • un flux : La circulation des ressources du système (informations, produits, énergie, etc.) a travers le dispositif et dans les réseaux. Des critères d'évaluation peuvent être choisis (Débit, interruptions, période, etc.)

  • un réseau  : Le support de circulation des flux de ressources. Se défini par l'argument de désignation (voie de communication, circuit, canal, route, etc.) et ses critères (capacité, saturation, véhicules, trajets...).

  • un processus : Ensemble des événements liés ou en interactions, associés à l'activité et au programme finalisé du système mais dont les mécanismes ne sont pas totalement connus, ni maîtrisés. Chaîne multifactorielle entraînant des effets systémiques (interférences, effets d'amplification positive ou négative, effet retard, cycles vertueux ou pervers, etc.). Suite d’événements et d'étapes sur lequel on tente de faire interférer les contraintes de choix et d'impulsion d'une procédure, d'un programme. Par exemple un processus commercial peut entraîner une crise de pénurie et de spéculation qui n'étaient pas prévus dans les choix initiaux du programme économique, etc. Évolution dynamique du système selon cycles d'apprentissage, phases d'instabilité – stabilisation. L'évaluation a posteriori d'un processus permet de caractériser le succès ou l’échec d'un programme, modèle ou système. [8]

  • une rétroaction : Phase du processus systémique déclenchée, en fonction du programme ou principe d'interaction, par un dispositif de contrôle. Action de régulation positive ou négative ayant pour but de faire correspondre l'état d'une variable, d'une ressource ou produit, d'un flux, d'un processus modifiable avec les critères, valeurs prédéfinis et attendus, conformes à l'objectif fixé ou finalité choisie.

Nous obtenons ainsi une définition de notre méta-modèle plus précise et plus pertinente. Un système n'est plus seulement un ensemble vague d'éléments en interaction. Il devient un moyen de valorisation de ressources selon un dispositif d'auto-régulation ; il permet une supervision de la circulation de flux en réseaux selon un effet de stabilisation conforme à une finalité déterminée. La connexion avec les concepts proches de [Sous-système] et de [Modèle] devient plus évidente. Il est possible de prétendre identifier un système dynamique en présence d'une ou plusieurs de ces éléments ou catégories et d'entreprendre d'en schématiser l'organisation et le fonctionnement général (modélisation).

Grâce à cette grille d'analyse systémique, des constantes attirent l'attention ; des mécanismes de préventions des risques et d'adaptation aux contraintes se retrouvent partout. Au niveau de la sociologie (au sens large) des choses curieuses apparaissent plus nettement. D'abord ces mécanismes culturels et artificiels comme la douane, le réseau routier, les bibliothèques, les comités de lecture, etc. offrent au niveau macro, une étrange convergence avec les mécanismes que l'on retrouve au niveau micro, hormonal, moléculaire, dans la régulation des constantes vitales d'un organisme vivant. Ensuite, sous la forme de formules populaires anodines (« l'union fait la force », « mieux vaut prévenir que guérir », « réfléchir avant d'agir », « l'erreur est humaine » etc.), semble s'être constitués des principes de connaissance tacite, des formes méconnues de pensée politique et philosophique de sens commun. Or ce sont ces points de bon sens, aussi évidents que largement sous-estimés, qui offrent - à notre insu - les points d'ancrage de ces processus culturels et artificiels d'adaptation et de survie d'une société évoluée.

Quelques réserves doivent être émises. Aussi attrayante que soit cette relecture de l'histoire permise par une nouvelle approche de la réalité, il n'en reste pas moins vrai que de nombreuses interrogations restent en suspens.

Quel intérêt réel présente cette approche ? Doit-on en attendre une trame rigoureuse qui permettrait de reconstituer a posteriori le déroulement logique des événements complexes qui autrement resteraient mystérieux et objet de toutes sortes de conjectures ou d'hypothèses invérifiables ? Peut-on réellement développer un langage universel du développement des sociétés et offrir un cadre adapté à la recherche pluridisciplinaire et la compréhension directe des processus historiques ?

Si le systeme social est un ensemble d'interactions et de processus, il n'en reste pas moins que la notion systémique reste un concept théorique, une formulation abstraite qui tente de traduire et simplifier une réalité complexe où se réalise un enchevêtrement des causes, des agents, des facteurs et circonstances. Le système n'existe pas en tant que tel, il n'est qu'un effet artificiel, une construction théorique, une méthode d'organisation et d'interprétation des connaissances, un regard - sur le fait brut - orienté et lourd de paradigmes qu'il s'agit de vérifier et de relativiser.

De plus il reste à déterminer le niveau de pertinence de l'analyse et de sa représentation. A quel degré de l'échelle fixer le curseur pour cadrer le système à étudier ? Quel nombre limité de sous-systèmes fonctionnels comportera-il ? Doit-on placer la vie humaine comme un élément micro-systémique et l'environnement naturel comme macro ou super-systémique de notre système social abstrait ?

Peut-on prendre le risque d'appliquer une logique mécaniste issue de la recherche moderne aux sciences humaines sans réduire l'originalité de celles-ci, dégrader la vie sociale au rang d'une expérience de laboratoire, offrir des outils d'analyse et d'intervention entre les mains peu scrupuleuses de techniciens plus soucieux de résultats et de rendements que de respect des droits individuels et des libertés démocratiques ?

Peut-on concilier cette capacité d'adaptation autonome et cette liberté de choix avec un processus cohérent et identifiable permettant le développement et la stabilité d'une société ? Pour cela il faudrait que ce processus soit initié et finalisé selon une intention implicite ou explicite, commune ou consensuelle, sur l'art et la manière d'atteindre certains résultats. Que ceux-ci soient positifs ou négatifs au regard de l'objectif initial n'est pas la question primordiale tant qu'il reste possible de réorienter, de moduler le processus de base - en fonction des circonstances et des ressources disponibles - afin d'améliorer les chances et opportunités de survie, de stabilité du système social.

Il serait ambitieux de prétendre répondre à toutes ces questions dans la foulée ; de même stérile et peu agréable de suivre une démonstration scolaire de logique déductive tendant à valider l'hypothèse systémique. Il se présente néanmoins la possibilité d'un chemin de traverse, d'une école buissonnière qui permettrait de glaner ici et là des éléments de réflexion plus faciles d'accès sinon plus persuasifs. C'est par cet itinéraire plus libre jalonné de repères familiers, tels que le découpage entre époques archaïque et classique où se retrouvent les points de vue culturels, sociaux, politiques et économiques, [9] qu'il est possible d'envisager la redécouverte d'un processus systémique d'émergence et de stabilisation de la société grecque antique.

1. Le développement de la société grecque à l'époque archaïque

Où il est question de mettre en évidence une logique systémique active dans la civilisation grecque par le jeu d'interactions des modèles culturels, sociaux, politiques et économiques, sans sous estimer la richesse méconnue, la part d'ignorance ou d'abstraction simplificatrice et lacunaire, d'un tel exposé...

1.1 Un contexte social

Si on veut étudier une société il est important d'étudier les origines des individus qui la compose. Or dès l'âge du Bronze, le contexte social s'annonce multi-ethnique et l'occupation d'un même territoire imposera les termes d'une fragile coexistence.

Les Hellènes [10] - une tribu indo-européenne migrante depuis le Danube - s'établit d'abord en Epire, au débouché montagneux et boisé du Nord-Ouest de la péninsule - puis, sans doute animés par un excédent démographique et soucieux de trouver des pâturages pour leurs chevaux, se lancent dans la conquête d'un vaste territoire. Or cette terre qui s'offre à eux n'est pas déserte mais occupée par un fond de peuplement préhellénique ou égéen [11] sous influence des cités Minoennes voir Proto-mycéniennes [12]. La Tessalie par exemple est longtemps occupée par des populations uniquement pastorales, probablement les Pélasges, qui sont remplacés par les Achéens [13] vers le milieu du IIe millénaire. La marque de cette colonisation militaire apparaît très tôt : "l’aristocratie était seule propriétaire de la terre et possédait de vastes domaines où elle ne pratiquait que l’élevage des chevaux. L’agriculture était confiée à des serfs, les Pénestes qui payaient au propriétaire un impôt et pouvaient garder le surplus de la récolte. Ils avaient un rang intermédiaire entre les esclaves et les hommes libres. Ils ne pouvaient ni être vendus, ni mis à mort. Ils étaient aussi employés dans l'armée, soit dans la marine ou dans la cavalerie." [14]

On note dans cette société archaïque l'existence de castes aux droits différenciés. Le chef de guerre semble occuper une place prépondérante. Il est associé quelquefois à la fonction de grand-pretre tel dans le statut de l'archonte-roi. Par exemple Cécrops - le premier roi d'Athènes selon la légende - "serait le premier autochtone (enfant spontané de la terre), et serait né avec un corps mi-homme mi-serpent, tout comme plus tard Érichthonios. Mais il est aussi parfois décrit comme un fils de Gaïa." Cette désignation semble désigner une origine pré-hellénique et démontre un certain niveau d'organisation sociale antérieure aux invasions indo-européennes.

A l'opposé il existe des groupes sociaux comme les Pénestes [15] thessaliens, les Hilotes spartiates ou encore les Clarotes crétois aux statuts complexes, assez proches du servage médiéval. Selon la tradition (Théopompe), les premiers Hilotes seraient les descendants des habitants initiaux, les Achéens, qu'à leur arrivée dans le Péloponnèse les Doriens ont soumis. Mais tous les Achéens n'ont pas été réduits à l'hilotisme : ainsi, la ville d'Amyclées, théâtre des Hyacinthies, jouit d'un statut privilégié. [16] On peut supposer que ces groupes soient constitués des habitants originaux qui une fois faits prisonniers lors des conquêtes successives se sont vus imposer un statut de serviteurs. Il existe aussi des habitants libres mais non citoyens comme les Périèques sur le territoire de Sparte.

Les spécialistes évoquent des vagues de migrations successives dont la dernière serait dorienne. Cette série d'invasions laisse des traces en Crète Minoenne. Les premiers palais (Phaistos -1950, Knossos -1900) sont détruits par un cataclysme en -1700. Reconstruits, ils subissent de nouvelles destructions entre -1450/-1350 et la domination mycénienne ou achéenne. A partir de -1200, la Crête passe sous influence dorienne. Au cours d'une période mouvementée désignée comme les "âges obscures" les archéologues mettent en évidence une vague de destruction des palais mycéniens. "La piste révélatrice des Doriens doit être reconnu dans les stigmates des ruines noircies par le feu de tous les grands palais et les villes les plus importantes effacés à la fin de Mycénien IIIB. Vers -1200, tout le pays paraît avoir été faiblement peuplé... » [17]

Un renouveau social se manifeste à la suite de ces "âges obscures". L'expansion démographique entraîne (dès -775) l'implantation de nouvelles colonies hellènes en Sicile, en Thrace, en Afrique, en Italie, etc.

Le modèle social archaïque semble subir une crise permanente. Les invasions détruisent les structures sociales préexistantes, mettant en péril les conditions de survie des populations et donc le progrès de la démographie. Quelques groupes semblent tirer un avantage en négociant des conventions. On note aussi que le statut social semble toujours précaire, soumis aux aléas des combats mais aussi à des crises internes comme le risque de révolte des populations conquises. Une période finale de stabilité va permettre l'expansion démographique qui s'accompagne d'un renouvellement des modèles culturel, politique et économique.

1.2 Les influences culturelles

Par modèle culturel il est entendu ici un ensemble complexe de représentations et de pratiques qui influe sur les différents aspects de l'organisation sociale. La langue et ses dialectes, l'écrit et autres créations culturelles, les conceptions de l'époque sont des sujets toujours débattus par les spécialistes. Ces instruments de communication sont vecteurs de messages et témoignent des bouleversements ou des innovations et progrès décisifs de la civilisation.

L'évolution d'une langue pourrait être désignée comme un phénomène systémique typique. Les mots d'un langage sont acquis à chaque génération, ils sont stockés (la mémoire ou l'écrit constituant une sorte de "réservoir" dans ce dispositif), associés et combinés entre eux en vue d'une utilisation adaptée puis délivrés légèrement modifiés pour être transmis à la génération suivante. Ce processus est contrôlé par un consensus commun au sein du même groupe de façon a éliminer les expressions fautives et inutiles ou importer des termes nouveaux jugés intéressants pour désigner un nouvel objet, une nouvelle idée. La langue dispose ainsi de toutes les caractéristiques d'un système dans le sens qu'elle est autonome, finalisée par l'intention de transmettre une information, qu'elle dispose de son propre programme par sa syntaxe et grammaire, qu'elle subit un processus d'adaptation et d'évolution, etc. Avec la langue, il est possible d'identifier l'art, la technique, le droit (on parle ausi de système juridique [18]), comme des sous-systèmes culturels en inter-relation.

La langue grecque archaïque trouve son origine dans le creuset indo-européen tout en subissant une évolution propre et une diversification en dialectes. [19] Le mycénien est la forme de grec la plus anciennement attestée, parlée en Grèce continentale, en Crète et à Chypre du XVIe siècle au XIIe siècle . [20] L'écrit apparaît en Crète avec la transformation et simplification d'une écriture idéogrammatique par le linéaire A, se maintient et s'enrichit au cours de la période Mycénienne avec le linéraire B mais disparaît pendant 4 siècles pendant les "âges obscures".

 

Avec la langue parviennent les mythes lourds de mystère, marqués par le culte des divinités. A cette époque, la cosmogonie indo-européenne rencontre le culte de la Crète ancienne autour de la "déesse-mère" où "la figure de la femme tenait une grande place et revêtait une dimension sacrée, [consistant] essentiellement en une vénération de la Terre, de la fertilité et de la fécondité. [...] La civilisation minoenne avait une déesse que les grecs appelaient Potnia Theron, « la maîtresse des animaux », dont la plupart des attributs furent plus tard transférés à Artémis." Toutefois "l'ensemble des récits affectés à l'enfance de Zeus en Crète serait révélateur de croyances et de pratiques fort anciennes établissant que les Minoens auraient été attachés au culte d'un Dieu viril infiniment plus vieux que le Zeus hésiodique" [21] Quant aux hellènes "plusieurs cosmogonies et théogonies coexistent sans que cela ne pose de problème [...] la religion est présente de manière diffuse dans tous les aspects de la vie sociale et politique. La tragédie grecque représente souvent les héros de manière anachronique, car elle est un moyen pour la cité de réfléchir sur sa société et ses institutions" [22] On note toutefois une étrange convergence entre le panthéon [23] grec et l'astrologie [24] chaldéenne.

Ces mythes sont aussi porteurs de messages lourds de sens puisqu'on retrouve dans les grands cycles mythologiques achéens [25] les traces de cette civilisation militaire organisée autour de l'image d'un chef de guerre héroïque. 

Celui-ci se distingue d'abord par sa naissance au sein d'une famille princière. Une bonne nutrition lui procure certainement l'avantage de la force physique, d'une belle stature [26] et l'éducation développe ses qualités personnelles sur lesquelles on insiste lourdement [27]. Le héro est celui qui agit librement et répond de ses actes en toutes circonstances par son éloquence (Dans la tragédie grecque le héro légitime hautement ses ambitions et à sa geste héroïque répond le chœur des protagonistes en quelque sorte témoins passifs ). Il dialogue avec ses égaux, frères ou prétendants au trône, et entretient une relation directe avec les dieux soit par opposition subissant colère et vengeance (Dans l'Illiade, l'oubli du sacrifice à Zeus par le roi Agamemnon détermine la longue errance de Menelas et d'Ulysse au retour de Troie), soit en association par lien privilègié avec l'un d'eux (Aphrodite est la supportrice du héro Hector, Athena celle d'Ulysse, Ares pour Menelas, etc.). D'interlocuteur avec le divin, il se fait sacrificateur et prêtre-roi.

Mais ce culte du héro semble se fatiguer (et fatiguer probablement aussi les auditeurs qui se mettent à raisonner et douter de tant de vertus). Ceci se lit en filigrane dans la chute de Bellerophon (le cavalier de Pegase) « Puis, il combattit les Solymes illustres, et il disait avoir entrepris là le plus rude combat des guerriers. Enfin il tua les Amazones viriles. Comme il revenait, le Roi lui tendit un piège rusé, ayant choisi et placé en embuscade les plus braves guerriers de la grande Lykiè. Mais nul d'entre eux ne revit sa demeure, car l'irréprochable Bellérophon les tua tous. Et le Roi connut alors que cet homme était de la race illustre d'un Dieu, et il le retint et lui donna sa fille et la moitié de sa domination royale. Et les Lykiens lui choisirent un domaine, le meilleur de tous, plein d'arbres et de champs, afin qu'il le cultivât.[...] Mais quand Bellérophon fut en haine aux Dieux, il errait seul dans le désert d'Aléios. » [28] Car l'histoire des héros est aussi celle d'une tragédie interminable et toute leur liberté les conduit le plus souvent au crime et à la honte.

L'histoire du héro deviendra alors l'exemple à ne pas suivre, une leçon trop difficile à renouveler et dont la diffusion comme experience humaine, du tenant à l'aboutissant, invite à la réflexion et la prudence. Le théâtre moral et social, comme miroir des représentations et des projets politiques, dénoncera aussi bien les abus de la tyrannie qu'il célèbre les bienfaits de la fraternité et de la loyauté dans la lutte contre le danger commun et pourquoi pas contre l'oppression subie ? Signe d'acquisition d'une conscience sociale et d'auto-nomie de la pensée ou conscience collective : le chœur s'émancipe du rôle passif et spectateur ! A l'image d'une société grecque prenant en main son propre destin, en laissant le héro livré a ses propres tourments, le public reconnaît la mesure des lois méprisées. Il commence à évoquer l'émancipation du cercle de la tyrannie et de la fatalité pour saisir une part de responsabilité collective active et assumée. Alors que dans les anciens mythes grecs les compagnons disparaissent pour ne laisser survivre que le héro concentré sur sa propre passion destructrice, une inversion du cycle se produit : c'est le héro qui disparaît, il sera ostracisé, puis jugé, comme danger commun pour permettre à un ordre social égalitaire et démocratique de se maintenir.

Après une brillante période minoenne [29] et mycénienne l'expression artistique périclite. "Au crépuscule de cette civilisation, la maladresse du dessin, la schématisation des figures, à Mycénes et dans d'autres sites, montraient déjà que c’en était fini du raffinement des palais." Mais "selon la mythologie grecque, Athènes échappa à la régression post-mycénienne car elle fut le lieu où se réfugièrent les Néléides, descendants de Nélée, chassés de Pylos. De fait, Athènes conserva une agriculture et une activité artistique de premier plan, avec en particulier sa céramique proto-géométrique." [30] Une émancipation de la rigueur archaïque vers l'épanouissement d'une conscience individuelle se retrouve aussi dans les autres produits culturels comme la statuaire. A l'origine la forme est rigide, codifiée sur le modèle hiératique égyptien. Puis un sourire se dessine sur le visage, avec une impression de sérénité retrouvée, les muscles apparaissent, le symbole prend forme humaine et peu à peu presque vivante, s'entoure de personnages. Traditionnellement, dans le domaine des arts, cette période se divise en 2 époques : Proto-géométrique et Géométrique (qui se poursuit environ un siècle au-delà des âges obscurs).

1.3 L'émergence d'une économie

Sur ce vaste territoire plusieurs types d'économies se rencontrent. Le monde cycladique héritier du Néolithique offre une base stable de subsistance. L'économie palatiale minoenne puis mycénienne permet la mise en place d'un systéme d'accumulation par le commerce et une forme évoluée d'urbanisation, donc de spécialisation des activités. Les irruptions des guerriers pillards achéens puis doriens attirés par l'opulence de la région va déstabiliser ce fragile équilibre économique. Un renouveau marquera la fin de l'âge archaïque et le début de la période classique.

Dans le monde égéen (-3200/-2000) : "l'agriculture reposait, comme ailleurs en Méditerranée, sur les céréales, la vigne et l'olivier. L'élevage se concentrait déjà principalement sur les chèvres et les moutons, ainsi d'un peu de porcs ; mais très peu de bovins, encore aujourd'hui peu développés dans les îles. La pêche complétait les ressources alimentaires, grâce par exemple aux migrations régulières de thons. Le bois était plus abondant alors qu'aujourd'hui, permettant la construction des charpentes et des navires. [...] La poterie connut un fort développement et des expérimentations dans les formes [...] pour la première fois avec des décors peints.
On a retrouvé des outils fabriqués dans un bronze primitif, alliage de cuivre et d'arsenic. Le cuivre provenait de Kythnos et contenait déjà une forte teneur d'arsenic. L'étain, dont la provenance n'a pas été déterminée, ne fut introduit dans les îles que plus tard, après la fin de la civilisation cycladique. Les bronzes à l'étain les plus anciens furent retrouvés à Kastri sur Tinos (période de la Culture Phylakopi) et leur composition prouvent qu'ils provenaient de Troade, soit sous forme de matières premières, soit déjà sous forme de produits finis. Des échanges commerciaux existaient alors entre la Troade et les Cyclades. Ces outils servaient à travailler le marbre, surtout originaire de Naxos et Paros, soit pour les célèbres idoles cycladiques, soit pour les vases de marbre. Il ne semble pas que le marbre ait alors été exploité dans des mines, comme de nos jours : il se serait trouvé en grande quantité à fleur de sol. Cependant, les outils d'obsidienne de Milos restaient les plus nombreux car moins chers. L'émeri de Naxos fournissait aussi des matériaux de polissage. Enfin, la pierre ponce de Santorin permettait un fini parfait. Les pigments qu'on peut retrouver sur les statuettes, mais aussi dans les tombes, étaient aussi originaires des îles, comme l'azurite pour le bleu et le minerai de fer pour le rouge. [31]
Ce modèle apparaît non seulement auto-suffisant mais dégage des surplus, des produits qu'il peut exporter : " La céramique retrouvée dans divers sites cycladiques (Phylakopi sur Milos, Aghia Irini sur Kéa et Akrotiri sur Santorin) prouve l'existence de routes commerciales allant de la Grèce continentale à la Crète en passant par les Cyclades, principalement les Cyclades de l'ouest. Des vases produits sur le continent ou en Crète et importés dans les îles ont été retrouvés lors de fouilles sur ces trois sites."

En Crète, la cinquième plus grande ile de la méditerranée, à l'époque minoenne (-2700/-1200) des communautés agricoles prennent de l'importance. Elles constituent au Bronze Moyen, des agglomérations urbaines, puis construisent des palais (vers -1900). Des communautés de fermiers et d'éleveurs se développent dans les plaines. Les paysans utilisaient des araires en bois pour travailler le sol, offrant des productions agricoles très variées (blé, olives, vesces, figues, miel, etc). Les animaux domestiques (bovins, ovins) fournissaient la viande et le lait. [32] L'artisanat se développe : des vases faits au tour sont produits et servent d'amphores de réserve ou encore de récipients de transport. Des vases en pierre sont eux marqués par l'aspect décoratif et le soin qui leur est porté. Les minoens brillent dans les travaux minutieux particulièrement dans l'orfèvrerie. Les sculptures se limitent, par contre, à des petites statuettes en ivoire, bronze ou argile. Dès le minoen ancien, les villages et les petites villes deviennent la norme et les fermes isolées se font beaucoup plus rares. Des petits centres d'artisanat et des villas, puis des centres urbains sont édifiés, au centre de vallées fertiles à la proximité d'un port essentiel pour la navigation de l’âge du Bronze, avec place, rues dallées, et habitations modestes d'une à deux pièces. Ce qui prouve un souci urbanistique précoce. A la période proto-palatiale des palais sont construits sur l'emplacement de ces grosses agglomérations. Il s'agissait d'un édifice monumental. Les murs sont d'abord de briques crues sans placage de gypse et sans trace de fresques puis de pierres taillées plâtrées et décorées de fresques. [33] "Les premiers palais que sont Knossos, Phaistos et Malia sont situés dans les plaines les plus fertiles de l'île, permettant à leurs propriétaires l'accumulation de richesses, notamment agricoles, comme le prouvent les grands magasins [34] pour produits agricoles retrouvés dans ces palais" A coté des quartiers avec "des bâtiments principaux, de grands édifices secondaires abritant peut-être des hauts fonctionnaires rattachés au palais, des ateliers de tissage, de poterie, de métallurgie ou encore de meunerie et un ensemble de constructions dont on ignore l'usage." [35] Grâce à sa marine, la Crète occupe une place prédominante en Égée. L'utilisation des métaux multiplie les transactions avec les pays producteurs : les Crétois vont chercher le cuivre à Chypre, l'or en Égypte, l'argent et l'obsidienne dans les Cyclades. [36] Des ports se développent sous l'influence de cette activité croissante : Zakros et Palaiokastro sur la côte orientale, les îlots de Mochlos et Pseira sur la côte septentrionale deviennent les principaux centres d'échange avec l'Asie mineure. L'étain d'Espagne, de Gaule ou de Cornouaille arrive sur les côtes siciliennes et de l'Adriatique et certaines cités orientent leur commerce vers ces régions. Pourtant malgré toutes ces activités commerciales, nous n'avons pas de trace que les Minoens aient possédé une monnaie, le commerce se faisait donc uniquement sur l'échange.

La colonisation de peuplement des Achéens va intégrer le modèle minoen pour former la civilisation Mycénienne. L'élevage traditionnel des chevaux, prédominant dans le Nord en Thessalie par ex., est remplacé vers le Sud par une diversification des activités agricoles, artisanales et commerciale. Avant l’utilisation de la monnaie, on se servait du bœuf ou de plaques de métal précieux (cuivre, bronze, argent, or) ; pour connaître leur valeur on les pesait. En effet les poids étaient la base des comptes monétaires. [37] Ensuite la concurrence entre ces économies conduira certainement à l'occupation de la Crète par les Achéens. [38] A l'époque de la guerre de Troie, selon Homère, l'achéen Idoménée est le roi de Crète. [39] Il conduisit les troupes de l’île au siège de Troie, avec une flotte de quatre-vingts vaisseaux, se qui démontre la prospérité du pays et la conversion réussie par les hellènes au modèle économique minoen ; adapté selon toute évidence à l'environnement naturel et commercial. Cependant l'influence mycénienne se fait sentir en Crète : la production métallurgique par exemple se codifie à partir de la période postpalatiale. Les formes sont angulaires et les contours moins dynamiques. On fabrique essentiellement des armes en bronze : épées, poignards, couteaux et fers de lances, ressemblant aux armes mycéniennes qui leur sont contemporaines.

Il semble qu'une série d'incursions des hellènes doriens mette bientôt un terme à cette époque relativement prospère. Depuis l’Épire au Nord-Ouest jusqu'en Crète, le pillage et l'incendie des palais et des fermes mycéniennes (entre -1300 et -1200) marque le début de l'âge de Fer et d'un moyen-âge hellénique.

1.4 L'organisation politique archaïque

La fondation des palais minoens résulte en une concentration des pouvoirs dans certains centres, dictée à la fois par des événements extérieurs, et comme étant la conséquence d'une évolution économique et sociale interne. Des sources écrites provenant de peuples d'Orient indiquent que l'Égée et l'Asie mineure connurent un bouleversement provoquant une réaction des Crétois. Ceux-ci choisirent semble-t-il de se rassembler sous la domination d'un chef, voire de deux ou quatre, afin de mieux lutter contre les dangers de puissances extérieures. A mesure de l’accroissement démographique, le besoin d'entretenir des magasins et des réserves, d'en redistribuer les ressources en cas de pénurie, d'organiser des marchés pour l'échange des produits, d'un système de poids et mesures ou d'une instance judiciaires pour régler les conflits éventuels se fait sentir. Les palais deviennent des centres de rayonnement pendant 6 à 700 ans, et la civilisation est désormais considérée comme palatiale. Depuis quelques années les archéologues parlent de territoires ou États bien délimités, phénomène nouveau dans l'espace grec. Knossos contrôlait la riche région du centre-nord de la Crète, Phaistos dominait la zone de plaine de la Messara, et Malia le centre-est jusqu'à l'actuelle Ierapetra. Jusqu'à -1700 la civilisation de période protopalatiale s'étend à toute la Crète. Les relations entre les chefs locaux semblent pacifiques et fondées sur la collaboration. Ensuite les palaces témoignent de l'existence d'un pouvoir politique central et d'une hiérarchie dominée par un roi. L'exécution de travaux majeurs comme le nivellement de la colline à Knossos ou Phaistos, sont des indications que les Minoens avaient déjà réussi une division du travail, et disposaient d'une grande quantité d'ouvriers. L'esclavage et la corvée déjà pratiqués à l'Est, existait sans doute aussi en Crète. La présence d'une hiérarchie dans les palais est attestée par la quantité de sceaux découverts à Phaistos. Enfin, le développement de l'écriture hiéroglyphique et l'apparition de la première écriture linéaire seraient en liaison avec le système bureaucratique et la nécessité d'un meilleur contrôle des entrées et sorties de marchandises.

Les mycéniens semblent adopter le système politique crétois mais l'applique peut-être de manière plus brutale et moins efficace ou consensuelle. L'organisation politique mycénienne était une monarchie autocrate dont le souverain, connu sous le nom de wanax , entouré de ses scribes, administrait son territoire par l'intermédiaire d'une hiérarchie complexe de représentants officiels. Il existait une classe spéciale de prêtres et de prêtresses. Cette société est fondée sur l'existence de multiples petites seigneuries, chacune régnant sur une bourgade et sa campagne ; c'est un monde aristocratique dominé par des nobles qui se livrent aux occupations convenables à leur rang : chasse, guerres, banquets où l'on chante des poèmes à la gloire des héros. Le peuple était organisé selon un système complexe de classes : les grands propriétaires terriens qui sont en même temps des chefs guerriers, les petits paysans, et les artisans, marins, petits ouvriers, l'esclavage y était largement pratiqué. L'épopée finale de l'Odyssée nous montre "le sage" Ulysse assassiner dans son palais d'Ithaque tous les prétendants. Ces personnages sont probablement des notables, administrateurs ou marchands dont l'activité et l'influence contribuent à la mise en valeur du territoire mais menacent par le pluralisme, l'exercice d'un pouvoir autocratique et militaire. Ailleurs dans le monde mycénien on observe la décadence et la perte de prestige de l'autorité politique. L'administration semble trop centralisée et trop rigide, incapable de surmonter de nouvelles crises (voire l'instabilité du pouvoir lors des crises de succession). "L'hypothèse de la cause interne [de la crise mycénienne] est renforcée par le fait que, dans les tablettes mycéniennes, le nom du magistrat chargé de l'administration des villages est une forme ancienne dont aurait pu dériver le titre d'archonte (roi-prêtre de la Grèce archaïque). Ce qui signifierait que l'administration mycénienne se désintégra au point que les citoyens ne reconnurent plus que les magistrats locaux comme autorité suprême."

La norme juridique essentielle de cette époque est l'Oikos. Chaque personne était rattachée à un oikos (du grec ancien οἶκος, « maison »), il s'agit à la fois d'une unité familiale élargie – des parents aux esclaves – et d'une unité de production agricole ou artisanale. Cet ensemble de biens et d'hommes rattachés à un même lieu d'habitation et de production, cette « maisonnée » correspondrait à un type de lotissement colonial, attribué par le chef de guerre lors d'une conquête à un compagnon d'arme pour le récompenser. Il peut s'agir d'une seigneurie, d'un palais avec ses dépendances et territoires, comme d'une simple bourgade ou d'une propriété agricole. [40] Cette institution perdurera dans la Grece antique au point qu'à l'époque classique les grecs se demanderont longtemps s'il faut gerer l'Etat comme un Oikos ou autrement. Cette norme juridique - touchant également l'espace public et privé, la sphère culturelle, économique et sociale - constitue l'unité de base (avec ses dépendances) de la survie familiale. Elle marque une certaine division féodale et un repli familial voir clanique de la société archaïque. Celle-ci entre alors dans les "ages obscures" perdant toute capacité d'éducation, de création, d'inovation, de coopération, d'ouverture commerciale ou diplomatique, de coordination de sécurité et de défense militaire et de prospérité commune que permettent les moyens politiques de l'unité nationale.

Ce propos permet de décrire un processus systémique multifactoriel. La société minoenne relativement stable et prospère est bouleversée par l'irruption de l'offensive guerrière achéenne. Cette dernière cherche dans un premier temps à intégrer le modèle préexistant en usurpant le pouvoir dans les palais mais sans en assimiler les règles implicites et subtiles d'équilibre. Dans un second temps, l'abus de pouvoir des nouveaux monarques mycéniens et le nouveau principe juridique colonial et individualiste fragilisent le système politique. En l'absence d'autorité souveraine sanctionnant les exactions des potentats locaux et d'une culture de l'intérêt général ; le modèle politique s'avère incapable de restaurer les conditions de sa prospérité, de négocier un consensus et d'initier un programme permettant une synergie positive au niveau social, culturel ou économique. Cette civilisation périclite alors sans pouvoir réagir désormais face à la nouvelle menace dorienne.

Après cette trop longue digression nous verrons dans une prochaine partie « La renaissance et l'apogée de la société grecque à l'époque classique » et tenter de distinguer là aussi la présence d'un schéma systémique sous-jacent.

[1] Mais encore faut-il le lire cet ouvrage antique, voir les faits qu'il établit, entendre les questions qu'il pose et en saisir toute la pertinence et l'actualité. La période Antique - depuis l'invention de l'écrit jusqu'à la chute de l'Empire romain (476) ne va vraiment retenir l'attention qu'à l'époque moderne entre chute de Constantinople (1453) et la Révolution française (1789). C'est là que l'on diffuse les ouvrages des anciens, que se développe une lecture moderne et nécessairement controversée telle l'histoire philosophique illustrée par C. S. Montesquieu.

[2] Le méta-modèle systémique permettrait d'établir un pont entre systèmes sociaux complexes en désignant des classes d'objets et d'interactions, simplifiant ainsi la modélisation voir l'introduction d'algorithmes mathématiques. Voir B. Chazelle L’algorithmique des phénomènes émergents, Collège de France 06 décembre 2012 [http://www.college-de-france.fr/site/bernard-chazelle/course-2012-2013.htm] Il serait aussi intéressant d'établir une relation entre systémique et théorie quantique dans la mesure où on calcule ici aussi en terme de probabilité : la position des agents, objets et événements dans le système reste a priori aléatoire et n'est déterminé que de façon ponctuelle. Le changement d'état ou de statut de ces éléments subit des bonds de type quantique selon les ressources et les processus, ceci en influençant le niveau d'efficacité et comportement global du système.

[3] Le chapitre précédent consacré à la méthodologie [http://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/sortir-de-la-recession-les-modeles-121854] proposait de formuler une définition simple et progressive de la notion pour ensuite envisager une description schématique

[4] « Toute logique bien faite se divise en deux parties, l'invention et le jugement : dans l'une et dans l'autre Aristote me paraît exceller. Les stoïciens ne se sont occupés que de la dernière : ils ont énuméré tous les procédés du jugement dans cette science qu'ils nomment la Dialectique ; mais ils ont entièrement négligé l'invention ou la Topique, qui, dans l'usage, est d'une plus grande importance, et qui, dans l'ordre naturel, est certainement la première de ces deux parties. Pour nous, qui jugeons ces deux parties de la plus haute utilité, et qui nous proposons de les traiter l'une et l'autre, si nous en avons le temps, nous allons commencer par la première.
Comme il est facile de trouver une chose cachée, si le lieu où elle se trouve est indiqué ou marqué par un signe ; de même, quand nous voulons découvrir un argument, il faut que nous connaissions les lieux : c'est ainsi qu'Aristote appelle ces espèces de réservoirs où l'on va puiser les preuves. On peut donc définir le lieu, le signe de l'argument, et l'argument, le procédé par lequel ou prouve une chose douteuse. Mais de ces lieux qui contiennent les arguments, les uns sont inhérents à la chose même dont on s'occupe, les autres sont pris au dehors. Lorsqu'ils appartiennent au sujet, ils dérivent ou de l'ensemble, ou des parties, ou du signe, ou des choses qui ont quelque rapport intime avec l'objet en question. On dit que les lieux sont pris au dehors, lorsqu'ils sont séparés et très éloignés du sujet.
Si l'argument est emprunté à l'ensemble du sujet, on emploie d'abord la définition qui développe la chose en question lorsqu'elle est comme enveloppée. Voici la formule de cette espèce d'argument : « Le droit civil est l'équité réduite en loi pour régler les droits des membres d'une même cité ; or, la connaissance de cette équité est utile ; donc, le droit civil est une science utile ». Vient ensuite l'énumération des parties, qui se traite ainsi : « Celui qui n'a été déclaré libre ni par le cens, ni par le coup de baguette, ni par un testament, n'est pas libre ; or, cet homme n'a été affranchi d'aucune de ces manières ; il n est donc pas libre ». Enfin, le signe, lorsqu'on tire l'argument de la force du mot ; par exemple : « Puisque la loi ordonne au contribuable de servir d'appui au contribuable, elle ordonne au riche de répondre pour le riche : car le riche est contribuable : assiduus, ab asse dando, comme dit Elius ». » Cicéron Les Topiques II http://www.mediterranees.net/art_antique/rhetorique/ciceron/topiques.html

[5] Sortir de la récession : les modèles grec et romain antiques (½)http://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/sortir-de-la-recession-les-modeles-121854

[6] Topiques : « catégories générales dans lesquelles on peut classer tous les arguments et développements possibles (lieux communs) en un répertoire pour faciliter l'invention [sens de découverte]. » Grand Robert de la langue française (1994)

[7] Le dispositif « régulé » peut être analysé comme association de réservoirs, vannes et réacteurs par catalyse (analyse, synthèse, combinaison). Ainsi dans le modèle culturel « ouverture, stock et diffusion » correspond par exemple : à l'introduction d’œuvres nouvelles ; le dépôt, conservation dans une bibliothèque, un musée ; la restauration, la traduction, l'interprétation, la compilation ; puis la présentation dans une salle d'exposition ; la publication, la diffusion des idées nouvelles dans le milieu culturel lui-même, puis comme « output » du modèle vers le reste de la société et l'étranger. Cette « sortie » est analysée comme la résultante de la fonction de transfert du modèle ou dispositif.

[8] Il est interessant de constater que beaucoup de savoirs spécialisés ont leurs propres définition d'un « processus ». Un immense travail d'harmonisation semble attendre les « systémistes » en vue du dialogue et d'une coopération pluridisciplinaire. (voir Processus Wikipédia 2012 http://fr.wikipedia.org/wiki/Processus)

[9] Voir tableau. Intégration et interaction des modèles fonctionnels d'une société http://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/sortir-de-la-recession-les-modeles-121854

[10] "Dans la mythologie grecque, Hellen est le héros éponyme des Hellènes, nom que se donnent les Grecs. Son nom est également donné à la Grèce continentale, l'Hellade (Ἑλλάς / Hellás), terme qui recouvrira ensuite la Grèce entière. Époux de la nymphe Orséis, il en a trois fils, Éole, Doros et Xouthos. Éole (qui ne doit pas être confondu avec le maître des Vents) deviendra l'ancêtre mythique des Éoliens, et Doros celui des Doriens. Enfin, Xouthos aura deux enfants, Achaïos et Ion, ancêtres des Achéens et des Ioniens." Hellen Wikipédia 2012 http://fr.wikipedia.org/wiki/Hellen

[11] Civilisation cycladique http://fr.wikipedia.org/wiki/Civilisation_des_Cyclades

[12] "Après Schliemann, d'autres découvertes ont révélé que Mycènes était habitée dès le troisième millénaire par une population préhellénique proche de celle de la Crète minoenne contemporaine. Une vaste ville s'étendait au pied de la citadelle, mais elle n'a été que très peu explorée."

[13] Les Achéens sont l'un des premiers peuples Indo-européens à avoir envahi la Grèce. Ils y apparaissent vers 1900 av. J.-C.. Ils sont originaires des régions plus septentrionales et arrivent par l'Ouest. Ils s'installent d'abord en Épire, puis descendent en Thessalie. Ils chassent les premiers habitants, les Pélasges grâce à leur suprématie militaire (usage de l'épée au lieu du poignard, usage du bronze). Ils vont ensuite dominer les populations de Béotie, d'Attique et enfin du Péloponnèse où ils vont s'arrêter en Argolide. Un groupe ira même former la population ionienne d'Asie Mineure. Achéens http://fr.wikipedia.org/wiki/Ach%C3%A9ens

[14] Tessalie Wikipédia 2012 http://fr.wikipedia.org/wiki/Thessalie

[15] "Ils se livrèrent aux Thessaliens pour servir comme esclaves par une convention stipulant que ceux-ci ne les emmèneraient pas hors du territoire et qu'ils ne les tueraient pas, et qu'eux-mêmes cultiveraient le territoire à leur profit en leur versant des contributions"

[16] Hillotes http://fr.wikipedia.org/wiki/Hilotes

[17] Carl Blegen, « The Mycenaean Age : The Trojan War, the Dorian Invasion and Other Problems » Princeton University Press (1967)

[18] Système juridique http://fr.wikipedia.org/wiki/Syst%C3%A8me_juridique

[19] "L'unité du proto-grec a pris fin quand les migrations des Hellènes, qui parlaient la langue ancêtre du mycenien, sont arrivés dans la péninsule grecque soit pendant le XXIeme siècle avant JC, soit plus tard au XVIeme siècle. Ils se sont séparés des Doriens qui sont arrivés dans la péninsule un millénaire plus tard (voir invasion dorienne et les âges sombres), qui parlaient un dialecte qui était resté, selon certains points de vue, plus archaïque." http://fr.wikipedia.org/wiki/Proto-grec

[20] La langue est préservée dans des inscriptions en linéaire B, une écriture attestée pour la première fois en Crète avant le XIVe siècle . La plupart de ces inscriptions ont été rédigées sur des tablettes en argile trouvées à Cnossos en Crète centrale et à Pylos dans le sud-ouest du Péloponnèse. D'autres tablettes ont été trouvées à Mycènes elle-même, à Tirynthe, à Thèbes et à Chania en Crète occidentale. Les tablettes restèrent longtemps indéchiffrables, et plusieurs langages plausibles furent suggérés, jusqu'à ce que Michael Ventris décode le linéaire B en 1952 et prouve qu'il transcrivait une forme archaïque de grec. Les textes sur les tablettes sont pour les plupart des listes et des inventaires. Aucune prose narrative n'a survécu. Malgré cela, on peut, grâce à ces vestiges, entrevoir beaucoup sur les personnes qui les ont produits et sur la Grèce mycénienne, la période précédant les siècles obscurs. http://fr.wikipedia.org/wiki/Myc%C3%A9nien

[21] Religion minoenne http://fr.wikipedia.org/wiki/Religion_minoenne

[22] Mythologique grecque http://fr.wikipedia.org/wiki/Mythologie_grecque

[23] Du latin Pantheon, dérivé du grec ancien Πάνθειον, Pántheion « temple de tous les dieux », neutre de πανθείος pantheíos (« commun à tous les dieux ») de πᾶν pân, neutre de πᾶς pâs (« tout ») et de θείος theíos (« divin »).

[24] Selon l'étymologie grecque, l'astrologie est « discours sur les astres »

[25] L'Iliade et l'Odysée est un texte typiquement achéen. Le prince de Sparte, Ménélas, est le frère d'Agagmemnon Roi de Mycènes - chef-lieu de l'Héllas prè-dorienne-. Lacédémone (ancien nom de Sparte) sera conquise par les doriens qui soumettront les achéens du Péloponèse.

[26] « Son apparence physique est aussi impressionnante que celle de la plupart des héros grecs. Anténor se souvient de lui quand il vint à Troie avec Ulysse : « Quand tous deux se mêlaient aux Troyens assemblés, Ménélas était d'une taille plus élevée ; mais, s'ils s'asseyaient, Ulysse semblait être le plus majestueux. » Homère insiste sur la teinte blonde de ses cheveux (sur l'ensemble de l’Iliade et l'Odyssée, c'est l'épithète le plus courant), qu'il porte sans doute longs comme les autres grecs, ce qui lui donne sans doute l'aspect d'une crinière de lion.

[27] Homère évoque « les fortes cuisses » et « les belles chevilles » de Ménélas et compare ses cuisses à de l'ivoire. « Ménélas se montre plusieurs fois d'une témérité au-dessus de sa valeur : quand il veut affronter seul Hector, son frère doit le calmer tant sa défaite apparaît certaine et quand Diomède cherche un autre héros pour s'introduire chez les Troyens, Agamemnon craint encore pour sa vie. Son niveau guerrier apparaît donc moyen, bien au-dessus de la moyenne des combattants, mais sans atteindre celui des meilleurs. Apollon choisit d'exciter Hector en se moquant de lui qui recule devant Ménélas, guerrier « jusqu'à présent sans force ». Cette médiocrité était déjà commentée dans l'antiquité par Platon dans Le Banquet ou Maxime de Tyr. Sa voix possède une certaine force puisque son cri de guerre est fameux. Il s'exprime bien et clairement, mais sans atteindre l'éloquence d'Ulysse qui captive son auditoire. De façon plus générale, malgré son rôle de premier plan dans l'origine du conflit troyen, Ménélas joue un rôle effacé derrière son frère et les autres héros. C'est vrai que parmi les rois achéens, il n'est ni le plus grand (c'est Agamemnon) , ni le plus fort (Ajax), ni le plus brave (Achille), ni le plus rusé (Ulysse), ni le plus sage (Nestor). Contrairement aux autres héros qui ruminent longtemps leur rancune, Ménélas est aussi prompt à s'insurger contre Antiloque qui triche contre lui à la course en char, avant de lui pardonner presque instantanément après quelques belles paroles. Cette « mollesse » de caractère a souvent été notée, associée à un éternel rôle de second plan » (Que Ménélas Roi de Sparte, mari trompé joue le rôle d'anti-héro est peut-être une vengeance culturelle, un dénigrement des grecs contre la puissante cité. Mais le procédé rend le personnage plus humain et permet de "casser le mythe". C'est peut-être pour cela que la signification de son nom soit "Le soutien du peuple" dans la mesure où il rend possible a chacun de s'identifier alors à un personnage moins exceptionnel et plus ordinaire)

[28] L'histoire de Bellérophon est contée dans l’Iliade (VI, 150-205) par Glaucos. http://fr.wikipedia.org/wiki/Bell%C3%A9rophon

[29] On peut suivre l'évolution crétoise du style des céramiques d'abord façonnées à la main puis au tour. La décoration depuis divers motifs ornementaux tels que bandes, demi-cercles, zigzags, s'améliore par des "lignes courbes, guirlandes, tentacules de poulpes, rosaces, spirales" puis apparaît une décoration multicolore précoce et ensuite un décor polychrome peint .

[30] Siécles obscures http://fr.wikipedia.org/wiki/Si%C3%A8cles_obscurs

[31] Civilisation des Cyclades http://fr.wikipedia.org/wiki/Civilisation_des_Cyclades

[32] "On sait grâce aux fouilles que presque toutes les espèces connues de céréales et de légumineuses sont cultivées et que tous les produits agricoles connus encore de nos jours comme l'huile, les olives, le vin et le raisin sont déjà produits à cette époque"

[33] Le palais possédaient des salles de bain, des réservoirs d'eau et un système d'égouts

[34] Les magasins de chaque palais étaient tellement immenses qu'ils pouvaient accueillir l'intégralité de la production agricole de la région

[35] "Le site se compose de plusieurs ensembles de constructions : le palais lui-même avec plusieurs quartiers d'habitations et une nécropole, une agora (lieu de rassemblement, le marché de la cité) et une crypte hypostyle (Espace fermé dont le plafond est soutenu par des colonnes) [consacrée vraisemblablement à la divinité tutélaire] [...] ". Malia http://fr.wikipedia.org/wiki/Malia

[36] Ils exportent le safran, l'huile d'olive et le vin vers l'Égypte. En échange, ils importent des tissus, des perles d'ambre, de l'or, du lapis-lazuli et des esclaves. C'est la flotte Minoenne qui transporte du Liban vers l'Égypte, à l'époque du Roi Thoutmôsis III (1479-1425), le bois de cèdre nécessaire à la construction des temples et de la flotte. Des textes du palais de Mari (Mésopotamie) mentionnent l'arrivée de Minoens venus jusqu'à Ougarit pour acheter de l'étain.

[37] Evans établit que quatre systèmes de poids ont coexisté dans le monde créto-mycénien et qu'on les trouve tous également en Égypte. Axel Waldemar Persson Contribution à la question de l'origine de la monnaie (1946) http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/bch_0007-4217_1946_num_70_1_2594

[38] Athènes vit un drame : depuis la mort de son fils et sa victoire sur les Athéniens, Minos, roi de Crète, exige que la ville lui envoie chaque année un tribut de sept jeunes hommes et de sept jeunes filles qu'il donne en pâture au Minotaure. Thésée (Il est le roi-fondateur mythique d'Athènes : considéré par les Athéniens comme leur grand réformateur. Son nom proviendrait de la même racine que θεσμός / thesmós, en grec « institution ») décide de mettre fin à ce carnage et se rend en Crète avec les jeunes victimes afin de tuer le monstre.

[39] "Le déchiffrement des tablettes en argile de Knossos démontra que la langue grecque était déjà la langue officielle à Knossos et que par conséquent le dynaste, au moment où le palais fut détruit était achéen"

[40] Dans l'empire byzantin, le terme Oikos sert à désigner les grandes familles d'aristocrates, au sens de "maisons" aristocratiques.


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