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Stylos Reynolds, la fin

Alors que le calendrier des licenciements est désormais fixé, les salariés de la production ont été autorisés à ne pas venir travailler jusqu’en janvier 2007. Le transfert des machines de production vers la Chine et la Tunisie est prévu d’ici à la fin de l’année.

Suivant en cela la procédure classique, le Comité d’établissement de Reynolds SAS a donné, au cours d’une réunion extraordinaire jeudi 7 décembre dernier, un avis négatif sur le Livre IV (note économique justifiant les licenciements) et un autre avis négatif sur le Livre III (contenu du Plan de sauvegarde de l’emploi). Le Comité central d’entreprise de mardi 12 décembre devrait reprendre les mêmes avis. Ces deux avis marquent le départ du compte à rebours précédant la sélection, via des critères prenant en compte, outre les postes de travail, l’ancienneté, l’âge et les charges de famille du personnel à licencier. Cette sélection faite, des propositions de reclassement à l’intérieur du groupe Newell Rubbermaid seront faites au personnel concerné. Malheureusement, sur 203 postes disponibles, 60 % sont aux USA, 9 % en France, 21 % dans le reste de l’Europe, le reste des postes se situant en Asie, au Mexique ou au Canada. Du fait de la structure des métiers, la plupart des propositions de reclassement interne seront refusées par les intéressés, d’autant plus que les postes proposés demandent en moyenne une qualification supérieure (voire très supérieure) à celle du personnel à reclasser. Selon le calendrier prévisionnel, 158 départs sont prévus à la fin de la procédure (soit approximativement fin janvier 2007), puis 36 départs à fin mars et enfin 57 départs en juin. Ces dernier concerneront les salariés les plus fragilisés du fait de leur âge et de leur qualification. Ce délais supplémentaire pourront être mis à profit pour anticiper le temps de reclassement. Une cellule de reclassement sera mise en place avec pour mission de reclasser les salariés touchés par les licenciement. Des budgets de formation, d’aide à la mobilité géographique, d’aide à la création d’entreprise ainsi que des incitations financières à embaucher en CDI d’anciens salariés de Reynolds ont été prévus. Cependant, le bassin d’emplois valentinois, comme celui de la proche ville de Romans (où se tenaient il y a encore quelques années les principaux acteurs de la chaussure de luxe) aura du mal à absorber ces demandeurs d’emplois issus du monde industriel. D’autres entreprises industrielles sont en effet en difficulté, notamment Rieter (concepteur et fabricant de machines textiles spécialisées) qui vient d’être repris par une partie de ses cadres aidés de financements extérieurs, mais qui perdra vingt à trente emplois dans l’opération.

C’est aussi Rhodia et Sétila, soit, avec Reynolds, environ 700 emplois menacés (ou déjà perdus) pour la ville de Valence. La mairie de Valence (UMP) place quant à elle beaucoup d’espoirs dans l’extension de la zone franche et estime que l’attrait qu’elle constitue est propre à faire venir de nouvelles entreprises qui pourraient proposer des emplois aux licenciés. Malheureusement, selon des représentants des salariés de Reynolds, la mise en oeuvre de cette solution prendra du temps, et la qualité des emplois proposés (qualification, type de contrat, conditions) risque de ne pas être à la hauteur de celle des emplois perdus. Par ailleurs, bien que les exonérations de charges soient prolongées jusqu’en 2011 pour la zone franche, on peut se poser des questions sur l’après, sachant qu’une petite moitié des implantations d’entreprises dans la zone est en réalité un déplacement d’entreprises existantes qui viennent profiter de conditions favorables.

C’est dans ce contexte que les salariés de la production de Reynolds ont appris vendredi que s’ils le souhaitaient, il pourraient s’abstenir de venir jusqu’en janvier 2007. Ils seront tout de même payés. La direction ayant encore besoin qu’une production se fasse, elle a proposé une prime de 150 euros par semaine à ceux qui feraient encore tourner les machines. Cette offre n’a, semble-t-il, pas eu le succès escompté. Dans un silence oppressant, vendredi dernier, des salariés avaient des larmes aux yeux, deux d’entre eux ont dû être évacués. L’infirmière du site estime que 80 % d’entre eux prennent des médicaments pour tenir le coup. Une permanence d’aide psychologique est tenue quelques demi-journées par semaine et ne désemplit pas. Ajouté à l’incertitude de l’avenir, la casse de liens sociaux anciens de plus de dix ans, voire vingt ans, affecte profondément le personnel. Tous perdent plus qu’un travail et qu’un revenu dans l’opération. Même parmi les salariés dont le poste est sauvé, beaucoup s’interrogent sur la pérennité réelle de leur emploi, et certains souhaitent même partir !

La majorité des lignes de production devraient être déménagées en Tunisie et en Chine vers la fin du mois de décembre. Ce travail sera probablement pris en charge par des intervenants extérieurs. Alors, au silence et à l’inactivité, s’ajoutera le vide.

Des compléments d’information dans les précédents articles ( article 1, article 2 et article 3 ) ainsi que des infos en temps réel sur le blog Restructuration.



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25 réactions à cet article    


  • seb59 (---.---.180.194) 12 décembre 2006 11:00

    Et dans quelques mois, on retrouvera les stylos reynolds en tete de gondole, made in china ou made in tunisie.

    Le chomage, lui, restera made in france.

    Mais quelles sont les solutions proposées par les futurs candidats pour 2007 ? Mystere...


    • Cris Wilkinson Cris Wilkinson 12 décembre 2006 11:52

      Comme solution, ils vont proposer que nos salaires et que les conditions de travail soient basés sur ceux de la Chine.

      C’est la mondialisation !

      Après il ne faut pas venir pleurer que d’un côté on veut des produits toujours moins cher et de l’autre qu’on vire du monde en France pour délocaliser car les proiduits françcais sont trop cher.


    • Mathieu (---.---.228.253) 12 décembre 2006 12:02

      Pour ce qui est des communistes...

      tu peux tout trouver sur http://new.pcf.fr/spip.php?mot242

      Bonne lecture.

       smiley


    • seb (---.---.12.18) 12 décembre 2006 12:11

      Malheureusement, sur 203 postes disponibles, 60 % sont aux USA, 9 % en France, 21 % dans le reste de l’Europe, le reste des postes se situant en Asie, au Mexique ou au Canada. Du fait de la structure des métiers, la plupart des propositions de reclassement interne seront refusées par les intéressés, d’autant plus que les postes proposés demandent en moyenne une qualification supérieure (voire très supérieure) à celle du personnel à reclasser.

      Si la solution était : les sociétés quittant le territoire offrent une formation hightech aux salariés qui souhaitent immigrer. Mais comme le français ne veut pas bouger de son trou et se contente d’encaisser son chèque de licenciement, forcément on y arrivera pas smiley


    • Jojo2 (---.---.158.64) 12 décembre 2006 14:07

      Ce genre de commentaire par quelqu’un qui ne connaît ni les situations familiales, ni les types de postes offerts reflète une morgue et un mépris de ses concitoyens qui ne mérite qu’une chose : une baffe.


    • agor (---.---.65.148) 12 décembre 2006 14:31

      La mondialisation, c’est aussi le mécanisme qui nous permet de faciliter nos exportations.

      Arrétons de penser à sens unique, et mettre sur le dos de cette ouverture notre incapacité à savoir en faire une opportunité.

      Notre travail est en effet peut être trop couteux, pas en terme de salaire, mais de charges... (35€ dans la poche du salarié, pour 100€ versés par l’entreprise).

      C’est tellement facile de dire que le méchant, c’est l’autre.


    • René Job (---.---.131.114) 12 décembre 2006 15:25

      « Après il ne faut pas venir pleurer que d’un côté on veut des produits toujours moins cher et de l’autre qu’on vire du monde en France pour délocaliser car les produits français sont trop cher. »

      Excellente remarque. Comment fait-on accepter la désindustrialisation à la société ? En expliquant les bienfaits des prix bas rendant ainsi accessibles de nombreux produits à tous les consommateurs...en commençant par les catégories populaires.

      Deux impostures de ce discours :

      1/ Dans le prix, on paie le capital investi et le travail. On paie donc pour des salaires, pour des bénéfices (capitalisation dans notre pays) et pour des contributions indirectes (TVA, taxes diverses, etc.) et directes (Impôts sur les bénéfices et sur les revenus). Tout le monde y gagne.

      2/ Etant donné que le lien social normal est construit autour de l’idée du travail rémunéré, l’emploi est vital pour l’écrasante majorité des français. La capacité « d’être consommateur » dépend donc de la capacité d’avoir un emploi, c’est-à-dire de se voir reconnaître l’accès a du travail rémunéré. Accès qui se traduit par un revenu du travail (salaire, honoraires, traitement, etc.) qui lui permet de vivre, c’est-à-dire de consommer.

      De cela découle le fait : que le montant du prix d’un bien n’a d’intérêt économique que dans ce que le consommateur paie effectivement. C’est ça la source du dynamisme économique. Des salaires faibles ou des délocalisations rendent :

      1/ une politique de prix bas inutile car quand on a rien dans la poche, on ne peut rien acheter. Que le prix d’un bien X soit de 10 centimes d’euros ne le rend pas plus accessible si les gens n’ont plus de pouvoir d’achat. C’est toujours trop cher. par contre si ce bien est produit sur notre sol et qu’il coûte 1 euro (10 fois plus cher), il demeure accessible puisque des gens ont un emploi et touchent un salaire (que le prix des biens paie).

      2/ L’Etat faible et donc progressivement incapable d’apporter les mesures économiques correctives nécessaires par la redistribution de revenus sociaux pour compenser les pertes d’emplois. Phénomène auquel, il faut ajouter la perte a/ de la confiance des prêteurs qui demandent discrètement remboursement de leurs prêts ; b/ la perte de la capacité à maintenir des services publics (=dégradation de l’environnement social et donc économique) ; c/ Perte globale, publique comme privée, de capacité à investir dans l’innovation, la recherche ce qui nous rend conceptuellement dépendant d’autres pays...comme n’importe quel pays sous-développé !

      A savoir que lorsque une usine s’en va (et quelle ne se modernise pas chez nous), d’autres suivent. Car toute production requiert des consommations intermédiaires (d’autres biens et services qui sont autant de produits finis qui entrent dans la composition de produits finis plus complexes). C’est donc aussi l’obligation pour de nombreux entrepreneurs de suivre malgré eux.

      Le mouvement s’accentuant, on finit par avoir une société totalement anémiée et incapable de mobiliser les énergies et les investissements pour continuer à se développer (notamment dans le monde des « industries écologiques » qui sont l’avenir).

      *******************

      Pardon si j’ai mal expliqué ma pensée. Mais cette énième délocalisation est scandaleuse. Je veux bien payer leur stylo au prix normal : rémunération du capital (pour les futurs investissements), rémunération des salaires, honoraires et traitements (les emplois directs ou indirects) et rémunération des consommations intermédiaires (les autres entreprises et tout la vie quelles représentent).

      Avec cette politique, nous finirons par ne plus rien inventer dans notre pays.

      Le stylo du futur sera inventé par un Chinois.


    • seb59 (---.---.180.194) 12 décembre 2006 16:27

      donc 3 solutions :

      - les pays a faible salaire augmentent leur prix de vente pour s’approcher de notre niveau

      - on taxe les produits importés ou on s’arrange pour privilegier nos produits

      - heu ... j’ai pas de 3 ; si, le chomage : la premiere entreprise de france ...


    • Johan Johan 12 décembre 2006 14:23

      « Suivant en cela la procédure classique »

      Une jurisprudence récente à reconnu comme licenciement économique le licenciement préventif, pour anticiper sur une baisse de la compétitivité et pour maintenir le niveau de ses actions ! Il est beau notre Droit !

      Et leur obligation de reclassement me fait bien rigoler !

      Le Mairie de Valence a créé une zone franche ! Et allez, c’est la course au dumping (j’ai failli écrire « pumping », c’était pareil). D’autant que ce seront pour la plupart des entreprises locales qui se déplaceront dans la zone franche. Mais ce qui est gratuit à un prix : et c’est le contribuable qui paie la note, pas l’équipe municipale.

      On sait déjà que les conseilleurs ne sont pas les payeurs, mais là ils sont décideurs, conseilleurs, et profiteurs (ils doivent avoir leur propre entreprise, ces gens là, ou être arrangeant avec celles de leurs amis, non ?).

      80% sous anti dépresseurs, eh oui, et de 33 à 43% de la population nationale selon Bruno Etienne (en 2003, ça a du s’amplifier depuis). La France plane !

      C’est bien, on produit ailleurs et on vend ici. La dette de la France, ce n’est pas qu’au niveau national qu’elle explose, les ménages n’ont jamais été aussi endettés. C’est qu’il reste des choses à prendre : le parc immobilier. Et vu la flambée des prix (complètement indépendante de la volonté des politiques qui ont eux mêmes un parc gigantesque, bien sûr), il faut les saigner jusqu’à la saisie et l’adjudication...

      Quel foutage de gueule, leur mondialisation à la con !

      On va faire produire par des gentils esclaves qui nous coûtent rien, eux ils demandent pas la sécu, et surtout ils n’ont pas à payer un loyer de 615 euros pour 18 m carrés à Paname !

      Et les Reynolds continueront à coûter 1€50 les 4. La mondialisation est inéluctable et positive. Positive, oui, mais c’est pas le consommateur ni le travailleur qui en profite ! Inéluctable ? Ils vont voir... Un nouveau mouvement étudiant est en train de se lancer, et ce n’est pas, comme pendant le CPE (les plus sympas qui s’activent). Après s’il sera mené à bout... je en sais pas. Pour les autres, il y a un droit de vote qui risque de nous porter un loup au pouvoir.

      Tant que l’import export ne coûtera rien ou presque, les seuls qui profiteront de la manoeuvre seront ceux qui ont les moyens d’organiser une traite d’un nouveau genre.

      http://agir-et-reagir.blogspot.com/2006/10/gnocide-esclavagisme-no-esclavagisme.html

      A moins que...

      A moins que des droits de douane anti dumping social, autour de l’UE et non de la France, promis par Chevènement, intégrés à son accord politique avec S. Royal, ne se concrétisent.

      Nous verrons bien...

      http://www.chevenement2007.fr/Projet-de-declaration-commune-PS-MRC-volet-politique-_a122.html?PHPSESSID=1a67d201c647b90ac13094bec58786d9

      Et si vraiment, les politiques ne valent rien, il nous reste l’initiative privée, comme un commerce équitable repensé :

      http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=11952


      • DiogenePasCynique DiogenePasCynique 12 décembre 2006 14:44

        Sur l’aspect coûteux du travail occidental, il reste toujours la question des causes, des fins et des moyens. Je reste, d’une façon certainement trop innocente sans doute, persuadé que l’économie ne doit pas imposer aux hommes. Il n’est pas de lois naturelles à ce niveau là, il n’y a que la volonté politique, comme on l’a pu voir au sortir de la seconde guerre mondiale. Actuellement, sur le site de l’usine, les préoccupation sont avant tout psychologiques. Car c’est aussi, j’insiste, la casse du lien social et c’est salement douloureux, voire insupportable. Evidement qu’on n’est sans doute ni assez bon, ni assez mobile et consort. Mais est-ce que c’est ça la vie ? Je pense que si la nature a sélectionné un mode de vie grégaire pour les population humaines, c’est certainement que cela s’est avéré plus efficace. Je constate que la justification du monde actuel est basée sur l’individualisme pur et dur. cela ne fonctionne tout simplement pas, à moins que l’on aille au bout de cette absurdité, mais on se prépare alors à des carnages (fussent-il industriels).


        • konébien (---.---.232.158) 12 décembre 2006 16:34

          trop facile et ça permet surtout de continuer toujours dans la même direction notre commerce extérieur vient d’être publié c’est catastrophique ,MAIS pendant ce temps l’Allemagne avec le même euro et les mêmes chinois ,a un excédent commercial de 156 milliards d’ euros question pourquoi ?comment font ils,que devons nous changer chez nous ;il n’est pas possible d’admettre que nous soyons seulement plus.....sots que nos voisins

          hier la Slovaquie affichait de perfs dignes d’un dragon exotique et s’apprête à devenir une nouvelle irlande à terme ,alors qui a tort qui a raison ?c’est quoi ce modéle Français dont on nous rabat les oreilles mais que personne au monde ne nous envie nonobstant les déclarations officielles et que personne ne veut copier alors l’atterrissage c’est pour quand ??


          • René Job (---.---.131.153) 13 décembre 2006 11:09

            « il n’est pas possible d’admettre que nous soyons seulement plus.....sots que nos voisins »

            Si, il va falloir. Nos élites d’aujourd’hui sont comme les aristocrates de l’Ancien Régime. A l’exception d’une minorité éclairée (du fait non de leur milieu ou de leur formation mais de leur seule singularité), ils ont une conception prébandière des fonctions sociales.

            Exemples : irresponsabilité systématique, bien pensance (=techniques de culpabilisation des autres qui ne sont pas comme eux, de leur milieu et de même formation), avantages injustifiés quelle que soit la fonction occupée, énergie dépensée pour améliorer son patrimoine personnel, aucune attention portée aux détails de la vie des organisations en charge, pas de culture de dialogue social réel (on a peur des autres et surtout de l’esprit critique), prise de décision entre soi, parachute social toujours déjà présent, etc.

            Profils : Science-PO/ENA (la plupart des leaders politiques, Antoine Seillières, etc.)ou Science-Po ENM (Juge Burgo, affaire dite d’ « Outreau »).

            Tous ces gens ne risquent jamais rien.

            La démocratie représentative n’est pas la démocratie. C’est juste une illusion organisée pour donner l’impression aux citoyens qu’ils participent à la vie publique et donc au champ décisionnel. Le dispositif reconduit une aristocratie en place. On vous explique à longueur de journée que la démocratie se limite à la démocratie représentative. Qu’il n’y a aucune autre forme possible. Les démocraties d’opinion ou de participation procèdent du même genre.

            Donc, ce qui est en cause, comme le relevé Bourdieu, c’est bien la reproduction sociale. L’absence de mixité conduit à la fabrication de décideurs stérilent (= non créatifs) et incompétents.

            En Allemagne, le modèle économique n’est pas forcément meilleur mais depuis le XIXème siècle, il existe un lien fort entre les élites et le peuple. Ces dernières ont pour mission d’assurer un niveau de vie correct à l’ensemble de la population. Le mépris ordinaire n’est pas une culture « normale » chez eux. Et plus, on va vers le Nord et plus c’est vrai. La Suisse est un autre modèle encore plus démocratique et civilisé que le nôtre.

            Mais, au sein de notre élite, le vent tourne : lire le numéro spécial d’alternative économique fait en collaboration avec Science Po. Ils sentent leur fin proche. Aujourd’hui, il ne fait plus bon d’être néo-libéral à Science Po : la pensée destructrice du tissu social et économique devient dangereuse pour ses tenants. Mais, malheureusement pour eux, ils ne feront pas oublier plus de 20 ans de « pensée unique » et culpabilisante à tout va !

            Pour ceux qui ne me connaissent pas : je ne suis pas Le Peniste. Nos élites ont fabriqué « Le Pen », elles ont joué avec lui, avec ce danger, maintenant, je suis presque convaincu que ce danger les dépasse à cause de leur gouvernance d’une médiocrité incroyable qui nous renvoie très loin dans notre passé collectif. Beaucoup de gens sont désespérés et déculpabilisés. Ils voteront pour lui dès le premier tour, j’en suis presque sûr. Nos aristocrates « romanisants » usent du mot « république ». Ils l’ont bien mal défendue. Et son évolution « démocratique » est remise en cause par leurs agissements.

            Reynolds et d’autres, sont des « affaires » de trop. Ce qu’il fallait faire, c’est moderniser et/ou revendre aux salariés leur entreprise pour la transformer en société coopérative. Mettre en place des accords de recherche pour introduire des innovations dans les produits et dans les procédés. Former correctement et régulièrement les personnels. Et par dessus tout arrêter cette politique d’ouverture systématique de nos frontières qui est bel et bien le fait des gens ci-dessus dénoncés. Les mêmes qui ont expliqué que l’Etat était une sorte « entreprise » à laquelle il fallait appliquer les concepts d’évaluation de gestion des entreprises. Qu’il fallait moins de fonctionnaires. Plus de marchés publics (au passage les entreprises privées encaissent l’argent mais la plupart n’accomplissent pas leurs obligations professionnelles contractuelles ce qui engendre des dysfonctionnements des services publics et une démoralisation des personnels). Le contribuable est une vache à lait.

            Il faut arrêter de donner des subventions à des entreprises « non citoyennes ». ça ne sert qu’à améliorer leurs comptes pour faire du chantage d’Etat à Etat. Les frontières ouvertes leur permettent cela.

            Les salariés ne devraient pas avoir à perdre leur situation. Leur préoccupation devrait être d’être plus efficace pour mieux produire. Aujourd’hui une entreprise même rentable, se revend avec plus value sur la place du marché. Elle est un bien comme un autre. Et les gens en place ne sont rien. Pourtant les salariés sont des humains et non des machines comparables en terme de facteur « travail ». Ils ont des familles, des enfants, des crédits, et toute ces choses qui font la vie quotidienne. Il faut arrêter le massacre des cols blancs toujours déjà irresponsables. Manier les concepts, c’est désirable mais ça ne doit pas se faire au détriment d’autrui et pour un « dieu » dénommé « argent ».

            Par un « connard de gauchiste démocrate ».


          • Jaimz (---.---.101.8) 12 décembre 2006 17:42

            Article bien rédigé, tenant compte de la situation politique et humaine, opposé aux besoins financiers du groupe Reynolds. ça fait flipper quand même...


            • plucomavan (---.---.48.41) 12 décembre 2006 18:50

              Le pire, la multinationale americaine n’as même pas besoin de se deplacer sur le site de production qui vas fermer. Elle prend les decisions à l’autre bout du monde, devant un ordi connecté sur la bourse, et le portable à l’oreille. Elle trouve sur place, des cadres, des consultants, des DRH Français qui adherent à leur fatalité économique et accomplissent le sale boulot en essayant de faire, en plus, des economies sur la fermeture de la production. Pour encadrer les salaries destabilisés, et abattus un service de repression, huissiers, appareils photos numeriques pour la pression, menaces de licenciements pour fautes au cas ou ils voudraient exprimer leurs mecontentements de se faire foutre dehors. Entreprises sacrifiées, salariés jetables ...


              • konébien (---.---.232.158) 12 décembre 2006 19:10

                bref encore la faute aux américains.....le jour ou nous serons capables d’admettre que le monde est comme il est et que c’est à nous de nous adapter,nous aurons probablement une chance de nous en sortir comme les canadiens ;l es néozélandais et biend’autres l’ont fait Pour l’instant en schématisant en france nous avons la postion altermondialiste tout est de la faute des américains/ changeons le Monde la ,ou ça se complique c’est que personne n’est d’accord sur le futur modéle:entre les revanchards communistes,les trotskistes ;les anarchistes libertaires ;les écologistes et j’en oublie ou alors l’alternative que j’appelle la position berret basque ,baguette de pain sous le bras :tout cela c’est de la faute des étrangers ,fermons nos frontières,chacun chez soi et les vaches seront bien gardées bref la majorité de la France vit dans un rêve’imaginaire espérons qu’elle finira par se reveiller à temps car le rêve va finir par se transformer en cauchemar,à force de croire qu’elle va changer le monde avec ses 60 millions d’habitants et ses millions de chomeurs et d ’assistés


                • Jojo2 (---.---.28.179) 13 décembre 2006 09:28

                  Deux remarques. Le monde est comme il est du fait du libéralisme imposé par les USA via l’OMC. C’est sur que nous ne pouvons pas le changer. Mais la désinsdustrialisation les touche de plein fouet aussi. Les emplois se reconvertissent en emplois de service et permette même à ceux sans formation réèlle (il y en a de plus en plus, eh oui...) d’avoir un boulot. Qu’est-ce qui fait tourner la machine ? Les brevets qui fonctionnent chez eux et outremer (voir microsoft en Inde). Alors il faut arrêter en France de faire des cadeaux fiscaux à telle ou telle entreprise pour qu’elle préserve l’emploi, ce qu’elle ne fait d’ailleurs jamais, et réinvestir cet argent jeté par la fenètre dans la recherche fondamentale et technologique.


                • René Job (---.---.131.153) 13 décembre 2006 11:36

                  @ Konébien

                  La faute n’est pas aux américains. Chez eux, ils défendent leur population et leurs intérêts. Personne en ce moment ne reproche à Bush d’avoir mal défendue l’économie des Etats Unis.

                  Il y aura toujours des élites. C’est nécessaire, mais leur existence repose sur la capacité à rendre des services exceptionnels à leurs concitoyens. Pas à se vendre aux idées douteuses émises par d’autres personnes membres des élites de pays concurrents.

                  En matière de guerre économique : il n’y a ni ami ni ennemi.

                  Notre élite nationale a été colonisée mentalement par les pensées conceptuelles de chercheurs d’autres États. États qui se sont bien gardés d’appliquer intégralement les pensées de leurs propres chercheurs.

                  Lorsqu’on sert l’Etat français, on pense aux intérêts français. Si on va à l’étranger pour collecter des données, on le fait avec l’esprit critique. Si une idée est émise à Chicago, on la reconnaît, on la réfléchit, on en voit les aspects positifs et les aspects négatifs. On se méfie de ceux qui défendent des intérêts particuliers si puissants qu’ils pourraient facilement se substituer à l’intérêt général.

                  Relire Adam Smith, « De la Richesse des Nations » :

                  Les gens les plus habiles défendent souvent des intérêts importants et ils chercheront à user de leur intelligence pour faire croire qu’il y a convergence de ces intérêts avec l’intérêt général.

                  EDF n’a pas été créé pour satisfaire des intérêts particuliers mais pour nous rendre le moins dépendant possible des autres Etats et de leurs intérêts. Depuis que nos « penseurs » ont interconnecté (sans nous demander notre avis...encore une fois) les réseaux nationaux pour faire un réseau « Européen » : 3 coupures d’électricité (en centre ville). Si on ajoute le problème de l’eau (le niveau de production d’électricité dépend aussi de la variation du niveau des eaux et donc de la pluviométrie) nous sommes en situation de sous-production au profit dont ne sait pas trop qui. EDF, privatisé ? Au profit de qui ? Qui fera les futurs investissements ? Les consommateurs vont devoir éponger les dettes d’EDF (endettement de 50% au moins).

                  Et pourquoi nos entrepreneurs resteraient-ils dans un pays incapable d’assurer l’alimentation énergétique de leurs activités ? La croissance dépend aussi de la disponibilité en énergie et du coût relatif. Quand les opérateurs privés enverront des factures sérieuses, on regrettera le service public et ses « tarifs ».

                  Les pays qui s’en sortent le mieux autour de la planète sont tout sauf néo-libéraux. Nous sommes gouvernés par des abrutis. Les mêmes « abrutis » qui sont en train de se demander comment ils vont défaire les conneries qu’ils ont faites, car dans leur idiotie commune et assurée, ils ont rendu certaines décisions irréversibles de fait ou de droit.

                  En matière de politique de l’emploi nos dirigeants ne sont même pas au niveau de raisonnement des dirigeants chinois. Il faudrait créer un revenu social de citoyenneté en urgence de 1000€ non imposables et refondre tout le système. Plus d’assurance chômage. Plus de retraite par répartition, plus de bourses, etc. Un revenu de citoyenneté qui permet à chacun de vivre décemment. Des compléments pour les situations particulières (handicap/enfant/logement/etc.). Et prix du travail revalorisé. Formation professionnelle tout au long de la vie.

                  On pourrait alors assouplir la législation du travail sans injustice.

                  Mais tout cette révolution, nos élites sclérosées, clear streamisée, en sont incapables.


                • Fred (---.---.155.75) 13 décembre 2006 14:49

                  Quels sont d’apres vous les pays qui s’en sortent le mieux ? Je suis curieux si vous dites qu’ils ne sont pas liberaux.


                • René Job (---.---.132.214) 13 décembre 2006 15:02

                  Corée, Norvège, Suède, Finlande, Islande, Suisse. Ils sont tous keynésiens. Et ils ont tous un niveau de formation supérieure au notre. Ils ont tous misé sur les hautes technologies. Quand une filière est épuisée, c’est-à-dire qu’elle ne présente plus assez d’avantages comparatifs, ils passent à autre chose. Ils font de la veille économique...eux.

                  Ils ont misé sur l’humain pour avoir une recherche dynamique qui les maintien toujours à une coudée d’avance. Aucun de ces pays ne fait « cocorico ». Ils savent que la cohésion sociale détermine leurs résultats en termes de formation et de recherche.

                  En clair : ils nous ont mis dedans.

                  Les scandinaves qui participent de l’Europe ont d’ailleurs signé des traités légèrement différents des notres. C’est une des raisons pour laquelle, je trouvais le Traité de Maastricht inacceptable. Il y avait en son sein de multiples mesures qui bénéficiaient aux uns et aux autres, un peu comme l’exception « anglaise » avec la PAC.

                  A l’époque, nous n’avons tout simplement pas signé le même contrat pour les mêmes obligations. La question immobilière par exemple est intéressante : on n’achète pas de la même manière des propriétés en Hollande et en France. En Hollande, les terres agricoles sont rares (beaucoup de polders).

                  Et puis chacun sa stratégie. Les résultats dépendent aussi des analyses qui sont menées ici ou là. Tous les dirigeants ne se valent pas. Je n’ai pas vu beaucoup de suédois venir nous expliquer comment on doit vivre. Contrairement à nos politiques qui passent leur temps à expliquer comment on doit faire ailleurs.


                • Droopy (---.---.162.39) 13 décembre 2006 11:14

                  Et ce n’est pas fini : ça ne fait que commencer. Et pourtant on avait encore le choix il y a quelques années : on trouvait encore des produits français. Mais le Français n’a aucune fierté de son pays : pour économiser deux sous, il a préféré le made in « partout sauf la France ». Et il a saboté l’avenir de ses enfants par la même occasion. Et pour deux sous économisés, il en perd 4 sous forme de cotisation chomage, de taxes...

                  Et qu’on ne vienne pas me dire : ça rends les produits plus accessibles à tous. Il n’y a jamais eu autant de misère en France depuis quelques années. Alors ceux qui ne pouvaient pas payer le peuvent encore moins maintenant.

                  Bon, c’est sur qu’il y aussi une grande part de tort du coté des fabricants et commerçants français.

                  Les fabricants ? Dernièrement j’ai voulu m’acheter des chaussures montantes d’hiver. En boutique : les chaussures françaises sont des chaussures basses style bureau ou adaptés à l’été. Les chaussures d’hiver étaient asiatiques. Avec une telle politique, l’avenir des chausseurs est tout tracé. Et c’est aussi valable pour beaucoup de domaines : textile, electroménager, alimentation ....

                  Les commerçants ? A force de faire des marches scandaleuses : 100 % 200 % qui dit mieux ? ils ont asséché le pouvoir d’achat. Ce sont plus eux qui ont tué le textile que les clients. A force de faire des marges hors de proportion pour pouvoir payer la BM ou la seconde Mercedes, ils ont saboté l’industrie textile française.

                  Maintenant, on n’a plus le choix. Beaucoup de produits ne sont plus disponibles « made in France ». Le savoir faire a disparu.

                  Les peuples sont mis en concurrence entre eux. Et je m’inquiète. La violence économique va t’elle nous mener à une violence planétaire matinée de désespoir des peuples sur fond de décomposition politique ? Une guerre mondiale quoi ! La dernière ....


                  • konébien (---.---.227.251) 14 décembre 2006 11:57

                    tiens j’en connais d’autres :Australie ,nelle Zélande ,canada quant aux pays scandinaves que vous citez dont l’ emblématique suède ;il est curieux de constater que c’est le jour ou dans les années 90 ( 1993 je crois)qu’elle décida de mettre un peu de sauce libérale et beaucoup moins de dépenses publiques que le sort du pays s’en est trouvé très amélioré d’ailleurs si on voulait appliquer en France les recettes danoises sur le contrat de travail ce serait la révolution .la Gauche voudrait revenir sur le CNE ;je lisais hier que 78% des contrats de travail en 2005 avait été passés sous forme de CDD...là vous avez 2 interprétations possible l’une bien gauchiste ce sont des salauds de patrons votez Arlette l’autre que nos employeurs ont des carnets de commandes fluctuants et qu’ils recrutent en fonction de ce carnet Il n’ y a que les pouvoir publics Français qui recrutent à vie avec un statut sous forme d’armures marxistes ;et ou les fonctionnaires sont payés à l’ancienneté sans aucune mesure de leur efficacité Vous parlez de la Corée ,y êtes vous aller ??moi oui enfin en Corée du sud ,bien entendu le capitalisme y joue un rôle que vous semblez ignorer :ce n’est pas le keynésianisme qui a enrichi et transformé ce pays qui en 1960 avait le revenu par tête d’habitants comparable à celui du meilleur pays africain et vivait dans une misère effroyable après l’épouvantable guerre qui avait séparé le pays en 2 ce qui a enrichi le pays ;au point de nous avoir remplacer pour l’électronique grand public et nous menacer notre secteur automobile ce sont 2 paramètres fondamentaux disparus de notre société Française 1/ le désir de copier et vaincre l’ennemi japonais de toujours . Qui n’a jamais mis les pieds Corée ne peut comprendre ce que je dis. quels sont nos ressorts ?vivement les vacances ;.. 2/ l’énorme quantité de travail fournit par les coréens j’ai vu à mdi les coréens se lever pour chanter l’hymne martial à la gloire de leur entreprise cet hymne disait qu’ils allaient triompher de tout le monde j’ai vu ,après une pause de 45 minutes à 20h, des employés de bureaux revenir travailler et à mon grand étonnement m’entendre dire ils partiront quand ils auront fini la tâche journalière c’est un autre monde qui n’a rien à voir avec le keynesianisme ,le partage du travail ;les 35 h les RTT etc..... ; alors oui les coréens menacent des pans entiers de nos industries et leurs produits sont ils de mauvaise qualité ?sont ils réellement moins chers que les nôtres,, ? ou sont nos camescopes, écrans plats,appareils photos numériques ;ordinateurs etc....... ; aujourd’hui en haut de gamme nous voyons apparaître de l’électroménager bref bas de gamme c’est le bol de riz ou haut de gamme c’est ...heu ?? Après avoir constaté ces faits ;votre relance keynésienne n’aboutirait qu’à une seule chose enrichir mr Lee à Séoul, mr Chu à Beijing et mr Nakamura à Tokyo

                    Ainsi nonobstant les théories y a plus de travail ,partageons le ,décrétons l’emploi ,ne touchons pas aux zaquis ;il y a une autre chanson déplaisante je vous le concède mais efficace :améliorons notre offre de produits marchands( cher JB Say) mais pour cela il faut avoir une action à 180 degrés de la politique économique sociale et fiscale suivie à ce jour j’entends déjà les commentaires :salaud tu veux le retour à germinal ;pour reprendre la Corée, Germinal c’était en 1960 ??aujourd’hui ils sont de +en +conquérants et le niveau de vie n’a plus rien à voir et se rapproche du notre ;en attendant de le dépasser Si nous continuons à vouloir incriminer l’étranger ,refuser ce qui a marché chez eux alors oui notre pays sera unique il sera revenu à germinal ça peut arriver ,cuba la Corée du nord le démontrent tous les jours..la France peut très bien disparaître des nations aisées ,personne ne pleurera sa disparition ;c’est fini le temps ou nous étions la nation la plus peuplée d’Europe ou elle montrait la direction pour le monde développé de l’époque ;nous sommes une petite partie de la péninsule indo européenne conservatrice,peureuse ,arc-boutée sur ses avantages et refusant de voir le monde tel qu’il est... la survie sera au prix de la renonciation aux idéaux marxistes,pas gagné à lire ce forum


                    • René Job (---.---.131.38) 14 décembre 2006 14:23

                      Bonjour Konébien,

                      Nous sommes d’accord dans l’ensemble.

                      Quelques remarques :

                      quelque soit le modèle de développement particulier adopté par un pays, il devra s’harmoniser avec le type de modèle de développement mondial qui correspond à celui qui est le plus fréquemment choisi par les décideurs. Aucune société ne peut vivre en autarcie. Si le modèle dominant repose sur une pensée libérale, il faudra partiellement y sacrifier. Et ça serait pareil si un autre type de pensée était dominante. Le « purisme » est un fantasme.

                      Votre interprétation des 35H est caricaturale. C’est un point faible de votre raisonnement. Les 35H sont un effet pas une cause. La France allait très mal avant les 35H, au point qu’on en vint en 1989 à instaurer le RMI et de parler de « fracture sociale » en 1995. Il m’est arrivé souvent de faire ce que vous dites au sujet des Coréens qui reviennent ou reste pour finir les taches du jour. En France, aucune récompense n’est attachée à ce genre de comportement. En France, la morale est strictement individualiste : celui qui travaille plus enrichit le patron et avantages éventuellement des cadres opportunistes . Malheureusement ce qui nous manque c’est une pensée sociale qui impliquerait la notion « d’équipe », de « bien collectif », d’envie de gagner tous ensemble. Les français sont pour la plupart des égoïstes individualistes forcenés. Les fruits d’une plus grande productivité ne sont jamais vraiment partagés. Les syndicats comme la CGT ont malheureusement dû très opter pour des stratégies de rapports de force surenchéristes. Ce qui est très mauvais pour leur image publique : si je veux obtenir 1€ d’augmentation justifiée, il me faut en demander au moins 4€. Après lutte, on obtiendra les 1€.

                      Konébien, nous serons vaincu économiquement par l’idéologie individualiste jusqu’auboutiste qui sévit en France.

                      Pour l’innovation, je suis d’accord avec vous. C’est extrêmememnt regrettable. Mais c’est aussi lié à l’individualisme, nos élites cherchent uniquement à se reproduire socialement et économiquement. Pour cela des filières de sélections sociales sont organisées. Elles reproduisent l’ordre social en place voulu « immuable ».

                      La France est tout simplement un pays d’un autre temps. ça n’a rien à voir avec le communisme ou le libéralisme historique. La France est un pays en pleine régression mentale : on vit d’après les critères de l’Ancien régime. Ce qui fait qu’aujourd’hui ce phénomène n’est pas tout à fait transparent, c’est que notre dynamique demeure celle des trente glorieuses et du passage Gaullien. La décentralisation nous a fait aussi gagner un peu de temps en permettant la modernisation des équipements collectifs du pays. Mais in fine ça ne changera rien au résultat.

                      Les français ne forment pas « une équipe ». Et quand il y a de bons joueurs, ils n’ont pas la « bonne couleur », le « bon nom », etc.

                      Autrement dit, alors que nos capacités humaines sont limitées, nous nous privons nous-mêmes d’une bonne partie très énergique.

                      Les 35H traduisent le triste constat qu’en France en ce moment créer de l’activité est devenu difficile. On définit donc le stock moyen total d’emplois et on essaie de la partager avec croissance du pouvoir d’achat pour soutenir l’activité. Le dispositif est ingénieux mais il bute sur deux obstacles majeurs : les mentalités individualistes et les contre-performances de notre économie. Les 35H sont un pansement appliqué sur un problème plus grave que vous relevez bien : la mentalité individualiste française. Le chacun pour soi. L’entrepreneur use de ses réseaux pour s’enrichir même si globalement il spéculera contre l’économie nationale. Il sera même valorisé. Dans l’entreprise, les employés moyennement productifs s’inventeront des « règlements », « terroriseront » certains autres employés pour se garantir du chômage avec l’idée que si quelqu’un doit partir, ça sera évidemment le bouc émissaire désigné par le groupe. Faillite collective pré-programmée et annoncée. C’est juste une question de temps.

                      On peut dire aussi que le niveau de raisonnement du français est assez médiocre : cela provient surement d’un manque d’investissement dans l’éducation, l’instruction et la formation. Nos concurrents ont au contraire investi massivement dans tout cela pour éviter de produire des idiots en grande quantité notamment au sein de leurs propres élites. C’est ce qui nous arrive : des élites de mauvaises qualités. Incapables de réformer le système français et de mobiliser les énergies.

                      Amicalement.


                    • konébien (---.---.227.251) 14 décembre 2006 17:52

                      oui nous sommes d’accord ,notre pays a un problème culturel ;et c’est cela qui est le + grave ,car modifier la façon collective de penser d’une population est presque impossible ;en tous cas demande dés l’école de poser les problèmes de manière différente :constatons que ni l’ecole ,ni les médias ;ni les partis politiques encore moins les syndicats ne sont prêts à jouer le jeu de la transparence et tous nous joue la pantomine d’une France du 19eme siécle ,c’est grave parce qu’au rythme ou change le Monde .... nous nous préparons à de larges déconvenues


                      • René Job (---.---.131.105) 14 décembre 2006 19:20

                        @ konébien,

                        ce qui me chiffonne, c’est qu’au terme de notre échange intéressant, je réalise qu’il faut pour opérer un changement de mentalité au moins 25 ans de politique active sur le plan de l’éducation.

                        Dans l’absolu nous disposons des 25 ans. Par contre dans le champ de la compétition internationale qui suit les règles néo-libérales (règles dominantes), nous ne les avons pas.

                        La situation est donc grave. Et je ne vois pas de prise de conscience chez nos meneurs politiques. Le laisser faire actuel (contradictoire dans son application : on privatise EDF mais on veut garder la politique tarifaire...c’est n’importe quoi) nous conduit au dépôt de bilan global.

                        L’affaire Reynolds en cours est une des péripéties de cette façon de faire.

                        Inquiétant.


                      • dionysos (---.---.232.178) 19 décembre 2006 00:37

                        commençons par virer ceux qui nous dirigent aux prochaines elections !

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