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Accueil du site > Actualités > Economie > Sur l’industrie du disque...

Sur l’industrie du disque...

Quelle déception lorsqu’on entend nos parlementaires débattre du téléchargement gratuit sur Internet !
Le débat est bien plus complexe qu’une simple opposition entre petits pirates et grandes sociétés !

Le débat actuel qui oppose les parlementaires sur Internet a de quoi surprendre. Depuis le début du mandat de Nicolas Sarkozy, c’est une des premières fois que l’on voit les députés UMP voter selon leurs convictions, plutôt que d’agir en chambre d’enregistrement comme le Parlement sous Louis XIV.

 Il est néanmoins décevant, en tant qu’élève d’école de commerce, de voir la faiblesse des arguments économiques utilisés dans le débat sur le téléchargement gratuit. Une de nos professeurs de droit à HEC le rappelle avec ironie : la référence à Internet n’est apparue droit du travail qu’en 2006… et seulement en 2008 pour le droit de la publicité. On reconnaît bien la grande réactivité de nos parlementaires au progrès. Certains, d’après leurs secrétaires, sauraient même envoyer des mails…

Le débat français sur le téléchargement gratuit, tel qu’on peut le lire dans la presse, oppose deux visions économiques différentes. D’une part, ceux qui proposent une interdiction du téléchargement gratuit, avec un système plus ou moins répressif ; ils relayent les inquiétudes des producteurs et distributeurs. D’autre part, certains réclament la gratuité, sans se soucier de la crise qui frappe ces sociétés de production ; ils relayent les inquiétudes des consommateurs. Dans ce débat, aucun des deux réponses n’apporte de solution intéressante, et leurs arguments utilisés souvent fallacieux.

Examinons la première solution. Elle propose un retour plus ou moins avoué au système économique pré-Internet, contrôlé et au profit des maisons de disques. Dans ce système de production les artistes signaient généralement des contrats pluri-annuels et contraignants ; le rapport de force était plus favorable aux premiers. Hollywood dans les années 40 fonctionnait de manière identique, avec des écrivains de scénarios et des acteurs signés pour plusieurs années ; les studios étaient tout-puissants et créaient des œuvres standardisées. Le système de distribution des œuvres musicales, la radio, ainsi que les magasines et revues spécialisés, assuraient un « filtre » de qualité. En se rendant chez son disquaire un client bien conseillé pouvait espérer en sortir avec un bon disque.

La musique est un bien économique dont la qualité est très difficile à évaluer. Dans ce système, ces trois filtres – presse, réseaux de distribution et radio- permettaient d’en jauger en partie la qualité. Or, ce système s’est renversé. Les artistes communiquent directement au consommateur via MySpace. Les consommateurs utilisent leur iPod ou se rendent sur Deezer pour écouter des chansons qu’ils connaissent déjà.

Que proposent donc ceux qui veulent rendre illégal le téléchargement gratuit sur Internet ? De revenir au système économique d’auparavant, avec les maisons de production, la radio musicale, et les réseaux de distribution comme ses trois piliers fondateurs. Pendant ce temps, les habitudes des consommateurs ont changé. On peut recevoir à tout moment un message d’un ami qui nous invite à découvrir la page MySpace d’un artiste, être inscrit à la newsletter d’un blog musical, écouter gratuitement sur Deezer un artiste que l’on veut découvrir. Le consommateur collecte lui-même l’information. Il (ou elle) jauge la qualité des « biens » musicaux bien souvent en dehors des canaux d’information cités ci-haut, incontournables il y a encore dix ans. Il est donc moins prêt à payer pour un service -trouver de la musique de bonne qualité- qu’il effectue maintenant en grande partie lui-même.

Ceci explique en partie le désaveu par les consommateurs d’acheter des CD de musique, en boutique ou sur Internet : les artistes aujourd’hui peuvent assurer leur propre promotion sur Internet, MySpace est l’un des sites les plus visités au monde, la presse musicale a presque disparu, les disquaires n’ont plus pignon sur rue. Interdire le téléchargement illégal serait aussi stupide que si on avait interdit la télé en 1940 car elle menacait de tuer l’industrie du cinéma. Celle-ci a vu son chiffre d’affaire chuter de 50% dans les années 1940 à cause de l’arrivée de la télévision mais s’est restructuré pour offrir des biens de meilleure qualité. De la à dire que Christine Albanel est influencée par son amante Laurence Parisot, relai efficace des intérêts des industries du disque, il n’y a qu’un pas que nous ne franchirons pas. Toujours est-il, cette solution n’est pas satisfaisante car elle élimine les bienfaits du progrès pour le consommateur. D’ailleurs les études économiques montrent une augmentation de dépenses (pour l’ensemble du poste de dépense « Musique » !) chez les personnes qui téléchargent gratuitement. Il y a donc plus d’opportunités de bénéfices qu’auparavant !


La deuxième position propose de rester dans le statu quo en permettant le téléchargement gratuit. Un des arguments utilisés est celui-ci : les artistes récupèrent très peu d’argent sur un CD, et peuvent vivre de l’argent de leurs concerts . Soit. Mais est-ce que ceci ne risque pas, quand même, de diminuer les vocations musicales ? Les possibilités de gagner sa vie pour un artiste seraient moins importantes.

Comment sortir de ce dillemme ? Un groupe californien l’a résolu il y a 40 ans. The Grateful Dead est un groupe de rock pyschédélique originaire de San Francisco, actif dans les années 1960 et 70. Ils vendaient peu de CD mais arrivaient néanmoins à bien vivre de leur talent. En effet, ils encouragaient leurs fans à enregistrer et diffuser gratuitement leurs chansons. Une section spéciale leur était reservée lors des concerts. Ils gagnaient leur vie grace aux ventes de leurs produits dérivés (notamment leurs t-shirts avec les « Dancing Bears ») et leurs concerts. Ceci leur a permis, par l’engouement qu’ils ont suscité, de conserver jusqu’à aujourd’hui une grande notoriété aux Etats-Unis. Leur modèle économique repose sur la distribution d’un produit gratuit et la vente de produits annexes, à la manière du modèle économique de l’opensource. C’est un système économique viable, mais qui suppose d’envisager une nouvelle organisation de la filière.

Certaines sociétés téléphoniques ont mis en place un autre système économique viable et prometteur. Lorsqu’on achète un forfait de téléphone, on se voit proposé une option qui comprend l’accès à internet qui donne accès à un téléchargment rapide gratuit et illimité de musique. La musique n’est pas vendue en soi, elle fait partie d’un package comprenant d’autres services ou produits. Déjà testé dans plusieurs pays, le système permet de rémunérer artistes et sociétés de production, tout en laissant le consommateur bénéficiait des nouvelles fonctionnalités décrites en début de cet article. Ceci s’inscrit dans un mouvement général de l’économie capitaliste, bien décrit par Jeremy Rifkin, d’une logique de l’accès plutôt que de la propriété.

Le débat autour du téléchargement ne se résume donc pas à ces deux positions antagonistes : un nouveau système économique dans le domaine musical peut émerger et remplacer celui dont nous vivons la chute.


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30 réactions à cet article    


  • Yannick Harrel Yannick Harrel 7 novembre 2008 13:46

    Bonjour,

    Vous êtes désolé de la tournure des évènements du point de vue économique comme je le suis moi même du point de vue juridique.

    Tout le problème effectivement c’est que nous assistons à la fin d’un modèle économique, et que les agents qui en profitaient grassement jusqu’à présent tiennent à assurer leur rente jusqu’au bout avec la complicité d’élus dépassés, désintéressés ou influencés. Le résultat est catastrophique car cela met en péril l’économie numérique et ça aboutit à une surveillance généralisée des internautes. La majorité des Français ne se rendent pas compte de ce que risque de provoquer cette loi Création & Internet, pourtant si elle devait passer en l’état elle touchera la majorité d’entre eux dans leur quotidien.

    Je ne fais pas de catastrophisme, je constate simplement que la France a délibéremment par ses représentants choisi une voie réactionnaire, refusant le progrès technique et l’économie numérique. Qu’elle ne vienne pas se plaindre ensuite que les forces vives quittent le pays, puisque seuls les rentiers ont droit de cité...

    Cordialement


    • zmed 8 novembre 2008 15:22

      Je suis absolument pas d’accord, lorsque vous dites :

      "La deuxième position propose de rester dans le statu quo en permettant le téléchargement gratuit."

      Ceci est entierement Faux , à croire que vous n’avez jamais entendu parler de la Licence global. Les internautes sont pret à rénumerer le téléchargement en optant pour un forfait sur l’abonnement internet directement reversé aux artistes.



      • La diagonale NicolasC 8 novembre 2008 15:49

        J’en ai déja entendu parlé.. et je l’ai même integré à l’article. smiley

        C’est dans le dernier paragraphe, celui qui évoque les solutions économiques proposées par les companies téléphoniques et d’accès à Internet.

        Prenez le temps de lire un article jusqu’au bout avant de le critiquer.


      • Marc 8 novembre 2008 21:43

         je n’ai pas vu non plus où il est question de licence globale dans l’article, bien qu’il y soit question à plusieurs reprises de téléchargement gratuit, et je suis surpris quand vous dites que cette licence globale a été proposée par les FAI .


      • La diagonale NicolasC 8 novembre 2008 23:18

        Le terme n’est pas explicité, mais il en est fait référence dans le dernier paragraphe.

        Un de ces "packages" dont je fais mention est l’offre Comes With Music, lancé le 8 Octobre au Royaume-Uni par Nokia. A travers son offre Comes With Music (CWM), Nokia a signé une licence globale avec les quatre labels majors ainsi que plusieurs labels indépendants. Cela concilie à la fois les labels, qui récupèrent de l’argent en proportion des téléchargements, et les consommateurs qui n’ont pas l’impression de dépenser plus d’argent

        Plus d’information ici



      • Lisa SION 2 Lisa SION 2 8 novembre 2008 15:32

        Bien parlé, nicolas. court et clair.

        Je suis allé à un concert d’orgue classique dans une église bretonne. Nous étaient proposés douze morceaux, dont six de ceux que la " mode " a fait " stars imparables " : Bach, Beethoven, c’est à dire des suite chromatique d’accords majeurs
        rapidement ennuyeux pour le mélomane, que suit strictement la mélodie façon quasi militaire, mais tout à fait adaptés à l’oreille du populaire commun...Et six de compositeurs plus confidentiels, Couperin, Fauré, c’est à dire une véritable mélodie douce et nuancée parfois même en limite de dissonance avec les harmonies sophistiquées. Bien sûr le pire des profane n’y voit que du feu et ne fait pas la différence, si ce n’est que cela l’irrite et qu’il renaclera un peu, là où, devant la diversité et la richesse de l’ensemble, les neurones des auditeurs initiés font l’amour ensembles.

        Je vous joint un extrait d’un texte illustrant très bien mon propos. Merci Aspirale.

        Chaque membre du grand orchestre joue séparément.
        Mais la symphonie est UNE.
        Une fois, c’est le violon qui conduit,
        une autre fois, c’est le violoncelle.

        Mais aujourd’hui, c’est le rien !

        Car ils ne servent pas, mais chacun veut diriger.
        Surtout le tambour parce qu’il est le plus bruyant.
        Le chef d’orchestre devrait servir l’esprit de la symphonie.
        Mais maintenant il n’y a même pas de chef d’orchestre.
        La parole est au plus bruyant.”

        Texte écrit en 1943, en Hongrie, en pleine tourmente nazie.
        Il a été publié beaucoup plus tard dans les “Dialogues avec l’Ange”
        par Gitta Mallacz chez Aubier

        Ceci résume pleinement ce que l’on peut écouter aujourd’hui en boite de nuit PUBLIQUES...

        Je me permets de rajouter un post que j’ai écrit hier mais sur le même sujet et suis interessé par votre avis.

        Quantité de jeunes mettent en ligne gratuitement leurs propres productions, et plus ils sont téléchargés, plus ils attirent les labels alternatifs qui leur offrent des séances studios. D’autres proposent la liberté des prix et arrivent à en vivre.

        Voyez la grande différence entre la star’ac de TF1 en perte de vitesse, que dis-je, en fin de parcours, moribonde, pathétique, parce que sur un mode fils-à-papa-copain- du-producteur...ou petite-fan-qui-a-couché-avec-patrick-bruel...
        ...et la nouvelle star de M6 , émission en courbe bonifiante avec les années, parce qu’elle effectue un véritable casting de rue ouvert à tous, où se bousculent les vraies gemmes de notre patrimoine vocal français.

        Ces lois sont les dernières armes que les stars du siècle dernier, amies de notre président, cherchent à inventer pour préserver leur monopoly-johnny-halliday-eddie-mitchell-americano-étasunien...D’ARRIERE GARDE.

        Cordialement, Lisa SION.



        • Jordi Grau J. GRAU 9 novembre 2008 22:02

          Ca n’a rien à voir avec internet et le téléchargement de la musique, mais puisque vous parlez de compositeurs classiques, je ne peux m’empêcher de réagir à votre commentaire. Je suis moi-même mélomane, voire un peu musicien, et je trouve votre jugement sur Bach et Beethoven bien sévère. Evidemment, j’ignore les oeuvres que vous avez écoutées dans votre église bretonne, mais je trouve ces auteurs rarement ennuyeux et rarement militaires. Et cela ne m’empêche pas du tout d’apprécier Chopin et Fauré. N’y aurait-il pas chez vous un petit préjugé germanophobe ?


        • Lisa SION 2 Lisa SION 2 10 novembre 2008 06:31

          @ J GRAU,

          Votre question est pertinente, mais ce n’est pas de ma faute si ces musiques sont particulièrement teintées par les climats locaux. En effet, l’allemagne, la Pologne, l’Autriche, la Russie, etc...ont des climats continentaux beaucoup plus rudes et moins tempérés que chez nous. Ca se ressent inéxorablement dans la trame générale, d’autant que tous, les musiciens et les danseurs, devaient s’activer autant pour se réchauffer...Il est en plus tout à fait naturel que j’aie plus d’affinités avec les compositeurs plus familiers, en effet, ce n’est pas par hasard si je comprends mieux le français que l’allemand. C’est depuis la derniére guerre que nous subissons la vague anglo-américaine, mais j’ai admiré aussi le groupe Focus ( hollandais ) dans les années 70 et suis séduit par la sensibilité de la Boosa Nova que je joue à la guitare. En fait, si l’on y regarde bien, tous nos chanteurs influents ont fait des tubes au retour de leurs voyages à travers le monde : Vassiliu et Lavilliers c’est le Brésil, Cabrel et Christophe l’Espagne, sans compter tous ceux qui rentraient de San Francisco, Californie, où ils subissaient déjà le mix complet des influences mondiales...

          Je ne suis pas germanophobe.Juste un peu déconcerté, rendez vous compte qu’ils ont produit leur première Porsche en copiant notre première Panhard...

          Bien à vous.


        • Deneb Deneb 8 novembre 2008 16:56

          @ l’auteur

          "La musique est un bien économique dont la qualité est très difficile à évaluer."

          La musique est avant tout un bien culturel. C’est très facile d’en evaluer la valeur et la qualité : sa durée dans la memoire collèctive. Pourquoi écoute-t-on toujours du Bach, plusières siècles après sa mort ? Les chansons des Beatles, de Jimi Hendrix et d’autres ont séduit bien de genérations, ça m’etonnerait beaucoup que les "atristes" de StarAc dans quelques decennies puissent se vanter de cela. Le temps est un critique culturel impitoyable, mais ô combien juste. La crise economique actuelle nous démontre que l’economie en tent que science n’est guère plus pertinente que l’astrologie. C’est pour cela que voir la musique, et plus généralement la culture en bien economique est trompeur, source de magouilles et mêre de toutes les démagogies.

          "Mais est-ce que ceci ne risque pas, quand même, de diminuer les vocations musicales ? Les possibilités de gagner sa vie pour un artiste seraient moins importantes."

          Il serait au contraire salutaire pour la culture, et pour nos oreilles entre autres, d’en diminuer la quantité pour privilégier la qualité.


          • La diagonale NicolasC 8 novembre 2008 17:40

            "C’est pour cela que voir la musique, et plus généralement la culture en bien economique est trompeur, source de magouilles et mêre de toutes les démagogies"

            Que proposez vous en retour ? Que tous les biens musicaux soient gratuits, d’interdire aux musiciens de vendre leurs services ? Faudrait-il créer un comité (national, citoyen, administratif ?) qui jugera la qualité d’un artiste et lui donnera de l’argent pour qu’il puisse survivre ?

            Rappellons pour l’histoire, comme vous citez Bach, que celui-ci était fort peu connu de son temps, et que son oeuvre n’a été ressorti que tardivement grace au travail et la diffusion de Mendelsson. Quelle leçon faut-il donc en tirer ? Aucune, à part qu’en sortant des arguments démagogiques comme les votres on ne fait guère avancer le débat !


          • Faith 8 novembre 2008 17:42

            "C’est très facile d’en evaluer la valeur et la qualité : sa durée dans la memoire collèctive."
            Pour le très facile, tu peux oublier...
            Déjà, ta "technique" ne permet de juger que des oeuvres qui ont déjà un certain age et pas les oeuvres récentes. Ensuite, des artistes de grande qualité qui restent méconnus... ce n’est pas rare.
            Juger la qualité artistique au nombre de spectateurs/auditeurs (car c’est obligatoirement lié à l’aspect de durée), c’est faire de Alexandrie/Alexandra une oeuvre culturelle majeure et nier tout talent à des milliers d’artistes qui n’ont pas su s’ouvrir les portes de la grande distribution (Si Molière n’avait pas été présenté au roi, serait-il parvenu jusqu’à nous ? Est-ce que ça aurait voulu dire que ses oeuvres auraient été d’une moins bonne qualité ?)

            "Il serait au contraire salutaire pour la culture, et pour nos oreilles entre autres, d’en diminuer la quantité pour privilégier la qualité. "
            Ca, je suis plutôt d’accord.


          • calipika calipika 9 novembre 2008 19:02

            Il me semble que l’on ne peut pas parler de "qualité artistique", que l’on ne peut pas juger une oeuvre tout simplement parce que l’art est quelque chose de "sensuel" ( qui passe par les sens ) et non d’intellectuel.
            Chacun de nous perçoit une oeuvre d’art de façon différente, on ne peut pas quantifier la qualité d’une oeuvre d’art.

            Quand au débat sur le téléchargement, nous savons tous que les interdictions ne sont pas techniquement réalisables. Les sociétés de production mènent là un combat d’arrière-garde qu’elles vont de toute façon perdre.

            A chaque nouveauté technique on nous annonce une catastrophe : la fin du cinéma avec l’apparition de la TV, puis de la VHS puis des DVD, maintenant avec internet et pourtant il y a toujours du monde dans les cinémas. La musique en concert devait mourir avec l’apparition du vinyle, puis de la radio, puis du CD, etc... et pourtant il n’y a jamais eu autant de concerts !

            La musique et le cinéma ne vont pas disparaitre avec internet, leur mode de diffusion change, voilà tout, c’est ce qui s’appelle l’évolution et cela existe depuis la nuit des temps.


          • calipika calipika 9 novembre 2008 19:09

            Monsieur Colignon vos propos sont assez pitoyables. Par leur méchanceté gratuite ( "camés" ) et par leur manque de discernement. ce n’est pas parce que vous vous êtes arrêté à Bach que tout le monde en fait autant. La musique évolue et se diversifie même si vous ne semblez pas capable de vous en rendre compte.


            • sisyphe sisyphe 8 novembre 2008 17:24

              Mes excuses ; mauvaise manipulation : je me suis trompé de sujet...


            • marignan155 8 novembre 2008 17:15

              Tenir compte des faits suivants :

               smiley Un CD musical, comme autrefois un 33 tours, c’est plusieurs morceaux, il faut les acheter tous

               smiley Un MP3, j’achète 1 morceau

               smiley Un morceau qui plaît à ma petite-fille, chez le marchand la réponse fut : Désolé mais le single n’existe plus il faut acheter le CD

               smiley Un 78 tours que je voulais en CD : 20 Euros

               smiley Un CD d’un groupe local lorsqu’il se produit : 10 Euros

               smiley Un DVD, de chez Sony par exemple, risque de m’installer un rootkit si je le lis sous Windows

               smiley Un CD, un DVD n’est pas toujours lisible sous Windows

               smiley Un CD n’est pas toujours lisible sur le lecteur de la voiture

               smiley Un MP3 acheté risque de ne plus être utilisable si j’arrête un abonnement (au cours des 6 derniers mois trois annonces d’arrêt de serveurs de license),


               smiley Un MP3 acheté risque de ne plus être utilisable si je change plusieurs fois d’ordinateur

              le problème est similaire pour certains journaux (cf Marianne qui a des limitations de lecture) 

               smiley Un "piraté" se lit où je veux. Je suis prêt à payer pour des fichiers si
              1) je peux les utiliser où je veux et
              2) aussi longtemps que je veux
              3) sans risquer d’attraper un rootkit.


              Nota : il y a un marchand qui vend 5 CD avec un grand nombre de vieux succès en MP3 à 10 Euros. 

              Si un nouveau modèle économique nait, il est à espérer qu’il sera plus honnête que celui qui coule. Je pense à l’étude GfK citée dans le monde (cf 13.1), au lobbying constant, à tout ce qui tourne en France autour de l’amendement 138. (NB : GfK indique une baisse importante des "piratages", personne n’en parle)

              à Yannick : il y a des vieux qui partagent votre opinion

              Il faut rajouter pour le volet économique : HADOPI tournera avec un budget payé par le contribuable (8 Euros pour les cordonnées d’une IP à un moment donné par exemple) pour freiner les "piratages" VISIBLES (il y a des supports qui circulent, il y a moyen de contourner la surveillance (cryptage, tunneling) etc.)

              Pour tenir compte de certaines remarques et objections techniques :
              vendez des MP3 ou DIVX et autres en y tatouant le nom de l’acheteur
              deux formules : la définitive ou limitée dans le temps

              Allez voir du côté de l’INA, cela se fait (je ne sais pas si c’est avec tatouage ; ailleurs des essais sont en cours pour "détatouer", cela semble fonctionner en partie)

              Cela évitera aussi d’attraper des saloperies en P2P ou de recevoir un fichier pourri délibérément. 


              • zmed 8 novembre 2008 17:24

                Sauf que ce que vous décrivez n’a rien avoir a la licence global. Ces "packs" sont ultra "DRMisés est avec une qualités sonore discutable, inutilisable en dehors du forfait et sur tout autre support, limités dans dans le temps.

                La licence global est un echange pratiquement direct entre les artistes est les internautes via des plateformes P2P ou autres officiels, où serait comptabilisé à l’octet près chaque téléchargement afin de pouvoir rétribuer(en pourcentage) chaque artiste ou ayant droit. Le P2P inégal n’aurait plus lieu d’etre vu que les plateformes officiels seraient gratuites, le financement etant assuré par un forfait sur l’abonnement.internet.


                • La diagonale NicolasC 8 novembre 2008 17:48

                  Je fais référence dans mon article à l’abonnement Nokia "Comes with Music" sorti le 2 Octobre au Royaume-Uni, et qui permet d’écouter la musique téléchargée sur toutes les plateformes et même lorsque l’on ne souscrit plus au forfait. Donc cela semble sans DRM. Voici la source : (un article de The Economist)

                  http://www.economist.com/business/displaystory.cfm?story_id=12341747&CFID=29793112&CFTOKEN=99777359


                • Forest Ent Forest Ent 8 novembre 2008 22:02

                  Il est vrai que l’on ne doit pas beaucoup, dans les écoles de commerce, enseigner comment nier le progrès technologique et lutter contre, faire la guerre à ses clients, surtout jeunes et riches, acheter des députés pour faire passer des lois rétrogrades, etc ... Et ça doit être dommage parce qu’on manque ainsi les parties les plus saisissantes du business réel. A moins que ça ne fasse partie des cours ?


                  • Jordan Jordan 8 novembre 2008 22:07

                    Pas d’accord je vis dans un pays ou nous avons le droit de télécharger sans payer a condition que ce ne soit pas distribuer a d’autres .Les compagnies de disques on tout fait pour l’ interdire, mais la cour suprême du Canada  nous donne le droit de copier. Vous oubliez facilement que des gens pauvres ne peuvent ce payer des CD ,sur lesquelles une seule toone peut les intéresser, et non pas les moyens de payer un abonnement forfaitaire, le gratuit pour eux .POINT. Si les compagnies ne veulent pas se faire pirater ,elles n’ont qu’a pas mètrent leurs titres sur le net POINT.


                    • LoneSlonono 8 novembre 2008 22:32

                      c’est sûr que les Grateful Dead ne devaient guère vendre de CD dans les années 60-70, mais bon, ils n’étaient pas les seuls


                      • 65beve 9 novembre 2008 16:00

                        et j’ en profite pour reécouter l’excellent "Viola Lee Blues" du Dead


                      • Audrey John Hepburn 9 novembre 2008 12:54

                        D’une part le téléchargement permet de remettre en place un équilibre artiste/diffusion
                        D’autre part il redonne de la valeur à la gratuité.


                        - Myspace / Deezer ont énormément contribué à redonner à chaque artiste une "chance", une opportunité de reconnaissance, hors des réseaux globaux de diffusion. Ceux qui sortent grandis du Grand Changement ce sont les petits, ce qui gêne les grands d’où cette hargne, cette pugnacité quant à l’interdiction du téléchargement gratuit.
                        De plus, grâce à l’engouement pour internet en général, et ces sites en particulier, il serait souhaitable de voir un vrai marché de diffusion sur internet (soit par les sites persos d’artistes, soit par des sites marchands, labels, etc.), qui face vraiment office de disquaire.
                        L’écouteur, le vrai, n’est pas dupe, il sait écouter, où le faire, comment choisir l’album qu’il achètera.


                        - D’autre part, redorer le blason de la gratuité, lui redonner une forme unique de noblesse. En effet, quoi de plus noble que la gratuité, d’autant qu’elle sait encourager les gens à la financer ! Le fait que les téléchargeurs achètent plus que les autres, et plus qu’avant, montre bien l’attrait qu’a la gratuité, la séduction qui opère. Elle est un champ d’investigation, une possibilité à l’artiste de par une reconnaissance qu’il n’aurait jamais eu, de réussir enfin à vendre ses albums.

                        Alors, oui au téléchargement, oui à la gratuité, qui chaotisent l’équilibre injuste qui tenait jusqu’à présent la plus grande des places marchandes.


                        • Mougeon Mougeon 9 novembre 2008 13:55

                          Des milliers d’artistes, des dizaines de milliers d’Albums de musique LIBRE, c’est possible :

                          TÉLÉCHARGER DE LA MUSIQUE GRATUITE ET/OU LIBRE LÉGALEMENT





                          • jacques 9 novembre 2008 21:53

                            C’est incroyable et grave que cette loi soit votée ! par 577 parents-les Députés, puis Sénateurs - , normalement ,car dans une large part ça ne concerne que des ados pour la musique et DVDs.
                            De plus et c’est FONDAMENTAL 80°/° des fichiers, des stocks, des sites de télechargement P2P sont CULTURELS !!! et ne sont ni musique ni films commerciaux . En effet faîtes en recherche sur un de ces sites : philosophie,Kant, Einstein, Mathématiques, Physique ,religion, et vous allez voir sortir des documents textes de toutes sortes en très grande quantité, certains rares et souvent d’extrême qualité, et aussi des vidéosconférences de haut niveau, Collège de France etc.... Car des gens dans le domaine culturel et scientifique sont génereux et PARTAGENT avec tous.

                            D’ailleurs même dans le domaine Cinéma François Truffaut qui est un grand a fait mettre sur sa demande tous ses films sur P2P. Un logiciel de péage de telechargements greffé au logiciel P2P facile à réaliser, au pire, verser à Orange par exemple quelques cts pour de vieilles chansons, un peu plus pour des récentes 10 cts et des DVD prix à réflechir serait mieux que l’habituel bâton comminatoire de Gniafron. Vu les hauts niveaux de télechargement les artistes s’y retrouveraient .Notez aussi la très mauvaise qualité musique des enregistrements MP3 par P2P et aussi des films on voit que ça concerne que des ados vraiment pas riche car la différence qualité avec un CD ou DVD achetés dans le commerce est énorme.
                            C’est pourquoi je penche pour pas de loi du tout. Les temps ont changé et les chanteurs et acteurs n’ont plus à vivre et à exiger de vivre comme des milliardaires au milieu des autres . Qu’ils soient concurrentiels, se rendent attractifs et innovants pour pallier à la difficulté du P2P. Qu’ils se souviennent pour certains quand ils avaient 16 ans et pas une "thune".
                            Et je le répète cette loi va décapiter les stocks amples,culturels et scientifiques ainsi que leur diffusion, disjoints de musique et films, des sites P2P.Ce serait aussi un crime contre la culture comme un autodafé. Réflechissez Mrs les Députés, ce que vous voulez faire n’est pas la bonne solution.
                            Et Mme Christine Aubanel n’est -elle pas dite Ministre de la Culture ?


                            • norbert gabriel norbert gabriel 9 novembre 2008 23:18

                              vous êtes sur que Truffaut a fait mettre ses films sur P2P ??? il est mort depuis quelques temps François Truffaut, c’est son fantôme qui est venu s’exprimer ? c’est une bonne nouvelle...


                            • norbert gabriel norbert gabriel 9 novembre 2008 23:15

                              article bien documenté sur le plan économique, donc on réduit ce que font les artistes au seul point de vue économique ? l’exemple des Grateful Deads est intéressant : leur musique est offerte gratos, pour mieux vendre des tee-shirts, bon, pour quoi ne pas se faire directement commerçant en tee-shirt ?
                              Brassens donnant ses chansons pour vendre des accessoires et des colifichets, on voit la dimension artistique du projet. 
                              Un des problèmes dans la chute des ventes du disque tient aussi au remplacement des directeurs artistiques par des directeurs du marketing pour qui Machin ou Truc n’est pas un artiste créateur, mais un produit à placer en tête de gondole, et à vendre comme un produit périssable. Du coup, il y a une certaine méfiance à acheter les yeux fermés et les oreilles à demi bouchées l’album d’un artiste débutant, à qui on demande de faire 12 chansons dès son premier album. Il n’y a pas si longtemps, un artiste consacré faisait un album de 8 chansons après quelques années d’apprentissage, et il y avait des Canetti, Claude Dejacques, ou Constantin, ou Jacques Bedos qui avaient un regard exigeant, pas des critères de merchandiseurs.
                              Quand on voit qui est chargé d’évaluer les problèmes du téléchargment illégal, il me semble qu’on n’est pas en vue d’une vraie solution. Entre une ministre de la Culture qui a toujours un train de retard sur les décisions prise par des conseillers de l’Elysée, Enarques, ou Sciences Po, la musique est mal barrée.
                               
                              C’est significatif : Hallyday gagne plus d’argent avec les produits dérivés qu’avec ses disques... C’est comme le cinéma qui est devenu vendeur de pop corn... Voilà pourquoi je n’y vais presque plus, ou uniquement dans des salles sans pop corn... 


                              • zwardoz 10 novembre 2008 09:43

                                Ils devraient réfléchir quand même un peu .... il suffit de lancer une recherche toute simple ou encore un peu pointue pour s’apercevoir de la faiblesse de représentation des fichiers "français" sur le net ; tapez Aristote (pour le coup il n’y a plus de droits d’auteur .....) et vous disposerez d’une quantité de documents bien suffisante en langue allemande, ou espagnole et évidemment anglaise ... et quasiment zéro résultat en langue française ....
                                Je ne sais pas si l’on se rend compte du gouffre qui se creuse et qui risque de se creuser si l’on continue de réduire la surface francaise d’échange de fichiers ....
                                Puisque de toute manière le phénomène est irréversible. Normal, le numérique c’est fait pour cela ; partager. Et que les répressions ou limitations d’échanges n’auront qu’une faible influence sur la consommation, l’achat des créations ; très peu de "téléchargeurs" achéteront un CD .... qu’ils se précipiteront par ailleurs de télécharger ...
                                Par contre il se peut qu’ils aillent au concert live.
                                Et surtout , il se peut qu’ils diversifient leurs goûts, leur envies : ce qui est effectivement promouvoir les créateurs inconnus, aider la création parce que tôt ou tard les dits créateurs augmentant leur visibillité, rencontreront leur public ; même si c’est en passant de 10 spectateurs à 100, quand bien même serait-ce au prix d’en retirer 1000 au 100 000 de Johnny (ce dont il se s’apervevra même pas ...)
                                Tout est donc question de visibilité ; microsoft est très heureux de toutes les copies illégales ; il occupe de ce fait totalement le terrain ....
                                et l’échange est pour cela à mille lieues des épiceries sans ambition , sinon celle d’une méthode comptable avide et aveugle ;
                                ils ne comprennent pas que la baisse , prétextée, n’est largement pas dûe aux téléchargements qui n’achéteraient pas de toute manière ....
                                prétextée, parce que les chiffres globaux de royalties ne sont pas si dégradés que cela ... ce serait même le contraire (si l’on prend en compte la totalité des recettes ), sauf que l’on assiste peut-être à un tassement du Cd , mais il ne faut pas s’en étonner, étant donné le prix éhonté de vente, depuis l’origine, et le pourcentage énorme de pur bénéfice sur ce même CD ... et étant donné l’ensemble des nouvelles dépenses de distraction et culturelles ; télé lcd, internet, portables, connexions, etc , à quoi s’ajoute la baisse du pouvoir d’achat.
                                tout est question de visibilité et voici notre marché franco français condamné à en rester limité absolument à sa petite chasse gardée ... Ne croit-on pas que de télécharger , aux USA ou dans n’importe quel pays, des films français en langue française ou soustitrés par des passionnés gratuitement , ne serait pas un apport considérable pour notre "exception culturelle" ?
                                D’une manière générale la multiplicité engendre la multiplicité (l’inconnu créateur ayant accès autant que la super star, qui n’a plus besoin de rien) ; ça se nomme la publicité au bon sens du terme ; on publie et on expose.


                                • enzoM enzoM 5 décembre 2008 19:11

                                  De toute manière, je ne vois pas où est la "piraterie" en matière de mp3 téléchargés sur le net.
                                  Ce que l’informatique à apporter c’est un "son propre" et non abimé, usé, comme pouvaient l’être nos 45 / 33 T.
                                  La "piraterie" existait déjà au temps de la "cassette", on attendait que la chanson que l’on aimait et désirais passe au "hit-parade", et on l’enregistrait sur une cassette, et on était content comme cela.
                                  Il y a les artistes pour lesquels vous "acceptez" de débourser pour l’achat d’un cd (ou dvd), il y en a d’autres pour lesquels vous ne feriez de toute manière pas les "frais".

                                  Tout cela n’est qu’un "faux" débat qui n’est justifié et argumenté que par des intérêts financiers des grandes sociétés dans l’édition musicale.

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