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Sur la question des relocalisations industrielles

Alors que les dernières élections présidentielles s’étaient largement focalisées sur les (trop) rares relocalisations industrielles (Rossignol et Petrole Hahn en tête), les premiers pas du nouveau gouvernement socialiste seront à l’évidence marqués par les nombreuses délocalisations, notamment celle du centre d’appel du STIF (Syndicat des Transports d’Île de France).

Montrant par là même l’inefficacité crasse du plan d’aide à la relocalisation d’entreprises mis en place durant l’été 2010 par précédent gouvernement (200 millions d’euros quand même), ces multiples délocalisations corroborent l’idée qu’au-delà des paroles et d’injections massives d’argent, il faut à la France une véritable politique industrielle saine pour pouvoir envisager de réelles relocalisations pérennes.

Les grands discours et les belles promesses n’y pourront à l’évidence rien : le Ministre du Redressement Productif, Arnaud Montebourg, en a fait les frais en voyant ses récentes invectives réduites à un rang anecdotique si ce n’est risible. Même en modifiant le code des marchés publics, comme il souhaiterait le faire, le protectionnisme obligatoire et « aux forceps » ne saurait pertinemment et réellement résoudre le problème industriel français, cette solution n’étant cantonnée qu’aux marchés publics et prendrait le parfait contre-pied de la ligne économique de l’Union Européenne qui aujourd’hui s’élève contre les protectionnismes, notamment chinois.

De même, les injections financières massives ne solveront rien car elles ne s’attaquent pas aux réels problèmes de l’industrie française : surtaxées, leur compétitivité réelle repose uniquement sur l’opposition entre le savoir-faire de la main d’œuvre française et le faible coût des produits étrangers. Face à ce constat, certains chercheurs comme Lucas Leger défendent l’idée que la croissance des salaires dans les pays et l’augmentation des coûts de transports vont faire décroître le nombre de délocalisations et ainsi, freiner la lente agonie industrielle de notre pays. Or, ce constat oblitère deux paramètres essentiels : les charges financières reposant sur les épaules des industries françaises sont appelées à augmenter (CSG, Charges patronales, etc…) et donc diminuer l’impact de la croissance des salaires dans les pays émergents, mais surtout la croissance des salaires des pays émergents n’atteindront jamais le niveau français. Par exemple le salaire moyen en Chine, même avec une « explosion » des salaires entre 1995 et 2010 (multiplication par 6), n’est qu’à 450 euros… ce qui suffit largement pour vivre en Chine.

Relocalisations et taxe sur les sociétésPrétendre relocaliser tout en surchargeant les entreprises françaises de taxes diverses pour asseoir un omniprésent Etat-Providence reste une ineptie profonde. La France reste la première Nation d’Europe pour l’impôt sur les sociétés, en stagnant autour des 35 % (chiffres de 2011, à revoir à la hausse après la présidence socialiste), soit deux fois plus que l’Allemagne (15.8%) qui elle flirte dangereusement avec la ligne du dumping fiscal dans certains cas.

Les solutions existent et pourraient soulager, dans un premier temps, l’industrie française : diminution des taxes sur les industries, investissements dans la Recherche et le Développement, mise en avant des bienfaits de l’entraide industrielle (prélude à la mise en place de corporations), réelle mise en avant d’un protectionnisme national (65% des français seraient pour le relèvement des barrières douanières sur les produits en provenance des pays émergents), etc…

Mais la France, parce que la république a subordonné sa politique économique à celle de l’Union Européenne et de l’OMC, se retrouvera rapidement bloquée dans ses réformes notamment par l’interdiction de dumping fiscal et, plus largement, du protectionnisme. Si l’Union Européenne ne prend même pas la peine de revoir son SPG (Schéma de Préférences Tarifaires Généralisé) complètement dépassé, d’où des droits préférentiels pour certains pays émergents, les plus graves complications proviennent directement de l’OMC qui a par de nombreuses fois fermement condamné « le protectionnisme légal » (voir même condamné l’Union Européenne pour « protectionnisme » dans l’affaire des bananes).

Etranglée, la France doit d’abord retrouver une certaine souveraineté économique et sociale pour pouvoir sereinement aborder la question du sauvetage de son industrie. Mais retrouver cette souveraineté demande un véritable courage politique, un réel intérêt social et une vision gouvernementale à très long terme, attentive au sort des ouvriers et fixée sur le Bien Commun. Or, il est évident qu’aucun gouvernement républicain n’aura le courage d’amorcer cette réforme pourtant indispensable à la sauvegarde de nos emplois. Les Royalistes, face à cette gabegie politico-économique, doivent absolument faire entendre leur voix et défendre l’héritage des conservateurs sociaux qui, suivant René de la Tour du Pin et Albert de Mun, se sont donné corps et âme à leur « vocation sociale », pour reprendre le nom du maître-ouvrage du député morbihannais.

 

Article tiré du dernier numéro de Prospectives Royalistes de l'Ouest de Septembre 2012 à lire ici.


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