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Accueil du site > Actualités > Economie > Textile : La riposte des Chinois

Textile : La riposte des Chinois

Les Chinois ont accepté, bon gré, mal gré, de se restreindre encore dans leur invasion des marchés du textile en Europe et aux Etats-Unis, alors que les traités de l’Organisation mondiale du commerce leur en donnaient parfaitement le droit. A un détail près : les Chinois pratiquent le dumping, comme le montrent l’évolution de leurs prix (à la baisse) depuis la libération du marché (pratique inutile puisqu’ils bénéficient d’un avantage compétitif tel qu’ils n’ont pas vraiment besoin de casser leurs prix), et les difficultés qui commencent à se faire ressentir dans les résultats de leurs entreprises textiles.

Les Chinois ont donc accepté de respecter des quotas en 2006 sur lesquels ils devront prendre le "trop livré" de ce semestre. Ils ont accepté aussi d’attendre de toutes façons le 1er janvier 2008 à partir duquel les quotas cesseront définitivement.
Mais entre temps, ils ne vont pas rester inactifs. Car il existe une méthode simple pour contourner ces quotas : il s’agit de fabriquer à partir d’un autre pays non soumis à des quotas. Et en Asie du sud-est, il y a de nombreux pays où la main d’œuvre est peu onéreuse (parfois moins qu’en Chine), qui accueilleraient avec plaisir des usines textiles. On peut citer le Cambodge, le Vietnam, les Philippines, Macao, la Mongolie et d’autres.

C’est déjà fait. Les producteurs chinois ont massivement délocalisé leurs productions soumises à quotas vers ces pays, avec le soutien du gouvernement et du propre conseiller du ministre du commerce, Bo Xilai, qui négociait pendant ce temps avec Monsieur Mandelson ! Le secrétaire général de la Chambre de commerce de Pékin le recommandait aussi aux industriels chinois ces jours derniers. Au point qu’à la fin de l’année 2005, il y aura 114 usines chinoises délocalisées pour un montant d’investissement chinois de 715 millions de Dollars !

Je vous avais déjà dit que les Chinois n’étaient pas des enfants de chœur et qu’il ne fallait pas faire preuve d’angélisme avec eux. En voici la confirmation...


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11 réactions à cet article    


  • (---.---.189.138) 14 septembre 2005 17:34

    « Au point qu’à la fin de l’année 2005, il y aura 114 usines chinoises délocalisées pour un montant d’investissement chinois de 715 millions de Dollars ! » Petit rappel : la compagnie chinoise Southern vient de commander 10 Airbus pour 1,5 Milliards de dollars. Cette somme est très supérieure aux dépassements de quotas en textile... Bref, à vous entendre et pour résumer, il y aurait invasion des produits chinois. Bref, on veut bénéficier du marché chinois et fermer le nôtre à leurs produits... car « les chinois ne sont pas des enfants de coeur »....«  »ne pas faire d’angélisme avec eux...« Jugement à l’emporte pièce mais limite xénophobe. Dommage q’une tentative vaine de faire un bon article (du »sensationnel" ?) se fasse au détriment de l’argumentation et de l’objectivité.


    • Manu (---.---.77.234) 14 septembre 2005 21:41

      Ce qui me gêne le plus quand on parle de textile chinois, c’est lorsqu’on donne l’impression que c’est la Chine qui inonde le monde de textile, comme si ce pays utilisait des avions pour déverser sur nos pays des tonnes de marchandises ! On oublie bien vite que NOUS IMPORTONS ce textile ; quelle que soit la puissance de la Chine, elle ne nous l’impose pourtant pas.


      • (---.---.99.144) 15 septembre 2005 09:36

        Moi, déjà, je remplacerais presque toutes les occurences de « les Chinois » par « la Chine » dans ce texte. D’autre part, je suis d’accord avec jesaisplusqui qui trouve cet article presque xénophobe ...


        • Uno CALATIO (---.---.62.250) 15 septembre 2005 10:47

          L’incurie de ceux qui dirigent l’Europe fait peine à voir dans cette affaire.

          L’accord sur l’ouverture du marché aux textiles en provenance de Chine n’est pas une poularde de l’année mais un accord effectué depuis longtemps...

          Cet accord a été conclu préalablement par des représentants européens, les mêmes chargés maintenant de dire on arrête... puis on repart...

          Clowns et saltimbanques ! (que ces deux professions honorables me pardonnent)

          Il y a trois reproches à effectuer à « nos » dirigeants européens (j’entends dirigeants au sens large, y compris et surtout les dirigeants des états européens) à faire dans cette affaire :

          1) Avoir accepté ce deal en amont sans controle + précis des processus.

          2) Ne pas avoir pris en compte les interets des pays proches et amis de l’Union Européenne (Turquie, Tunisie, Maroc, par exemple, où des interets européens puissants étaient investis dans le textile).

          3) De ne pas avoir utilisé le délai accordé entre accord originel et date d’ouverture de début d’année pour mener une politique européenne de mutation des hommes et femmes, entreprises, qui vivaient de cette industrie. Et si cette politique industrielle n’a pas été menée (les timides tentatives des derniers plans textiles ayant été même interdites) c’est bien par extremisme ideologique des liberaux qui ont investi les instances européennes.

          Un de nos amis ici indiquait, à juste titre, que nous vendions + en airbus que ce que rapportait l’ouverture de l’Union aux textiles « chinois ». Il a raison, sauf sur une précision élémentaire à rapporter : L’enrichissement dû à des ventes d’Airbus ne passe pas aisément de cette entreprise vers les ouvrieres smicardes du textile, vers les usines du Magreb, vers les usines portugaises...

          Et c’est precisement celà qui importe, sans compter que je pense qu’il est erroné de perdre toute capacité sérieuse dans un secteur aussi central que le textile.

          Et la reflexion doit venir sur ces terrains. Faire en sorte qu’en amont on ré-oriente les secteurs economiques, qu’« on » sauve les hommes et femmes qui, en l’absence de volonté importante, se trouvent plongés dans une pauvreté encore + importante.

          Qu’on soit capable, paralellement, de conserver une capacité industrielle dans le textile, en cas de necessité et de précaution vis à vis de l’avenir.

          Ces questions necessitent des politiques économiques particulières mettant les femmes et hommes au centre des processus.

          Et ça, le marché libre ne suffit pas à régler le problème.

          Si on a à tirer quelque chose de la vitalité de l’économie chinoise c’est également là dessus : Une volonté politique de progresser économiquement, de planifier (oui, eux planifient...) une évolution, un formidable sens de l’innovation et de la création.

          Et ça ce n’est pas une question de démocratie, mais de volonté politique.

          Uno.


          • Philippe (---.---.206.140) 15 septembre 2005 14:09

            Monsieur Uno CALATIO, je voudrai vous demander, par quelles prérogatives, de nature morale, économique ou autre, peut-on juger souhaitable que les salariés du secteur textile soient de préférence marocains, français ou portugais plutôt que chinois ? Quelle primauté voudrait que les fonds provenant des échanges commerciaux internationaux soient répartis dans les charges de nos Airbus plutôt que dans le maigre salaire de l’ouvrier chinois ? Le protectionnisme n’est même plus un argument quand on veut en même temps tirer pour soi profit des échanges économiques mondiaux. Ah si, je subodore votre ultime argument : l’ouvrier chinois est mal payé... il est exploité. Mais en admettant que cela soit vrai (et que cela soit faux pour le Maghreb ou pour chez nous...) : faut il pour autant mettre l’ouvrier chinois au chômage et sur la paille ? Nos ancêtres trimant dans les mines et les champs ont été aussi exploités... pour survivre... Et en même temps et avec leurs conditions précaires s’est construit notre économie sans laquelle nous ne pourrions même pas parler des textiles chinois. Une Chine qui n’aurait même pas droit au développement...que nous avons connu et dans des conditions qui n’étaient pas meilleures.


            • CaDerange (---.---.36.162) 15 septembre 2005 15:18

              Reponse de CaDerange : Voila un article qui suscite beaucoup de réactions, voire de polémiques ! Quelques commentaires de ma part :

              Sur le plan moral, il est pour moi tout à fait évident qu’un homme en vaut un autre et que les chinois ont tout autant de droit à être riches et prospères que les Français ou tout autre peuple du monde.

              La vie en société n’est pas néanmoins un long fleuve tranquille et dans cette réalité, il y a une lutte permanente entre pays,entre sociétés et même entre personnes pour capturer telle ou telle part de marché sur tel ou tel produit et y gagner de l’argent. Plus encore en amont, il y a des conséquences sociales pour des individus de notre pays,ou d’autres pays d’ailleurs dans le cadre du textile. Je suppose que si certains de ceux qui ont commentés ce message avaient quelqu’un de leur famille proche qui se retrouve au chomage du fait de cette concurrence, il trouverait peut être anormal que la dite personne se retrouve sans travail et sans ressources à terme et changerait peut être d’opinion. Il est donc important de ne pas faire d’angélisme, de comprendre que le commerce est une lutte permanente pour prendre les marchés et vendre les produits qui nous font vivre et de s’assurer à tout le moins que la compétition se fait à armes égales.Et en particulier sans dumping(vente à perte) et sans contrefaçon, ce que personne ne peut actuellement certifier en ce qui concerne la Chine.

              Un mot pour celui qui voit de la xénophobie dans ce message. Je ne vois pas bien ou il en a vu et j’espère que ce second message l’a rassuré. Se defendre de la concurrence de quelque nature que ce soit n’est pas de la xénophobie, c’est une réaction normale et necessaire de tout être humain voire de tout animal.Je suis sur que lui même, tous les jours doit se defendre contre des multitudes de petits faits ou actes que l’on peut considéréer comme agressifs vis à vis de soi même. Je le rassure il n’est pas xénophobe !

              Accuser quelqu’un de xénophobie est néanmoins une accusation grave qui est inadmissible sans preuve formelle.Je pourrais l’attaquer pour diffamation publique. Alors un peu de retenue svp.

              Quant à l’attitude de nos hommes politiques, c’est vrai que pour eux la Chine est à la fois un grand marché et un gros fournisseur et qu’ils ont tendance à considérer que l’un compense l’autre. Ce n’est malheureusement pas vrai sur le plan de l’individu qui ne peut se reconvertir instantanément du metier du textile ou de la chaussure à Roanne à celui de l’aéronautique à Toulouse.Ils ont tendance à privilégier la position globale au détriment de telle ou telle industrie particulière dans telle ou telle région. Car globalement,c’est vrai, nous y gagnions puisque nous faisons parti des tout premiers exportateurs mondiaux.

              Je pense néanmoins que nos hommes politiques manque d’habileté, voire d’aggréssivité(il en faut parfois) pour négocier des accords commerciaux et que les Chinois en particulier sont beaucoup plus fort que nous dans ce genre de négociation.

              En espérant avoir contribué utilement au débat


              • Uno CALATIO (---.---.108.174) 15 septembre 2005 19:15

                Citation de Philippe : Monsieur Uno CALATIO, je voudrai vous demander, par quelles prérogatives, de nature morale, économique ou autre, peut-on juger souhaitable que les salariés du secteur textile soient de préférence marocains, français ou portugais plutôt que chinois ?

                Je parle d’ouvriers et d’ouvrières, peut m’importe leurs nationalités. Si c’était votre boulot qui était en cause vous le défenderiez légitimement, si c’était votre entreprise qui vous semblait sacrifiée au profit de la vente d’Airbus, vous vous en inquiéteriez... Non pour apauvrir des chinois mais pour ne pas être soit-même appauvri. Et au delà si vous voyez des petites villes, et des régions à nouveau fracassées par une crise vous vous en inquiéteriez.

                Et c’est celà qui m’importe dans cette crise...

                Je pense que les choses ne doivent pas se faire sauvagement mais être organisées. Si on sacrifie un secteur dans un deal, notre responsabilité c’est d’aider ce secteur à muter ou aider à developper des secteurs economiques qui permettent aux gens du textiles de conserver leurs maigres salaires (voir améliorer nettement leur sort) sans sombrer en direction du RMI (car c’est celà concretement qui est en cause).

                Il semblerait que notre ami m’ait lu en diagonale...

                Je n’ai absolulement rien contre l’acces à la prospérité d’une partie des Chinois, et très précisement des ouvriers chinois.

                Mais il n’y a pas que les ouvriers chinois, il y a d’autres ouvriers, partout.

                Ceux des états de l’UE qui ont encore une industrie textile non négligeable comme ceux des états du Magreb qui nous sont proches pour des tas de raisons, pas seulement geographiques, méritent d’être soutenus.

                Il y a des interets français, européens, en cause, avec le sort de millions de personnes en jeu.

                Quand je parle de mauvais deal, je parle explicitement contre une certaine division du travail dans le monde (tel pays pour telle industrie) qui me parait dangereuse et irresponsable (ce qui ne veut pas dire qu’à n’importe quel prix nous devons faire n’importe quoi).

                Un bon deal est ce qui permet des économies equilibrées et robustes, des accords profitables à tous.

                Le très grand reproche que je fais à nos hommes politiques et hauts fonctionnaires c’est leur incapacité à anticiper les consequences de ce qu’ils signent d’une main, sauf pour les + cyniques d’entre eux qui integrent comme pertes et profits des vies humaines saccagées par le chômage...

                J’ai cité mes points de reproche :

                Le mauvais deal au départ ne prévoyant pas de conserver une partie des capacités européennes et perifieriques (Magreb et Turquie) de production.

                Le + important reproche : L’incapacité à aider, à organiser une mutation des industries textiles européennes et proches sacrifiées dans ce deal, ainsi qu’une incapacité à sauver de la pauvreté les ouvrier(e)s du textile.

                Le bon deal n’est pas ce qui sacrifie des hommes et des femmes d’Europe ou du Magreb au profit d’hommes et de femmes de Chine, le bon deal est ce qui est profitable des deux côtés.

                Il y avait un délai important entre la signature de l’accord sur les textiles et la découverte médiatique de la crise en début d’année. Ce délai n’a pas été utilisé, sauf à laisser broyer des hommes et des femmes en Europe, en Turquie et au Magreb.

                Il n’y a pas une once dans ce que je dis de volonté de « battre » les Chinois ou de les mettre au chômage ou de chercher à les appauvrir...

                Je remarquais par ailleurs que là où regnait un exces libéral du côté de l’Union, l’état chinois lui prenait soin des capitalistes chinois, et essayait d’avoir une politique economique réelle. La crise de printemps liée au textile avait d’ailleurs tentée d’être modérés par l’état chinois en taxant les productions textiles à l’export, avant que les clameurs ne montent... Sans grand succes d’ailleurs pour refroidir la secousse.

                Un bon deal est ce qui fait du bien à tout le monde, et pas seulement à Airbus.

                Uno


                • augustin (---.---.83.139) 15 septembre 2005 19:17

                  Nous sommes tous d’accord pour jouer au grand jeu international du capitalisme tempéré . Mais pour s’amuser ensemble il faut respecter les règles du jeu . Le Dumping , la copie et les subventions c’est de la triche . Le système bancaire chinois est étatique et les quotas sont vendus par l’état chinois pour subventionner des entreprises d’état en faillite . Pas de naiveté svp !


                  • Uno (---.---.29.164) 16 septembre 2005 08:33

                    Pour Augustin :

                    Vous mettez le doigt sur quelque chose de juste. L’état chinois soutient et subventionne des entreprises d’état très fatiguées et très peu compétitives (ceci étant dit, même ce système délabré a été une des bases de la nouvelle croissance).

                    C’est une prudence élémentaire. Il n’y a que des extremistes liberaux pour s’imaginer qu’autre chose serait + favorable (comme la Russie qui partait de bien + haut ?).

                    Il y a déjà des millions d’ex-paysans pauvres sur les routes, il n’est pas necessaire de rajouter d’autres millions de personnes dans la même situation sans précipiter le pays dans le chaos. Rien que cette situation déjç impose de forts taux de croissance pour absorber ce lumpen prolétariat.

                    L’état chinois vit une poussée économique impétueuse et est guettée en permanance par des crises de croissance puissantes. Conserver des leviers de controle pour lisser ces secousses est indispensable (banques d’état).


                    • Philippe (---.---.219.111) 16 septembre 2005 09:56

                      « Le Dumping , la copie et les subventions c’est de la triche. » Excusez-moi, mais vous savez certainement par exemple, que l’Agriculture française est peut être la plus subventionnée, et que des pays émergents sont bien en peine d’affronter cette concurrence. La contrefaçon, certes c’est de la triche. C’est à nuancer concernant la copie, car vous-même seriez vêtu en peau de bête si nos vénérables firmes textiles n’avaient jamais songé à copier. Je ne parle pas des brevets mais la copie est partout. L’écran de votre ordinateur à été créé en copiant quelques chose d’un autre écran. Nous accusions il y a peu les Japonais de copier nos voitures, êtes vous certains que nos industries ne s’inspireront pas des solutions techniques Nipponnes (moteurs hybrides) ? Vous parlez d’industrie chinoise délabrée, en faillite. Notre industrie serait donc plus reluisante ? Vous me conseillez moins de naïveté : j’en prends bonne note. Amicalement.


                      • (---.---.219.111) 16 septembre 2005 15:02

                        Ce qui me hérisse le poil, c’est la psychose du style invasion jaune qui risquerai de se produire au fur et à mesure de l’émérgence de la Chine dans le commerce et des commentaires alarmistes qui ne manquent pas de se produire. Cet article méritait d’être présenté car il représente une opinion légitime. En plus on apprécie la verve habituelle de l’auteur.

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