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Accueil du site > Actualités > Economie > Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes !

Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes !

"Rien n’a changé" concernant la position Allemande de ne pas subventionner les mauvais élèves, a affirmé le porte-parole du Ministère des Finances Allemand suite à l’engagement Européen portant sur 30 milliards d’Euros en faveur de la Grèce rajoutant de manière tout à fait significative : " Ce n’est pas parce que l’on a les extincteurs qu’ils seront forcément utilisés pour éteindre l’incendie" ... 

De fait, l’accord trouvé Dimanche dernier par les responsables Européens lors d’une conférence téléphonique est susceptible de tomber en désuétude en cas de réticence d’un seul pays sachant que, quoi qu’il arrive, la Grèce devra passer par la case d’une austérité fiscale phénoménale avant d’entre apercevoir le bout du tunnel. Cet engagement Européen - s’il se matérialise - n’étant ainsi qu’un pansement provisoire qui ne règlera en rien l’inéluctable descente grecque dans l’enfer de l’insolvabilité.

Pire encore : il semblerait en effet que la globalité des parachutes et autres stabilisateurs économiques et financiers grecs soient aujourd’hui désactivés - ou hors service - dans ce qui ressemble à un plongeon sans fin. Sans négliger que le F.M.I. - disposé à allonger 15 milliards d’Euros - doit encore préciser ses modalités et conditions consistant usuellement et logiquement en une dévaluation de la devise du pays secouru agissant comme une bouée de sauvetage ! Ses taux d’intérêts réduits n’y changeront rien, pas plus que l’offrande Européenne de taux plus bas que ceux pratiqués par le marché du reste car les coûts de financement de la dette grecque neutraliseront fatalement toute hypothétique reprise de sa croissance ... à moins que les autorités grecques ne lancent délibérément leur pays dans un autre abîme, celui d’une inéluctable déflation provoquée par des coupes budgétaires, réduction des salaires et augmentation des impôts !

En définitive, et comme le poids politique sera impossible à assumer par l’ensemble d’une élite dirigeante déjà peu encline aux décisions délicates, le défaut grec - ou en terme plus politiquement corrects : la "restructuration" de sa dette - sera avéré.

La boîte de Pandore est grande ouverte et ne se refermera de manière salutaire que dans un seul cas de figure : l’Allemagne devant manifester clairement et promptement sa ferme intention de garantir la Grèce jusqu’à ce qu’elle se sorte de son marasme. Hypothèse impossible car, hormis le rejet catégorique fort compréhensible par le peuple Allemand de ce blanc seing - authentique licence à la débauche -, ce cautionnement Allemand ouvrirait une autre boîte - ou poupée Russe -car la tentation sera immense auprès du Portugal, de l’Irlande ou de l’Espagne de vivre encore et toujours au-dessus de leurs moyens en attendant le pompier Allemand.


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11 réactions à cet article    


  • BA 14 avril 2010 09:20

    Mercredi 14 avril 2010 :

    ce matin, j’ai écouté quelques radios et j’ai lu quelques journaux de la presse écrite. C’est absolument scandaleux. Les grands médias mentent. Les grands médias continuent à endormir les citoyens. Comme au début de l’année 2008.

    En clair : ce matin, les grands médias poussent un « ouf » de soulagement. Selon eux, la Grèce est sauvée. Selon eux, la Grèce est sauvée car les prêteurs sont de plus en plus nombreux à vouloir investir dans les emprunts d’Etat grecs.

    Or, c’est le contraire qui s’est produit hier : l’emprunt d’hier a prouvé que la Grèce ne contrôle plus sa dette publique. La Grèce se surendette de façon accélérée. Les taux d’intérêt explosent quand la Grèce emprunte.

    - En janvier 2010, pour emprunter à 6 mois, la Grèce avait versé 1,38 % de taux d’intérêt. Mardi 13 avril 2010, la Grèce a dû verser 4,55 %.

    - En janvier 2010, pour emprunter à 12 mois, la Grèce avait versé 2,20 % de taux d’intérêt. Mardi 13 avril 2010, la Grèce a dû verser 4,85 %.

    - Lundi 12 avril, pour emprunter à 10 ans, la Grèce devait verser 6,637 % de taux d’intérêt. Le lendemain, ces taux à 10 ans étaient repartis à la hausse : 6,815 %.

    Cette hausse est de très mauvais augure : elle signifie que les marchés internationaux n’en ont plus rien à foutre des réunions européennes, des accords européens, des engagements européens, des promesses européennes, des grandes déclarations européennes.

    Tout ça, c’est du pipeau.

    Au sommet de l’Etat grec, plus personne ne contrôle plus rien. Voilà ce qui se passe. La dette publique grecque est devenue incontrôlable. La Grèce emprunte à des taux d’intérêt qui explosent. Le surendettement de la Grèce devient de l’hyperendettement.


    • JL JL 14 avril 2010 09:52

      Non à la dictature de la dette !


    • Pascain Pascain 14 avril 2010 17:04

      Le mieux c’est de mettre le lien, au lieux de faire un copier coller...

      http://www.jovanovic.com/blog.htm


    • FRIDA FRIDA 14 avril 2010 09:39

      Peut-être que l’Allemagne cherche à sortir de l’euro et de l’Europe, et voilà l’occasion en or pour en sortir grandie.
      Elle n’est plus ce pays divisé, humilié, supportant le poids de la culpabilité. Il faut tourner la page, maintenant c’est la France, tout petit, dans une Europe qui a servi de tremplin à l’Allemagne pour revenir en force, c’est ce qui s’est passé avec les pays de l’Est. l’Europe n’est que le moyen de prendre leur revanche sur la Russie c’est aussi un marché pour l’Allemagne.. la GB n’y a jamais cru, a toujours fonctionné en restant un allié aux USA.
      Le dindon de la farce c’est la France, le reste c’est de la tromprerie sur la marchandise.


      • titi 14 avril 2010 09:39

        L’Allemagne et la France ont des responsabilités dans cette débacle.

        En 2003 les sanctions contre la Grèce qui auraient du être appliquées ne l’ont pas été, car il aurait fallut pour être juste, également sanctionner la France et l’Allemagne qui dépassaient allègrement les limites fixées.
        Sur la pression de Chirac et Schöder la commission a fait machine arrière....

        De la nécessité d’affronter ses responsabilité politique et de ne pas faire l’autruche...


        • JL JL 14 avril 2010 10:14

          De deux choses l’une : l’Allemagne devra se soumettre ou se démettre !

          Ou bien elle reste dans la zone euro, ou bien on déclare la faillite de l’UE !


          • FRIDA FRIDA 14 avril 2010 10:42

            Ce qui est surprenant dans le discours ambiant, c’est cette explication qui veut nous faire croire que la prise de décision politique est dépendante de l’économie, si un pays a une croissance à deux chiffre ce n’est pas forcément parce qu’il y a des politiques qui décident autoritairement. Et hope on saute dans une autre sphère et on parle des politiques qui doivent focément suivre l’économie, sous entendre la finance, comme si le propre de la politique n’est pas la stratégie, l’anticipation, la planification, et de saisir l’opportunité quand le destin présente un évènement pour justifier des décisions qui auraient été autrement impossible à prendre.
            Soit les journalistes et les « experts » en économie sont simples d’esprit, soit ils se prennent pour des grands stratèges.
            Le monde de finance, lui n’est pas seulement un monde de requins, mais c’est un monde qui a pris le pouvoir sans coup férir.


            • Le chien qui danse 14 avril 2010 11:12

              Ca commence à être d’un fatiguant ces histoires de micmac de pognon. Et dire que la vie de millions/milliards de gens est suspendue à cette gabegie.
              La finance est bien trop courte en motivations pour générer le dynamisme qui permettrait de donner du sens à nos vies. On a compris, quand est-ce qu’on fait le ménage ?
              Que ceux qui pensent et croient avoir un destin publique fasse preuve d’une vision un peu plus rationnelle de la réalité et on retrouvera du monde dans les isoloirs.
              Ce monde des finances tourne sur lui même cherchant un nouveau souffle, entrainant la stagnation des sociétés, il a utilisé et poussé au bout ses logiques, il est dans le mur et comme d’autres dictateurs préfère emmener le monde dans sa chute plutôt que de se remettre en cause ou de s’effacer.

              Remettre et se remettre en cause, voilà bien une qualité qui fait défaut dans notre monde dit civilisé !


              • L'enfoiré L’enfoiré 14 avril 2010 12:05

                En effet, tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes.
                Sur le marché, sans aides, la Grèce, obtiendrait du crédit au taux de 7,5%.
                J’ai entendu que nous sommes prêts à prêter un milliards à la Grèce à un taux plus avantageux.
                Disons 5%.
                Pour le faire, on pense déjà à un Emprunt d’Etat de plus.
                Disons pour être généreux à 3,5% sur 5 ans.
                La différence est toujours bonne à prendre. smiley
                 


                • DEEVIN 14 avril 2010 15:51

                  "inéluctable déflation provoquée par des coupes budgétaires, réduction des salaires et augmentation des impôts"

                  Il n’y a aucun doute la-dessus, il faudra se serrer la ceinture. Non seulement pour la Grèce mais pour l’ensemble du monde occidental dont l’appauvrissement relatif au bénéfice de la Chine en particulier a été masqué trop longtemps par le recours généralisé au crédit. Ce qui signifie en outre que l’euro et plus encore le dollar sont tous deux surévalués, ou le yuan sous-évalué ce qui revient au même. Mais voilà, pour compliquer les choses la Chine ne veut pas entendre parler de la réévaluation du renminbi et la BCE de son côté a pour mission statutaire de maintenir l’euro au plus haut afin de juguler toute amorce d’inflation.Les Etats-Unis pour leur part, sont également pris en tenaille entre le coût des approvisionnements en matières premières, pétrole en particulier, pour lequel ils souhaitent un dollar fort, et le coût de remboursement de la dette qui lui s’accommoderait plutôt d’un dollar faible. La situation est donc bloquée.
                  Solution : taxer les produits chinois à un taux équivalent à la sous-évaluation théorique du renminbi, soit selon certains de l’ordre de 30%.
                   Il s’agit surtout de casser le jeu des intermédiaires et donneurs d’ordres internationaux qui encaissent en réalité l’essentiel des marges pour nous vendre ensuite les produits au même prix que s’ils avaient été fabriqués ici tout en détruisant notre économie et nos emplois. Combien de temps va encore durer le pompage de la richesse nationale ?
                  La responsabilité ultime de la situation revient aux politiques, ce sont eux qui ont mis le cadre légal en place. A eux d’avoir le courage de remettre à plat les règles de la globalisation.


                  • BA 14 avril 2010 20:59

                    Mercredi 14 avril 2010 :

                    A 18H00 (16H00 GMT), le taux de l’obligation d’Etat grecque à 10 ans est remonté à 7,034 %, contre 6,815 % mardi vers 16H00 GMT, et le « spread » (différentiel avec le Bund allemand à 10 ans) s’est rapproché des 400 points de base, en s’établissant à 390 points contre 367 la veille.

                    http://www.romandie.com/infos/news/201004141858040AWP.asp

                    Lundi 12 avril : le taux de l’obligation grecque à 10 ans était de 6,637 %.

                    Mardi 13 avril : le taux de l’obligation grecque à 10 ans était de 6,815 %.

                    Mercredi 14 avril : le taux de l’obligation grecque à 10 ans était de 7,034 %.

                    En clair :

                    la Grèce doit emprunter à des taux d’intérêt qui augmentent de plus en plus.

                    La Grèce se surendette de plus en plus.

                    La Grèce va se déclarer en défaut de paiement.

                    La zone euro va exploser.

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