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Accueil du site > Actualités > Economie > Tout va bien... Et ça va continuer !

Tout va bien... Et ça va continuer !

La semaine dernière a vu une annonce qui a été commentée pour l’essentiel dans les journaux économiques alors qu’elle aurait probablement mérité mieux : il s’agit de la « relocalisation » de certains postes de direction générale de Schneider Electric en Chine ! On trouvera, par exemple, de plus amples informations dans « Les Echos  ». Pour ceux qui ont accès à la version papier de ce journal, ils constateront que Schneider Electric n’est pas le seul groupe français à « relocaliser ». Dans ce texte, je vous propose quelques réflexions bien personnelles à ce sujet.

Commentons tout d’abord le terme utilisé par « Les Echos » : relocalisation. Depuis la mise en œuvre de la mondialisation débridée, nous étions plutôt habitués au terme « délocalisation » et pour un français qui maîtrise sa langue même moyennement, on voit de suite de quoi il s’agit. Le terme « relocalisation », sans être expert linguistique, avec le préfixe « re », semble indiquer que l’on a initialement délocalisé et que l’on déciderait ensuite de relocaliser. Je ne suis pas expert de l’historique de Schneider Electric, mais il me semble que le terme soit bien impropre. Quelles que soient les origines de ce groupe, je doute qu’elles soient chinoises. En conséquence, il émerge une question bien naturelle : quel message subliminal cherche à nous faire passer le journal « Les Echos » en qualifiant la mesure de relocalisation alors qu’il s’agit, une fois de plus, d’une délocalisation ? Sans doute ce journal, complaisant avec les acteurs du monde économique, veut-il amoindrir le choc psychologique que signifie un tel événement. Au minimum, cela mériterait explication de sa part.

Passons donc à ce choc psychologique, légitime, que crée une telle annonce. On a coutume de penser qu’avant la mise en place de la mondialisation débridée, le patronat, même s’il a largement exploité la classe ouvrière, à travaillé pour le bien commun, en permettant le développement et l’enrichissement de notre pays, permettant à ce dernier d’être ce que l’on a coutume d’appeler une grande puissance qui pèse, dans le concert des nations, bien davantage que son poids démographique. Les soubresauts sociaux ont été là pour lui rappeler que le gain est une œuvre collective et que le partage est une vertu, chrétienne, salutaire à la bonne marche d’une société. Las ! La mondialisation nous a mis en contact avec un état d’esprit majoritaire au niveau mondial qui n’est pas dans cette mouvance philosophique, mais bien à l’opposé où la cupidité la plus extrême accompagnée d’un égoïsme forcené font loi. On a donc commencé à mettre en concurrence les plus faibles de notre société avec les plus faibles de sociétés retardées. On a joué sur la misère des premiers en leur proposant, pour moins cher, des produits importés, fabriqués dans des conditions inhumaines et scandaleuses, les trompant et les menant, pour pouvoir survivre, à creuser leur propre tombe et celle de leurs enfants. Les années 80 ont signifié une montée en qualité des personnes mises en compétition ; on est passé des ouvriers aux techniciens et ingénieurs. Le résultat est probant, la part industrielle dans le PIB de la France tend aujourd’hui vers zéro. De 2000 à 2010 on a perdu plus d’un millions d’emplois industriels. Notre état ne vit plus que de dettes, qui ne pourront durer que tant que nos créanciers chinois voudront bien nous vendre à crédit ; crédit que nous serons bien incapables de rembourser.

Pendant toutes ces années de délocalisations, il est un point intrigant qu’il nous faut remarquer. Alors que le paysage brossé ci-dessus fait plutôt penser à une catastrophe économique, les gouvernements successifs, les administrations soi-disant indépendantes comme l’INSEE par exemple, n’ont cessé de parler de croissance. Nous aurions été en croissance, disons de 1974 à aujourd’hui. On ne peut s’empêcher de penser que cette vision, diffusée à l’envi dans les médias, ne concerne qu’une toute petite partie de la population, celle qui a, par exemple, vu passer le rapport entre le salaire ouvrier et celui des patrons du CAC 40 de 40 justement à plus de 400 aujourd’hui. Cette petite caste gouvernante a effectivement vu une forte croissance. Aujourd’hui, il suffit d’allumer un medium audio ou télévisuel pour se rendre compte que notre pays est ruiné si ce n’est le continent ou, pis encore, la civilisation occidentale. Les profiteurs qui nous ont ruinés (rappelez-vous les déclarations de François Fillon à son arrivée à Matignon en 2007), comme les criquets pèlerins en Afrique, n’ayant plus rien à piller sur nos terres, s’expatrient donc, préférant à nos contrées, des terres en croissance disent-ils. Il ne fait nul doute, là-bas, qu’ils prêcheront encore la croissance, comme ils l’ont fait chez nous, trompant par là-même ceux qu’ils auront rejoint. Et bien entendu, dans ces nouveaux pays pour eux, tout ne pourra que bien aller ; la croissance sera au rendez-vous, le développement, la richesse… Bref ! Le bonheur (selon eux) !

Quant à nous, une sévère gueule de bois nous guette. Le dopage vécu ces dernières décennies aux anabolisants du crédit, les gains faciles et exorbitants de certaines professions  qui ne réclament aucune compétence réelle, etc., tout cela devra disparaître. Tout cela devra être remplacé par un système de valeurs beaucoup moins subjectif et bien des dents vont probablement grincer. A l’heure où beaucoup de nos jeunes ne voient que par le commerce, il faudra peut-être songer à produire un peu plus pour vendre le fruit de notre travail avant tout. Alors, pendant que dans certains coins du monde et pour certains rares élus, tout ira bien et que cela continuera, nous aurons à remonter une pente bien raide, mais basée sur de vraies valeurs. Si en plus on arrive à se prémunir de ces prédateurs « relocalisés », si on arrive à les « délocaliser » avant qu’ils ne nous soient délétères, alors, peut-être, avons-nous quelque chance de renouer avec le succès.


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15 réactions à cet article    


  • Robert GIL ROBERT GIL 10 septembre 2011 17:10

    La mise en concurrence est organisée par les industriels eux même qui délocalisent une partie de leur production et qui ensuite la mettent en concurrence avec celle restée dans leur pays d’origine. Tout cela pour le plus grand malheur des salariés du Sud comme du Nord et le plus grand bonheur des actionnaires. Pour le capital le développement des pays du Sud ne doit pas supprimer l’exploitation d’une main d’œuvre bon marché, et doit continuer à faire pression sur les salaires des pays du nord. L’arnaque est parfaite, surtout que le monde ouvrier est loin d’être aussi uni que le monde des affaires ! Voir :

    http://2ccr.unblog.fr/2011/02/02/concurrence-et-mondialisation/


    • Sarah29 10 septembre 2011 17:19

      Les Echos est un journal pro-Israel. Ils sont donc un peu pro-Chinois. Donc contre la guerre en Lybie. Donc Le vocabulaire employe par Les Echos se doit d’etre gentil avec la Chine.


      • bigglop bigglop 10 septembre 2011 18:30

        Bonjour Geneste,
        Bonne analyse sur la « philosophie » de la délocalisation industrielle, financière et mondialisée.
        Cependant, il existe plusieurs politiques de « délocalisation ».
        Par exemple, l’Allemagne a surtout délocalisé vers les pays européens à bas coûts salariaux la fabrication des pièces détachées tout en maintenant l’assemblage des produits en Allemagne. Les industries de haute technologie sont restées en Allemagne ainsi que les techniciens, ingénieurs.
        Dans ses contrats avec les états hors Europe, il y a peu de transferts technologiques.
        Il ne faut pas oublier plusieurs points en faveur de l’Allemagne :
        1) les exportations allemandes sont essentiellement intra-européennes.
        2) l’industrie allemande repose essentiellement sur un tissus de grosses PME, majoritairement entre 200 et 500 salariés très rentables et efficaces, avec une culture de l’exportation.
        3) grâce à un consensus social (vrai dialogue entre le patronat et des syndicats représentatifs) qui limite les périodes de grèves dures et longues.
        4) depuis environ 2010 le gouvernement allemand a mis en place un plan de rigueur négocié contrairement aux aux autres pays européens de la zone euro (1) et (2).
        Cependant, ces avantages ne sont pas définitivement acquis, car des pays émergents comme l’Inde, le Brésil disposent de la maîtrise technique, des capitaux pour la concurrencer
        notamment sur la conception et la construction de machines-outils high-tech.

        En ce moment, le combat le plus important se déroule à l’Assemblée Nationale sur la modification des prérogatives du FESF (Fonds Européen de Stabillité Financière) qui sera très rapidement intégré à la Banque MES.
        Les modifications règlementaires portent sur :
        - l’intervention du Fonds dans la recapitalisation des banques européennes sur le dos des Etats Européens, des citoyens avec l’aggravation de la dette.
        - l’intervention plus importante du Fonds en matière de défense de l’Euro, d’aide financière des états en difficulté comme la Grèce, le Portugal, l’Espagne, l’Italie.
        Ces interventions se feront par des achats sur le marché secondaire donc au profit des marchés financiers et des banques mondiales.
        Après intégration du FESF, la Banque MES pourra engager la responsabilité des états européens de façon solidaire et illimitée en montant, par des achats sur le marché secondaire. Donc à terme, la création d’une dette européenne éternelle..(3) et (4)

        (1)http://colin.zonska.over-blog.com/article-le-plan-d-austerite-de-l-allemagne-51843782.html
        (2)http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2010/06/07/04016-20100607ARTFIG00668-allemagne-une-cure-d-austerite-record.php
        (3)http://www.assemblee-nationale.fr/13/projets/pl3713.asp#P357_23371
        (4)http://www.agoravox.fr/actualites/europe/article/le-fesf-l-ue-et-la-banque-mes-le-97421


        • Geneste 10 septembre 2011 22:01

          Vous semblez très bien renseigné... Merci de ces précisions.


        • easy easy 10 septembre 2011 19:43

          Ici, il y a eu dans certains journaux, l’utilisation du terme hystérisant de relocalisation (ça aurait été le terme délocalisation, l’effet aurait été le même)

          Mais il suffisait de n’avoir pas un discours à balancer dès le premier prétexte pour comprendre que le recours à ce terme n’est pas à dramatiser.

          Cette entreprise vend beaucoup de produits qui entrent dans les habitats privés. Elle fait déjà 26% de son CA avec l’Asie où son potentiel de développement est considéré comme étant le plus prometteur.
          Dans ce contexte, demander à la directrice générale Ressources humaines globales et au directeur général Stratégie d’aller passer un an ou deux à Hong Kong n’a rien de stupéfiant.

          (Cela n’empêche évidemment pas qu’il y ait plus tard des délocalisations d’emplois vers la Chine mais pas forcément)

          A part ça, on sait qui détient 30% de son capital mais pour les 70 % qui restent, bin c’est aussi bien des Inuits que des Maliens, que des Californiens que des Chinois.


          • zelectron zelectron 10 septembre 2011 22:58

            Je suis stupéfait de l’inculture industrielle de certains et l’auteur en particulier, qui analysent tout et n’importe quoi sous la vision marxiste du monde ! heureusement nous n’en sommes plus là !
            Sans entrer dans les détails, sachez que la guerre économique avec les chinois entre dans une phase dangereuse. Entre les copies serviles, les plagiats, les débauchages, les règlements administratifs qui changent du jour au lendemain pour bloquer les produits occidentaux sans oublier les tracasseries douanières dont pour s’extirper l’appel au système enveloppes pour les bonnes œuvres chinoises est obligatoire, les firmes occidentales ne sont pas à la noce !
            Schneider vient de déplacer 2 figures majeures de son staff sur l’échiquier chinois : c’est que ça sent le roussi ! N’oubliez pas que le meilleur contrat c’est celui qui permet après la signature pour le chinois de pisser dessus.
            @easy
            vous étiez sur la bonne voie avec votre commentaire.


          • Geneste 11 septembre 2011 10:54

            @zélectron

            Je suis stupéfait de l’inculture industrielle de certains et l’auteur en particulier, qui analysent tout et n’importe quoi sous la vision marxiste du monde ! heureusement nous n’en sommes plus là !

            Nous n’en sommes plus là effectivement, mais cela n’empêche pas, toujours les mêmes, comme vous zélectron, de voir des Cosaques partout ! Le monde a changé depuis 1989 et il faudrait vous mettre au goût du jour. Ce n’est parce qu’on critique le système que l’on est nécessairement marxiste. Par ailleurs, manifestement, vous n’avez pas lu Marx, car même si certains de ses développements sont critiquables, tout n’est pas faux. Comme beaucoup aujourd’hui, incultes tout court et non pas seulement en matière d’industrie, vous confondez le marxisme et l’analyse marxiste de la société d’un côté et ce qu’en ont fait ceux qui s’en sont réclamés plus tard.

            Sans entrer dans les détails, sachez que la guerre économique avec les chinois entre dans une phase dangereuse. Entre les copies serviles, les plagiats, les débauchages, les règlements administratifs qui changent du jour au lendemain pour bloquer les produits occidentaux sans oublier les tracasseries douanières dont pour s’extirper l’appel au système enveloppes pour les bonnes œuvres chinoises est obligatoire, les firmes occidentales ne sont pas à la noce !

            Ce que vous dites là n’est absolument pas nouveau et est même en place depuis le début de la ruée occidentale vers la Chine, c’est-à-dire le début des années 80. Si vous n’êtes pas content de ce système, que, manifestement vous semblez soutenir, il faut le quitter. Clairement, on a accepté, avec la Chine, dans ce qui s’appelle aujourd’hui l’OMC, un acteur qui n’en respecte aucune de ses règles ou presque. A qui la faute ?

            Schneider vient de déplacer 2 figures majeures de son staff sur l’échiquier chinois : c’est que ça sent le roussi ! N’oubliez pas que le meilleur contrat c’est celui qui permet après la signature pour le chinois de pisser dessus.

            Encore une fois, si vous n’êtes pas content de la façon dont vous traitent les chinois, vous n’avez qu’à commercer avec d’autres. Vous disiez dans votre introduction que j’étais inculte en matière industrielle. Ce n’est pas la première fois que quelques-uns, comme vous, se font piéger sur AV. Accuser les gens sans les connaître est facile. Alors, comme vous avez plutôt l’air versé sur le commerce que les RH, la création d’entreprise, la R&D ou autres activités industrielles traditionnelles, je vais vous donner une information. Quel est l’état d’esprit d’un chef d’entreprise du Maghreb quand il signe un contrat ? Voilà la réponse : lorsqu’il met la date, dans son esprit, cela veut dire qu’il était d’accord avec les termes le jour où il a signé. Rien de plus, rien de moins, mais, clairement, le lendemain il peut avoir changé d’avis... ! Il vous faut parfaire votre parcours qui me semble bien léger en matière industrielle...


          • Geneste 10 septembre 2011 21:59

            Merci pour ces précisions intéressantes.


            • zakari 11 septembre 2011 01:48

              Derrière ce mot « relocaliser » on pourrait effectivement s’endormir dans une polémique de langage
              Alors que d’autres diraient , va te faire mettre chez les grecs , qui n’ est pas nouveau ... avec leur extensions de croyances « dans leurs dette ici présente  » selon la croyance .

              Donc tout va bien et cela va continuer , avec rien de nouveau comme éclat


              •  C BARRATIER C BARRATIER 11 septembre 2011 18:39

                Le péril n’est pas venu de Chine mais du monde anglo saxon, des USA, avec un Milton FRIEDMAN pseudo économiste mais prédateur politique au service de ceux qui ont décidé de diriger le monde et qui le font, en passant par dessus les gouvernements. Il s’agit des banquiers, des financiers, des quelques plus gros milliardaires du monde. Ils ont su prendre possession de la CHINE. Maîtres des médias, ils ont su financer des « études » prétendument économiques, ils ont su répandre dans les manuels scolaires du monde l’enseignement d’une pensée unique. Ils nous ont formatés, comme une religion avait pu le faire autrefois.

                Les délocalisations en Chine ne sont qu’un avatar de la loi du marché libre et non contraint, et aujourd’hui ceux qui tirent les ficelles de ce marché dictent à tous les gouvernements les réformes qu’ils leur font faire. SARKOZY n’a rien fait d’autre que de leur obéir, dès son élection, s’imaginant même qu’il faisait partie de leur monde...
                Voir comment nous avons été assassinés ici, sous le titre :
                « Libéralisme, FRIDEMAN, pensée unique »

                http://chessy2008.free.fr/news/news.php?id=99

                Surprise, L’auteur glisse dans son commentaire une malencontreuse phrase :
                "Les soubresauts sociaux ont été là pour lui rappeler que le gain est une œuvre collective et que le partage est une vertu, chrétienne, salutaire à la bonne marche d’une société.« 

                Cette phrase enlève de l’ objectivité à son texte tout en sortant de son sujet.
                N’a-t-il pas vu que l’église catholique croûle sous l’or, l’argent, par millions de tonnes, les possessions immobilières et foncières, des usines, des commerces gigantesques et lucratifs, et que cette fortune vient d’une même attitude de prédation au temps des croisades, des conquêtes coloniales, chez nous des siècles de dîme prélevée sur le dos des plus misérables...N’a -t-il pas vu que l’église était la devancière des actuels prédateurs à l’échelle de la planète. N’a-t-il pas vu que l’Eglise laisse mourir ses pauvres et maintient son immense fortune, encore égalée par aucun des actuels prédateurs. Le pape est le grand patron de tout cela.

                Cette phrase a cependant un mérite, c’est de nous rappeler qu’il n’y a rien de nouveau sous le soleil, et que le langage de la »charité« habille des actions objectives de pillage. La langue de bois de l’église traditionnelle n’a rien à envier à l’actuelle langue de bous des prédateurs et des gouvernants à leur service.
                Voir l’aticle »Dictionnaire de la langue de bois" ici

                http://chessy2008.free.fr/news/news.php?id=161


                • Geneste 11 septembre 2011 21:44

                  Cher monsieur,

                  Dommage ! J’appréciais votre commentaire jusqu’au moment de votre diatribe sur l’église catholique. Tout d’abord, je vous fais remarquer ce que je considère être, de votre part, une méprise. J’ai parlé de la notion de partage que l’on ne trouve que dans la doctrine chrétienne. Je n’ai pas parlé des catholiques, c’est vous qui en parlez. Il ne faut pas, comme pour toute institution, confondre le message ou la mission et la structure temporelle qui l’accompagne et qui est dirigée par des hommes nécessairement imparfaits.

                  Au-delà de cette remarque, je trouve votre critique de l’église catholique fort injuste et vous invite à réviser vos connaissances à son sujet. Je ne prendrai que quels exemples que je trouve significatifs. Tout d’abord, l’Eglise a amené, dans les débuts du christianisme, la civilisation, notamment avec les moines défricheurs dès le tout début du moyen-âge. La région des Dombes en France en témoigne et la richesse n’est pas allée à la seule Eglise, mais à toute la population. Par ailleurs, l’Eglise n’a pas attendu Jules Ferry pour enseigner au plus grand nombre et je vous renvoie à divers livres d’histoire bien renseignés sur ce sujet. Enfin, l’Eglise a inventé les hôpitaux, les universités et la charité pour les pauvres à une époque où les civils ne faisaient pas grand cas de la misère d’autrui.

                  Accuser l’Eglise des maux que vous décrivez, elle qui par ailleurs, et là encore je vous conseille de vous renseigner sérieusement, ne croule pas sous l’argent, me paraît donc bien injuste. Tout au plus a-t-elle un patrimoine immobilier, essentiellement foncier d’ailleurs, qui est le fruit de son histoire. Pour ma part, j’aime mieux savoir ce patrimoine en les mains de l’Eglise, à Paris notamment, qu’aux mains des promoteurs immobiliers qui, si l’Eglise n’en retire rien, eux ne s’en priveraient pas.


                •  C BARRATIER C BARRATIER 12 septembre 2011 10:07

                  Geneste, je n’ai pas dit que l’église catholique était tout le christianisme aujourd’hui, je me plaçais dans une perspective historique et il n’y a pas si longtemps ceux qui en France avaient la prétention d’être chrétiens non catholiques étaient brulés vifs par l’Inqusisition, ou assasinés chez eux, etc. Le christianisme ici, c’était le catholicisme obligatoire !

                  Que la rafle de la richesse produite par l’église catholique dans le monde ait eu des retombées sur le développement et sur des populations est certain, Milton FRIEDMAN défend aussi l’idée que le libéralisme et ses quelques milliardaires provoquent des apports au niveau de vie de chacun. J’ajoute qu’il leur faut bien des domestiques.
                   Votre doctrine paraît être la même, et vous ne pouvez nier la grande pauvreté de nos paysans aux temps que vous citez, pauvreté contemporaine de l’enrichissement exponentiel de l’église qui les contrôlait tous ; ils étaient obligés d’y faire faire baptiser leurs enfants, c’est à dire d’en faire don à l’église qui devenait propriétaire de leur conscience, ils ne pouvaient pas se marier hors l’église...j’en passe.

                  Comme nos multinationales l’Eglise catholique a des biens immenses, des tonnes d’or et d’argent massif, des rues entières, des revenus importants, dans le monde entier. Je ne demande pas que leurs biens servent des promoteurs immobiliers mais au moins leurs pauvres à eux, les catholiques, une redistribution au plan mondial, en premier lieu là où on meurt de faim, idem pour les loger, leurs pauvres dorment souvent dans la rue...

                  Ils amassent comme les milliardaires du système que vous critiquez. Si vous n’aviez pas donné l’exemple fallacieux du christinaisme comme modèle de solidarité, je n’aurais pas abordé ce sujet.

                  Le catholicisme fondamentaliste (qui ne représente pas les catholiques de notre pays ni d’Espagne !) défend le système capitaliste en combattant tout ce qui peut le freiner, y compris la démocratie, et aujourdjui dans notre pays, il a des représentants au gouvernement qui détournent des fonds publics vers les propagandistes du catholicisme.

                  Voir ici « Ecole, République, Opus Déi, Darcos... », c’est "édifiant !

                  http://chessy2008.free.fr/news/news.php?id=197


                  • Geneste 12 septembre 2011 12:33

                    Cher monsieur,

                    Je ne vais pas répondre dans le détail à vos propos. Il faudrait plus de temps. Néanmoins, je considère que, concernant l’église catholique, qui, comme toute institution n’est pas exempte de défauts, vous exagérez ! « Il faut juger l’arbre à ses fruits » est-il écrit dans la Bible. Reconnaissez que la seule civilisation qui a permis à l’homme de passer d’une espérance de vie de 30 ans à 80 ans est la civilisation occidentale, donc chrétienne, donc en partie (pour plus de 50%) catholique.
                    Quant aux pauvres catholiques, en France, ils peuvent aller au secours catholique où ils seront reçu du mieux possible et je pense honnêtement que si toutes les religions s’occupaient de leurs pauvres comme le font les catholiques, dans le monde entier, nous n’en serions pas là (cf. ce qui se passe en Afrique par exemple). Cela vaut aussi pour la nouvelle religion du moment, en France, à savoir la laïcité, qui dit s’occuper des pauvres en prenant les impôts de tout le monde et non ceux, seuls, de ceux qui pratiquent cette nouvelle religion. Si l’on regardait les oeuvres des uns et des autres proportionnellement aux moyens, les catholiques n’ont absolument pas à rougir. Par ailleurs, je vous fais remarquer que les oeuvres de charité catholique sont financées par la générosité de donneurs, une vraie générosité, gratuite (au sens où l’on n’est pas obligé de donner).
                    Pour le reste, vous êtes remonté contre les catholiques. C’est votre droit et, dans une certaine mesure, votre problème. Mais avouez que comparer la doctrine catholique à ce qui est professé par l’Ecole de Chicago, c’est un peu osé...


                  •  C BARRATIER C BARRATIER 12 septembre 2011 19:54

                    Je ne suis pas remonté du tout contre les catholiques. Ils sont très majoritairement laïques comme moi, qui les respecte pareillement à toutes les philosophies. Vous parlez de religion laïque, alors que la laïcité n’est même pas une opinion, elle est par contre la liberté d’en avoir une. Lorsque des athées ou des croyants de n’importe quelle religion sont menacés, la République a le devoir de les défendre et de punir leurs agresseurs ; c’est ce qu’elle fait. Même si les éthées ou les croyants menacés ne sont pas laîques, car partout il y a les laïques et les totalitaires, leurs ennemis !
                    Voilà ce qu’est la laîcité :

                    http://chessy2008.free.fr/news/news.php?id=196

                    Heureusement que comme toutes les religions l’église catholique rend des services (ce n’est pas elle qui a fait notre système de protection sociale, mais les Résistants et le gouvernement de 1945, au temps où l’église avait du pouvoir sur l’Etat, le temps des rois, elle ne l’a pas fait. Ce qui ne veut pas dire qu’elle était contre.
                    Mais quand on amasse de la richesse, dans une « secte » qui est la religion des « autres », dans une religion, quand on amasse de la richesse dans le système du libéralisme sauvage, quand on amasse de la richesse pendant que des pauvres sont mal logés ou pas du tout, mal soignés ou pas du tout, on est cousins, le pape et sa hiérarchie proche est cousin des exploiteurs, puisqu’il a amassé, amasse, et conserve ! Les catholiques que je connais bien, dans ma famille et autour, sont de cet avis !


                    • catherineMS catherineMS 11 février 2012 17:43

                      Les Echos commettent une petite erreur de définition ; il ne s’agit pas d’une relocalisation car le préfixe Re indique bien un RETOUR, mais une nouvelle délocalisation,
                       
                      la délocalisation : on quitte le pays d’origine et on va dans un pays d’accueil autre que le pays d’origine,

                      dans le cas SChneider, où on quitte un pays d’accueil et on va dans un autre pays d’accueil, on parle de délocalisation en cascade....

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