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Accueil du site > Actualités > Economie > Travailler moins pour vivre mieux : pour un Nouveau Contrat (...)

Travailler moins pour vivre mieux : pour un Nouveau Contrat Social

Dans la première partie de cet article, on s’était posé la question de ce qu’est le Travail humain, de ce qu’il signifie et de sa fin inéluctable lorsque les machines, « intelligentes » ou non, seront capables de tout faire ou presque à notre place. Dans cette seconde partie, en se basant sur Le Livre noir du libéralisme de Pierre Larrouturou (éd. du Rocher, sept. 2007), on se livre à une critique impitoyable de l’ultralibéralisme (ou du capitalisme financier spéculatif mondialisé, c’est comme vous voulez) et on démontre, programme à l’appui, qu’un autre monde est possible, réaliste et crédible, alternatif à l’altermondialisme illusoire prôné par l’extrême gauche. Comme dans la première partie, pour rester dans un cadre hexagonal, on ne se prive pas de ne pas prendre au sérieux le slogan « Travailler plus pour gagner plus » de notre omniprésident de la droite décomplexée et encore moins de fustiger l’autisme aprogrammatique et électoraliste des éléphants roses du PS, tous courants confondus. Enfin, on joue à se faire peur en évoquant ce qui pourrait se produire dans l’hypothèse (pas du tout d’école) où l’ultralibéralisme mondialisé s’écroulait incessamment sous peu, victime de ses excès et aveuglements court-termistes. Aux armes citoyens ! Sortez vos cheffaillons !

Le Livre noir du libéralisme

Nous n’en sommes pas encore à la fin du Travail, même si celle-ci se rapproche. Voyons donc où nous en sommes ici et maintenant.

Pierre Larrouturou, dans son dernier livre Le Livre noir du libéralisme, préfacé par Michel Rocard (éd. du Rocher 2007) fait un bilan implacable des ravages que le néolibéralisme (y compris celui appliqué par les pseudo-socialistes). Crises boursières, chômage, précarité, Sécurité sociale, retraites, éducation, salaires : tout y passe. C’est accablant.

Pour vous donner une idée du contenu de cet excellent ouvrage passé quasi-inaperçu au milieu de la déferlante de médiocres bouquins socialo-socialistes pro ou anti-Ségolène Royal dont le point commun est l’absence de toute proposition politique constituant une alternative crédible au néolibéralisme, lisez simplement la présentation qui figure sur la 4e de couverture :

"Chiffres à l’appui, Pierre Larrouturou démonte les mécanismes et les dangers du libéralisme : dans tous les pays qui ont mis en place une politique de ce type, États-Unis et Chine compris, la précarité explose, le niveau de vie des salariés diminue, l’accès à la santé est de plus en plus difficile. Et la croissance ne se maintient qu’au prix d’un endettement privé qui atteint un niveau insoutenable. Non seulement le libéralisme n’est pas la panacée, mais il peut, assez vite, nous mener à la catastrophe. ’La crise des années 30 est devant nous’, affirment certains économistes.

Qu’en est-il pour la France ? Sur le chômage et les retraites, l’auteur dénonce les mensonges du bilan affiché par l’UMP. De façon très argumentée, il démasque les impasses et les dangers de la stratégie économique de Nicolas Sarkozy.

Loin des idées répandues par la droite, Larrouturou met en évidence les performances françaises en termes de compétitivité et dessine un nouveau contrat social. Car, si le système économique mondial menace de s’effondrer, il y a urgence à construire une alternative. Si la gauche ne le fait pas, n’est-elle pas complice du système ?

Pierre Larrouturou est entré au PS après le 21 avril 2002. Ce qu’il raconte sur le fonctionnement réel de la rue de Solférino ne fera pas plaisir à tout le monde... Là aussi, l’analyse est sans tabou et pourrait conduire au pessimisme. Mais Larrouturou ne se contente pas de critiquer : il propose des solutions et un véritable plan d’action".

Ce livre est préfacé par Michel Rocard, ex-Premier ministre socialiste : "Pierre Larrouturou exprime le savoir considérable qu’il a accumulé sur l’état de l’économie contemporaine, et c’est déjà très important. Il crie aussi son angoisse. Et je partage cette angoisse".

Pour vous situer Pierre Larrouturou, dès 1993, il a lancé le débat sur la semaine de quatre jours (qui n’a rien à voir avec les pitoyables 35 heures) en compagnie de Gilles de Robien (UDF) ; ses réflexions sur la réduction du temps de travail ont ainsi été à l’origine de la très timide loi Robien : c’est dire s’il n’est pas sectaire. Dès 1999, cet Européen convaincu s’est fait l’avocat d’un véritable traité de l’Europe sociale, pressentant longtemps avant les éléphants roses autistiques de la rue de Solférino que le TCE ne pourrait qu’être rejeté s’il n’était pas sérieusement amendé dans un sens plus social. Bien entendu les hiérarques socialistes ne l’ont pas écouté, avec les conséquences qu’on sait...

La semaine de quatre jours contre les 35 heures

Quelques chiffres français depuis trente ans, pour commencer : "Depuis 1974, le total des heures travaillées (tous secteurs confondus) est passé de 41 milliards d’heures à 36,9 milliards" (source : Insee). Pendant la même période, la population active est passée de 22,3 à 27,2 millions d’individus. Etant donné que l’économie française a produit 76 % de plus avec 10 % de travail en moins, Larrouturou fait ce constat incontestable : "La demande de travail nécessaire à l’économie a baissé de 10 %, mais le nombre de personnes disponibles a augmenté de 23 %. Un écart de 33 % s’est creusé entre l’offre et la demande de travail. [...] Si dans le même temps la durée du travail avait baissé de 33 %, le chômage serait resté à son faible niveau de 1974". Or la durée de travail pour un emploi à temps plein a très peu baissé en trente ans, tandis qu’augmentait sans cesse le nombre d’emplois précaires. Larrouturou en tire les conclusions : "C’est donc un ’partage du travail’ assez sauvage qui s’est mis en place : 4 millions de personnes font 0 heure par semaine (les chômeurs) ; 19 millions travaillent plein pot (parfois trop) ; 4 millions sont à temps partiel (via les CDD ou l’intérim)".

En attendant la fin du Travail et dans une perspective égalitaire, il est évident qu’il faut modifier en profondeur ce partage de l’activité laborieuse. C’est ce que Larrouturou se propose de faire en instaurant la semaine de quatre jours. Pour information, depuis 1993, 400 entreprises (comme par exemple Fleury-Michon ou Mamie Nova) sont déjà passées à quatre jours sans rien perdre en productivité et en embauchant (10 à 15 % de nouveaux CDI à temps complet sans augmentation des coûts de production ni des bas salaires) : ce n’est donc pas une utopie née dans le cerveau embrumé d’un doux rêveur !

L’instauration de cette semaine de quatre jours, il propose de la faire par référendum et en trois temps qu’il a baptisé "4-4-42", le premier "4" correspondant à la semaine de 4 jours à la carte avec activation de systèmes de formation professionnelle si nécessaire ; le 2e "4" désigne la possibilité de prendre 4 années sabatiques au cours de sa vie professionnelle ; enfin, le "42" correspond à 42 années de cotisations pour les plus jeunes (y compris les 4 sabatiques).

Pour que cette mesure soit efficace, il faut repecter un bon timing dans l’ouverture de plusieurs chantiers : celui du financement des créations d’emploi, par exemple, en dispensant du paiement des cotisations chômage, les entreprises qui passeraient à 4 jours en créant un minimum de 10 % de CDI ; et ceux de l’amélioration de la formation, de la lutte contre la précarité en favorisant les regroupements d’employeurs, en développant la polyvalence et en instaurant la Sécurité sociale professionnelle, et enfin en réorganisant le travail "à la carte" afin que cette mesure puisse s’adapter souplement aux diverses branches professionnelles.

Cette semaine de 4 jours à la carte pourrait se décliner selon 9 grandes modalités différentes : 4 jours sur 5 pour la plupart des salariés, ou encore 1 semaine de libre sur 5, 1 week-end de 4 jours toutes les 2 semaines, 4 jours sur 5 1/2 ou 4 jours sur 6 dans la distribution, 4 jours sur 7 dans les hôpitaux ou les transports, 1 mois sur cinq pour les chercheurs ou les informaticiens, 1 an sabatique tous les 5 ans, alternance de semaines de 3 jours et de semaines de 5 jours (pour les routiers par ex.), et... tout ce que l’on veut et peu imaginer et négocier.

Et encore une fois, cette réforme n’a strictement rien à voir avec les 35 heures, lesquelles n’ont été qu’une mesure discriminatoire, inégalitaire, inefficace, bordelique et peu créatrice d’emplois. D’ailleurs, dès 1998, Larrouturou avait dénoncé les 35 heures dans son livre 35 heures, le double piège... sans être entendu par les éléphants roses. En effet, presque tout sépare la semaine de 4 jours des 35 heures. Voici la liste des différences entre les deux en 7 points :

1) les 35 heures ont été imposées arbitrairement, alors que par le référendum 4-4-42, cette loi serait négociée à la carte avec les partenaires sociaux ;

2) la loi des 35 heures a été adoptée sans réel débat alors que le référendum 4-4-42 ferait l’objet d’un débat public ;

3) les 35 heures sont un leurre puisque la durée réelle du travail peut rester à 38 ou 40 heures et plus, alors qu’avec le 4-4-42 la durée réelle doit impérativement passer à 32 heures "à la carte" en moyenne ;

4) dans le cadre des 35 heures, les exonérations fiscales ne sont pas conditionnées à la création d’emplois, alors qu’avec le 4-4-42, les exonérations n’affecteront que les entreprises ayant créé au moins 10 % de CDI nouveaux ;

5) la loi des 35 heures n’intègre pas la question des retraites, alors que le référendum 4-4-42 le fait, permettant ainsi de sortir du couple infernal chômage-retraite ;

6) la loi des 35 heures ne fait aucun lien avec d’autres problèmes de société qu’elle prétend pourtant résoudre, alors qu’avec le référendum 4-4-42, "le même jour aurait lieu un référendum sur la citoyenneté. Des négociations sont engagées en parallèle sur l’accès à la formation, la lutte contre la précarité puis sur l’évolution des rythmes scolaires", etc.

7) le bilan des 35 heures n’a vraiment rien d’enthousiasmant. Cette loi n’a créé qu’environ 350 000 emplois et n’a profité qu’à très peu de travailleurs, alors que la totalité de la réforme 4-4-42 pourrait créer environ 2 millions d’actifs cotisants de plus tout en rééquilibrant profondément les rythmes de vie de l’ensemble des citoyens.

La semaine de 32 heures, c’est donc tout à fait faisable et ça ne coûterait pratiquement rien. Il suffit de le vouloir. Seul un vrai parti social-démocrate authentiquement réformiste et décidé à s’attaquer au chômage, à la précarité et aux inégalités serait capable de faire cette proposition révolutionnaire, mais pas violente ni ennemie de l’économie de marché et de la démocratie. Autant dire que ce n’est pas l’actuel PS comateux. Désespérant... à moins d’un salutaire et rapide sursaut ? Car ce genre de mesure, ça urge.

Les 32 heures, ce n’est pas assez et ce n’est pas une panacée...

Bien entendu, une mesure comme le 4-4-42, dont 68 % des Français sont persuadés qu’elle serait créatrice de très nombreux emplois selon un sondage CSA/La Vie de mai 1997 (alors que 69 % pensaient que les 35 heures ne créeraient que peu ou pas d’emplois), ne saurait suffire à vaincre le chômage et la précarité, étant donné que l’emploi salarié "traditionnel" est inéluctablement voué à s’amenuiser.

C’est la raison pour laquelle Larrouturou adosse cette mesure à 19 autres propositions pour un Nouveau Contrat Social : faire adopter un Traité de l’Europe sociale pour éviter le dumping intra-européen ; réunir un nouveau Bretton Woods pour éviter la grave crise monétaire qui menace ; négocier des montants compensatoires avec la Chine ; activer le Fonds de réserve des retraites pour financer une vraie politique du logement ; mettre en place une vraie politique de l’énergie (isolation, etc.) ; investir dans les énergies renouvelables autant qu’on l’a fait dans le nucléaire ; développer le tourisme, très créateur d’emplois sur tout le territoire ; aider à la création, à la formation et accompagner les créateurs d’entreprises ; exonérer de charges les 2 premiers emplois ; créer un Smal Business Act pour favoriser la croissance des PME ; instaurer un impôt européen sur les bénéfices et/ou une écotaxe ; mener une vraie politique de recherche publique et privée ; imposer des bonus-malus anti-précarité négociés branche par branche ; simplifier réellement le Code du travail et le faire respecter strictement ; sécuriser les chômeurs comme cela se fait au Danemark ; investir dans l’intelligence en créant un Plan Europe-Université ; instituer une école des parents ; abonner chaque enfant à un petit journal dès qu’il est âgé d’un 1 et demi, afin que tous aient accès à l’écriture et à la lecture, et imposer un cahier des charges culturel aux chaînes de télé.

C’est énorme, infaisable pensez-vous ? Pas plus que ce qu’ont réalisé les hommes de bonne volonté, de droite et de gauche, lorsqu’ils ont élaboré et mis en œuvre le programme du Conseil national de la Résistance dans une France ruinée au sortir de la Seconde Guerre mondiale, ce qui nous a permis de vivre dans la paix et la prospérité jusqu’à ce que le néolibéralisme décide de tout casser.

C’est donc faisable. Il suffit de le vouloir. Il faut pour cela que de vrais partis de gauche émergent sur les décombres du socialisme européen. En France, il faut que le PS explose ou implose, et qu’un nouveau parti, loin des tiédeurs floues et molles du MoDem, propose le Nouveau Contrat Social de Larrouturou. Chiche ?

Le barrage, les bulles et la bombe chinoise

En attendant la fin définitive du travail (qui est une échéance assez lointaine, mais à laquelle il faudra quand même nous préparer progressivement), il y a urgence à réorganiser nos sociétés malades de l’ultralibéralisme.

Dans Les Echos de janvier 2007, le professeur d’Harvard Jeff Frieden et le prix simili-Nobel d’économie Joseph Stieglitz tiraient la sonnette d’alarme et affirmaient que le niveau d’inégalité des revenus, de précarité de l’emploi et d’endettement public et privé des Etats-Unis (140 % du PIB lors du Krach de 1929, plus de 220 % aujourd’hui, brrr...) n’était plus soutenable et que, vu la mondialisation de l’économie, on pourrait très vite assister à l’effondrement du capitalisme planétaire.

Cette dette est, selon le secrétaire général de l’OCDE Angel Gurria, semblable à un barrage sur lequel une infernale pression s’accumule ; en 2006, il se demandait combien de temps encore ce barrage pourrait tenir avant d’être emporté par les flots de liquidités des capitaux erratiques et des bulles spéculatives des marchés financiers devenus fous.

Selon Les Echos (janvier 2007 toujours), si le barrage s’effondrait, "l’océan de liquidités céderait instantanément la place à un bain de sang" en Extrême-Orient. La bombe à retardement chinoise est en effet bien amorcée, nourrie par toutes les bulles spéculatives possibles sur fond de terribles tensions sociales et de misère paysanne et ouvrière galopante et de course au surarmement. Une grosse récession aux Etats-Unis, premier client de la Chine, ferait exploser cette bombe, et les stratèges géopolitiques estiment que dans ces circonstances, la dictature chinoise fuirait en avant dans un nationalisme anti-Taïwannais belliqueux : "Taïwan jouera au XXIe siècle le rôle qu’a joué l’Alsace-Lorraine en Europe au siècle dernier". Terrifiant. Et une seule cause fondamentale à cela : les ravages de l’ultralibéralisme, du capitalisme financier et spéculatif mondialisé.

En attendant la fin du Travail...

En attendant la fin du travail, il y a du pain sur la planche et de quoi se retrousser les manches citoyennes pour tenter d’éviter ces catastrophes. Cela ne se fera pas sans l’instauration d’un nouvel ordre, d’abord européen, puis mondial, qui devrait ressembler au Nouveau Contrat Social de Larrouturou. Si l’humanité parvient à se tirer d’affaire sans trop de casse économique et écologique, il lui restera à se demander que faire de son temps quand les robots travailleront à sa place. Commencer par réparer les dégâts causés à la Terre par la folie industrielle capitalistique, sans doute. Et puis rêver. Contempler le ciel étoilé et les splendeurs de la nature. Créer des œuvres artistiques. Jouir de l’instant présent. Imaginer d’autres possibles, l’esprit enfin libéré du fardeau torturant du Travail non choisi.

Autre chose que l’inepte "travailler plus pour gagner plus" de Sarkozy.


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128 réactions à cet article    


  • Marsupilami Marsupilami 13 décembre 2007 11:24

    @ Tous

    Vous pouvez lire la première partie de cet article ici : Travailler moins pour vivre mieux, du début à la fin du Travail.


    • aurelien aurelien 15 janvier 2008 14:13

      Ci-joint un article à l’époque refusé par le comité omniscient, faussement démocratique et vachement centriste Agora Vox, et posté peu après sur Oulala.net :

      Travailler moins vivre mieux... !

       

       


    • Marsupilami Marsupilami 13 décembre 2007 12:53

      @ Dom22

      Eh oui, les Anglais ont été parmi les premiers à bien dérouiller lorsque le tsunami néolibéral s’est écrasé sur la planète. Faut dire que Mamie Thatcher n’y allait pas avec le dos de la cuiller quand elle osait publiquement dire : « Society does not exist, only individuals do ». Rien de tel pour bouziller toutes les solidarités. Elle a bien réussi, l’affreuse boutiquière ultralibérale...


      • Marsupilami Marsupilami 13 décembre 2007 13:42

        @ Dom22

        « Réel clivage entre la droite et la gauche » en France ? Je n’en suis pas si sûr au niveau des appareils politiques. Il n’y a qu’à voir avec quelle facilité Sarko a débauché les « experts en économie » du PS - et parmi eux ceux-là même, comme Besson, qui avaient mitonné le programme de Démagolène Déloyale. Ce qu’il faudrait vraiment, c’est que le PS explose ou implose. Par contre, quand on lit le bouquin de Larrouturou, on se rend compte qu’à la base, oui, il y a énormément de gens de gauche déboussolés par la trahison du PS, et je suis sûr que si le référendum que propose Larrouturou était proposé à nos concitoyens, il obtiendrait sans peine la majorité des voix. Il y a une très grosse attente populaire vis-à-vis de la gauche de gouvernement. Elle est malheureusement aux abonnés absents.


      • Marsupilami Marsupilami 13 décembre 2007 14:23

        @ Dom22

        Larrouturou a un horrible soupçon : devant la réticence des éléphants roses à élaborer quelque programme réellement que ce soit, il les soupçonne de ne vouloir gagner que les élections locales pour se faire des fromages et laisser à la droite la tâche de faire le « sale boulot » au niveau national. Si c’est pas ça ça y ressemble fortement.

        Bon, pour ne pas désespérer totalement, je copie-colle le dernier paragraphe du bouquin :

        « Au boulot les socialistes » !

        Les statuts sont les statuts. Si nous sommes des milliers à signer l’appel, si nous sommes au moins 5000 à l’intérieur du PS ou 100 000 à l’extérieur, la direction sera obligée de nous écouter ! Et le PS se remettra au travail début 2008.

        S’il vous plaît, ne restez pas spectateurs !.

        Signez tous la pétition pour l’organisation d’un référendum pour les 32 heures hebdomadaires et le Nouveau Contral Social !


      • Gilles Gilles 13 décembre 2007 15:23

        Dom22

        « l’action de sarko sera bénéfique ; il va faire de tels dégats qu’ils en réveillerons l’opinion »

        Oui mais ce qui compte c’est surtout ce qu’en penseras l’opinion, et donc, la façon comment lui seront présentés les résultats. Un Sarko en forme peut très bien arriver à faire passer des vessies pour des lanternes à une majorité de votants. On l’a vu avec les stats sur la délinquance, sur le chômage (que même le BIT renie et donne un chiffre de 0,6% supérieur, en hausse en plus), les contrats libyens et chinois........

        Plus l’effet placebo. A force de dire que tout va mieux, sans contradicteurs (courtisanisés), et bien, on le croit ! Même si pour nous la pilule passe mal, on croit que ça pourrait aller mieux puisque le contexte globale est meilleure. Ya plus qu’à travailler plus !

        D’autant plus, si par miracle la croissance reprend, il aura assez de thune pour acheter la paix sociale, et là il deviendra un dieu...à charge pour son successeur de ce démerder avec ce leg trompeur. Si en plus se sont des socialos qui hérite de la merde, alors là, sûr que le passif leur sera mis sur le dos.

        Mais peut être que les socialos seraient en fin de compte contents d’hériter d’un pays expurgé du social..... on est pas sortis de la mouise

        PS : quand je dis socialo, je fais référence au PS, pas aux vrais socialistes.


      • Gilles Gilles 13 décembre 2007 17:49

        C’est vrai Dom qu’à ce rythme, ce serait de la SF s’il ne se fait pas détester assez vite. D’ailleurs j’entends de plus en plus de gens ayant voté pour lui qui commencent à flipper de ce qu’il fait. Même parmi l’UMP des députés osent le critiquer

        Mais bon, il est capable de changer de stratégie quand le vent tournera salement

        Qu’en au gouvernement fantôme (ou contre gouvernement), à l’image de ce qui se fait chez les British, se serait pas mal en effet et permettrait de montrer que l’opposition à des idées et sait comment les mettre en oeuvre. Mais pour l’instant je vois mal le PS. Ils seraient capables de commencer par s’étriper pour des postes...fantômes. Quant au Modem.....il lui faudrait d’abord recruter


      • Marsupilami Marsupilami 14 décembre 2007 14:36

        @ Parkway

        Laissons les éléphants et la gazelle se suicider et s’entretuer. La coquille vide du PS n’en sera que plus remplissable.

        En passant et pour rigoler, sur les fils de discussions de ces deux articles, de bonne et même miraculeuse tenue intellectuelle vu les standards d’Agoravox en la matière (à l’exception du pauvre troll Lerma), personne n’a l’idée de plusser ou moinsser les contributions à part un ou deux minables. C’est édifiant pour la décérébration de certains qui n’ont rien d’autre à foutre que de cliquer « + » ou « - » plutôt que d’avancer des arguments.

        Bon, je m’en fous, c’était juste une remarque, c’est si rare les fils de qualité où presque personne n’expose son opinion par des votes positifs et négatifs. Et aussi, et puis merde : tous mes articles ont toujours des scores énormément positifs, rogntudjuuu`...

        C’est nul mais on a les satisfactions narcissiques qu’on peut dans ce monde impitoyablement narcissique et concurrentiel. Là, vous pouvez tous moinsser à donf ce commentaire étatd’âmeux...


      • urza2020 13 décembre 2007 14:07

        Très bon article. Ce plan semble être très bien pensé, il ne manque plus qu’un leader charismatique et pédagogue pour le faire appliquer.

        Continue à écrire d’aussi bon article.

        Et vivement que ca pète. :p


        • Marsupilami Marsupilami 13 décembre 2007 14:27

          @ urza2020

          Ouais, vivement que ça pète. Côté leader charismatique, je n’en vois pas au PS qui aurait le courage de porter un tel projet. Larrouturou lui-même est un mec trop simple et humble. Mais bon, en signant massivement la [pétition pour un référendum sur le 4-4-42->http://www.nouvellegauche.fr/, l’occasion fera peut-être le larron ?


        • tvargentine.com lerma 13 décembre 2007 14:57

          « Travailleur indépendant dans l’édition, l’écriture et le journalisme »

          Tu travailles 32 h / semaine ?????????????,


          • Marsupilami Marsupilami 13 décembre 2007 15:14

            @ Lerma

            Je te l’ai déjà dit sur le fil de mon autre article d’aujourd’hui : oui, je suis travailleur indépendant, et alors ? Je suis aussi et entre autre un citoyen concerné par la misère et les inégalités. Moi, je fais ce qui me plaît alors mon temps de travail je m’en fous. Pour la plupart de salariés, c’est autre chose.

            T’es vraiment bouché à l’émeri et vu le temps que tu passes à poster des commentaires débiles sur Agoravox, tu dois travailler nettement moins de 32 heures par semaine, toi...


          • urza2020 13 décembre 2007 15:18

            quel est le rapport ?

            Ce n’est pas parce que quelque chose ne se fait pas en ce moment qu’il ne faut pas le faire.


          • seespan 13 décembre 2007 15:21

            @ marsupilami

            T’as toujours pas repondus a ma question. Qu’as tu fumé pour dire que bush etait mon pote ?


          • Marsupilami Marsupilami 13 décembre 2007 15:44

            @ Seespan

            J’ai rien fumé et j’ai pas dit ça, et c’est hors-sujet sur ce fil de discussion.


          • JL JL 24 décembre 2007 18:11

            Très bonne réponse à Lerma. En effet, un travailleur indépendant ou un patron travaillent pour eux : ils ne comptent pas leur temps, tout comme une ménagère ou un ’ménager’ ne comptent pas leur peine quand ils s’occupent de leur ménage, des enfants, etc.

            Un salarié travaille, en échange d’un salaire, pour un patron. C’est toute la différence entre les deux, et accessoirement avec l’esclave.

            Quand j’avais 30 ans, on envisageait sérieusement dans un avenir proche, la semaine de 16 heures. La semaine de 32 heures, outre les avantages cités, présente celui de pouvoir travailler 4 jours par semaine : c’est considérable.

            La politique des bas sallaires poursuivie par les libéraux implique que le salarié soit pressé comme un citron, avec pour conséquence le chômage que l’on sait. Si l’on devait payer décemment les chômeurs, il faudrait que les profit(eur)s acceptent d’en financer le coût.

            Or ils refusent, d’où le marasme que l’on sait, et qui ne pourra durer : au Medef, ils sont aussi bêtes que Lerma, mais considérablement plus riches, ce qui fait de ce dernier, un imbécile pitoyable, un pauvre con.


          • JL JL 24 décembre 2007 18:17

            « Il faut travailler pour vivre, et non vivre pour travailler » (l’avare, Molière. Enfin, presque).


          • Gilles Gilles 13 décembre 2007 15:50

            Je suis allé voir le lien de Marsupilami appelant à la création d’une nouvelle gauche. J’y lit en introduction :

            "Appel pour que le PS se mette au travail et qu’il s’ouvre à tous ceux qui veulent construire une Nouvelle donne à gauche... Que nous soyons militants PS ou non, vu l’importance du PS dans le paysage politique français, nous savons qu’il n’y aura pas de sursaut de l’ensemble de la gauche ni de réelle perspective de progrès social, si le PS ne change pas."

            Non mais c’est du guignolage ça ! Pourquoi vouloir s’agripper au PS ? C’est un combat perdu d’avance et ça fait vingt ans qu’on vous le dis.

            Le PS est un parti monopolisé par des oligarques, ou apparatchiks si vous préférez, tous tenant d’une économie capitaliste libéralisée et aucun n’appartenant vraiment à un milieu populaire (cad 80% des français).

            Un parti dont les émanations dirigent l’OMC et le FMI.... et je ne sais pas si vous avez vu, mais lors du passage de Lamy à l’OMC, cette institution se fait toujours plus le chantre de la libéralisation de tous les marchés du monde (pour eux tout peut être un marché) et pro pays du nord.

            Quand les parti type PS étaient majoritaires en Europe, cela n’a pas empêché la dérive ultra libérale de l’UE qui nous oblige à toujours plus libéraliser nos services, brader les entreprises stratégiques pour le « principe illusoire de la concurrence libre et non faussée », ouvrir l’économie aux spéculateurs

            Les élus PS, dans leur majorité, doivent leurs mandats (notez le pluriel) et leur future carrière à.... leur parti qui a pignon sur rue et ait suffisamment ancrés dans l’esprit du peuple, telle une vulgaire pub coca cola.

            Comment croyez vous qu’ils se décideraient à prendre le risque d’appuyer une politique vraiment socialiste alors qu’ils savent très bien qu’ils ont plus de chance de perdurer à leur poste, gagner beaucoup d’argent et de pouvoir dans la continuité ?

            Et Ségolène, l’égérie PS à la mode, si vous la trouvez de gauche, je vous plains. Encenser le Blairisme, insulter les profs en copiant Sarko....franchement elle vous parle comme à des cons car elle sait très bien que son élection elle la devra largement aux cons. En démocratie marchande compter sur l’esprit pour vaincre sur la démagogie est illusoire ; jamais vous ne dépasserez 20% et il faut utiliser les mêmes armes que l’adversaire.

            Pourquoi vouloir confier aux mêmes, que l’on voit partout depuis 20 ans, voir 30 ans, la charge de réformer en profondeur une société qu’ils ont largement contribué à construire ?

            Ne serait-il pas plus logique d’associer les citoyens honnêtes dans leur volonté affichée de réformer, qui représentent la vraie France, qui ne tirent aucun PRIVILEGE du système actuel, ni n’en tirerons du système futur hormis ce que tous gagneront ensembles ?

            Ah oui, mais là on va me dire sale gaucho, trotskiste, anar et j’en passe. Mais moi je vous dis que vous en remettre à la sempiternelle clique d’en haut, qu’il soit UMP ou PS c’est du pareil au même. Mêle si le PS est un tantinet moins pire, ils vont tous les deux dans la même direction


            • Marsupilami Marsupilami 13 décembre 2007 16:12

              @ Gilles

              Je comprends ta réaction. Le PS est en état de coma avancé et a trahi la plupart de ses idéaux. Il ne m’inspire absolument aucune confiance et encore moins d’enthousiasme, c’est peu de le dire. Mais que faire d’autre ? Les propositions de l’extrême-gauche sont démagogiques et irréalistes, le Modem est mou, et ce n’est pas la droite qui va se lancer dans ce genre de bouleversement. Y a pour l’instant pas le choix : faut que sa passe ou que ça casse par le PS. C’est ce que propose de faire Larrouturou qui, crois moi, n’est vraiment pas tendre avec les éléphants roses qui le rejettent et le méprisent.


            • Gilles Gilles 13 décembre 2007 17:58

              Effectivement Marsu, je ne vois pas non plus d’alternative pour l’instant

              On ne peut qu’espérer qu’un mouvement émerge, regroupant pourquoi pas des militants PS de gauche et des ex gauche radicale qui acceptent de larguer pour le moment l’idéal révolutionnaire utopique et la contestation systématique pour du pragmatisme.

              Mais pour ça, il faut d’abord larguer le PS, sinon rien ne se fera sans risques. Quant il sera a 10%, je suis sûr qu’une nouvelle force émergera à gauche. La droite du PS ira au Modem (DSK..etc etc) et les vrais de vrais seront surement trés heureux de retrouver les idéaux de gauche.

              En plus, on le voit dans ton site, il n’y a vraiment aucune allégresse à soutenir le PS ; c’est un acte par défaut, du type « voter pour le moins pire ». Donc soyez réalistes, larguez ces nases !

              D’ailleurs, moi qui cherchait en vain un mouvement où militer peut être serais-je convaincu....


            • Marsupilami Marsupilami 13 décembre 2007 18:13

              @ Gilles

              Le truc de Larrouturou c’est de jouer avec les statuts du PS pour mettre la pression sur les apparatchiks gauche-caviar qui squattent Solférino. Si 5000 militants signent sa pétition pour le 4-4-42, les éléphants roses seront satutairement obligés de débattre de ce programme... Débat qui ferait probablement exploser le PS et permettrait à terme la création d’un vrai parti de gauche réformiste et responsable. Y a peut-être un coup de billard à deux bandes en-dessous de cette initiative. Je ne vois pas d’autre alternative pour le moment. C’est désespérant mais c’est comme ça.

              De toute façon le PS actuel ne survivra pas à 5 ans de Sarkosysme. Le petit Nicolas débauchera tous les « meilleurs » socialos, c’est-à-dire les pires, et bon débarras ! Quant à DSK, il serait effectivement très bien au Moudem.

              Quelle misère...


            • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 13 décembre 2007 15:57

              Excellents articles qui dénoncent comme il se doit l’idéologie de la valeur du travail comme fin en soi ; alors que

              1) Le travail dans le contexte du salariat c’est nécessairement l’employabilité et celle-ci est toujours domination (employer = ployer sous le pouvoir d’un employeur). Il n’est libre que lorsqu’’il est libéré de la contrainte du profit, surtout à court terme, comme valeur dominante. Plus un travail (comme transformation de la réalité naturelle et humaine) est vécu comme un loisir dans l’autonomie (ce qui ne veut pas dire indépendance), plus il est libre et gratifiant, donc plus il a de la valeur.

              2) « Travailler pour gagner plus » fait de l’économie le moyen et la fin de la vie et donc réduit nécessairement la vie privée au profit de l’employabilité ou des contraintes captalistiques. C’est un mot d’ordre anti-libéral qui vise à soumettre l’ensemble de vie au seul pouvoir du capital (financier)

              3) Le pouvoir de l’argent ou de la dite loi des marchés, peu ou prou monopolisé par des décideurs anonymes qui échappent à tout contrôle politique devient la forme d’un despotisme contre lequel toute forme de révolte devient inefficace, voire contre-productive, car sans personne pour incarner la domination qu’il exerce .

              Ainsi les propositions que vous reprenez à votre compte, aussi excellentes soient-elles sur la papier, ne disent rien sur les conditions d’une mobilisation nécessairement mondiale contre cette idéologie en vue d’instaurer d’autres règles des échanges économiques visant à revaloriser la travail comme développement des capabilités (A.Sen) de chacun et surtout à élargir, comme l’idée même de liberté l’exige, le vie privée ou autonome par rapport à la vie sous contrainte économique économique , sachant, comme vous le dites, que la part du travail, ne peut que diminuer à l’avenir. Sauf à courir à la catastrophe écologique et humaine d’un productivisme destructeurs des conditions humaines et naturelles de la vie autonome.

              Le travail n’est qu’un moyen de vivre et non une fin : Il faut travailler pour vivre le plus possible hors d’un travail considéré comme un emploi. C’est la seule manière de s’affirmer authentiquement libéral.


              • Marsupilami Marsupilami 13 décembre 2007 16:22

                @ Sylvain

                Excellent commentaire. Il est évident qu’il va falloir transformer profondémént l’économie mondiale EN PLUS. Mais je persiste à penser que le libéralisme philosophique abstrait et vertueux auquel tu t’accroches ressemble étrangement au « pur communisme » qui existerait quand même (pour ceux qui croient dans les bienfaits de cette idéologie) bien qu’il ait lamentablement échoué dans les pays où il a gouverné. D’ailleurs les néolibéraux économistes se passent très bien des valeurs morales et éthiques du libéralisme philosophique quand ils ne s’assoient pas carrément dessus au nom du profit et de la domination esclavagiste.

                Il faut empêcher les pollueurs de polluer et les spéculateurs de s’en mettre plein les poches, il faut empêcher les entrepreneurs de créer des marchandises inutiles ou nuisibles, etc. Par la force et par la loi, au nom du bien commun. Ce qui n’est pas très libéral, non ?


              • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 13 décembre 2007 16:51

                C’est tout à fait libéral au contraire : le liberté et les droits universels supposent au contraire la loi pour être défendus. C’est la loi qui libère et l’absence de loi qui permet l’oppression des forts sur les faibles comme l’ont très bien dit Rousseau et quelques autres après lui.

                Ceci dit une loi nationale dans un contexte économique et écologique international n’a pas grand sens...C’est pourquoi je ne crois pas trop à un référendum national pour traiter un problème mondial.


              • Marsupilami Marsupilami 13 décembre 2007 17:20

                @ Sylvain

                On est bien d’accord là-dessus. Mais n’est-ce pas anti-libéral, au sens philosophique, que d’empêcher un entrepreneur de produire des biens inutiles ou nuisibles ? « Entre le riche et le pauvre, entre le puissant et le faible, entre le maître et le serviteur, c’est la liberté qui opprime et la loi qui libère » (Henri Lacordaire).

                Par ailleurs Larrouturou cultive de très nombreux contacts avec les socialistes européens. Et puis il faut bien commencer par un bout, non ?

                Quant aux référendums, je sais ce que tu en penses... Dans le cas de Larrouturou, je pense qu’il a choisi cette option pour essayer de contourner l’inertie programmatique et électoraliste du PS. Ça peut se comprendre.


              • Christophe Christophe 13 décembre 2007 17:43

                @Sylvain Reboul,

                Je rejoins l’avis de Marsupilami ; sa façon d’approcher le libéralisme est aussi celle qui prédomine dans ma pensée. Le libéralisme étant assuré par un ordre social et non par un ordre exclusivement économique, comme certains tentent de nous le faire croire ; prenant en considération que l’aspect économique est englobé dans l’approche sociale. Si la notion de liberté existe, donnant naissance au libéralisme, elle le doit principalement à la volonté d’émancipation des individus dans le contexte social, seule outil permettant d’éviter le conformisme social.

                D’autre part, il faut souligner que l’approche purement économique actuellement appliquée renie l’aspect social et non l’englobe, elle renie donc le libéralisme authentique ; ce qui lui a permis de se hisser à un niveau d’action mondial, alors qu’il n’existe pas de société mondiale.

                Il convient donc à chaque société (nation) de réagir, sinon nous resterons dans cette spirale mondiale qui ne souhaite que la destruction des sociétés, éliminant de fait ce qu’ils appellent les contraintes sociales mais aussi politiques ; renvoyant donc le libéralisme à la loi du plus fort.


              • Gilles Gilles 13 décembre 2007 18:29

                Cet article aura au moins déclenché cet échange des plus enrichissant entre Sylvain, Marsu et Christophe.

                Le libéralisme des origines visait a libérer l’homme du joug, de la domination stérile d’une classe de parasites qui prévalait alors et prétendait amener l’avènement d’un modèle social destiné à faire progresser l’ensemble de la société. Il englobait bien plus que de simples concepts économiques basés sur les marchés et l’argent comme unique étalon de valeur. Même dans Adam Smith, pourtant encensé par nos libéraux actuels, on comprend que la maitrise des moyens de production et de son destin par le travailleur est la condition sine qua non pour que le travailleur sois libre.

                Les concept de ce libéralisme aura été perverti par nos néo-libéraux actuel qui se comportent exactement comme les parasites de l’ancien régime.

                Sinon, je pense comme Sylvain. Même si vos mesures sont pertinentes Marsu, elle ne peuvent être d’actualité que dans un contexte international. Il faudrait au moins que l’Europe aille dans ce sens car la France isolée, soumises qu’elle le veuille ou non aux règles de la concurrence exacerbé entre citoyens des nations risque de se planter, minée par les coups bas des chasseurs de profits et de ceux qui se parent de nationalisme ; un peu comme les aristos de l’ancien régime qui complotèrent avec les ennemis de leur pays adoré contre le pouvoir révolutionnaire du peuple français.


              • Marsupilami Marsupilami 13 décembre 2007 18:41

                @ Gilles

                C’est évident qu’il faut une coordination des politiques sociales générales pour mener à bien un tel programme. Et il est tout aussi évident qu’il est impossible de le faire mondialement pour l’instant.

                Larrouturou est, me semble-t-il, un pragmatique. Ce qu’il cherche à faire, se situe à la fois dans un cadre français et européen (encore une fois, nombreux contacts avec les authentiques socialistes européens). Si déjà l’Europe arrivait à faire ça, ce serait déjà pas mal... et constituerait un exemple. Encore une fois, il faut bien commencer par un bout, à un moment donné et quelque part. On a pas attendu que toutes les monarchies du monde soient balayées pour le faire en 1789. Et la révolution française a quand même produit des effets mondiaux...


              • Gilles Gilles 14 décembre 2007 06:26

                Eh bien, il va falloir que je lise son bouquin. Tu m’as donné un peu de lecture, merci !


              • Emmanuel W 14 décembre 2007 11:15

                Globalement d’accord avec vous sauf sur un point : vous ne confondriez pas « libéral » avec « libre » ?

                Quels sont pour vous les penseurs « libéraux » qui condamnent le libéralisme économique ?


              • Marsupilami Marsupilami 14 décembre 2007 11:30

                @ Emmanuel W

                A qui s’adresse ta question ? A Sylvain, à Gilles, à Christophe ou à moi ?


              • Emmanuel W 14 décembre 2007 13:36

                Et bien à qui veut bien répondre parmi vous quatre...


              • Marsupilami Marsupilami 14 décembre 2007 14:12

                @ Emmanuel W

                Bon, ben je m’y colle en premier.

                « Globalement d’accord avec vous sauf sur un point : vous ne confondriez pas »libéral« avec »libre«  ? ».

                Moi, pas du tout. Seuls les extrémistes du libéralisme philosophico-économique, les libertariens, confondent « liberté » et « libéralisme », la liberté étant pour eux celle d’un renard supposé vertueux et ami des poules dans un poulailler ouvert à tous vents (voir ma citation de Lacordaire dans un post ci-dessus). Le libéralisme philosophique a (pro)posé les conditions de possibilité sociales, morales et éthiques de la liberté individuelle, qui ne peut réellement exister qu’au sein de l’appartenance à une communauté humaine qui permet à l’individu d’advenir à lui-même (sinon, il n’est qu’un « enfant sauvage » sans langage ni socialité. La liberté individuelle n’est possible qu’encadrée par le droit, fruit d’une régulation collective. Dans un système libéral sans droit (donc philosophiquement impensable et absurde), il n’y a pas de liberté sans qu’on trinque... quand on est pas dominant. Par contre, si le droit, expression d’une régulation collective, tempère les excès de la liberté individuelle (l’individualisme), on est dans un système viable et paradoxalement équilibré où il n’est pas de libertés sans contraintes (de libertés individuelles sans contraintes collectives). Concrétement : je suis libre de faire ce que je veux du moment que je n’empêche pas mon voisin de l’être aussi et que les initiatives que je prends du fait de ma liberté individuelle ne nuisent pas à la collectivité. La liberté n’est pas un donné inné, c’est une responsabilité.

                « Quels sont pour vous les penseurs »libéraux« qui condamnent le libéralisme économique ? ».

                A ma connaissance il n’y en a pas, mais je ne suis pas omniscient. Dans la pensée libérale originelle, née dans la lancée des « Lumières », le philosophique, le social, le moral et l’économique étaient indissolublement liés, selon des modalités, des dosages et des hiérarchisations qui variaient selon les penseurs. Et je ne suis pas loin de penser que le mythe autorégulateur et homéostatique de la « main invisible du marché » chère à de nombreux penseurs libéraux soit une survivance des croyances religieuses dans le miraculeux. D’un autre côté, les penseurs libéraux qui prennaient en compte la nécessité de régulations étatiques devaient se sentir plus ou moins orphelins d’une puissance tutélaire assez incompatible avec les libertés individuelles perçues selon une logique binaire d’opposition entre ses élements, alors qu’ils sont aussi complémentaires.

                De toute façon, il n’y a plus aujourd’hui de pensée globale authentiquement libérale et néanmoins humaniste (terrible paradoxe que cet oxymore qui ne devrait pas en être un si l’on en croit Sylvain Reboul !) à part, peut-être, celle de Rawls, très marginale et dont les simili-Nobelisés de l’Economie ultralibéraux qui occupent le devant de la scène en se contrefoutant de toute philosophie morale et politique se soucient comme d’une guigne, occupés qu’ils sont à construire des modéles économétriques abscons d’où l’Homme est absent.


              • Marsupilami Marsupilami 14 décembre 2007 15:58

                @ Léon

                Argl ! Je me tue à lui dire ça depuis nos interventions mutuelles sur Avoravox, mais le camarade Reboul, retranché dans la Tour d’Ivoire de ses Conceptions Pures, Abstraites, Filousophiques et Idéalistes ne veut rien savoir. C’est pas le rasoir d’Ockham, c’est le rasoir d’occase qui guide le fil de sa pensée hellénistique déconnectée eu réel des esclaves qui la permettent sans qu’il s’en aperçoive dans son arrogante morgue. Il est irrécupérrable. Et en plus ce fat honoraire se croit aurorisé à donner des leçons à tout le monde du haut de ses trois ou quatre pensums rationalistes à la gomme qu’il diffuse sur son blog sermonneur et sur Agoravox ! Misère...


              • Christophe Christophe 14 décembre 2007 16:06

                @Emmanuel W

                Globalement d’accord avec vous sauf sur un point : vous ne confondriez pas « libéral » avec « libre » ?

                Entre le fait d’être libéral et prôner la liberté individuel, il faut avoir le sens des nuances. Parler de liberté individuelle ne consiste pas à atteindre la liberté absolue de chaque individu sachant que les dominants (quel que soit l’outil de valorisation, qu’elle soit physique dans les tribus archaïques ou monétaire de nos jours) pourront contraindre la liberté d’autrui par l’autorité qu’ils ont dans le système de valeur social du moment.

                Il me semble, mais je ne détiens pas LA vérité, que la liberté individuelle ne peut se mesurer que dans un contexte sociale ; en résumé, je reprendrais les propos que j’ai tenu à LOmiG : Le libéral est celui qui met le développement de l’individu au premier plan ; la liberté individuelle ne pouvant s’appliquer que dans un contexte social : l’homme est un animal politique. Il y a donc interaction entre les phénomènes sociaux et le développement de l’individu, il faut trouver un équilibre pour ne céder ni sous le poids du conformisme, ni sous le poids d’une liberté absolue utopique, une illusion en quelque sorte. Un libéral doit avoir tout autant le souci du développement de sa propre liberté mais aussi celle de ceux qui l’entourent.

                Quels sont pour vous les penseurs « libéraux » qui condamnent le libéralisme économique ?

                Je ne connais pas de penseurs qui condamnent le libéralisme économique ; mais certains comme Sfez, voire Appel même Habermas qui insistent sur l’impasse vers laquelle le libéralisme vu sous le prisme exclusif de l’économie, et son pendant le modernisme, nous mène. Il me semble que ce ne soit pas une condamnation du libéralisme économique, mais tenter de le resituer dans son environnement ; à savoir son environnement social. Sur ce point, nous retrouvons quelques lectures intéressantes en anthropologie qui mettent en évidence que les valeurs économiques plus ou moins correspondantes aux notre, dans les tribus étudiés, sont dépendantes de l’ordre social.

                Ce n’est donc pas le libéralisme économique qui est condamnable, mais le fait de lui donner la primauté sur les contextes dans lesquels il s’applique ; que cela soit le contexte social ou même écologique. Les droits et devoirs des Hommes ne sont présents que pour permettre le « vivre ensemble » ; fixer des limites par la loi en évitant de contraindre la liberté d’autrui. La liberté ne peut donc être que relative en fonction de la position sociale du sujet et de l’objet traité sans jamais atteindre l’utopie de l’absolu ni si possible être par trop contraignante.


              • Marsupilami Marsupilami 14 décembre 2007 16:29

                @ Christophe

                Assez d’accord avec toi, sauf que Rawls me paraît plus préoccupé par l’articulation entre le libéralisme philsophique et son efficience et ses applications économiques. Mais je range quand même ça au niveau de la branlette intectuelle définitisement révolue (comme les pensées des Lumières, inverses-vidéo des pseudo-obscurantismes du Moyen-Age, et pas si lumineuses que ça, au fond. Faut passer à autre chose pour le bien commun, tout cela est obsolète.


              • Emmanuel W 15 décembre 2007 16:43

                Merci pour vos réponses.

                Comme le suggère Michéa (merci Léon), le libéralisme résoud les contradictions engendrées par son droit mécanique —le moins possible emprunt de morale— en passant la main au marché, libre, indéfiniment croissant, à concurrence non faussée, qui s’appuie sur le progrès scientifique et technique, pour le bien de tous. Et c’est cette idéologie qui incarne le projet moderne par excellence à l’oeuvre actuellement sur la planète.

                Si l’on accepte ce rapide portrait de ce paradigme, et que l’on constate les effets mortifères engendrés par ce projet moderne, qui n’envisage les actions communes que dans le cadre de l’entreprise, alors vouloir séparer libéralisme économique et libéralisme philosophique au profit de ce dernier me semble —histoire d’enfoncer le clou déjà bien taper par Marsu— résolument contre-productif politiquement, voir carrément un piège libéral !

                Tout ça pour dire qu’il me semble important d’identifier l’ennemi, et qu’il serait fort dommage que les soit-disants « libéraux philosophes » divergent des autres progressistes, alors que le socle des valeurs est commun, à savoir, en gros et à discuter : plus de liberté individuelle, moins de liberté économique (en volume, en espace), le travail vu comme un moyen et non une fin, l’acceptation de notre dépendance à l’environnement, l’altérité comme source de richesse...etc...

                Après, que cela se fasse sous l’égide de Larrouturou, au vu de l’odeur nauséabonde qui se dégage du PS depuis 24 ans, faut réfléchir...(je n’ai pas encore médité les liens de Marsu).

                J’aimerais aussi vous signaler un politologue qui me semble pertinent : Paul Ariès, qui dirige notamment « le Sarkophage » (dans le dernier en kiosque, on trouve une analyse des liens entre NS et l’extrême droite qui décoiffe).

                Au plaisir et à suivre...


              • Marsupilami Marsupilami 15 décembre 2007 17:12

                @ Emmanuel W

                Et ben on est d’accord. Le libéralisme philosophique abstrait, c’est comme le communisme philosophique abstrait : de bien belles idées abstraites, lesquelles, lorsqu’elles s’incarnent économiquement, provoquent des désastres humains. Les idéalistes abstraits persistent à penser que l’Idée était bonne, même si sa mise en application concrète a complètement foiré.

                Variante iconoclaste et paradoxale : l’ultralibéralisme économiste et économique mondialisé, coupé de ses encombrantes racines philosophiques, voit l’apparition de gigantesques sociétés industrielles monopolistiques. Exactement ce qui s’est passé dans les pays communistes.

                Du coup on a vu naître la génération des faux « pragmatiques » genre Sarko, qui estiment que les idées ne sont plus nécessaires, vu qu’ils n’en n’ont et ne désirent en avoir aucune. C’est là un des grands triomphes de la non-pensée néolibérale : faire croire à coups de propagande massive que rien d’autre n’est possible qu’une adaptation servile au réel qu’elle façonne.

                A part ça j’ai adoré ta faute d’orthographe hyper-signifiante : « le moins possible emprunt de morale ». Le mot juste est « empreint », bien entendu, mais ta faute résume tout avec un comble de réalisme... donc ce n’en est pas une.


              • Fred 13 décembre 2007 16:02

                Une entreprise qui a 11 employés qui effectuent une tache complètement différente travaillant tous aux 35 heures. Demain, ils passent aux 32 heures ; l’entreprise perd 33h de travail hebdomadaire. Vous nous dites ça créé de l’emploi ; il n’y a pas eu de création de richesses supplémentaires car pas plus de contrat et l’entreprise a le même cout. Qui doit embaucher l’entreprise sachant que tous ces employés font un travail différents ? Le travail ne se partage que si il est identique d’une personne à l’autre.

                Depuis 1974 à aujourd’hui, il y a eu aussi une modification de la technologie ; ceci peut expliquer la production supplémentaire. Il a entendu parlé de l’informatique et d’internet M.Larrouturou ?


                • Marsupilami Marsupilami 13 décembre 2007 18:32

                  @ Fred

                  La réponse se trouve dans l’article et dans le bouquin de Larrouturou. Relis.

                  Par ailleurs je te fais remarquer que mes deux articles traitent de la disparition du travail. Les propositions de Larrouturou ne sont dans cette optique que des mesures d’accompagnement transitoires qui permettraient sans trop de casse de passer d’une société du travail à une société du non-travail. Ça ne s’inscrit pas dans le court terme.

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