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Accueil du site > Actualités > Economie > « Travailler plus » cela se précise, quant à « gagner plus » rien (...)

« Travailler plus » cela se précise, quant à « gagner plus » rien n’est moins sûr !

L’Europe vient d’envisager de permettre à tout un chacun de négocier de gré à gré avec son employeur jusqu’à 65 heures de travail hebdomadaire ce qui ouvre avec la modulation la possibilité de travailler jusqu’à 78 heures par semaine et la délégation française ne s’est pas opposée à ce texte.*

La véritable question qui est de savoir comment ces heures travaillées seront payées n’a pas été abordée au niveau européen et fait l’objet de nouvelles interrogations en France.

La récente polémique sur une réduction envisagée de plus de moitié de la bonification salariale des heures supplémentaires (+10 % au lieu de +25 %) est tout à fait révélatrice de l’enjeu des propositions gouvernementales sur l’augmentation du temps de travail (voir l’article du JDD).

Ce n’est en effet pas la durée temps de travail déjà considérablement « assouplie » qui est en cause, mais la corrélation entre-temps de travail et rémunération payée.

L’enjeu est d’autant moins le dépassement des 35 heures de travail hebdomadaire que, depuis l’origine, ces 35 heures de travail ont toujours pu et peuvent toujours être très largement dépassées, y compris au-delà du contingentement annuel avec l’autorisation de l’inspection du travail.
Les statistiques d’Eurostats en administrent la preuve incontestable puisque la moyenne de la durée hebdomadaire du temps de travail pour un temps plein s’établissait en France en 2007 à 41,1 heures.

En réalité, une large partie du salariat de notre pays est restée à 39 heures ouvrées par semaine payées actuellement 40 heures, mais pour combien de temps ?

Outre la baisse de la bonification salariale des heures supplémentaires précitée, les propositions gouvernementales permettront en effet l’organisation de la baisse de la rémunération horaire salariale par de nombreux autres biais.

Quels sont les travers du dispositif proposé par le gouvernement ?

Les partenaires sociaux souhaitaient qu’une augmentation négociée au niveau national du contingent d’heures supplémentaires intervienne uniquement pour les métiers où cela s’avérait nécessaire.

Dans la droite ligne de la proposition européenne que la France a acceptée, la proposition gouvernementale met chacun de nous individuellement face à son employeur sur la question du temps de travail et du salaire afférent sans contrôle.

Or, les partenaires sociaux ont toutes raisons d’être circonspects pour au moins trois raisons :

1) L’augmentation du pouvoir d’achat ne sera pas forcément au rendez-vous pour les salariés  :

Le nouveau projet de loi permet d’amplifier ce que l’on appelle « la modulation » du temps de travail.

De la modulation tout le monde en fait sans le savoir : lorsque pour finir une tâche vous restez plus longtemps au travail et que le lendemain vous partez plus tôt pour « récupérer » le temps de travail supplémentaire de la veille, vous faites de la modulation et vous ne touchez pas un centime de salaire en plus.

Lors de la signature d’un certain nombre d’accords de Réduction du temps de travail, cette modulation a été contractualisée en semaines de haute activité et semaines de basse activité en fonction des commandes notamment dans l’industrie. Si la moyenne annuelle hebdomadaire de travail ne dépasse pas les 35 heures, les semaines de haute activité ne donnent lieu à aucune rémunération supplémentaire.

En augmentant le contingent d’heures supplémentaires, le gouvernement amplifie la modulation possible et vous pourrez parfaitement travailler des semaines de 48 heures* en n’étant payé que 35 heures si au terme de l’année vous ne dépassez pas la moyenne de 35 heures hebdomadaires.

Or, il y a toujours des frais liés ne serait-ce qu’à une demi-journée de travail hebdomadaire supplémentaire : des frais de transport domicile/travail, des frais de garde des enfants, éventuellement des frais de repas supplémentaire pris à l’extérieur, etc.

Le « travailler plus » obtenu par l’augmentation du contingent annuel d’heures supplémentaires se traduira dans ces conditions par une perte de pouvoir d’achat parce que la contrepartie financière :

  • soit n’existera pas ;
  • soit sera insuffisante pour faire face à ces dépenses ;
  • surtout si la bonification des heures supplémentaires est limitée de plus de moitié ;
  • ou si, comme cela est prévu par le texte gouvernemental, des accords d’entreprise peuvent la minorer.

C’est d’ailleurs déjà le cas : sous la contrainte de licenciements économiques certains accords RTT tendent à être remodulés à 40 heures de travail hebdomadaire en moyenne payées 35 heures. Il en est ainsi chez BOSCH VENISSIEUX par exemple.

Rappelons également que l’exécution d’heures supplémentaires à la demande de l’employeur, même si elle a des conséquences négatives sur leurs ressources financières, ne peut être actuellement refusée par les salariés sauf à risquer de perdre leur emploi.

La généralisation du contrat au forfait à tous les salariés (contrat antérieurement réservé aux cadres et itinérants) qui rémunère un « forfait » d’heures supplémentaires a fait l’objet d’un article critique détaillé et risque également d’aboutir à une minoration des rémunérations horaires. Pour de plus amples informations, je vous invite à vous y reporter.

Ces différents dispositifs convergent donc vers une baisse progressive et généralisée des salaires horaires et c’est pour cette raison que le gouvernement détruit l’accord des partenaires sociaux sur le sujet.

2) Le dispositif gouvernemental risque également d’aggraver la précarité.

Actuellement nombre d’entreprises sont à 39 heures de travail hebdomadaire. Ces 4 heures supplémentaires multipliées par le nombre de semaines ouvrées dans l’année, cela fait environ un mois de travail en plus pour les salariés à temps plein qui en sont bénéficiaires. Dès qu’un atelier ou un service comporte une douzaine de salariés aux fonctions identiques le mécanisme des heures supplémentaires écarte d’un emploi pérenne un salarié précaire dont les périodes de chômage pèsent pendant ce temps-là sur la collectivité et donc sur l’impôt.

Objectivement, dans les entreprises, le dispositif des heures supplémentaires est le degré « 0 » de la réflexion sur l’organisation du travail.

La possibilité ouverte de faire plus d’heures supplémentaires ne peut donc qu’avoir une influence négative sur l’accès au travail à temps plein des salariés actuellement à temps partiel non choisi.

3) Le dispositif gouvernemental risque d’aggraver le nombre de maladies professionnelles.

Ces heures supplémentaires multipliées risquent en outre d’augmenter le taux des maladies professionnelles notamment pour les métiers qui comportent des gestes répétitifs et elles seront par ce biais également particulièrement coûteuses pour la collectivité.

Les troubles musculo-squelettiques sont devenus au fil du temps une des principales causes de mise en inaptitude à leur poste de travail des salariés et les nouvelles dispositions prévoient la réduction voire la suppression des repos compensateurs ce qui aggravera les phénomènes « d’usure au travail ».

Cette intensification du rythme de travail est perceptible dans les résultats d’un sondage paru sur le site "prud’hommes".

995 réponses. Les heures sup améliorent-elles votre vie ?
[65,5 %] non
[15,5 %] ni oui, ni non
[13,5 %] oui
[5,3 %] je n’en veux pas
1 140 réponses. Vos conditions de travail vous semblent-elles :
[ 55,4 %] en détérioration ?
[22,2 %] mauvaises ?
[12,1 %] bonnes ?
[8,5 %] pas d’avis

Sans une prise de conscience des salariés et notamment lors du mouvement du 17 JUIN ce sera à n’en pas douter à terme le « TRAVAILLER BEAUCOUP PLUS pour GAGNER BEAUCOUP MOINS », mais aussi pour les métiers les plus pénibles « PERDRE SA VIE à LA GAGNER ».

REFERENCES :

* Dépêche AFP durée maximale actuelle du travail hebdomadaire autorisée en Europe qu’il est envisagé de porter à 65 heures.

** Réponse à un sondage sur le site "prud’homme" suite à la mise en œuvre de la loi TEPA.
1 043 réponses. Je n’ai pas gagné plus parce que les heures sup sont :
[48,4 %] jamais payées
[22,2 %] compensées en repos
[15,4 %] inexistantes
[8,5 %] rares
[3,9 %] je ne veux pas gagner plus
[1,4 %] mise sur un CET

 


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37 réactions à cet article    


  • La mouche du coche La mouche du coche 11 juin 2008 12:43

    Votre article est idiot Madame, parce qu’il ne tiend pas en compte le fait que les français n’ont pas du tout envie ni besoin de gagner plus puisqu’ils ne veulent pas racheter leur RTT comme cela a été dit partout dans la presse.

    A partir de là, on peut débattre sur nimporte quoi


    • carnac carnac 11 juin 2008 13:03

      Qu’un certain nombre de français n’ait pas envie de racheter des RTT ou encore de faire des heures supp c’est certain mais qu’UN CERTAIN NOMBRE DE FRANCAIS SERONT A LEUR CORPS DEFENDANT OBLIGES DE FAIRE DES HEURES SUPP EN PLUS MAL PAYEES VOILA QUI NOUS PEND AU NEZ et c’est le sujet de cet article.

      Je suis peut être une Cassandre que vous n’avez pas envie d’écouter ...


    • kabreras kabreras 11 juin 2008 13:06

      Le probleme posé de l’article n’est pas de ce que les francais veulent, mais de ce qu’on va leurs imposer.

      Et dans ce sens cet article est plutot pertinant... Peu importe les sondages, le gouvernement dira (comme d’habitude) "C’est pas nous c’est Bruxelles, on n’a pas le choix".


    • carnac carnac 11 juin 2008 13:16

      Effectivement , je n’y avais pas pensé mais la semaine de travail de 65 heures risque en plus d’être mise au discrédit de l’Europe comme si le gouvernement n’avait aucune responsabilité dans les entraves mises à l’Europe sociale .. Monsieur Sarkosy ne se contente pas de ne pas mettre cela à l’ordre du jour de sa présidence européenne , il règle les problèmes qui concernent l’ensemble des salariés à leur détriment avant d’être en responsabilité ...


    • La mouche du coche La mouche du coche 11 juin 2008 13:27

      C’est vous surtout qui ne voulez pas voir la réalité.


    • carnac carnac 11 juin 2008 14:00

      Pourriez-vous préciser votre pensée cher diptère car légalement un salarié est contraint de faire des heures supp si l’employeur le lui demande même si cela lui coûte de l’argent et c’est précisément le problème. En Allemagne par exemple vous pouvez "choisir" de ne pas faire des heures supp , pas en France ...


    • ZEN ZEN 11 juin 2008 14:54

      Merci, Carnac, de continuer à nous tenir informés

      Ne tenez pas compte des mouches importunes , qui, par définition, ne savent pas lire...


    • wangpi wangpi 11 juin 2008 15:05

      Peu importe les sondages, le gouvernement dira (comme d’habitude) "C’est pas nous c’est Bruxelles, on n’a pas le choix".

      Je ne comprends pas. Tout le personnel politique nous a toujours dit que l’europe est une chance, une nécessité, une obligation. Et pourtant, à chaque mauvaise nouvelle, c’est la faute à l’europe...

      Quant aux bonnes nouvelles, concernant l’europe, et mis à part pour les gros cultivateurs, je n’arrive pas à en citer une vraiment importante.

      On nous aurait menti ?

      Oui.


    • carnac carnac 11 juin 2008 16:55

      Je ne serais aussi négative que vous sur l’Europe du moins pour ce que je connais c’est à dire le droit du travail : par exemple c’est l’Europe qui considère le temps d’astreinte comme un temps de travail effectif : par exemple vous êtes médecin de garde dans un hopital de 8H du soir à 8h du matin l’Europe considère que pour la totalité c’est un temps travaillé alors qu’en France on ne considèrera que c’est du travail effectif que pour le temps pendant lequel on vous aura sollicité .

      L’Europe est aussi bien plus avancée que nous en matière de discrimination et sur un tout autre sujet plus avancée que nous sur le pénal qui a trait aux crimes contre l’humanité.

      Bref le bébé n’est pas forcément à jeter avec l’eau du bain mais les syndicats de salariés ne sont pas très doués pour faire du lobying ... 


    • carnac carnac 11 juin 2008 17:15

      Exact Léon , environ 25% des salariés bénéficient d’heures supp payées au mois le mois et ce sont évidemment des personnes au SMIC ou guère plus ... Pour eux,

      • si à la stagnation qui ne favorise pas l’augmentation des chiffres d’affaires et donc les heures supp - merci le contre coup des subprimes -
      • s’ajoute une réduction du taux horaires de rémunération des heures supp (de 25 à 10% - il n’y a pas de fumée sans feu) -

      ce sera plus dur encore -

      nous devons avoir soit une "mouche bobo" , soit une "mouche" qui promeut la décroissance ... vaste et intéressant sujet celui-là ... m’enfin pour l’instant "la mouche du coche" est un peu vexée


    • La mouche du coche La mouche du coche 11 juin 2008 17:32

      Je ne comprends pas : tous les journaux dont expliquer hier partout que les français ne voulaient pas gagner plus et garder leur vacances. Vous ne lisez que Agoravox sur ce site ?


    • La mouche du coche La mouche du coche 11 juin 2008 17:34

      Pardon "Ont expliqué hier"


    • K K 12 juin 2008 11:47

      la reponse est assez simple :

      Meme si on est senses faire 35 heures par semaines, on fait beaucoup plus en heures qui ne sont parfois pas comptabilisees. Donc les RTT on en a besoin pour se reposer.


    • yrduab 11 juin 2008 14:05

      Eh oui ! On est loin du "travailler plus pour gagner plus pour ceux qui le souhaitent", slogan mensonger du candidat de l’UMP.

      Pourquoi mensonger ? Parce que les salariés ne choisissent pas de faire des heures sups, quand bien même ils voudraient en faire...

      http://www.agoravox.fr/ecrire/articles.php3?id_article=26785

      Le gouvernement veut en finir avec les 35 heures ? Qu’il le fasse ! On reviendrait alors sur les accords d’annualisation, sur le gel des salaires et sur les gains de productivité. Ah non ? On veut revenir sur les 35 h ET garder l’annualisation, le gel des salaires et les gains de productivité ?

      Le cul de la crémière, on dit chez moi.


      • carnac carnac 11 juin 2008 14:28

        Aux dernières nouvelles les PME qui bénéficiaient d’une tarification allégée des heures supp on prétendu que c’était la raison pour laquelle elle n’avait donné qu’une suite mitigée à la Loi TEPA : en effet si 20% des heures supplémentaires déclarées l’ont été par des entreprises qui n’avaient pas déclaré d’heures supp précédemment , PAR CONTRE , le nombre d’heures supp déclaré était inférieur en Décembre dernier de 10% par rapport à l’année précédente ...

        Bref c’est surtout la quantité de "travail au noir" qui apparaît dans les premiers résultats de la loi TEPA laquelle est loin d’enthousiasmer par sa complexité de mise en oeuvre les entreprises ;

        Alors il est vrai que de ne plus payer les heures supp à un tarif bonifié règlerait quelques difficultés administratives mais au total détriment des salariés et c’est pourtant ce vers quoi on se dirige doucettement. si ce n’est pire ... exemple chez Bosch 40H travaillées payées 35H et pourquoi pas mettre le salarié français au salaire du salarié indien ou chinois tant qu’on y est !

         

         


      • HELIOS HELIOS 11 juin 2008 15:20

        C’est bien ça l’objectif, c’est qu’en France et en Europe en général , on travaille comme des Europeens au tarif des chinois, indiens etc...

        Vous verrez que bientôt les emplois reviendrons, et que la délocalisation ne sera plus d’actualité !

        Les "chinois" ce sera nous.


      • wangpi wangpi 11 juin 2008 15:01

        exemple chez Bosch 40H travaillées payées 35H et pourquoi pas mettre le salarié français au salaire du salarié indien ou chinois tant qu’on y est !

        Mais chère madame, c’est exactement ce qui est prévu.

        A plus ou moins court terme, c’est ce qui arrivera, la courbe de croissance des salaires polonais, par exemple, croisera un jour celle de la chute des salaires français, par exemple.

        Une fois bien rentré dans le crâne de la populace européenne qu’elle ne mérite rien, et qu’elle a bien de la chance d’avoir un toit et de quoi manger (quel progrès), on ira s’aligner sur le niveau de vie des indiens (par exemple).

        Il est temps que les français se rendent compte que les progrès enregistrés depuis la guerre quant à leur niveau de vie n’étaient que conjoncturels. Et qu’aujourd’hui, le partage, c’est terminé.

        Et puis, de toutes façons, ils ont bien appris à vivre à genoux.

        Ils n’auront aucun mal à apprendre à vivre fauchés.

         

         


        • melanie 11 juin 2008 17:15

          @ wanpgpi

           

          Bien sûr.

          C’est le principe même de l’OMC , qui entend mettre tout le Monde en concurrence " libre et non faussée" - suivez mon regard vers Bruxelles - avec tout le Monde, les paysans cultivateurs de coton avec ceux subventionnés des USA, les pêcheurs espagnols avec les français, et une tendance inexorable vers le dumping social.

          Puisque pour l’OMC, tous les services - Santé, formation, Education - et toutes les marchandises - les salariés ne sont que des outils de production - les syndicats que des empêcheurs d’exploiter correctement - cf Wallmart aux USA, les entreprises sous traitantes de PUMA, Nike, REEBOK en Chine,les syndicats miniers sous Thatcher -, et en tant que tels soumis aux lois du marché, de la déréglementation et du dumping.

          Il y a quelques années une "bourse inversée" à l’emploi avait sévit sur le Net-d’inspiration allemande et tentant de manière infructueuse de s’implanter en France - pour recruter les salariés en fonction du salaire le plus bas possible ...où celui qui demandait le salaire le plus bas était recruté....

          Sachant que comme en Allemagne, il n’existe pas de SMIC, et qu’un travailleur peut travailler pour 3 € de l’heure et que les heures supplémentaires ne sont pas rémunérées...

          Nous possedons, le meilleurs taux de productivité horaire de l’OCDE, il est à craindre qu’ au terme de 50 heures par semaine certains travailleurs ne soient plus vraiment compétitifs...ce n’est pas grave, les entreprises françaises prétendront que le salaire des français est encore trop élévé...

          Ce qui commence déjà à poindre puisque Thierry Wauquiez est opposé au renchérissement du SMIC en Juillet, au pretexte que cela "tasserait" les salaires vers le SMIC ;

          Bref, travaillons plus, à un salaire minimum jamais revalorisé- qui avec le renchérissement du coût des énergies et celui des denrées alimentaires -+3,3 % d’inflation en 1 an va devenir une misère - ou moins d’ailleurs puisque les créations d’emploi se font en grande majorité - or cadres - en sous emploi.

          la paupérisation est en marche- pour le plus grand nombre- , à marche forcée pour la "compétitivité" de l’Europe vis à vis des pays émergents mais le plus grand profit des transnationales.

          Ce qui à terme est économiquement stupide - mais les nations ne sont que les marionettes de l’OMC et des transnationales qui régentent le Monde - car les transnationales ne font pas leurs bénéfices en France - sauf GMS et BTP et Hoteterie,pourvoyeurs de salaires de misère - et que le developpement du tertiaire et des services à la personne n’apporte que peu de "valeur ajoutée"...

          C’est une course sans fin au profit d’un libéralisme proné par les économistes au sein de l’OCDE et la France ne fait que suivre ce que l’Allemagne avant elle - avec un commerce extérieur florissant dû en partie aux usines de fabrication de grosses machines délocalisées en pays de l’Est - et la Grande Bretagne ont fait avant elles.

          Les lignes ne bougeront que lorsque - si ???- les salariés occidentaux plutôt que de subir ce totalitarisme libéral qui ne dit pas son nom se rebelleront, plutôt que de se laisser plumer de leurs droits.

          Il est à craindre que, ou autistes - ce qui se passe puisque malgré les manifestations, tout passe en force - ou violents - manifestations réprimées dans une hyperviolence comme Thatcher avec le syndicat hyperpuissant des mineurs -.

          Regardez ce sur quoi je suis tombée ...www.ifrap.org/Margaret-Thatcher-face-aux-mineurs,0129.html

           


        • carnac carnac 11 juin 2008 17:24

          Votre exaspération, je l’entends un peu partout mais je n’arrive pas à comprendre pourquoi cela ne se structure pas ...

          • soit que les plus touchés sont trop coulés pour pouvoir s’occuper d’autre chose que du quotidien , m’enfin en d’autres temps les mineurs ou siderurgistes ou LIP étaient au moins dans des difficultés comparables ?
          • soit ils n’ont pas accès à l’information ?
          • soit ils ne trouvent plus les relais pour structurer leur mécontentement ?
          • soit c’est le mécontentement "machine à café" ?

          Le 17 JUIN , il y a un mouvement , je ne m’occuperai pas des pb intersyndicaux , j’irai ... pour mes enfants , mon petit fils et son futur petit frère à moins que ce ne soit une petite soeur ... au moins je serais en conformité avec mes convictions


        • melanie 11 juin 2008 17:43

          @ Carnac

           

          Je suis au chômage mais j’irais .

           

          Par contre, c’est souvent le bordel pour trouver les infos des manifs locales sur Internet.

          Savez-vous que beaucoup de français sont incultes politiquement, obnubilés par leur pouvoir d’achat, fatalistes - politique des bras croisés , des "aquoibonistes" d’où le manque de syndicalisation- , égotistes,et à cette date, obsédés par les vacances prochaines ...


        • Trashon Trashon 11 juin 2008 15:27

          Comme travailler plus pour ganger plus ne marche pas, moi j’veux bien travailler moins pour gagner plus.

          D’abord parce que travail ça vient de torture donc moins ça dure plus c’est bon

          Et ensuite parce que si on me paye plus je dépenserais plus ......

           


          • Christophe Christophe 11 juin 2008 16:30

            @Carnac,

            Il existe, à mon sens, un autre effet pervers qui tend à s’imposer dans le monde du travail : la négociation de gré à gré ; à savoir que l’accord d’un salarié avec son patron sera prédominant au regard des législations en vigueur.

            Le but de la loi, si mes pensées ne me trompent pas, consiste à établir une hiérarchie législative permettant de protéger ce qui peut être considéré comme étant un agent faible par rapport à un agent fort. Aujourd’hui, il existe un droit et des accords nationaux, des accords de branches, ... et ainsi de suite jusqu’aux accords d’entreprise, juste au dessus des accords de gré à gré.

            Ainsi, le principe consiste à mettre en valeur le principe d’accord de gré à gré en négligeant totalement les rapports de force qui peuvent exister entre un salarié et son patron (ou sa hiérarchie).

            La hiérarchie législative garantissait jusqu’alors l’égalité devant la loi, principe qui me semble attaché à notre République. En rendant caduque les niveaux nationaux (renvoyant le salarié à négocier avec sa hiérarchie ou son patron directement sans ré-équilibrage du rapport de force), c’est l’égalité devant la loi qui est remise en question ; uniquement, pour l’instant, dans le monde du travail.

            Mais nos contemporains étant assez portés contre l’action syndicale, n’est-ce pas là un point qui semble correspondre au désir des salariés ?

            Pour les autres effets, nous sommes d’accord, la tendance va vers une augmentation du temps passé au travail sans influence majeure sur les salaires ; dans la continuité de la répartition des richesses qui s’est inversée depuis quelques décennies. L’argument massue que donneront sans doute les libéraux est qu’il faut faire gonfler le gâteau afin de mieux le partager alors que cet argument ne tient pas à l’épreuve des faits ! Quand le gâteau croît d’un certain taux, la répartition de cette croissance est loin d’être équilibrée.


            • carnac carnac 11 juin 2008 17:05

              Observation très juste sur la primauté du contrat sur les conventions collectives ...

              J’aidais il y a peu un cadre belge perdu dans un groupe français composé de petites entités d’une vingtaine de salariés : il a découvert qu’il y avait des droits collectifs du travail en France : aucun salarié de son établissement n’avait été capable de lui indiquer qu’il y avait un accord de modulation pour sa branche .

              Il m’a appris qu’en Belgique à partir de 14 ans il y a en classe des cours de droit du travail ... J’entends déjà les cris d’orfraie de tous cotés si on demande l’équivalent en France . Moyennant quoi nos étudiants arrivent en entreprise comme des oies blanches


            • melanie 11 juin 2008 17:31

              @ Carnac

              J’ai la perception - peut-être pouvez-vous m’en dire plus ???-que seuls les pays scandinaves - dont la Suède, à mon sens, particulièrement "évoluée"- arrivent à tirer leur épingle du jeu des injonctions de l’OCDE vers un dumping social et salarial et à une déréglementation des lois protégeant les salariés.

               

              Toutes les informations glanées sur le Net et ailleurs me semblent aller vers le fait que la Suède, non contente, d’avoir un niveau de vie plus que correct, est un pays protecteur pour ses salariés, très peu inégalitaire en regard de l’Allemagne - pays où les écarts de salaires sont les plus grands malgré ce qu’on nous fait croire - ou de la France, très redistributif , très performant en matière de suivi des chômeurs et de formation des salariés,..... Très intelligente quand au système "pénitentiaire" - championne des peines alternatives et des bracelets électroniques -...Où l’investissement en matière de recherche et developpement est très important... Où le bio et les énergies renouvelables ne sont pas des slogans opportunistes...Où certes la fiscalité est importante mais pour des services sociaux, de santé et de formation performants ...


            • carnac carnac 11 juin 2008 17:47

              D’une façon générale , les pays scandinaves sont cités en exemple : ils ont considérablement investi dans la recherche et le développement , ils jouent à fond la formation continue tout au long de la vie , ils pratiquent beaucoup le contractuel : les indemnités de chomage étant corrélées avec de la formation ou des stages et une aide effective à la recherche d’emploi (ce qui n’est pas encore le cas chez nous) , un vrai dialogue social institué depuis des années , moins d’idéologie que chez nous et beaucoup plus de pragmatisme .... Ils sont aussi rigoureux et respectueux de la loi ... donc les accords qu’ils passent ils les appliquent ...

              (Notre gouvernement fait plutot l’inverse , ils récuse les accords des partenaires sociaux .)

              Seulement chaque fois que l’on dit que l’on souhaite aller vers cela , le patronat français répond que ces pays sont l’équivalent d’une de nos régions ... et donc pas comparables à notre situation . J’ai tendance à penser qu’il faudrait faire tout simplement dans chaque région ce que les pays scandinaves font mais pour cela il faudrait faire un peu la chasse au jacobinisme français ...


            • La mouche du coche La mouche du coche 11 juin 2008 17:52

              Les scandinaves ont eux peut-être vraiment envie de gagner plus d’argent ?


            • carnac carnac 11 juin 2008 17:58

              Regardez les stats La mouche - on travaille plus en France qu’au Danemark

              France 41.2 41.1 41.0 40.9 40.2 39.6 38.9 40.7 40.7 41.0 41.0 41.1

              Danemark

              40.1 39.9 40.1 40.0 40.6 40.3 40.3 40.3 40.3 40.3 40.4 40.4

            • carnac carnac 11 juin 2008 18:05

              @ La mouche

              Observons bien la situation :

              au Danemark

              •  ils travaillent moins que nous ,
              • gagnent plus ,
              • ont moins de chomage

              et on nous explique

              • que nous ne travaillons pas assez que c’est pour cela que le marché est atone et
              • que cela explique pourquoi nos salaires sont moindres
              • et notre chomage plus important

              SOIT les stats d’EUROSTATS sont fausses , soit notre gouvernement MENT ... je vous laisse le choix et la recherche de l’argumentaire La mouche


            • La mouche du coche La mouche du coche 11 juin 2008 19:00

              Oui nous travaillons trop, et nous préférons travailler moins quitte à gagner moins, c’est ce que les articles sur le rachat des RTT démontrent. Il est donc faux de dire que les français sont obsédés par leur pouvoir d’achat. c’est le contraire qui est vrai.


            • carnac carnac 11 juin 2008 19:09

              @ la mouche

              votre observation est à la fois vraie et fausse à mon sens

              Dans l’absolu oui chacun d’entre nous par moment a sans doute envie de travailler moins , mais les bénéficiaires de RTT ce n’est pas la majorité des salariés ce sont ceux des grands groupes où il y a une certaine évolution de carrière.

              Maintenant d’après létat des inégalités en france 2007 50% des salariés du privé gagnent moins de 1484€ NET PAR MOIS POUR UN TEMPS PLEIN - voyez vous même l’inflation que signalait un autre de nos contributeurs , les prix des loyers , des déplacements domicile/travail et dîtes moi si ces personnes peuvent simplement espérer se suffire de moins encore que cela ...

              Probablement pas donc il y a très très loin du rêve de moins travailler à la réalité des ressources des intéressés.

              Par moment j’ai l’impression que nous vivons chacun dans notre bulle et que nous n’avons même plus l’idée de ce que vivent nos collègues ... de travail .


            • impots-utiles.com 11 juin 2008 18:58

              "travailler plus, pour gagner un peu plus et payer beaucoup plus" semble coller pas mal !

              avec une inflation record pour le mois de mai ,évaluée à +3,3 % par l’INSEE ( un record depuis 1991)

              on va avoir interet a travailler beauoup plus pour payer plus !

              http://www.impots-utiles.com/inflation-33-en-mai.php


              • finael finael 11 juin 2008 20:30

                Mais ma chère Carnac, ne savez-vous donc pas que c’est "le progrès" : en 1884 (première année où il existe des chiffres, et uniquement pour l’Angleterre et l’Allemagne) on travaillait bien 84h par semaine en moyenne !


                • diver diver 12 juin 2008 15:02

                  84 heures par semaine, c’est ce qui s’appelle travailler à mi-temps comme le disait Michel Coluche


                • carnac carnac 11 juin 2008 21:27

                  C’est vrai que l’affaire des salariés "sans-papiers" fait vraiment trash


                • wesson wesson 12 juin 2008 01:15

                  Bonsoir Carnac,

                  C’est toujours un plaisir de vous lire, et merci pour l’attention que vous portez aux modifications législatives. Les conséquences de ces décisions sont en effet très lourde ce dont trop peu de personne prennent actuellement conscience - trop accaparé qu’il sont par la non-information sensationnelle que l’ensemble des médias traditionnels nous livre. Pour parler des malheurs de PPDA, ça s’étale. Par contre pour ce que cite vos articles, et qui touche bien plus profondément les gens, la discrétion est de mise.

                  Cependant, je ne peux pas être en accord avec votre opinion européenne disant que "le bébé n’est pas forcément à jeter avec l’eau du bain". J’ai bien peur que si. On peut pointer ça et là des avancées par rapport à notre législation Française (enfin, ce qu’il en reste), mais ça ressemble à des ilôts de social dans un océan de d’ultralibéral. Le probable bras d’honneur fait à l’Irlande si il lui prenait l’outrecuidance de répondre NON demain n’est pas de bonne augure. Cette commission non élue avec des personnes inamovibles et intouchable qui détiennent la réalité du pouvoir, ce parlement fantoche qui n’a pratiquement aucun pouvoir de décision, cet invraisemblable sac à lobbies, et la totale déconnection d’avec les peuples. Le fruit est trop pourri pour que l’on en retire quoique ce soit. 

                  Et le pire dans tout cela, pour se dégager de ce carcan européen, il y aura peut-être une guerre à livrer - ce qui est toujours regrettable.

                  En attendant, on a pas fini d’en baver, des conséquences des lois sarkozy !


                  • carnac carnac 15 juin 2008 06:54

                    L’Europe est pour moi une grande idée dévoyée par le lobbying des marchands ...

                    Avec un grand père maternel qui était au "chemin des dames" , un grand père paternel qui a connu les camps de concentration et un père chargé du Kosovo , je dis qu’il y a eu trop de larmes sur ce continent pour que l’idée européenne ne soit pas soutenue.

                    Il me semble également que les rapports de force économique se font actuellement à l’échelle des continents et que de ce point de vue l’Europe est aussi une entité pertinente.

                    Par contre l’Europe se fait avec une régression sociale qui n’est pas acceptable. La CFDT et la CGT travaillent à ma connaissance avec leurs homologues européens pour contrer les visées des grands groupes dont nos politiciens sont les valets .

                    On pourrait aussi promouvoir l’Europe de grands projets d’aménagement , l’Europe de l’autosuffisance énergétique etc ...

                    C’est aussi à nous de "bouger" à commencer par le 17 JUIN en attendant d’aller à strasbourg comme nous l’avions fait contre la directive Bolkestein


                  • JL JL 12 juin 2008 09:45

                     

                    Merci pour cet article. Je voudrais signaler que les salariés n’ont pas la possibilité éventuelle de "racheter leurs RTT", mais de "vendre leurs RTT". Daniel Cohen invité ce matin de Nicolas Demorand a commis la même erreur. Cela n’est pas grave sinon révélateur d’un langage falsifié.

                    Dans une économie de l’offre et de la demande on devrait considérer que l’offre consiste en la force, la matière grise et le temps de l’employé : c’est ce que l’employeur achète sur le marché de l’emploi. En cas de pénurie de MO, les salaires augmentent, et inversement. Cette vision des choses serait conforme à la loi de l’offre et de la demande.

                    L’autre possibilité consiste à considérer, comme on le fait actuellement, que les employeurs offrent des emplois que les salariés achètent. Achètent ?! L’on voit qu’il y a là quelque chose qui cloche, puisque les salariés ne peuvent en bonne logique, acheter une chose et en même temps recevoir de l’argent. Cette conception des choses n’est donc possible que parce qu’il est convenu qu’il y a d’un coté des possesseurs d’emplois et de l’autre des gens qui n’ont d’autre recours que de se vendre pour survivre.

                    Ainsi, par le fait du discours dominant, cette loi de l’offre et de la demande est pervertie au profit des possédants et c’est pourquoi nous disons, en dépit du bon sens : "Racheter ses RTT" au lieu de "vendre ses RTT".

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