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Accueil du site > Actualités > Economie > « Travailler plus pour gagner plus » : le slogan peluche

« Travailler plus pour gagner plus » : le slogan peluche

Si, politiquement, la formule a fait mouche, économiquement, c’est une autre histoire. L’exonération des heures sup’ n’a « eu aucun impact significatif sur les heures travaillées », affirme une étude. Autant dire que les entreprises siphonnent tous les ans plus de 4 milliards d’euros. A l’œil...

Deux économistes, Pierre Cahuc (Polytechnique) et Stéphane Carcillo (OCDE), ont récemment publié les résultats de leur étude sur la défiscalisation des heures supplémentaires. Leurs conclusions sont détonantes : l’exonération des heures supplémentaires, qui coûte tous les ans plus de 4 milliards d’euros soit "environ 40% de l’ensemble du budget de l’État pour l’emploi", "n’a eu aucun impact significatif sur les heures travaillées. En revanche, elle a bien eu un impact positif sur les heures supplémentaires déclarées par les salariés qualifiés, qui ont de larges possibilités de déclarer des heures supplémentaires fictives, car leur durée de travail est difficilement vérifiable".

Le slog (*) en peluche ?

Deux hypothèses à cela :

1- Les entreprises profitent de l’exonération pour déclarer de fausses heures supplémentaires, en lieu et place d’augmentations de salaire en bonne et dûe forme.

2- Avant 2007, elles payaient les heures sup’ au noir... ce qui est - bien sûr - totalement inimaginable !(?)

Dans tous les cas, conclut l’étude, personne ne bosse plus qu’avant. Et ces petits arrangements concernent surtout les salariés dont le revenu net est compris entre 1.5 et 3 SMIC. Principalement "les salariés qualifiés qui ont de larges possibilités de déclarer des heures supplémentaires fictives car leur durée du travail est particulièrement difficile à vérifier", souligne les économistes. "Une optimisation fiscale, sans réel impact sur la durée du travail"...

C’était notre chronique : "ce qui devait arriver arrivât"...

(* to slog, en british : Travailler dur, pendant une période plus ou moins longue)

Les mots ont un sens... mais finalement, on s’en fout ?


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8 réactions à cet article    


  • juluch 9 novembre 2010 14:56

    sans parler des heures supplémentaires transformées en....récupération !!


    Souvent impossible à prendre !!

    Pas assez de contrôle et surtout des employés qui laissent faire par crainte et ça, les patrons s’appuient là dessus !!

    Combien de gars font des heures à tout vas et se font enc** à la fin du mois ?

    Pourtant, il y a des règlements et des lois pour ces heurs sup.

    Les DP sont impuissants ou veulent pas s’impliquer, les Inspections invisibles et les syndicats qui dépensent leur énergie dans les manif de fonctionnaires ou de combats perdu d’avance sur les retraites (pourtant, ça fait des décennies qu’on en parle de cette réforme !) !

    Pfff !! c’est pas gagné.

    pourtant des grèves bien ciblée et SUIVIE par les syndicats changeraient les choses.....

    • xray 9 novembre 2010 15:21


      Travailler plus pour passer pour un con.  

      HYPOCRISIE du SYSTÈME, L’emploi, et le chômage face à la productivité.
      http://echofrance36.wordpress.com/2008/10/30/hypocrisie-du-systeme/ 

      L’EUROPE des CURÉS 
      http://mondehypocrite.midiblogs.com 



      • juluch 9 novembre 2010 16:20

        Travailler plus pour gagner plus et une bonne idée dans le fond


        Mais, faut que les patrons jouent le jeu de l’honnêteté vis à vis de leurs employées et de l’Etat !!

        Si avec les heures sup, tu te fais pour exemple 200 € en plus c’est toujours ça de gagner.....

        De plus, les employeurs ont des avantages fiscaux et toi aussi....

        Mais, si les heures sont transformées en récup non désirée.....zob !!

        • glopy1 9 novembre 2010 18:39

          je vais vous raconter comment ça se passe (et pourtant j’ai été chef d’entreprise). Ici (la ou je bosse) on nous dit « vous allez bosser plus, mais ne comptez pas que ce soit payer ». On embauche des jeunes qui finissent au lieu de 18h entre 19h et 3 heures du matin, non rémunérés, et tous ceux qui se voient faire seulement quelques heures suplémentaires, on les stigmatisent leur rappelant qu’ils ne sont pas malheureux parce que ce ne sont pas ceux qui font le plus d’heures.

          En fait on a banalisé puis légitimé les heures sup avec le discours de font qui correspond a vous dire, les français sont des tas de faineant, alors bossez maintenant ... vive la droite décomplexée.


          • juluch 9 novembre 2010 19:04

            je vous crois.....malheureusement !!!!


            Des entreprises de voyou !! Désolé de le dire....

            D’autres par contre jouent le jeu....

            • JL JL 9 novembre 2010 19:24

              Le 1er mars 2007, j’écrivais ceci dans un article publié sous le titre :

              "35 heures et heures sup’

              « Et bien sûr, il ne faut pas défiscaliser les heures supplémentaires, au contraire : une telle disposition serait à l’envers du bon sens. L’objectif de la proposition de l’UMP, de toute évidence, n’est pas la ’réparation’ de notre protection sociale, mais bien la casse de tout le droit du travail. »

              Vous trouverez en commentaires le suivi de cette affaire, jusqu’à ce denier commentaire, 25/2/09 :


               


              • glopy1 10 novembre 2010 11:30

                des partrons voyoux... je en crois pas, avec l’avenement épistolaire d’une droite décomplexée pointant les francais faineant trentecinqheuristes et grevistes, nombre de patrons de pme ont embrayés le coté bling bling et le « bossez tas de feignasses » et « estimez vous heureux d’avoir du taf ».

                Nombre de quadra et de quinqua qui ont connus autre chose avec qui je peu discuter (et nombre de cadres) ont la déprime du travail et ce rendent compte effectivement qu’ils sont de la merde qu’on te demande encore et toujours des efforts, que tu es « voué » a ta boite, que tes plaisirs extérieurs sont vu d’un mauvais oeil et que tu dois être disponible ce soir, si on t’a dit « on se voit tout a l’heure ». Tu dois renier tes engagements personnels, ne pas poser un arret de travail parce qu’on te soupçonne de simulation et a ton retour tu seras une sous merde.

                Avant tout le monde prenait son mois de vacances de 4 semaines, aujourd’hui quand tu dis hésitant « je vais essayer de prendre 3 semaines » on te répond « t’as de la chance », ben oui parce que c’est de la chance, ce n’est pas un « mérite, un du, une ,justesse ».

                Et nos jeunes, qu’on a enconni a l’école en mettant volontairement un enseignement bétifiant, que seront ils ? comment se défendront ils dans l’entreprise. Quand je parle aux non cadres d’ici, ils ne comprennent même pas de quoi je parle et pourquoi je suis négatif comme cela, personne ne reclame, ne s’associe, ne refuse, ne se bat. Je pense que ce sera extrêmement difficile pour eux.


                • glopy1 10 novembre 2010 11:39

                  et quand on parle d’esclavagistes, certaine personne ici, arrive le matin, elles sont en « pool ».. on va leur dire aujourd’hui tu es la demain tu es la et ils doivent être au garde a vous (alors qu’a la base se sont des postes de bureaux fixes) chaque fois que tu pars en vacances, tu attend les surprises, a ton retour on t’aura enlevé des dossiers, tu aura un nouvel collègue qui est cadre pour les uns employés pour les autres, il est au départ entre toi et les employés, pas bien situé, pas bien clair, mais tu comprends qu’on va encore te retirer des opérations ou te retirer un peu de liberté un peu de pouvoir (au sens interessant du terme)

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