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Accueil du site > Actualités > Economie > Uber, Google : l’indécence de la nouvelle économie

Uber, Google : l’indécence de la nouvelle économie

Depuis deux jours, les taxis protestent contre la concurrence déloyale d’Uber. Il y a quelques jours, le patron d’Uber donnait des leçons aux ministres à Davos, alors même qu’il perd des sommes extravagantes. Un bon exemple de l’indécence de cette nouvelle économie, aussi illustrée par la désertion fiscale de Google.

 
Les féodaux du 21ème siècle
 
Il est tout de même effarant que Travis Kalanick, le PDG d’Uber, ait été invité à Davos, où il a sermonné les ministres en leur demandant « les fabricants de voitures ont-ils payé pour la disparition des chevaux ?  ». En fait, le patron de cette licorne maitrise bien sa communication, utilisant des images fortes et des données qui le servent, comme le fait que 25% de ses chauffeurs auraient été au chômage avant d’intégrer ses armées de l’ombre. Malheureusement, l’uberisation, c’est aussi l’absence de droits sociaux et la possibilité pour les seigneurs de notre époque de réduire la maigre pitence de leurs ouailles de 20% du jour au lendemain pour écraser la concurrence dans la guerre moderne, économique
 
 
Mais il est tout de même un peu fort qu’il soit invité à donner des leçons à Davos alors même qu’Uber a fait près d’un milliard de pertes pour 663 millions de chiffre d’affaires au premier semestre 2015  ! Quelles leçons peut donner une entreprise qui dépense plus de deux fois d’argent qu’elle n’en touche ? Malheureusement, il y a bien un sens derrière, à savoir des actionnaires qui parient sur le fait que leur licorne va finir par dominer son marché à un point où elle pourra ensuite en retirer des bénéfices plantureux, pouvant réduire ce qu’elle verse aux chauffeurs plus encore ou monter le prix de ses services (ce que certains usagers du réveillon ont découvert). Mais ce faisant, leur réussite repose sur un dopage économique légal, fourni par des financiers qui jouent ici le long terme et l’écrasement de la concurrence.
 
Mais l’indécence de la nouvelle économie s’exprime aussi fiscalement, Uber utilisant déjà bien des astuces légales pour réduire sa contribution à la collectivité. Comme pour Apple, certains se sont réjouit un peu vite de l’accord passé entre l’administration britannique et Google, qui va payer 170 millions d’euros d’arriérés. Mais le chef de l’opposition travailliste a nuancé cet accord en rappelant que Google a réalisé 6 milliards de livres de bénéfices dans le pays sur la période couverte par l’accord. Si le rappel d’impôts ne représente que 3% des bénéfices, après tout, autant continuer à contibuer a minima à la collectivité dont on tire pourtant les profits. Cet accord est un jeu de dupes absolument effarant.
 
 
Décidément, beaucoup d’aspects de cette nouvelle économie sont effarants. Bien sûr, elle peut apporter des services utiles. Mais ses champions, souvent grisés par des modèles d’affaires de coucous s’assurant des rentes, en viennent à se comporter d’une manière absolument indécente.
 

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27 réactions à cet article    


  • La mouche du coche La mouche du coche 28 janvier 10:49

    Non. La véritable indécence est d’entendre sur les télés nos propres ministres justifier Uber. Suivez mon regard.


    • Pere Plexe Pere Plexe 28 janvier 21:31

      @La mouche du coche
      Ce n’est pas les propos d’un ministre qui font qu’Uber prospère.

      C’est sa clientèle.
      Clientèle qui à tord ou à raison estime qu’un taxi n’a pas à être plus protégé qu’un salarié de Goodyear.


    • L'enfoiré L’enfoiré 29 janvier 17:29

      @Pere Plexe

      Exactement. 
      Est-ce qu’un ministre oblige de prendre un avion low-cost pour partir en voyage ?
      La mouche du coche a atterri sur une mauvaise épaule.
      « Nous sommes tous responsables » en tant que consommateur,
      Le nivellement par le bas n’est que la conséquence et pas la source du problème. 

    • Passante Passante 28 janvier 11:59

      quand on n’a droit qu’à un uber-président,

      même un uber-pape ils ont lancé !
      alors le bataclan, c’est de l’uber-daësh...

      • Passante Passante 28 janvier 12:31

        au fond c’est bien ça... daësh correspond à l’âge d’ubérisation d’al-qaëda,

        les engendrés de l’« Acte » du 11 Septembre entrent en puberté, et
        le spermat’oussama, ô pollen du pistil center, a engendré ses millions...

        la porte des siècles fut violemment refermée par ces avions, de l’intérieur,
        là est le seul vrai drame.




      • tonimarus45 28 janvier 13:34

        bonjour— les patrons par l’intermediare du « merdef » y compris ceux des compagnie de « taxi’ veulent du liberalisme ; »macron« le leur a done, alors de quoi se plaignent t’ils ??

        Cela me fait penser a tous ces »gogols« qui applaudissaient lors des reformes de la poste ou de la sncf qui ont supprime des milliers d’emplois et qui sont les premiers a rouspeter lorsque ils font la queue au guichet de la poste ou quand les trains arrivent en retard.Chez moi a l’epoque 1600habitants,un receveur ,deux guichetieres a l’heure actuelle 4000habitants,une guichetiere ??? a la sncf en quelques dizaines d’annees 50 pour cent de cheminot en plus
        Alors a ceux qui rouspetent en faisant la queue au guichet de la poste ou qui enragent quand les trains ont du retard ou ceux qui ont des problemes comme les patrons taxis, je dis »« BIEN FAIT POUR VOTRE GUEULE » vous le vouliez le« LIBERALISME » et bien vous l’avez

        • Ronny Ronny 28 janvier 14:49

          @tonimarus45


          « C’est pas faux » comme dirait Lancelot dans Kamelot !

        • tonimarus45 28 janvier 19:40

          @tonimarus45«  »« 50 pour cent de cheminots en moins »" mon doigt a fourche


        • Pere Plexe Pere Plexe 28 janvier 21:36

          @tonimarus45
          Ce que l’auteur appelle ’nouvelle économie" n’est en fait que l’aboutissement logique et prévisible d’une économie libérale.

          Economie qui privilégie le moindre coût c’est à dire le moindre emploi le moindre salaire le moins disant social.
          Quelle découverte !

        • Ronny Ronny 28 janvier 14:48

          Je vous conseille si je peux me permettre de lire en lien avec votre article l’excellent papier du « monde diplo » « résister à à l’ubérisation du monde »...

          Quelques lignes : 

          Voici près de dix ans que nous sommes otages de deux bouleversements.

          Premier bouleversement : la crise financière mondiale, qui s’est soldée par un sauvetage du système bancaire, a transformé l’Etat social en un champ de ruines. Le secteur public, ultime rempart contre les avancées de l’idéologie néolibérale, en est sorti mutilé, voire totalement anéanti.

          Le second bouleversement, à l’inverse, est plutôt bien vu. Dans ce cas, où il s’agit de tout numériser et de tout connecter à Internet — phénomène parfaitement normal, à en croire les investisseurs capitalistes —, les institutions doivent choisir l’innovation ou la mort.

          Mais il s’est produit cette chose étrange : nous en sommes venus à croire que le second bouleversement n’avait rien à voir avec le premier

          Or il faut souligner que ces deux phénomènes sont entrelacés, et que la toile de fond de l’évangile de l’innovation n’est guère reluisante

          Pour la Silicon Valley, il n’y a là rien d’autre qu’un renouvellement technologique. Il s’agit de « bouleverser » l’argent liquide. Si cette explication peut satisfaire, voire attirer entrepreneurs et capital-risqueurs, pourquoi tout le monde devrait-il l’accepter sans discussion  ? Il faut être totalement aveuglé par l’amour de l’innovation — la vraie religion de notre temps — pour ne pas voir son véritable prix

          Si ce bouleversement passe par la technologie, ses origines sont ailleurs. Favorisé par les crises politiques et économiques, il aura une profonde incidence sur notre mode de vie et nos relations sociales. Il paraît difficile de préserver des valeurs comme la solidarité dans un environnement technologique fondé sur des expériences personnalisées, individuelles et uniques


          • tonimarus45 28 janvier 19:52

            @Ronny—bonjour— vive le liberlisme et l’ultra liberalisme ??????? et bien fait pour leurs gueules


          • fred.foyn Le p’tit Charles 28 janvier 16:52

            Vous avez voulu le progrès....bouffez le.. !


            • Homme de Boutx Homme de Boutx 28 janvier 18:56

              Forcément que la technologie est mal vue lorsque le normalité consiste à truander le fisc avec des transaction en liquide.

              Il faudra arriver à taxer systématiquement toute transaction en France avant exportation des bénéfices « imposables ».
              Le seul moyen est la TVA mais il parait que c’est un impôt injuste :

              imaginez une TVA de 25% comme en Suède ou même 27 % en Hongrie (sarkozie) !

              Les google et autres peuvent essayer de partir avec la caisse mais comme la TVA est due à la vente...


              • Pere Plexe Pere Plexe 28 janvier 21:43

                @Homme de Boutx
                La fraude à la TVA est la plus importante fraude fiscale...

                Et à ce petit jeu les payements/achats en ligne sont en bonne place

              • tonimarus45 28 janvier 19:49

                bonjour-A present les patrons coiffeurs montent au creneau eux qui croyaient que le « liberalisme » consistait exclusivement a licencier selon son bon vouloir , payer les employes comme ils voulaient, et augmenter la semaine de travail selon leur bon plaisir et faire travailler 7 jours sur 7( bon j’exagere mais cet un peut ce que propose valls, macron, hollande)

                Et bien le liberalisme que avec vos representants du medef en cela aide par le syndicat « collabo »" cfdt ,vous appeliez de vos voeux vous l’avez.Alors a present mordez vous les doigts jusqu’a l’epaule

                • Pere Plexe Pere Plexe 28 janvier 21:52

                  @tonimarus45

                  C’est un constat facile à faire que le gros des troupes « libérales » occupent des emplois très réglementés pour ne pas dire « protégés ».
                  A commencer par les agriculteurs nourris de nos impôts et qui votent massivement pour la FNSEA qui à ouvert nos frontières à tous va mais qui aujourd’hui voudrait des tarifs réglementés par l’Etat 
                  Bref un socialisme protectionniste pour eux, mais que les autres soient en concurrencée avec les roumains ou les Pakistanais...

                • titi 30 janvier 01:48

                  @Pere Plexe

                  Euh... c’est pareil pour tous..

                  Personne ne comprendrait que l’iPhone se paie 2000 euros même à la CGT, alors que c’est le prix qu’il atteindrait s’il n’était pas fabriqué par des enfants chinois.


                • tonimarus45 28 janvier 23:22

                  bonjour— Ce qui m’amuse dans tout cela c’est que le medf ne leve pas le petit doigt pour defendre ces patrons (dont beaucoup sont adherent a ce syndicat patronal) et qui subissent cette « concurrence deloyale »

                  Cela est a rapprocher de la fnsea qui tait soigneusement et a fortoiri oubli de mettre en garde les paysans français(viticulteur, l maraichers . eleveur ..ect..) ce qu’ils vont subir quand le grand marche transatlantique ce mettra en place
                  De la meme façon le syndicat « CFDT »«  »«  »« courroie de transmission du medef »«  »" gruge les ouvriers

                  • Pere Plexe Pere Plexe 30 janvier 12:51

                    @tonimarus45
                    Pas mieux.


                  • L'enfoiré L’enfoiré 29 janvier 17:24
                    « Uberisation, l’indécence de la nouvelle économie »
                    Bien entendu et qui est à l’origine de cette indécence ?
                    La recherche du coût minimum.
                    Le consommateur se fout complètement de savoir comment on arrive à ces prix.

                    • L'enfoiré L’enfoiré 29 janvier 17:32

                      Un peu d’humour ?

                      Pourquoi cherche-t-on s’il y a de la vie sur Mars ?
                      Pour voir s’il n’y aurait pas encore de la vie moins chère...
                       smiley

                    • titi 30 janvier 01:46

                      @L’enfoiré

                      Bien d’accord : l’ubérisation de la société c’est la recherche du cout bas.

                      Et dans le cas des taxis et de Uber il y a deux choses intéressantes :
                      - Le taxi c’est un service sans intermédiaire : le chauffeur producteur est immédiatement en contact avec le client consommateur. On ne peut donc pas ce cacher derrière un salaud de grossiste, un salaud de patron, un salaud de commercial. Celui qui veut des prix bas, c’est le consommateur !!! Le libéral c’est lui !
                      - Le prix du taxi est artificiel : lorsque l’on consomme du taxi, l’essentiel du prix ce n’est pas pour le taxi, mais pour la licence, la TVA, les taxes diverses et variées. Le prix du taxi, c’est un prix soviétique.

                      Deux conceptions de la vie économique, deux Ages de l’histoire de l’histoire s’affrontent.


                    • rocla+ rocla+ 30 janvier 13:02

                      le mieux pour ceux qui aiment pas le progrès , est qu’ ils aillent vivre 

                      dans la forêt .

                      C ’était l’ époque sans progrès .

                      • Griffon Jaune johnconnaurd42 30 janvier 13:09

                        @rocla+

                        Et là y’a pas du progrès buddy ? smiley

                        Tu te sens d’aller assez haut pour le nain blanc sans talonnette ?


                      • lsga lsga 30 janvier 14:05

                        @johnconnaurd42
                        Toujours pareille. D’un côté Rocla, qu’on soit d’accord avec lui ou pas, utilise un langage imagé, riche en métaphore, pour dénoncer telle ou telle chose de manière drolatique.
                        De l’autre, johnconnaurd42 essaye de faire pareille, sauf que c’est totalement incompréhensible. Dis nous johny, combien de personnes vivent dans ta tête ?


                      • Parrhesia Parrhesia 2 février 07:32

                        Certaines conceptions du « progrès » qui se dégagent maintenant des commentaires (et pas seulement sur Agoravox) ne resteront pas sans conséquences.

                        Par exemple, lorsqu’une centaine de fortunes personnelles auront accaparé 90% de la richesse globale et dirigeront 90% de l’activité humaine sur la planète, à l’instar exemplaire du cas Bill Gates, pour ne citer que lui, les problèmes du genre « Uber » seront réglés !

                        Les descendants des clients de taxis actuels remarcheront à pied après être repassés par le stade du vélo-taxi utilisé pendant la seconde guerre mondiale.

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