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Accueil du site > Actualités > Economie > UE : l’austérité, un épouvantail contre-productif

UE : l’austérité, un épouvantail contre-productif

La crise de la dette n’en finit pas de malmener le vieux continent. Alors que les plans de rigueur se multiplient, les remèdes prescrits par les institutions internationales ont plongé le malade dans un profond coma économique. Et ils s’offrent en prime le luxe d’indigner un peu plus des Européens déjà à bout de nerfs.

C’est par un traité multilatéral instaurant la CECA, au début des années 1950, que le vieux continent entrevoit l’apaisement tant attendu. Après plusieurs guerres dévastatrices, dont deux mondiales, la France et l’Allemagne, talonnées par le Benelux et l’Italie, décident de contracter un mariage de raison. Ce sont les premiers balbutiements d’une union plus générale, qui finira par regrouper 27 pays européens – en attendant l’arrivée prochaine de la Croatie. Cette intégration, essentiellement économique, symbolisée par la monnaie unique, a permis de mettre un terme aux conflits armés et de réunir à intervalles réguliers des chefs d’État et de gouvernement qui, auparavant, se regardaient en chiens de faïence. Et, malgré quelques failles – un certain déficit démocratique doublé d’une vision politique atrophiée –, la boutique a toujours été globalement bien tenue.

Cette Union qui vacille

Problème : aujourd’hui, la maison brûle. Et les pompiers traditionnels – BCE, Eurogroupe, Commission, Conseil – peinent à éteindre un feu qui se propage dangereusement. Ces dernières années, l’Europe n’est plus perçue qu’à travers le prisme de l’austérité, une conception tronquée qui porte considérablement préjudice à son image et, pis encore, à ses fondements historiques. Résultat : les peuples se défient désormais majoritairement des institutions communautaires, suspectées de faire le jeu de la finance internationale et de l’ultralibéralisme. Et en toute opacité qui plus est. C’est ainsi que les plans de rigueur se succèdent et que l’Union paraît comme aveuglée par ses objectifs de réduction de dette.

Un peu partout, on encadre les salaires, on réforme les retraites, on amenuise les prestations sociales, on taille dans les dépenses publiques, on diminue le nombre de fonctionnaires, on privatise, on augmente les impôts. Avec, pour contrecoup direct, la souffrance des plus modestes et une récession qui s’installe dans la durée. Mais ce n‘est pas tout : la libéralisation des services publics et l’ouverture des marchés ont marqué de leur empreinte les deux dernières décennies. Cela, officiellement, pour des raisons de compétitivité, de réduction des coûts et de libre concurrence. Or, les Européens n’ont retenu que les dysfonctionnements, le chômage et l’inflation des prix – largement fantasmée pour le coup.

Tuer le malade pour soigner la maladie

Pourtant, des voix s’élèvent pour dénoncer cette politique économique jugée contre-productive. L’histoire corrobore d’ailleurs leur grille de lecture. Dès les années 1920, John Maynard Keynes, avocat de l’interventionnisme régulateur, préconise l’action des pouvoirs publics en vue de relayer les acteurs privés lorsque l’emploi, la consommation et l’investissement sont en berne. De quoi combattre le chômage et relancer l’économie. Mais les décisions récemment adoptées par les autorités européennes ne s’inscrivent nullement dans cette logique. Au contraire.

Pourtant, s’il est vrai que le service de la dette détruit de facto une bonne partie des richesses créées par nos économies, si l’on ne peut nier que le vieux continent doit vivre selon ses moyens – et non au-dessus –, raisonner uniquement en termes d’ajustement budgétaire s’avérerait au mieux fâcheux. Cela revient en effet souvent à valider la menace récessionniste, voire à enclencher un cercle vicieux déflationniste, dû à la thésaurisation et à la contraction de la demande.

Sortir de l’impasse

Pour redorer son blason, l’Union européenne dispose en réalité de peu de solutions. Il lui faut en tout cas faire preuve de pédagogie et enrayer cette machine infernale essentiellement faite de rigueur et de détresse. Si les réformes structurelles relèvent sans conteste du bon sens, leur application brutale étouffe en revanche l’économie et tue dans l’œuf tout espoir de relance. Car gérer ses finances en bon père de famille ne signifie pas priver ses enfants de repas, mais bien épargner durant les périodes fastes pour ensuite pouvoir faire face aux dépenses imprévues. Van Rompuy, Dijsselbloem, Barroso, Merkel et consorts ne doivent pas l’oublier, sous peine de rebuter un peu plus les citoyens européens.


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5 réactions à cet article    


  • Montagnais Montagnais 5 avril 2013 12:02

    AH ! Jonathan .. vous avez encore du chemin à faire pour rejoindre le Département affaires publiques de Publicis consultants .. et entrer au gouvernement !.. comme vos confrères éminents . ;


    Car vous dites, en guise de conclusion : « sous peine de rebuter un peu plus les citoyens européens. »

    Vrai ? Il ne s’agit que de cela ? pas plus pas moins ? rebuter un peu plus le « citoyen » européen ?

    La suite devrait vous émerveiller, vous, jeune communi (c) ant.


    • Plumdanslcu* 5 avril 2013 16:09

      Bien sur que nous vivons une fin de régime , comme planifié depuis longtemps par nos maîtres les banquiers centraux qui ont depuis étendus leurs activités à tous les secteurs économiques, armement, industrie, tertiaire, agroalimentaire aux prix de crises économiques récurrentes instrumentalisées et provoqués.

      Je vous invite à lire le livre de Eustace Mullins « les secrets de la réserve fédérale » lien

      http://www.catholicapedia.net/Documents/cahier-saint-charlemagne/documents/C400_Federal-Reserve_137p.pdf

      ps  : ne vous arrêtez pas à l’intitulé du lien « catholica... » pour ceux qui luttent contre cette « paroisse » en effet ce livre n’est pas de la propagande catholique.

      Vous y apprendrez comment un petit groupe de banquiers allemands, américains et anglais ont en secret et aux moyens de manipulations, propagandes, élections... trés poussées mis en place la FED aux états unis qui à permis d’assoir leur pouvoir financiers sur le monde par l’émission ou au contraire l’arrêt d’émission de monnaie en créant les crises financières selon leur bon vouloir.

      Leurs rôle dans le financement des campagnes de tous les candidats américains dans ces années là, Wilson , Roosvelt ... etc

      On y apprend également le rôle centrale de quelques familles d’oligarques Jp Morgan, Dupont, Warburg, Aldrich, Rockfeller ... (moins de 8) dans cette « conspiration » ces mêmes familles liées de prés ou de loin à une seule et même famille, les Rotschilds anglais mais originaire d’Allemagne.

      On comprend mieux leurs rôles dans le déclanchement de la 1 ére guerre mondiale puis dans le réarmements de l’allemagne entre deux guerres , leur rôle dans la révolution bloshevique puis dans le financement du nazisme dans la crise de de 1929 qui à amené la 2 éme guerre mondiale.
      Tous cela en finançant les deux camps ce qui leurs à permis de ne jamais être perdant. 

      Leurs rôles dans la perte de souveraineté de la France sur l’émission de sa monnaie en 1973 par la loi et ca ne s’invente pas "Pompidou- Rothschild.

      Et enfin leurs but parfois entrevue de créer un trust mondiale sur tous l’appareil de production afin d’assoir leur main mise sur la terre et sur chacun de ses habitants

      Étienne chouard l’explique bien et reprend nombre de ses thèse de ce bouquin.

      Après la lecture de cela on comprend mieux pourquoi les média attaché de prêt ou de loin à ces intérêts font montés les extrêmes afin de créer les conditions d’une troisiéme guerre mondiale et ou civile afin de mettre en place leurs gouvernance et non gouvernement mondiale comme le préconise Attali qui à travers ces différents prestations télévisuel nous explique que ces le seul choix pour éviter la crise et les années noires qu’il prévoit

      En résumé ils ont le pouvoirs de créer les crises et par là les guerres et ils appliquent la méthode action réaction solution.
      Il créés le problème (le chaos) attendent que le publique demande une solution pour y pallier et apporte leur solution préparé à l’avance.


      • taktak 5 avril 2013 16:22

        "Un peu partout, on encadre les salaires, on réforme les retraites, on amenuise les prestations sociales, on taille dans les dépenses publiques, on diminue le nombre de fonctionnaires, on privatise, on augmente les impôts. Avec, pour contrecoup direct, la souffrance des plus modestes et une récession qui s’installe dans la durée. Mais ce n‘est pas tout : la libéralisation des services publics et l’ouverture des marchés ont marqué de leur empreinte les deux dernières décennies. Cela, officiellement, pour des raisons de compétitivité, de réduction des coûts et de libre concurrence.« 

        Le but de l’UE n’est pas la paix et la concorde entre les peuples. Sinon, on aurait aidé sans rechigner les pays du Sud de l’europe à combattre les attaques spéculatives .
        Non son but et ce depuis le traité de Rome c’est d’établir un grand marché unique, mettant en concurrence - c’est à dire opposant - les travailleurs des différents pays. L’UE c’est la concurence libre et non faussé, c’est le primat des marchés - ie de la classe capitaliste - sur la souveraineté des peuples.
        L’UE et l’euro, c’est une machine à dresser les peuples les uns contre les autres, à diviser les travailleurs pour mieux les exploiter.

        Vous citez Keynes. Il y a un économiste bien plus pertinent pour analyser cette crise systémique du capitalisme : Marx et ses successeurs.

        Il n’est pas étonnant qu’un projet politique aussi totalitaire ( »un certain déficit démocratique" dites vous, mais quel euphémisme) suscite un rejet massif des peuples. Mais leur parole ne compte pas : voir le traitement du non au TCE en 2005, le TSCG en 2012....
        @ l’auteur, vos campagne de bourrage de crane ne prennent plus, même à coup de prix nobel.

        J Sapir a montré dans un de ses derniers article, le rôle structurel de camisole des peuples que représente l’UE. J’ai fait un article de commentaire la dessus, qui est malheureusement bloqué depuis des jours en modération.

        C’est bien dommage, car il s’agit là d’un sujet de débat très interessant pour les progressistes, indispensable pour combattre le réplis xénophobe vers l’extrème droite et promouvoir la défense patriotique ET internationaliste de la souveraineté du peuple.


        • pierrot pierrot 6 avril 2013 08:05

          Quelle serait l’alternative à moins d’austérité ?
          Ne pas payer ses dettes ?
          S’endetter encore plus ?
          Se déclarer en faillite ?


          • Mr-Asperger 7 avril 2013 09:47

            On aurait pu encourager la baisse de dépenses publiques improductives:Pourquoi tailler dans celles justement qui sont utiles(éducation,santé).Voir même une harmonisation fiscale,encourager la lutte contre les paradis fiscaux.

            Et qu’irez vous dire au petit smicard :"bon dès maintenant tu n’aura moins de retraites mais il verra que les plus fortunés se gavent comme avant.Il verra aussi si c’est un petit patron que son banquier ne lui prette pas les capitaux dont il a besoin mais les garde au chaud sur un compte à la banque centrale ?

            Il verra aussi que ses enfants malgré des bons diplomes et bien n’ont parfois d’autres choix que d’envisager l’exil...

            Je ne sais plus quel économiste disait qu’une union monétaire n’était viable que si ses membres avaient réduits leur distorsion.Or cela n’a pas été le cas en europe:lamonnaie commune mais chacun garde son petit avantage en faisant renchérir le dumping fiscal et social...

            Comment être crédible ?

            Des rois comme charllemagne ou napoléon ont tenté d’unifier l’europe mais n’ont pas réussi:trop de cultures différentes et de visions parfois antagonistes...

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