Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Economie > Un atout pour le monde rural, la revalorisation du bâti agricole

Un atout pour le monde rural, la revalorisation du bâti agricole

Passé assez inaperçu, ce volumineux rapport de 150 pages présenté par M. Michel de Beaumesnil et adopté par le Conseil économique et social le 25 octobre 2006 est pourtant une excellente base de réflexion au problème croissant de l’actuelle crise du logement.

Le rapport se penche sur le nombre d’exploitations agricoles qui, au cours des quarante dernières années, a été divisé presque par trois, ce qui s’est traduit par la perte de l’affectation à un usage agricole d’un nombre important de bâtiments.

Il indique également que la réhabilitation de ces bâtiments, leur rénovation ou leur reconversion contribuent à leur valorisation, tant culturelle que marchande, et, par là-même, à la création ou au maintien d’emplois en milieu rural.

Le constat est assez simple. Sur 11 millions de bâtiments à usage agricole identifiés en 1966, on estime aujourd’hui à 6 millions le nombre de bâtiments qui restent, dont la moitié serait en attente d’usage. Mais le rapport dit aussi que si cette valorisation peut contribuer à revitaliser des territoires, elle peut, a contrario, poser aux communes des problèmes d’aménagement et d’équipement (raccordement aux réseaux, chemins...) dont les coûts peuvent être très importants.

Mais comme rien n’est simple, repérer les bâtiments aux caractères typiques nécessite une réelle volonté de tous. Ce travail est difficile, en particulier dans les zones d’habitat diffus.

Un véritable inventaire devra être institué sur la base d’un sondage de 1966 par le ministère de l’Agriculture et par un début de travail , la Fédération nationale « Habitat et développement » .

Encourager une architecture de qualité, maintenir à domicile des personnes âgées aux revenus modestes, favoriser la conservation du bâti menaçant ruine sont les grands points du rapport. En conclusion, le rapport appuie entre autres sur la valorisation du bâti agricole qui répond à des attentes sociétales en ce qui concerne l’habitat. Cela n’est toutefois pas sans créer de difficultés pour l’installation des jeunes agriculteurs et pour le logement des populations qui travaillent localement, en raison des prix pratiqués. Une politique dynamique des pouvoirs publics en matière de logements devrait permettre d’en atténuer les effets.

Rapport complet pour les courageux : http://lesrapports.ladocumentationfrancaise.fr/cgi-bin/brp/telestats.cgi?brp_ref=064000833&brp_file=0000.pdf


Moyenne des avis sur cet article :  4.61/5   (31 votes)




Réagissez à l'article

3 réactions à cet article    


  • Helios (---.---.129.157) 29 décembre 2006 13:37

    Voila un domaine où le consensus est clair.

    Le règles d’occupation des sols qui font grincer des dents la plupart du temps sont acceptées. Entre rigueur et tolérance, les batiments érigés à usages agricoles et qui servent de locaux d’habitation sont trés nombreux, souvent loués et l’apport financier qu’ils procurent aux agriculteur est nécessaire.

    Les reseaux divers (chemin, eau, edf), soit disant couteux pour la collectivités, sont parfaitement bien gérés et ne coutent qu’au tracteur qui sert à les réaliser, hors circuit commercial.

    Venir mettre un coup de pied dans cette fourmilière est vraiment, mais alors vraiment chercher les emm... là ou tout roule tranquille. S’imaginer qu’on va recuperer des habitations sociales est une illusion, tout est déjà occupé et leur seul résultat tangible sera un rejet de cette intrusion dans le domaine privé des agriculteurs. Gageons qu’ils vont apprecier ce genre d’initiative, d’autant qu’a priori ils y ont tout à perdre, fiscalement parlant.

    Pourquoi, dans les domaines ou tout à l’air de fonctionner, faut-il venir semer la grouille ? Probablement encore une « bonne » idée d’un technocrate en mal d’occupation de son emploi du temps... a moins qu’une arrière pensée politique ne soit déjà en voie de réalisation.


    • Lavande & Coquelicots Pierce 29 décembre 2006 16:04

      Le sujet du foncier bâti est très important pour les zones rurales, et a déjà été abordé lors de la discussion de la loi de développement des territoires de février 2005, sous l’angle des Zones de Revitalisations Rurales (évidemment rebaptisées du joli nom de ZRR).

      Pour conforter leur développement économique, la loi a actualisé le dispositif des ZRR autour de mesures incitatives : amélioration des critères de définition de ces zones, prolongement de l’amortissement exceptionnel pour l’implantation d’entreprises et la rénovation d’immeubles, allongement de 2 à 5 ans de la durée d’exonération de taxe foncière sur le bâti et de taxes consulaires.

      La durée d’exonération d’impôt sur les sociétés à taux plein dans les zones de revalorisation rurale et pour les entreprises nouvelles a été portée de 4 à 5 ans. A l’instar des zones franches urbaines, sa dégressivité a été étalée sur les 9 années suivantes, soit un total de 14 années.

      Ont aussi été adopté des dispositions en matière de création de Sociétés d’Investissement pour le Développement Rural (SIDER).

      http://www.legifrance.com/html/actualite/actualite_legislative/2005-157/territoires_ruraux.htm


      • plus Robert que Redford (---.---.132.202) 29 décembre 2006 18:40

        Tout cela me semble relever de l’incantatoire plus que du concret ! Les problèmes posés aux collectivités locales rurales sont en effet quasi insurmontables ! Avez- vous une idée du coût des infrastructures qui devront être remises en état ou créées de toutes pièces ?? probablement pas, car il est faramineux et les communes rurales ne sont pas celles qui engrangent le plus d’argent !

        A titre d’exemple « les pieds dans la glaise », je siège au syndicat de gestion des eaux de ma circonscription qui gère une quarantaine de petites communes de l’ouest de la saône et loire : l’an passé, une bonne année, nous avons englouti notre budget dans la réfection et l’entretien de 10 km de conduites du réseau. Celui-ci compte 1000Km de conduites (oui, j’ai bien dit mille !) Croyez vous que l’on puisse compter sur une longévité de cent ans de nos infrastructures ???

        Pas la peine d’en rajouter, je pense, sur ce qui attend la mise en place de ce qui serait nécessaire à la revitalisation de tous les réseaux !!!

        Alors, mes bons amis, votre rapport, vous pouvez bien le rouler menu menu et vous l’introduire où je pense...

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès