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 Accueil du site > Actualités > Economie > Un bilan de compétences. Pour quoi faire ?

Un bilan de compétences. Pour quoi faire ?

En temps de crise, « mieux vaut prévenir que guérir ».

S’il n’y avait qu’un slogan pour mettre en valeur cet outil primordial qu’est devenu le bilan de compétences, je n’hésiterais pas à choisir celui là.

Cette remarque vaut autant pour les salariés que pour les patrons.

Une fusion se prépare, un charrette se profile, vous avez atteint votre seuil de saturation et votre travail ne vous donne plus autant de satisfaction qu’avant, vous doutez de vos capacités à retrouver du travail en cas de perte d’emploi, vous voudriez évoluer ou changer de métier, faire le point sur vos compétences, autant de bonnes raisons d’en passer par un bilan de compétences.

Les chiffres montrent que c’est le Congé de bilan de compétences effectué hors temps de travail qui est actuellement privilégié par les salariés et donc, le plus souvent, réalisé via le FONGECIF, un OPCA, plutôt qu’en mobilisant le DIF ou le Plan de Formation de l’entreprise.

Le Congé de bilan de compétences permet au salarié d’entreprendre cette démarche en toute confidentialité. C’est semble-t-il le choix des salariés qui sont en délicatesse dans leur entreprise et qui n’osent prendre le risque d’afficher des velléités de départ.

C’est le nœud du problème. Aux yeux des employeurs, le bilan de compétences continue de susciter la méfiance.

Trop souvent, l’employeur, cet empêcheur de tourner en rond, se réfugie dans ses prérogatives régaliennes, le pouvoir de dire non, trop souvent et de manière inconsidérée.

C’est à se demander s’ils prennent le temps de se pencher sur les vertus de cet outil avant de se convaincre d’en faire un allié précieux.

Car le bilan de compétences est avant tout un outil très pertinent au service de la mobilité des salariés, dans le sens de cette fameuse GPEC (gestion prévisionnelle de l’emploi et des compétences), dont on parle beaucoup, mais qu’on pratique fort peu ou fort mal.

A quoi bon en effet frustrer un salarié qui souhaite évoluer ou décourager un collaborateur qui anticipe un départ plus ou moins explicite, sinon à le contraindre ou à le pousser à une démission, lourde de conséquences…

Dans un contexte difficile et en l’absence de possibilités d’évolution en interne, autant prendre le taureau par les cornes et aider le salarié à réfléchir à un projet externe à l’entreprise.

Repousser l’inéluctable échéance revient plus souvent à nuire autant à l’entreprise qu’à son collaborateur.

Partir dans les meilleurs termes possibles et dans les meilleures conditions, voilà qui devrait inciter les patrons à se réconcilier avec le bilan de compétences.

De plus, une demande de bilan de compétences n’est pas forcément le signe d’une volonté de départ. Nombreux sont les salariés qui cherchent avant tout à protéger leur emploi, en se donnant les moyens de rester employables, c’est-à-dire en adaptant leurs compétences au marché et à la concurrence et en mobilisant leur droit à la formation, si nécessaire.

Actuellement, le bilan de compétences est un outil essentiellement utilisé par les cadres, mieux au fait de leurs droits.

La part des ouvriers et employés qui y ont recours sous statut salarié reste extrêmement faible. Nombreux sont ceux qui ne découvrent son existence qu’une fois au chômage, pour s’apercevoir qu’il s’agit d’un outil d’anticipation qui leur aurait permis, en étant acteur de leur carrière, de maintenir leur employabilité et de se repositionner avec de meilleurs atouts sur le marché du travail.

Combien de professionnels de l’imprimerie, de l’industrie auraient gagné à mobiliser cet outil en préventif plutôt qu’en curatif ?

Et, quand on connaît les difficultés à obtenir le financement d’une formation une fois échoué au Pôle Emploi, il y a de quoi se flageller d’être si peu au fait de ses droits.

Un constat malheureusement partagé par un nombre grandissant d’individus aujourd’hui piégés dans la nasse du Pôle Emploi.

Bien sûr, cette maison fraîchement repeinte offre à ses nouveaux allocataires un ersatz de cette prestation, rebaptisée, avec un incroyable aplomb ; bilan de compétences approfondi (BCA). Un produit, qui ressemble au bilan mais qui n’est en fait, au mieux qu’un bilan de compétences accéléré, au pire une tromperie.

Enfin, choisir un prestataire n’est pas chose facile.

Des ouvrages peuvent utilement vous orienter sur les enjeux du bilan de compétences, tout en vous laissant quelques clés pour bien choisir.

Retenons au moins quelques grands principes pour éviter toute déconvenue :

- Choisir un centre de bilan de compétences figurant sur une liste d’accréditation (OPCA de branche, FONGECIF,...)

(Ainsi, le Fongecif d’Ile-de-France réalise des audits qualité sur ses prestataires accrédités. Choisir un prestataire engagé dans la démarche partenariale est une sécurité)

- Rencontrer trois Centres de bilans pour une mise en concurrence (exiger de recevoir leurs plaquettes d’information, la liste des consultants avec leurs références professionnelles et leurs diplômes)

- Choisir un centre dont le consultant aura su installer un climat de confiance en vous explicitant une démarche pédagogique susceptible de vous convenir.

- Bannir les Centres qui ne disposent pas d’un espace de ressources documentaires digne de ce nom.

Enfin, puisqu’il n’existe pas de remède miracle à tous vos problèmes, soyez prêts à vous investir, car votre consultant n’est expert que de sa démarche pédagogique, et il ne lit pas votre devenir dans sa boule de cristal...



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Les réactions les plus appréciées

Réactions à cet article

  • Par Deneb (---.---.---.73) 16 avril 2009 12:27
    Deneb

    Cet article dégage des effluves désagreables de pub et de propagande

    • Par fergus (---.---.---.113) 16 avril 2009 16:41
      Fergus

      Désolé Deneb, mais je trouve ce jugement un peu trop péremptoire.


      Ancien responsable de formation, j’ai débattu du problème avec différents psychosociologues et fait moi-même un bilan pour comprendre de l’intérieur le ressenti des personnes qui y ont recours avant d’en prescrire dans la société qui m’employait ou au sein du Fongecif où j’ai été administrateur durant des années. Je crois donc savoir à peu près de quoi il s’agit.


      Je pense également qu’il ne sert pas à grand chose pour les personnes capables d’introspection et de recul par rapport à elles-mêmes car ces personnes savent, fut-ce intuitivement, quels sont leurs points forts et leurs points faibles ainsi que leurs pôles d’intérêt.
       
      Au final, le bilan de compétences doit être considéré comme un outil valable, moins pour les cadres (qui sont pourtant ceux qui y recourent le plus souvent comme l’a souligné Yohan) que pour les employés et ouvriers en désir de changement et peu habitués à se mettre en question.

      Je ne vois donc pas de propagande dans cet article mais une confiance peut-être un poil trop grande dans un outil qui ne doit en aucun cas dicter des orientations mais donner des éléments d’éclairage sur les pistes possibles et celles qui sont clairement rédhibitoires.

    • Par Yohan (---.---.---.100) 16 avril 2009 17:57
      Yohan

      Tout à fait d’accord avec toi Fergus. Il serait souvent plus utile à ceux qui sont les moins à même de gérer leur carrière. Ce n’est pas l’outil magique mais pour le connnaitre bien, c’est un bon outil comparé à d’autres.

  • Par Yohan (---.---.---.100) 16 avril 2009 13:16
    Yohan

    Il est interdit de dire du bien sur Agoravox ?
    surtout quand ça peut aider des gens à éviter de se fourvoyer.

  • Par Yohan (---.---.---.100) 16 avril 2009 14:25
    Yohan

    En tout cas, le sujet est d’actualité et autant remettre en perspective cet outil surtout quand on voit ce qu’en fait Pôle Emploi avec ses BCA à 4 sous

  • Par morice (---.---.---.17) 16 avril 2009 15:10
    morice

    Résumer 25 ans de savoir-faire ou plus en un questionnaire en cases à cocher ?? ah ah ah !!! Mais qui peut y croire sinon vous, Johan ? Le bilan de l’article a été défini clairement par Deneb. Le sarkozysme a encore ses défenseurs, mais tout porte à croire qu’ils seront de moins en moins nombreux. Surtout quand on fera le bilan de compétences présidentiel...

    • Par Polemikvictor (---.---.---.228) 16 avril 2009 15:21
      Polemikvictor

      Dans une période difficile de ma vie professionnelle j’ai fait un bilan de comptence car j’avais besoin d’un « miroir » et cela m’a été tres utile. Quand vous ramenez cela à des cases à cocher c’est un peu court et montre votre ignorance du dispositif.

    • Par Yohan (---.---.---.100) 16 avril 2009 15:48
      Yohan

      Morice Toi qui prétends savoir de quoi tu parles, tu es à côté de la plaque et tu lances comme d’hab tes oukases. Un bilan de compétences n’est nullement une somme de tests ou de cases à cocher, ou alors si c’est le cas, mieux vaut changer de cabinet. D’où l’utilité des points que j’aborde, dont la nécessité de choisir un cabinet qui expose une méthode en phase avec les différentes phases contenues dans la Loi sur le bilan de compétences

    • Par snoopy86 (---.---.---.10) 17 avril 2009 00:24

      Salut Yohan

      Il y en a un qui est venu cocher les cases pour Djanel !!!!

  • Par Polemikvictor (---.---.---.228) 16 avril 2009 15:16
    Polemikvictor

    C’est une bonne chose en période de difficultés de rappeller aux salariés concernés qu’ils ont des droits, le bilan de compétence en est un, la validation des acquis de l’experience dont vous auriez put parler également en est un autre.
    Que des individus voient dans l’application des textes favorables aux salariés de la propagande est typique du marécage intellectuel d’une certaine partie des acteurs économiques, il vaut mieux tout rejeter sans comprendre ( c’est d’abord plus facile) que de pousser ses semblables a se servir utilement des dispositifs prévus pour les aider.
    C’est en fonctionnant comme cela qu’on transforme un chomeur en RMIste

    • Par Yohan (---.---.---.100) 16 avril 2009 15:54
      Yohan

      Tout à fait Polemikvictor

      Casser sans nuance est le sport favori des gens comme Morice qui cherchent avant tout à régler des comptes avec les pouvoirs en place. Mais ce genre d’attitude stérile contribue à laisser les gens dans leur ignorance et sans aide aucune. Leur but n’est d’ailleurs pas d’aider leurs semblables ni d’apporter une quelconque information utile aux individus, mais plutôt de promettre des grands soirs, qui n’arrivent jamais d’ailleurs

    • Par Yohan (---.---.---.100) 16 avril 2009 16:05
      Yohan

      Je n’ai pas parlé effectivement de la VAE qui mérite un article à elle seule ;
      Il y un an j’ai écris un article sur la VAE, j’étais plutôt dubatif, pas sur son intérêt et ses enjeux mais plutôt sur la manière dont on gère la chose

  • Par eugène wermelinger (---.---.---.249) 16 avril 2009 17:40
    eugène wermelinger

    Si je peux me permettre d’arbitrer, ce sera carton orange pour Deneb, et rouge pour Morice.
    Yohan, que je salue, a le ballon au pied, laissons-le transformer l’essai.

    • Par Yohan (---.---.---.100) 16 avril 2009 17:54
      Yohan

      Salut Eugène
      Bon arbitrage (clin d’oeil)
      Je suis en bourgogne la semaine prochaine. Dans quel bled te trouves tu ? Si j’ai le temps, je passerai te saluer

    • Par snoopy86 (---.---.---.10) 17 avril 2009 00:26

      Et boire un coup de chablis !!!

    • Par Deneb (---.---.---.73) 17 avril 2009 06:38
      Deneb

      Panem et circenses !

      Que le peuple aille au foot, ça les empêchera de penser à autre chose.

      Un bilan de competences, ça rajoute de la bureaucratie, ça permet de standardiser les esprit, ce machin est sorti tout droit du siècle passé.

      Nous vivons à l’epoque où au diplome un etudiant se rend compte que ce qu’il a appris au 1ère année est déjà obsolet.

      La loi de Moore s’applique désormais à toutes les domaines. Alors, gérer sa carrière ... Vous m’avez l’air d’avoir 50 ans de retard.

      Dans mon domaine de competences il existe un tas de formations : je ne suis jamais arrivé à travailler avec quelqu’un qui venait de sortir d’une de ces formations. On dirait qu’ils ont un talent particulier pour enseigner de l’inutile.

      Mon bilan de competences est mon chiffre d’affaires et les reférences de mes clients satisfaits.

    • Par fergus (---.---.---.89) 17 avril 2009 09:18
      Fergus

      Encore une fois, pas d’accord Deneb : le bilan de compétences n’a rien d’un outil destiné à standardiser les esprits.
      Son objet est d’essayer, par des entretiens avec des psychologues indépendants et différents moyens psychotechniques (comportant, entre autres, des tests de préférence dont la pertinence s’est affinée au fil du temps), de déterminer des pistes d’intérêt pour la personne en relation avec le profil d’acquis qui ressort du bilan.
      Chaque étape doit être analysée et commentée par le conseiller de bilan. A l’arrivée, aucune solution clé en main n’a été déterminée, et il appartiendra à la personne qui a fait son bilan de déterminer elle-même (éventuellement en relation avec son responsable de formation, un conseiller de son Fongecif ou un conseiller d’orientation professionnelle) dans quelle voie elle souhaite s’orienter.
      Pour finir, je condamne personnellement cette appellation de bilan de compétences car cet outil n’a pas pour objet de déterminer les compétences d’un individu, mais plutôt des aptitudes en relation avec ses goûts fonciers, la compétence étant la résultante des connaissances et de l’expériences appliquées à des aptitudes.

  • Par Annie (---.---.---.53) 16 avril 2009 19:52

    La question n’est pas vraiment l’intérêt du bilan des compétences, et j’ai un peu peur ici de mériter mon carton rouge ou orange, mais plutôt les compétences qui sont valorisées aujourd’hui. Et c’est là que pour moi cela ne va plus. Il n’y a pas que les compétences professionnelles, mais aussi comportementales qui priment à mon avis à l’heure actuelle sur les compétences professionnelles. Pour certains il faut pouvoir démontrer un sens de leadership, pour les autres un sens de followship (à savoir une aptitude à accepter sans broncher tout ce qu’on leur demande de faire). Les entreprises avec lesquelles je travaille en Angleterre valorisent comme compétence comportementale l’aptitude à la concertation, à la négociation. Si vous avez le malheur de faire la critique frontale d’un objectif ou d’un cadre, c’est tout de suite le carton rouge. En fait c’est le règne de la terreur, chacun surveillant ses mots et ses gestes. Une erreur professionnelle est mieux acceptée qu’un manquement au code de conduite implicite. Je vous promets que je n’exagère pas, et que le personnel est incroyablement stressé. J’espère me tromper en disant cela, mais j’ai l’impression qu’on préfère aujourd’hui un employé plus ou moins médiocre du point de vue professionnel mais totalement discipliné. 

  • Par Deneb (---.---.---.73) 17 avril 2009 07:54
    Deneb

    Les professionnels, les professionnels ...

    Ca fait 25 ans que je sévis dans mon métier, et je suis fier d’avoir su rester un amateur - je m’éclate dans ce que je fais et je n’etablis une méthode de travail que pour pouvoir la dépasser. Les professionnels ressemblent étrangement aux professionnelles.

  • Par crocus (---.---.---.75) 17 avril 2009 13:46

    1 l’article fait pub

    2 j’ai passe un bilan de competences et j’ai un parcours atypique, donc cela ne m’a servi à rien. 
    3 Ce sont beaucoup de cases à cocher, quelqu’un qui vous dit « il faut reflechir » 

    A ce sujet qui est habilité a faire passer des bilans de compétence ? 

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