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Accueil du site > Actualités > Economie > Un complot contre l’euro ? Appelez Lagarde !

Un complot contre l’euro ? Appelez Lagarde !

L’euro n’est plus dans une trajectoire montante. Entendez, sa valeur ne s’apprécie plus rapportée aux autres devises, le dollar par exemple. Surtout le dollar, mais il ne faut pas trop le dire. Au contraire, notre devise unique dévisse à 1.35 depuis son plus haut... à 1.51. Pourtant, ce sont les Etats-Unis qui vivent le plus durement la crise. Et ils le méritent, c’est eux qui doivent en souffrir, pas nous. On a rien fait et nous, et puis on a nos formidables matelas sociaux ! L’Europe mérite son euro fort. L’euro fort, ça fait sérieux. Enfin, oui et non.

Euro fort pour faire la nique aux yankees honnis de par chez nous. Mais un euro fort bien encombrant pour nos industries en difficulté. D’un point de vue très anecdotique, l’euro fort, c’est bien quand vous faites partie des classes aisées et voyagez pour faire du shopping de luxe à l’étranger. Les prix y sont plus doux (surtout quand il n’y a pas de TVA, le meilleur, c’est quand même d’éviter cette taxe exorbitante). Enfin bref. Mais pour notre économie dans son ensemble, si vous voulez exporter et que vous n’êtes pas Allemand (eux arrivent toujours à se débrouiller malgré un euro fort, eux aussi ils sont forts ces Allemands), vous êtes content quand l’euro est faible. Un euro ramolli devrait donc redonner des couleurs à nos secteurs tournés vers l’exportation, enfin ceux que notre modèle économique n’a pas encore ruinés.

En tout cas, il va falloir faire avec. Pendant que nos politiques français font résonner (mais hélas pas raisonner) l’hallali dans les médias du quick halal (je me demande ce que serait un "quicky hallal", mais on change de sujet) et déballent les histoires de vols de voitures de ministres anciens ou actuels (il faut dire que beaucoup de nos hommes politiques n’ont pas le choix, ils ne parlent pas anglais et ne lisent pas la presse internationale qui parle de sujets sérieux : la dette, la mondialisation, etc.), il parait qu’un complot s’est organisé sur notre dos. Les maîtres du monde, ces dérégulés sans dieu ni maître, ont sabré le champagne sur la décision que le cours de l’euro dollar irait à la parité : 1 dollar = 1 euro (au lieu de 1.35, vous voyez la différence, c’est comme une grande braderie). Et bingo, voilà que des fonds "spéculatifs" s’y mettent aussi, poussant vers cet objectif sinistre d’un euro tout mou. Affreux pour l’amour propre (mais inversement proportionnel pour le carnet de commande). Il est vrai que la Grèce n’y est pas pour rien. Avec leur moussaka de dettes recyclées et trafiquées, avec le mal de tête de quelqu’un qui aurait abusé de l’ouzo, personne n’y voit plus clair. Sinon que l’Italie n’est pas propre non plus, que l’Espagne coule, que l’Irlande cherche à se faire oublier et que le Portugal a du mal à replâtrer ses dettes. Et que pas loin derrière, il y a la France, même si nous hébergeons comme Président un sauveur du monde multi-récidiviste qui fait trembler le capitalisme financier mondialisé... et bien rire les Chinois. Bref, les finances de l’Europe du sud, c’est un peu Madère avant les pluies.

Alors, complot ou pas complot ? Les fondamentaux sont-ils bien là pour que l’euro baisse, ou s’agit-il de simple "spéculation" sur le dos du pôv Européen écrasé par la finance internationale ? Vieillissement de la population, explosion des régimes de retraites par répartition et de sécu (calquée sur la répartition, ce qui en double le déséquilibre), dettes publiques hors contrôles, freins multiples à la croissance, tout est bien là pour entrer dans une zone de fortes turbulences. Mais bon, si l’euro s’effondre, encore une fois, cela revient à un effondrement des prix et des salaires européens, sans toucher à leur valeur nominale. Les Indiens et les Chinois commenceront peut-être à délocaliser en France lorsque nous serons devenus compétitifs par les prix. Le plus gros inconvénient du scénario bobsleigh pour l’euro, c’est l’emballement de la spirale de la défiance des capitaux vis-à-vis de notre devise. Elle a beau se comprendre, mettez-vous à la place des entreprises qui ont déjà du mal à trouver de l’argent avec l’éviction massive des émissions obligataires des Etats européens qui pompent tout ce qui passe. Un euro qui baisse s’explique par un assèchement des capitaux qui rentrent ou restent en euros. Assèchement pour les entreprises, donc. Je ne parle pas des gouvernements eux-mêmes, ils sont déjà en train de vider les nappes phréatiques aux dépens du monde libre secteur privé. Ils devront quand même payer leur dette à des taux de plus en plus prohibitifs pour compenser le risque de dévalorisation de leur devise, pendant que les entreprises verront leur accès aux capitaux de plus en plus difficile et de plus en plus cher.


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8 réactions à cet article    


  • Bardamu 10 mars 2010 10:57

    Bel article !

    Les Etats-Unis pilotant désormais une Europe -par l’intermédiaire de ses élites dévoyées et mondialistes qui y consentent- aiment la voir « s’abaisser » -position du vassal adoubé- plutôt qu’un peu -si peu !- résister.

    La Grèce est en cela exemplaire, qui voit sa dette manipulée -prise dans les lacs de Lehman (dits « lacs-Lehman »)- pour dépendre à jamais de l’axe atlantiste.

    Outre le constat, une parité euro dollar ne serait-elle pas un préalable à une monnaie unique ?
    A une gouvernance mondiale en marche -forcée ?

    Car, lorsque l’on fouille bien en pareil embrouillamini, tout semble devenir clair, jusqu’au terme de complotiste ici taillé sur mesure.

    On psychiatrise une certaine dissidence -la chose est communément admise désormais- pour, sous prétexte de sa paranoïa, empêcher certains clairvoyants de s’exprimer !

    La parano, certes, sévit beaucoup de nos jours -réaction quasi normale d’ailleurs face à tant d’incertitudes !
    Mais tous parmi nous n’en sont pas atteints : pour ma part, je dors fort bien la nuit venue, et je vois plus la parano ramper sourdement parmi les soumis -si sécuritaires alors !- que dans les rangs des dubitatifs !

    Alors, disons-le sans détours : « Big Brother arrive, nanotechnologies au poing, Rfid en poche -reportage hier soir ! »
    ... Le meilleur des mondes pointe à l’horizon eugéniste aldousien, avec son soma, ses neurosciences apaisantes, ses pilules miracles pour un bonheur artificiel et une totale obéissance.

    Dernière ligne droite en vue :
    -Marx -avec sa lutte des classes réifiée- terrassera-t-il Big Brother -avec sa démocrature assurée ?... le peuple triomphera-t-il de ses dirigeants à la botte ?

    Quoi qu’il en soit, le vingt-et-unième siècle sera marxiste, certes, et surtout rock n’ roll !
    De Dieu, si ça va souffler !... bref, on ne va pas s’ennuyer !


    • Lisa SION 2 Lisa SION 2 10 mars 2010 11:36

      Bonjour

      « Je ne parle pas des gouvernements eux-mêmes, Ils devront quand même payer leur dette à des taux de plus en plus prohibitifs » Évidemment, les spéculateurs agissant avec les fonds de pension peuvent être tentés de nous refaire le coup des subprimes avec des taux variables, et nos États peuvent croire que l’on va l’accepter, nous français, râleurs et révolutionnaires...

      Lalanne laisse tomber la musique de crooner et se met à la politique : http://www.youtube.com/watch?v=eXIQHe6_SjE même s’il est un jour président et qu’il en meurt assassiné, c’est pas gagné.


      • bigoudi7 10 mars 2010 14:19

        Euro 1999 (euro financier):1.18 dollars                                                        2000 =0.80D                                                                             2002=0.85D                                                                             2003=1.00D                                                                             2005=1.30D                                                                             2007=1.60D                                                                             2010=1.36D (1.362 D à cette heure-ci)                                                Ou est la catastrophe de la monnaie dans les chiffres ? Est ce qu’on dit d’un fleuve dont la crue se résorbe qu’il va à l’étiage ? est ce que l’Angleterre dont l’industrie et les exportations s’écroulent va mieux avec une monnaie nationale ?Au 4e trimestre 2009 le PIB de l’Italie a dépassé celui du Royaume uni (information vue dans le Daily Telegraph mais dommage pas vue sur le continent !) ;tout ne va pas pour le mieux mais arretons de prévoir des catastrophes,il n’y a que celles, imprévues, qui arrivent 


        • bigoudi7 10 mars 2010 14:23

          ma mise en page ratée ;pas doué pardon !


          • isabellelurette 10 mars 2010 14:51

            http://www.scribd.com/doc/11452701/Murray-Rothbard-Etat-quastu-fait-de-notre-monnaie&nbsp ;

            pdf téléchargeable gratuitement du livre de Rothbard Murray « Etat, qu’as tu fait de notre monnaie ? »

            Ce livre sur la monnaie demande 3 à 4 heures de lecture passionnante. C’est un livre d’histoire des monnaies, depuis le troc, en passant par les métaux, ... et qui se termine par l’euro. Très bien écrit, compréhensible même par une blonde !

            En conclusion de l’auteur, .... l’agglomération, des monnaies européennes à la monnaie de 16 pays, .... est ....

            Suspense ! Lisez vous même !

            Isa


            • zadig 11 mars 2010 07:46

              La baisse de l’euro !!

              Une trés bonne affaire.
              Et puis au départ la parité dollar/euro était au alentour de 1,17 (sauf erreur )
              Alors il reste une sacrée marge.


              • BA 11 mars 2010 08:50

                Certains dirigeants européens sont en train de parler d’un «  Fonds Monétaire Européen  ».

                Ils sont en train de bluffer.

                Ils bluffent car ils savent que la création de ce soi-disant « Fonds Monétaire Européen » est impossible.

                D’abord, ce soi-disant « Fonds Monétaire Européen » rajouterait une couche supplémentaire au mille-feuilles européen. Comme si ce n’était pas suffisamment le bordel en Europe !

                Ensuite, ce FME nécessiterait de négocier un nouveau traité, alors que le traité de Lisbonne vient tout juste d’entrer en application.

                Ensuite, ce FME nécessiterait l’accord des 27 pays de l’Union Européenne, sans aucune exception. Je n’imagine pas que l’Union Européenne organiserait 27 référendums dans les 27 pays concernés. Il faudrait donc un vote des 27 parlements.

                Dernière chose : ce FME ne pourrait naître qu’en période de vaches grasses. Or, aujourd’hui, les Etats européens sont déjà surendettés. Rien que pour sauver le Portugal, l’Irlande, la Grèce et l’Espagne, il faudrait leur verser 320 milliards d’euros.

                Conclusion : on en revient toujours au même constat. Des grands discours. Des belles phrases. Des rodomontades. Des tartarinades. Mais rien de concret DANS LES ACTES.

                Rien ne se passe DANS LA REALITE.

                Et pour cause : il n’y a plus d’argent nulle part, et plus personne ne veut payer.

                C’est ça, la leçon à retenir : en Europe, il n’y a pas de solidarité entre les pays européens. Il n’y a que des discours. Il n’y a que du bla-bla. Il n’y a que du bluff.

                Rien ne se passe dans les actes concrets, car plus personne ne veut payer (et même : plus personne ne peut payer).

                A lire absolument :

                http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2010/02/17/04016-20100217ARTFIG00694-320-milliards-pour-un-plan-de-sauvetage-europeen-.php

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