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Accueil du site > Actualités > Economie > Un leurre le commerce équitable ?

Un leurre le commerce équitable ?

Si pour le consommateur le commerce équitable est un geste de solidarité, pour le producteur il ne se résume trop souvent qu’à un échange commercial classique. Si l’on se fie à une étude de SOLAGRAL, menée il y a trois ans en partenariat avec le CIRAD, le CICDA et le CEDAC, les organismes producteurs « ont souvent une vue très partielle des objectifs du CE dont elles bénéficient pourtant directement ».

Dans la chaîne de solidarité entre producteurs du Sud et consommateurs du Nord que se veut le commerce équitable, il y a quatre grands maillons : les organisations de producteurs (souvent des coopératives, mais aussi des entreprises regroupant ouvriers et artisans), des organisations importatrices, des boutiques spécialisées et des marques (qui visent de plus en plus les grandes surfaces).

Le premier maillon de la chaîne, les organisations de producteurs, en serait-il le maillon faible ?

L’étude de SOLAGRAL constate que les organisations productrices ont peu de ressources financières et peu d’accès aux technologies de l’information de même qu’à la formation professionnelle. Difficile de s’inscrire dans la durée avec un tel profil.

Suvan Boonthae, co-fondateur et gérant du projet Village Weaver Handicraft, fait bien valoir tout le dilemne auquel sont confrontés les organisations de producteurs.

depuis que notre organisation est devenue rentable, nous avons été petit a petit délaissés par nos clients issus du réseau de commerce équitable sous prétexte qu’ils ne soutenaient que les populations les plus démunis et les plus défavorisés.

Solidaroad. Sur les routes du commerce équitable : Thaïlande.

Heureusement pour lui, les 28 ouvrières et les 300 artisanes vivant mieux grâce au projet, l’organisation née en 1982 a son propre site Internet (inaccessible au moment où sont écrites ces lignes) et reçoit régulièrement la visite de ses principaux clients. Il est vrai aussi que Suvan a le profil du bon manager.

Dans un récent article disponible sur son site Web, l’association Minga n’est pas tendre envers le commerce équitable qu’elle qualifie de leurre basé sur une vision morale et méprisante envers celles et ceux qui offrent des produits équitables sans en avoir l’étiquette.

Pour Minga, la Quinzaine du commerce équitable est devenue une foire à grand spectacle qui occulte les vrais problèmes. Il faut dire que Minga organise son propre salon international pour un commerce équitable en octobre prochain. Les questions qu’elles soulèvent n’en sont pas moins pertinentes.

On aimerait tous voir rééditer l’exploit de David contre Goliath.

Malheureusement, Goliath a derrière lui l’OMC, la Banque mondiale et le FMI, sans compter les géants du commerce mondial qui veulent bien prendre le commerce équitable sous leurs ailes, pourvu que l’on continue à les laisser voler comme elles l’entendent.

N’y a-t-il pas un danger à faire croire que les petits producteurs du Sud sont égaux dans le grand commerce international ?

Le débat est lancé.


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