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Un long hiver Européen

Le drame grec achève de démontrer la fragilité de notre très sophistiqué système bancaire et financier ainsi que l’étroite interdépendance de l’ensemble des intervenants à cet écheveau dont il suffirait qu’un des acteurs importants périclite pour entraîner dans sa chute l’intégralité de la toile... Entreprises stables, établissements bancaires sains ou même Etats dits « développés » et à l’économie intégrée et moderne se retrouvent ainsi aujourd’hui en première ligne de feu dès lors qu’ils sont de près ou de loin en affaires avec des entités potentiellement sur la sellette.

C’est la morale qu’il convient de tirer des déconfitures de Bear Stearns et de Lehman, c’est également les leçons de la quasi faillite grecque qui, au passage, met l’Union Européenne face à ses propres carences car une dérive de ce pays aurait des conséquences dévastatrices sur un système bancaire Européen qui appelle ardemment de ses voeux un renflouement grec, même au prix d’une humiliante intervention du F.M.I.

Le Gouvernement Allemand, grand prêtre de la morale et de l’orthodoxie, ne se retrouve-t-il pas ainsi confronté à la banqueroute potentielle de certaines de ses Landesbanks - pour certaines heureuses détentrices de la notation AAA - ayant déjà perdu des dizaines de milliards d’Euros dans les subprimes, et qui sont en outre fortement à risque vis-à-vis d’un défaut grec du fait de leur très forte exposition à ses CDS ? 

De surcroît, les banques françaises ne sont-elles pas, avec des encours de l’ordre de 60 milliards d’Euros, les plus exposées de l’Union envers la Grèce sachant qu’elles se situent au second rang des établissements Européens au niveau de leur risque vis-à-vis de l’Espagne et du Portugal ? L’ampleur des dégâts potentiels sur la seule Espagne semble massive car les banques hexagonales y sont exposées à hauteur de 180 milliards d’Euros ! 

Certains Etats fragiles parce que jeunes des Balkans ne sont-ils pas tout aussi menacés par une banqueroute d’un pays comme la Grèce qui a représente le second plus important investisseur étranger dans un pays comme la Macédoine ? Les grecs y sont effectivement omniprésents : le système bancaire Macédonien leur appartient à près de 30%, celui des Télécom à 17%, de l’énergie à 25%, de l’alimentation à 10% sachant que les investissements et entreprises grecs en Macédoine emploient 6% de la population active de ce pays... 

En réalité, les fondations même de l’ensemble de la région Balkanique semble s’échapper sous les pieds de certains petits Etats de la région qui, ayant connu une fièvre d’investissements grecs dès le milieu des années 90, commencent déjà à souffrir de la fermeture du robinet des liquidités grecques. Les banques grecques n’ont-elles pas usé et abusé de l’opportunité qui leur était offerte par la BCE d’un financement quasi gratuit grâce à la mise en garantie de Bons du Trésor grecs dont la valeur est aujourd’hui pour le moins remise en question ? 

La Suisse elle même n’est-elle pas la nation du continent Européen qui, avec près de 45 milliards d’Euros, aurait le plus à souffrir d’une débâcle grecque eu égard à son P.I.B. qui, selon Morgan Stanley, en serait affecté à hauteur de 12% ? ... la France suivant, quoique loin derrière grâce à sa taille, mais qui en souffrirait toutefois à raison de 2.5% de son P.I.B. !

Les Grecs, c’est entendu, ont accumulé force déficits en important et en s’endettant abusivement. Pour autant, l’épargne Allemande n’est-elle pas proportionnelle à la fièvre dépensière des cigales Européennes ? L’Allemagne industrieuse et exportatrice aurait-elle bénéficié de la même prospérité ces vingt dernières années si des nations comme l’Italie ou l’Espagne avaient appliqué à l’interne cette politique rigoriste dont se sont targués tous les Gouvernements Allemands successifs ? 

L’Union est donc aujourd’hui confrontée à ses propres démons et il y a fort à craindre qu’elle ne réagisse - une fois de plus - en ordre dispersé. Les pays riches agiront donc dans leur seul intérêt, à savoir celui de la moindre dépense... Ce réflexe tristement et intrinsèquement Européen du chacun pour soi dès lors qu’il faut puiser dans ses réserves de guerre ou faire preuve de solidarité finira en un sauvetage des banques engagées en Grèce plutôt que dans l’assistance à l’Etat grec.


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19 réactions à cet article    


  • Terran 20 février 2010 08:55

    Mr Santi, dans un système tel qu’il est actuellement ou tous les organismes financiers tirent toutes les ficelles en créant de l’argent comme ça, pour rien, indexé sur rien ; vous pensez sérieusement à votre conclusion ?

    Y avez vous réfléchis ?
    C’est quand même gros de croire que chacun va retourner dans sa pénates et faire l’autruche en attendant des jours meilleurs.
    Ca va pas se passer comme ça !

    C’est l’Europe entière qui s’écroule parce qu’elle s’est faite dépossédée de la création monétaire et aussi surtout parce qu’il n’y a plus de politique de progrès, si un état tombe, les autres s’effondreront avec.
    Il suffit de regarder a quel point les pays sont interdépendants au niveau énergétique, car il a été décidé par les vert de mailler un réseau sans soutenir avec assez de densité nucléaire.
    Aussi il est donc impossible que cela se passe bien, il y aura de grandes régressions sociales, et cela à déjà commencé, et partout en Europe.

    La situation en Espagne est une catastrophe, il y a beaucoup trop d’immobilier, donc ça gonfle, ça gonfle, et ça va péter, comme toutes les bulles.
    Ces bulles sont crées et entretenues par la city et wall street, et toutes les banques en fait puisqu’elles sont de près ou de loin des filiales.

    Votre conclusion n’est vraiment pas sérieuse Mr Santi, vous persistez dans le déni de réalité.
    La finance joue avec l’Europe !!!!


    • Francis48 20 février 2010 09:38

      Bonjour Mr Santi

      Je n’ai pu résister à l’envie de recopier la réponse de BA à DDacoudre......pour son article

      « mon voisin avait un âne ».

      Dois je préciser pour mémoire que les financiers ne sont pas les économistes et les économistes ne sont pas les politiques et même si SOUVENT il y a des inter-relations
      les intérêts ne sont pas les mêmes.
      Les financiers ont pour vocation de faire de l’argent et cela sans état d’âme. Il faut être naîf pour imaginer le contraire. L’histoire du monde nous le démontre hélas.

      Ceci étant, encore bravo pour cet article qui comme à l’accoutumé a le don de faire réfléchir

      Cordialement
      Francis48

      La Grèce va bientôt être en défaut de paiement ?

      Et alors ?

      De nombreux pays vont être en défaut de paiement après la Grèce.

      C’est du déjà-vu.

      Entre 1501 et 2002, quels sont les Etats qui ont été en défaut de paiement ?

      Réponse :

      1- L’Espagne : l’Espagne a été 13 fois en défaut de paiement.

      2- L’Equateur : 9 fois en défaut de paiement.

      3- Le Venezuela : 9 fois.

      4- La France : 8 fois. Rappel : le dernier défaut de paiement de la France remonte au 30 septembre 1797 (les historiens l’appellent « la banqueroute des Deux Tiers »).

      5- L’Allemagne : 8 fois.

      6- Le Mexique : 8 fois.

      7- L’Uruguay : 8 fois.

      8- Le Brésil : 7 fois.

      9- La Colombie : 7 fois.

      10- Le Liberia : 7 fois.

      <http://blog.crottaz-finance.ch/wp-content/uploads/2010/02/sov-default_21.png&gt ;

      Et d’ici 2014 ?

      Quels sont les pays qui vont être en défaut de paiement d’ici 2014 ?

      La dette publique de l’Allemagne sera de 91,4 % du PIB.

      La dette publique de la France sera de 95,5 % du PIB.

      La dette publique du Royaume-Uni sera de 99,7 % du PIB.

      La dette publique de la Belgique sera de 111,1 % du PIB.

      La dette publique des Etats-Unis sera de 112 % du PIB.

      La dette publique de l’Italie sera de 132,2 % du PIB.

      La dette publique de la Grèce sera de 133,7 % du PIB.

      La dette publique de l’Islande sera de 134,1 % du PIB.

      La dette publique du Japon sera de 239,2 % du PIB.

      C’est à la page 30 :

      http://www.imf.org/external/pubs/ft... <http://www.imf.org/external/pubs/ft/spn/2009/spn0921.pdf&gt ;


      • Francis48 20 février 2010 09:53

        Bonjour Mr Santi

        Je n’ai pu résister à l’envie de recopier la réponse de BA à DDacoudre......

         

        La Grèce va bientôt être en défaut de paiement ?

        Et alors ?

        De nombreux pays vont être en défaut de paiement après la Grèce.

        C’est du déjà-vu.

        Entre 1501 et 2002, quels sont les Etats qui ont été en défaut de paiement ?

        Réponse :

        1- L’Espagne : l’Espagne a été 13 fois en défaut de paiement.

        2- L’Equateur : 9 fois en défaut de paiement.

        3- Le Venezuela : 9 fois.

        4- La France : 8 fois. Rappel : le dernier défaut de paiement de la France remonte au 30 septembre 1797 (les historiens l’appellent « la banqueroute des Deux Tiers »).

        5- L’Allemagne : 8 fois.

        6- Le Mexique : 8 fois.

        7- L’Uruguay : 8 fois.

        8- Le Brésil : 7 fois.

        9- La Colombie : 7 fois.

        10- Le Liberia : 7 fois.

        <http://blog.crottaz-finance.ch/wp-content/uploads/2010/02/sov-default_21.png&gt ;

        Et d’ici 2014 ?

        Quels sont les pays qui vont être en défaut de paiement d’ici 2014 ?

        La dette publique de l’Allemagne sera de 91,4 % du PIB.

        La dette publique de la France sera de 95,5 % du PIB.

        La dette publique du Royaume-Uni sera de 99,7 % du PIB.

        La dette publique de la Belgique sera de 111,1 % du PIB.

        La dette publique des Etats-Unis sera de 112 % du PIB.

        La dette publique de l’Italie sera de 132,2 % du PIB.

        La dette publique de la Grèce sera de 133,7 % du PIB.

        La dette publique de l’Islande sera de 134,1 % du PIB.

        La dette publique du Japon sera de 239,2 % du PIB.

        C’est à la page 30 :

        http://www.imf.org/external/pubs/ft... <http://www.imf.org/external/pubs/ft/spn/2009/spn0921.pdf&gt ;


        • le naif le naif 20 février 2010 10:10

          Encore un article écran de fumée de Monsieur Santi

          La Grèce pèse à peu près 3% du PIB de la zone euro, ce n’est certainement pas le pire danger qui nous guette en ce moment, pourquoi focaliser sur ce pays, alors que la Grande Bretagne qui à toute latitude pour faire marcher la planche à billet et ne s’en est pas privée jusque là, a levé 4,3 milliards de livres en janvier pour payer les salaires de ses fonctionnaires.Ou de la Californie qui s’il était un pays, représenterait la 7eme ou 8eme puissance économique et qui n’en fini pas de sombrer avec une dette abyssale....

          Au point où nous en sommes de cette crise, savoir quel pays tombera le premier, n’a guère de sens. Pour ceux que la question intéresse, je conseillerais la lecture de l’excellent article autrement plus fouillé du Leap 2020 sur le sujet.


          • jullien 20 février 2010 11:34

            à lire et à méditer cet article du Monde publié hier (il va de soi que si j’ai violé un droit de propriété ce commentaire devra être retiré afin d’éviter des ennuis à la rédaction mais il me semble que le gouvernement n’a pas encore interdit le copier-coller) :

            La Grèce au bal des hypocrites
             

            En cet automne 2004, les débats sont électriques au Comité économique et financier (CEF). Les directeurs du Trésor de la zone euro, les représentants des banques centrales, de la Commission et de la Banque centrale européenne se réunissent à Bruxelles, comme chaque mois. Mais cette fois, ils sont sous le choc.
            Le ministre des finances grec, George Alogoskoufis, vient de présenter au Parlement le résultat de l’audit engagé par les conservateurs, après leur victoire en mars. Les comptes publics de la Grèce s’avèrent sans rapport avec les chiffres annoncés jusque-là : en 2000, le déficit n’était pas de 2 % du produit intérieur brut (PIB), mais de 4,1 %. En 2001, l’année où le pays est entré dans la zone euro, il n’était pas de 1,4 %, mais de 3,7 %. En 2003, idem. En 2004, il n’était pas de 1,2 %, mais de 5,3 %... L’appareil statistique sur le recensement des dépenses, les hypothèses de croissance, le calcul de la dette, les reportings de la Grèce à Eurostat (office européen des statistiques), toutes les données étaient fausses. Dans ces proportions-là, du jamais-vu.

            Au sein de la Banque centrale européenne (BCE), l’exaspération est à son comble. « Tout le monde était très agacé. On a eu le sentiment de s’être faits avoir », se souvient l’une des membres du comité de politique monétaire de l’institution. Les relations entre la BCE et la déléguée grecque étaient déjà « épineuses », se souvient-elle. « La manière de faire les présentations de comptes n’était pas toujours très soignée. Cela ne donnait pas une impression de sérieux. »

            Au Comité économique et financier, c’est aussi la douche froide : la Grèce a menti. Plus ou moins légalement, afin d’arranger ses comptes et d’entrer en douceur dans la zone euro. Poliment, on la regarde soudain d’un autre oeil : comme un passager clandestin de l’Union monétaire. Au comité, les représentants de l’Etat grec font profil bas. Evasifs, ils font porter la faute sur le gouvernement socialiste, promettent des clarifications.

            Une fois de plus, une fracture se dessine entre le Sud et le Nord : « La solidarité latine contre la rigueur germanique, avec les Français et les Belges comme arbitres », résume Jean-Pierre Jouyet, alors directeur français du Trésor. Jürgen Stark, à l’époque sous-gouverneur de la Banque centrale allemande, demande une surveillance renforcée de ces Etats entrés sur le tard dans l’Union européenne (UE), affublés du surnom peu sympathique de « pays du club Med ». L’Italie, l’Espagne, le Portugal craignent de se voir assimilés à l’accusé : « On ne savait pas si c’était la fin ou le début de l’histoire. On avait peur de la contagion », indique un participant. « Quant à moi, dit M. Jouyet, ma position était légaliste : »La Grèce a triché, il faut la sanctionner.«  »

            Mais la Grèce n’est pas sanctionnée. C’est comme ça : l’Union européenne met en garde, distribue des cartons jaunes, mais ne sévit pas. Jamais. Pourquoi ? « Parce que les Européens, ce sont les Tontons flingueurs », plaisante M. Jouyet, désormais président de l’Autorité des marchés financiers (AMF). Comme dans le film de Georges Lautner, précise-t-il, tout le monde se tient par la barbichette, craint d’être « éparpillé façon puzzle » et fait la paix dans la cuisine autour d’un alcool à la pomme. Si les Etats membres sont indignés par les tricheries à grande échelle de la Grèce, aucun n’a intérêt, pour des raisons différentes, à crier haro sur ce pays. Chacun a plus à y perdre qu’à y gagner. Conclusion : les Tontons flingueurs n’ont pas flingué.

            L’affaire grecque de 2004 survient dans un contexte politique où l’euro (mis en place le 1er janvier 2002) en est à ses balbutiements, où les gardiens du temple sont peu regardants. Après le 11 septembre 2001, les économies patinent. La monnaie unique est faible.

            Rares sont les Etats de l’eurozone qui n’ont rien à se reprocher : les Irlandais ont trop d’inflation, une croissance en surchauffe. Ils ne respectent pas la « ligne de conduite économique » de l’UE ; les Allemands, les Français et les Italiens font exploser leurs déficits et, avec eux, les règles du pacte de stabilité. Personne n’est puni. Giovanni Ravasio, à la Commission, met en garde M. Jouyet. « Il m’a dit : »Jean-Pierre, si le Conseil laisse passer l’Irlande sans rien dire pour non-respect de la politique économique, vous pouvez dire au revoir à la discipline européenne.’’"

            Par ailleurs, chacun a ses petites tricheries légales, ses zones grises de comptabilité, ses tours de passe-passe comptables. La France a bénéficié d’un versement exceptionnel de France Télécom, lors du changement de statut de l’opérateur. L’Allemagne a fait de même avec les recettes des licences pour l’exploitation de la norme de téléphonie mobile UMTS, et joue sur la séparation des budgets de l’Etat fédéral et des Länder.

            Dans cet exercice, pour profiter des ambiguïtés du langage comptable et pratiquer la débudgétisation, l’Italie reste la grande championne. Avec l’accord de Bruxelles, elle multiplie les opérations de titrisation de ses dettes : revendues au marché sous la forme de titres financiers, ses créances disparaissent de son déficit. « C’était conforme. Mais quand l’Italie faisait ça, on rigolait bien, se souvient René Defossez, opérateur sur les marchés. On se disait : »Ils sont encore en train de tripatouiller leurs comptes !’’"

            Les banques les plus prestigieuses sont mandatées pour « aider » certains Etats à présenter les comptes publics sous un meilleur jour. Au service de la Grèce, Goldman Sachs permet au pays de « gommer » l’équivalent d’un milliard d’euros de dette publique en 2001. Et la banque JP Morgan, explique un banquier, « faisait pareil avec l’Italie ».

            En 2005, le magazine Euromoney va jusqu’à évoquer « l’Enronisation » des comptes publics européens - du nom de cette entreprise américaine, Enron, au coeur de l’un des plus grands scandales financiers de Wall Street. « La créativité comptable n’est pas le monopole des entreprises privées », ironise l’économiste Jean-Paul Fitoussi.

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            Claire Gatinois et Marion Van Renterghem

            Dans ce contexte d’hypocrisie généralisée, la Grèce peut-elle être accusée de ce que certains qualifiaient de « mensonge d’Etat » ? « Tous ceux qui disent que (le gouvernement socialiste) a falsifié les chiffres mentent », défend Iannos Papantoniou, ministre socialiste des finances de 1994 à 2001. Il dit sans détour ce que formule plus poliment l’actuel premier ministre socialiste, Georges Papandréou.
            Selon les protagonistes grecs, les variations de l’affichage des déficits grecs ne sont pas le produit d’un « mensonge » voué à rester dans les clous exigés par l’Europe, mais d’un changement de règle comptable pour plomber le budget du gouvernement précédent. En 2004, ce changement de règle a joué sur l’affectation du budget de la défense, important en raison du conflit latent avec la Turquie : les conservateurs ont pris en compte la date de la commande des armes plutôt que celle de leur livraison.

            « La Commission européenne recommandait pourtant notre méthode comptable », s’indigne l’ancien ministre socialiste, M. Papantoniou. Qui accuse : « Je pense qu’il y a eu une complicité entre M. Caramanlis et M. Barroso (président de la Commission et ami politique des conservateurs). La Commission a accepté un changement des règles de comptabilité contraires aux usages pour aider les conservateurs. Elle a encouragé l’amalgame, et c’est une grave erreur. »

            Yannis Stournaras, conseiller économique du gouvernement grec de 1994 à 2000, renchérit : «  Il ne s’agit pas de falsification, mais seulement d’une mauvaise gestion de la situation par le gouvernement inexpérimenté des conservateurs, qui voulaient se débarrasser du fardeau des dépenses militaires, en les attribuant au passé. » Il ajoute : « Ils ne savaient pas que ce changement provoquerait un tel scandale au sein de la zone euro. »

            A tort ou à raison, cet épisode de 2004 marque un tournant pour la Grèce : dès lors, sa crédibilité est entamée. Le pays deviendra un objet de défiance pour les investisseurs et la cible des spéculateurs. Mais qui est le plus coupable ? La Grèce, qui a truqué ses chiffres, où l’UE, qui n’a rien vu et n’a puni personne ? Comme le remarque Didier Reynders, ministre des finances belge et ancien président de l’Eurogroupe, « la crédibilité est ébranlée à plusieurs niveaux : tant à celui du gouvernement grec qu’à celui de l’UE et de la zone euro qui n’ont pas vérifié les chiffres ». Un haut diplomate français renchérit : « La Commission européenne doit jouer un rôle de gardien et d’alerte. Barroso n’a pas été aussi vigilant qu’il aurait dû l’être. »

            C’est le péché originel de l’UE et de la zone euro : un système de confiance mutuelle, sans garde-fou, sans instances de surveillance, sans l’autorité d’arbitre dont bénéficie le Fonds monétaire international (FMI) pour remettre au carré la comptabilité des pays.

            Mais les Européens accepteraient-ils de se doter d’une telle instance qui vienne se mêler de leurs affaires statistiques ? L’interventionnisme n’est pas tout à fait du goût de cette vieille maison, l’Union européenne, où l’on aime tant les petits arrangements entre amis.

            Claire Gatinois et Marion Van Renterghem
            Article paru dans l’édition du 20.02.10http://www.lemonde.fr/esi/tarif_abonnement/afficher_tarif_abonnement/—>
             

            • plancherDesVaches 20 février 2010 13:43

              Là, je m’excuse, mais si. Vous avez violé les règles en vigueur sur le net concernant la propriété.

              Cette règle veut qu’un lien donne l’accés ainsi qu’un « court » extrait soit reproduit.

              Sinon, pourquoi croyez-vous que les mass-média rendent leurs archives payantes... ???

              Oui, notez : supprimer la source de revenus des mass-média permettrait de les tuer une bonne fois pour toute.

              Continuez.


            • Daniel Roux Daniel Roux 20 février 2010 14:15

              Beaucoup de pays ont triché et trichent encore. Les hommes politiques au pouvoir nous bercent d’illusions et nous racontent des bobards.

              Chez nous, pour rentrer dans les clous en 1997, le gouvernement français de l’époque a reçu une soulte de 5,7 milliards d’euros de France télécom en échange d’un arrangement sur le financement des retraites des fonctionnaires travaillant dans l’entreprise.

              En ce qui concerne le cas Grec, il semblerait qu’il ne s’agisse que d’un attrape nigaud balancé par la city et wall street en vue de faire diversion sur la catastrophe financière en cours de développement en Grande Bretagne et aux USA, catastrophe que les responsables politiques tenteraient de dissimuler au moins jusqu’aux prochaines élections. Il n’est pas sûr qu’ils y parviennent.

              La situation de la Californie par exemple, 7ème puissance économique, est de loin plus grave que celle de la Grèce mais on en parle peu.

              Il apparaît que les besoins en crédits des Etats sont très supérieurs aux liquidités disponibles ce qui a au moins 2 conséquences directes : l’assèchement du crédit pour le secteur privé et la hausse inévitable des taux d’intérêts. Quant aux conséquences indirectes, elles sont si graves que les gouvernements préfèrent vous raconter des mensonges sur le mode de « Tout va s’arranger bientôt, soyez patients et votez pour moi », comme d’hab.


              • herbe herbe 20 février 2010 16:28

                Pour apporter de l’eau au moulin de Le Naïf et Daniel Roux :

                http://www.dedefensa.org/article-londres_pire_que_la_grece_20_02_2010.html


                • BA 20 février 2010 17:48

                  La Grèce fonce vers le défaut de paiement.

                  La Grèce va entraîner dans sa chute les banques allemandes, et les banques européennes en général.

                  Lisez cet article :

                  Grèce : craintes pour les banques allemandes.

                  La crise financière grecque pourrait précipiter une réaction en chaîne d’autres pays européens et mettre en difficulté le secteur bancaire allemand, estime le Bafin, l’autorité de tutelle du secteur financier allemand, cité par le magazine Spiegel.

                  « Le plus grand danger pour le secteur financier allemand provient des difficultés collectives des PIIGS », (Portugal, Irlande, Italie, Grèce et Espagne, ‘Spain, en anglais’), selon un mémorandum interne du Bafin.

                  La Grèce pourrait « éventuellement être à l’origine d’une dislocation » de l’ensemble du système, selon le mémorandum cité par l’édition du Spiegel à paraître lundi.

                  « Des problèmes graves de turbulences dans les marchés pourraient être provoqués par des spéculations et des problèmes financiers touchant l’ensemble des PIIGS », selon le Bafin, qui estime que ces pays détiennent pour 522,4 milliards d’euros d’obligations émises par des banques allemandes.

                  Par ailleurs, plusieurs banques allemandes sont particulièrement exposées en Grèce, dont la Hypo Real Estate (HRE), à hauteur de 9,1 milliards d’euros, selon le Bafin.

                  HRE, qui a déjà subi des pertes massives du fait de la crise financière mondiale, a dû être nationalisée en juin.

                  http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2010/02/20/01011-20100220FILWWW00552-grece-les-banques-allemandes-en-danger.php


                  • le naif le naif 20 février 2010 18:47

                    Si vous souhaitez être totalement désinformé, je vous conseille également de lire cet article de slate : http://www.slate.fr/story/17615/Fed-economie-americaine-taux-wall-street-normale-bernanke ou de regarder cette émission : http://www.france5.fr/c-dans-l-air/index-fr.php?page=resume&id_rubrique=1373

                    Il n’est pas question de nier les problèmes de la Grèce, mais juste de les ramener à de plus justes proportions et de constater que pendant que l’attention est focalisée sur elle, USA et GB qui ont de plus en plus de mal à attirer les capitaux peuvent souffler un peu.

                    Comment ne pas s’étonner que la GB qui est vraiment un maillon faible (hors zone euro) ne soit pas le premier pays attaqué par la spéculation ? Se poser la question, c’est déjà avoir une partie de la réponse.....


                  • lechoux 23 février 2010 19:29

                    Je confirme que Slate est un site dedésinformation, très pensée unique. Ils ne publient pas les commentaires désobligeants comme ceux que l’on peut lire ici. C’est une émanation d’Attali, à ne pas confondre avec Attila !


                  • BA 20 février 2010 20:04

                    L’Angleterre, l’autre pays du quantitative easing !

                    Les dirigeants anglais sont bien contents de ne pas faire partie de la zone euro. En effet, leur indépendance leur permet, via la Banque d’Angleterre, de recourir aux méthodes dites non conventionnelles pour sortir de l’impasse de la crise.

                    Ainsi, ils peuvent imprimer autant de monnaie qu’ils souhaitent pour abreuver les marchés de liquidités et relancer la machine économique.

                    Mais hier, la réalité a rattrapé le Royaume qui a vu ses finances publiques se creuser de 4,3 milliards le mois dernier. La dette anglaise, qui va sans doute atteindre son pic historique à 180 milliards de dollars et près de 13 % du PIB, devient très inquiétante dans une conjoncture qui ne semble pas s’améliorer outre-Manche. 13 % du PIB, c’est plus qu’en Grèce !

                    Une situation inquiétante.Les seuls chiffres de cette semaine suffisent à comprendre la situation périlleuse du Royaume-Uni, qui entre dans une période électorale qui s’annonce d’ores et déjà mouvementée.

                    Ce lundi, l’indice des prix est ressorti à 3,5 % — au-dessus de la barrière des 3 % qui reste la limite fixée par le gouvernement.

                    Cependant, le gouverneur de la Banque d’Angleterre a précisé dans la lettre publique au ministre des finances qui suit chaque dépassement de cette limite, que la Banque d’Angleterre ferait tout son possible pour amener la croissance des prix dans la fourchette d’objectif.

                    Il a également ajouté qu’un resserrement monétaire n’était pas à l’ordre du jour puisque ce pic d’inflation ne devrait être que provisoire.

                    Une marge de manoeuvre étroite.La marge de manoeuvre est faible car le pays reste englué dans une situation morose qui voit le chômage croître de nouveau le mois dernier avec 23 500 demandes d’allocations en plus.

                    Les prêts aux entreprises illustrent aussi la mauvaise santé du système bancaire et la crise de confiance qui persiste.

                    Et à l’heure où j’écris ces lignes, les ventes de détail viennent confirmer cet état des lieux avec une baisse de - 1,2 % en janvier.

                    Il est de plus en plus probable de voir le PIB du Royaume-Uni retourner en terrain négatif en 2010, rendant la conduite d’une politique monétaire très compliquée.

                    http://www.edito-matieres-premieres.fr/1153/devises/gbp-dollar-fed.html


                    • ddacoudre ddacoudre 20 février 2010 20:08

                      bonjour santi

                      oui il y a de grande chance que ce soient les banques qui soient aidés, c’est dans le droit fil de notre politique nous avons choisit de faire réguler nos états par le système financier, c’est lui autour de lui que se décrètes les politiques intérieures, ce qui a évité les oppositions politiques et permis l’UE, s’il s’écroule c’est l’UE qui s’effondre.
                      ce qui permet de comprendre que toutes les déclarations localisatrices ou moralisatrices sont du pipeau électoraliste.

                      cordialement..


                      • ddacoudre ddacoudre 20 février 2010 20:40

                        d’une certaine manière nous avons réinventé la pensé malthusienne si a la table des banquiers il n’y a pas assez de couvert pour les nouveaux convives, il leur est recommander de ne pas venir au monde.


                      • epapel epapel 20 février 2010 20:36

                        Le déficit budgétaire de la Grèce est de 30 milliards d’euros/an,

                        Pour éviter le défaut de paiement, il suffit de prêter à la Grèce 2,5 milliards d’euros/mois ce que les banques françaises, allemandes et suisses vont devoir faire à moins qu’elles ne préfèrent perdre leur mise.

                        En plus, il y a des solutions pour réduire le déficit budgétaire Grec sans casser les services publics, s’attaquer à la fraude fiscale massive par exemple (il n’y aurait que 6 millionnaires déclarés au fisc).
                         

                        Rappel comparatif des déficits budgétaires :
                        Grande Bretagne 200 milliards d’euros/an
                        USA  : 1000 milliards d’euros/an
                        A mon avis, ces deux là vont avoir de gros problèmes.


                        • dom y loulou dom 20 février 2010 21:10

                          si je peux me permettre monsieur Santi et puisque je ne suis pas financier pour un sou (sic.)

                          vous devriez observer les implications de Goldmann Sachs et ses ingérences dans les affaires européennes.

                          J’espère que vous nous ferez part de vos découvertes à ce propos.


                          • BA 20 février 2010 22:32

                            Paul Mortimer-Lee, économiste chez BNP Paribas, a calculé combien coûterait le sauvetage de la Grèce : sauver la Grèce nécessiterait de lui prêter 50 milliards d’euros.

                            Je dis bien : il faudrait prêter à la Grèce 50 milliards d’euros.

                            Lisez cet article :

                            « D’après les rumeurs de marché, un éventuel plan de sauvetage pour la seule Grèce coûterait 20 milliards d’euros. Insuffisant, d’après l’économiste de BNP Paribas : 20 milliards, c’est le montant des sommes allouées à la Hongrie et à la Roumanie, soit aux alentours de 20 % du produit intérieur brut de ces pays.

                            Appliqué à la Grèce, le même ratio équivaut à 50 milliards d’euros, à 35 milliards d’euros pour l’Irlande, et à 30 milliards d’euros pour le Portugal.

                            Le sauvetage le plus cher concernerait l’Espagne, avec une enveloppe de 200 milliards d’euros.

                            Car, « pour mettre en place un plan qui ait une chance raisonnable de réussir, il faut venir en aide à tous les pays en difficultés », avertit Paul Mortimer-Lee. L’enveloppe totale de 320 milliards d’euros représenterait au final 3,5 % du PIB de la zone euro, ou encore trois fois le déficit budgétaire allemand. »

                             

                            http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2010/02/17/04016-20100217ARTFIG00694-320-milliards-pour-un-plan-de-sauvetage-europeen-.php

                             


                            • lechoux 23 février 2010 19:38

                              « L’Allemagne industrieuse et exportatrice aurait-elle bénéficié de la même prospérité ces vingt dernières années si des nations comme l’Italie ou l’Espagne avaient appliqué à l’interne cette politique rigoriste dont se sont targués tous les Gouvernements Allemands successifs ?  »

                              Merci Mr Santi de mettre les pendules à l’heure. La balance commerciale allemande a toujours été positive de puis 30 ans, sauf exeption. Cela se joue dans chaque entreprise, pour que les deux courbe s’envollent de concert parallèlement. De même pour le Japon.

                              Il est bien temps de se rendre compte que la Grèce ne remplissait pas tous les critères d’intégration de la zone Euro. Et quel est le sens d’une telle zone s’il y a abandon des économies nationales la composant au moindre pet de travers ?


                              • rastapopulo rastapopulo 23 février 2010 22:43

                                La Suisse elle même n’est-elle pas la nation du continent Européen qui, avec près de 45 milliards d’Euros, aurait le plus à souffrir d’une débâcle grecque eu égard à son P.I.B. qui, selon Morgan Stanley, en serait affecté à hauteur de 12% ?

                                Très intéressant, je pense savoir que le patron de Lehman Brothers travaillait beaucoup avec la Suisse...

                                Créer des géants pour dominer la fusion USA-Europe des marchés financiers en 2010 et éliminer les places financières non-anglosaxonnes semble un bon mobile pour la continuation de la crise, voir même, sa provocation en 99.

                                http://fr.wikipedia.org/wiki/March%C3%A9_transatlantique
                                http://www.puppetgov.com/2009/11/12/10-years-ago-today-the-ghost-of-glass-steagall/

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