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Un Nobel d’économie à gagner

Entreprises : Attention, fragile !

Un constat : les entreprises qui produisent des biens et des services sur le marché concurrentiel sont en grande difficulté dès que leurs ventes fléchissent de quelques pour cents. Elles n’ont aucune élasticité. Elles sont donc conduites à réduire immédiatement leur masse salariale - la variable d’ajustement la plus immédiate à mettre en œuvre -, avant même d’entreprendre des réorganisations, d’élaborer de nouvelles stratégies, de lancer de nouveaux produits ou services, etc.
 
Pourquoi le système de production est-il si rigide ? telle est la question à laquelle il faut apporter une réponse pour comprendre les phénomènes de crise et en tirer des enseignements pour les rendre moins socialement destructeurs.
 
La concurrence est le noyau dur du système. C’est grâce à elle que le marché fonctionne. Elle est de type darwinien - elle impose une sélection naturelle économique -, en ce sens qu’elle contraint tous les acteurs à poursuivre une position dominante, d’une part, et d’autre part, pour satisfaire cet impératif, de mener des politiques de croissance : il s’agit in fine de gagner des parts de marché au détriment des concurrents. La croissance est la réponse à la sélection naturelle dans un environnement concurrentiel : elle permet d’être plus fort techniquement, financièrement et commercialement. (Rester dans sa bulle avec une courbe de production stable en ignorant l’évolution de la demande conduit l’entreprise qui se livre à cet exercice à sortir du marché : ses concurrents acquièrent, grâce au différentiel de croissance, des avantages concurrentiels contre lesquelles elle ne peut durablement lutter ; elle est soit reprise, soit mise en liquidation)
 
La concurrence, et donc sont corollaire la croissance, fait que l’outil de production doit travailler avec un maximum d’efficience pour répondre le plus immédiatement et efficacement possible à la demande du marché. Cela revient à réduire toutes les files d’attente le long de la chaîne des valeurs ajoutées. Le système de production est en donc permanence en tension maximum. Compte tenu de l’écrasement des prix (et donc des marges d’exploitation) que la concurrence impose, la course à l’investissement en est une conséquence, favorisée et amplifiée par la mécanique du crédit qui fait du retour sur investissement au plus court terme possible l’alpha et l’oméga du processus - des retours sur investissements longs ont pour conséquence d’assécher la trésorerie des entreprises et donc de limiter leur potentiel de croissance. Le consommateur est donc gagnant : il achète, dès qu’il en ressent le besoin (sans attendre), le meilleur produit au meilleur prix.
 
Cette sélection naturelle a donc bien un effet bénéfique pour l’amélioration continue des performances du système, mais il faut mesurer les effets négatifs qu’elle induit, notamment du point de vue de la fragilité des entreprises et du système de production dans son ensemble. Et particulièrement vis-à-vis des salariés qui sont les victimes désignées de toute baisse d’activité (c’est un constat), car la croissance ne peut s’imaginer être, globalement, continue : des ruptures dans les processus de production ou les modes de consommation sont en effet des facteurs consubstantiels au système. Ce sont ces ruptures qui créent pour les entreprises une inadaptation au marché et les fragilisent.
 
On peut donc considérer que les salariés sont en quelque sorte toujours en sursis, leur avenir pouvant à tout moment être compromis par une baisse du chiffre d’affaires de leur entreprise ou du secteur d’activité concerné. Il y a bien évidemment aussi les mauvais choix des manageurs, mais il faut insister sur l’impact de la variation de l’activité dans des entreprises par ailleurs saines, bien gérées ou même en position de leaders sur leur marché – que la crise actuelle illustre hélas de façon parfaite : la baisse des ventes de bateaux contraint Bénéteau (leader mondial) à licencier ; la baisse des ventes d’acier oblige Mittal (leader mondial) à licencier ; la baisse des ventes de Caterpillar (leader mondial) à licencier... Etc. Or ces baisses (conséquences et causes de la crise) sont temporaires : dans quelques mois, dans un an ou deux, les niveaux de production maximum anciens seront à nouveau atteints. (Par exemple la demande d’engins de chantiers que fabrique Caterpillar retrouvera son niveau d’avant crise, c’est une évidence quand on connaît les programmes de grands travaux publics.) Mais ces entreprises ne peuvent attendre ; elles doivent s’adapter rapidement sous la pression de la sélection naturelle, et ce dès les premiers signes de fléchissement de leur chiffre d’affaires. La mondialisation par ailleurs ne fait que renforcer cette obligation car les règles du jeu échappent à tout contrôle politique local (et on ne va pas tenir un G20 pour chaque secteur d’activité !), dans un contexte de concurrence mondiale où les capitaux sont furtifs, et les usines facilement délocalisables.
 
On voit bien symétriquement que des entreprises qui sont en situation de monopole ou de quasi monopole – Edf par exemple – n’ont pas cette fragilité devant une baisse de leur chiffre d’affaires ; elles ont aussi la possibilité de jouer sur leurs prix de vente puisqu’il n’y a pas ou peu de concurrence (l’encadrement administratif est toujours négociable). Mais il ne faut pas en conclure que la réponse au problème consiste à éliminer la concurrence au seul profit de grands monopoles, bien évidemment ; ce serait reconstruire le système soviétique dont la solidité n’était qu’une apparence que le choc avec le système de marché a fait tomber en poussière : sans concurrence et croissance il y a fossilisation du système. Il y a donc des niches de sécurité (Edf par exemple) comme il y a des niches fiscales, ce qui provoque d’ailleurs l’ire de la Commission de Bruxelles, signe qu’elles sont des « points singuliers » dans des économies de marché.
 
La difficulté d’assurer un plein emploi stable est donc bien propre au système de production concurrentiel, et il n’y a pas d’exemple ailleurs... Le contexte social dans lequel évoluent les économies de marché a permis de développer des formes de protection – assurances chômage, formation continue etc. –, mais on doit admettre qu’elles sont hors du système de production, - sous la seule réserve que leur financement provient des cotisations patronales et salariales générées par le système. Mais on voit bien que cette protection n’est pas totalement satisfaisante car elle ne corrige en rien les mécanismes qui provoquent ces licenciements – parfois massifs – et ne contribue en rien à réduire la fragilité des entreprises lorsque leurs ventes baissent (et parfois de peu) et font que leur point d’équilibre est plus bas que leurs charges. Certaines d’entre elles peuvent réagir pour ne pas sombrer, mais bien peu ont la capacité financière de surmonter cette période d’adaptation sans réduire leurs coûts, c’est-à-dire en priorité leur masse salariale. Et les assurances ne couvrent pas ce type de risques... Il n’est d’ailleurs pas assurable et l’on voit mal quel dispositif fiscal – complexe et contestable – pourrait y répondre.
 
On peut toujours argumenter sur le fait que les actionnaires ont touché des dividendes quand tout allait bien, et qu’ils n’ont qu’a remettre de l’argent (recapitaliser) quand ça va mal. Cela se fait souvent, mais les capacités financières des actionnaires ne sont pas forcément à la hauteur des besoins, et si parfois on peut recourir à la nationalisation pour des entreprises des secteurs stratégiques, ce ne peut être la réponse générale (sauf à revenir au modèle soviétique évoqué précédemment).
 
Que l’on pense assurance, fiscalité ou recapitalisation, cela ne résout en rien le problème de la fragilité des entreprises opérant dans un marché concurrentiel. Que le capital soit détenu par le secteur privé ou par la puissance publique, cela ne change strictement rien contrairement à une certaine vulgate politico-syndicale.
 
Sur la longue période le simple jeu de la démographie assure au système une croissance forte : le doublement de la population en 30 ou 50 ans (peu importe le terme) est un facteur favorable à la croissance. Evidemment ! Par ailleurs le niveau de vie moyen de la population de la planète est actuellement voisin du RMI ; il ne demande qu’à croître. La conjugaison de ces deux facteurs – croissance démographique, et élévation du niveau de vie – indique que la croissance sur le long terme de la production des biens et des services est assurée. Sans être optimiste on aurait d’ailleurs tendance à ajouter : malgré les inévitables catastrophes qui jalonnent l’histoire des hommes (et témoignent de leur folie).
 
La question : comment réduire la fragilité des entreprises opérant dans un marché mondialisé concurrentiel pour éviter les conséquences sociales des baisses d’activité ? semble donc bien légitime !
 
Celui qui donnera la bonne réponse recevra le Nobel d’économie.

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18 réactions à cet article    


  • Serge Serge 8 mai 2009 09:21

    Ne faut-il penser et appliquer « coopérer »,« solidarité » à l’économie à la place de « concurrence »qui porte uniquement sur « obtenir le profit maximum » pour les détenteurs de capitaux et qui induit nécessairement une destruction ( on parle d’ailleurs de « guerre économique » ce qui qualifie bien les fondements de la concurrence ; on en voit les résultats avec la crise actuelle ; inévitable dans ce système !) plus qu’une construction dans l’intérêt de tous les humains et de la planète.


    • Daniel Roux Daniel R 8 mai 2009 09:28

      J’annonce dès à présent que je renonce au prix Nobel, mes travaux appartiennent à l’humanité toute entière.

      L’auteur fait un certain nombre de constatations objectives :

      • La mondialisation du commerce entraine la mise en concurrence des entreprises au niveau mondial.
      • La concurrence fragilise les entreprises par la limitation des marges.
      • La fragilité des entreprises entraine la précarisation des salariés.

      Il évoque des stratégies économiques comme la constitution de monopoles privés, et des solutions politiques passées, comme la soviétisation (le communisme), dont il ne saurait être question aujourd’hui à priori (dogme ?).

      Les solutions sont connues depuis longtemps mais ne conviennent pas aux apparatchiks européens chargés de liquider les différences existantes avec le modèle dominant, celui des USA, en vue d’une unification programmée dès l’origine.

      Il est donc interdit d’évoquer :

      • Le protectionnisme européen pour lutter contre les dumpings nationaux intra et extra européen.
      • La TVA sociale pour faire financer les politiques sociales directement par les consommateurs en fin de chaîne au lieu d’utiliser les entreprises comme percepteurs.
      • La supression des subventions aux entreprises.
      • Le revenu minimum garanti, qui permettrait à tous les citoyens de l’EU de vivre décemment et accessoirement de consommer.
      • La démocratisation de l’EU (Référendum=caca).

      Les peuples européens sont donc condamnés à la paupérisation sur l’autel de la mondialisation. Mondialisation imposée pour le seul profit de la classe dominante, celle des riches actionnaires des multinationales, sponsors et maîtres de nos hommes politiques au pouvoir.

      • zelectron zelectron 8 mai 2009 09:35

        « La concurrence est le noyau dur du système. C’est grâce à elle que le marché fonctionne. »

        Permettez moi de rectifier :

        La concurrence faussée est le noyau dur du système. C’est à cause d’elle que le marché dysfonctionne.« 

        baisse de qualité, prix prohibitifs, accords secrets avec les concurrents, ou élimination par des moyens heu...discrets) , puis dumping, bourrages de crânes publicitaires, ventes forcées...

         TOUS LES GRANDS MARCHES SONT SOUS CONTRÔLE : et les états favorisent les regroupements et acquisitions sous prétexte de taille minimale pour la soi-disant »stature« internationale (en fait constituer des monopoles quasi-absolus).

        Il ne reste plus que des niches de plus en plus minuscules (genre peaux de chagrin)

         »Cette sélection naturelle" (en fait un violent combat sans foi ni loi avec juste ce qu’il faut d’apparence de légalité-limite-limite) est la nouvelle justification d’anéantissement d’un nombre considérable de TPE-PME-exploitations agricoles et autres services ?


        • Daniel Roux Daniel R 8 mai 2009 09:38

          Le climat politique actuel conduit à l’auto-censure. J’en suis victime moi aussi. J’ai oublié un point important dans les sujets interdits par les politiques européens :

          Le rétablissement et le développement des services publics pour tout ce qui est stratégique, énergie, eau, santé, réseaux...


          • GéraldCursoux Cursoux Gérald 8 mai 2009 10:24

            1 - Je parle de ce qui est. Je pars d’un constat : concurrence et croissance engendre une grande fragilité des Entreprises. Je n’ai pas de solutions... et je n’en vois pas. Seulement de l’utopie. On peut toujours nourrir l’utopie, cela ne coûte rien et ça fait plaisir...
            2 - La notion de service public est très floue. On sait que la meilleure façon de rendre des services publics - des services au public, c’est la concession.
            3 - Le rôle de l’Etat c’est de remplir les fonctions régaliennes. Ce qu’il fait mal car il s’occupe de tout et de n’importe quoi en fonction des demandes des électeurs.
            Merci cependant de vos réponses.


          • GéraldCursoux Cursoux Gérald 8 mai 2009 13:15

            La recherche du profit maximum est une formule creuse. Tout investissement exige un retour sur investissement. C’est pour ne pas l’avoir fait que le système soviétique s’est effondré. Globalement le retour sur investissement est égale au PIB. Il y a un pb de répartition entre salariat et actionnariat, mais cela n’est qu’un pb fiscal. Donc politique. Le système capitaliste ne fonctionne qu’avec des règles. On le sait depuis longtemps.
            L’Etat qui fait tout, c’est la Corée du Nord ou Caba. Bels exemples !


          • GéraldCursoux Cursoux Gérald 8 mai 2009 14:30

            Il faut penser retour sur investissement et non profit. Le profit est ce qui reste après impôts - à l’Etat de veiller à ce que le profit soit équitable. Mais l’entreprise privé ou d’Etat n’a pas dans un système concurrentiel d’autren objectif que de maximiser le retour sur investissement pour assurer sa croissance.
            Les profiteurs qui s’en mettent plein les poches, c’est bon pour les campagnes électorales et les manifs syndicales. Et s’il y en a - et il y en a - c’est parce que le système fiscal est mauvais.


          • Serge Serge 8 mai 2009 15:13

            « concession de service public » ou D.S.P....renseignez-vous auprès des populations qui ont une D.S.P. pour la gestion de l’eau potable ( Vivendi,Saur,CGE..) de leur commune sur le degré de satisfaction...et vous changerez peut-être d’opinion si vous êtes objectif !!!


          • Serge Serge 8 mai 2009 15:18

            Surtout ne pas parler profit... sujet tabou qui fait tâche dans le concert de louanges du libéralisme...tartufferie du style « Cachez ce sein que je ne saurais voir. »


          • GéraldCursoux Cursoux Gérald 8 mai 2009 13:18

            Je corrige : le retour sur investissement est annuellement blobalement égale à la croissance annuel du PIB


            • GéraldCursoux Cursoux Gérald 8 mai 2009 17:19

              Le capitalisme c’est comme la respiration, on ne peut s’en passser ! Il a toujours existé. En agriculture il ne faut pas tout consommer pour avoir de quoi planter en vue de nouvelles récoltes. Le capitalisme ce n’est rien d’autre appliqué à la production de biens et de services non agricole.
              Question de définition, peut-être ! mais celle que donne le Robert me convient. L’économie soviétique ne pouvait que s’effondrer car elle produisait moins qu’elle ne consommait.


              • GéraldCursoux Cursoux Gérald 8 mai 2009 18:49

                Encore une fois je pars de la définition du mot Capital du Robert. Si vous dites que le capitalisme c’est un mode d’organisation sociale qui repose par exemple sur la salariat et provoque des inégalités ec. etc. vous faites de l’anthropologie (et autres ologies) mais cela ne répond pas à la question qui concerne le mode de production des biens et des service qui doit obligatoirement mobiliser une richesse non consommée qu’on appelle Capital.
                Pourquoi le mot agriculture ne provoqu-t-il pas les mêmes rejets  ? Pourquoi le mot rendement ne provoque-t-il pas les mêmes rejets  ?
                Peut-être faudrait-il changer de vocabulaire pour que les hommes parlent de la même chose. Rien n’est plus difficile que d’appeler un chat un chat.


                • Serge Serge 8 mai 2009 19:25

                  anthropologie...du grec anthrôpos,homme...logos,science... ainsi donc pour vous le salariat,les inégalités ne concernent pas l’homme ???

                  Dans la praxis de production il y a nécessairement consommation pour transformation d’un produit en un nouveau produit appelé bien ou marchandise.


                  • GéraldCursoux Cursoux Gérald 9 mai 2009 09:37

                    Les entreprises étatiques - Sncf, Edf etc. - peuvent ne pas viser le retour sur investissement (ou le profit), puisque in fine c’est l’impôt qui assure l’équilibre des comptes et les investissements.
                    Mais qu’en est-il des autres ? Elles sont dans une situation de concurrence - qui exige de la croissance - et n’ont pas de sécurité face à une baisse de leur activité. Elles sont donc structurellement fragiles. C’est le sens de mon article. Dans aucun commentaire je ne vois une critique de fond, ni une proposition pour réduire cette fragilité.
                    On s’en tient à la vulgate anti-capitaliste usée jusqu’à la corde à laquelle même ceux qui « sentent l’ail » ne croient plus.
                    Si les commentateurs voulaient bien lire mon papier ils comprendraient que je pose le problème théorique illsutré aujourd’hui par Caterpillar.


                    • Serge Serge 9 mai 2009 11:09

                      N’hésiter pas...allez vous exprimer face aux licenciés de Caterpillar,Gandrange,Continental,etc...et leur dire d’arrêter avec leur « vulgate anticapitaliste qui sent l’ail » et qu’il faut d’abord résoudre « le problème théorique. »


                    • Serge Serge 9 mai 2009 11:12

                      Excuse pour une grosse faute d’orthographe ...« N’hésitez pas... »


                    • GéraldCursoux Cursoux Gérald 9 mai 2009 11:20

                      Rien compris. Je pose le problème : pourquoi des Sociétés comme Caterpillar sont si fragiles, et pourquoi ce sont les salariés qui sont victimes des baisses d’activité.


                      • GéraldCursoux Cursoux Gérald 9 mai 2009 14:04

                        Autre exemple : Toyota qui a engrangé des profits considérables pendant des décennies, à la suite de la baisse de production de ces derniers mois, va licencier (1.000 salariés). Toyota n’est pas au bord du gouffre, mais elle est anormalement fragile. Pourquoi ? parce que les patrons s’en sont mis pleins les poches... Ce n’est pas une explication. Nous sommes devant un pb systémique.

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